Donnez-nous aujourd’hui notre pain de chaque jour

           « Bien vivre n’est rien d’autre qu’aimer Dieu de tout son cœur, de toute son âme, de tout son esprit », et comment aimer Dieu si nous ne le connaissons pas ? Aimer Dieu ! Vaste programme ! Et l’aimerons-nous jamais assez ?

La maman pourra ainsi lire ou simplement s’inspirer de ces pensées pour entretenir un dialogue avec ses enfants ; elle l’adaptera à l’âge de chacun mais y trouvera l’inspiration nécessaire pour rendre la présence de Dieu réelle dans le quotidien matériel et froid qui nous entoure. Elle apprendra ainsi à ses enfants, petit à petit, à méditer ; point n’est besoin pour cela de développer tous les points de ce texte si un seul nourrit l’âme de l’enfant lors de ce moment privilégié.

Ainsi, quand les difficultés surgiront, que les épreuves inévitables surviendront, chacun aura acquis l’habitude de retrouver au fond de son cœur Celui qui ne déçoit jamais !

 

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  « Regardez les oiseaux du ciel : ils ne sèment ni ne moissonnent, et ils n’amassent rien dans des greniers; et votre Père céleste les nourrit. Ne valez-vous pas beaucoup plus qu’eux ? »

 

  C’est avec confiance que je m’approche de vous, ô mon Dieu, dans cette prière… Vous qui veillez avec amour sur la plus petite fleur des champs et sur les oiseaux du Ciel, vous ne pouvez manquer de veiller sur moi, que vous avez créé à votre image, et pour qui votre Fils unique est mort sur la Croix ! Je vous demande le pain pour nourrir mon corps, et bien plus encore, celui qui vivifie mon âme par le sacrement de l’Eucharistie : pour mon âme immortelle, je vous demande le pain de Vie, celui sans lequel je ne peux grandir dans votre amour.

 

  A chaque jour suffit sa peine, dit le proverbe. Chaque jour, dans le désert, le Bon Dieu a envoyé aux Hébreux la manne pour qu’ils ne meurent pas de faim dans cet endroit aride. Chaque jour aussi le Bon Dieu m’envoie la manne de mon âme, sa grâce, pour me fortifier et me soutenir sur le chemin du Ciel. Alors pourquoi m’inquiéter de demain, de ces efforts que j’aurai à fournir pour bien accomplir mon devoir d’état, puisque le Bon Dieu m’enverra les grâces nécessaires à temps ? C’est ce que Notre-Seigneur nous explique dans l’Evangile, en parlant des oiseaux : ils suivent leur instinct, car ils n’ont pas une âme immortelle comme la mienne, mais ce faisant, ils accomplissent la volonté du Bon Dieu qui leur donne chaque jour  ce dont ils ont besoin. Ils ne se soucient pas du lendemain, et ils ont bien raison car le Créateur veille sur eux.

 

  Et pendant que, grâce à votre bienveillance,  mon père de la terre me donne le pain fait de main d’homme, vous-même, par le sacrifice de votre Fils renouvelé sur l’autel, vous m’assurez le pain de mon âme.  Le premier me maintient dans cette vie terrestre, et m’y fortifie, le second, sans négliger mon corps qui est appelé à ressusciter à la fin du monde, fera grandir en mon cœur ces belles vertus de Foi, d’Espérance et de Charité.

 

  « Je suis le pain de Vie », a dit Notre-Seigneur. C’est ce pain-ci que je veux manger, car il me donnera la Vie éternelle. Que j’aime m’approcher de la Sainte Table pour y recevoir  mon Sauveur, et si je ne peux le faire chaque jour car je n’ai pas la possibilité d’assister à la Messe, qu’au moins je pense à faire une communion spirituelle afin de vous accueillir dans mon cœur et que vous puissiez me transformer, et me combler de vos grâces et de vos bienfaits, ô Jésus !

