Douceur de la virilité et virilité de la douceur

       N’en déplaise aux tenants de l’idéologie du genre, les garçons se montrent aussi naturellement fiers de leur force physique que les filles le sont de leur beauté. C’est bien en vain que l’on voudrait lutter contre ces tendances qui sont celles mêmes des sexes. Loin de les rejeter, que les éducateurs les identifient comme de précieux fils d’Ariane qu’ils doivent saisir pour conduire leurs enfants sur les chemins de la vertu.

Montrons d’abord que tous leurs premiers soins consistent à expliquer à leurs garçons que la transposition de leur force physique sur le plan moral se nomme le courage, et à leurs filles que la douceur est le mot qui désigne la beauté de l’âme. Voilà les vertus qu’ils doivent conquérir ! La tâche est si ardue qu’ils ne peuvent y parvenir par leur seule bonne volonté. Voyons alors comment les éducateurs doivent indiquer à leurs enfants le secours nécessaire de la grâce dont ils ont besoin pour progresser sur leur sentier chrétien et la splendeur spirituelle des vertus qu’ils sont appelés à pratiquer. Terminons cet exposé en leur dévoilant la récompense que mériteront leurs efforts. Le cheminement viril de leurs garçons en fera des doux comme l’adoucissement vertueux de leurs filles permettra bientôt de les louer comme la femme forte de nos Ecritures. La douceur de la virilité et la virilité de la douceur, n’est-ce pas ainsi que doit s’harmoniser la sainte complémentarité des hommes et des femmes ?

  1. Ton âme est plus que ton corps :

Le garçon triomphe d’avoir remporté la course, jeté sa pierre plus loin que les autres, terrassé son frère dans une mémorable bagarre ! La force bouillonne en lui. Qu’il soit vigoureux ! Ne méconnaissons pas les bienfaits des efforts physiques auxquels il se livre naturellement. Voilà qu’ils vont servir de point de comparaison pour l’ouvrir à la découverte de la force morale. Le voici en effet tout piteux d’une grosse bêtise garçonnière qu’il a commise. Avouera-t-il sa faute ? Sera-t-il faible ou fort ? Le moment est précieux pour que l’adulte évoque cette autre force spirituelle qui doit le déterminer à la franchise. Ou bien le voilà sur le point d’éclater dans une terrible colère parce qu’il a perdu au jeu. Céder à cette passion doit lui être indiqué comme un signe de faiblesse. La force morale consiste ici à garder la maîtrise de soi et même le sourire. Cette continuelle transposition du physique au moral doit lui être familière et devenir un ressort de ses combats contre lui-même.

La fillette passe et repasse devant la glace qu’elle a découverte et raffole de s’entendre dire qu’elle est mignonne. Mais la maman qui a bien repéré son petit jeu devra saisir l’occasion où elle est « affreuse » de jalousie, de gourmandise ou de coquetterie pour lui montrer que la beauté de l’âme vaut mieux que celle du corps. Comment faut-il l’appeler ? La douceur, je crois. Non pas encore dans un sens très rigoureux mais dans le sens large de l’affinité qui existe entre cette vertu et le soin déjà maternel qu’elle doit prendre de ses poupées. Elle ne sera en réalité mignonne que par son abord calme, avenant et souriant. L’idéal de cette beauté morale – qui redonde d’ailleurs sur les traits de son visage ! – doit la porter et la charmer.

  1. Rien sans le Christ :

 Faut-il le préciser ? L’accoutumance des enfants à cette transposition fondamentale de l’ordre physique à l’ordre moral ne peut bien réussir qu’avec l’aide de la grâce. Bannissons le naturalisme persuadé que les succès éducatifs ne dépendent que du talent à toucher les cordes psychologiques des enfants !

S’il est vrai qu’il les faut connaître, n’oublions pas que l’archet qui en tirera les sons harmonieux doit être chrétien.

