Le foyer, royaume de charité

De part le sacrement de mariage et les grâces reçues, nous régnons sur notre foyer ; or une reine n’est-elle pas responsable de l’atmosphère générale de son royaume ? N’est-ce pas nous, qui, en tant que cœur de la famille, devons donner le « la » de l’ambiance générale pour que chacun ait plaisir à s’y retrouver ?

Bien sûr une maman aura à cœur, même avec de petits moyens, de donner une âme à sa maison en y mettant sa touche féminine et en l’imprégnant d’une note chaleureuse. Naturellement elle mettra tout son talent de cuisinière en soignant particulièrement les bons petits plats qui feront plaisir à chacun le dimanche ou le jour du retour des plus grands… Mais si tout ceci est nécessaire, ce n’est pas suffisant… Penchons-nous aujourd’hui sur l’atmosphère profonde de la maison, cette ambiance saine et toute imprégnée de charité qui doit régner au cœur de la famille.

Notre rôle est ici primordial. Il demande un grand équilibre et quelques notions pour garder le cap afin que notre foyer rayonne de la vraie charité.

L’une des conditions pour bien donner est, nous vous l’avons déjà dit, d’avoir personnellement trouvé un équilibre spirituel et affectif. Seul le trop plein se  répandra alors autour de nous.

Se remplir pour donner

Le premier élément est bien entendu de déceler les dons reçus  et de savoir en être reconnaissant :

-vis-à-vis de Dieu qui nous a tout donné et dont le don est encore permanent. Est-ce que je suis consciente que tout vient de Dieu ? Est-ce que je lui rends les honneurs qui lui sont dus ? Apprenons à regarder en arrière pour remercier la Providence de ses multiples interventions qui nous ont guidées tout au long de notre chemin. Si parfois, dans l’instant, nous n’avons pas compris les voies de Dieu, souvent,  à posteriori, nous ne pourrons que rendre grâce !

-vis-à-vis de nos parents. Bien souvent on rencontre des personnes qui ont gardé des amertumes et des aigreurs par rapport à leur famille. Si l’on veut construire et donner en vérité, ne doit-on pas pardonner, voir les éléments positifs qui ont marqué notre vie et nous grandir sans nier les imperfections mais s’en servant de tremplin pour rebondir ? Avons-nous pensé à remercier nos parents pour tout ce qu’ils nous ont transmis ? Pour la vie et la foi qu’ils nous ont données ? Leur sommes-nous gré d’avoir été le maillon d’une grande chaîne et de nous avoir transmis notre histoire familiale ?

-vis-à-vis de la société, de nos maîtres, de nos prêtres,… savons-nous reconnaître tout le bien qui nous a été fait ?

On ne peut soi-même devenir un maillon positif de la chaîne  que si l’on reconnaît ce que l’on a reçu, si l’on pardonne les erreurs qui ont été faites et si l’on tire les conclusions qui nous permettront de mûrir et de pouvoir construire à notre tour !

Ne nous berçons pas d’illusions : nous avons tous vécu des événements plus ou moins difficiles dans notre vie, été victimes d’erreur de jugement ou d’orientation mais la perfection n’est pas de ce monde et si nous ne reproduisons pas les impairs qu’ont faits nos parents, nous en ferons certainement d’autres… Notre nature n’étant pas parfaite, c’est la loi, l’important est de ne pas garder et ruminer des souvenirs indéfiniment ! Savoir pardonner nous aidera alors à donner à notre tour !

Après ce travail sur nous-mêmes, il nous faut être vigilant pour conserver ou acquérir une stabilité harmonieuse à tous les niveaux : une maman épuisée, excédée et de mauvaise humeur n’aura plus qu’une toute petite flamme pour rayonner…

Attention, messieurs, c’est bien vous qui êtes responsables de l’équilibre de votre femme ; vous devez donc veiller sur elle : « Maris, aimez vos femmes, comme le Christ a aimé l’Eglise et s’est livré lui-même pour elle (…). C’est ainsi que les maris doivent aimer leurs femmes, comme leurs propres corps. Celui qui aime sa femme s’aime lui-même. Car jamais personne n’a haï sa propre chair ; mais il la nourrit et l’entoure de soins, comme fait le Christ pour l’Eglise[1]. » La femme doit trouver son « épanouissement » dans son foyer et non « malgré » ou « en dehors de » celui-ci. Par le don qu’elle fait d’elle-même à tous, elle reçoit en plénitude et peut alors transmettre la joie des enfants de Dieu.

Pour que la flamme rayonne en vérité, il faut donc :

– Avoir une vie spirituelle riche car c’est le seul moyen de transmettre l’amour de Dieu.

– Respecter un rythme naturel équilibré (Sommeil, nourriture, exercice physique…) en connaissant ses faiblesses et ses limites.

– Occuper sainement ses temps libres (après son devoir d’état) en pratiquant les œuvres de miséricorde, puis aussi en exerçant l’une ou l’autre de ses « passions » (lecture, histoire, enseignement, encadrement, tapisserie…)

c’est ce que Saint Thomas appelait la vertu d’eutrapélie[2].

– Ménager des moments privilégiés avec son époux pour écouter ce qu’il a à dire et prendre le recul nécessaire.

C’est alors que l’épouse pourra véritablement Rayonner !

Elle aura à cœur de transmettre à ses enfants les qualités familiales, l’histoire de leurs deux familles : il y a toujours une belle âme, un héros ou une histoire à raconter…

Elle saura voir le positif, et leur apprendre à toujours considérer « le verre à moitié plein », examiner ce qui va bien, apprendre à ses enfants à dire merci (l’ingratitude est un défaut qui fait tellement souffrir !). Elle les aidera à analyser les échecs pour en faire une progression.

Elle veillera à ce que chacun puisse s’exprimer et « raconter » à son tour et que tout le monde l’écoutera avec bienveillance. Elle maintiendra un climat de paix en bonne harmonie.

Elle sera très vigilante pour éliminer les ruminations toxiques qui empoisonnent les âmes, bannir l’esprit de critique systématique : ces médisances et calomnies qui déforment le cœur. Elle leur enseignera les vertus de bénignité et de bienveillance  en opposition avec la jalousie et les rancœurs. Elle apprendra à ses enfants à critiquer les actes (il le faut bien malheureusement…)  et non les personnes.

Elle leur enseignera à recevoir la reconnaissance des autres sans mièvrerie. Chacun doit savoir accepter un compliment pour un acte bien fait quand il est dû, sans fausse pudeur mais avec humilité et la maman prendra garde à ne pas nuire à la formation du cœur de son enfant en recherchant elle-même les compliments. Ceux-ci doivent être justes mais on ne doit pas s’appesantir dessus. Elle doit exiger que les réflexions déplacées sur la « beauté » de l’enfant ne soient pas entendues par la personne concernée… qui n’en tirera que vanité et dureté de cœur.

Son rôle est bien de forger des cœurs droits et purs sans jamais tomber dans le sentimentalisme mais en ayant toujours pour objectif de former des âmes pour le ciel.

Ainsi la charité règnera profondément au cœur du foyer.

Que Notre-Dame des Foyers ardents vous aide en ce début d’année à faire le point sur ce qui doit être amélioré pour que votre famille reste ou devienne un lieu de paix où chacun aime à venir se ressourcer.

Marguerite-Marie


[1] Saint Paul ; Epitre aux Ephésiens- (5-25)

[2] «il est contraire à la raison d’être un poids pour autrui, de n’offrir aucun agrément et d’empêcher son prochain de se réjouir … ceux qui refusent de se distraire, qui ne racontent jamais de plaisanteries et rebutent ceux qui en disent, ceux-là sont vicieux, pénibles et mal élevés» (IIa IIae, Q168, a 4)

Merci!

Si dans Foyers ardents N° 5 (n’hésitez pas à le relire…), nous avons voulu remercier nos maris et pères de nos enfants, il est juste qu’en ce numéro consacré au don, nous offrions notre reconnaissance à celles qui ne sont que don.

Merci à celles qui dès leur plus tendre enfance ont cultivé les qualités de générosité en apprenant à donner le meilleur d’elles-mêmes.

Merci aux jeunes filles qui ont su préserver leur pureté, la clarté de leur regard et ont su adopter et conserver le comportement approprié afin de ne pas devenir femme-objet pour demeurer fidèle à leur vocation.

Merci à celles qui ont su, non par mièvrerie ou soumission, mais généreusement, garder une tenue féminine au milieu d’un monde difficile.

Merci à celles qui savent que Dieu nous a créés homme et femme, différents mais complémentaires et qui conservent la place que Dieu leur a préparée depuis toute éternité, à l’image de Marie, leur Mère.

Merci à celles qui ont offert leur vie dans le silence du cloître pour enfanter par leurs prières et leur rayonnement spirituel toute une génération d’enfants, pieux et généreux.

Merci à celles qui n’ont pas eu la joie d’enfanter dans leur corps mais à qui nos familles doivent tant de sacrifices et de prières offertes pour elles.