 

  Sainte Vierge, accueillez Jésus dans mon âme à chacune de mes communions, afin qu’il soit reçu le plus parfaitement possible, et que mon cœur soit pour lui un lieu de repos et de joie. Gardez-moi bien pur, et faites que je ne perde aucune miette de ce pain de chaque jour que je demande au Bon Dieu de m’envoyer, et qu’il m’envoie puisqu’il ne refuse jamais sa grâce à qui la lui demande, et ainsi je grandirai en âge et en amour du Bon Dieu, pour ensuite aller chanter sa louange avec vous, ô ma Mère, et avec mon ange gardien qui veille sur moi à chaque instant. Qu’à travers cette phrase, je demande avec ferveur au Bon Dieu non seulement le pain physique, qui nourrira mon corps, mais aussi le pain de Vie qui me fortifiera pour l’Eternité.

 

Germaine Thionville

 

La rumeur

 

Yves Duteil (né le 24 juillet 1949)

           Conclusion pessimiste pour cette œuvre talentueuse et très réaliste, qui nous met en garde, comme l’illustration ci-contre de Norman Rochwell (1894-1978), contre les ravages que peut causer un bavardage malveillant.

Mais de « la rancœur » annoncée à la fin de la chanson, non ! Le pardon oui, et pourquoi pas, la demande de bénédictions envers la personne qui nous a fait du tort.

La rumeur ouvre ses ailes
Elle s’envole à travers nous
C’est une fausse nouvelle
Mais si belle, après tout

Elle se propage à voix basse
À la messe et à midi
Entre l’église et les glaces
Entre confesse et confit.

 

La rumeur a des antennes
Elle se nourrit de cancans
Elle est bavarde et hautaine
Et grandit avec le temps

C’est un arbre sans racines
À la sève de venin
Avec des feuilles d’épines
Et des pommes à pépins.

 

Ça occupe, ça converse
Ça nourrit la controverse
Ça pimente les passions
Le sel des conversations

 

La rumeur est un microbe

Qui se transmet par la voix

Se déguise sous la robe

De la vertu d’autrefois

La parole était d’argent

Mais la rumeur est de plomb

Elle s’écoule, elle s’étend

Elle s’étale, elle se répand.

 

C’est du miel, c’est du fiel

On la croit tombée du ciel

Jamais nul ne saura

Qui la lance et qui la croit

C’est bien plus fort qu’un mensonge
Ça grossit comme une éponge
Plus c’est faux, plus c’est vrai
Plus c’est gros et plus ça plaît

Calomnie, plus on nie
Plus elle enfle se réjouit
Démentir, protester
C’est encore la propager.

 

Elle peut tuer sans raison
Sans coupable et sans prison
Sans procès ni procession
Sans fusil ni munitions

 

C’est une arme redoutable
Implacable, impalpable
Adversaire invulnérable
C’est du vent, c’est du sable

Elle rôde autour de la table
Nous amuse ou nous accable
C’est selon qu’il s’agit
De quiconque ou d’un ami.

 

Un jour elle a disparu
Tout d’un coup, dans les rues
Comme elle était apparue
À tous ceux qui l’avaient crue

 

La rumeur qui s’est tue
Ne reviendra jamais plus

Dans un cœur, la rancœur
Ne s’en ira pas non plus.

https://open.spotify.com/search/la%20rumeur%20yves%20duteil

Air de la calomnie

Notre citation pour mars et avril :  

« Le chant allège les sombres soucis » Horace

 

          A partir de ces deux œuvres profanes qui vous sont proposées, voici une méditation sur le commandement de la charité, recommandé sans cesse par Notre-Seigneur. Une bonne résolution pour que toute parole soit bien pesée, pour l’éternité.

 

Air de la Calomnie

Le Barbier de Séville, donné la première fois en 1819 (version italienne), et en 1884 (version française)

Gioachino Rossini

 (1792 Pesaro – 1868 Paris)

 

Opéra, considéré comme le chef-d’œuvre de Rossini, tiré de l’œuvre de Beaumarchais, le Barbier de Séville a été composé en 1816, en deux semaines, Rossini n’étant âgé que de vingt-quatre ans.