Le garçonnet qui veut être fort et courageux doit s’éprendre des modèles de sainteté qui lui révéleront des profondeurs insoupçonnées. Qu’il découvre, par exemple, en lisant la vie de Léon De Corte, l’existence de ces athlètes dépourvus des muscles corporels. Qu’il lise la victoire d’un François de Sales colérique devenu le plus doux des saints. Qu’il remplisse son âme de la Passion du Christ, fort de la force de Dieu et victime volontaire pour nous sauver de nos péchés. Qu’il prenne conscience du néant d’une vigueur corporelle qui n’est pas accompagnée de celle de l’âme. Qu’il sache coupable la force qui n’est pas protectrice des plus faibles. Et, qu’à la vue de ses échecs pour devenir fort, le garçon s’humilie devant Dieu en demandant son pardon au confessionnal et vienne mendier au banc de communion le pain des forts. Qu’il se jette enfin dans l’amour filial d’une Mère forte comme une armée rangée en bataille.

Quant à la fillette conquise par l’idéal de la douceur, qu’on l’aide vite à l’intérioriser ! La douceur n’est pas douceâtre, encore moins doucereuse. Elle n’est pas une simple apparence que donnent les traits du visage. Elle n’est réellement que si, intérieure, elle se répand sur l’extérieur. Autrement dit, pas plus que la force, elle ne doit être réduite à l’horizontalité des relations avec les autres êtres humains. Si Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui est Dieu, a pu dire de Lui : « Je suis doux et humble de cœur1 » , c’est que Dieu « est la Douceur par essence2 » . Nous ne serons des doux qu’en nous approchant de Dieu et en participant de sa douceur. Alors, qu’est-ce que la douceur ? Elle est avant tout la soumission humble et patiente au bon vouloir divin à l’origine de l’équanimité que l’on conserve dans ses rapports avec le prochain alors même que l’on doit supporter les maux qu’il nous inflige.

Que l’on parle de la force ou de la douceur, il faut un peu déplorer une littérature abondante, d’avant le Concile déjà, qui cherche à peindre de beaux portraits chrétiens de jeunes gens et de jeunes filles, à exalter leur rayonnement. Mais l’on cherche souvent en vain la racine et la sève de leurs nobles comportements. Ils nous paraissent d’une autre espèce que nous car ils développent d’admirables vertus comme si elles leur étaient naturelles. Ne nous illusionnons pas ! Nos modèles chrétiens sont toujours des âmes à la vie intérieure profonde, qui ne trouvent pas ailleurs que dans l’union à Notre-Seigneur, par l’oraison et par les sacrements, l’abnégation et la charité que nous leur voyons.

III. Deux itinéraires pour un même sommet

 Le jeune homme habitué à se vaincre lui-même devient réellement fort. Il comprend que le véritable courage consiste d’abord dans cette lutte incessante qu’il doit mener au-dedans de lui contre les mouvements désordonnés de ses passions pourtant parfois si violentes. Maître en sa demeure, il est aussi ce qu’il doit être dans l’existence, dans l’accomplissement de ses différents devoirs, dans l’exécution persévérante de ses obligations. Les conversations avec lui ne dégénèrent pas en disputes. S’il tient ferme à la vérité de ce qu’il pense, il sait céder paisiblement quand les opinions sont légitimement diverses sur un sujet.

Ne croyez pas que cette maîtrise que vous admirez en lui soit l’effet d’un bon tempérament ou de quelques efforts isolés de son adolescence. Elle est le résultat d’une conquête laborieuse à laquelle se sont associés ses parents et l’un ou l’autre prêtre. Elle est surtout le fruit d’une habitude d’union à Notre-Seigneur Jésus-Christ qui s’est traduite par l’exercice régulier, quotidien, de l’oraison.

