Editorial

Chers amis,

« Je garderai mes voies, afin que je ne pèche point par ma langue. J’ai mis à ma bouche une garde, lorsque le pécheur s’élevait contre moi1. » Dans tout conflit, un bon général cherche à identifier la stratégie de l’ennemi, or on raconte que l’une des tactiques du Général Sun Wu2 pour contraindre son rival à abandonner la lutte sans combat était de l’abreuver constamment d’informations… Ne reconnaît-on pas là une technique reprise aujourd’hui ? Sommes-nous conscients du brouhaha dans lequel notre âme vit continuellement ? Parvenons-nous à trouver le silence, non seulement celui qui envahit nos oreilles (ce qui est déjà quelque chose de rare) mais aussi le silence de l’âme ? Lorsqu’on évoque le silence, certains songent au bruit qui nous entoure, d’autres aux informations et aux bavardages dont ils nourrissent leur existence. Mais peu réalisent à quel point le silence de l’âme est essentiel car souvent on constate qu’elle se parle sans cesse à elle-même et oublie de laisser Dieu s’exprimer.

N’est-il pas temps de se demander honnêtement quel est le Dieu que nous voulons servir ? Quelle est la parole que nous voulons écouter ? Est-ce celle du monde qui crée agitation et bruit, et qui par une stratégie bien rodée nous met sous l’empire du stress annihilant toute réflexion ? Est-ce celle qui, guidée par notre imagination et nos réflexions personnelles, finit par noyer toute réflexion et nous empêche de prendre du recul en laissant les sentiments prendre autorité sur la raison ? Ou est-ce celle de Dieu qui pacifie l’esprit, nourrit l’âme et apporte la sérénité ?

Dom Guillerand3 nous donne trois conseils : Ignorons ce qui se passe dans le monde : prions pour lui, « sans nous retourner », sinon notre âme sera dans le tumulte et notre ennemi aura la part belle. Gardons notre esprit et notre coeur. Tout ce qu’on nous dit de celui-ci, de celui-là, de ses allées et venues, éveille des images, des réflexions, des discussions, des critiques intérieures ; bref, c’est le bruit que Dieu hait ; notre âme n’est pas un forum. L’exemple de notre sérénité, notre transparence aux rayons de Dieu qui nous habite, porteront plus au bien que tous nos discours. Notre âme ne doit refléter que Dieu. N’ayons pas souci de nous-même. Ne parlons pas de nous-même à nous-même. N’épiloguons pas sur les difficultés de notre vie. Dieu aime qui donne en riant. « Recevez, Seigneur… » : chaque jour, par notre prière du matin, nous nous offrons au Divin Coeur de Jésus, pourquoi ensuite ne pas laisser Celui à qui l’on a tout donné, guider notre vie en nous abandonnant à sa Providence ?

Ce numéro vous fera découvrir les différents moyens pour garder le silence intérieur et « rester toujours sous le contact de Jésus4 ». Vous lirez aussi la vie de saint Jean Népomucène qui offrit sa vie pour avoir gardé le silence sur la confession de sa pénitente. Un bel exemple pour notre temps ! Demandons-lui de nous aider à savoir garder pour nous les secrets qui nous sont confiés. Que Notre-Dame qui « conserva toutes ces choses en son coeur » et saint Joseph, l’homme du silence, nous aident à acquérir cette belle vertu. « Dites avec conviction mais sérénité : « Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour moi, pauvre pécheur », puis vivez en paix, sous l’aile protectrice de Dieu qui vous aime3. »

Bien amicalement,
Marie du Tertre

1 Psaume de David 38-2
2 Général chinois du VIe siècle avant J-C, réputé pour sa stratégie militaire
3 Les portes du silence – Dom Guillerand
4 L’âme transformée au Christ – Père Charton

Editorial

Chers amis,

Pourquoi avons-nous tant de mal à nous montrer fiers d’être catholiques ? N’avons-nous pas la certitude que le combat a été remporté par Notre-Seigneur ? Ne disposons-nous pas d’une multitude de raisons solides qui affermissent nos convictions ? Notre histoire et notre culture chrétiennes, riches de tant d’exemples, ne nous donnent-elles pas une assurance unique ?