Bartolo veut épouser sa pupille Rosina, contre son gré, car elle aime le Comte Almaviva. Basileo, maître de musique de Bartolo, lui conseille d’utiliser le moyen de la calomnie pour lutter contre son rival…

« C’est d’abord rumeur légère
Un petit vent rasant la Terre
Puis doucement, vous voyez calomnie
Se dresser, s’enfler, s’enfler en grandissant


Fiez-vous à la maligne envie
Ses traits lancés adroitement
Piano, piano, piano, piano
Piano par un léger murmure
D’absurdes fictions
Font plus d’une blessure

Et portent dans les cœurs

Le feu, le feu de leurs poisons
Et portent dans les cœurs
Le feu, le feu de leurs poisons


Le mal est fait, il chemine, il s’avance
De bouche en bouche il est porté
Puis riforzando, il s’élance
C’est un prodige en vérité

 

 

Mais enfin rien ne l’arrête

C’est la foudre, la tempête

Mais enfin rien ne l’arrête

C’est la foudre, la tempête

Un crescendo public

Un vacarme infernal

Un vacarme infernal

Elle s’élance, tourbillonne

Etend son vol, éclate et tonne

Et de haine aussitôt un chorus général

De la proscription a donné le signal
Et de haine aussitôt un chorus général
De la proscription a donné le signal

Et l’on voit le pauvre diable
Menacé comme un coupable
Sous cette arme redoutable
Tomber, tomber, terrassé »

https://open.spotify.com/search/l’air%20de%20la%20calomnie

 

Fernand, Renaud, Martin et Fernande, Renaude et Martine

           Pourquoi vous raconter l’histoire de Fernand, puis celle de Fernande, qui sont, en définitive, des histoires qui se ressemblent ? Il vous faut en réalité considérer l’histoire de Fernand comme une histoire typique qui est là pour illustrer cette règle de morale selon laquelle il n’est jamais permis d’agir quand on doute de la bonté ou de la malice d’un acte qu’on voudrait poser. Il est d’abord requis, sous peine de pécher, de lever ce doute. Il vous sera alors facile de juger par vous-même du comportement de Fernande. Et ensuite, au-delà du jugement qu’on doit porter sur le comportement de Fernand et de Fernande, il sera surtout possible de mettre en évidence que c’est le législateur lui-même qui mérite en France que soit porté à son encontre le même jugement que sur ces deux infortunés. Nous nous contenterons pour terminer de signaler l’actualité de cette règle de morale à l’heure des vaccins Pfizer et Moderna.

I- A) L’histoire de Fernand :

A la lisière du bois :

A ce moment de la soirée où la luminosité est devenue si faible qu’elle ne permet plus de distinguer le chien du loup, Fernand et son ami Renaud se tenaient encore à l’affût ! Il leur en coûtait tant de revenir bredouilles de la chasse qu’ils ne se résignaient pas à devoir rentrer et voulaient encore espérer… Mais quel est soudain ce bruit dans le feuillage ? Renaud souffle à Fernand : « Homme ou bête ? Je n’ose tirer … » L’œil enflammé, Fernand répond : « Tant pis, je tire, ce serait trop bête. » Un hurlement. Non d’une bête mais d’un homme. Hagards, tous les deux se précipitent. Trop tard, Martin, leur ami chasseur, agonise dans une mare de sang.

 

Au tribunal :

Le juge : « Le témoignage de votre ami Renaud et la réponse que vous lui avez faite, attestent, Fernand, que, lorsque vous avez tiré, vous n’aviez pas et vous ne pouviez avoir la certitude que vous aviez un animal en face de vous. Comment qualifier donc l’homicide que vous avez commis ? D’involontaire, comme l’a soutenu votre avocat, au motif que n’auriez certainement pas tiré si vous aviez su que c’était un homme et que ce meurtre n’est donc pas intentionnel ? Je récuse cet argument étant donné que si vous avez ouvert le feu alors que vous ne pouviez écarter de votre esprit que vous risquiez de tirer sur un homme, c’est que vous aviez admis l’hypothèse que votre coup de fusil pourrait se solder par la mort d’un homme. C’est pour cela, Fernand, que vous êtes condamné pour homicide volontaire. »

