Que le Christ règne !

« Tu le dis ! Je suis Roi ![1]», Notre-Seigneur lui-même l’a affirmé devant Pilate le vendredi Saint. Il veut régner sur la terre comme au ciel. Et chaque jour nous récitons –bien souvent sans y prendre garde – : « Que votre règne arrive. »

Certains auront vite fait d’affirmer haut et fort que c’est impossible aujourd’hui…

Et pourtant il est certain que Dieu nous demande, non pas seulement de réciter cette prière enseignée par Son Fils, mais de la vivre. Ce sont nos actes de volonté pour tendre vers ce but qui accéléreront Sa venue sur terre. Les dernières révélations à Sainte Marguerite-Marie et au Père Matéo ne datent pas des premiers siècles… Au contraire, elles sont très récentes et pour notre temps. A nous donc de savoir les entendre et de travailler activement à Le faire régner toujours plus dans nos vies !

            Il doit régner dans nos cœurs par notre adhésion au plan divin ; c’est le vrai sens de la liberté que Dieu nous a donnée : voulons-nous laisser Notre-Seigneur régner dans notre vie, dans notre quotidien, dans toutes nos actions, nos décisions, nos choix ?

            Il doit régner dans nos familles, au cœur du père de nos enfants, à la place d’honneur dans la maison.

            Il doit régner dans nos écoles car toute vérité vient de Dieu et c’est sous Son regard que les intelligences doivent s’éveiller.

            Il doit régner dans nos entreprises. Les professionnels doivent rayonner autour d’eux, non seulement par l’exemple qu’ils donnent d’un devoir d’état bien fait, d’une loyauté et d’une justice à toute épreuve, d’une vie morale exemplaire mais aussi dès qu’ils le peuvent en prenant des responsabilités.

            Il doit régner dans nos villages et nos cités; c’est là aussi que l’action doit prendre toute sa réalité. Les hommes ont un rôle à tenir selon leurs aptitudes et certains à l’échelon local parviennent à de très beaux résultats et possèdent ce courage sans faille. Nous ne devons jamais nous décourager car le désespoir est un péché. Et même si la victoire n’apparaît pas à nos yeux, n’oublions pas les actions de Garcia Moreno, de Salazar, du Général de Sonis, des Cristeros, de la Cité catholique… Quand Dieu le jugera bon, il faut qu’Il nous trouve prêts et Son heure va venir, Il nous l’a promis !

Cette cause qui nous dépasse infiniment doit nous exalter toujours plus et nous aider à dépasser tous les tiraillements qui chatouillent notre volonté propre et qui voudraient nous faire pencher vers la facilité, synonyme bien souvent de la fin du combat…

Quoi de plus exaltant que de servir un pareil maître ? Cependant l’heure du martyre sanglant n’est pas arrivée et celle de l’héroïsme discret qui nous est demandé ne nous semble pas aisée…

Qui reconnaîtra les véritables sacrifices réalisés quotidiennement pour donner à nos enfants une éducation saine et imbibée de foi ? Qui verra le courage quotidien du père de famille tenu de travailler dans un milieu hostile ? Qui contemplera ceux de nos jeunes luttant pour sauvegarder leur pureté et celle de ceux qui les entourent en gardant une tenue décente, une vie de prière fervente au milieu de leurs amis moqueurs ou indifférents ?

Aujourd’hui c’est un dîner que l’un se doit de refuser parce qu’il sait que l’alcool y coulera à flot, demain ce sera un week-end d’intégration car il pressent une ambiance plus que délétère quitte à se faire ridiculiser, après-demain ce sera pour la jeune fille une humiliation reçue à cause de longueur de sa jupe ou de son comportement refusant les plaisanteries grivoises… Ce sera parfois des relations à rompre, des « amitiés » souvent refusées… Que sais-je ? Il faut le reconnaître : le comportement général de tout catholique convaincu demande aujourd’hui un héroïsme discret, non sanglant mais tout aussi méritant.

Il nous faut aujourd’hui le considérer comme tel.

Deux comportements se distinguent : Les uns se recroquevillent et s’isolent, tout en gardant bien claires leurs idées et leurs âmes fortes ; c’est une attitude de protection. D’autres essaient au contraire, de composer et de conserver leurs âmes fraîches tout en trouvant un compromis avec le monde (comportement extérieur, vêtement, etc…) pour ne pas paraître trop ingénus aux yeux de tous. Ils pensent faire du bien autour d’eux en parvenant à être du monde ; malheureusement ils se brûlent très vite les ailes car « Il faut vivre comme l’on pense, autrement l’on finit par penser comme l’on vit[2]

Ces deux comportements, (même si le premier est moins dangereux pour l’âme que le second), ne sont pas ceux qu’ont suivis les soldats du Christ.

Il nous faut reconnaître, sans nous cacher les yeux, que l’attitude du chrétien aujourd’hui réclame beaucoup de force et c’est uniquement avec l’aide de Dieu et de ses sacrements que nous parviendrons, sans jouer avec le feu et sans demi-mesure, à surmonter les obstacles et à monter vers le ciel.

C’est à un véritable réveil catholique que nous vous appelons ! Aujourd’hui « une honnêteté médiocre ne suffit pas »[3] car chaque compromission nous fait irrémédiablement tomber un peu plus bas et le démon est à l’affût de nos fragiles concessions.

Nous devons être fiers et courageux. Fiers de nous montrer catholiques convaincus et sans compromission ; courageux car les ennemis du Christ-Roi sont nos ennemis ; il faut donc les combattre par tous les moyens.

Gardons le juste équilibre entre un esprit chagrin et un optimisme inconsistant : Aux uns manquent l’espérance : « Vous n’osez plus rien et l’on ose tout contre vous »[4] ; aux autres la véritable charité, semence de vérité.

« Quand on combat pour Dieu, pour son Eglise et son pays, on est sûr de vaincre. Aimez assez votre cause pour que la joie de servir soit, s’il le faut, pour vous, une suffisante récompense. »[5]

Partons donc en Croisade, soyons les héros du XXIe siècle, avec la grâce de Dieu! Et que Notre-Dame des Foyers Ardents nous soutienne jusqu’à la victoire du Christ-Roi car nous le savons, la bataille est déjà remportée et c’est Lui le vainqueur !

