Le sourire

Il est un bon moyen de se créer une âme amicale : le sourire. Tu veux faire à un camarade une critique que tu juges nécessaire, lui donner un conseil que tu crois utile : critique, conseil, chose dure à avaler ? Souris, compense la dureté des mots par l’affection de ton regard, le rire de tes lèvres, par toute ta physionomie joyeuse et ta critique, ton conseil porteront mieux parce qu’ils n’auront pas blessé.
Guy de Larigaudie

« Bien vivre n’est rien d’autre qu’aimer Dieu de tout son coeur, de toute son âme, de tout son esprit, » et comment aimer Dieu si nous ne le connaissons pas ? Aimer Dieu ! Vaste programme ! Et l’aimerons-nous jamais assez ?

La maman pourra lire ou simplement s’inspirer de ces pensées pour entretenir un dialogue avec ses enfants ; elle l’adaptera à l’âge de chacun mais y trouvera l’inspiration nécessaire pour rendre la présence de Dieu réelle dans le quotidien matériel et froid qui nous entoure. Elle apprendra ainsi à ses enfants, petit à petit, à méditer ; point n’est besoin pour cela de développer tous les points de ce texte si un seul nourrit l’âme de l’enfant lors de ce moment privilégié. Ainsi, quand les difficultés surgiront, que les épreuves inévitables surviendront, chacun aura acquis l’habitude de retrouver au fond de son coeur Celui qui ne déçoit jamais !

C’est pour mieux vous aimer, ô mon Dieu, que je viens m’agenouiller quelques instants et me recueillir en votre présence, car je sais que Vous êtes ici, en moi. Par cette méditation, je vous demande la grâce de saisir toutes les occasions de vous montrer que je vous aime, et de grandir dans votre amour.

Composition de lieu

« Celui qui a mes commandements et les garde, c’est celui-là qui m’aime. Or, celui qui m’aime sera aimé de mon Père, et moi je l’aimerai, et je me manifesterai à lui. » (Jean ; XIV, 21)

Je me vois, petit enfant, dans les bras de mes parents : j’y suis bien, j’entends maman me souffler quelques mots doux, papa s’arrêter un instant de travailler pour me bercer ou m’amuser avec un petit jeu… Je suis aimé.

Corps de la méditation

Il y a mille manières de montrer à ceux qui nous entourent comme on les aime, et cela s’adresse aussi au Bon Dieu et à ses saints.

Le premier moyen, et le plus facile, c’est de le dire : ô mon Jésus, Sainte Vierge, je vous aime ! Je vous donne mon coeur ! Ces mots d’amour peuvent venir naturellement de mon coeur, ou bien se répéter dans des prières que j’ai apprises. Mais je les redis avec amour car je sais qu’elles plaisent à ceux à qui nous les adressons. Pourquoi répéter cinquante fois au chapelet des Ave Maria ? Cela n’aurait pas de sens si je n’étais pas convaincu que la Sainte Vierge aime à m’entendre redire sans fin la salutation de l’ange ! Papa et maman ne se disent-ils pas cent fois par jour « je t’aime » ?

Quand papa ou maman s’arrêtent un moment dans leur journée pour passer un peu de temps avec moi, comme je suis heureux ! Et s’ils pouvaient passer toute leur journée près de moi, je serais aux anges ! Il en est de même pour le Bon Dieu ! Il aime le temps que je lui offre matin et soir lors de la prière en famille, avant et après les repas, celui du chapelet où je tiens compagnie à sa maman, mais aussi ces quelques instants de méditation et de lecture pieuse, ou encore une brève visite à l’église. Et par-dessus tout, quel plus beau moment que le Saint Sacrifice la Messe ! Et plus je pense au Bon Dieu dans ma journée, plus je tâche d’unir ma vie à la sienne et de vivre en sa présence, plus je lui montre que je l’aime. Il ne s’agit pas de prier mains jointes et à genoux toute la journée, mais plutôt de me rappeler qu’un hôte divin habite mon âme en permanence par la grâce sanctifiante, et de vouloir profiter à chaque instant de sa présence en moi.

S’il y a bien quelque chose qui me prouve que l’on m’aime, c’est quand on m’offre des cadeaux ! A ce moment-là mes yeux brillent, mon sourire s’épanouit et je découvre avec ravissement la délicate attention de celui qui me gâte ! Avec Jésus, il en est de même : comme il aime les petits sacrifices et mortifications que je lui offre au cours de mes journées ! Choisies ou non, si elles sont données avec tout mon coeur, elles plaisent toutes au Bon Dieu. Il y a des dates toutes particulières où je m’attends à en recevoir, comme le jour de Noël ou celui de mon anniversaire… De même, le Bon Dieu aime, aux temps de l’Avent et du Carême, à recevoir mes petits présents, mais suis-je obligé d’attendre ces moments-là pour chercher à faire plaisir et offrir de menus plaisirs à Celui que j’aime ? Chaque jour est une fête pour moi, puisque le Roi du Ciel est dans mon coeur !