  1. B) L’histoire de Fernande

Les tourments d’une femme enceinte :

« Lorsqu’à trois mois de grossesse, j’ai dit à mon médecin que j’optais pour une IVG, j’ai ajouté un peu émue que j’espérais ne pas commettre un meurtre. Il a éclaté de rire et m’a répondu : « Aucun scrupule à avoir Fernande ! C’est comme si je te retirais une tumeur. Bénigne, bien sûr ! – C’est vrai qu’elle gigote un peu… Mais de là à ce qu’une tumeur fasse un homme… » Il ne m’a pas du tout rassurée. Alors je suis allée voir Renaude, ma copine juriste, pour lui demander ce que j’avais dans le ventre. Elle a regardé dans un Code et n’a rien trouvé. Elle m’a dit qu’il n’y avait pas de statut juridique pour l’embryon. Mais elle a cité ensuite l’article 16 du Code Civil qui énonce que « La loi assure la primauté de la personne, interdit toute atteinte à la dignité de celle-ci et garantit le respect de l’être humain dès le commencement de la vie. » Renaude m’a alors expliqué que l’IVG est en fait une dérogation à cette loi. J’étais encore plus troublée en la quittant. Mais, tant pis. Je n’ai pas envie de garder cette petite fille (l’échographie m’a montré que c’était une fille) que j’aurais appelée Martine… Allons, courage ! »

Le juge : « Ni votre médecin, ni votre amie juriste n’avaient tenu des propos susceptibles d’apaiser votre conscience, Fernande. Tout au contraire, vous avez été tourmentée par les paroles de votre médecin. Il riait, mais pas vous. Vous saviez bien que Martine n’était pas une tumeur et qu’il ne vient à l’idée de personne d’appeler une tumeur « Martine » et de déjà lui dire « ma petite chérie ». Et Renaude a augmenté encore votre crainte. Si l’IVG est une dérogation à la loi, n’est-ce point l’aveu que le législateur admet qu’il porte atteinte à sa vie » ? Vous êtes donc allée vous faire avorter avec la forte présomption que vous alliez supprimer de votre sein une vie humaine. C’est pour cela que vous êtes condamnée, Fernande, pour homicide volontaire. »

II – Commentaires sur les histoires de Fernand et de Fernande

  1. A) A propos de Fernand et de Fernande :

– Fernand et Fernande ont tous les deux agi à un moment où ils doutaient de la bonté morale de l’acte qu’ils posaient.

– la passion de la chasse, la tristesse et la honte de rentrer bredouille ont eu raison de la conscience de Fernand. S’il l’avait écoutée, s’il avait prêté attention aux mots de Renaud, jamais il n’aurait tiré ! Comment prendre le risque de tirer sur un homme ? « D’ailleurs, malheureux Fernand, tu dois bien comprendre maintenant que, si, dans les mêmes conditions, tu avais tué un chevreuil et non pas Martin, tu aurais quand même été coupable d’homicide puisque tu aurais tout de même pris, dans ton intention, le risque de tirer sur un homme. »

– Hélas, Fernande était très décidée à ne pas garder son enfant … Sans doute, elle aurait voulu avorter dans la tranquillité de sa conscience. Elle a donc cherché à l’apaiser. Mais en réalité, et les propos de son médecin et ceux de son amie Renaude ont renforcé son trouble. Ils auraient dû l’arrêter avant qu’elle ne commette l’irréparable. Mais ils n’ont malheureusement pas suffi à contrer une volonté qui, en s’apercevant qu’elle ne trouverait pas la paix intérieure, a renoncé à la chercher. Fernande a gravement chargé son âme d’un tourment en déchargeant son corps de ce qui lui paraissait un poids.