                                                                                               Marie du Tertre

[1] Evangile de Saint Jean. XVIII, 39

[2] Paul Bourget

[3] Jean Ousset. Pour qu’il règne

[4] J de Maistre

[5] R.P. de la Gorce

Editorial

Chers amis,

Nous voici à la veille de cette grande période de vacances, occasion de repos bien mérité pour les enfants et les étudiants mais aussi pour tous ceux qui exercent une profession, qu’ils soient jeunes professionnels ou pères de famille.

Pour les mamans, ces deux mois représentent un changement de rythme car les enfants seront présents tout au long de la journée (sauf pendant les camps et quelques absences occasionnelles) et il faudra les occuper, jouer avec eux, prendre le temps de discuter… Les articles de ce numéro vous donneront toutes les idées nécessaires.

Comme nous vous l’avions conseillé dans notre N° 3 organisez ces temps libres afin que tout se passe au mieux. (Nous lancerons dans peu de temps une version papier pour nos premiers numéros, n’hésitez pas à passer commande en nous envoyant un message).

Le Père Joseph, à la demande de certains d’entre vous, commence aujourd’hui une série d’articles pour éclairer les foyers sur des questions essentielles : les fins du mariage et les questions relatives à la procréation ; n’hésitez pas à lui écrire ou à mettre un message à la rédaction qui lui transmettra.

Enfin, puisque les mois d’été nous offrent souvent des moments privilégiés pour discuter avec nos plus grands, permettez-moi de vous donner un thème de conversation essentiel aujourd’hui.

Au milieu de notre société quelque peu perturbée, il arrive très souvent que l’un ou l’autre de nos enfants reçoive des confidences d’un ou d’une amie en difficulté. Cela va tout naturellement, d’un objet perdu, d’un examen raté, aux difficultés vécues avec leurs parents ou parfois à des problèmes plus graves. Les soirées sont longues et propices aux confidences…

Notre enfant généreux, écoutera avec attention, s’apitoiera, essaiera de trouver des solutions… mais quelquefois, sa « bonté » se laissera attendrir et le voilà parti dans un rôle de chevalier servant, appelé parfois « Saint Martin », qui pourra l’entraîner rapidement dans des situations qu’il n’avait pas prévues.

Sans pour autant nous alarmer ni dramatiser, profitons de ces discussions estivales pour mettre en garde nos enfants sur ces « amitiés » qui, sous couvert de soutien au plus fragile, entraînent chaque année des jeunes sur une pente glissante.

Un bon principe, me semble-t-il, est de recommander à nos enfants de diriger les âmes en peine (qui peuvent en effet rencontrer de réels soucis) vers leurs parents, un prêtre et si besoin vers leur parrain, marraine ou tout autre adulte de confiance, en insistant en priorité pour que les garçons se soutiennent entre garçons et les filles entre elles. Cela est une règle qui semble capitale et qu’il ne faut pas oublier de rappeler maintes et maintes fois, car si l’amitié fille-garçon est quelque chose de délicat, le soutien moral en cas de difficultés représente un danger certain. « Un homme prévenu en vaut deux » et « mieux vaut prévenir que guérir » sont des maximes intemporelles !

Je vous souhaite à tous de bonnes vacances bien reconstituantes pour votre âme, votre foyer, vos enfants et vos familles, et si vous vous sentez parfois las, n’hésitez pas à aller relire « L’éloge de la fatigue » dans notre N° 5 !

Bien amicalement,

Marie du Tertre

Editorial

Chers amis,
Nous profitons de l’arrivée des beaux jours pour proposer une nouveauté aux mamans et aux jeunes filles : vous trouverez, d’ici quelques jours, dans le grenier de « notre maison » un patron gratuit, téléchargeable et facile à monter pour pouvoir fabriquer vous-même votre garde-robe ! Rubrique souvent réclamée qui voit enfin le jour grâce à deux amies talentueuses et professionnelles qui vous feront ainsi profiter de leur compétence et de leur goût pour l’élégance féminine !
Au cours de l’année 2017, centenaire des apparitions de Fatima, nous avons entendu de nombreuses fois ces réflexions : « cette apparition a maintenant pris de l’âge ; il fut un temps où l’on priait contre l’expansion du communisme mais aujourd’hui il n’existe plus ! Voyez le score du parti… »
Mais alors ! Notre-Dame se serait-elle trompée d’objectif ?
« La Russie répandra ses erreurs… »
Au-delà de cette injustice faite à Notre-Dame, réfléchissons un peu… D’où vient donc l’origine de l’école laïque ? D’où viennent ces idéologies qui règnent chez nous aujourd’hui ? N’y aurait-il pas quelques points communs entre toutes les interdictions et les règlements auxquels nous sommes soumis chaque jour et le régime de Staline ? Le mondialisme ne serait-il pas une des conséquences directes du communisme ?
Je ne m’étendrai pas sur ces réflexions à la portée de tous car les exemples sont nombreux. Il s’agit juste de comprendre pourquoi Notre-Dame voyait juste.
Notre « Discussion en famille » et une nouvelle rubrique : « Se former pour rayonner » achèveront d’éclairer ceux qui n’avaient pas perçu ce côté caché des choses.