Cette force intérieure, parce qu’elle jaillit du Christ, ne risque pas de dégénérer en dureté. Chez l’homme, elle revêt un caractère naturellement protecteur et cette propension s’accentue encore chez l’homme chrétien. L’idéal chevaleresque de la défense des plus faibles s’impose à lui. Une volonté de bienfaisance est le fruit spirituel de sa force. Or, qui prend soin des plus faibles apprend vite la nécessité de condescendre, de se mettre à leur place, d’user de mansuétude.

Et c’est par cette passerelle que l’homme découvrira la douceur et apprendra à unir en lui deux vertus qui lui paraissent presque opposées. Il n’est pas encore au bout de ses surprises ! Il expérimentera alors cet empire des doux sur les cœurs de ceux qui les entourent : « Bienheureux les doux car ils possèderont la terre en héritage3 ». La douceur a le don de désarmer les courroux et de gagner les cœurs. Après avoir fait la conquête de lui-même, l’homme fort qui s’adoucit fait celle de ceux qui l’entourent.

La jeune fille chrétienne qui s’exerce chaque jour à la douceur, comme à la pratique de la vertu qui symbolise la féminité et qui est exigée par la maternité, comprend vite l’harmonisation qui doit se produire entre son extérieur et son intérieur. Elle ne peut se contenter d’une contention qui s’afficherait dans les attitudes et dans le langage mais ne correspondrait pas à ses sentiments intimes. L’intériorisation s’impose à elle si elle veut être réellement douce. Le secret de la douceur, elle le trouvera dans son imitation du Christ et de la Très Sainte Vierge Marie, dans le bienfait de ses communions eucharistiques, dans la dévotion à la Passion de Notre-Seigneur. L’école de l’héroïsme chrétien, de sainte Blandine à sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, se manifestera à elle dans sa beauté.

Mais que cette conquête est douloureuse ! Comme il faut de la vertu pour demeurer en toutes occasions patiente, charitable, toujours prête à s’effacer, toujours là pour pacifier. Quelle abnégation ! L’idéal est très élevé et ne s’atteint que par d’âpres combats qui demandent une grande générosité. La force fait irruption dans sa vie d’abord comme le moyen indispensable pour demeurer douce. A l’instar des saints, il s’agit de rester dans la douceur dans des circonstances parfaitement contraires. Mais la force apparaît également comme le trophée qu’elle emporte en même temps que la douceur. Si elle est devenue une vraie douce, c’est qu’elle est alors aussi une « femme forte », car la douceur signifie un tel empire sur soi-même qu’elle suppose la pratique constante de la force. Elle aussi rayonne alors d’une personnalité supérieure, celle de sainte Geneviève devant les Huns, dont l’autorité incontestée est celle de la douceur.

Nous n’avons certes pas voulu dire ni que l’éducation des garçons se résume à l’acquisition de la vertu de force, ni que celle des filles doit seulement s’attacher à la formation de leur douceur. Mais si ces deux qualités sont, comme nous le croyons, celles qui conviennent le mieux, soit à la masculinité, soit à la féminité, nous pensons qu’elles possèdent un rôle à part pour conduire les uns et les autres. Le savoir, c’est découvrir des ressorts bien précieux de la psychologie des garçons et des filles. L’ignorer, c’est s’exposer à beaucoup de maladresses et de récriminations dans l’art déjà si complexe de l’éducation.

            Père Joseph

1 Mt 11, 29

2 J.J Olier, Introduction à la vie et aux vertus chrétiennes.

3 Mt 5,4

 

 

 

Le déconfinement n’aura pas lieu ou les boutons de Laetitia.

           Au couvent, le plus récent de nos dictionnaires est une édition « Hachette » de 2001. J’y ai cherché et n’y ai pas trouvé le mot « déconfinement ». Qu’on se le dise : ce néologisme, aujourd’hui sur toutes les lèvres, n’appartient pas au vocabulaire de la langue française. C’est un premier signe.