 

  1. b) A propos du Juge :

– Le Juge a bien jugé. Mais il faut avouer que, dans l’un et l’autre cas, il n’a pas jugé selon les articles de la loi française. Fernand serait poursuivi pour homicide involontaire commis par imprudence et risquerait trois ans d’emprisonnement et 45000 euros d’amende selon le Code Pénal (articles 221-6 et 121-3). Le Juge a jugé selon la morale qui considère qu’il y a homicide volontaire dans l’intention, déjà à partir du moment où l’on prend le risque de le commettre.

– Le Juge a également bien jugé Fernande et pour les mêmes motifs. Mais dans ce deuxième cas, l’écart entre la Morale et la loi civile est beaucoup plus grave puisque la loi civile ne trouve rien à redire à l’avortement commis par Fernande alors que la loi morale le considère comme un homicide volontaire.

III – L’incohérence de la législation française

  Le but de cet article est surtout de mettre en lumière l’incohérence criminelle de la loi française. Là où le droit romain procurait à l’embryon et au fœtus un « procurator ventris » chargé de défendre ses droits, la loi française ne dit rien du statut juridique de l’embryon ou du fœtus. Alors que les chinois sont tous âgés de neuf mois de plus que nous selon l’état civil parce qu’on compte leur âge à partir de l’estimation du jour où ils ont été conçus, la France n’a rien à dire sur les hommes intra-utérins.

Et pourquoi ce vide juridique ? Les sciences donnent aujourd’hui des arguments qu’on ne possédait pas autrefois pour montrer que l’individualisation certaine de l’homme a lieu lors de la fécondation de l’ovule. Et l’individu en question est un être humain au vu de son patrimoine génétique déjà complet qui est celui d’un homme. Mais s’il est un individu humain, qui lui déniera d’être une personne humaine ? A-t-on déjà vu un individu humain ne pas être une personne humaine ? Nonobstant ces confirmations providentielles que la science fournit à des hommes qui prétendent ne jurer que par la science, le vide juridique sur le statut de l’être intra-utérin perdure. On comprend qu’il serait difficile de lui conférer celui de téléphone portable, de tabouret ou de métastase… Il n’y a en réalité qu’un statut possible, c’est celui d’être humain. Mais l’admettre sonnerait l’heure de vérité du génocide d’au moins un milliard d’enfants à travers le monde. Tous les autres génocides sont des nains à côté de celui-là.

Cependant, il faut dire que ce silence juridique criant ne sauve pas les législateurs. Comme nous l’avons affirmé, ils méritent d’être condamnés pour homicides volontaires même en l’état actuel de la législation. Pourquoi ? Parce que s’ils ne peuvent certifier que l’embryon ou le fœtus n’est pas un homme, ils prennent alors le risque de tuer un homme en autorisant l’avortement. Or ils ne peuvent le certifier puisqu’ils ne sont pas capables de trancher la question de son statut juridique.

Nous ajoutons à cet argument déjà suffisant par lui-même deux considérations qui le renforcent encore. La première concerne la loi Veil de l’interruption volontaire de grossesse inscrite comme étant une dérogation à la loi. Mais en quoi la loi Veil déroge-t-elle ? En quoi admet-elle des exceptions ? Précisément en cela que, à l’encontre de l’article 16 du Code Civil qui énonce que « la loi assure la primauté de la personne, interdit toute atteinte à la dignité de celle-ci et garantit le respect de l’être humain dès le commencement de la vie », elle autorise que soit porté atteinte à la vie humaine intra-utérine. Sinon, on ne parlerait pas de dérogation.

Une seconde considération ne manque pas non plus de force pour faire apparaître l’incohérence criminelle de la loi française. Il s’agit de l’arrêté du 19 juillet 2002, paru au Journal Officiel du 6 août de la même année, accordant l’état civil aux enfants mort-nés après vingt-deux semaines de grossesse. Pourquoi simplement à partir de cinq mois ? Nous sommes dans l’arbitraire. Cependant, ne peuvent être inscrits à l’état civil que des personnes humaines. Cet arrêté du 19 juillet 2002 apporte donc aussi son concours pour condamner la loi française pour son incohérence criminelle à déclarer des fœtus comme personnes humaines, tout en permettant leur massacre.

