Histoire des Styles 5

La régence

 De 1715 à 1723, en attendant la majorité de Louis XV, arrière-petit-fils de Louis XIV, la Régence est assurée, par « Monsieur », Philippe d’Orléans, frère de Louis XIV.

Mais le style « Régence » a commencé dès le début du XVIIIème siècle, donc il couvre en réalité un peu plus de 25 ans, de 1700 à 1730 environ et annonce le style Louis XV, plus intime, plus chaleureux que celui du Roi Soleil, pompeux et solennel.

C’est donc un style de transition comportant encore des éléments du style XIV mais aussi ceux qui figureront sous Louis XV.

Les meubles des pièces d’apparat sont encore imposants mais les dimensions se réduisent vers moins de solennité et les lignes courbes adoucissent la rigueur des formes héritées de Louis XIV. Ce style correspond à la fuite de l’étiquette pesante instituée à Versailles et considérée comme asphyxiante. Les commandes de meubles viennent donc davantage de riches ou nobles particuliers que de la Cour, et s’adaptent à la taille des pièces qui se réduisent vers plus d’intimité.

L’ornementation des meubles est plus fantaisiste que le style précédent et le placage notamment en bois de violette (palissandre) ainsi que le bronze sont plus fréquents. Celui-ci cerne le plateau des meubles pour le consolider, sert pour les « mains » (poignées) des tiroirs et protège notamment les pieds, sous forme de sabots.

Le chêne est employé pour les beaux meubles, le peuplier et le sapin pour les plus courants. Les bois fruitiers, noyer, hêtre et tilleul servent pour les sièges, le bois doré se trouve sur les consoles, les encadrements et les sièges d’apparat.

Les motifs décoratifs que l’on retrouve tant sur le bois que les bronzes sont:

  • les jeux de fond : quadrillage, losanges, fleurettes
  • les motifs d’origine humaine : masques et mascarons, têtes de faune ou de femme
  • les motifs d’origine animale : la coquille est très caractéristique de ce style, l’aile de chauve-souris qui ressemble un peu à la coquille, placée aux mêmes endroits, les singes, dauphins, dragons, oiseaux, chimères
  • les motifs d’origine végétale : palmettes composées de cinq feuilles réunies à la base, feuille d’acanthe allongée et assouplie, feuille aquatique plate et à  nervures.

Si en début du style les sièges ont encore des traverses en X reliant les pieds, à la fin ils auront disparu comme nous le voyons sur les deux photos ci-dessus où le bois de noyer simplement ciré est très apprécié. Ils sont garnis (rembourrés) recouverts de tapisserie, cuir ou riches tissus. Parfois les garnitures sont amovibles pour changer les tissus selon les saisons.

Les sièges cannés ou dits « foncé de canne » se développent et sont appréciés pour leur simplicité. Ils sont laissés tels quels l’été et recouverts d’ « un carreau » (coussin plat) fixé par des rubans l’hiver.

La commode dite « tombeau » portée par des pieds très bas, est vraiment caractéristique de l’époque, mais la commode à arbalète due à l’ébéniste Cressent, aux lignes plus légères, est rapidement adoptée.

La table bureau est très fréquente, de grande taille avec plateau rectangulaire ceinturé d’un jonc en cuivre, et trois tiroirs avec poignées de bronzes.

Celle de salle à manger n’existe pas encore (simple planche posée sur tréteaux) et  les tables dites de « milieu » très petites et très élégantes sont rares.

Quant aux buffets ils sont encore dans la ligne de ceux du style Louis XIV, de même que les armoires, sauf que leurs façades peuvent être galbées.

Le style Louis XV principalement féminin dans les courbes, la délicatesse des  motifs, est donc peu à peu annoncé et les familles d’ébénistes développeront un savoir- faire de plus en plus abouti avec une profusion de petits meubles.

Jeanne de Thuringe

L’esprit du XVIIIème siècle

L’époque du style Louis XIV se caractérisait par une grande créativité de meubles et de décors, mais aussi par un style très chargé comme nous l’avons vu.

Le XVIIIème siècle qui recouvre le style Régence, Louis XV et Louis XVI marque un tournant important par son raffinement, peu égalé depuis.

