Actualités culturelles

Barcelone (Espagne)
Alors que l’on célèbre le centième anniversaire de la mort d’Antoni Gaudi (1852-1926), la municipalité de Barcelone a annoncé – pour 2028 – l’ouver-ture d’un futur musée dédié à l’architecte. La ville de Barcelone offre déjà un beau panel de monuments conçus par l’artiste ainsi qu’un musée aména-gé dans sa propre demeure ; néanmoins, la nouvelle structure promet de se pencher sur un aspect original de « l’architecte de Dieu », à savoir sa spiri-tualité. Ceci explique pourquoi le futur musée ouvrira ses portes au sein du collège Sainte Thérèse, édifié par Gaudi entre 1888 et 1890 ; commandité par Enric d’Osso, fondateur de la compagnie Sainte Thérèse de Jésus, le monument devait abriter un collège d’enseignement féminin tout en constituant le siège de la communauté. Gaudi hérite du projet alors que les fondations sont déjà en place : il se base donc sur ces précédents pour élever un bâtiment en briques (matériau le plus économique) censé manifester une austéri-té conforme au voeu de pauvreté des religieuses ; l’architecte ne se privera cependant pas de quelques dé-cors qui lui sont propres, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’édifice. Classé bien d’intérêt culturel depuis 1969, le collège ouvrira ses portes au public pour la toute première fois en 2028 : un moyen unique de mieux connaître la spiritualité qui imprègne l’oeuvre et la vie de l’artiste.

  • Chantilly (France)
    En février dernier, le château de Chantilly a annoncé la redécouverte d’un bi-corne de Napoléon Ier dans ses réserves. Légué par l’empereur à son fils en 1821, il s’agit de l’un des 4 chapeaux qu’il avait emportés à Sainte-Hélène lors de son dernier exil. N’ayant pu être remis à l’Aiglon comme il le souhaitait, le bicorne fut finalement attribué à Caroline Murat, reine de Naples et soeur de Napoléon ; celle-ci le voyait comme l’un des souvenirs les plus précieux de « ce qui touchait et ai-mait le plus l’Empereur ». Elle le céda par la suite à l’un de ses proches et le couvre-chef finit par être donné au peintre Jean-Léon Gérôme (1824-1904) qui ne pouvait le contempler « qu’avec respect, le coeur ému, la gorge serrée ». Le peintre l’intégra à son legs à l’Institut de France (1896), à condition qu’il soit conservé au musée Condé (Chantilly). Oublié depuis tout ce temps dans les collections du château, le bicorne n’avait jamais été présenté ni étudié. C’est seulement en 2026 qu’il fut expertisé comme l’un des 4 chapeaux pré-sents dans l’inventaire de 1821, c’est-à-dire l’un des derniers qu’il ait portés. Réalisé en feutre de castor, il est l’oeuvre du chapelier Poupard, fournisseur exclusif de l’empereur. De nombreuses traces de sudation et d’usure témoignent d’un usage intensif. Magnifiquement restauré par une restauratrice du patrimoine, cet objet unique sera présenté jusqu’au 6 octobre au Musée Condé à travers l’exposition « De Naples à Chan-tilly – Les collections de la reine Caroline Murat ».
  • Toulon (France)
    Depuis le mois de septembre 2025, des fouilles archéologiques ont lieu sur la rade de Toulon en prévision de l’aménagement destiné à accueillir le porte-avion nouvelle génération (qui arrivera en 2035). Il s’agit des toutes premières recherches menées sur ce site d’un peu plus d’un hectare correspondant à l’ancienne île de Milhaud. Alors que l’on datait l’occupation initiale des lieux du Ier siècle après J.-C. (la Telo Mar-tius romaine), ces fouilles terrestres et subaquatiques, ont mis au jour les vestiges d’une quinzaine d’habi-tations du IIe siècle avant notre ère. En outre, la découverte d’un grand nombre d’objets provenant de la péninsule italique souligne la place centrale qu’occupaient les échanges commerciaux par voie maritime à cette époque ; elle interroge également sur l’éventuelle gestion de cet établissement littoral par Rome plu-tôt que par la Marseille grecque – comme on le pensait jusqu’à présent. Les fouilles subaquatiques se pour-suivront jusqu’à fin 2026 et offriront peut-être de nouvelles pistes pour mieux connaître les tous premiers habitants de Toulon qui ne s’étaient donc pas installés dans la vieille ville mais bel et bien sur la rade.
    Actualités culturelles
    Foyers Ardents