 

Conclusion :

  Au moment où l’on veut nous vacciner avec des produits issus de souches de cellules fœtales avortées, il est nécessaire de bien réfléchir à ce que nous allons faire. Nous nous trouvons en effet dans le doute de Fernand et de Fernande et nous ne pouvons accepter de nous faire vacciner sans avoir résolu la question de la moralité de tels vaccins. Or, avant toute autre considération sur ce sujet d’une brûlante actualité morale, il fallait d’abord rappeler que les fœtus sont des personnes qui ont été mises à mort par un homicide volontaire légal. Qui en a conscience doit alors commencer à s’interroger sur la moralité des vaccins provenant  de tels crimes.

 

Père Joseph

 

De la prière et de quelques objections courantes

           « Prier », « Réciter le Rosaire », « Veillez et priez. » Voici des paroles saintes dont nous minimisons souvent la portée… La prière est toute-puissante sur le cœur de Dieu mais il faut prier sans hésitation d’âme. On le sait, Dieu ne change pas, son message est immuable et n’évolue pas au fil du temps et de l’évolution des mentalités ; nous devons donc sans réserve aucune nous adonner à la prière. Cependant nous entendons bien souvent des objections auxquelles nous essaierons de répondre succinctement après avoir explicité ce que Dieu attend de nous.

  « L’acte le plus beau et le plus ordinaire de la dévotion est la prière. L’homme est esprit et corps, et la prière est la nourriture quotidienne de l’esprit, comme le pain matériel est la nourriture quotidienne du corps1.» « Ainsi cette offrande du chrétien en état de grâce qui dirige toutes ses actions vers Dieu, pour les grands besoins de l’Eglise et des âmes, peut convertir en actes surnaturels d’apostolat jusqu’aux actions les plus petites et les plus modestes. Le paysan à sa charrue, l’employé à son bureau, le commerçant à son comptoir, la ménagère dans sa cuisine, tous peuvent devenir les collaborateurs de Dieu qui attend d’eux et accomplit avec eux les humbles tâches de leur devoir d’état2.

Relisons notre catéchisme :

 

La prière est une élévation de l’âme vers Dieu,

  • pour l’adorer, (quand l’âme s’abaisse, en retour Dieu l’élève et lui donne l’amour ; c’est alors que naît l’adoration qui nous met dans la vérité surtout par rapport à Dieu3. »
  • pour lui demander pardon, (« Le pécheur qui dit : « Notre Père » a déjà la tête hors du sépulcre où l’a mis son péché»)
  • pour implorer ses grâces « Toute la vie étant pleine de dangers et d’écueils, il est impossible de les éviter sans un secours continuel de Dieu ; mais comment le demander sans être avec lui ? Comment être avec lui, qu’en y pensant souvent ? Comment y penser souvent, que par une sainte habitude de se tenir en sa présence, pour lui demander les grâces dont nous avons besoin à tout moment5?
  • pour le remercier de ses bienfaits (Quelles actions de grâces vous rendrai-je, Ô mon Dieu, pour tous les biens que j’ai reçus de vous6?)

 

Des remarques ou objections entendues :

 

  Je prie quand j’en ai besoin, dans le danger ou dans les épreuves. Cela me fait du bien.

  Dieu se sert des épreuves, en effet, pour obtenir de nous quelque attention mais ce serait ne lui donner que le rôle accordé par les païens à leurs dieux craints. Non notre Dieu, Lui, est un Dieu d’amour, il veut notre bien et il demande un amour réciproque. Nous sommes faits pour le ciel, pour partager de manière totale et définitive cette amitié réciproque quand nous sommes en état de grâces. La prière nous permet d’augmenter notre union avec Dieu. Il nous a déjà tant donné, ne sommes-nous capables que d’une prière de demande sans même le remercier ? Ce serait bien ingrat !

 

  Les prières sont des formules toutes faites, récitées distraitement, et bien souvent inutiles.