Attardons-nous donc sur ses caractéristiques avant de poursuivre dans nos prochains numéros plus en détail.

Pendant tout le XVIIIème siècle, la prospérité est générale, les clients exigeants dépensent donc largement, et incitent ainsi les architectes et les décorateurs, à proposer des productions de grande qualité avec toujours plus de talent.

L’architecture civile reste marquée de classicisme et symétrie, gardant le goût sobre de l’antique. Les appareillages de pierre sont parfaitement agencés, le fer forgé orne avec grâce les balcons et la justesse des proportions garantit une harmonie peu égalée jusque-là. Cela est vrai tant à la campagne qu’en ville et vous pouvez encore admirer cet équilibre à Bordeaux, Compiègne, Nancy, Aix en Provence, et dans bien d‘autres villes en France.

Les jardins viennent « présenter les demeures » leur offrant un écrin de verdure pour les mettre en valeur, c’est la grande époque des jardins dits « à la Française », auxquels vont succéder à partir du milieu du XVIIIème siècle les jardins dits « à l’anglaise », marqués par une nature apprivoisée même si elle ne paraît pas, ce qui est là tout leur art…

Les murs sont souvent recouverts de boiseries très recherchées ou plus modestes selon le rang et la fortune du propriétaire, et leurs couleurs commandent celles des meubles et des étoffes. Rien n’est laissé au hasard et si les couleurs blanc et or dominent dans les pièces les plus luxueuses, les plus usitées sont le bleu ou le vert, le jonquille, lilas, diverses nuances de gris et aussi les décors peints avec des singeries, des chinoiseries, des fleurs ou des scènes champêtres.

L’organisation du métier des artisans du meuble obéit aux règles strictes des corporations et si une même corporation peut ainsi réunir menuisiers et ébénistes, d’autres seront distinctes dans un même art, selon l’orientation du travail. Les marchands merciers passent commande aux artisans et vendent ensuite les meubles à leur clientèle de plus en plus désireuse d’être à l’avant-garde. Beaucoup de petits meubles astucieux voient le jour, combinant plusieurs fonctions en une et comportant aussi des secrets (caches).

Enfin en 1743 (enregistré en 1751) il est fait obligation aux menuisiers et ébénistes de  marquer leurs meubles de leur nom ou initiales, « l’estampille ».  Souvent celle-ci n’est pas facile à trouver, soit qu’elle ait été omise, ou en partie effacée  (on parle alors de trace d’estampille), soit qu’elle ait été effacée.

Les bois utilisés pour les sièges sont le noyer, puis le hêtre doré ou peint.

Pour les meubles d’ébénisterie ce sera du chêne pour les montants, sapin ou tilleul. Ensuite nous trouvons divers bois fruitiers comme le poirier, prunier, merisier (cerisier sauvage), noyer, houx, olivier.

Les bois exotiques viennent d’Amérique du Sud, même s’ils sont appelés bois des Indes et appréciés pour leurs couleurs vives : bois violet (dite de violette), rose (dit bois de rose), citron, etc…

Les assemblages sont à tenon et mortaise, à rainure et languette, et à queue d’aronde pour les tiroirs.

Le bâti du meuble est souvent recouvert de bois exotiques dont les feuilles sont de plus en plus minces, technique du placage jusqu’à pouvoir arriver à 2mm d’épaisseur…

Puis suivent le cas échéant, la marqueterie et les bronzes pour orner les meubles (pieds, poignées, chutes pour protéger les angles) qui peuvent être simplement cirés mais sont souvent vernis pour exalter la couleur du bois et les protéger.

Quant aux sièges, ils sont très souvent peints de couleurs claires déclinant les gris pâles verts et bleutés, recouverts de velours, de soies, de tapisseries représentant des chinoiseries, des entrelacs de fleurs, des scènes de fables.

Le XVIIIème siècle se caractérise donc par un grand raffinement, des dimensions plus réduites, des lignes courbes pour adoucir les formes rigides du XVIIème siècle, des couleurs pastelles. Les styles qui le rythment deviennent progressivement de plus en plus légers et féminins comme nous le verrons.

