Quatrième Mystère Glorieux : La mort et l’Assomption de la Sainte Vierge.

O ma Mère, c’est dans la maison de Jean que mon cœur vous cherche, dans la paix sereine de ces jours où vous êtes devenue la mère de l’Eglise naissante. Maison où vous vous recueillez dans la prière et le silence, mais aussi maison ouverte pour recevoir le va et vient des disciples et des apôtres entre leurs courses apostoliques. Maison où s’unissaient la prière et l’action. Maison où chacun venait refaire ses forces et trouver paix et réconfort. Et vous vous faisiez toute à tous…

Pour eux, vous étiez la mère avec tout ce que ce mot renferme de force et de douceur ! Pour eux vous étiez le modèle de vie intérieure, de prière et de piété. Avec quelle ferveur, ils devaient vous interroger sur l’enfance de Jésus, sur tous les souvenirs que vous gardiez précieusement et qui faisaient revivre l’enfance et l’adolescence de leur Maître.

Un jour vint, qui fut le dernier de l’exil… et celui-là reste dans l’obscurité pour nous… Mais nous savons de façon certaine que votre âme est montée au ciel et a emporté votre corps avec elle. Nous n’avons qu’à lever les yeux pour suivre vers le ciel votre sillage éblouissant !

Oh ! n’est ce pas qu’en vous élevant comme une reine, le cœur en fête, pour rejoindre votre bien aimé, vous avez regardé longuement la terre, cette terre des hommes où votre cœur restait parmi nous !

 Fruit du Mystère : La méditation féconde de la mort.

Moi aussi, un jour proche ou lointain, j’arriverai à ce moment suprême où toute ma vie sera derrière moi, toute finie, toute écoulée, avec ses peines, ses joies, ses épreuves, ses réalisations et ses échecs, toute sa poussière de petits évènements. Pour moi aussi viendra cette minute où je n’aurai plus rien devant moi que ce mystérieux passage qui débouche sur l’éternité et s’appelle la mort. Est-ce que j’y pense parfois ? Non ! Et pourtant l’Eglise ne me recommande-t-elle pas de « penser à mes fins dernières » ? Non pas, certes pour que je m’effraye devant ce mystère que personne ne peut expliquer, mais pour que j’en tire des leçons de vie !

N’est-ce pas, en effet, devant la mort que je peux le mieux comprendre le sens des jours qui passent, ces jours qui me semblent si insignifiants que je les laisse tomber derrière moi comme des choses sans valeur ? Ils me semblent si pareils les uns aux autres, du lundi au samedi, avec leur recommencement perpétuel de besognes menues, le ménage, le linge, les courses, les devoirs à faire exécuter, cette lettre à écrire, cette visite à rendre, tant de choses entre le matin et le soir, qui recommencent immuablement… Le soir, lorsqu’avant de me coucher, je m’arrête quelques minutes pour prier, il me semble que ma journée s’est évaporée derrière moi sans laisser de traces. Ce sont pourtant tous ces jours qui, au dernier, ressurgiront sans qu’il en manque un à l’appel pour témoigner pour ou contre moi ! Alors ma vie sera devant moi comme une tapisserie faite point par point et dont chacun avait sa place irremplaçable dans l’ensemble !

O ma journée d’aujourd’hui, comme je t’aimerais malgré ta monotonie, ton recommencement, ta fatigue, si je pouvais comprendre tout ce qu’il y a d’éternel en toi, si je pouvais réaliser que tu seras là à l’appel du dernier jour, et que les moindres tâches que j’aurais faites, si j’y ai mis beaucoup d’amour, seront éblouissantes comme des pierres précieuses !

Et n’est-ce pas la mort aussi qui donne le sens des vraies valeurs humaines ? « Quelle est celle-ci qui s’élève, appuyée sur son bien-aimé ?[1] » Une reine ? Un de ces êtres qui ont rempli le monde de leur réputation ? Non ! Personne ne l’a connue. C’est l’épouse d’un charpentier, une femme qui fait cuire son dîner au coin du feu de sarments, raccommode des vêtements, tient le ménage. Une humble entre les humbles. Et au contraire, qui connaît aujourd’hui les riches patriciennes dont le luxe éclaboussait le public ?