A la suite de cette belle fête de Pâques qui a réchauffé nos âmes, voici les mois de mai et de juin : deux mois qui, en même temps que le renouveau de la nature, voient nos cœurs renaître à l’espérance :
Mois de mai, mois de Marie. Spontanément tout cœur de catholique se tourne vers sa mère céleste avec le désir de vivre dans une plus grande intimité avec elle. C’est un grand réconfort que de rencontrer le long de notre chemin spirituel la douce figure d’une maman. Avec elle tout devient plus facile, le cœur découragé, las et agité par les tempêtes, trouve une force et une espérance nouvelles et reprend la route en regardant son Etoile.
Mois de Juin, mois du Sacré-Cœur. L’objet de cette dévotion est l’amour de Jésus et son Cœur en est le symbole. « Voici ce Cœur qui a tant aimé les hommes ». S’il est impossible d’éliminer de la vie toute douleur, il est cependant possible à celui qui vit pour Jésus, de souffrir en paix, sans amertume et de trouver dans le cœur de Notre-Seigneur le repos des fatigues de son âme.
Que Notre-Dame des Foyers Ardents et son Divin Fils apaisent nos cœurs et nous aident à garder confiance au milieu des difficultés de la vie présente.
Marie du Tertre

Saint Joseph

Chers amis,

            Vous l’avez sans doute remarqué, pour répondre aux nombreuses demandes de nos lecteurs, nous proposons maintenant une version papier de votre Revue pour un prix modique. Nombreux sont ceux qui apprécient de pouvoir prendre et reprendre un article, le prêter, le faire lire, l’emmener en salle d’attente et aussi conserver notre Revue. Certains souhaitent que toute la collection soit éditée ; nous prenons les inscriptions et dès que nous aurons atteint le nombre suffisant nous accéderons à leur désir.

En page de garde, mais aussi sur le site, vous trouverez des moyens de diffusion, à afficher dans vos écoles et vos Prieurés ou en format réduit à distribuer autour de vous. N’ayant pas les moyens de faire notre publicité, nous comptons sur vous, qui nous appréciez, pour nous diffuser à grande échelle !

Vous avez aimé tel ou tel de nos articles, partagez-les avec ceux qui vous entourent : vous ferez là une belle œuvre de miséricorde puisqu’ainsi vous apporterez un soutien à ceux qui en ont besoin.

            En ce mois de Mars, et au cœur du Carême, nous honorons Saint Joseph ! (n’hésitez pas à reprendre ou raviver les résolutions de Carême grâce à notre article du FA 2, rubrique : Pour les petits comme pour les grands)

Nombreuses sont les vertus de ce grand Saint, les litanies sont là pour en témoigner mais penchons nous aujourd’hui sur deux aspects de sa vie afin de lui demander de nous aider à l’imiter :

Primauté du devoir d’état.

Joseph a consacré sa vie à Notre-Seigneur. Dans notre siècle emporté par le tourbillon des affaires qui absorbent l’esprit, contemplons sa sagesse : au milieu des Anges qui chantent la gloire de Dieu à Bethléem, des Rois Mages qui offrent des cadeaux royaux, est-il ébloui ? Non, il se recueille. Quand les épreuves l’accablent, le travail manque, la pauvreté se fait sentir, Joseph est-il inquiet, agité ? Non, il fait son devoir d’état dans la paix et le recueillement. Il nous apprend à réprimer les excès ou les égarements de notre activité. Une seule fois, on sent son « inquiétude et sa hâte » quand il a perdu Jésus. Il nous montre alors qu’il n’y a qu’une peine au monde, c’est de perdre Notre-Seigneur. Quel beau modèle dans notre siècle enfiévré ! Jamais il ne vit pour lui-même, pour ses intérêts personnels mais uniquement pour Dieu qu’il sert par son devoir d’état accompli dans la paix.

Les « oui » de Saint Joseph

La vie entière de Saint Joseph a été marquée par sa sérénité et son adhésion intime à la volonté de Dieu. Pourtant les circonstances mystérieuses ne lui ont pas été épargnées ! Et si parfois Dieu a envoyé ses Anges pour lui parler, Il s’est aussi servi de l’Edit de César pour le conduire à Jérusalem ; Il a utilisé les « circonstances » pour les mener jusqu’à Bethléem. Aujourd’hui encore Dieu gouverne et dirige tout vers l’accomplissement de sa volonté. S’Il n’envoie pas les Anges, il sait nous manifester Sa volonté par tout ce qui vient contrarier notre volonté. Il veut notre bien et dispose tout à cette fin. Comme Saint Joseph, sachons toujours dire « oui » aux manifestations divines, malgré les obscurités, les difficultés, les épreuves, les mystères aussi qui émaillent notre vie. Sa volonté et non la nôtre avec la plus grande confiance.

 L’antidote à l’orgueil démesuré de notre siècle, aux doctrines perverses qui nous envahissent, l’antidote qui nous immunisera au milieu de la contagion universelle sera dans l’imitation de ce grand Saint.

Recourons à lui avec foi, confiance et dévotion. Vous trouverez sur notre site dans les prières des familles une belle oraison en son honneur.

Saint Joseph, enseignez-nous à accomplir notre devoir d’état et à vivre comme vous, dans la paix, la confiance et l’abandon.

Bonne fête du 19 mars et Belle montée vers Pâques,

Marie du Tertre

Les trois biens du foyer chrétien

Chers amis,

            A l’aube de cette nouvelle année, nous tenons à partager avec vous quelques extraits d’un des discours du pape Pie XII adressé aux foyers chrétiens[1]. Ce pape, décédé il y a 60 ans, nous a laissé des enseignements très riches et toujours d’actualité. Ici les trois dons des mages sont comparés aux trois biens précieux que tout foyer doit offrir à Dieu : la fidélité conjugale, la grâce sacramentelle et les enfants.

« La fidélité conjugale est votre or, ou plutôt un trésor meilleur que l’or du monde entier. Le sacrement du mariage vous donne les moyens de posséder et d’accroître ce trésor ; offrez-le à Dieu, pour qu’il vous aide à le mieux conserver. (…) Ainsi la fidélité conjugale est la base et la mesure de tout le bonheur du foyer domestique. Pour assurer la solidité et la splendeur de l’union conjugale, la fidélité doit comme la recouvrir et l’envelopper tout entière. L’or, pour conserver sa beauté et sa splendeur, doit être pur. De même la fidélité entre époux doit être entière et sans tache ; si elle commence à s’altérer, c’en est fait de la confiance, de la paix et du bonheur de la famille. Et si la fidélité se corrompt, leur or, dirons-nous avec Ezéchiel[2], se change en ordure ; tout le trésor de leur belle concorde se décompose en un désolant mélange de soupçons, de méfiance et de reproches, qui aboutissent souvent à des maux irréparables. Voilà pourquoi votre première offrande au divin Nouveau-né doit être la résolution d’une constante et vigilante fidélité à vos engagements conjugaux.