  Le curé d’Ars expliquait à ses paroissiens que « prier c’est parler à Dieu comme à une personne » ; est-ce à dire qu’il faut faire fi des formulations que l’on trouve dans notre Missel ? Non, bien sûr, il nous faut plutôt faire nôtres ces paroles et y adhérer de tout notre cœur ; c’est ainsi, en y portant une attention particulière et en adhérant à ces textes qu’ils atteindront vraiment leur but. Notre-Seigneur lui-même nous a enseigné le Notre Père, c’est la prière par excellence ; le Je vous Salue Marie est une prière inspirée par l’Ange Gabriel dans sa première partie. Les autres prières sont là pour nous apprendre à parler à Dieu.

« Les distractions involontaires n’empêchent pas l’union de la volonté à celle de Dieu, elles n’empêchent pas le fruit de la prière7

 

  Quand les enfants ont grandi, ils ont préféré prier seuls dans leur chambre ; nous avons donc supprimé la prière en famille ; il faut qu’ils se prennent en charge !

  Prière commune et prière individuelle ont toutes les deux leur place dans la vie du chrétien.

Saint Jean Chrysostome dit que le foyer chrétien est une « Église en miniature ». La famille réalise cette vocation si elle est « une maison dans laquelle Dieu est connu, servi, honoré de tous8.» C’est la famille en corps constitué qui prie son Père du Ciel : cette prière n’est pas la juxtaposition de prières individuelles, elle a un caractère « public ». Elle s’inscrit dans le service de Dieu, de la part de la famille. Si chacun fait sa prière de son côté (encore faut-il qu’elle ne soit pas oubliée…), le devoir de religion qu’a la famille envers Dieu (en tant que petite société qui dépend de Lui), n’est pas assumé.

 

  Je fais déjà ma prière du soir, du matin, je récite mon chapelet en voiture, le bénédicité… Que voulez-vous de plus ?

  La prière est l’acte par lequel nous voulons manifester notre intention de servir Dieu comme Il le voudra et de demander son secours pour y parvenir.

Elle doit donc féconder le reste de la journée en ravivant la ferveur nécessaire. Le problème n’est pas de réciter une certaine quantité de prières par jour ; ce que Dieu veut, c’est unir Son cœur au nôtre pour que nous ne fassions plus qu’un avec Lui. Cette union est très belle et transformera notre vie.

 

  Croyez-vous vraiment que Dieu nous demande de réciter une liste de prières chaque jour, comme font les musulmans ?

  Ce serait bien mal comprendre l’amour divin ! Dieu nous aime et veut que nous lui soyons unis par des liens d’amour réciproque ; nos prières doivent être comprises par notre intelligence et récitées avec tout notre cœur. Mais comment pourrons-nous lui rendre un millième de son amour, à lui qui a offert sa vie pour nous dans des douleurs inexprimables ?

 

  Je n’ai pas le temps !

  « Vouloir, c’est pouvoir ! » disait le Maréchal Foch. Il nous suffit de considérer les maux de notre temps pour comprendre qu’il y a urgence ! Puisque Notre-Dame elle-même l’a demandé à maintes reprises, serions-nous assez imprudents pour ne pas écouter ses conseils ? C’est le premier pas qui coûte : il suffit de mettre dans son emploi du temps ces petits instants réservés à rendre culte à notre Dieu : les prières quotidiennes, un petit quart d’heure au moment qui nous semble le plus approprié, la récitation du chapelet en famille. Trouvons des petits moyens pour nous en souvenir (réveil, montre à l’envers, etc…) En plus de la prière du matin et de celle du soir, cette habitude de passer quelques instants en union avec le Bon Dieu, nous mettra au diapason avec le Saint-Esprit ; les oraisons jaculatoires et les communions spirituelles nous aideront aussi à nous maintenir en présence de Dieu : notre journée sera ainsi vraiment celle du chrétien uni à Dieu de façon naturelle et toutes nos actions en seront sanctifiées.

 

Je n’éprouve rien et j’ai l’impression de perdre mon temps !

