Antiparasitaires (suite)

Pour terminer le cycle des antiparasitaires, après avoir envisagé les produits pharmaceutiques vendus dans le commerce, puis les substances naturelles comme l’Origan et l’Ail, il nous reste à envisager deux plantes dont les propriétés antiparasitaires sont connues : il s’agit du Brou de noix et de l’Artemisia.

Le Brou de Noix

C’est l’enveloppe charnue qui entoure la noix. Elle a longtemps été utilisée pour ses propriétés tinctoriales mais elle s’utilise aussi en phytothérapie.

La substance, extraite du noyer noir, contient de grandes quantités d’un composé cytologique appelé Juglone. Les recherches sur la Juglone ont montré un vrai potentiel pour combattre les infections causées par le Staphylocoque aureus, le Bacillus subtilus, le Pénicillium sp, l’Aspergillum sp et l’Escherichia Coli.

Il agit de plus comme un laxatif doux facilitant l’élimination des déchets qui s’accumuleraient dans le tube digestif. De plus, c’est un composant utilisé pour le nettoyage du foie et de la vésicule biliaire (cure du Dr Clark).

Posologie : prendre une cuillère à café dans un verre d’eau deux à trois fois par jour pendant deux à trois jours.

Précautions d’emploi :

La teinture végétale de Brou de Noix est déconseillée dans les cas suivants :

Grossesse et allaitement : déconseillé aux femmes enceintes ou allaitantes.

Enfants : déconseillé aux enfants de moins de 12 ans.

Allergies : peut provoquer des réactions allergiques chez certaines personnes, notamment par contact cutané (la juglone peut être irritante).

Irritation digestive : à forte dose ou chez des personnes sensibles, son action astringente peut entraîner des irritations digestives ou de la constipation.

Interaction médicamenteuse : bien que non toujours listées, la prudence est de mise, notamment pour les traitements des troubles métaboliques (diabète, cholestérol) ou les traitements anticoagulants en raison de la présence de tanins.

Usage prolongé : l’usage au long cours de fortes doses doit être évité en raison de la présence de juglone qui pourrait avoir des effets tissulaires et cellulaires à long terme.

Consultation médicale : comme pour toute plante médicinale puissante, il est fortement recommandé de consulter un professionnel de santé (médecin, pharmacien, phytothérapeute) avant d’entreprendre une cure, surtout en cas de problèmes de santé préexistants ou de prise d’autres médicaments. Les informations fournies ici sont à titre indicatif et ne remplacent en aucun cas un avis médical.

L’Artemisia Annua

Encore appelée absinthe douce ou absinthe chinoise. L’armoise annuelle ou absinthe chinoise, est une espèce de plantes dicotylédones de la famille des Asteraceae, sous-famille des Asteroideae. Ce sont des plantes herbacées annuelles, originaires d’Eurasie et d’Afrique du Nord ; l’espèce a été introduite en Europe et en Amérique.

L’Armoise annuelle contient plusieurs substances actives, notamment l’artémisinine, à des teneurs qui varient fortement selon la provenance de la plante. Utilisée en médecine traditionnelle chinoise pour lutter contre les fièvres, elle est présente dans sa pharmacopée depuis plus de 2 000 ans, généralement associée avec d’autres plantes, et les Chinois l’utilisent à raison de 5 grammes de plante séchée pour un litre d’eau.

C’est une plante au goût amer et aux propriétés qui tuent les parasites et en particulier l’un des plus mortels : le Plasmodium Falciparum responsable du Paludisme. Mais elle est aussi connue pour ses propriétés antiparasitaires et antioxydantes. Il faut savoir que le prix Nobel de physiologie ou de médecine a été attribué en 2015 à trois scientifiques pour récompenser la découverte de l’artémisinine et de l’ivermectine (Youyou Tu ; William C. Campbell ; Satoshi Omura). Cependant, si elle fait partie de la pharmacopée orientale, il faut savoir qu’elle n’est pas autorisée en France pour des usages de santé.