Les Mages apportèrent à Jésus l’encens parfumé. (…) Vous aussi, époux chrétiens, vous avez dans le sacrement de mariage à présenter à Dieu une offrande riche d’un suave parfum. Ce parfum, qui répandra dans toute votre vie une délicieuse odeur et qui fera de vos tâches journalières mêmes les plus humbles autant d’actes capables de vous procurer au ciel la vision intuitive de Dieu, cet encens invisible mais réel, c’est la vie surnaturelle de la grâce. (…) Vous devenez par là plus riches encore que les Mages. L’état de grâce est plus qu’un parfum suave, intime et pénétrant, qui donne à votre vie naturelle un arôme céleste ; c’est une véritable élévation de vos âmes à l’ordre surnaturel qui vous rend participants de la nature de Dieu. Avec quels soins ne devez-vous donc pas conserver et accroître pareil trésor ! En l’offrant à Dieu vous ne le perdez pas ; vous le confiez au gardien le plus vigilant.

Les Mages enfin, désireux d’honorer en Jésus non seulement le Roi et le Dieu, mais aussi l’homme lui présentèrent le don de la myrrhe. (…) En vos enfants, vous verrez revivre et agir, souvent avec les mêmes traits du visage et de la physionomie morale, et spécialement avec leurs traditions de foi, d’honneur et de vertu, la double série de vos ancêtres. C’est en ce sens que la myrrhe conserve, perpétue, renouvelle incessamment la vie d’une famille, arbre au tronc robuste et au feuillage luxuriant dont chaque génération forme une branche. (…)

Les indéniables difficultés que procure une belle couronne d’enfants, surtout en nos temps de vie chère et dans les familles peu aisées, exigent du courage, des sacrifices, parfois même de l’héroïsme. Mais, pareille à l’amertume salutaire de la myrrhe, l’amertume temporaire des devoirs conjugaux avant tout préserve les époux d’une source funeste de ruines pour les familles et les nations : elle les préserve de fautes graves. En outre, ces difficultés mêmes, courageusement affrontées, leur assurent la conservation de la grâce sacramentelle et une abondance de secours divins. Elles éloignent enfin du foyer domestique les éléments qui l’empoisonnent et le désagrègent, tels que l’égoïsme, la constante recherche de ses aises, l’éducation fausse et viciée d’une progéniture volontairement restreinte. Que d’exemples autour de vous vous montreront qu’il y a dans les efforts accomplis par les parents pour entretenir une descendance saine et nombreuse, éclose au foyer sous le regard de Dieu, une source même naturelle de joie et de mutuel encouragement.

Voilà les trésors que vous avez reçus de Dieu et qu’en cette semaine de l’Epiphanie vous pouvez vous-mêmes offrir au céleste Enfant de la crèche avec la promesse de remplir courageusement les devoirs du mariage. »

Ce saint temps de l’Epiphanie nous offre une belle occasion de méditer profondément ces paroles !

Que Notre-Dame des Foyers Ardents veille sur vous durant toute cette nouvelle année.

Marie du Tertre

[1] Discours aux foyers chrétiens du 10 janvier 1940

[2] Ez 7, 19

MOIS DE NOVEMBRE : MOIS DE L’ESPÉRANCE

Chers amis,
Novembre est arrivé… Trop souvent nous considérons ce mois comme une période triste… Visites au cimetière, Messe des défunts, souvenirs douloureux qui reviennent à la mémoire… et si nous considérions aujourd’hui le mois de novembre comme le mois de l’espérance…
Reprenons ces mots qui nous paraissent si sombres :
Défunt, d’origine latine : de functio ; le défunt est celui qui a rempli sa fonction. Il est donc arrivé au terme de la mission qui lui avait été confiée par Dieu.
Trépassé : passé à travers, il a franchi un passage. Il a traversé le tunnel qui sépare la vie temporaire terrestre de la vie sans fin.
Repos éternel, lux aeterna : tous ces mots qui rythment la Messe de Requiem et apaisent notre douleur. Le défunt, après ce passage obligé, parvient au repos éternel, à la lumière sans déclin : c’est la récompense des élus.
Bien sûr, la douleur de ne plus revoir ces êtres aimés est humaine et naturelle ; ne méprisons pas ces larmes ; souvenons-nous que Notre-Seigneur a pleuré son ami Lazare. Mais une fois la paix retrouvée, considérons les termes que la liturgie met sur nos lèvres et examinons leur portée profonde !
Par ce mois consacré aux défunts, l’Eglise veut en premier lieu nous rappeler de prier pour eux, pour que leurs âmes, si elles sont encore au Purgatoire, soient soulagées par nos prières et même élevées à la divine contemplation.
Mais l’Eglise dans sa divine Sagesse, ne veut-elle pas aussi nous faire réfléchir sur nous-mêmes ? Ne veut-elle pas nous rappeler à cette occasion les vérités essentielles à ne pas perdre de vue pour qu’à notre tour nous réalisions, en temps voulu, notre passage vers l’éternité ? Ne veut-elle pas faire revivre en nous cette belle vertu d’espérance ?
Il faut alors nous rappeler le but de notre vie, ce pour quoi nous sommes faits…
Reprenons les messages de Fatima en cette année du centenaire et voyons combien Notre-Dame a insisté sur les moyens qui sont mis à notre portée pour atteindre, nous aussi, la vision béatifique : la dévotion des cinq premiers samedis du mois (déjà étudiée dans notre FA n° 5), la récitation du Rosaire (FA vous présente une méditation par numéro) la pratique du devoir d’état (Nous y reviendrons bientôt) et le sacrifice. Mais dès aujourd’hui, et en ce début d’année liturgique, osons prendre un temps de réflexion pour considérer si oui ou non, nous accomplissons au mieux notre devoir, vis-à-vis de Dieu, de notre conjoint, de nos enfants, de notre famille, de nos amis, de nos relations… Faisons un examen particulier mais aussi un examen à deux en nous attachant à classer les priorités. Ce devoir d’état qui demande aujourd’hui tant d’héroïsme … Mais qui, accompli avec amour, nous mènera tout droit vers les joies éternelles !
Bien souvent, la multitude d’activités, d’agressions extérieures et faut-il le dire… le respect humain, nous font prendre pour une étoile ce qui n’est qu’un météorite en chute libre… Malheureusement, comme les étoiles filantes, ces priorités d’un instant ne durent pas et risquent de nous entraîner dans leur chute…
Ecoutons la voix de notre conscience qui nous rappelle notre vocation d’époux et de parents. Veillons, en particulier, à accompagner les grands désirs et non pas à couper les ailes de ceux qui nous entourent et qui voudraient monter plus haut !
Profitons de ce mois pour penser aux vertus de nos chers défunts ; leur souvenir nous aidera à les imiter. Invoquons nos ancêtres qui, comme les maillons d’une grande chaîne, veillent sur leurs descendants et sur ceux qui les aiment !
Loin de nous laisser appesantir par les mauvaises nouvelles venues d’ici ou d’ailleurs, recentrons-nous sur l’essentiel !
Et voilà comment notre mois de novembre ne sera plus le mois des souvenirs, parfois stériles, mais bien le mois de l’espérance qui nous fera progresser vers le ciel en réorientant notre vie sur l’essentiel !
Alors, je vous souhaite à tous un Saint mois de l’Espérance !
Marie du Tertre