Il est vrai que l’Académie, anticipant peut-être les évènements de 2020 a pu l’admettre au cours des deux dernières décades. « Déconfinement » aurait alors sans doute pris place entre « déconditionner » et « déconfit ». Ce voisinage lui siérait à merveille ! La France a en effet un besoin urgent d’être « déconditionnée » du climat de psychose et de terreur instillé à la faveur de la pandémie afin de faire face à cette nouvelle tartine de « déconfiture » que le confinement lui a demandé d’ingurgiter.

 

I  Le déconfinement n’aura pas lieu.

 

  Si le mot « déconfinement » n’existe pas, qu’en est-il de la réalité signifiée par le mot ?

C’est chichement que le gouvernement a desserré l’étau de ses mesures drastiques et c’est sous la contrainte qu’il a dû admettre la disproportion des dispositions qu’il avait adoptées pour rendre à peu près impossible le culte public. Pour l’avenir, nous serions bien inspirés de nous souvenir de la petite phrase de Christophe Castaner, ministre franc-maçon de l’Intérieur et, à ce qu’il semblerait, Docteur en théologie : « La prière n’a pas forcément besoin de lieu de rassemblement ». Voilà tout un programme par l’un de nos oligarques, qui, certainement, sait de quoi il parle et n’a pas manqué à ses patenôtres dans son oratoire privé tandis que les Loges étaient bien sûr fermées et interdits les convents.

  Décidément, la neutre laïcité a bien du mal à ne pas se mêler des cultes. On le voit aussi à ce nouveau vêtement liturgique dont elle a voulu affubler les prêtres tandis qu’ils célèbrent la Messe. Il s’agit d’un hybride qui tient autant du masque que de la muselière. Car il est évident pour tous qu’à chaque fois que le prêtre se retourne vers les fidèles pour dire ses « Dominus vobiscum », sa toxicité est redoutable. C’est ainsi qu’on transforme la Messe en « mescarade » ! Et qu’on « emmasquille » les prêtres !

  En réalité, non seulement le déconfinement n’a pas lieu mais c’est le confinement qui redouble ! Certes le confinement des âmes ne date pas d’aujourd’hui… Le carcan des lois liberticides pour supprimer toute possibilité de parler contre les dogmes de la pensée unique existe depuis longtemps. Depuis la loi Pleven jusqu’à la loi Perben, en passant par les lois Gayssot et Lellouche, la traque des opinions bat son plein. Sur l’hexagone, les miradors se sont dressés, les uns après les autres, pour surveiller les citoyens. Comment échapper aux feux et aux tirs croisés de SOS Racisme, de la Halde « Haute autorité de lutte contre la discrimination et pour l’égalité », de la LICRA « Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme et de la DILCRAH « Délégation interministérielle de lutte contre le racisme, l’antisémitisme et de la haine anti-LGBT », en France concentrationnaire ?

 

II  « L’amende des boutons ou la bande des moutons1. »

 

  Tout cela n’était pas suffisant ! On doit à la sémillante et mal-prénommée, Laetitia Avia, d’avoir – pendant que les français étaient confinés – renforcé l’arsenal dont chacun perçoit l’insuffisance ! Grâce à Laetitia, le Parlement a fini de voter le 13 mai dernier, une loi qui permet d’enjoindre de retirer, sous 24 heures, tous les « contenus manifestement haineux » qui circuleraient sur internet. Les plateformes auront la peccadille d’une amende de 250 000 € si elles ne s’exécutent pas. La délation est encouragée et promue comme sport national et comme vertu civique. Peut-être sera-t-elle bientôt récompensée par la Légion d’honneur ! Car il faudra du courage, planqué derrière son écran, pour appuyer anonymement sur les nouveaux boutons obligatoires de signalement dont toutes les plateformes devront se doter.