Que d’erreurs dans mes jugements parce que j’oublie de regarder les êtres et les choses dans cet éclairage cru de la mort qui dissipe toutes les illusions, toutes les erreurs !

Ce ne sont pas les comptes en banque, les succès humains, les amitiés, qui devant la mort, me sembleront mes richesses, ce seront, auprès de mon lit pour m’entourer, les actes de vertu, les heures amoureusement données au devoir monotone, les sourires de pardon, les efforts pour vaincre l’égoïsme, le temps consacré au service des autres, tel pauvre secouru et dont le visage oublié me sourira peut-être à travers les brumes de l’agonie !…

Si je pensais ainsi, comme toute ma vie se simplifierait, comme je me soucierais peu de m’installer au milieu des biens périssables, comme je désirerais plutôt les seuls biens qu’on emporte avec soi ! Ne suis-je pas trop souvent affairée à des choses superflues, et ne vais-je pas entendre le même reproche que Marthe : « Marthe, Marthe ! Tu t’inquiètes de beaucoup de choses, une seule est nécessaire » ?  Alors ?… cette épreuve qui m’est lourde, ce souci qui me donne la migraine, cet échec qui m’humilie, si je les regardais aujourd’hui avec le regard lucide que j’aurai devant la mort, n’en comprendrais-je pas la richesse cachée ?

Vierge Marie, en souvenir de votre Assomption, donnez-moi de vivre chaque minute de ma vie avec l’âme que je voudrais avoir si à l’instant je devais comparaître devant Dieu. Donnez-moi de faire chaque chose comme si elle devait être la dernière. Donnez-moi de mettre en tout un peu « d’éternel ».

Faites que je pense souvent, en méditant ce quatrième mystère glorieux, à l’heure où moi aussi, je paraitrai devant Dieu pour rendre les comptes du « bon et fidèle serviteur ». Faites que dans ma vie dévorée minute par minute par tant d’occupations, je sache garder présent le sentiment de l’écoulement rapide de tout, pour voir les choses comme je les verrai au moment suprême. Mais venez au secours de ma faiblesse ! Vous savez bien que je ne peux pas vivre toujours les yeux fixés en haut, et que, lorsque ma prière est finie, je me retrouve reprise et engloutie dans les mille petits soucis de l’existence. Aidez-moi pour que je n’oublie pas, au milieu des jours qui passent si vite, celui qui sera le dernier. J’ai besoin de vous et c’est pourquoi je vous redis avec tant de confiance, les éternels mots de mon rosaire : « Priez pour nous, pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. » Maintenant… pour que soit bonne l’heure de ma mort !

D’après Paula Hoesl

 

[1] Cantique des cantiques 8:5

L’Empire

               L’Empire est un style qui veut marquer la réussite de Napoléon Bonaparte, en gardant toujours l’inspiration antique si chère aux styles Directoire et Consulat précédents. L’existence d’une cour d’Empire et l’institution d’une noblesse propre à ce règne vont entraîner beaucoup de commandes pour les hôtels parisiens ou les châteaux des proches de l’empereur.

                Jacob-Desmalter est le grand ébéniste de cette époque. Les châteaux de Fontainebleau, Compiègne et les trianons de Versailles, démeublés à la Révolution, vont être à nouveau garnis selon une étiquette très stricte dans le type de meubles et leur aspect. Ainsi pour les souverains, le bois est obligatoirement doré.

Les bois peuvent être peints avec des couleurs claires, parfois rechampies d’or, gris pâle ou blanc. Mais si l’usage des bois indigènes, orme, if, noyer ou hêtre devient fréquent, il voisine avec l’acajou souvent orné de bronzes dorés.              