Jeanne de Thuringe

Histoire des styles : Louis XIV (3)

                Louis XIV restera toujours profondément marqué par la Fronde qu’il a vécue enfant, dormant sur la paille lors de la fuite du château de Saint Germain. Cela explique son désir d’asseoir sa puissance pour éviter les déchirements entre les grandes familles du royaume et les tentatives de soulèvement contre l’autorité royale.

                Le style qui porte son nom est donc tout empreint de cette magnificence, qui aura pour conséquence de développer les arts en France, les manufactures, et un savoir-faire de luxe, encore inégalé et toujours envié.

                Il se distingue par l’ampleur de ses formes, l’éclat des dorures et des matières chatoyantes : l’écaille de tortue, la marqueterie colorée, le bronze doré, et les bois précieux.

                Colbert et Le Brun mettront tout cela en ordre en créant la manufacture des Gobelins et la compagnie des Indes, c’est donc à cette époque que les bois exotiques sont introduits en France : amarante, bois de rose ou de violette. Depuis 1660 (un an avant le règne de Louis XIV) le développement du commerce a entraîné l’enrichissement de la bourgeoisie qui souhaite vivre dans des demeures meublées avec élégance, ce qui jusque-là était la seule préoccupation des grandes familles nobles.

                Versailles est même meublé avec le magnifique mobilier d’argent qui sera fondu en raison des difficultés économiques et militaires de la fin du XVIIème.

C’est ainsi qu’apparaît la marqueterie Boulle (du nom de l’ébéniste qui la développe) avec de véritables décors de feuillages, d’animaux, et des découpes d’une précision remarquable.

               Les décors des alcôves, plafonds et cabinets (meubles sur pieds) sont richement ornés de sujets inspirés de l’Antiquité, trophées et divinités, au début du règne du roi Soleil (figure d’Apollon) et ensuite dans la seconde moitié de guirlandes, draperies dites à la Berain (du nom du dessinateur en vogue à l’époque, dont l’atelier était voisin au Louvre de celui de Boulle, d’où une influence réciproque).

                Les sièges sont de plus en plus massifs, avec des sculptures imposantes. Les pieds sont au début, carrés, sculptés en balustres et reliés par une entretoise en X. Les accotoirs incurvés se terminent par une crosse souvent en forme de feuille d’acanthe.

                  A la fin du XVIIème siècle les pieds sont incurvés en « console », les sculptures plus fines et les dossiers arrondis.

                Si la bourgeoisie utilise des tissus de laine pour recouvrir les sièges, à la Cour la garniture des sièges et du lit, assortie à la tenture murale et aux rideaux, est changée deux fois par an, été (soieries claires et fleuries) et hiver (velours épais, damas ou brocarts).

                Les lits sont magnifiques, certaines cérémonies ayant lieu dans la chambre du Roi ; le mimétisme d’un lit imposant recouvert d’étoffes très riches se répand.

                Une grande variété de tables apparaît en noyer ciré pour les plus simples, d’autres dorées avec dessus de marbre ou de marqueterie de pierres dures pour les plus sophistiquées.

                Le bureau apparaît vers 1670,  caractérisé par huit pieds, des tiroirs et un grand plateau. Toutes les faces sont richement ornées du même décor que le plateau, car il est placé au centre de la pièce.

                Enfin, le bureau en évoluant, donnera naissance à la commode, placée dans la chambre, avec un décor très varié.

                Cette époque se caractérise donc par une grande créativité de meubles et de décors, mais aussi un style très chargé qui s’affinera beaucoup au XVIIIème siècle comme nous le verrons.

                                                                                                                      Jeanne de Thuringe

Histoire des Styles 2 : Louis XIII

            Sous le règne d’Henri IV, avec l’accalmie qui suit les guerres de religion, un certain confort va se développer touchant le mobilier et les objets du quotidien. Avec le règne de Louis XIII, les grandes demeures sont davantage tournées vers l’agrément que la défense, les fenêtres s’ouvrent sur le monde et la symétrie s’impose. Pour relancer l’économie française, Henri IV fait venir à la cour, en son palais du Louvre, des artistes étrangers chargés de former des apprentis français dans des domaines aussi variés que l’ébénisterie, le tissage de tapisserie ou de la soie.