III  La loi aviaire pire que la grippe aviaire

   Une jolie éruption due à Madame Avia qui va provoquer une grippe aviaire, bien plus à craindre que le coronavirus. Ce qui est un comble, c’est que l’invention géniale des boutons-mouchards, provient d’une élue dont on ne doit pas oublier la mise en cause pour ses propos racistes et homophobes par Médiapart. Laetitia, on a envie de lui appliquer le mot de Colette : « prénom gentil qui seyait à sa carrure [ de crédibilité ! ] comme une cravate de tulle à un rhinocéros. »

  Catholiques, il va falloir que nous fassions mentir Edouard Drumont qui avait eu cette boutade peu flatteuse à notre encontre : « Si les préfets convoquaient tous les catholiques sur la place pour midi précis, à cette fin de recevoir des coups de pied quelque part, ils arriveraient tous à midi moins le quart, pour être sûrs de ne pas le faire attendre ! » Le confinement passé et à venir nous a conviés et nous convie à réapprendre à chouanner… A nous d’être ingénieux pour découvrir les manières modernes d’entrer en résistance et de passer derrière les haies virtuelles ou réelles. A nous de savoir éviter d’entrer dans « le bal des moutons et de déjouer le mal des boutons1. » A nous de nous organiser, et de nous mobiliser, de nous unifier enfin pour mener avec Foi, intelligence et courage, les luttes que nous devons mener pour l’honneur de Notre-Seigneur Jésus-Christ et pour combattre ses ennemis.

Madame Avia, nous aimons tous les hommes pour qui Notre-Seigneur Jésus-Christ a versé son sang, mais, oui, nous haïssons le mal, le péché et l’erreur. Votre loi aviaire, nous la combattrons davantage que la grippe aviaire et que le coronavirus : comptez sur nous ! Notre-Dame de la Vendée militaire, accordez-nous les vertus de nos ancêtres !

Epilogue du 26 juin 2020

  Avia, orum, n. signifie en latin « lieux impraticables ». Il faut croire que le Conseil Constitutionnel a encore un peu de latin puisque le 18 juin (sic!), il a sanctionné « le caractère impraticable » de la loi « Avia » et a critiqué la privatisation du contrôle de la liberté d’expression qu’elle instaurait. Que le soulagement légitime que nous pouvons éprouver ne nous rende cependant pas dupes des motifs irrecevables invoqués par les « sages » de la République. Disons qu’ils veulent rester les maîtres de la répression de la pensée.

Père Joseph

 

1 Voilà deux contrepèteries qui viennent illustrer à leur manière comment passer derrière les haies !

 

 

 

La contrition

« Puisque Dieu veut le salut de tous les hommes, il doit leur donner à tous la grâce et les moyens nécessaires pour se sauver1. »

 

           Bien chers parents,

 

           Les circonstances inattendues et inédites dans lesquelles nous avons été brutalement plongés et dans lesquelles il nous faut cependant apprendre à vivre nous contraignent dans tous les domaines à rechercher des solutions ou des palliatifs aux difficultés nouvelles face auxquelles nous nous trouvons confrontés. Il s’agit pour nous tous d’imaginer, de mettre au point, de découvrir ou de redécouvrir des procédés visant à préserver au mieux les biens naturels et surnaturels qui sont nécessaires à nos vies sans nous laisser aller et sans négliger aucun de nos devoirs. S’il vous faut veiller au difficile quotidien de vos maisonnées, votre sollicitude de parents chrétiens ne doit pas non plus perdre de vue l’essentiel qui est le souci surnaturel de vos âmes et de celles de vos enfants. Cette préoccupation, qui est toujours la vôtre, pèse plus fortement encore sur vos épaules au cours de cette période d’une durée inconnue durant laquelle vos familles ne peuvent plus bénéficier des secours sacramentels et de la proximité des prêtres. Elle requiert donc que vous connaissiez les recours surnaturels qui existent dans de semblables cas pour que vous en viviez vous-mêmes et que vous sachiez aider vos enfants à les comprendre et à en vivre. La présente lettre a pour objet d’exposer ce qu’il faut savoir et ce qu’il faut faire lorsqu’on n’a plus la possibilité de se confesser pour un temps indéterminé.