Actualités culturelles

  • Alexandrie (Egypte)
    Destiné à subir quelques aménagements urbains, le quartier de Moharam Bek, à Alexandrie, a fait l’objet d’une campagne d’archéologie préventive. Celle-ci a été plus que fructueuse puisque les archéologues ont mis au jour des structures antiques majeures permettant de documenter un secteur méconnu de l’ancienne Alexandrie. Les recherches ont d’abord dévoilé la présence de bains publics de type tholoi (c’est-à-dire circulaires), caractéristiques de la fin de la période ptolémaïque (323-30 av. J.-C.) ; apparu en Grèce au Ve siècle av. J.C., ce type d’équipement balnéaire est introduit en Egypte dès le IIIe siècle av. J.C. Une autre découverte considérable est celle de vestiges d’une villa romaine dallée de sols en mosaïques ; réalisées selon différentes techniques, celles-ci mettent en lumière le niveau de vie sophistiqué des habitants de cette période. Un petit bassin de baignade était directement relié à la villa par des infrastructures de plomberie avancées ; il comportait un système intégré de gestion de l’eau. On peut également ajouter la découverte de plusieurs statues en marbre de divinités gréco-romaines ainsi que divers objets, parmi lesquels des accessoires liés au commerce. L’ensemble de ces découvertes permet de mieux comprendre l’évolution urbaine de la ville sur une longue période chronologique.
  • Annequin (France, Pas-de-Calais)
    Partiellement détruite au cours de la Première Guerre mondiale, l’église Saint-Martin d’Annequin, près de Béthune, fut reconstruite en briques entre 1923 et 1925, dans un style néo-gothique. Un siècle plus tard, en 2025, la commune engagea des travaux de rénovation du monument. Une dizaine de jeunes, employés par une association à vocation d’insertion, furent donc envoyés sur le chantier ; leur mission : gratter les couches de peinture blanche ajoutées récemment sur les murs de l’édifice. C’est alors qu’est apparue, cachée sous plusieurs épaisseurs, une splendide fresque Art déco, ce style propre aux années 1920, qui donne une place majeure à l’ornementation et se caractérise par l’élégance et la préciosité. On peut y contempler la Vierge Marie entourée d’un soleil resplendissant et accompagnée par onze anges. Des tétramorphes – représentations ailées des Apôtres – ont également été retrouvés, et la fresque semble s’étendre sur d’autres parties de l’église ; des recherches supplémentaires sont donc prévues avec, cette fois, l’aide de restaurateurs spécialisés.
  • Fort Boyard (France, Charente-Maritime)
    Depuis l’été 2025, le département de la Charente-Maritime a amorcé les travaux de rénovation du célèbre Fort-Boyard, menacé de ruines depuis plusieurs années déjà. L’édifice, inscrit aux Monuments Historiques en 1950, a été construit entre 1803 et 1866 sur ordre du premier consul Napoléon Bonaparte en vue de défendre l’arsenal de Rochefort. Transformé en prison puis abandonné jusqu’à ce que l’émission TV éponyme lui redonne ses lettres de cachet, le Fort Boyard a été racheté par le département en 1989. Néanmoins, l’assaut continuel des flots ainsi que les tempêtes ont fragilisé la construction. C’est pour cette raison qu’a été lancé l’ambitieux projet de sauvegarde destiné à restaurer et protéger – sur le long terme – le bâtiment tout en lui redonnant son aspect d’origine. Il est donc prévu de restituer le havre d’accostage au sud-est (été 2026) ainsi que l’éperon nord-ouest (été 2027) ; à cela s’ajoutera la réfection d’un talus pour entourer l’ouvrage. De profondes cavités dues à l’érosion ont déjà été comblées et les fondations consolidées. Le chantier a révélé quelques surprises archéologiques telles que la découverte d’un morceau de canon datant de la construction ainsi que celle d’un anneau d’amarrage en fonte qui sera repositionné sur le havre. Les travaux amorcés en 2025 devraient se poursuivre jusqu’en 2028, date à laquelle le fort devrait ouvrir pour la première fois au public.