Merci à celles qui, à compter de leur mariage se sont offertes entièrement, conscientes de leur renoncement mais heureuses de participer ainsi à l’œuvre de Dieu.

Merci à celles qui dans leur foyer savent trouver la place qui est la leur en lui apportant féminité, sérénité, ordre et paix.

Merci à celles qui se donnent à leur époux et à leur foyer pour la vie, sans égoïsme, sans garder leur « jardin secret », chaste, soumise, fidèle, avec une générosité totale et un don complet « pour le meilleur et pour le pire » !

Merci à celles qui ont su choisir de devenir la reine de leur foyer, plutôt que de poursuivre un avenir professionnel, et qui s’engagent avec enthousiasme, toutes données au bien commun.

Merci à celles qui savent être le cœur qui réchauffe, l’âme du foyer, la conseillère fidèle de leur époux, l’aidant et le soutenant dans les épreuves de la vie.

Merci à celles qui veillent à progresser, à maîtriser leur caractère, à former leur intelligence, leur cœur, à fortifier leur vie de prière pour pouvoir mieux donner car « on ne donne que ce qu’on a ».

Merci à celles qui ont compris que l’avenir du monde est entre leurs mains : c’est sur leurs genoux que naissent les vocations, que les défauts sont maîtrisés et les caractères formés.

Merci à celles qui ne comptent pas leur temps et qui donnent sans compter, « chantant Matines » avec leurs tout- petits et « Complies » avec les plus grands…

Merci aux mamans des petits et aux mamans des grands ; donnant soins, amour et charité aux uns, disponibilité, discussions et prières silencieuses à tous.

Merci à celles qui prient et font célébrer des messes pour leur foyer, pour leurs enfants, menant ainsi vers le haut toute la maisonnée.

Merci à celles qui aux yeux du monde, ayant terminé leur mission,- les petits ayant quitté le nid- demeurent dans le silence et la prière, gardiennes du foyer, disponibles à tous, aux siens comme aux autres, toujours généreuses, toutes à tous…

Merci d’être celles qui écoutent et savent se taire, conseillent avec doigté, aident avec délicatesse, veillent dans la nuit, se sacrifient et toujours prient.

Merci enfin à celles dont les cheveux parsemés de fils blancs rayonnent par leur sérénité, par leur présence rassurante, leur fidélité quotidienne au devoir d’état, leur exemple et leur foi. Elles offrent leur famille par un Rosaire continu dans un appel plein d’espérance.

Que Notre-Dame des Foyers Ardents veille sur toutes ces femmes afin que d’elles jaillissent comme un soleil levant, des familles rayonnantes, montant vers le ciel.

Marguerite-Marie

 

L’Intronisation du Sacré-Cœur dans les familles

Depuis la « loi de séparation de l’Eglise et de l’État » décrétée par Clémenceau le 9 décembre 1905 à laquelle Saint Pie X répondit par l’Encyclique « Vehementer nos » du 11 février 1906 ; depuis que le Concile Vatican II a exigé que les pays catholiques suppriment de leur constitution la référence à Notre-Seigneur et à l’Eglise catholique, le laïcisme semble triompher : lois iniques, attaques innombrables contre la religion catholique, vies des enfants et des personnes âgées et vulnérables mises en danger,… on ne compte plus les méfaits du laïcisme.

Loin de nous décourager, loin de nous laisser abattre, nous pleurons sur ce monde délétère, nous nous désolons de voir tant et tant d’âmes se perdre, mais, nous en sommes convaincus, seul le Christ vaincra et Il nous a donné les moyens de survivre au milieu de ce monde hostile.

Un des grands moyens surnaturels donné par Notre-Seigneur est sans nul doute l’Intronisation du Sacré-Cœur dans nos foyers[1]. Cela doit être notre réponse au reniement actuel et notre meilleure réparation. Alors le Christ-Roi régnera dans nos familles, dans notre vie quotidienne et ainsi il rayonnera sur la société toute entière. Puisque Notre-Seigneur nous a solennellement confiés à sa mère avant que de mourir sur la Croix nous demanderons tout naturellement en même temps à Notre-Dame de régner avec son Fils sur nos familles par la Consécration au Cœur Immaculé de Marie[2].

En quoi cela consiste-t-il ?

Le but principal de cette Intronisation est bien de demander à Notre-Seigneur de régner sur nos familles et en particulier sur notre foyer, sur nos enfants, sur notre maison. Nous allons donc lui donner avec générosité la place d’honneur qui Lui est due mais qu’Il attend avec patience qu’on Lui offre.

            On placera en première place et sans respect humain, au salon et aux yeux de  tous, une belle statue du Sacré-Cœur (ou une image), qui sera la preuve qu’Il est véritablement institué le roi de la famille, honoré dignement.

Comme à Béthanie, la famille entière partagera alors ses joies et ses peines avec le Sacré-Cœur. Comme à Béthanie, Notre-Seigneur sera heureux d’être au milieu de nous et viendra « se reposer » avec joie.

Les époux, de par les grâces reçues le jour de leur mariage, ont le pouvoir de réaliser l’acte solennel de Consécration. Ils auront à cœur d’y faire participer leurs enfants si le Bon Dieu les en a déjà comblés. C’est avec joie que l’on aimera solenniser cette grande journée en ayant au préalable réalisé une neuvaine de prière ; tous les participants se seront préparés, confessés (si leur âge le permet) pour cet événement et auront communié à une messe que l’on pourra faire célébrer à cette intention. On aura naturellement invité le prêtre à en être témoin ; il bénira la statue au préalable et on terminera cette journée par un repas de fête. La maman aura soin d’entretenir au pied de cette statue un joli bouquet, une veilleuse ou une bougie qui manifestera combien le cœur de tous, même en cas d’absence physique, reste présent près du trône du Divin Roi.

Plus tard et chaque jour, la famille aimera se retrouver aux pieds du Sacré-Cœur pour la prière familiale et chaque année on aura soin de renouveler en famille cette Consécration.

Quels sont nos engagements ?

Si on demande à Notre-Seigneur de régner effectivement dans nos familles, on Lui demande aussi naturellement de régner dans nos cœurs, dans nos esprits et dans notre vie. Ce n’est pas un acte anodin, loin s’en faut ! «  La consécration n’est rien d’autre qu’un don total de soi-même, dit le pape Pie XII, le règne du Sacré-Cœur dans la famille exige qu’une atmosphère de foi et de piété y enveloppe personnes et choses. Qu’on éloigne donc des foyers consacrés tout ce qui pourrait contrister le Sacré-Cœur : plaisirs dangereux, infidélités, intempérances, livres, revues et images hostiles à la religion et à ses enseignements. Qu’on en éloigne ces accommodements si fréquents de nos jours dans les relations sociales, ces prétentions de concilier la vérité et l’erreur, la licence et la morale, l’injustice égoïste et avare et les devoirs de la charité chrétienne. Qu’on éloigne de ces foyers consacrés certaines manières de cheminer à la limite de la vertu et du vice, entre le ciel et l’enfer.[3] »

Et la réponse de Notre-Seigneur récompensera, ô combien, notre acte d’abandon à sa volonté : « Notre-Seigneur m’a promis, écrivait Sainte Marguerite-Marie Alacoque, que nul de ceux qui se consacreront à ce divin Cœur ne mourra sans être en état de grâce ! »

Que pouvons-nous attendre de mieux  comme promesse pour parvenir, dans la sérénité, au terme de ce pèlerinage terrestre en entraînant ainsi tout notre foyer avec l’aide de Notre-Dame pour « reformer au ciel notre foyer d’ici-bas consacré à jamais à votre Cœur Immaculé » ?

Marguerite-Marie

 1 et  [2] Texte à trouver dans la rubrique « Les prières des familles catholiques »

[3] Pie XII Discours aux jeunes époux – 5 juin 1940

L’ordre

«La paix est le repos dans l’ordre[1]».

«  La paix demande d’abord l’ordre, c’est-à-dire elle exige que chacun demeure à sa place, que les inférieurs obéissent, que les chefs gouvernent, que tout être fasse son devoir, en respectant les droits des autres. C’est là le premier point. Mais la paix ne saurait s’accommoder d’un ordre maintenu seulement par la force : elle veut encore que les différents membres acceptent cet ordre, se tiennent pour satisfaits de la place qu’ils occupent, sans chercher à empiéter sur le domaine de leurs voisins et à bouleverser l’harmonie de l’ensemble. La paix ainsi entendue est un bienfait immense. Elle est, peut-on dire, le terme suprême de tous les efforts et de tous les désirs humains. Elle seule peut permettre l’épanouissement complet des facultés de l’homme, le progrès des sciences et des arts, le développement normal de la civilisation. [2]»

Dès la Création, Dieu a établi un ordre, une hiérarchie. S’Il a établi l’homme maître de la création, son but n’était pas d’en faire l’esclave du progrès. Si la femme a été tirée de la côte d’Adam ce n’est pas le fait d’une distraction de Dieu, ce n’est pas un simple détail. C’est le plan qu’Il a souhaité.