MERCI A NOS MARIS !

Editorial

Comment, à une époque où tous les repères se perdent, ne pas montrer notre reconnaissance à ceux qui nous entourent chaque jour de leur présence et de leur amour ; ceux qui sont là, dans les bons et mauvais jours et sans qui nous ne saurions pas être des femmes, des épouses et des mères ?  Merci à nos maris !

Merci d’être des hommes !

Aujourd’hui où il est de bon ton d’adopter un comportement tiède empli d’un discours banal et d’une attitude conciliante, merci d’être des hommes aux caractères trempés qui savent d’où ils viennent et où ils vont ! Merci d’être des chefs qui montrent la route à suivre !

Merci à vous qui avez cette lourde charge de subvenir seuls aux besoins familiaux pour nous laisser la place qui nous revient, nous permettant de nous ressourcer afin de savoir nourrir les esprits et les âmes.

Merci à vous qui veillez à ce que votre tenue extérieure reflète votre vie intérieure. Notre place de femme, telle que Dieu l’a voulue dans sa création est d’être présente avec notre féminité, notre rayonnement intérieur pour éclairer la vie en général. Nous vous sommes donc reconnaissantes de savoir garder votre dignité d’homme qui nous aide à conserver une allure féminine ne remettant pas en cause notre honneur et inspirant le respect par l’éloge de la beauté et la noblesse de notre fonction.

Merci de nous aider à répandre l’amour auprès de ceux qui nous entourent, l’amour de Saint François d’Assise qui donne la paix :

« Là où sont les ténèbres, que je mette la lumière. Là où est la tristesse, que je mette la joie.[1] »

Merci d’être des époux vertueux !

Merci à nos époux d’être notre facteur d’équilibre, de nous rappeler régulièrement la voix de la raison, de nous être complémentaire, comme Dieu l’a voulu. Vous savez prendre du recul, anticiper, ne pas vous laisser surmonter par une sensibilité à fleur de peau…

Merci de nous permettre de garder ces instants de paix pour apprendre à écouter, ces temps de silence pour entendre les besoins de ceux qui sont autour de nous. Notre retrait du monde actif, (que nous côtoyons pourtant) nous permet de nous extraire de l’ambiance lourde pour faire resplendir dans notre famille l’odeur de la paix et du Bien.

Merci de nous tranquilliser quand notre cœur bat la chamade.

Merci de nous guider pour que nous trouvions chacune le moyen de nous épanouir dans de multiples missions où le don qui nous aide tant à recevoir, nous permet d’aider chacun à garder l’espérance quand le ciel est bleu et quand il est noir.

Merci d’être de bons pères !

Quelle abnégation vous montrez, toujours disponible après une journée de travail intense, pour vous abstraire de tous vos soucis et vous pencher sur un berceau ou jouer au ballon…

Merci de parvenir à trouver l’équilibre entre la bonté et la justice, la générosité et l’indulgence, l’autorité et la liberté. Vous avez l’art de rassurer mais aussi d’ouvrir les portes sur la vie extérieure.

Avec votre regard de père, vous analysez les besoins de chacun et vous êtes là, avec votre recul et votre amour paternel pour orienter notre action. Comme un capitaine, vous savez voir loin,  gouverner par temps calme, prévoir les tempêtes et les houles tout en tenant  la barre.

Quand nos fils, devenus hommes, quittent leur voix d’enfant pour adopter un ton légèrement protecteur avec nous, c’est à vous que nous le devons car vous avez su leur imposer naturellement le respect et l’amour qu’ils doivent à leur maman.

Différents mais complémentaires.

Merci d’être là à nos côtés, car si notre présence est indispensable pour donner l’amour maternel, la vôtre l’est pour apporter la sécurité et la droiture.

Nous encourageons, vous remettez sur le bon chemin,

Nous protégeons, vous accompagnez sur la route.

Notre complémentarité, nos dons reçus, selon ce pour quoi nous sommes faits, nous permettent de nous sanctifier et de nous soutenir mutuellement pour mener toute notre famille au ciel.

Grâce à vous nous pouvons pleinement remplir notre vocation de maman.

Nous pouvons prendre le temps d’observer nos enfants avec nos yeux de mères,

 de sentir les dangers avec nos cœurs de mères,

d’éveiller les âmes avec nos âmes de mères

et nous pouvons faire grandir la famille dans la confiance et la sérénité.

Etre deux nous permet de comparer nos analyses, nous laisse jouer chacun notre partition sur les cœurs de nos enfants afin que les accords soient parfaits pour les aider à réaliser le plan que Dieu a prévu pour chacun d’eux.

Vous avez le recul nécessaire et l’expérience du monde extérieur ; nous avons un « sixième sens » qui nous avertit et nous permet de distinguer en chacun de nos enfants les trésors qu’ils renferment. Quand les situations difficiles se présentent, vous nous permettez de relativiser ; quand les épreuves sont là, vous nous aidez à repousser la peur de l’échec, à voir le positif sans nous décourager et à lâcher prise quand cela est nécessaire.