Actualités culturelles

  • Cité du Vatican (Italie)
    C’est en 1967 que l’intellectuel et politicien espagnol José Sanchez de Muniain offrit au pape Paul VI un petit tableau de 45×29 cm représentant un visage de Christ. Celui-ci ne semblait pas présenter d’intérêt artistique particulier et l’oeuvre fut accrochée au mur de la salle des ambassadeurs du palais apostolique. Suite à une campagne de restauration, les spécialistes se sont aperçus que le visage de Jésus avait été retouché maintes fois de façon assez maladroite. En retirant ces repeints (datant probablement des années 1960), la vérité est apparue : il s’agissait en réalité d’une œuvre du célèbre Greco (1541-1614), peintre crétois célèbre pour ses visages allongés à la mode byzantine ! Inachevée, la figure du Christ recouvre elle-même d’autres esquisses du maître. Cette huile sur toile intitulée Le Rédempteur date très certainement des années 1590-1595, époque où Le Greco vivait à Tolède. Elle est exposée jusqu’au 30 juin prochain au palais pontifical de Castel Gandolfo.
  • Paris (France)
    Né en 1825 et mort en 1905, William Bouguereau fut l’un des peintres académiques français les plus réputés du XIXe siècle. Connu et apprécié jusqu’aux Etats-Unis, il réalisa des décors peints pour plusieurs églises de Paris. C’est le cas de l’église Saint-Vincent de Paul, construite entre 1824 et 1844 dans le Xe arrondissement ; on peut y admirer la chapelle de la Vierge, ajoutée en 1869 et ornée d’un splendide cycle peint sur la vie de la Vierge Marie. Réalisé par Bouguereau, cet ensemble magnifique est composé de huit toiles marouflées où l’on reconnaît la maîtrise technique et le style réaliste du peintre. Malheureusement, le temps, l’humidité et la fumée abimèrent ces toiles qui devinrent considérablement noircies et jaunies. Ceci explique la campagne de restauration lancée ces dernières années : dans un premier temps, la toiture en cuivre de la chapelle fut entièrement rénovée (2021) afin d’éviter de nouvelles altérations. Puis six des huit toiles furent reprises une à une : L’adoration des bergers et La Visitation en 2023, L’adoration des mages et La fuite en Egypte en 2024, et enfin Le Christ rencontrant sa mère sur le chemin du Calvaire et La Vierge, Saint Jean et Madeleine au pied de la Croix en 2025. Depuis le début de l’année 2026, il est donc possible d’admirer de nouveau ce bel ensemble, témoin de ce que fut la peinture religieuse en France au XIXe siècle. Espérons que les fonds nécessaires pourront être récoltés pour que L’Annonciation et Le mariage de la Vierge puissent à leur tour retrouver leurs couleurs et leur éclat.
  • Rome (Italie)
    Voilà une dizaine d’années que la chercheuse italienne Valentina Salerno concentre ses recherches sur Michel-Ange, illustre et exceptionnel artiste de la Renaissance. Ces travaux acharnés l’ont conduite du Vatican à Paris en passant par les plus grandes villes d’Europe et l’ont menée à la découverte d’un certain nombre d’archives inédites. Parmi celles-ci, elle affirme avoir trouvé la preuve que Michel-Ange aurait caché un certain nombre d’œuvres dans une pièce secrète qui, selon la chercheuse, existerait toujours ! Cette dissimulation s’expliquerait par la volonté de l’artiste de préserver ses créations pour la postérité. La cachette était surveillée par les élèves de Michel-Ange et ne pouvait s’ouvrir qu’avec une multitude de clés, évitant ainsi qu’une seule personne y pénètre au détriment des autres. Valentina Salerno estime que la pièce secrète se trouve quelque part dans la basilique Saint-Pierre-aux-Liens de Rome (où se dresse également le célèbre Tombeau de Jules II sculpté par Michel-Ange en 1505). Une hypothèse digne d’exciter l’imagination des plus grands chercheurs de trésors !
    Lors de ses recherches, elle a également trouvé des documents permettant d’attribuer à Michel-Ange un buste du Christ-Sauveur situé dans la basilique Sant’Agnese de Rome.
  • Saint-Denis (France)
    Depuis quelques mois déjà, le chantier de reconstruction de la tour nord et de la flèche de la basilique Saint-Denis a débuté. Par la même occasion, il est devenu possible de visiter « la fabrique de la flèche », ce qui permet d’assister en direct au travail de reconstitution des artisans. Une occasion unique de s’immerger dans un chantier médiéval et d’en comprendre l’ampleur par un contact direct avec les tailleurs de pierre, forgerons, etc. Au-delà de ce « village des artisans », une exposition permanente intitulée « une flèche pour Saint-Denis » retrace l’histoire de la basilique, de sa flèche et des grands chantiers médiévaux à l’aide de maquettes, de vidéos et de dispositifs interactifs. Une salle de réalité virtuelle permet de se mettre dans la peau d’un bâtisseur de cathédrale pendant quelques minutes. Quant aux enfants, ils ne sont pas oubliés puisqu’un espace leur est dédié avec des ateliers créatifs et des activités adaptées aux différents âges pour leur faire découvrir les métiers artisanaux.