Nul ne peut honnêtement nier l’influence positive du catholicisme sur les sociétés ni l’immense rayonnement qu’il a exercé à travers le monde, dans tous les domaines : culture, art, éducation, médecine, justice, science… Celui qui souhaite approfondir trouvera aisément de quoi raviver une foi devenue parfois timide. Il suffit d’ouvrir une bibliothèque digne de ce nom pour mesurer combien l’action des catholiques a été bénéfique à la société. Vous en trouverez dans ce numéro un aperçu.

Faut-il attendre des événements marquants, comme l’incendie de Notre-Dame de Paris, pour nous rappeler les prodigieuses capacités de ceux qui ont consacré leurs forces, tant intellectuelles que spirituelles, à l’édification de ces témoignages de foi ? Les cathédrales majestueuses comme les humbles églises, élevées au cœur de nos villages par des mains souvent anonymes, en sont les preuves vivantes.

Ne devons-nous pas puiser dans ces témoignages des motifs de fierté — sans les confondre avec l’orgueil — et raviver notre foi en redécouvrant et en étudiant les racines de notre civilisation que personne ne parvient à faire disparaître malgré les attaques répétées depuis les origines du christianisme.

Pensons également aux épreuves traversées par les catholiques en pays communistes, dans ces lieux où aucun prêtre ne pouvait entrer et où, pourtant, la foi a été maintenue grâce à la communion spirituelle, à la contrition parfaite et à la prière persévérante. N’est-ce pas là le fruit d’une culture chrétienne fidèlement transmise de génération en génération ?

Soyons-en convaincus : le combat d’aujourd’hui mené contre le Christ, plus subtil et parfois insidieux, mais tout aussi réel, ne triomphera pas de la foi. La victoire est déjà acquise, et Dieu lui-même nous en a donné l’assurance. N’ayons donc pas peur d’être fiers de notre foi. La France a une âme et une âme chrétienne ! Ne l’oublions pas ! Nourrissons notre espérance par de saintes lectures et engageons-nous sans crainte du regard des hommes, afin de conduire toujours plus d’âmes à Dieu, dans la charité et la vérité.

« Les dix rois ont un seul et même dessein, et ils mettent au service de la bête leur puissance et leur autorité. Ils feront la guerre à l’Agneau, mais l’Agneau les vaincra, parce qu’il est Seigneur des seigneurs et Roi des rois, et ceux qui l’accompagnent sont les appelés, les élus et les fidèles1. »

Que pendant ces mois consacrés à Marie et au Sacré-Coeur, Notre-Dame des Foyers Ardents et Notre-Seigneur nous aident à acquérir un esprit conquérant, fondé sur les richesses de notre chrétienté, afin que nous soyons toujours plus fiers de servir le Christ vainqueur ! Comme sainte Jeanne : « Allons hardiment ! »

Bien amicalement,
Marie du Tertre

1 Apoc. XVI, 13-14

Editorial

Chers amis,

La période des vœux nous a souvent donné l’occasion d’écouter les inquiétudes, les regrets de chacun… On sent une pesanteur tomber sur nos épaules à chaque nouvelle rencontre… Mais ces sentiments doivent-ils emplir l’âme du catholique ? N’est-elle pas emplie de l’espérance depuis le jour de la Résurrection ? Faut-il se laisser envahir par la morosité ambiante, voire le désespoir qui nous entoure ?

Posons-nous les bonnes questions : quelles sont les raisons qui devraient occuper toute notre attention  ?  Faut-il  s’attacher  à  écouter  les « nouvelles » trois fois par jour pour être sûr de n’en manquer aucune ? Au-delà du fait que même les analystes les plus fiables, n’ayant pas d’envoyé spécial dans toutes les régions du monde, sont eux- mêmes dépendants de ce que l’on veut bien leur dire, reconnaissons que nous sommes bien impuissants sur la marche des évènements. Maîtrisons donc notre curiosité, dominons nos appréhensions et apprenons à prendre du recul en adoptant un plan d’action à notre portée. Quel sera- t-il ? Sous l’inspiration du Saint-Esprit, nous demanderons à la Prudence, reine de toutes les vertus, de guider nos pas sur le chemin que Dieu a ouvert devant nous.

Cette prudence déjà vantée par Platon et Aristote, est la vertu cardinale qui doit diriger les trois autres : justice, force et tempérance.