On dit souvent que c’est sur les genoux des mamans que s’éveillent les âmes de nos petits et leur vocation ; c’est nous qui sentons le moment de susciter en eux la générosité, la bonté, la patience, la force d’âme, le courage mais c’est grâce à vous que nous y parvenons car comment pourrions-nous avoir cette disponibilité permanente, cette écoute incessante si nous ne pouvons bénéficier que du « cinq à sept », souvent difficile, pour donner tout ce que notre cœur renferme ?

Il est vrai que certaines mamans sont obligées de faire double journée pour des raisons essentielles et si celles-ci sont vraiment vitales sous le regard de Dieu, Il leur donnera les grâces nécessaires (mais uniquement dans ce cas) ; les autres se privent de tant de merveilles ! Car être « toute à tous », « donner sans compter », pratiquer les œuvres de miséricorde, n’est-ce pas là ce pour quoi notre cœur est fait ? Le monde ne serait-il pas plus heureux si on laissait les femmes donner, à la mesure de leur cœur ? (mais nous en reparlerons).

            Et si certains hommes trouvent en lisant ces pages, qu’ils ne méritent pas ces remerciements, alors qu’ils reprennent espoir! Le mariage est une voie de sanctification pour chacun et les grâces reçues le jour du Mariage doivent être demandées chaque jour pour nous aider à gravir ensemble les marches du ciel. Elles ne nous sont jamais refusées !

En tout état de cause : Merci à vous d’être là et de rester « de vrais hommes », dignes de ce nom, cela nous aide à demeurer« de vraies femmes » pour que l’équilibre soit maintenu et répande son rayonnement dans la joie et la paix de Dieu.

Merci de nous aider à comprendre et à aimer notre place de « soleil de la maison » avec ses multiples facettes, de donner de la valeur à notre devoir souvent ingrat et méconnu, parfois dans l’ombre, alors que comme un foyer ardent, nous réchauffons les cœurs et les âmes !

Merci de nous offrir chaque jour tout votre amour !

Merci de nous permettre d’être là tout simplement,

pour aider et soutenir,

pour écouter et consoler,

pour guérir et apaiser,

pour partager les bonheurs et les joies,

pour entraîner, pousser, rattraper, guider chacun dans l’escalier qui mène vers le ciel !

Merci de donner à nos enfants cette sécurité de savoir que leur maman est toujours présente à la maison pour maintenir la flamme car dans notre monde violent et agressif cela n’a pas de prix !

Et si parfois nous avons oublié de vous dire tout cela ou nous n’avons pas osé, veuillez accepter dans ces quelques lignes notre reconnaissance, cette perle cachée au fond de notre cœur et qui ne nous quitte pas !

                                                                                                                            Marie du Tertre

[1] Prière de Saint François d’Assise

Semeurs d’espérance !

Les éducateurs savent qu’il ne suffit pas de transmettre des principes ; pour que l’éducation des enfants soit complète il faut aussi leur donner le courage de les appliquer. Nous devons les aider à savoir s’affirmer, à avoir assez de « cran » pour ne pas s’écraser devant ceux qui auront plus d’assurance qu’eux ; il faut qu’ils sachent s’imposer par leur droiture et leur loyauté. En un mot nous devons en faire, plus que jamais, des hommes et des femmes de caractère !
Il faut donc que nous, parents, sachions leur donner ce tempérament afin qu’ils rayonnent autour d’eux ; qu’ils sachent montrer leur joie, dans la paix et la certitude d’être aimés de Dieu.

Soyons des semeurs d’espérance.
A notre époque, l’homme rampe. Le terrestre matérialisme empêche les âmes de se soulever. Les épreuves paraissent de plus en plus nombreuses : le poids du monde est extrêmement pesant et la lutte pour ce qui paraissait évident il y a 100 ans demande maintenant de l’héroïsme : la tenue, les lieux de vacances, le choix du travail.
Petit à petit, comme la grenouille que l’on plonge dans l’eau tiède pour la faire cuire, et qui peu à peu va mourir sans s’en rendre compte à mesure que l’eau chauffe, nos réflexes de protection tombent car plus rien ne nous choque : « il y a tellement pire ».
Tous ces éléments qui nous font tomber dans la lascivité : les distractions (musique, films), les publicités, les clips qui envahissent les moyens d’information, voudraient nous faire oublier notre pureté d’enfant de Notre-Dame.

« A force de tout voir on finit par tout supporter…
A force de tout supporter on finit par tout tolérer…
A force de tout tolérer on finit par tout accepter…
A force de tout accepter on finit par tout approuver ! »

Bien souvent des parents nous disent qu’ils ne peuvent demander à leurs enfants plus de sacrifices car être « différents » des autres aujourd’hui est déjà un effort suffisant.
Nous comprenons leur souci qui voudrait protéger leur enfant de toutes souffrances mais est-ce bien les aimer que de les laisser tomber dans « l’eau tiède » ? Ne devons-nous pas en tant que parents, au contraire, leur apprendre le combat ?
Que répondrons-nous au Seigneur le jour du jugement quand Il nous demandera : « Qu’as-tu fait de ceux que je t’avais confiés ? »
Il faut au contraire, non pas les aider à rester juste sur le bord glissant du précipice, mais leur montrer la beauté des sommets, provoquer en eux de grands désirs, leur transmettre l’enthousiasme des grands combats !

« Le vrai et pur enthousiasme consiste à passionner l’enfant pour des idées belles et bienfaisantes. Passionner ! C’est susciter de grands amours, c’est faire accaparer les cœurs par de puissants sentiments. Quand l’enfant est convaincu de la beauté d’une chose pour laquelle on est arrivé à l’enflammer, il se dépense pour elle, n’hésitant pas à souffrir et à se sacrifier. L’élan des martyrs, des héros, des soldats de la charité, de tous ceux qui se dévouent est le fruit de grandes pensées profondément réfléchies et de convictions chaudement entretenues»1.