Actualités culturelles

 

·  Hisardere (Turquie)

L’archéologie ne cessera jamais de nous émerveiller ! C’est en Turquie, près de la ville d’Iznik, qu’a eu lieu cette fois une découverte majeure. Berceau du christianisme, Iznik était autrefois appelée Nicée, lieu du concile du même nom ; c’est donc ici qu’a été proclamé le Credo il y a 1 700 ans. Dans le proche village d’Hisardere, les archéologues ont mis au jour une tombe paléochrétienne datant probablement du IIIe siècle après J.-C. Erigé à une période où les chrétiens étaient encore persécutés par les Romains, ce caveau funéraire est enseveli sous terre. Les fouilles y ont dévoilé une splendide fresque représentant le Christ en Bon Pasteur, dans un état de conservation exceptionnel. Jeune et imberbe, Jésus y est vêtu d’une toge romaine, portant une brebis sur ses épaules ; des très rares exemples de Christ en Bon Pasteur en Anatolie, celui-ci est le mieux préservé et l’un des seuls où l’on voit Jésus avec des attributs romains.

 

·             Le Caire (Egypte)

Depuis le 23 décembre dernier, le Grand Musée Egyptien du Caire mène une restauration d’envergure sous les yeux-mêmes du public ! Inauguré le 1er novembre 2025, le tout récent musée a en effet accueilli la fameuse barque solaire de Khéops, qui constitue « le plus grand et le plus ancien artefact en bois de l’histoire de l’humanité » ; longue de 43,5 mètres et large de 6 mètres, le vestige de 20 tonnes est composé de 1250 pièces de bois (acacia et cèdre). Découverte (en pièces détachées) en 1954 dans l’une des cinq fosses formant le complexe funéraire de Khéops, l’embarcation était destinée au transport de l’âme du Pharaon dans l’au-delà. Elle a donc été construite sous le règne-même de Khéops, il y a environ 4 600 ans. Aujourd’hui, sa restauration a lieu au sein du musée, sous les yeux des visiteurs, dans un bâtiment de 4 000 m2 construit à cet effet ; elle devrait s’achever dans quatre ans.