            Nous avons tendance à oublier bien souvent que l’ordre est le secret de la paix et même de la réussite matérielle. Le désordre, à l’inverse, entraîne les conséquences qui commencent sérieusement à apparaître dans notre monde sans boussole. C’est le cas dans nos familles quand les pères n’osent plus être la tête et que les mères oublient d’en être le cœur, et alors, les enfants – s’étant assurés qu’ils ne se heurteront plus à l’autorité – prennent eux-mêmes les rênes, et deviennent insensiblement des tyrans…

Nous avons abordé largement dans notre N° 5 la reconnaissance due à notre mari. N’hésitons pas à lire et relire cet article[3]. En effet les hommes d’aujourd’hui, imprégnés malgré eux des principes de la Révolution, ne reconnaissent plus leur valeur de chef. C’est alors à l’épouse, de par son intelligence du cœur, d’aider son époux à prendre confiance en lui et de délicatement l’orienter vers son véritable rôle. Les retraites de Foyers, des lectures choisies, les conseils des prêtres, la pratique de la méditation sont les moyens qui aideront chacun à prendre la place que Dieu, dans sa grande sagesse a réservée à chacun.

Ensuite naturellement les époux parviendront à établir un plan d’éducation et réussiront à concevoir leur plan de vie en lui donnant une  véritable cohérence.

Quand chaque chose est à sa place, la paix vient naturellement.

Ces notions sont les éléments essentiels d’une famille prospère et d’une éducation réussie.

Quand l’homme prend la tête, il comprend qu’il tient son autorité de Dieu et de ce fait il Lui rendra – et s’attachera à Lui faire rendre par sa famille -, les hommages qui Lui sont dus. Si la vie religieuse familiale est réelle, active, progressante, elle permettra à chacun de dépasser dans la prière commune son « moi » superficiel ; et l’idéal de chacun ne sera plus dans son petit plaisir personnel mais vers le bien de tous pour atteindre le but suprême.

Le père lui-même agit pour le bien de sa famille et en arrive à s’oublier lui-même. Les décisions familiales (vie chrétienne, écoles, vacances) sont prises en vue du bien commun.

La mère, femme forte de l’Evangile, cœur de la famille, exerce le mandat qui lui revient avec humilité, discrétion et sagesse; elle fait régner l’autorité du père sans le contredire ; elle exige l’obéissance, elle enseigne la vérité et distribue le pain de l’affection car l’homme a un immense besoin d’être aimé.

La jeunesse d’aujourd’hui se meurt d’avoir été mal aimée ; prenons garde de ne pas tomber dans le même travers : aimons nos enfants – ceux qui ne sont pas aimés iront vite chercher l’amour loin de la maison- mais aimons les d’ « un amour sain, équilibré ; un amour éclairé, sage, vertueux, pur, élevé, désintéressé, ferme, dévoué, indulgent et patient »[4] . Ceux qui n’ont pas été bien aimés sauront-ils jamais bien aimer eux-mêmes ?

Enfin n’oublions pas que ce pain dont la femme nourrit sa famille est trop exquis et trop blanc pour qu’elle puisse le fabriquer au milieu de la poussière du monde et près de la boue du péché. Il lui faut donc aller le chercher près de Dieu : dans la réception de l’Eucharistie bien sûr, mais aussi dans ses communions spirituelles, dans une intimité divine toujours renouvelée, dans la lecture de l’Evangile, dans sa méditation quotidienne et dans la récitation de son chapelet. C’est là que l’épouse, la mère trouvera la force pour donner à chacun ce qui lui est nécessaire grâce à l’intelligence du cœur que lui enverra le Saint Esprit.

            Confions nos familles à Notre-Dame des Foyers Ardents ; qu’elle nous aide à retrouver l’ordre et donc la paix dans nos familles.

Marguerite-Marie

[1] Saint Augustin – De Civit. XIX, 13

[2] Dom Jean de Monléon in Le Christ-Roi

[3] Foyers Ardent s n°5 Editorial : « Merci à nos maris »

[4] Mgr Gay – 7eme conférence aux Mères chrétiennes

Joie sans tache

 L’alleluia de Pâques résonne encore dans nos oreilles et nos cœurs sont  toujours envahis par la joie de la Résurrection. Le joug du Seigneur est doux et son fardeau est léger parce qu’Il l’a porté bien avant nous et que sa grâce est là pour nous réconforter. Ne nous a-t-il pas promis la paix et la joie à nous, hommes « de bonne volonté » ? Mais sommes-nous assez conscients de notre bonheur ?

Joie d’être enfants de Dieu, joie d’avoir été rachetés, joie d’être sûrs que le ciel nous est à nouveau ouvert ! Quelle faveur par rapport à ceux qui « ne savent pas » !

Cependant  savons-nous assez que tout privilège entraîne des devoirs ?

Le premier ne serait-il pas de rayonner de cette joie d’enfant de Dieu ?

« Croyez-vous en Dieu ? » Nous avons, il y a quelques jours, durant la nuit Pascale, répondu à cette question. Mais alors puisque nous y croyons, pourquoi nous inquiéter, pourquoi nous laisser ronger par la peur de l’avenir, de ce qui va arriver ou  de ce qui devrait survenir…, « âmes de peu de foi » ! Ne devrions-nous pas être pleins de confiance en la Providence et répandre la joie qui nous habite ? Non pas dans une excitation fébrile mais par le rayonnement de notre regard ainsi que par les petites phrases porteuses d’espérance que nous pouvons répandre autour de nous : parents, familles, personnes âgées ou malades et tous ceux que l’on a croisés aujourd’hui ? Répondons, dans le secret de notre cœur, aux actes négatifs de ceux qui nous entourent par une invocation, une oraison jaculatoire, un « ave » pour telle ou telle personne rencontrée, triste, malheureuse ou malveillante. Semons ces petites graines d’amour, de paix et de charité autour de nous… inutile d’en tenir le compte ; elles iront rejoindre là-haut le trésor de Notre-Dame qui les répandra partout où elles sont nécessaires. Mais comment donc ne pas nous laisser envahir par cette tristesse qui envahit les cœurs ?

L’un des grands ennemis de notre joie est sans aucun doute la pollution ! Vous l’avez compris, je ne parle pas des particules fines, mais plutôt de toutes ces informations qui assaillent sans arrêt notre esprit comme si nous étions au milieu d’un nuage de cendres venu assombrir nos pensées en se déposant sans bruit sur notre âme, et qui, à mesure, l’étouffent complètement ! Les revues, les informations écoutées en boucle, les sites ouverts chaque jour, les « newsletters » qui envahissent nos boîtes mel : tout s’unit pour nous donner une accumulation de nouvelles de tous les pays du monde. Loin de moi l’idée de mépriser les épreuves de tous les hommes de la planète mais croyez-vous que le fait d’être au courant de tout va les soulager ?

Les douleurs des malheureux seront-elles allégées par le fait même que leur épreuve sera connue instantanément du monde entier ? (Sauf si nous avions un rôle important au gouvernement, alors peut-être, en effet…)

Certains sont dans la crainte que quelques événements graves leur aient échappé, ou de ne pas être les premiers à avoir entendu une nouvelle ; d’autres nous assurent même que l’information révélée à 6 h du matin à la radio n’est pas la même qu’à 8h… Peut-être, mais quoi qu’il en soit il semble que le cerveau soit entraîné à un comportement spécifique qui le pousse à se renseigner toujours plus et davantage. On peut même parler d’une certaine addiction.

Quelques petites questions vous feront mieux cerner cet état de fait (prenez-vous au jeu et répondez honnêtement et crayon à la main):

-combien de fois par semaine avez-vous l’occasion de vous pencher sur l’actualité ?

– combien de temps y consacrez-vous par semaine, par jour ?

– combien de temps mettez-vous pour surmonter votre accablement en retrouvant la paix de l’âme ?

– avez-vous l’impression que vous êtes plus fort après avoir reçu toutes ces informations ?

– priez-vous mieux après?

Naturellement la toile de fond de la situation politico-religieuse doit être connue pour ce qu’elle est : il ne s’agit pas d’adopter un comportement inadapté et de se mettre la tête sous l’aile en refusant toute information mais plutôt de trouver la meilleure solution pour ne pas subir d’intoxication. Ne serait-ce pas là une arme du démon pour nous décourager et nous empêcher de garder notre joie d’enfant de Dieu ?

Le manque de confiance, le trouble diminuent la capacité d’aimer et le but du démon est précisément d’arrêter les âmes dans la voie de l’amour. Il tente de cette manière particulièrement ceux qui ne céderaient jamais à des tentations ouvertes de péchés.