            A sa mort son épouse régente, Marie de Médicis, poursuivra dans le même sens ainsi qu’ensuite leur fils Louis XIII, malgré les difficultés politiques.

            Avec Louis XIV et le faste de la cour de Versailles, la France développera un savoir-faire en tous domaines, qui deviendra un modèle pour l’Europe entière.

            L’architecture du XVIIème siècle est marquée par la symétrie, avec d’amples bâtiments, des façades régulières sur lesquelles se trouvent parfois des éléments issus de l’antiquité comme colonnes, pilastres, frontons, balustrade. Les pièces d’habitation sont au premier étage, et le plus souvent en enfilade, tendant à se réduire à la fin du XVIIème siècle pour être plus commodément chauffées.

            Les corporations s’enrichissent de nouveaux métiers qui se diversifient : l’ébéniste se distingue du menuisier ; le tapissier garnit les sièges et crée d’amples décors de tentures.

            Le chêne est toujours utilisé comme au Moyen âge pour la fabrication des meubles, mais on trouve également des bois blancs plus légers pour des plateaux de table. Noyer et poirier sont aussi travaillés.

            Sous Louis XIII les bois sont cirés, et les premiers sièges apparaissent, garnis de crin de cheval et recouverts de velours, cuir, damas, ou de tapisserie, remplaçant les coussins mobiles. Ils sont fixés par de gros clous à tête de cuivre. Les pieds sont tournés en chapelet ou torsade, et la chaise à bras prend le nom de fauteuil en 1640. Certaines innovations comme la chaise de malade datent de cette époque.

Les tables sont toujours dressées sur des tréteaux pour les repas mais ce sont des petites tables très sobres au début, elles auront des pieds tournés par la suite.

Les meubles de rangement sont l’armoire, et le buffet à deux corps très apprécié depuis le milieu du XVIème siècle, parfois très richement orné.

            Les ustensiles pour le repas restent simples avec coupe, assiette, écuelle, pichet, en étain ou en argent. Il n’y a quasiment pas de verre, si ce n’est ceux des artistes italiens venus en France.

           En conclusion, le style Louis XIII se reconnaît à :

 Des meubles en bois foncés, massifs, d’allure sobre et architecturée.

Des pieds de table en spirale, en balustre ou en chapelet avec toujours un entrejambe en H.

Des sièges garnis avec également un entrejambe en H.

Des moulures importantes en pointe de diamant, en gâteau (en parts), en tas de sable sur les armoires.

Des ornementations de feuille d‘acanthe, de pied d’aiglon, de chimères.

                                                                                  Jeanne de Thuringe

 

Histoires des styles

Qui n’a pas un jour visité une brocante ou un vide grenier, perplexe devant les affirmations péremptoires du vendeur assurant que : « Si, si, le meuble est d’époque (mais laquelle…?), vous faites à ce prix-là une très bonne affaire ! »

 Soit dubitatif, vous n’achetez pas, soit vous vous laissez séduire et effectivement vous êtes l’heureux propriétaire d’un bel objet, soit… vous attendez le prochain vide grenier pour le revendre… !

            Voici donc pour vous aider une petite histoire des styles au fil des numéros de Foyers Ardents.

            Au Moyen Age, les objets domestiques étaient surtout pratiques, destinés à remplir leur office. De plus pour la noblesse et pour le roi, ils étaient déplacés au gré des châteaux.

            Nous trouvons donc :

            – des coffres de rangements légèrement sculptés,

            -des tables sous forme de plateaux posés sur des tréteaux (d’où l’expression dresser la table),

            – des bancs ou des tabourets en bois,

            – des lits en bois avec des matelas de paille (les paillasses), de crin ou de laine, fermés par des rideaux pour garder le chaud et l’intimité puisque plusieurs membres de la famille dormaient dans la même pièce.

Les chaises dites cathèdres, inspirées du siège de l’évêque dans la cathédrale, sont en bois avec un haut dossier. Elles sont réservées aux personnages importants et influents. Leur confort est très relatif ; il est juste apporté par un « carreau », simple coussin mis là pour l’occasion.