Voilà donc pour ce petit tour d’horizon des antiparasitaires naturels que l’on trouve un peu partout dans le monde. Il en existe d’autres que nous mentionnerons brièvement dans cet aperçu, telles que la Stémona Sessifolia en pharmacopée chinoise ou le Neem, plante ayurvédique aux nombreux bienfaits, mais cette liste n’est pas exhaustive.

Dr Rémy

Mais pourquoi donc se couvrir la tête à la messe ?

Ma chère Bertille,

Un grand merci pour ta dernière lettre qui m’a fait bien plaisir ! Je prends enfin le temps de t’écrire à mon tour et répondre à l’une de tes questions : pourquoi donc se couvrir la tête à la messe ? Est-ce si important ? Oui, beaucoup de tes amies, me dis-tu, ne le font pas et ce n’est pas drôle de se distinguer d’elles… ça fait « coincée » ! Tout d’abord, je te félicite de poser ces questions. Il est important de savoir pourquoi on agit de telle ou telle manière afin de ne pas abandonner les bonnes habitudes sans réfléchir pour faire « comme tout le monde ».

Une règle de l’Eglise

Mais alors, pourquoi se couvrir la tête ? Peut-être le sais-tu vaguement : il s’agit d’une prescription du Droit Canon. Le droit canon est un peu comme le code de la route de l’Eglise. Le code de la route indique les règles à respecter en voiture et comment doit se comporter le conducteur, les piétons et tous ceux qui empruntent la route. De même, il existe pour l’Eglise un recueil de règles à respecter : c’est le Droit Canon. Il indique quels sont les jours de jeûne, de fête, comment construire des églises, comment on doit baptiser, confirmer, etc. Et il précise aussi comment les fidèles doivent se tenir dans l’église : « Quand ils assistent aux fonctions sacrées, spécialement à la messe, soit à l’église, soit au dehors (donc même aux processions, aux messes en plein air du pèlerinage de Chartres, ou en camps d’été…), les hommes doivent être tête nue, à moins que des circonstances contraires (par exemple la maladie) ou que les usages particuliers (par exemple les règlements militaires) n’exigent qu’ils restent couverts ; quant aux femmes, elles doivent avoir la tête couverte et être vêtues modestement, surtout quand elles s’approchent de la sainte table1.»

Et pourquoi l’Eglise a-t-elle institué cela ? Pour faire suite à une demande de l’apôtre saint Paul : « Tout homme qui prie en ayant la tête couverte se déshonore ; et toute femme qui prie sans avoir la tête couverte se déshonore2.»

C’est donc d’abord pour obéir à une demande de l’Eglise que nous devons nous couvrir la tête. Mantille, foulard, chapeau ou béret, qu’importe tant que les cheveux sont couverts. Or, obéir demande souvent un petit effort et on trouve facilement mille raisons pour éviter ce renoncement.

Quelques objections…

C’est un détail. Certes, comme dans le code de la route attacher sa ceinture est un détail… Mais ne pas le faire peut avoir de lourdes conséquences ! N’est-ce pas d’ailleurs dans les petites choses que se prouve notre fidélité à Dieu, surtout quand ces « détails » nous coûtent ?

C’était une prescription valable au temps de saint Paul et périmée aujourd’hui. Si l’Eglise n’a pas supprimé cette règle, c’est qu’elle est toujours valable : elle a changé ce qui était lié à des coutumes particulières ou propres à une époque. Au début de l’Eglise, par exemple, la consommation de viandes étouffées était interdite3 pour faire la transition avec le judaïsme. Puis, cette interdiction a été levée.

Tu remarqueras aussi que, quelque soit l’époque la Sainte Vierge est toujours apparue tête couverte. Et pourtant, elle adaptait ses vêtements aux coutumes des pays, comme le montre l’apparition de Notre-Dame de Guadalupe.

Je suis moche avec quelque chose sur la tête : vraiment ? Un vêtement n’a jamais enlaidi personne s’il est porté avec élégance et ajusté… A moins que l’on soit déjà affreuse et « irrécupérable », ce qui, je te rassure, ma chère Bertille, n’est pas ton cas ! Sinon, porterait-on des chapeaux pour les grandes occasions ? Et puis, la messe n’est pas un concours de beauté, ni un défilé de mode. L’objectif est d’honorer Dieu, et respecter ses prescriptions est un moyen de Lui rendre hommage.