Après avoir entendu les pires atrocités ou lu les présages de ceux qui prévoient l’avenir le plus noir, comment voulez-vous offrir à votre tout-petit un visage souriant et paisible, comment apaiser les angoisses de vos enfants sensibles qui ont déjà la « peur de vivre », comment avoir le cœur apaisé pour écouter et apaiser les inquiétudes de votre époux et enfin comment trouver assez de sérénité pour écouter ce que Dieu a à vous dire ? Certains trouveront de nombreuses raisons pour se justifier : charité, devoir de voir les choses en face, prudence, que sais-je ? Non la charité doit être mue par la vérité. Avons-nous tous les éléments en main pour juger objectivement? Et quand bien même, avons-nous besoin de connaître en détails toutes les catastrophes réelles, éventuelles et possibles pour prier pour tous les malheureux ?

Le premier devoir de la femme, de la mère chrétienne n’est-il pas de garder la paix de l’âme pour pouvoir rayonner ; il faut donc qu’elle trouve le temps de se « remplir » pour donner ; or toutes ces minutes, occupées sur la toile ou autres moyens, dévorent son temps.

Ne nous laissons pas prendre à ce piège du démon qui veut troubler les âmes en leur donnant cette soif de connaître, celle qui provoque l’acédie ou maladie de l’âme qui paralyse petit à petit toutes ses forces pour la noyer dans l’inquiétude de l’avenir ? Notre méditation quotidienne et une lecture bien choisie nous aideront à garder le sourire de la foi. Apprenons à voir la main de Dieu dans tout ce qui nous arrive. Et quand certains événements nous semblent incompréhensibles, souvenons-nous que Dieu est le maître et que rien de ce qui arrive ne lui est étranger. Acceptons nos croix dans un esprit de sacrifice et de réparation et nous garderons la paix de l’âme.

Quand on possède Dieu, tout est plus facile !

Prenons une résolution ferme pour lutter contre cette soif de l’information afin de garder la paix, la confiance et la joie qui rayonne.

Courage ! Que Notre-Dame vous guide sur ce beau chemin.

Marguerite-Marie

La maison

            Laissez-moi aujourd’hui vous parler de ce lieu que nous aimons tant retrouver : la maison.

Nous avons tous dans le cœur une maison. Celle de notre enfance, celle de nos ancêtres, celle de nos parents… Nos cinq sens frémissent en s’y retrouvant : lieux chéris, odeur particulière, sons inimitables, en un mot cette atmosphère chaleureuse et indéfinissable inspirée par celle qui en était le cœur.

Aujourd’hui nous avons fondé notre famille ; à nous de donner à notre maison son âme, son ambiance particulière ; à notre tour de devenir le soleil rayonnant ; à nous de savoir  en faire une oasis d’amour.

 La maison bénie de Dieu

Tout d’abord pour que la maison joue son rôle essentiel, il faut avoir attiré sur elle les bénédictions des cieux.

Dès que nous emménageons, même si ce n’est pas notre maison définitive, pensons à demander au prêtre de venir bénir les lieux. Cette bénédiction ne vous demande aucune préparation particulière ; le prêtre est habitué à cette demande et viendra volontiers chez vous.

Vous aurez pensé en emménageant à choisir un lieu propice au recueillement : un « coin prière » où vous pourrez facilement vous retrouver tous en famille. En accueillant et installant une belle statue ou un majestueux crucifix (on en trouve très facilement en brocante) au vu de tous, nous mettons à la place d’honneur celui que nous voulons voir régner chez nous.

Une excellente pratique recommandée à tous les foyers est la Consécration des familles au Sacré-Cœur et au Cœur Immaculé de Marie. (Vous trouverez les textes sur notre site dans la rubrique : « Les prières des familles. ») Le prêtre pourra de même solenniser cet événement familial. Ces bénédictions, bien loin d’une quelconque superstition, attireront sur votre famille les faveurs du ciel.

Un phare dans la nuit.

De la plus humble demeure à la belle maison, quelle que soit sa richesse, sachons faire de notre foyer un lieu où chaque membre de la famille se sentira bien. C’est le repère de ceux qui en sont loin ; comme une lumière qui scintille, elle reste le lieu où chacun aime à se ressourcer. Qu’elle soit la propriété de vos ancêtres, la maisonnette achetée avec les premières économies, l’appartement loué en ville ou l’habitation destinée à devenir le socle de votre famille, elle restera « la maison » pour ceux qui sont absents. Là où chacun se sent bien, loin du dehors et des agressions extérieures, là où chacun peut apaiser ses angoisses, refaire ses forces, retrouver ses racines…

« Notre intérieur : c’est ainsi qu’on appelle la maison. Le mot peut sembler paradoxal, puisque c’est elle qui nous entoure. Mais quelle vérité ! Entre ses quatre murs, on y vit sa vie profonde. Mieux encore, c’est cette vie profonde qui l’a créée ; c’est nous-mêmes qui lui donnons sa personnalité, qui est la nôtre. Une maison naît d’une pensée et d’un cœur. »[1]

On veillera particulièrement sur l’ordre qui y règne, sur l’organisation générale facile à vivre et adaptée à l’âge des enfants. Tout sera plus facile à vivre si, messieurs, vous avez pensé à l’équiper du nombre de rangements nécessaires, et si chaque enfant, à défaut de chambre personnelle, possède son petit coin à lui (parc, bureau).

Comment ne pas préciser que le lieu idéal pour élever une famille est de vivre à la campagne. Les enfants pourront s’ébattre facilement sans que la maman occupée, soit obligée de « les sortir » ; les tentations seront bien moins nombreuses et les occupations toutes naturelles, saines et moins coûteuses. Il est vrai que ce choix comporte d’autres sacrifices (gêne pour faire les courses, conduites nombreuses) mais la campagne étant de plus en plus désertée on peut trouver facilement aujourd’hui, sans être pour cela isolé du monde, une maison bien placée, pas trop loin d’une gare que le Papa n’aura pas de mal à rejoindre pour aller à son travail.

Inutile de préciser que les repas prêts à l’heure, bons et suffisants sont un élément capital de l’équilibre d’une maison : l’époux y puise le réconfort, les enfants retrouvent les petits plats de maman, les étudiants une nourriture équilibrée qui les change de leurs nouilles et pizzas, le tout dans une ambiance où chacun pourra s’exprimer à son aise et sans complexes, dans la bonne humeur et la convivialité d’une famille où règne la charité.

Lumière du foyer

« N’est-ce pas une vérité que c’est la femme qui fait le foyer et qui en a le soin, et que jamais l’homme ne pourra la remplacer dans cette tâche ?[2] »

Rôle éminent et infiniment exigeant. Elle diffuse son influence auprès de tous. « Reine du foyer, elle est source de vie spirituelle, de vie morale, de vie sociale pour toute la famille au centre de laquelle la Providence l’a placée.[3] »

Elle sera disponible pour apporter le réconfort affectueux; elle saura provoquer délicatement les confidences et donner la chaleur morale indispensable. Pour  le mari qui travaille « le foyer deviendra l’endroit où il ira se refaire dans le repos, le calme et la joie intime. Pour la femme, le foyer demeurera l’asile d’amour où s’exerce à peu près toute son activité. (…) Mais ce qui donnera une âme en tout, c’est la main et l’art de la femme qui permettront à l’épouse de rendre attrayants tous les coins du foyer, autant par la vigilance, l’ordre et la propreté, que par le souci de tenir toute chose préparée bien à propos.[4]»

Il dépend de la maîtresse de maison que la famille s’élève ou qu’au contraire elle décline. En effet son don de rayonnement et l’insaisissable influence qui émane de toute sa personnalité saura apaiser les cœurs et les esprits. C’est en ce sens qu’elle doit être le soleil de la famille. Son exemple sera immédiatement suivi de tous ; voilà entre autres pourquoi, mesdemoiselles, il faut dès maintenant vous exercer à supporter les petites contrariétés de la vie sans maugréer, à dominer vos humeurs et à maîtriser vos paroles intempestives…

De la mère de famille dépend le plus souvent l’ambiance familiale car un seul regard de sa part peut stopper les écarts de langage, les plaisanteries blessantes, les excès de la langue et le brouhaha ambiant. Elle veillera à ce que chacun puisse s’exprimer facilement afin de favoriser l’épanouissement de tous.

Dernier petit constat : dans une famille où les parents se parlent sur un ton délicat et attentionné, les enfants en feront autant. Si au contraire, ils ont pris l’habitude de la critique systématique, de « se bâcher » même gentiment, le ton de la maison toute entière en pâtira. Faites l’expérience, le résultat est presque immédiat !

Voilà ces petits mots, chères amies, pour vous aider à faire de votre maison un véritable foyer ardent, rayonnant de paix, de joie et de sérénité !

Marguerite-Marie

[1] Paula Hoesl

[2]- 4 Pie XII – allocution du 25 février 1952

[3] Marcel Clément – La femme et sa vocation

Haut les cœurs!

Foyers Ardents vous aide à « garder le moral au milieu d’un monde morose et à surmonter vos difficultés » ; nous sommes très heureux de vous l’entendre dire si souvent ! Aujourd’hui nous voulons vous aider encore davantage et vous donner quelques conseils pour vous soutenir au milieu des jours… noirs !