  Dieu nous a tout donné ; ne devons-nous pas lui manifester un peu de reconnaissance gratuitement. Sans attendre de ressentir un bien être ou d’entendre sa voix. Le Christ nous regarde, il suit nos efforts, il nous connaît comme ses enfants, il mesure nos douleurs et nos efforts. Sachons vivre les heures de sécheresse et les moments difficiles avec les yeux levés vers le regard divin qui nous parle de son amour pour nous. « Une once de prière dans la sécheresse vaut plus que cent livres de prière faite avec consolation et suavité9

 

Vous portez un scapulaire, une médaille et vous pensez que grâce à eux vous irez au ciel ! C’est un peu facile !

  Les saints sont nos intercesseurs dans le ciel. Ils sont nos protecteurs et si notre intention est pure et digne d’être présentée, ils portent nos prières jusqu’au trône divin. Quant à Notre-Dame, c’est la Mère de Jésus-Christ et le Christ l’aime de tout son cœur. Il ne peut rien lui refuser. Porter le scapulaire demande de répondre à une certaine dévotion qui par la grâce que Dieu a bien voulu accorder pour le bien des âmes, nous mènera jusqu’à Dieu.

 

Ma tante priait toute la journée et laissait ses enfants en guenille ; ça m’a dégouté de la prière.

  Dieu n’a jamais demandé que l’homme abandonne son devoir d’état pour le servir mais en revanche, il demande de faire notre devoir d’état en union avec lui. Ne suivons pas Luther qui voulait séparer le royaume temporel et le royaume céleste en affranchissant le temporel de Dieu. C’est là l’origine du laïcisme et de la fausse conception de la liberté religieuse. Celui qui fait son devoir d’état en union avec le Christ obéit à Saint Paul qui demandait de prier sans cesse.

 

Je prie beaucoup et je ne suis jamais exaucée. Je me sens abandonnée.

  « Demandez, et l’on vous donnera ; cherchez et vous trouverez ; frappez et l’on vous ouvrira. Car quiconque demande reçoit, qui cherche trouve, et l’on ouvrira à celui qui frappe10. » Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, vous demanderez ce que vous voudrez, et cela vous sera accordé11. » Il faut prier sans se lasser mais attention ! Dieu voit plus loin que nous ! Il sait ce qui nous est nécessaire et ce qui est bon pour les nôtres. Il accorde ce qu’il sait de meilleur et au meilleur moment mais ce n’est pas nécessairement ce que nous nous voulons.

Dieu, s’il est Tout-Puissant sait bien ce qu’il me faut !

  La prière n’est pas faite seulement pour demander des dons, c’est une conversation avec Dieu dans le silence de notre cœur.

 

Notre maison n’est pas un couvent ! Avec la prière du matin, du soir, les prières avant les repas, le chapelet, on va saturer les enfants !

  « De telles pratiques de dévotion ne reviennent point à transformer la maison en église ou en oratoire : ces exercices ne sont que les mouvements sacrés d’âmes qui ont pris conscience de la force et de la vie de la foi. Dans la vieille Rome païenne elle-même, la demeure familiale avait son petit sanctuaire avec un autel dédié aux dieux lares ; on les ornait de guirlandes de fleurs, spécialement aux jours de fêtes ; on y offrait des sacrifices avec des supplications. C’était un culte entaché de l’erreur polythéiste ; mais cette dévotion devrait faire rougir de honte beaucoup de chrétiens, qui, le baptême au front, ne trouvent ni une place dans leurs chambres pour l’image du vrai Dieu, ni dans les vingt-quatre heures de la journée le temps de rendre au Christ l’hommage collectif de la famille12. »

 

  Accordez-nous, Seigneur, cet amour pur et fort qui ne cherche que vous dans une continuelle et généreuse adhésion à votre sainte volonté ! Nous aimerons Dieu dans la mesure où nous nous appliquerons à faire ce qu’Il veut et nous trouverons alors la paix et la sérénité nécessaires pour affronter les difficultés.

 

Marguerite-Marie