 

·             Montluçon (France, Allier)

C’est dès le XIe siècle que l’on peut observer un pre- mier espace de fortifications, à l’emplacement actuel du château des ducs de Bourbon (Montluçon). Quelques modifications ont lieu jusqu’en 1375, date à laquelle Louis II de Bourbon et ses frères amorcent la construction d’un château-fort qui s’achèvera en 1410. De nombreuses transformations ont ensuite lieu du XVe au XIXe siècle, jusqu’à lui donner son aspect actuel. Logement privé, tribunal, caserne mili- taire, salle de spectacle et même café, le château connaît de nombreux changements d’affectation jusqu’à devenir un musée particulièrement éclectique en 1959. Celui-ci ferma définitivement en 2013, laissant le monument désaffecté, à l’exception de quelques expositions temporaires au rez-de-chaussée (les étages servant de réserves pour les collections municipales). Après de nombreuses réflexions et 18 mois de tra- vaux, le bâtiment a enfin trouvé sa nouvelle affectation : depuis le 11 novembre dernier, vous pouvez ef- fectivement y découvrir un tout nouveau musée dédié à l’histoire locale. Une approche particulièrement intéressante qui redonnera sans aucun doute un nouvel essor à la ville.

·             Paris (France)

Alors que plusieurs capitales européennes comme Londres, Berlin ou Stockholm possèdent un musée des transports, la capitale de la France, elle, ne présente rien de similaire. Mais c’est une affaire résolue puisque la Régie Autonome des Transports Parisiens (RATP) a récemment annoncé l’ouverture d’un musée des transports urbains parisiens en 2032. Ce lieu de mémoire unique s’installera dans les ateliers de maintenance de Championnet, dans le XVIIIe arrondissement ; dévolu aux transports urbains depuis le XIXe siècle et appartenant aujourd’hui à la RATP, ce site est emblématique puisqu’il a été le témoin de l’évolution des modes de transports, depuis les omnibus à chevaux et les métros en bois jusqu’aux moyens de locomotion actuels. Une centaine de véhicules anciens, ferrés ou routiers, y seront exposés (dont une reconstitution de la première rame en bois de la ligne 1 du métro), ainsi que 5 000 objets et élé- ments de signalétique, maquettes, mobiliers, outils, uniformes, etc. On peut ajouter à cela quelques-unes des 260 000 photos, 9 000 vidéos et 1 300 affiches que possèdent les archives de la RATP. Aux collections permanentes seront associées des expositions temporaires qui ajouteront à la richesse de l’ensemble. Rendez-vous donc dans 6 ans pour découvrir cet espace mythique retraçant plus de 100 ans d’histoire parisienne.

Actualités culturelles

  • Paris (France)

En 1642, âgé de seulement dix-neuf ans, Blaise Pascal met au point la toute première machine à calculer de l’histoire scientifique. Conçue pour effectuer aussi bien des additions que des soustractions, la « Pascaline » était même utilisée par le père de l’inventeur pour le calcul des recettes fiscales (il était président à la cour des aides de Normandie). Décidé à produire et vendre cet engin en masse, Blaise Pascal ne verra malheureusement pas son rêve se réaliser : on compte aujourd’hui huit exemplaires de la Pascaline dans le monde, dont cinq dans des collections publiques françaises et deux en Allemagne. Ceci explique pourquoi l’annonce de la société Christie’s, informant la vente prochaine d’une Pascaline aux enchères, a créé un tel remous. Conservée depuis 1942 dans une collection particulière française, cette machine est estimée entre 2 et 3 millions d’euros et devait être vendue par la maison Christie’s le 19 novembre dernier. Mais c’était sans compter sur la réaction des personnalités scientifiques et d’associations qui publièrent une tribune réclamant une révision de l’autorisation de sortie du territoire ainsi que la reconnaissance de l’œuvre comme trésor national. Le 18 novembre 2025, le Tribunal administratif de Paris décida donc de suspendre l’autorisation de sortie du territoire de l’engin, ce qui conduisit la société Christie’s à annuler la vente de l’objet quelques heures avant le lancement des enchères. Ceci constitue seulement une première étape avant l’éventuelle reconnaissance comme patrimoine national de « l’instrument scientifique le plus important jamais proposé aux enchères » (Christie’s).