                La symétrie de décor, de construction et la prédominance de la ligne droite sont caractéristiques de ce style comme une certaine lourdeur, les meubles sont vite imposants. Mais cela est tempéré par des étoffes d’une grande richesse de couleurs souvent ornées de passementeries aux couleurs opposées. Ainsi les soieries lyonnaises produisent de somptueux damas ou gourgourans.

Les sièges Empire conservés sont très nombreux. Une chambre à coucher d’appartement impérial se composait de sièges, lit, commode, secrétaire, guéridon et, pour la garde-robe , chaise d’affaire (ou d’aisance), bidet et table de nuit. Dans le salon nous trouvons un canapé, deux bergères, quatre à douze fauteuils, chaises et tabourets de pieds. Quant à la salle à manger le modèle de chaise est simple avec des dossiers ajourés avec différents décors, l’assise en est souvent cannée ou couverte de crin.

                Le dossier est quasiment droit, carré comme l’assise, les pieds arrière sont épais, peu courbés et les pieds avant forment avec le support de l’accotoir une seule ligne décorative.

Le lit bateau devient de plus en plus fréquent, et le lit en corbeille apparaît. Ils sont accompagnés de « somnos », tables de nuit  carrées avec une plinthe qui vient cacher les roulettes.

Les meubles de rangements comme les secrétaires ou les commodes gardent une forme simple et architecturée. Les tiroirs des commodes masquent la traverse qui les sépare mais souvent il existe des vantaux qui les rapprochent de petites armoires. Les secrétaires sont droits, imposants, et un abattant dévoile un caisson pour ranger les papiers, et une série de petits tiroirs dont certains à secrets.

Les consoles sont très présentes, servant à poser les candélabres pour l’éclairage des pièces, leurs lignes sont droites et souvent enrichies de bronzes.

Le guéridon est composé d’un pied central ou d’un tripode, et le diamètre d’un dessus de marbre est facilement d’un mètre.Mais un plus petit peut servir de table à déjeuner. Ils sont très utilisés, et existent là aussi encore en grand nombre.

Ce style invente un grand miroir pour se voir en pied : la psyché qui peut être richement ornée.

                Enfin les petits meubles apparus aux styles précédents sont toujours très appréciés, jardinières, « athéniennes en lavabo », petites tables rectangulaires : vide-poches, table à dessiner, table à ouvrage. Leur ligne souple, en bois clair assurera une continuité en ce style Empire et le suivant : le style de la Restauration.

                                                                                                                                                       Jeanne de Thuringe

Surprise, surprise…

Petite liste pour les enfants qui cherchent des idées de services- surprises à rendre discrètement à leurs parents (ébahis !). Sans briser un esprit d’initiative qu’il faut encourager, on pourra afficher cette liste dans la porte d’une armoire et les laisser y puiser à l’envie !

  • Ranger sa chambre de fond en comble ;
  • En faire le ménage régulièrement ;
  • Trier le linge de la famille ;
  • Faire le repassage ;
  • Nettoyer la salle de bain ;
  • Balayer l’escalier ;
  • Mettre le couvert sans qu’on vous le demande ;
  • Balayer la cuisine et la salle à manger ;
  • Débarrasser la table en vitesse et avec le sourire ;
  • Ranger l’atelier de papa ;
  • Laver les vitres ;
  • Nettoyer la voiture, intérieur et extérieur ;
  • Vider les poubelles ;
  • Désherber les massifs de fleurs ;
  • Faire un petit bouquet à poser devant la statue de la sainte Vierge ………..