En effet, toutes nous ressentons un jour ou l’autre cette humeur maussade qui nous envahit, ce découragement face aux évènements que nous ne maîtrisons pas, cette lassitude en contemplant notre bilan que l’on voudrait plus positif…

Différents éléments peuvent provoquer notre réaction : le temps, les actualités, la rencontre avec quelqu’un qui ne voit que le négatif des choses, la santé, …

Analysons ensemble avec objectivité l’origine du mal et adoptons quelques règles pour nous aider à être vaillante sous les orages.

Cette tristesse peut en effet puiser son origine dans des domaines variés et parfois tout à fait légitimes. Il est bon d’en parler simplement avec son époux car son soutien fait partie du secours mutuel essentiel.

Il faut bien se persuader que cet état, que nous ne maîtrisons souvent aucunement, ne doit pas s’installer : une maman (sauf cas de maladie  avérée) ne peut rester dans un état de désolation permanent car toute la famille en pâtit très vite. Elle doit aussi montrer l’exemple à ses enfants afin qu’eux-mêmes ne prennent pas l’habitude de se laisser abattre.

Cependant pour sortir de cet état, il faut analyser objectivement quelles sont les causes et prendre les moyens adéquats :

  1. a) La perte d’une personne proche, un gros souci avec un enfant, un problème grave…

Ces peines sont réelles. Il faut s’abandonner avec beaucoup de confiance dans les bras de Notre-Dame qui a vécu elle aussi des moments difficiles. Une retraite, un week-end avec son époux peuvent aider à surmonter ces moments ; n’hésitons pas non plus à faire célébrer des Messes à cette intention. « L’excellence d’une Messe est telle que toutes les autres bonnes œuvres et la pratique des meilleures vertus n’ont pas la moindre valeur en comparaison »[1]

  1. b) Une fatigue générale, un problème de santé. Analysons calmement à deux comment faire face.

Nous prenons conscience chaque jour davantage combien l’éducation est un devoir qui prend du temps. Ce rôle nous demande d’être disponibles de cœur, d’esprit et de temps et nous devons régulièrement classer nos priorités par rapport à l’évolution de notre famille sous peine de nous trouver débordées ou de laisser passer des choses essentielles que nous regretterons plus tard. Pour être en forme physiquement et moralement, nous avons besoin d’être sûres que notre devoir d’état est accompli dans l’ordre. Analysons donc nos priorités sereinement.

Si nous passons par une étape de grande fatigue, il faut parfois beaucoup d’humilité pour accepter une aide (qui peut n’être que passagère) mais qui donnera le temps de se reposer ou de se soigner dans de bonnes conditions (cf. FA1 pour les aides à domicile). Il faut dans toute la mesure du possible ne pas laisser traîner un état chronique de fatigue. Ne reculons pas devant les moyens adéquats pour en sortir. Cela fait partie du devoir d’état. (N’oubliez pas Mesdames de faire vérifier régulièrement votre taux de fer et de vitamine D…)

Si la maladie a véritablement frappé à votre porte, revoyez avec votre époux les choix indispensables; l’épanouissement de votre famille est votre priorité malgré l’épreuve qui vous frappe ; il vous faut donc trouver des solutions pour les tâches secondaires que vous ne pouvez plus assurer comme si de rien n’était. Votre devoir étant de préserver l’équilibre familial autant que faire se peut. Laisser votre époux trouver les solutions les meilleures pour tous et priez le Saint Esprit qu’il vous éclaire mais ne retardez pas cette analyse à deux ! Confiez tout cela à Notre-Dame de Compassion et demandez-lui de vous aider à porter la Croix que Dieu vous a préparée.

  1. c) Si c’est la lassitude du combat, le regret du passé, la peur de l’avenir, lisez dans nos « prières des familles » cette belle prière d’une petite sœur du Sacré-Coeur : « Vis le jour d’aujourd’hui » ; n’hésitez pas à l’imprimer et à la relire souvent.

Sans se cacher la tête sous l’aile comme l’autruche dans le désert, réfléchissons avec objectivité pour savoir si cette inquiétude arrangera les choses ? Le pessimisme va-t-il nous aider à porter nos enfants vers le bien et le beau ? Vais-je ainsi les aider à donner le meilleur d’eux-mêmes si je leur dis sans cesse que tout est perdu ?

Ne ferais-je pas le jeu de l’ennemi en inquiétant tout mon entourage et ne deviendront-ils pas comme les oiseaux subjugués par un chien à l’arrêt ?

Aurais-je assez de sérénité pour prier avec la paix dans le cœur ? Notre-Dame au pied de la Croix n’avait-elle pas davantage que nous  des raisons de désespérer?

Sans se voiler la face, implorons à temps et à contretemps Notre-Dame de la Confiance et avec le Père La Colombière redisons ces paroles : « Mon Dieu, je suis si persuadé que Vous veillez sur ceux qui espèrent en Vous (…) que j’ai résolu de vivre à l’avenir sans aucun souci, et de me décharger sur Vous de toutes mes inquiétudes.[2] »

  1. d) Parfois sans en cerner l’origine nous n’avons « pas le moral », efforçons-nous alors de tourner nos regards vers ce qui va bien, contemplons les nombreuses grâces que Dieu nous a envoyées et remercions-Le.

Quelques règles d’or nous aideront à surmonter ces périodes difficiles :

Première règle :

Ne nous laissons pas impressionner. Cela arrive à tout le monde ; même Saint Ignace a prévu ces moments ! Il suffit d’avoir anticipé les bonnes règles à adopter pour les jours gris… et de ne pas laisser cet état s’installer !

Adoptons une règle de vie afin de ne pas chercher la consolation dans une fuite (internet, téléphone, sucreries…) qui nous enfoncera encore plus et qui agira sur notre comportement car notre vigilance fatiguée ne réagira plus. Interdisons-nous d’écouter les informations plus d’une fois par jour, fuyons les oiseaux de mauvais augure qui nous exposent sans cesse que le pire est là… (Rassurons-nous il n’arrive pas toujours…)

Ces idées sont à adapter selon chacune. Les unes écouteront de la musique ou liront quelques pages d’un bon livre, d’autres iront rendre visite à un malade ou à une personne âgée plus à plaindre qu’elles, certaines se précipiteront sur les tâches automatiques qui ne demandent aucune réflexion (repassage, ménage,…), d’autres encore auront réservé pour ce moment une activité qui leur plaît (couture, jardinage, broderie…), mais toutes trouveront une bonne façon de s’occuper !

C’est l’une des ruses du malin, quand il a tout essayé, de vouloir atteindre ceux qui résistent en envoyant le démon du découragement[3]… Ne le laissons pas entrer ! Un homme prévenu en vaut deux ! Soyons vigilantes pour ne pas lui donner prise sur notre âme. « Dieu veut être servi avec joie »[4]

Deuxième règle :

Reportons à plus tard les grandes discussions, les mises au point avec les enfants, les prises de résolution. « Ne rien changer », c’est la règle de Saint Ignace en cas de désolation.

Troisième règle : Recourons à la prière. Bien sûr nous n’aurons rien changé de nos prières formelles (cf. FA 6) mais offrons à Dieu notre faiblesse avec humilité et recourons à ces oraisons jaculatoires[5], toutes simples, qui sont de véritables appels au secours vers le ciel. En effet cet état ne peut pas durer pour le bien commun de toute la famille, il faut donc implorer les secours divins pour qu’ils nous viennent en aide afin de surmonter notre tristesse.Attendons avec patience que notre nature reprenne le dessus.

Pensons à notre époux qui a besoin de trouver la paix et la joie après sa journée fatigante…

Pensons à nos enfants pour lesquels nous devons être la lumière qui brille dans la nuit et ne nous laissons pas enchaîner par nos impressions variables… Ils ont besoin de réponses claires, d’informations réelles et non imaginaires, mais aussi adaptées à ce qu’ils sont capables de comprendre. Apprenons-leur à analyser les faits, à juger les actes et non pas les personnes. Pour cela il nous faut être des lumières qui brillent dans la nuit et qui ne se laissent pas impressionner par les orages. Telle la femme forte de l’Evangile, Notre-Seigneur nous demande de rester fidèles mais confiantes. N’oublions jamais que notre passage sur terre n’est qu’éphémère et que le Bon Dieu ne nous a pas promis le bonheur sur cette terre, Il nous demande seulement de lui rester fidèles et de transmettre à nos enfants notre foi en Celui qui est la Voie, la Résurrection et la Vie. Alors que craignons-nous ?

Que Notre-Dame des Foyers Ardents entende nos prières fidèles et ferventes.

Marie du Tertre

[1]R. P. Antoine Molina in Explication du saint Sacrifice de la Messe R.P. Martin de Cochem

[2] Acte de Confiance en Dieu du Père Claude La Colombière (cf. Les  prières  des Familles catholiques sur le site de FA)

[3] L’acédie, quand le cafard devient péché – coll. d’auteurs (Le Sel)

[4] Ps 99,2

[5] Petites invocations toutes simples qui montent vers Dieu ; par ex : Mon Dieu, aidez-moi ! Notre-Dame protégez-moi !