            Dans la même catégorie nous trouvons la chaire, le banc à dos et le banc à ciel qui sont des sièges nobles. Le dossier en est souvent travaillé, sculpté, voire tendu de tissus précieux.

            Descriptions données par les textes d’époque et représentations sur tableaux nous en donnent une idée puisqu’étant en bois, ils ont tous disparu. Seuls subsistent ceux qui furent fabriqués en métal : le trône de Dagobert et le siège épiscopal de Bayeux.

            Au XVème siècle, la vie devient plus sédentaire. C’est la naissance de la queue d’aronde (assemblages à pièces triangulaires), et des meubles à panneaux avec des cadres assemblés par des tenons et des mortaises. Ceux-ci permettant la dilatation des bois ou leur rétractation selon l’humidité et évitant ainsi les fentes.

            Au début du XVIème siècle, la chaise à bras apparaît, appelée caquetoire sous le règne de François 1er : c’est l’ancêtre du fauteuil moderne. Celui de la chaise s’appelant la chaise à femme sans accotoir. Le musée de la Renaissance à Ecouen en possède de magnifiques exemples.

            Petit à petit l’influence italienne se fait de plus en plus sentir avec frontons, pilastres, têtes d’animaux, et des formes inspirées des ployants de l’antiquité. Cependant les meubles du Moyen-Age subsistent : escabeau, tabouret, coffres. Les coffres de mariage sont richement sculptés avec des symboles d’abondance et de fidélité.

Nous découvrirons dans notre prochain numéro le changement profond qui se fera dans le mobilier à partir du XVIIème siècle.

                                                                                  Jeanne de Thuringe

Développer ses talents

Cet été nous avons appris à regarder pour nous émerveiller et ainsi louer le Créateur par la contemplation. Les affaires d’été rangées, les lieux de vacances quittés, la rentrée nous ramenant son rythme quotidien, pourquoi ne pas garder ces moments de détente et cet amour du Beau que nous nous sommes efforcés de développer.

Aussi une bonne résolution pour nos esprits reposés serait de nous tenir au courant tout au long de l’année des expositions ou concerts autour de chez nous. Sites internet des mairies, office de tourisme, associations locales nous donneront les précieux renseignements.

Nous pouvons aussi développer certains de nos talents connus ou inconnus qui ne demandent qu’à poindre afin de créer du beau et de nous assurer dans ce monde si difficile un  peu de cette vertu d’eutrapélie si nécessaire à l’équilibre familial.

Cours de dessin, de danse, chorale, apprentissage d’un instrument, poèmes, sont autant de talents qui peuvent ensuite être au besoin partagés en famille, évitant l’isolement actuel si fréquent de chacun et offrant des distractions saines qui soudent et créent un véritable esprit de famille loin des activités virtuelles.

Les beaux livres sont aussi l’occasion de découvrir comment lire un tableau. Par exemple le livre « Apprendre à voir la Nativité » de S de Gourcy (cf. Cercle René Bazin) peut tout à fait pendant le temps de l’Avent être une préparation de l’âme à Noël en étant lu en famille ou seul, selon les âges, le dimanche.

Certaines familles créent de petits ensembles instrumentaux s’offrant ainsi une saine récréation le dimanche, et tout simplement sans s’appeler la famille Von Trapp (La mélodie du bonheur), chanter ensemble les chants de notre patrimoine traditionnel de régions ou scouts sont un vrai moment de bonheur. Pour les aimer davantage, faisons si nous le pouvons des recherches historiques qui nous les rendront plus vivants. Danses régionales peuvent aussi être apprises et occasion de bonnes parties de fous rires, tout en se dépensant physiquement.

En fait avoir un temps en famille réservé une fois dans la semaine à l’art, dans son expression ou son histoire, devrait être indispensable pour nous relier au divin et nous détendre tout en enrichissant notre culture.

Il y a aussi ce qui se faisait autrefois à la veillée, et que nous pouvons faire en famille: conter. Conter des histoires pour développer l’imagination des enfants, conter l’histoire de France comme le faisait notre grand-père qui nous l’a rendue si vivante et si vraie, lire des poèmes ou des beaux textes, apprendre à différencier les styles des meubles, ce que nous apprendrons dans les prochains numéros de Foyers Ardents.