Et tout cela, sans jamais dire : « C’est toujours moi qui en fais plus que les autres ! », « C’est moi qui fais tout dans cette maison ! », « Ce n’est pas mon tour ! ». Car ces petites phrases malheureuses gâchent tout : le grand plaisir que l’on fait à ses parents ; et les mérites que la générosité gagne dans le Ciel, et qui seront redistribués au centuple par la prodigalité divine

Le travail des épouses

Chers grands-parents,

Les grands-parents sont bien placés pour savoir que si, en la matière, les principes sont immuables, les évolutions de la société et les situations particulières de chacun rendent difficile une présentation sereine des choses. Il nous semble nécessaire, avant d’aborder le rôle des grands-parents, de rappeler quelques principes donnés par le magistère de l’Eglise et d’y opposer les objections que lui propose notre époque.

Le magistère[1] de l’Eglise

De nombreux papes ont parlé du rôle essentiel de la femme dans son foyer. Nous avons retenu deux citations de papes « modernes », Pie XII et Paul VI qui chacun illustrent un aspect essentiel du rôle de la femme au foyer.

Ainsi, Pie XII dans son « message aux époux » de 1942 insistait sur le rôle irremplaçable de la femme au foyer et sur les conséquences de son éloignement de celui-ci : « C’est la femme qui fait le foyer et qui en a le soin, et jamais l’homme ne saurait la remplacer dans cette tâche. C’est la mission qui lui est imposée par la nature … pour le bien même de la société. Entraînez là, attirez-là hors de sa famille par un de ces trop nombreux appâts qui s’efforcent à l’envi de la gagner et de la retenir : vous verrez la femme négliger son foyer. Et qu’arrivera-t-il sans cette flamme ? L’air de la maison se refroidira, le foyer cessera pratiquement d’exister et il se changera en un précaire refuge de quelques heures ; le centre de la vie journalière se déplacera pour son mari, pour elle-même, pour les enfants ».

Plus récemment, Paul VI, dans son message aux femmes de 1966 reprenait cette idée du rôle irremplaçable de la femme au foyer pour la préparation de l’avenir : « Epouses, mères de famille, premières éducatrices du genre humain dans le secret des foyers, transmettez à vos fils et à vos filles les traditions de vos pères, en même temps que vous les préparerez à l’insondable avenir. Souvenez-vous toujours qu’une mère appartient, par ses enfants à cet avenir qu’elle ne verra peut-être pas. »2 

Le rôle essentiel de l’épouse dans l’éducation des enfants et dans la « permanence » de la maison revient dans presque tous les messages aux parents depuis que l’éclatement de la cellule familiale est devenu un phénomène répandu

La pensée féministe

La brièveté de cet article ne nous permet de citer qu’un exemple, celui de Simone de Beauvoir, oh combien représentatif de ce qui est passé pour une folie à l’époque mais est devenu la référence aujourd’hui. Le rôle de la femme n’est pas à la maison, la référence de la femme n’est pas dans sa maternité ou sa féminité mais dans sa capacité à faire ce que font les hommes. Pour caricaturer – si peu – ce courant de pensée, nous dirons que « la femme est un homme comme les autres »3. Après avoir décrit la maternité comme une aliénation, S de Beauvoir nie tout instinct maternel. Selon elle, l’amour maternel n’est qu’une pure création « L’amour maternel n’a rien de naturel » n’hésite-t-elle pas à dire. Il faut donc libérer la femme de ses enfants et, par conséquent adapter la société à cette réalité « Dans une société convenablement organisée, où l’enfant serait en grande partie pris en charge par la collectivité, la mère soignée et aidée, la maternité ne serait absolument pas incompatible avec le travail féminin.

Au contraire : c’est la femme qui travaille — paysanne, chimiste ou écrivain — qui a la grossesse la plus facile du fait qu’elle ne se fascine pas sur sa propre personne ; c’est la femme qui a la vie personnelle la plus riche qui donnera le plus à l’enfant et qui lui demandera le moins ». Cette femme qui travaille sera donc devenue comme un homme « C’est par le travail que la femme a en grande partie franchi la distance qui la séparait du mâle; c’est le travail qui peut seul lui garantir une liberté concrète ». Force est de constater que ces pensées folles sont maintenant la référence. La « société convenablement organisée » voit le jour. Toutes les réformes dites « en faveur de la famille » n’ont pour objet que d’inciter voire de contraindre les épouses à travailler. Les femmes au foyer sont dévalorisées « Je dis souvent: présentez-moi une femme parfaitement éduquée qui aurait 7, 8 ou 9 enfants » a déclaré le président Macron à la tribune de l’ONU le 26 septembre 2018, sans que cela déclenche le moindre scandale sur les ondes.