 

  • Paris (France)

Jusqu’au 26 avril 2026, ne manquez pas de profiter de l’exceptionnelle exposition « 1925-2025 : cent ans d’Art déco » au Musée des Arts décoratifs de Paris. Au-delà des quelque mille pièces d’art déco que l’on peut y admirer (mobilier sculptural, bijoux, objets d’art, dessins, affiches, pièces de mode), la rétrospective propose la visite de trois wagons du fameux Orient-Express. La célèbre ligne reliant l’Europe occidentale à l’Europe orientale (sans changer de train !) constituait une extraordinaire association entre l’esthétique et le fonctionnel : les plus grands artistes tels que René Lalique intervinrent dans le décor des wagons. En activité à partir de 1883, le légendaire train de luxe, aux décors splendides, roulera jusqu’en 1977. Aujourd’hui racheté par les groupes Accor et LVMH, la ligne devrait être remise en service fin 2027 : c’est dans ce but qu’ont actuellement lieu la restauration et la reconstitution de certains wagons, parmi lesquels une cabine de l’Etoile du Nord, une voiture-bar et une voiture-restaurant que l’on peut admirer au musée des Arts décoratifs. Une occasion unique de découvrir de près ce « palace sur rails » !

 

  • Québec (Canada)

Novembre 1918 : la Première Guerre mondiale touche à sa fin et l’avenir de l’Empire d’Autriche-Hongrie se fait de plus en plus incertain ; prudent, l’empereur Charles Ier de Habsbourg charge le comte Berchtold de récupérer à la Hofburg les bijoux appartenant personnellement au souverain et à la dynastie. Plus splendides les uns que les autres, les joyaux comptent des pièces uniques (parures, broches, colliers, bracelets, diadème) parmi lesquelles le Florentin de Toscane, diamant couleur jaune citron de 137,27 carats. Contraint de s’exiler en Suisse avec sa famille en mars 1919, l’empereur emporte avec lui ce trésor qu’il met en lieu sûr. C’est à partir de ce moment-là que disparaît la trace des joyaux ; une partie sera vendue pour subvenir aux besoins de la famille, une autre partie volée par un homme en qui Charles Ier avait mis sa confiance… Bref, la thèse la plus plausible était qu’il n’en restait rien et que les plus belles pierres avaient été retaillées.                    >>> >>> Quelle ne fut donc pas la surprise des historiens lorsque, le 6 novembre dernier, les descendants de Charles et Zita annoncèrent que le Florentin de Toscane et 14 autres joyaux étaient en lieu sûr dans une banque du Québec ! Quittant la Belgique et le nazisme en 1940, Zita s’était en effet réfugiée à Québec avec ses huit enfants, emportant avec elle les derniers bijoux sans que personne n’en sache rien. Ayant révélé bien plus tard ce secret à deux de ses fils, elle leur avait fait promettre de n’en parler que 100 ans après la mort de leur père (décédé en 1921 à Madère). Ce trésor inestimable devrait demeurer au Canada où il sera probablement exposé au public.

 

  • Warwickshire (Angleterre)

C’est en 2019 que le propriétaire d’un café de Birmingham, armé de son détecteur de métaux, a fait une découverte fascinante dans un champ à proximité de chez lui : une chaîne en or de 75 maillons ainsi qu’un splendide pendentif en forme de cœur orné de motifs émaillés. Tandis que l’une des faces présente une rose (symbole des Tudor) entrelacée d’un buisson de grenades (symbole de Catherine d’Aragon), le second côté est orné d’un H et d’un K ; des deux côtés, on peut lire « TOUS – IORS », probable jeu de mots entre le français et l’anglais (« tout yours » = tout à toi, et « toujours »). Tous ces indices sont sans équivoque : il s’agit là d’un rare symbole de l’amour unissant Henri VIII d’Angleterre et la première de ses six épouses, Catherine d’Aragon. Si l’on en croit les historiens, cet objet unique aurait pu être offert par le roi d’Angleterre à son épouse lors du tournoi célébrant, en 1518, les fiançailles de leur fille Marie (2 ans) avec le dauphin de France François de Valois (8 mois). Aucune découverte de cette importance n’ayant été faite en Grande-Bretagne pour la période Renaissance depuis 25 ans, le British Museum a décidé de se positionner pour récupérer l’œuvre : c’est pourquoi le musée a lancé une campagne de financement jusqu’au 14 février 2026 pour racheter l’objet et éviter ainsi sa vente aux enchères ; l’objectif est de réunir 3,5 millions de livres sterling !