Je le ferai plus tard, car c’est exigé surtout pour les dames ! Plus les habitudes se prennent tôt, plus il est facile de les garder sans effort ! Attend-on d’être adulte pour apprendre à manger proprement ?

On pourrait trouver encore d’autres objections pour s’épargner l’effort d’obéir… Et pourtant, il est si profitable de suivre les préceptes de l’Eglise ! N’est-elle pas une mère, qui sait ce qui est bon pour ses enfants ?

Une aide pour ta vie spirituelle et un apostolat

Porter un voile sur ta tête pendant la messe va t’aider à te recueillir : c’est un signe extérieur qui montre que l’on sort du quotidien, que tu participes à quelque chose d’important car en dehors de la messe, as-tu l’habitude de te couvrir les cheveux ? Tout comme l’uniforme aide le militaire ou la blouse l’infirmière à entrer dans l’esprit de son métier.

De plus, tu aideras les autres à se recueillir. Tu aimes à soigner ta coiffure, comme beaucoup. Aussi, cacher tes cheveux permettra à ceux qui participent à la cérémonie de n’être pas distraits par la manière dont tu t’es coiffée. Leurs regards seront ainsi tournés plus facilement vers l’essentiel.

Se couvrir la tête, c’est aussi une forme d’apostolat : tu manifestes publiquement ta soumission aux demandes de l’Eglise, tu fais preuve d’humilité et de modestie. Le voile, avec ta jolie tenue du dimanche (car il ne serait pas très cohérent de couvrir ses cheveux si tes vêtements ne sont pas décents !) sont un témoignage de foi : celui qui « s’endimanche » montre par ses habits que ce jour n’est pas comme les autres. Par sa tenue, plus soignée qu’à l’ordinaire, il veut honorer Dieu.

Courage, ma chère Bertille, car il en faut un peu pour vaincre le respect humain et porter un voile quand tes amies ne le font pas ! Je te conseille donc de choisir une jolie mantille ou un joli chapeau que tu seras contente de porter le dimanche et ton exemple entraînera sans doute les autres… Car on ignore souvent l’influence qu’on peut avoir, mais elle est pourtant bien réelle !

Avec toute mon affection,

Anne

1 Canon 1262, §2

2 1 Co, XI, 4

3 Concile de Jérusalem, acte des apôtres, XV

Autorité dans le mariage

Rétablir dans la famille la hiérarchie indispensable aussi bien à son unité qu’à son bonheur, rétablir l’amour conjugal dans sa première et authentique grandeur, ce fut une des grandes entreprises du Christianisme, depuis le jour où le Christ proclama à la face des pharisiens et du peuple : « Que l’homme ne sépare donc pas ce que Dieu a uni. » (Mt 19;6)

Voici l’essentiel de la hiérarchie naturelle dans la famille, telle que l’exige l’unité du mariage et telle que la Providence l’a marquée par des qualités spéciales, différentes et complémentaires dont elle a doté l’homme et la femme : « Ni l’homme n’est dans le Seigneur sans la femme, ni la femme sans l’homme », écrit saint Paul.

A l’homme la primauté dans l’unité, la vigueur corporelle, les dons nécessaires au travail qui assurera l’entretien de sa famille ; c’est à lui qu’il a été dit : « C’est à la sueur de ton visage que tu mangeras du pain. » (Gen 3 ;19)

A la femme, Dieu a réservé les douleurs de l’enfantement, les joies et les peines de la première éducation de l’enfant, pour qui les meilleurs soins de personnes étrangères ne vaudront jamais les affectueuses sollicitudes de l’amour maternel.