Que faire ?

Tout cela est clair mais, que faire alors que certaines d’entre nous ont dû travailler et que certaines de nos filles ou belles filles ont besoin de travailler ?

  • Tout d’abord, connaître, savoir que le travail des femmes est une volonté féministe « anti-Christ » visant à nuire au rôle essentiel de la femme que de nombreux papes ont magnifié.
  • Ensuite, comprendre et expliquer … Les mères au foyer témoignent de la joie qu’elles ont à se consacrer à leurs enfants mais aussi de l’abnégation que cela impose. Aujourd’hui, pour beaucoup de jeunes mères, rester au foyer relève de l’héroïsme. Le ménage sera plus pauvre, l’épouse sera dévalorisée et aux antipodes de la pensée actuelle et même dans certain cas exclue socialement. Si les choses doivent êtres dites – ce qui n’est pas opportun dans tous les cas – ce sera, comme toujours, de manière positive, avec la délicatesse et la mesure qui siéent à des grands-parents quand ils parlent à des familles constituées…
  • Enfin aider… Vous retrouvez là notre constante position quant au rôle des grands-parents vis-à-vis de leurs jeunes ménages. Si vous le pouvez, aidez ces mères au foyer en étant toujours prêts à les accueillir pour leur permettre de remplir au mieux leur belle mission.

Daigne Sainte Anne nous donner la foi, l’intelligence et la finesse pour transmettre à nos familles l’amour du devoir. Des grands-parents

Cultiver ses richesses

L’action de la femme dans la société est en complète évolution ; on ne peut comparer la vie de nos grands-mères à celle de nos jeunes filles actuelles. Mais pour autant, la mission de la femme, elle, n’a pas varié car Dieu ne change pas, et dès son premier regard sur Eve, Il a répandu sur elle ses bénédictions afin qu’elle puisse accomplir sa mission jusqu’à la fin des temps. La femme ne trouve sa voie que lorsqu’elle est comprise et honorée en tant que femme, et non pas en tant que réplique de l’homme.

Mais pour que nos jeunes filles actuelles sachent donner ce que l’on attend d’elles, il faut qu’elles soient formées ! Pour avoir beaucoup à donner, il faut être riche !

Les disciplines intellectuelles donneront le contrepoids de l’intelligence à la sensibilité, car il ne faut pas se contenter de « sentir », il faut aussi penser… Ne nous satisfaisons pas de l’intuition féminine qui est réelle mais qui ne sera pas suffisante pour rayonner dans toute sa mesure. Il n’est pas question ici d’inciter les femmes à faire de hautes études : la culture n’est pas la conquête d’un examen, elle est l’application de la pensée et aussi du cœur, à tout ce qui intéresse la vie. Se cultiver nous apprend à réfléchir, que ce soit sur un livre, une œuvre d’art, la nature ou le spectacle de la vie !

Ces richesses intérieures apportées par la culture nous défendent contre les tentations qui viennent souvent de la monotonie de la vie, de l’ennui. Quand on a une vie de l’esprit et de l’âme, on ne s’ennuie jamais ! Que reste-t-il, à l’âge du déclin, aux femmes qui ont tout mis dans leur apparence physique? Celles qui ont misé sur leur esprit et leur âme n’ont rien à craindre : elles ont là un trésor qui leur donne la possibilité d’engranger chaque jour de nouvelles récoltes pour elles-mêmes et pour les autres.