Rendre service ! Quelle joie dans les yeux de maman quand je vide le lave-vaisselle ou que je débarrasse joyeusement la table du déjeuner ! Quand j’aime, je cherche à faire plaisir, et c’est une bonne chose : mon coeur doit faire preuve de générosité et non d’égoïsme. Dans la vie spirituelle, il en est de même : je peux entraîner les autres à faire plaisir à Notre-Seigneur, et amener au Bon Dieu les âmes par mon exemple. Les oeuvres de miséricorde spirituelles et corporelles sont autant de moyens de servir le Bon Dieu. Si je ne peux les pratiquer toutes, il y en a certainement qui sont à ma portée d’enfant ! Prier pour les malades ou m’en occuper, supporter les personnes ennuyeuses…

Le témoignage d’amour que Jésus préfère, c’est le baiser de mon âme qui s’unit à la sienne dans la Sainte Eucharistie ! Dès le berceau, j’ai recherché le contact avec mes parents, je m’apaisais dans leur bras et j’étais consolé par leur câlins tendres et rassurants. Jésus désire d’un amour ardent cet étreinte intime avec moi, et c’est pour cela qu’il s’est fait si petit dans l’hostie, pour se rendre accessible à tous. C’est lui qui vient en moi, mais c’est moi qui me blottis en lui, je viens chercher dans son amour toute la force dont j’ai besoin pour avancer sur le chemin du Ciel ! C’est vous, Jésus, la nourriture de mon âme, et mon unique besoin ! Chassez de moi toute affection qui ne serait pas de vous ou pour vous, que rien ne me plaise que de chercher à vous aimer toujours plus, et à commencer ici-bas mon Ciel en vivant constamment en votre présence. Prolongez mes communions sacramentelles par l’habitude quotidienne des communions spirituelles, et si je n’ai pas encore eu la grâce de faire ma première communion, préparez-moi par cette belle habitude à ce grand moment de ma vie.

Colloque

O mon Dieu, mon Père, laissez-moi vous remercier pour l’Amour infini que votre Sainte Trinité porte à chacune de ses créatures, et à moi en particulier. Je vous remercie de nous avoir tellement aimés que vous avez voulu nous offrir la meilleure des mères, et à chacun d’entre nous un ange gardien. Merci pour Jésus hostie, à mon tour de vous rendre, avec votre grâce, amour pour Amour ! Je voudrais terminer cette méditation par cette belle prière de saint François-Xavier :

« Mon Dieu, je vous aime ! Ce n’est pas pour le ciel que je vous aime, ni parce que ceux qui ne vous aiment pas, vous les punissez du feu éternel. A la croix, mon Jésus, vous m’avez pressé sur votre coeur. Vous avez enduré les clous, le coup de lance, le comble de la honte, les douleurs sans nombre, la sueur et l’angoisse, la mort… Tout cela pour moi, à ma place, pour mes péchés. Alors, ô Jésus très aimant, pourquoi donc ne pas vous aimer d’un amour désintéressé, oubliant le ciel et l’enfer, non pour être récompensé, mais simplement comme vous m’avez aimé ? C’est ainsi que je vous aime, ainsi que je vous aimerai : uniquement parce que vous êtes mon roi, uniquement parce que vous êtes mon Dieu. Ainsi soit-il. »

Germaine Thionville

Chefs

C omment être un vrai chef si l’on n’en acquiert pas les qualités de prudence, de discernement, de conseil, d’empathie, de force, et de sagesse dans les décisions ?
Un chef authentique ne peut exercer son autorité sans, au préalable, avoir décidé d’être le chef de sa propre « maison », de son intérieur, à savoir de son caractère et de sa personnalité. Et c’est ce qui est le plus difficile. Les plus grands généraux le disent eux-mêmes : c’est le travail sur soi qui est le plus ardu. Il est des batailles intérieures qui sont plus difficiles à remporter que les grandes victoires des plus grands stratèges.
Et, grâce à Dieu, la sagesse de la loi naturelle, renforcée par les préceptes divins, sont d’un grand secours dans ce combat fondamental et quotidien qui incite chacun, à sa mesure, à être d’abord le chef de lui-même, avant de se voir confier d’autres responsabilités.
C’est un grand principe que les parents catholiques doivent privilégier dans l’éducation : l’acquisi-tion des vertus dans les petites choses, la correction de ses petits défauts avant qu’ils ne deviennent grands, pour ensuite être capable d’exercer des fonctions bien plus importantes, voire exception-nelles dans ces temps exceptionnels.

La droite verticale, horizontale ou oblique

Pour faire suite à notre article (FA 40) : Au secours ! Mon enfant ne comprend rien en cours de calcul !
La page Soutien Scolaire s’enrichit tout au long de nos parutions par les conseils de notre ami, ancien instituteur qui nous offre le fruit de son expérience.
Après de nombreux conseils pour aider nos enfants en calcul et pour l’apprentissage de la conjugaison, nous présentons ici une explication de la géométrie : tout part du point qui assemblé devient ligne. Celle-ci engendre des droites… Ainsi commence l’histoire de la géométrie que nous allons découvrir ensemble !
Après l’introduction, découvrons la droite verticale, horizontale ou oblique.