                                                                                           Jeanne de Thuringe

Savoir regarder pour s’émerveiller

A l’aube des vacances d’été, occasion de détente et de découvertes, je voudrais non pas vous parler de façon académique de l’art, mais vous aider à regarder ce qui vous entoure pour vous émerveiller et cultiver la vertu d’eutrapélie (Aristote et Saint Thomas d’Aquin) en trouvant ou retrouvant la bonne humeur, car « cet art de la distraction bienvenue, offerte avec cœur, allège l’ombrageuse gravité des actes et des propos. Plus qu’un don ou un talent, il est une vertu offerte à quiconque veut en jouir. Elle est la force des caractères délibérément enjoués, des personnes dont on envie la joie de vivre tandis qu’on sait les épreuves silencieuses qui les marquent[1]. »

Pour cela, l’art, expression physique du beau à travers la création humaine, en s’approchant aussi près que possible de l’harmonie de la Création, nous aide. C’est pourquoi il ne fut jamais si pur, si entraînant vers les hauteurs qu’aux époques les plus chrétiennes, puisqu’il avait pour but la contemplation, même à travers le simple quotidien. Cette contemplation conduisait naturellement à la paix et à la joie. Elle suscitait des âmes joyeuses qui communiquaient la paix.

De nombreux édifices, églises et cloîtres couvrent notre pays.  Entrons dans une église romane et regardons la pureté toute simple des voûtes inspirées essentiellement des basiliques romaines mais aussi des influences byzantines et barbares, (nées à peu près avec l’an mille). Sachons  regarder le travail de la pierre locale, les sculptures, les scènes bibliques (véritable catéchisme), les décors de feuillages, les monstres symbolisant les dangers auxquels l’âme est soumise.

Découvrons les extraordinaires jeux de lumière des vitraux de nos cathédrales et tout le message chrétien du passage des ténèbres vers la Lumière.

Admirons une statue d’une Vierge à l’enfant parfois naïve, flânons ou mieux arrêtons-nous pour prier dans le silence d’un cloître, goûtons cette paix en pensant aux  moines qui s’y sanctifièrent. Emerveillons-nous des jeux du soleil, des senteurs des simples et initions les enfants à ces proportions parfaites, basées sur le nombre d’or[2] que les bâtisseurs d’églises et de cathédrales utilisaient en géométrie pour le respect de l’harmonie.

Il existe des parcours très didactiques pour les enfants et des associations de bénévoles catholiques font visiter, l’été, les trésors de leur région. Ils nous aident à découvrir et à aimer notre patrimoine.

Puis regardons pourquoi notre pays est si harmonieux, rassemblant une diversité géologique et géographique inégalée, avec un habitat des plus typiques et variés. L’homme a construit avec les matériaux locaux, qui ont la couleur du sol. Voilà pourquoi une vieille maison sera toujours bien de chez elle, comme issue de sa terre, dans une totale harmonie que n’ont pas hélas nos constructions modernes. Là où la chaux mêlée au sable local donnait cette union totale avec le paysage, laissait les murs respirer, et rayonnait du charme de la main de l’homme sans raideur, le ciment emprisonne l’humidité et raidit toute l’allure de la bâtisse.

Sachons nous émerveiller devant un simple outil que l’ouvrier autrefois fabriquait pour son usage personnel, lui donnant une paternité unique et le gardant toute sa vie, compagnon d’heures du labeur dans la peine et la joie du travail réussi. Dans les musées d’art populaire, nous pourrons apprécier et respecter la vie quotidienne locale des anciens, souvent rude.

Et dans les demeures plus ornées, considérons le savoir-faire qui donna à la France son rayonnement culturel à travers l’Europe et au-delà et qui reste encore de nos jours inégalé.

         N’hésitons pas à visiter ce qui est près de chez nous et que le rythme quotidien nous empêche de découvrir. Bien souvent nous connaissons mal nos régions d’habitat.

Alors bonne visite pour aimer toujours davantage notre vieux pays.