Loin de vouloir la cloîtrer dans un foyer rétréci, l’éducation doit lui donner tous les éléments pour devenir une épouse et mère épanouie, équilibrée et heureuse sans aigreur ni ressentiment mais fière de sa mission. Elle doit se préparer à ses devoirs futurs, conservant sa dignité et réalisant son œuvre de fondatrice de famille chrétienne, de reine de son foyer, de mère et d’éducatrice sans oublier son rôle apostolique et social.
Les parents auront à cœur d’aider leurs filles à découvrir en elles une richesse à développer. A chacune la sienne…
Si vous avez le désir de donner beaucoup à tous ceux que vous aimez, développez vos richesses, nourrissez-vous de ressources qui vous serviront, le temps venu, à « animer » votre foyer, à donner à chacun ce dont il aura besoin ! Il ne s’agit pas de niveau ou de capacités mais de trouver un thème qui vous inspire: Histoire, Philosophie[1], cours d’approfondissement des vérités de la Foi[2], mais aussi art, activités manuelles, nature, etc…

Comment trouver sa place dans la société actuelle ?

 L’expérience montre qu’il existe des périodes dans la vie d’une mère de famille où l’emploi du temps est moins rempli: avant la naissance des premiers enfants et après leur départ du foyer vers la pension (si on a fait ce choix), pour leurs études supérieures ou plus tard pour mener leur vie.

Sans perdre de vue sa mission principale auprès de son mari, de ses enfants et des siens, il est évident que la femme peut profiter de cette période pour nourrir et cultiver sa richesse en occupant ses temps libres.

Le but recherché n’étant pas de « gagner de l’argent » mais bien de trouver son équilibre en se donnant, en continuant à nourrir son esprit ou tout simplement en pratiquant une activité que l’on a plaisir à exercer.

Cet avenir doit être envisagé à l’avance ; et c’est dès l’adolescence que l’on doit découvrir ou encourager le talent ou les aptitudes de chacune. On pourra ainsi cultiver, entretenir ou promouvoir une activité qui pourra être reprise dans un avenir plus ou moins proche, après le mariage.

Il est important de garder à l’esprit que même une action bénévole et généreuse doit répondre à quelques principes essentiels pour ne pas perdre de vue la mission principale de l’épouse et de la mère :

– L’action est-elle honnête, autorisée et source de bien ? (attention aux ventes pyramidales à la mode…)

– Celle-ci m’empêche-t-elle de faire mon devoir d’état ? (une obligation de présence à des jours et heures fixes me permettra-t-elle de me libérer pour la maladie d’un enfant, pour être présente lors de vacances décalées d’un autre, pour être toujours disponible pour les besoins des miens à toutes les époques de la vie (époux, enfants, petits-enfants ?) 

– Est-elle compatible avec mon équilibre nerveux et ma fatigue physique ?

– Cette activité ne va-t-elle pas grever le budget familial de façon déraisonnable ?

Une fois toutes ces questions résolues sous le regard de Dieu, avec son époux et éventuellement le conseil d’un prêtre qui connait bien le foyer, choisissons parmi les idées suivantes qui ne sont que des exemples !

Quand on a du temps libre, plusieurs activités peuvent être envisagées :

– Le bénévolat doit être une priorité car n’est-ce pas là la vocation de la femme que de donner ?

  • Visiter les malades, les personnes âgées de la paroisse ou de notre village.
  • « Dépanner » une amie débordée en lui « empruntant » un panier de linge à repasser, aider aux devoirs les enfants d’une maman fatiguée, proposer à une autre de lui garder ses enfants une après-midi …
  • Faire le raccommodage de la sacristie, aider au ménage de la Chapelle ou à fleurir l’autel, se proposer pour la chorale, instituer un « Rosaire des mamans », monter une bibliothèque paroissiale (livres ou cd), aider le prêtre pour le catéchisme, organiser ou tenir une procure, s’investir dans l’Œuvre Saint Vincent de Paul, la Milice de Marie…
  • Rendre service à l’école, surveillances, cantines, ménage. Proposer son aide aux associations connues (secrétariat, articles).
  • Organiser une marche ou un pique-nique paroissial, une visite de musée, des conférences.
  • Maintenir les liens par la fabrication d’un calendrier familial avec les photos de tous ou d’un journal familial envoyé aux grands-parents.