Vous découvrirez dans ce numéro de nombreux articles donnant des exemples concrets afin de faire fructifier cette qualité et de nous aider à perfectionner les puissances de notre âme.

Cette vertu est tout autre que le « principe de précaution » dont nous avons tant entendu parler… Ce n’est pas non plus une qualité réservée aux personnes d’un certain âge, inquiètes de tout et toujours prêtes à brider les velléités des plus jeunes ; non, la prudence n’est pas le contraire de l’insouciance ; vous comprendrez, à la lecture de ces lignes, la place qu’elle doit prendre pour conduire nos vies. Elle nous aide à mener nos actions avec cohérence, en mettant en adéquation nos convictions avec notre vie quotidienne. Elle nous rappelle que chacun de nos actes entraîne ses conséquences, et ce, même parfois sur plusieurs générations. Que vous soyez premier, centième ou millième maillon d’une chaîne dans la passation de la foi, comme dans les valeurs de la famille, si vous lisez ces lignes, vous comprendrez le rôle que Dieu et la société chrétienne attendent de vous. Point de place pour la médiocrité, le compromis ou les concessions ! Et même si « les vertus s’acquièrent à la pointe de l’épée1 », l’âme qui aime véritablement et qui vit de sa foi, verra la main de Notre-Seigneur la conduire dans le dédale de la vie.

Que Notre-Dame des Foyers Ardents prie le Saint- Esprit de nous envoyer ses dons afin que nous acquerrions les vertus qui nous feront ensemble monter vers le ciel.

Bien amicalement,

Marie du Tertre

 

 
   

1 Père Passerat

Bienheureux les doux

Chers amis,

Bienheureux ceux qui sont doux, parce qu’ils posséderont la terre1.

C’est lors du sermon sur la montagne que Jésus parlant avec autorité nous offrit ce texte évangélique majeur, véritable itinéraire spirituel.

« On a dit de la douceur qu’elle était la couronne des vertus chrétiennes et un peu plus qu’une vertu2.»

Cette béatitude n’est pas l’apanage des faibles. Elle exige de nous force et amour afin de ne pas nous laisser durcir par l’ingratitude, l’orgueil, l’amertume ou le dépit. Elle réclame patience et magnanimité. Les vrais doux ne sont pas troublés par le mal, ils cherchent à imiter Notre-Seigneur qui s’est dit « doux et humble de cœur3 ». Ils veulent s’inspirer aussi de sa Mère que la liturgie appelle « douce entre toutes4 » car on ne conquiert pas le ciel par des cris et des injonctions mais plutôt par l’exemple et le sourire, la compassion et la vraie charité.

Vous trouverez dans ce numéro de quoi nourrir votre méditation et vous conserverez ainsi un peu de la paix de Noël qui a empli les cœurs de sa douceur. Vous découvrirez aussi une actualité juridique préoccupante que nul ne doit ignorer.

Dans les heures difficiles, prions saint François de Sales, lui qui sut modérer son tempérament impétueux pour mettre douceur et suavité dans toutes ses paroles. « Ce n’est pas par la grandeur de nos actions que nous plaisons à Dieu mais par l’amour avec lequel nous les faisons. C’est l’amour qui donne la perfection et le prix à nos œuvres. »

Implorons sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus qui se laissa imprégner par la tendresse maternelle de Notre-Dame, elle qui avait aperçu l’espace d’un instant toute sa douceur dans son sourire.

Pendant la récitation de notre chapelet et avant de réciter le « Je vous salue Marie », pensons au sourire que notre maman du ciel fait à chacun de nous, un sourire que nous ne voyons pas mais qui est beaucoup plus beau que tout ce que nous pouvons imaginer, un sourire qui devrait transfigurer nos vies dès que nous prononçons ces saintes paroles, à toute heure du jour et de la nuit.

Avec l’aide de Notre-Dame, travaillons notre caractère afin que notre douceur désarme tous nos adversaires et retire le venin de la douleur qui engendre bien souvent la révolte.

En ce premier janvier, chantons d’une seule voix le Veni Creator afin que Dieu nous aide à conserver paix et suavité dans les rencontres que nous ferons cette année, pour mener à Lui toujours davantage d’âmes au milieu de cette époque enthousiasmante.

Que Notre-Dame des Foyers Ardents veille sur chacun de nous.