Tout en maintenant cette dépendance de la femme à l’égard de son mari, « Le Christ, dans sa divine union avec l’Église, a montré comment l’autorité du chef et la sujétion de l’épouse peuvent, sans se diminuer, se transfigurer dans la force de l’amour, d’un amour qui imite celui dont il s’unit à son Église ; il a montré que la constance de son commandement et la docilité respectueuse dans l’obéissance peuvent et doivent, dans un amour sincère et mutuel, s’élever jusqu’à l’oubli et au don généreux de soi-même1. » Sentiments qui, eux aussi, contribuent à faire naître et à consolider la paix domestique, laquelle est le fruit à la fois de l’ordre et de l’affection, « union harmonieuse du commandement et de l’obéissance de personnes qui vivent ensemble » insiste saint Augustin.

Maris, vous avez été investis de l’autorité. Dans vos foyers, chacun de vous est le chef, avec tous les devoirs et les responsabilités que comporte ce titre. N’hésitez donc pas à exercer cette autorité ; ne vous soustrayez pas à ces devoirs, ne fuyez pas ces responsabilités. Que l’indolence, l’insouciance, l’égoïsme et les passe-temps ne vous fassent pas abandonner ce poste2.

Envers la femme que vous avez choisie pour compagne de votre vie, quelle délicatesse, quel respect, quelle affection votre autorité ne devra-t-elle pas témoigner et pratiquer en toutes circonstances, joyeuses ou tristes ! « Que vos ordres, ajoute saint Augustin, aient la douceur du conseil et l’obéissance tirera du conseil courage et réconfort. Au foyer du chrétien, qui vit de la foi et se sait pèlerin qui marche vers la cité céleste, ceux-là même qui commandent sont les serviteurs de ceux à qui ils paraissent commander ; ils commandent non pour dominer, mais pour conseiller, non par orgueil qui veut prévaloir, mais par la bonté qui veut pouvoir. »

Et vous, épouses, élevez vos coeurs ! Ne vous contentez pas d’accepter et presque de subir l’autorité de votre époux, à qui Dieu vous a soumise par les dispositions de la nature et de la grâce. Dans votre sincère soumission, vous devez aimer l’autorité de votre mari, l’aimer avec l’amour respectueux que vous portez à l’autorité même de Notre-Seigneur, de qui descend tout pouvoir de chef. Nous savons bien que votre ombrageuse sensibilité de jeunes femmes modernes ne se pliera peut-être pas sans difficulté à la sujétion de votre foyer domestique. Nombre de « sirènes » vous représenteront cette sujétion comme quelque chose d’injuste, vous suggéreront une indépendance plus fière, vous répèteront que vous êtes en toutes choses égales à vos maris et que sous bien des aspects vous leur êtes supérieures… Prenez garde à ces mensonges, ne devenez pas d’autres Eve. Gardez plutôt l’indépendance d’une âme vraiment chrétienne.

Quand vous vous trouvez en face d’une demande qui va contre les préceptes de la loi divine, contre vos devoirs de chrétienne, d’épouse et de mère, défendez avec respect, avec calme, avec affection sans doute, mais avec une inébranlable fermeté, la sainte et inaliénable indépendance de votre conscience. Il se rencontre, dans la vie, des jours où sonne l’heure d’un héroïsme, ou d’une victoire, qui ont les anges et Dieu pour seuls et invisibles témoins³.

Sachez aussi prendre le temps d’écouter les soucis de votre mari, de partager les vôtres, et de proposer ce qui vous semble souhaitable pour le bien commun de votre ménage, de la famille ou de tel enfant. Vous avez un devoir de conseil afin que les décisions soient prises avec les meilleurs éléments possibles.

Par ailleurs lorsqu’on vous demande le sacrifice d’une fantaisie, ou d’une préférence quelconque, soyez heureuses : vous gagnez chaque jour davantage, en retour de légers sacrifices, le coeur qui s’est donné à vous, car vous étendez et consolidez sans cesse l’intime union de pensée, de sentiments et de volonté qui seule vous rendra facile et douce la mission que vous avez auprès de vos enfants, tandis qu’elle est compromise par le moindre défaut de concorde.

Comment le Christ aime-t-il son Eglise ?