Nos prières de chaque jour

            Souvent nous avons l’impression que notre prière quotidienne est trop superficielle et donc inutile. Considérons aujourd’hui ses deux formes et précisons comment elle peut devenir toujours plus confiante et parfaite.

Sa première expression sera formelle. Chaque jour, en effet, nous donnerons un temps précis à la prière ; elle prendra un moule un peu rigide pour nous obliger. Chacun aura fait l’expérience du jour où débordé, nous commençons la journée par courir au-devant d’un enfant qui pleure… et la prière du matin est oubliée. Donnons-nous certaines règles pour que ces prières soient régulières, autant que faire se peut. Nous parlons ici des prières du matin et du soir, du Chapelet et de la prière des époux. Ces prières font partie du devoir d’état du chrétien.

Nous restons éveillés environ 16 heures par jour ; comment n’offririons-nous pas à Dieu quelques quarts d’heure répartis dans la journée ?

La deuxième forme que nous donnerons à notre prière sera plus informelle. Citons ces quelques phrases de Sœur Lucie [1]: « Dans l’accomplissement de nos devoirs, nous devons chercher à nous rendre compte de la présence de Dieu : penser que Dieu et notre Ange Gardien sont près de nous et voient ce que nous faisons ainsi que les intentions qui nous inspirent. Nous devons donc sanctifier notre travail, notre repos, notre nourriture, nos délassements honnêtes, comme si tout cela était une prière incessante. Sachant que Dieu est présent, il nous suffit de nous souvenir de Lui et de temps en temps de lui adresser quelques paroles. Ce dialogue intime et familier avec Dieu transforme notre travail et nos occupations quotidiennes en une vraie vie de prière incessante, nous rend plus agréable à Dieu et attire sur nous des grâces et des bénédictions spéciales. »

1 Les prières formelles

Qui niera l’obligation pour tout catholique de consacrer un temps matin et soir pour révérer notre Dieu, Créateur et Maître de toute chose ?

Notre catéchisme enseigne que : « la prière est une élévation de l’âme vers Dieu pour Lui rendre nos devoirs et Lui demander Ses grâces. »[2]

La prière doit être comme une respiration de l’âme ; c’est un contact avec notre Dieu. Transmettons à nos enfants cet amour de la prière afin que cela devienne pour eux une habitude.

a) La prière du matin

Gardons la belle tradition de faire son signe de Croix dès le réveil; puis au saut du lit mettons-nous à genoux pour offrir notre journée à Dieu (Offrande de la journée cf. Les prières du FA sur le site). Une fois habillé et prêt, le véritable temps de la prière est venu. Les plus grands réciteront après la pratique des 3 Ave Maria (cf. Site), une belle prière du matin à laquelle viendra se joindre une ou deux dévotions personnelles (Consécration à la Sainte Vierge, au Sacré-Cœur, invocation au Saint du jour, lecture de l’Evangile du jour, etc…). Il est bon d’ajouter une pratique exercée pendant les retraites qui prend le nom de « méditation » mais qui pourrait tout simplement s’appeler : Cœur à cœur avec Dieu. Nous y reviendrons dans un prochain numéro.

On apprendra aux tout-petits, dès le plus jeune âge, à envoyer un baiser à la Croix, puis à joindre les mains et à implorer son saint patron et son Ange gardien après la récitation de la Salutation Angélique.

Dès que l’enfant tient à genoux, on lui donnera l’habitude d’offrir à Dieu sa journée. Pour aider l’enfant à ne pas oublier sa prière, on peut lui donner l’habitude de ne pas embrasser sa maman avant d’avoir prié… très vite il n’oubliera plus !

Un nouveau jour peut alors commencer sous le regard de Dieu. En effet n’est-ce-pas grâce à Lui que nous voyons encore l’aube se lever ?

Bien souvent les activités de chacun donnent au réveil de la maison des horaires différents ; il est alors parfois difficile de rassembler toute la famille pour réciter une prière familiale ; mais quand cela est possible rien de mieux pour entamer la journée dans la paix et sous le regard de Dieu. Pendant les vacances, en revanche, on ne manquera pas de se rassembler pour ce « temps fort » qui entraîne les bénédictions de Dieu sur la maisonnée.

b) Prière du soir en famille

A l’inverse de la prière du matin, il est toujours possible de s’organiser le soir et de trouver le bon horaire pour envoyer en famille, nos supplications vers le ciel.

Les parents réfléchiront ensemble afin de déterminer l’heure la plus propice au rassemblement de tous.

L’idéal veut que ce soit le père qui dirige la prière (quand il est là) ; c’est lui le chef de famille et il reçoit des grâces particulières pour ce « ministère ». Après avoir obtenu un silence parfait et exécuté un beau signe de Croix, il adresse quelques mots à ses enfants pour leur expliquer qu’ils sont en présence de Dieu, que Notre-Seigneur a dit que «  là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis au milieu d’eux[3]. » Par sa voix paisible et concentrée, le père sait inspirer le respect pour ce moment si important ! Voici une façon de procéder, à moduler selon l’âge des enfants :  dire quelques mots de l’Evangile ou du Saint du jour, puis commencer la prière proprement dite avec les trois Je vous salue Marie, l’examen des joies et des grâces du jour avec une prière d’action de grâces, et l’examen des offenses faites à Dieu, suivi de la récitation de l’acte de contrition (On se reportera pour l’examen des petits à Mamans vers le ciel, ed. du Sel).

Il existe aussi une belle pratique qui veut que chacun des enfants connaisse une petite prière ou une invocation (choisie au préalable par ses parents) et la récite seul. Cette dernière (toujours la même) récitée chaque soir restera ancrée en lui et lui servira de bouée dans les moments difficiles qu’il pourrait rencontrer plus tard.

On terminera par le chant d’un Ave Maria ou d’un cantique.

c) La prière des époux.

Pour qu’un foyer reste bien uni, il existe un secret : la Prière du soir entre époux. Celle-ci ne devrait jamais être omise. Chacun doit faire l’effort d’être disponible au moment fixé, et ainsi, dans la paix du soir, les époux pourront déposer devant Dieu les fardeaux de la journée, Lui confier chacun des enfants en particulier et abandonner dans les mains du Très-Haut la nuit qui s’annonce. Ce moment « sacré » sera aussi l’occasion de se demander pardon : pardon pour les offenses volontaires ou involontaires qui ont blessé le conjoint et qui parfois demandent une prise de résolution commune pour parvenir toujours plus à monter ensemble vers le ciel ! Soyez sûrs que Dieu et la Sainte Famille se laissent toucher par ces invocations qui montent d’un seul cœur vers le ciel !

En revanche prenez garde à ne pas laisser entrer dans votre chambre l’ennemi principal de cette pratique : la routine ! Que cette oraison ne soit pas machinale et automatique tel un moulin à prières mais vraiment un instant qui soit comme un cœur à cœur à trois, où Dieu sera là, présent et à votre écoute. Pour cela il faut savoir « actualiser » ce moment. Outre les prières choisies, on ajoutera parfois une neuvaine pour l’un ou l’autre des enfants ou des conjoints qui en aura besoin et on attachera une attention particulière à l’examen de conscience. Attention l’époux n’est pas un confesseur et ne doit jamais être considéré comme tel, mais il faudra passer en revue les moments de la journée où ont eu lieu des froissements et des incompréhensions, toujours dans le but, non de trouver une excuse, mais de s’en demander humblement pardon.

Et Dieu vous comblera de ses bénédictions.

Nous ne pouvons terminer sans évoquer le Chapelet que l’on aura eu soin de réciter en famille au meilleur moment afin de la rassembler autant que faire se peut. Il peut aussi être récité lors de la prière du soir.

2) La prière du cœur

« Prier beaucoup, c’est frapper longtemps à la porte de celui qu’on implore avec un pieux mouvement de notre cœur. La prière consiste plus dans des gémissements et dans des larmes que dans des paroles et des discours. Dieu met nos larmes en sa présence, et nos gémissements ne sont pas ignorés de celui qui a tout créé. »[4] dit Saint Augustin.

Naturellement, nous sommes tous occupés par notre devoir d’état. Il nous est donc impossible de passer toutes nos journées en prière (ce qui d’ailleurs serait un manquement). Comment donc parvenir à prier comme le demande Saint Augustin ? Je lui laisse la réponse : « Il est bon et salutaire de prier longtemps quand on le peut, c’est-à-dire quand on n’en est pas empêché par d’autres bonnes œuvres et des devoirs essentiels ; du reste l’accomplissement de ces devoirs doit être, par notre désir, comme une prière continuelle. Prier longtemps, ce n’est pas comme quelques-uns le pensent, prier avec beaucoup de paroles : un long discours n’est pas un long amour.»[5]

Il nous faut donc prendre l’habitude de régulièrement élever notre âme vers Dieu. « Il nous suffit de nous souvenir de Lui et, de temps à autre, de Lui adresser quelques paroles, des paroles d’amour, de remerciement, de demande, de louange. Ce dialogue intime et familier avec Dieu transforme notre travail et nos occupations quotidiennes en une vraie vie de prière incessante, nous rend plus agréable à Dieu et attire sur nous des grâces et des bénédictions spéciales ».[6]

Il est bon de réserver une demi-journée de temps en temps pour nous recueillir davantage en reprenant nos forces spirituelles.