Marie du Tertre

 

1 Matt. V.4

2 Amour et silence, par un chartreux

3 Matt. XI. 29

4 Hymne Ave Maris stella : Vierge sans égale, douce entre toutes, délivrés de nos fautes, rendez-nous doux et chastes.

 

 

Editorial

Chers amis,

Cette fête de la Toussaint nous offre une magnifique occasion de réfléchir ensemble sur ces notions d’héroïsme et de sainteté. En effet, les héros sont-ils tous des saints ? Et les saints, tous des héros ? Aux yeux du monde ? Aux yeux de Dieu ?…

Quelle est la meilleure façon de gagner son ciel ? Faut-il accomplir des actions extraordinaires ou peut-on encore être un « voleur de paradis » comme saint Dismas ?

Faudra-t-il être « voleur de Dieu1 » comme ces martyrs de leur foi ? L’accomplissement du devoir d’état suffira-t-il pour être un héros des temps modernes ?

Voici de magnifiques sujets de discussion pour les repas de famille ou les soirées d’automne.

Si l’Académie française définit le héros comme « tout homme qui se distingue par la force du caractère, la grandeur d’âme, une haute vertu », elle caractérise la sainteté comme une « perfection que l’on ne trouve qu’en Dieu. » Et par extension comme la « qualité d’une personne qui, par sa vie et ses œuvres, s’approche de cette perfection et, en particulier, qui est reconnue officiellement dans l’Église catholique et les Églises orthodoxes par la canonisation. »

Il nous faut maintenant déterminer si Dieu nous demande de devenir des héros ou des saints, et comprendre à quelle sorte d’héroïsme nous sommes appelés. L’Eglise a défini la vie héroïque d’un saint comme « la seule conformité au vouloir divin qu’exprime l’accomplissement constant et exact de ses devoirs d’état2. » Précisons cependant que nous ne sommes pas tous appelés à être canonisés mais que nous sommes tous tenus de suivre les paroles très claires de saint Paul : « Marchez donc de progrès en progrès. Vous connaissez en effet les préceptes que nous vous avons donnés de la part du Seigneur Jésus. Car ce que Dieu veut, c’est votre sanctification3. »

Foyers Ardents donnera ici quelques pistes de réponses en précisant comme saint Paul : « Quoi que vous fassiez, faites-le de bon cœur, comme pour le Seigneur, et non pas pour des hommes, sachant que vous recevrez du Seigneur pour

récompense l’héritage céleste. Servez le Seigneur Jésus-Christ4. »

Lisez les lignes enthousiasmantes du R.P. Joseph qui nous fait redécouvrir la chevalerie et ses heures de gloire en nous rappelant qu’il n’appartient qu’à nous de faire revivre l’esprit chevaleresque !

Découvrez dans ce numéro le début d’une série d’articles destinés, en ces temps de communication à outrance, à faire réfléchir sur l’exemple que Notre-Seigneur nous a laissé durant ses trois années de vie publique.

Et enfin, n’hésitez pas à faire profiter votre famille et vos amis de cette revue qui n’a qu’un seul but : celui d’aider les familles à fabriquer des héros de sainteté ! Profitez de ce temps de Noël et d’étrennes pour offrir, partager, faire connaître cet abonnement qui doit rayonner toujours davantage dans nos foyers. Nous comptons sur vous !

En ces jours de novembre où l’Eglise célèbre tous les saints du paradis et nous fait prier pour nos défunts, nous invoquons particulièrement tous ceux qui nous ont quittés durant nos neuf années d’existence et qui veillent sur notre revue : certains nous l’ont promis. Nous ne manquons pas de prier régulièrement pour le salut de leur âme et chaque mois une Messe est célébrée pour Foyers Ardents, ses lecteurs passés et à venir.

Le R.P. Joseph et toute l’équipe de Foyers Ardents vous souhaitent une très joyeuse et sainte fête de Noël et chantent avec vous un magnifique Te Deum5 en action de grâces pour ces années passées ensemble, sous le regard de Notre-Dame.

Bien amicalement,

Marie du Tertre

1 Marie Winovska – Les Voleurs de Dieu – Du sang sur les mains

2 Benoit XV

3 Saint Paul, Première Épître aux Thessaloniciens, 4, 1-12

4 Saint Paul, aux Colossiens, 3,12–24

5 Dans notre rubrique « Le chœur de Foyers Ardents » p. 42