 

  1. Rappels de doctrine concernant la contrition

 

« L’homme ne voit que ce qui paraît au dehors, mais le Seigneur regarde le cœur2. »

 

  1. Nous avons l’habitude que nos péchés nous soient remis au confessionnal. Nous croyons fermement en effet, lorsque le prêtre nous donne l’absolution et alors que nos cœurs sont réellement contrits, que Dieu, dans sa miséricorde, nous pardonne nos péchés. Nous savons cependant que nos péchés ne seraient pas remis si nous n’avions pas les dispositions intérieures de contrition. C’est elle qui est rigoureusement nécessaire pour obtenir le pardon de nos péchés. Et, si elle est parfaite, elle obtient même de Dieu la rémission immédiate de nos péchés, avant même l’absolution.
  2. On comprend donc l’importance de la contrition et la nécessité de bien l’expliquer dans la situation présente. Elle consiste dans la douleur intérieure des péchés que l’on a commis et dans le bon propos de ne plus recommencer. Aussi, il y a toujours un double mouvement qui existe dans l’acte de contrition : l’un vers le passé, pour détester les péchés commis et le second vers l’avenir pour se déterminer à lutter courageusement dans les tentations.
  3. Pour qu’elle soit réelle, il faut que la contrition possède quatre qualités. Elle doit être intérieure, surnaturelle, souveraine et universelle. Expliquons en quelques mots ces quatre caractères.

 

– En disant qu’elle doit être intérieure, nous voulons dire qu’elle doit être une véritable douleur du cœur et ne pas être seulement l’expression de quelques mots extérieurs de repentir qui ne signifieraient pas notre état intérieur.

– Elle doit être ensuite surnaturelle tant dans son principe qui est l’inspiration du Saint-Esprit agissant en nous que dans nos motivations qui doivent être la douleur d’avoir offensé Dieu, les souffrances et la mort de Jésus-Christ sur la croix à cause de nos péchés, la crainte des châtiments dont nous sommes passibles, la perte du Paradis ou la laideur du péché.

 

– Elle doit encore être souveraine en ce que notre raison doit comprendre le péché comme étant le plus grand de tous les maux et le détester comme tel.

 

–  Elle doit être universelle car elle doit s’étendre à tous les péchés sans aucune exception ni réserve.

 