                                                                                  Jeanne de Thuringe

 

 

Bibliographie: Vous trouverez dans la collection Gisserot beaucoup de petits guides à des prix abordables sur l’art roman, gothique, les merveilles de chaque région, les symboles rencontrés, une variété de thèmes impressionnants.

Les guides Michelin sont aussi bien documentés sur l’histoire locale et l’art, mais privilégions les éditions anciennes plus fournies.

Les guides bleus, qui hélas n’existent plus, étaient culturellement très intéressants. Si vous en trouvez n’hésitez pas, et complétez les informations pour les horaires de visite avec les offices de tourisme.

[1] Hubert Borde, professeur de philosophie

[2]Le nombre d’or :
La plus ancienne définition, et construction géométrique, de la section d’or remonte au IIIème siècle avant JC et est due au mathématicien grec Euclide,

La décoration des tables

Avec les beaux jours, les invitations entre amis, les cérémonies familiales profanes ou religieuses, de bons repas viendront fêter l’évènement, où chaque cuisinière aura mis tout son cœur pour régaler petits et grands.

Un bon déjeuner (ou un bon dîner) est comme un joli cadeau, l’emballage compte et fait partie de la joie d’être ensemble. Un très bon déjeuner servi sans un certain décor aura moins de goût. Au contraire quelque chose de simple, parce que l’on n’a pas eu beaucoup de temps ou que nous ne sommes pas très douées pour la cuisine, aura une toute autre saveur avec une table bien mise.

            Souvent, il en faut peu pour que cela dégage un air de fête.

Assortir les couleurs de la nappe et des serviettes en papier (moins de travail pour la maîtresse de maison) que l’on trouve facilement à peu de frais. Elles  peuvent être pliées de façon amusante, les petites filles aiment beaucoup le faire.

Bien sûr, nous pouvons utiliser les nappes anciennes que des grands-mères ont pu broder, ou des chemins de table. C’est l’occasion d’apprendre aux enfants à s’émerveiller devant le travail de broderie et de leur apprendre à marier les couleurs et les formes, du moment que le résultat est harmonieux.

Quelques fleurs du jardin piquées dans des verres avec un peu de mousse naturelle ou de fleuriste dans les mêmes tons, auxquelles on rajoute les feuillages que l’on a sous la main, ou du lierre enroulé autour ou dans ces mêmes verres.

Des verres de couleur dans lesquels on met une bougie chauffe-plat font de jolis photophores, qui peuvent aussi garnir le soir les rebords des fenêtres de la maison. Cela lui donne un air de fête la mettant en valeur d’une lumière très douce.

       Si l’on a de jolis bougeoirs, c’est l’occasion de les sortir mais il est possible aussi d’en fabriquer de très simples avec une planche de bois décorée sur laquelle on aura fixé des clous la pointe en l’air pour y enfiler des grosses bougies espacées ou groupées selon les idées.

     Un petit ruban peut venir embellir de simples verres, et une main enfantine tracer les prénoms des invités sur un papier plié.

      Tous ces petits gestes viennent montrer à ceux que l’on reçoit combien ils sont les bienvenus, et la table ainsi dressée avec amour accueillera avec joie petits et grands pour de bons moments inoubliables.

                                                                                                           Jeanne de Thuringe

Petite histoire des arts de la table

Continuons notre petit tour de table… par la vaisselle :

          Si Faïence et porcelaine sont deux sœurs que l’on trouve sur nos tables, sans compter le grès (matériau céramique très dur et résistant) quelle est leur différence ?

Savez-vous que le mot Faïence vient de la ville de Faenza en Italie, célèbre pour ces céramiques ? Continuer la lecture de « Petite histoire des arts de la table »

Petite histoire des arts de la table

Noël est passé avec les belles tables mises en scène pour que la joie d’un bon et beau repas accompagne celle des cœurs et des âmes pour la Nativité.
Dresser la table est un geste quotidien qui s’embellit aux grandes fêtes et qui s’inscrit dans une histoire que bien souvent nous connaissons mal, et dont les us et coutumes se sont enrichis ou appauvris au fil des temps.

Jouons à retrouver un peu leurs origines : Continuer la lecture de « Petite histoire des arts de la table »