L’autorité, comme la soumission ont été créées bonnes par Dieu. Par le péché, Adam et Eve ont entraîné l’humanité dans un désordre qui a détruit l’harmonie du mariage. Par conséquent l’homme et la femme ne vivent plus selon les dispositions voulues par Dieu. La direction humble et aimable de l’époux tend à être remplacée par la domination ou la passivité, quand la soumission de l’épouse tend vers l’usurpation ou la servilité. C’est le fruit du péché.

Mais Dieu a envoyé son propre Fils mourir sur la croix pour réparer cette relation à Dieu que nous avons brisée. Cette oeuvre rédemptrice nous replace sous l’autorité de sa Royauté. C’est alors qu’en vivant sous l’autorité de Dieu, en obéissant à ses commandements, et par sa grâce, nous pouvons restaurer progressivement ce que Dieu a créé pour nous.

Si l’époux cherche à ressembler à Notre-Seigneur Jésus-Christ en toutes choses dans son foyer, l’épouse aura confiance en lui et cherchera à le soutenir en adhérant à sa conduite, reflétant alors l’Eglise soumise à l’autorité du Christ. Car l’autorité et la soumission sont toutes deux bonnes et volontaires ; elles sont complémentaires et se magnifient l’une l’autre « comme le Christ aime son Eglise ».

Sophie de Lédinghen

1 -2-3 Père N. Barbara, Catéchèse Catholique

Un peuple debout

Rappelez-vous le pèlerinage de Chartres ! C’était à la fin du mois de mai.

Les pieds sont durs comme du bois. Chaque pas s’accompagne de douleurs, comme des petits poignards, qui lancent dans les chevilles. Mais le coeur est léger. La peau chauffe, sous le talon, sur le bas du dos avec les frottements du sac, en haut des cuisses, parfois jusqu’au sang. Mais les yeux brillent de joie. Certains ont des ongles incarnés, des ampoules gigantesques, la tête lourde, sont écrasés par la chaleur qui pèse sur les épaules. La fatigue tire sur tous les muscles. Mais un sourire éclaire le visage. Les articulations font mal, les genoux souffrent, les tendons sont rigides… mais un pas après l’autre, rien n’arrête le pèlerin. Certains n’arrivent à dormir que quelques heures, trop peu pour reposer son homme. Mais le matin, dès 5h00, ils se lèvent de bon coeur.

Les traits tirés, les pieds poudreux, le coeur en fête… Qui sont ces gens, un peu fous, il faut bien le dire, qui viennent marcher 40 km par jour, pendant trois jours, sous un soleil de plomb qui fait la une des journaux ? Il y a ces enfants, venus en famille, frères et soeurs, cousins et cousines, avec des amis, qui sont tout à la joie des grandes retrouvailles et goûtent au bonheur de l’effort en se serrant les coudes avec leur prochain. Quoi, monter dans le « ramasse mauviette » ? « Tant que mes jambes bougent, je continue. » Il y a ces adolescents, qui après une communion, décident dans le fond de leur coeur de se donner un jour à Dieu, tout entier. Ils sont comme une fleur que le printemps ouvre et que le promeneur cueille. Car Dieu aime se promener parmi les pèlerins, dans leur chapitre, la nuit entre leurs tentes, à côté d’eux pendant la messe. Dieu est parmi ses amis. Il y a aussi ces mères de familles, courageuses, ces jeunes filles, certaines aussi épaisses que leur sac à dos, qui abattent les kilomètres en serrant les dents, ayant à l’esprit une intention précise. Oui, elles obtiendront la conversion de cette âme. Dieu écoute les prières offertes dans la pénitence. Et puis il y a ces hommes, nombreux, célibataires pour certains, ou pères de famille, jeunes et vieux. Ils ont tous les métiers du monde, ils viennent de toutes les régions, de beaucoup de pays. Ils sont ici tous frères, rassemblés par un même Père. La paix, la fidélité, l’honneur, guident leur pas. Partout dans le monde, le vice et la guerre étendent leur règne. Mais ici, sur les chemins de Chartres, c’est le même élan que celui de jadis qui guidait les pèlerins vers les sanctuaires, les Croisés vers Jérusalem et les bâtisseurs des cathédrales vers le Ciel.