L’enthousiasme
Seul l’amour est moteur. Le passionné sent, l’homme froid se contente de comprendre ; le premier s’élance, le second reste assis ; l’un s’empresse, l’autre attend. Bien souvent nous avons l’impression que nos conseils glissent sur nos enfants comme l’eau sur les plumes d’un canard… Ils nous écoutent comme des petits blasés mais ne changent rien. Comme les auditeurs du sermon du dimanche ils disent « c’est vrai » mais ils n’ajoutent pas : « je vais faire ». Il leur manque la passion.
« Quand on aime, on n’a pas de peine ou si l’on a de la peine, on aime sa peine »
« Une chaîne de fer est nécessaire pour tirer un enfant sans enthousiasme, un fil de soie suffit pour entrainement si on le saisit par le cœur » .
Le succès de l’éducation est assuré quand l’éducateur est arrivé à faire vibrer les petites âmes pour la cause du bien et du devoir.

Communiquer l’enthousiasme
Pour allumer un feu, il faut une étincelle…
Les éducateurs doivent donc eux-mêmes être brûlants d’enthousiasme.
Si les parents ont une vive passion pour Dieu, pour les âmes, ils parviendront, le plus souvent, à transmettre la flamme. Si leur idéal ne dépasse pas l’inquiétude du quotidien et du matériel, ils ne pourront transmettre des idées plus élevées que les leurs.
Apprenons à élargir les âmes, à dilater les cœurs, à contempler de vastes horizons. N’enfermons pas nos enfants dans des prisons mentales qui rétrécissent les âmes.
Eveillons chez eux l’admiration pour les missionnaires, les hauts faits historiques, les belles figures de nos aïeux.

Canaliser les passions
Les parents doivent observer avec soin quels sont les sujets qui enthousiasment l’âme de chacun de leurs descendants.
Certains enfants ne discernent pas bien les buts à poursuivre. Chez l’un l’amitié sera supérieure à la raison, pour d’autres, le luxe et l’argent seront séducteurs. Il faut que dès la petite enfance nous distinguions les étincelles qui jaillissent, afin de maîtriser celles qui sont encore fragiles. C’est tout l’art de l’éducateur d’éveiller au moment voulu le feu sacré vers les idées belles et porteuses de foi et d’espérance.

Un enthousiasme productif
Les idées ne sont efficaces que si elles deviennent agissantes.
Les enfants qui possèdent une flamme sont appelés à accomplir de grandes choses. Il faut juste savoir leur faire découvrir ce que Dieu attend d’eux, la mission qui leur a été confiée.
Le premier enthousiasme sera naturellement l’amour du Christ. De là découlera le zèle pour l’apostolat, le sens du sacrifice, l’habitude de l’oubli de soi, la générosité…
Donnons et apprenons à vos enfants à donner… Ne soyons pas des consommateurs de sacrements mais offrons nos services : service de Messe, chorale, ménage de l’Eglise, entretien du linge d’autel, garderie d’enfants pendant les récollections, visites aux personnes âgées ou malades, participation aux Pèlerinages régionaux et à celui de Pentecôte (même si vous ne pouvez plus marcher il y a toujours un service adapté à vos capacités qui aura besoin de vous), … Nombreuses sont les occasions de donner et c’est «en se donnant qu’on reçoit »! Ne nous privons pas et ne privons pas nos enfants de ces occasions !
Vous constaterez très vite les fruits de ces dons qui ne laissent jamais Dieu indifférent. Le consommateur reste dans l’amertume et la critique. Celui qui donne, jette ses regards plus haut et contemple les grâces reçues avec reconnaissance envers son Créateur. C’est déjà un petit avant-goût du ciel.
Semons tout autour de nous l’espérance des enfants de Dieu!
Bonnes vacances à tous !

Marie du Tertre

Editorial

Chers parents, chers amis,

Voici les beaux jours, le printemps est déjà bien installé, les vacances approchent et chacun est heureux de voir la nature s’éveiller. L’énergie qui embrase la végétation semble nous habiter et l’état d’hibernation dans lequel nous étions plongés pendant l’hiver, paraît s’être évanoui… C’est le moment des grands projets ! Il est grand temps de planifier lieu de vacances et activités pour toute la famille !

Mais attention ! Soyons vigilants ! Ces petits mots que nous avions peut-être bannis de notre vie, allons-nous les laisser reprendre vigueur ? Inaction, oisiveté, paresse, négligence, indolence…

« Il y a des gens qui préfèrent considérer les vacances comme un état semi-comateux, une indolence intégrale, une longue sieste mollement agrémentée par de vagues odeurs d’algues ou de foin, de vermouth ou d’anis. »[1]

Non c’est décidé ! Nos vacances seront cette année bien utilisées ! Nous ne tomberons pas dans le piège qui permet que le relâchement des vacances nous fasse oublier le principal alors que le rythme d’une année bien organisée nous permettait de rester fidèles !

Selon le Père de Chivré, « loisir vient du latin Licere, signifiant «ce qui est permis». Permis dans quel but ? Pour devenir (ou rester) homme, et ainsi s’épanouir comme enfant de Dieu. »

Il est bien naturel que nous ayons besoin de prendre du repos, de changer d’activité pour retrouver des forces et affronter au retour, avec plus d’enthousiasme, notre vie quotidienne. Mais trop de repos tue les vacances et très vite nous perdons notre entrain mais aussi cet état d’esprit que nous donne la joie d’un emploi du temps rempli intelligemment.

Un grand secret pour passer de bonnes vacances !

Vous l’avez compris la première condition sera de se faire un emploi du temps ! Ouh là là, me direz-vous, un emploi du temps en vacances ? Eh oui ; c’est indispensable ! Naturellement il sera ferme sur les heures de coucher, de lever, sur la prière du matin et du soir, sur la récitation du chapelet et sera plus souple pour le reste. Mais il serait fort profitable que chacun y réserve un créneau horaire pour rendre service, pour lire, mais aussi pour réfléchir calmement, pour se détendre sainement,…

La détente de notre corps est une nécessité physique indispensable mais notre âme, elle, se repose en Dieu ; il ne faut donc pas oublier de Lui consacrer un minimum de temps. Naturellement nous ne négligerons jamais la présence à la messe du dimanche et pourquoi pas parfois en semaine si nous en avons la possibilité ? Et ne serait-ce pas l’occasion de réserver une semaine pour faire une retraite spirituelle si la précédente date un peu ?