Il suffit simplement bien souvent de proposer un peu de temps au prêtre qui dessert notre paroisse pour qu’il nous oriente vers une bonne action.

Ensuite, comme saint François d’Assise qui avait plaisir à jouer avec un petit oiseau, cultivons la richesse – découverte dès l’adolescence- qui pourra nous donner l’équilibre dont nous avons besoin. On ne peut tendre un arc jusqu’à ce que la corde se rompe. « Dieu est un bon père qui veut que ses enfants se récréent, jouent, pourvu que ce soit en sa présence[3].» A chacun son tempérament : les unes trouveront leur satisfaction au cœur de leur maison (cuisine, réfection d’une chambre, jardinage), d’autres au contraire auront besoin de contacts humains et de sortir un peu de leur univers privé pour mieux y rentrer ensuite.

L’activité choisie doit apporter un délassement mais sera encore plus profitable si elle nous permet d’apporter un supplément de richesses à nos enfants. Elle offrira un sujet de discussion avec les siens et en société ; elle pourra aussi augmenter l’admiration du mari pour son épouse (on sait que celle-ci est un des éléments qui entretient l’union) et donner la petite note de confiance en soi qui participe à l’épanouissement général.

Les domaines peuvent être variés :

  • Des activités intellectuelles telles que la musique, la généalogie, la lecture d’un thème privilégié : histoire, éducation, philosophie, tout ce qui augmente la culture générale…
  • Des activités manuelles : encadrement de gravures, broderie, tapisserie, réfection de fauteuils, peinture sur bois, sur porcelaine, réalisation de bouquets, gravure sur verre, dessin, peinture, … (beaucoup d’associations proposent des occupations variées).
  • Si on en a les capacités, on peut donner des cours (de soutien scolaire, de musique mais aussi d’activités manuelles aux adultes)

Ces activités pourront apporter un petit complément financier si besoin est ; pour cela l’idéal est qu’elles puissent être exécutées à domicile (encadrement de gravure, tapisserie, fabrication de chapeaux, de bijoux, couture, …) et en « anticipant  toujours les imprévus » dans le délai de commande afin que le devoir d’état puisse toujours passer en premier !

Il est important que cet apport financier soit ajouté au budget familial afin de participer réellement aux besoins familiaux. Et pour bien garder à l’esprit notre vocation de « semeuse de joie », n’hésitons pas à, régulièrement et généreusement, offrir nos services sans demander de rémunération à ceux qui en ont besoin…

On aura compris que ces occupations ne pourront sans doute pas être entretenues pendant les années où la maison est comme une ruche bourdonnante et où les « temps libres » seront rares et souvent consacrés au repos ou à la détente. Mais en revanche quand la maison n’est pas encore pleine ou qu’elle se sera vidée, il est important que la mère au foyer, aidée et encouragée par son époux, recherche son équilibre.

Alors en effet elle sera heureuse de trouver la bonne formule –qui peut varier selon les époques de la vie – en utilisant les dons que son créateur lui a confiés pour conserver et répandre la plénitude de sa générosité et de ses facultés.

Elle trouvera alors la sérénité de l’âme et pourra continuer à répandre autour d’elle sa joie de vivre.

Que Notre-Dame des Foyers Ardents vous guide sur ce chemin, grâce aux vertus de prudence et de joie.

 Marguerite-Marie

[1] Cours en CD Session Saint Thomas http://stthomasdaquin.free.fr/cours_saint_thomas_par_correspondance.html

[2] Cours de Catéchisme de M. l’abbé Billecocq

[3] Traité de la Joie de l’âme chrétienne.

Père Ambroise de Lombez. O.F.M.