Les pèlerins marchent en chapitre. Le pèlerinage n’est pas une somme d’individus agglomérés qui avance vers le sanctuaire, chacun dans son coin. Non, ce sont des personnes, venues en famille souvent, organisées en chapitre, en province. Dieu veut que les sociétés humaines soient organisées, hiérarchisées, avec des chefs. Des chefs chrétiens. Ainsi, Dieu veut des chefs de chapitre, des pasteurs, des pères de famille, des chefs d’entreprise, des sous-officiers et des officiers, des cadres, des professeurs. Quel est le rôle de tous ces chefs ? C’est tout simple : mener les hommes vers Dieu, à la place qui est la leur. Quand, à la fin de la pause, une voix dans le mégaphone annonce le départ dans 2 minutes, alors que les jambes sont encore lourdes, que la tendinite arrache une grimace au moindre mouvement, que la fatigue semble écraser tout le corps, que toute motivation semble s’être envolée, le chef de chapitre vient encourager ses pèlerins. Il rappelle pourquoi nous sommes ici, il rappelle les intentions qui guident nos pas, les grâces qui inondent le chemin du pèlerin. Alors le miracle opère : l’armée des éclopés se lève, le coeur vaillant. Puis, tout à l’heure, dans la côte, certains pleureront, d’autres serreront les dents. Mais tous auront le coeur en fête, car chacun de leur pas est comme une fleur offerte à Dieu, un élan de Charité, un torrent de grâce. « Venez Esprit Saint, remplissez le coeur de vos fidèles, et il se fera une Création nouvelle. » C’est cette création nouvelle qui fleurit dans le coeur du pèlerin et lui donne une joie véritable dans le sacrifice. Mais sans un chef de chapitre dévoué, enthousiaste, débordant d’énergie et de courage, combien de pèlerins seraient encore là, à conquérir le coeur de Dieu ?

Le père de famille est comme un chef de chapitre. Avec sa femme et ses enfants, il pèlerine sur cette terre. Le pèlerinage est simplement plus long. Quand, parfois, la fatigue écrase les siens, quand le découragement devient trop fort, dans le travail ou le devoir d’état, quand la prière s’étiole faute de ferveur, quand les épreuves, matérielles ou médicales, s’enchaînent, venant bousculer l’âme, quand l’espérance semble avoir disparu, quand la nuit de la vie terrestre devient trop noire, il faut un guide pour retrouver la lumière. C’est au père de famille d’y veiller ! S’il vient chercher secours dans la prière, Dieu lui donnera les mots pour redonner du courage aux siens, pour encourager, pour secouer s’il faut. Alors, le petit chapitre se relèvera avec courage, trouvant la joie dans l’effort, se serrant les coudes les uns les autres. En avant petite troupe, soldats du Christ, témoins de la Foi, étendards de l’Espérance, hérauts de la Charité, Enfants de Dieu : vous êtes invincibles car Dieu a vaincu le péché et la mort !

Quand les pèlerins, chapitre après chapitre, se lèvent après la pause, bien qu’ils soient tous boiteux, courbaturés ou éclopés, ils dégagent une force immense. Le passant reste souvent là, impressionné, à regarder ces drôles de gens. Sans savoir le dire, il sait que ce qu’il voit est extraordinaire. En fait, c’est surnaturel. Ce qu’il voit, c’est une armée qui se lève, un peuple debout, des prêtres, des religieuses et des religieux, des hommes, des femmes, des enfants, beaucoup d’enfants : ils sont catholiques, ils sont en marche et rien ne peut les arrêter. « Marchez les Gueux ! » Cette force qu’ils dégagent, c’est la grâce de Dieu qui les anime et qui inonde le monde. « Marchez les Gueux ! » Dieu brisera vos ennemis et aplanira les montagnes sous vos pas. A la fin, Dieu vous ouvrira les portes du Paradis. Vous entrerez dans sa gloire, sous les vivats des anges et des élus, dans le lieu de la joie, de la paix et de la consolation éternelle. Votre coeur sera totalement rempli de la Charité.

L’oeuvre du Salut durera tant que Dieu trouvera des pèlerins parmi les hommes, peuple debout !