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Du laxisme à la trahison

Cher Jacques,

Lors de notre dernière entrevue autour d’un verre, tu me faisais part de ton désarroi face à ces catholiques qui, tout en étant pratiquants, dévoués et pieux, adoptent parfois des attitudes en contradiction manifeste avec leurs convictions. Je me souviens notamment de ce moment où tu me confiais que, parmi tes cinq collègues catholiques, de « sensibilités » diverses, aucun ne respectait l’abstinence de viande les vendredis de carême. C’est pourtant un précepte grave, qui oblige sous peine de péché mortel ! À l’inverse, les musulmans de ton entreprise observent fidèlement le ramadan, en s’abstenant de déjeuner à midi. Tu me demandais alors comment une telle situation pouvait être possible.

La réponse est, au fond, assez simple. D’une part, beaucoup de fidèles ne sont plus réellement formés, tant les rappels concernant les exigences de la doctrine et de la morale chrétiennes se font rares. D’autre part, la notion d’autorité est très abîmée de nos jours. Nous vivons dans une société libérale où le culte du moi tend à supplanter la recherche du bien commun. Dès lors, certains de tes collègues catholiques considèrent probablement qu’il n’existe aucune véritable obligation de s’abstenir de viande le vendredi ; chacun agit selon son propre ressenti…

Je te donne un autre exemple. Il est sérieux – trop sérieux même pour qu’on le taise ou qu’on l’écarte par une fausse pudeur : celui de la tenue vestimentaire. La réalité de notre nature blessée par le péché originel impose en ce domaine des exigences sérieuses. Notre Sainte Mère l’Église les a rappelées régulièrement. Oui, je dis bien l’Église – non pas tel prêtre ou tel éducateur selon sa sensibilité personnelle mais bien l’Église fondée par Notre-Seigneur-Jésus-Christ !

Or, comme moi, tu constates qu’un laxisme devenu insupportable règne aujourd’hui en la matière. Dans les paroisses elles-mêmes, la légèreté se répand : le déshabillé supplante la pudeur ; les tenues provocantes remplacent les tenues discrètes et élégantes ; le sérieux laisse la place au laisser-aller ; et même les confusions inspirées par la théorie du genre – pourtant condamnée par ces mêmes catholiques – s’incarnent dans les tenues ! Si de telles habitudes s’installent à la paroisse de manière répétée et presque ordinaire, que faut-il penser alors de l’attitude de ces mêmes catholiques dans leur vie privée ?

Alors pourquoi en est-on arrivé là ? Pourquoi trop de catholiques réalisent-ils eux-mêmes cette triste prophétie de Notre-Dame à Fatima : « Il viendra des modes qui offenseront beaucoup Notre-Seigneur. Les personnes qui servent Dieu ne doivent pas suivre la mode. L’Église n’a pas de mode. Notre-Seigneur est toujours le même. »

Alors veux-tu, mon ami, que je te donne la raison profonde qui explique ces tristes constats ? Elle se résume dans cette phrase : « Je fais ce que je veux et non pas ce que Dieu veut » ou, pour être plus nuancé : « Je fais ce que je veux, en essayant simplement de ne pas trop m’éloigner de la volonté de Dieu, au lieu de chercher sincèrement à accomplir ce que Dieu veut. » Ainsi, nous voyons certains de nos amis commencer à jouer avec les règles, les relativiser ensuite, pour finalement les rejeter. A cause de leur laxisme, ils finissent par trahir !

La révolution avance ainsi. Elle ne demande pas de renier frontalement ses principes mais de poser des actes qui vont à leur encontre pour petit à petit les renier. C’est ce qu’on appelle la praxis révolutionnaire, arme redoutable de l’idéologie marxiste, et si efficace aujourd’hui.

Cher Jacques, ne crois pas qu’il s’agisse ici d’une fatalité ! Le grand remède souvent ignoré au laxisme, c’est l’amour du bien. L’amour du bien nourrit le sens de l’engagement, encourage de bonnes amitiés, favorise de saines détentes et donne tout son sens au respect que nous devons à l’autorité légitime. Les règles établies par celle-ci ne sont plus vues comme une contrainte ou un fardeau, mais bel et bien comme un moyen pour atteindre le bien. Un aumônier de jeunesse nous répétait souvent : « Là où il n’y a pas d’oraison, il n’y a pas d’hommes » Je trouvais cette formule un peu excessive. Mais avec les années, je lui donne toujours davantage raison. Par l’oraison, en effet, nous contemplons l’unique et véritable Bien. Ainsi, nous orientons notre intelligence et notre volonté vers ce Bien unique. C’est de là que naissent les véritables chefs : ceux qui s’engagent au service de causes authentiques et qui seront des guides pour les autres !

Voici, cher Jacques, les quelques éléments qui t’aideront à mieux saisir pourquoi il manque tant d’engagés aujourd’hui. La crise de la paternité en est une conséquence. Le manque de vocations aussi. Aujourd’hui, en France, avec moins de cent ordinations de prêtres par an, toutes les communautés catholiques, des communautés traditionalistes aux communautés diocésaines, sont touchées par ce fléau. Les remèdes existent, il suffit de vouloir les saisir !

Amicalement,
Laurent