Ces quelques précisions peuvent vous paraître impressionnantes ; si vous n’en avez pas l’habitude, n’hésitez pas à prendre contact avec un prêtre qui vous aidera à offrir, petit à petit, davantage de temps à Dieu.

Dans un prochain numéro nous prendrons le temps de vous parler de la méditation et de la prière des mamans qui, elle aussi, sait toucher notre Maman du ciel.

Dans un monde inquiet et perturbé, ces moments offerts au Très-Haut sont précieux : ce sont comme des bouffées d’oxygène qui nourrissent la vie spirituelle de la famille.

« Une famille qui prie est une famille qui vit » ; et n’est-ce pas un gage de vie éternelle ?

C’est bien là la meilleure assurance de réussite que puisse espérer une famille chrétienne.

Marguerite-Marie

[1] Sœur Lucie : « Appels du Message de Fatima »

[2] Père Emmanuel : « Catéchisme de la Famille Chrétienne »

[3] Matthieu 18.20

[4] et 5 St Augustin (345-430), extrait de la Lettre CXXX

 [6] Sœur Lucie : « Appels du Message de Fatima »

L’éducation de la pureté

Nous abordons aujourd’hui un sujet qui paraît souvent difficile aux parents. Tachons de le faire avec simplicité et naturel pour que chacun en comprenne l’importance.
Ecartons dès maintenant deux excès : certains ne veulent pas aborder ce sujet avec leurs enfants et laissent faire l’école, les prêtres mais aussi peut-être les voisins ; d’autres se sentent complètement libérés et, sous couvert d’être décomplexés, parlent de ces sujets délicats à tort et à travers et ne sont pas gênés de laisser leurs enfants regarder des films indécents ou de les abandonner sans restriction pour pianoter sur leur clavier. Nous voulons vous aider à aborder ce sujet sans passion et trouver avec vous la meilleure solution pour enseigner à vos enfants ce qu’ils doivent savoir.

Aujourd’hui il est bien évident que pour différentes raisons (maturité plus précoce, tentations en tous genres, manque de pudeur généralisé), nos enfants se trouvent plus que jamais confrontés à des situations qui vont les pousser à s’interroger. Il serait vraiment malvenu de vouloir leur cacher une réalité, qui, de toutes les façons les agressera un jour ou l’autre et, le plus souvent, sous un jour négatif. Ils se poseront des questions sur leur origine et cela est naturel. Les enfants qui n’auront pas été éclairés par leurs parents au moment nécessaire chercheront et trouveront une réponse mais celle-ci sera sans doute incomplète, brutale ou avilissante. Mieux vaut donc aborder nous-mêmes le sujet car c’est un devoir grave pour les parents de veiller à l’éducation de la pureté de leurs enfants. Cette réponse doit être loyale et progressive, elle assurera un climat de confiance entre l’enfant et ses parents et maintiendra une relation saine et équilibrée lors de l’adolescence.
Naturellement les fillettes seront averties par leur maman de ce qui les rendra jeune fille ; le papa ne manquera pas de parler à ses garçons des transformations qu’ils ressentiront.
Rappelons qu’il est important que les enfants ne dorment pas dans la chambre de leurs parents et que les filles aient une chambre séparée de celle des garçons. Nous avons déjà précisé que douches et bains seront pris séparément et qu’une tenue décente sera adoptée par tous quelque soit l’heure de la journée.
Il faut aider l’enfant dès le plus jeune âge à maîtriser sa sensibilité et sa volonté sinon il aura beaucoup de difficultés pour dominer ses impulsions. « Insistons sur la nécessité d’inculquer progressivement à l’enfant la pratique d’une certaine ascèse. L’enfant a besoin d’une certaine mortification de sa sensualité s’il veut la maintenir sous le contrôle de sa volonté. »

Quand parler ?
« En vérité, il vaut mieux parler un an trop tôt qu’une heure trop tard »
Le silence des parents est une cause de déformation de conscience et celui qui n’aura pas reçu des explications risque bien de voir le mal là où il n’est pas et de ne pas le voir là où il est.
La prudence demande de choisir le moment de parler avec la plus grande attention. L’enfant sera seul, dans un moment calme, sans crainte d’être dérangé par les frères et sœurs. Il faudra privilégier un jour où il n’y a pas eu de réprimande grave et où les cœurs sont ouverts. Une maman connaît instinctivement ces instants choisis.
Il est difficile de donner un âge précis ; pour les filles, étant donné les transformations physiques, il est d’usage de donner les premières indications au moment de la rentrée en classe de 6ème ; pour les garçons cela dépend davantage de leur développement. Cependant on ne peut établir de règle absolue car chaque cas est différent ; des parents vigilants et suffisamment proches de leur enfant sentiront le moment venu. Un départ en camp, un contact avec un cousin plus averti, un danger pressenti provoquera une information plus précoce. Même à l’intérieur d’une famille on ne peut pas décider à l’avance d’un âge requis ; c’est tout l’art de l’éducateur qui s’adaptera à chacun.
Naturellement, vous avez compris qu’étant donné la délicatesse des termes à choisir et à adapter pour chacun des enfants, il est impossible de laisser l’école enseigner les vérités de la vie à leurs enfants. Depuis bien longtemps l’Eglise demande que cet enseignement soit fait par les parents qui ont pour cela grâces d’état et de manière individuelle. On comprend aisément qu’une instruction faite en classe ne peut être adaptée à la sensibilité de chacun et risque de provoquer des questions ou des réflexions malséantes de ceux qui « en savent davantage ». De plus comment être sûr que cet enseignement sera fidèle à la loi divine ? Plutôt que de prémunir la jeunesse contre les périls des sens et de former la volonté, ne risquerait-on pas plutôt de provoquer les tentations ?
Attention, certains s’illusionnent en pensant que parce qu’ils ont donné « l’enseignement », ils ont fait leur devoir et que leurs enfants seront ainsi préservés de tout mal ! Loin s’en faut ! L’éducation de la pureté va bien au-delà d’un « enseignement » mais doit suivre et diriger, par une véritable éducation, l’enfant atteint par le péché originel. Ce n’est pas seulement un enseignement (d’ailleurs d’un contenu nécessairement assez limité) dont il a besoin mais d’une véritable aide spirituelle et morale pour vaincre la sensualité et ne pas se laisser aller à toutes les faiblesses de sa volonté. Et cela ne sera pas sans une éducation quotidienne avec les grâces de la prière, de l’exemple et de l’éducation de la volonté.

Que souhaitons-nous pour nos enfants, si ce n’est le meilleur ?
« Nous voulons former des enfants au regard clair, des âmes saines dans des corps sains, des garçons et des filles qui se respectent et qui se fassent respecter, avertis mais non hypnotisés des tentations et des dangers possibles, conscients du plan d’amour de Dieu sur eux et des exigences que réclame la collaboration à ce plan. »
Ne nous faisons pas une montagne d’une vérité qui doit être dite simplement sans honte et sans vulgarité. La réalité est belle, voulue par Dieu (et non pas seulement permise). Il faut juste dire les choses le plus naturellement possible, en insistant sur la grandeur de l’amour qui a inspiré le plan divin jusque dans les détails et en leur précisant qu’ils doivent garder ce beau secret pour eux. Ceci en leur faisant bien comprendre l’importance de la pudeur et de la discrétion.
On pourra s’aider d’un livre pour se conforter (celui conseillé dans : Ma bibliothèque par exemple, mais aucun livre ne sera parfaitement adapté à votre cas) car n’oublions pas qu’« il faut adapter les conseils au style de la famille » et aussi à la personnalité de chacun. Nous ne pouvons pas vous donner de « phrases type » à dire à chacun, c’est à chaque parent de trouver les bons mots à dire au bon moment. Mettons l’enfant à l’aise et ne prenons pas un air solennel ni embarrassé ; laissons ouverte la discussion en lui expliquant bien qu’il pourra revenir vers nous dès qu’il aura une question.
Profitons-en pour l’avertir qu’il devra rester sur ses gardes quand il rencontrera des personnes (enfants ou adultes) qui auront un comportement douteux, des plaisanteries ou des gestes malsains. Ce genre de situation est extrêmement fréquent (même en des lieux qui semblent protégés) et il faut que l’enfant sache qu’il doit venir vous en parler.
C’est le moment aussi de donner une explication sur ce qu’il est indispensable pour un enfant de dire aux adultes et qui n’a rien à voir avec le « rapportage ». En effet trop souvent des âmes sont abîmées parce que certains n’ont pas la connaissance du devoir de se confier dès que le sujet est grave.