Louis d’Henriques

Actualités culturelles

  • Alexandrie (Egypte)
    Destiné à subir quelques aménagements urbains, le quartier de Moharam Bek, à Alexandrie, a fait l’objet d’une campagne d’archéologie préventive. Celle-ci a été plus que fructueuse puisque les archéologues ont mis au jour des structures antiques majeures permettant de documenter un secteur méconnu de l’ancienne Alexandrie. Les recherches ont d’abord dévoilé la présence de bains publics de type tholoi (c’est-à-dire circulaires), caractéristiques de la fin de la période ptolémaïque (323-30 av. J.-C.) ; apparu en Grèce au Ve siècle av. J.C., ce type d’équipement balnéaire est introduit en Egypte dès le IIIe siècle av. J.C. Une autre découverte considérable est celle de vestiges d’une villa romaine dallée de sols en mosaïques ; réalisées selon différentes techniques, celles-ci mettent en lumière le niveau de vie sophistiqué des habitants de cette période. Un petit bassin de baignade était directement relié à la villa par des infrastructures de plomberie avancées ; il comportait un système intégré de gestion de l’eau. On peut également ajouter la découverte de plusieurs statues en marbre de divinités gréco-romaines ainsi que divers objets, parmi lesquels des accessoires liés au commerce. L’ensemble de ces découvertes permet de mieux comprendre l’évolution urbaine de la ville sur une longue période chronologique.
  • Annequin (France, Pas-de-Calais)
    Partiellement détruite au cours de la Première Guerre mondiale, l’église Saint-Martin d’Annequin, près de Béthune, fut reconstruite en briques entre 1923 et 1925, dans un style néo-gothique. Un siècle plus tard, en 2025, la commune engagea des travaux de rénovation du monument. Une dizaine de jeunes, employés par une association à vocation d’insertion, furent donc envoyés sur le chantier ; leur mission : gratter les couches de peinture blanche ajoutées récemment sur les murs de l’édifice. C’est alors qu’est apparue, cachée sous plusieurs épaisseurs, une splendide fresque Art déco, ce style propre aux années 1920, qui donne une place majeure à l’ornementation et se caractérise par l’élégance et la préciosité. On peut y contempler la Vierge Marie entourée d’un soleil resplendissant et accompagnée par onze anges. Des tétramorphes – représentations ailées des Apôtres – ont également été retrouvés, et la fresque semble s’étendre sur d’autres parties de l’église ; des recherches supplémentaires sont donc prévues avec, cette fois, l’aide de restaurateurs spécialisés.
  • Fort Boyard (France, Charente-Maritime)
    Depuis l’été 2025, le département de la Charente-Maritime a amorcé les travaux de rénovation du célèbre Fort-Boyard, menacé de ruines depuis plusieurs années déjà. L’édifice, inscrit aux Monuments Historiques en 1950, a été construit entre 1803 et 1866 sur ordre du premier consul Napoléon Bonaparte en vue de défendre l’arsenal de Rochefort. Transformé en prison puis abandonné jusqu’à ce que l’émission TV éponyme lui redonne ses lettres de cachet, le Fort Boyard a été racheté par le département en 1989. Néanmoins, l’assaut continuel des flots ainsi que les tempêtes ont fragilisé la construction. C’est pour cette raison qu’a été lancé l’ambitieux projet de sauvegarde destiné à restaurer et protéger – sur le long terme – le bâtiment tout en lui redonnant son aspect d’origine. Il est donc prévu de restituer le havre d’accostage au sud-est (été 2026) ainsi que l’éperon nord-ouest (été 2027) ; à cela s’ajoutera la réfection d’un talus pour entourer l’ouvrage. De profondes cavités dues à l’érosion ont déjà été comblées et les fondations consolidées. Le chantier a révélé quelques surprises archéologiques telles que la découverte d’un morceau de canon datant de la construction ainsi que celle d’un anneau d’amarrage en fonte qui sera repositionné sur le havre. Les travaux amorcés en 2025 devraient se poursuivre jusqu’en 2028, date à laquelle le fort devrait ouvrir pour la première fois au public.