Vacances en famille

Voilà bien le meilleur moment des vacances ! Selon le lieu choisi on peut privilégier les activités telles que les randonnées à pied, en vélo, mais pourquoi ne pas aussi en profiter pour entreprendre des travaux de restauration dans la maison ? Rien de tel pour garder de bons souvenirs ! Cela peaufine l’éducation et entraîne à la persévérance ! On découvrira parfois aussi les qualités manuelles de l’un ou de l’autre ; quelle chance de découvrir que l’un ou l’autre a de « l’or dans les doigts » ! Ce sera l’occasion de lui donner confiance en lui et de le valoriser ! Quelle joie d’admirer ensemble ensuite le travail bien fait !

Naturellement il ne faut pas que ces activités physiques occupent l’emploi du temps 12 heures par jour ; comme d’habitude tout est question d’équilibre ! Il faut aussi réserver un temps pour le délassement : lecture, promenade, jeux d’intérieur, jeux d’extérieur…

Et après ?

Le travail des uns et des autres (du Papa en particulier) ne permet pas deux mois de vacances en famille. Il faut donc trouver des occupations pour chacun,  pour varier les plaisirs.

– Les camps (Cadres, MJCF, scouts, SAS[2], Croisade Eucharistique,…) sont de bonnes écoles de formation pour ceux qui les suivent et aussi ne l’oublions pas pour ceux qui encadrent car après avoir reçu, il faut donner et quand on donne on reçoit !

Portons beaucoup d’attention aux relations de nos enfants ; un mauvais camarade peut faire un mal irréversible… même en quelques jours. Exigeons de savoir où ils vont, quels sont leurs compagnons de sortie,…, et discutons avec eux pour leur apprendre à distinguer les bons des mauvais amis.

– Sur deux mois, on pourra aussi entraîner les enfants à réserver une semaine pour rendre service : les filles chez une tante fatiguée par une récente naissance, les garçons chez un ami qui a besoin de bras… L’aide bénévole est très formatrice et ces courts séjours à droite et à gauche font découvrir d’autres horizons. Ils sont toujours bénéfiques si l’on en choisit bien le lieu !

– Pourquoi ne pas en profiter pour rendre visite à une tante âgée qui pourra raconter à tous une page de l’histoire de notre famille ? Pour visiter un château, un musée ou une belle église ?

Il faut que le soir chacun puisse se dire : qu’ai-je fait aujourd’hui pour Dieu ? Pour les autres ?

– Ne négligeons pas non plus la lecture car de bons livres bien choisis doivent procurer une véritable détente saine et constructive. Voici le moment pour chacun, parents comme enfants, de se ressourcer à tous les niveaux.

– Ces deux mois offrent aussi plus de temps pour discuter avec chacun de ses lectures mais aussi de son avenir, de ses occupations… On prend le temps de communiquer et de tisser des liens que l’on retrouvera quand cela sera nécessaire.

Le lieu des vacances

Soyons très vigilants sur le lieu de ces moments privilégiés ! Tout d’abord favorisons les endroits où nous sommes sûrs de trouver la messe. En effet serait-ce donner le bon exemple à ses enfants que de leur faire croire que la Messe est secondaire pendant les vacances alors que nous avons justement plus de temps ? Même si la maison de famille est un peu loin d’un lieu de messe, faisons l’effort d’y aller chaque dimanche. Profitons par exemple de cette occasion pour organiser un pique-nique et une sortie. Si nous avons la chance d’en être à proximité, n’hésitons pas à nous rendre en semaine à la messe quotidienne qui nous donnera des forces pour toute l’année à venir.

N’oublions pas non plus de privilégier des endroits sains… la tenue ou le manque de pudeur de nombreuses plages nous obligent à « boycotter » certains endroits… Ne rougirions-nous pas devant Dieu d’avoir nous-mêmes blessé la pureté de nos enfants ?

Les loisirs, au lieu de nous « abêtir », doivent être l’occasion de nous faire grandir, de nous fortifier car la période de vacances n’est pas une parenthèse au milieu de la vie ; c’est juste un petit oasis qui parsème de fleurs notre chemin vers le ciel mais qui ne doit en aucun cas l’interrompre !

Mais l’année n’est pas encore finie… Alors reprenons avec ardeur notre vie quotidienne jusqu’aux très prochaines bonnes et saines vacances !!

Que les mois de mai et de juin, respectivement consacrés à Notre-Dame et au Sacré-Cœur, gardent nos foyers bien unis dans les cœurs sacrés de Jésus et de Marie,

Marie du Tertre

[1] Jacques Perret, « Articles de sport »

[2] Société Saint André

Bien orienter ses enfants!

Chers parents, chers amis,

Bientôt le printemps ! Il est déjà l’heure de penser à l’orientation de nos enfants pour la rentrée prochaine. Penchons-nous aujourd’hui sur ce problème qui revient chaque année et préoccupe tous les parents, quel que soit l’âge des enfants.
Naturellement les solutions seront différentes selon l’âge mais quelques grands principes doivent régir nos choix.Prenons toujours nos décisions sous le regard de Dieu et non sous celui de notre meilleur ennemi, le « qu’en dira-t-on »…Que nos choix soient toujours faits en accord avec notre vie personnelle et d’abord dans l’intérêt de notre enfant.
Demander à un enfant, dès le plus jeune âge d’adapter son comportement en fonction du lieu où il est, fait craindre pour son équilibre futur. Il ne faudrait pas le rendre schizophrène… Il doit sentir une adéquation entre l’éducation vécue à la maison et celle de l’école où il passe 8 heures par jour. Un rapide calcul vous montrera que le temps éveillé passé à la maison est bien moindre… C’est donc bien l’école qui a en main la formation de votre enfant. Continuer la lecture de « Bien orienter ses enfants! »