Grimpons sur la montagne et ne restons pas juste à nous appesantir sur des préoccupations hygiéniques ou médicales : l’homme n’est pas un simple animal mais « un être moral qui se doit de lui-même de dominer ses appétits. »

La pudeur porte fermement à donner au corps le respect qui lui est dû comme membre du Christ et comme temple du Saint Esprit. »
Pour enseigner cette grande vertu à nos fils et à nos filles n’oublions pas la valeur de l’exemple qui est principal. « Pour conserver intacte cette chasteté, ni la vigilance, ni la pudeur ne sont suffisantes, utilisons ces secours qui dépassent nos forces naturelles : la prière, les sacrements de Pénitence et de l’Eucharistie et une dévotion ardente envers la Très Sainte Mère de Dieu. »
Nos explications doivent toutes être imprégnées d’esprit de foi. Sachons montrer le plan divin sur toutes ces questions. Dieu a fait du mariage un sacrement et « les gestes conjugaux réalisés en état de grâce et selon la rectitude de leur nature deviennent pour les conjoints, source de grâce et de mérite pour le ciel. »

Prions le Saint Esprit afin que tous ces sujets soient clarifiés par le regard de Notre-Dame, sous un angle noble et pur, avec droiture et noblesse.

MT

Pour aller plus loin, vous trouverez sur notre site, dans la rubrique Dossier, une étude approfondie sur ce sujet réservée aux éducateurs et aux parents.

Le livre, un ami!

Les vacances sont là et chacun d’entre nous aime à profiter de ce temps de repos pour feuilleter et même « dévorer » un bon livre ! Parfois il est mis de côté depuis de longues semaines et on rêve de pouvoir enfin l’ouvrir ; mais il arrive souvent (et les libraires le savent bien), que les lecteurs se précipitent en famille en librairie ou sur leur site libraire préféré pour effectuer les achats de l’été…

Les plus prudents se seront laissés conseiller par des amis dont ils connaissent les goûts et les convictions ou par une revue qu’ils aiment ; d’autres s’aventureront, se laissant guider par une publicité ou par une couverture alléchante… Il arrive parfois que l’on fasse de bonnes découvertes et que ce livre soit effectivement ce que l’on espérait… Mais que de déceptions aussi, que de temps perdu et que de mauvais moments en perspective… sans parler de ce que vous aurez laissé lire à vos enfants ! N’oubliez jamais qu’un mauvais livre ou un livre lu au mauvais moment peut faire autant de mal qu’un mauvais ami !

C’est souvent aux mamans qu’il revient la tâche de sélectionner les livres familiaux alors, laissez-moi vous donner quelques conseils pour être sûres de vos choix et surtout pour que vous donniez à vos enfants le bon livre au bon moment !

Que recherchons-nous?

Nous ne parlerons pas ici des livres spirituels qui sont là pour nous faire progresser dans notre union à Dieu et dont le choix, particulièrement délicat, peut être facilement guidé par notre confesseur ou directeur spirituel.

– l’instruction, la formation, la réflexion.N’oublions pas que nombreux sont les hommes qui ont perdu la foi à la lecture de livres écrits avec talent et persuasion par des ennemis de Dieu. Certains penseront que la science, la géologie ou l’astrologie n’ont rien à voir avec la foi… Hé bien détrompez-vous, les adversaires l’ont bien compris et voudraient par ces moyens nous faire croire que Dieu a son domaine privilégié et ne règne pas sur toutes choses… Aussi faut-il bien vérifier ou faire vérifier par les personnes compétentes que ces auteurs ne veulent pas nous faire adhérer à de fausses croyances par des raisonnements adroits qui nous perturberaient (évolution, lois de la vie, etc…).

Enfants comme adultes ont bien besoin de se détendre et parfois de s’évader bien loin des réalités présentes.-l’évasion, la détente, une leçon de vie.

Comme pour tout il faut avoir de sérieuses références ; en effet, n’oubliez jamais que le lecteur et en particulier l’enfant s’assimile au héros. On « entre » dans le livre, on « vit avec » ; le lecteur n’est pas sur ses gardes (surtout si c’est Maman qui a choisi) il s’ouvre et devient vulnérable… Le héros sert d’outil au lecteur pour grandir, se confronter à son idéal, se rassurer ; il aide à passer les différentes étapes de la maturité. Chacun d’entre nous se souvient d’un livre de son enfance qui l’a particulièrement marqué, et pour cause !

Il faut donc avoir conscience de leur puissance et se méfier des anti-héros :

-ceux que l’on voit tout de suite : les fantasy (même si certains rares titres sont aujourd’hui conseillés, l’extrême rareté de ce genre me fait les déconseiller tous, de peur que le lecteur y prenne goût et ne veuille plus lire que cela alors que la plupart sont illisibles par un chrétien), le monde irréel des vampires et autres.

Attention aussi aujourd’hui de veiller à ce que l’histoire évolue dans une famille équilibrée où les mœurs chrétiennes sont respectées.

-ceux auxquels on n’avait pas pensé : les héros négatifs qui vont enfermer le lecteur dans la peur de vivre.

Attention aussi aux bibliothèques familiales ouvertes à tous (certains livres étudiés en classe avec un bon professeur à partir de la seconde ne sont pas à laisser entre les mains des bons lecteurs trop jeunes, d’autres lisibles à 15 ans ne seront pas profitables en 6ème). Les séries, lues à la file, font aussi perdre le fil du réel, établissez une alternance, sinon vous faites rentrer un « intrus » dans l’esprit encore malléable de votre enfant ; il peut y prendre une place trop importante.

Attention aux            – « livres à la mode » prêtés par le voisin (charmant au demeurant),

                            – « romans historiques » qui trompent le lecteur. En effet soit c’est un roman et le lecteur admet que c’est une histoire romancée, soit c’est historique donc réel… Il faut aussi prendre garde aux anachronismes qui ne sauteront pas aux yeux des enfants et les induiront en erreur.

Evitons aussi tous les livres « fleur bleue » qui cachent la réalité et font « rêver » sans retenue en maintenant les jeunes filles dans un rêve dont la chute sera peut-être brutale…

L’anti-héros peut être subtil et présenter comme bon ce qui ne l’est pas et comme vrai ce qui est faux… Le loup devient gentil…, le petit livre d’occupations diverses apprend à faire tourner les tables…

Alors comment faire ?

– Ne vous laissez pas influencer par une couverture chatoyante, un titre alléchant, un auteur connu (chaque auteur a ses époques et ses travers), ou les conseils des amis des enfants… lisez vous-même les livres que vous donnez à vos enfants et inscrivez en première page les remarques que vous aurez faites (cela vous servira pour l’enfant suivant et rafraîchira votre mémoire quand vous voudrez en parler avec lui)

-Vos enfants doivent voir leurs parents lire dès le plus jeune âge; c’est le meilleur moyen de leur donner envie d’en faire autant !

– Discutez avec eux de leurs lectures ; apprenez-leur à conserver les côtés positifs en épurant le héros de ses scories d’imprudence, d’orgueil et de romantisme. Placez le personnage rêvé en phase avec la réalité sans pour cela démolir la figure admirée : ce serait trop douloureux. Faites découvrir aux enfants les qualités du héros dont ils ont besoin pour grandir et aidez-les à extraire la moelle qui sera constructrice.

-Variez les lectures : hagiographie, documentaire, roman, livre historique pour structurer leur pensée. N’oubliez pas de rendre garde au style et aux illustrations qui doivent mener vers le beau.

-Choisissez vous-même avec grand soin tous les livres (et les revues) qui rentrent chez vous ; vous avez les grâces d’état pour cela, il vous suffit de les demander et elles ne vous feront jamais défaut ! Ecoutez les conseils mais uniquement des personnes en qui vous avez une entière confiance !

Ne vous découragez jamais ! Il y a encore d’excellents livres, où le héros est positif, courageux, généreux… mais il faut reconnaître que c’est un domaine extrêmement attaqué en ce moment, et ce n’est sans doute pas sans raison. A nous donc d’en prendre conscience et de réagir. Un bon livre doit porter vers une meilleure vie personnelle, familiale et sociale.

Un dernier secret : profitez des lectures de vos enfants pour créer un lien privilégié avec eux et vous récolterez l’ouverture de leur cœur ; vous apprendrez à mieux les connaître et vous bénirez ce rapport précieux quand ils arriveront à l’adolescence et à l’âge adulte ! Vous les aurez armés pour qu’ils entrent dans la vie, formés et structurés, assez mûrs pour affronter les difficultés !

La culture catholique est comme une cathédrale où chaque artisan a sa place et chaque objet a son utilité ; il faut donc simplement prendre conscience de ces réalités et faire son devoir. « Un livre doit être un agent de progrès et une force pour soulever les âmes ou bien il n’est  qu’un danger… »

Marguerite-Marie