  1. Le bon propos est le second élément de la contrition. Il est la volonté sincère de ne plus pécher à l’avenir. La contrition ne peut être véritable qu’à la condition d’exclure toute affection au péché, toute volonté de pécher. Ne laissons pas dire à nos enfants que, de toute façon ce bon propos est impossible car ils savent qu’ils vont retomber. Expliquons-leur que ce qui leur est demandé consiste à courageusement vouloir se relever et à lutter avec l’aide de la grâce divine. Et c’est en faisant toujours ainsi qu’ils avanceront. Si le petit enfant qui apprend à marcher restait par terre sous prétexte qu’il va encore faire des chutes, il n’y parviendrait jamais. Il en va de même dans l’ordre surnaturel.
  2. Le bon propos doit aussi être universel et s’étendre à tous les péchés mortels. Il doit amener à prendre tous les moyens pour les éviter et, par conséquent, pour travailler à s’en corriger. Il doit aussi fuir les occasions prochaines du péché dans toute la mesure où elles ne sont pas nécessaires car « Celui qui aime le péril y périra3.»
  3. Il est encore nécessaire de savoir qu’il y a deux degrés dans la contrition, la contrition parfaite et la contrition imparfaite également nommée attrition. Toutes les deux sont bonnes mais seule la contrition parfaite obtient de Dieu le pardon immédiat de tous les péchés même mortels. Il est donc nécessaire de bien les distinguer et d’aider les enfants à se placer dans des dispositions de contrition parfaite, surtout si l’on craint qu’ils aient commis des péchés graves.
  4. La différence entre les deux contritions se fait d’après les motifs qui en sont à l’origine. L’attrition ou contrition imparfaite amène à regretter les péchés que l’on a commis soit à cause de la laideur du péché soit par crainte des châtiments éternels ou temporels que l’on mérite tandis que la contrition parfaite est inspirée par la douleur d’avoir offensé un Dieu si bon, si aimable et si digne d’être aimé. L’effet de la contrition imparfaite est de disposer le pécheur à recevoir la grâce de Dieu dans le sacrement de pénitence mais ne suffit pas en elle-même pour obtenir la destruction du péché dans l’âme.
  5. Conclusion : il faut donc comprendre que la contrition parfaite est de nécessité de salut pour tout pécheur ayant commis un péché mortel s’il ne peut accéder aux sacrements de baptême ou de pénitence. Elle est alors la condition sine qua non pour retrouver l’état de grâce.
  6. Si le pécheur ne peut accéder au sacrement de pénitence, il doit donc s’efforcer d’entrer dans les dispositions de la contrition parfaite en y joignant le désir d’aller se confesser lorsque cela sera redevenu possible4. Le devoir demeure en effet, même si on pense avoir obtenu la contrition parfaite de confesser tous les péchés mortels commis. Et le pardon des péchés obtenu par la contrition parfaite avant une confession est en réalité toujours à attribuer à cette contrition liée au sacrement que l’on désire recevoir.
  7. Nous rappelons que le troisième commandement de l’Eglise demande de se confesser au moins une fois de l’an sans préciser de temps prescrit pour le faire.
  1. Moyens pour obtenir la contrition parfaite

 

« Est-ce que je veux la mort de l’impie, dit le Seigneur Dieu, et ne veux-je pas plutôt qu’il se convertisse et qu’il se retire de sa mauvaise voie, et qu’il vive5 ? » 

  1. De lui-même, l’homme ne peut obtenir la contrition parfaite, parce qu’il ne peut rien dans l’ordre surnaturel sans la grâce de Dieu. Mais, avec cette grâce, qu’il doit solliciter par une humble prière, il peut l’obtenir facilement.

 

  1. Il peut espérer l’obtenir facilement et de la bonté de Dieu et parce que les motifs de la contrition parfaite sont aisés à comprendre et à concevoir.

 

  1. Il est très important que les pécheurs n’interprètent pas mal le qualificatif de « parfait » et se découragent en pensant qu’ils n’y arriveront jamais. La contrition « parfaite » demande en réalité de savoir simplement concevoir le péché comme le plus grand mal et de le détester en tant que tel à cause de l’amour que l’on a pour Dieu. Il n’est donc pas requis de « sentir » une très grande douleur du péché ou un très grand amour de Dieu.

 

  1. Saint Charles Borromée proposait trois stations pour faciliter l’accès à la contrition parfaite. La première était la considération des châtiments terribles que méritent nos péchés. La deuxième, la perte du Ciel que l’on risque. Enfin, la troisième consiste à se représenter les souffrances de Jésus Crucifié à cause de nos péchés et de réaliser l’amour infini qu’il nous a témoigné par sa passion et par sa mort.

 

  1. S’il est vrai qu’un seul instant peut suffire pour accéder à la contrition parfaite, on fera bien de ne pas être présomptueux et d’y passer le temps que l’on passerait pour régler une affaire temporelle d’importance. Si le moindre degré de contrition parfaite suffit à obtenir de Dieu le pardon de ses péchés, désirons cependant grandir dans une componction toujours plus intense.

 

  1. Bien entendu, la pratique de l’examen de conscience est un moyen nécessaire pour connaître ses péchés et la récitation de l’acte de contrition doit naître spontanément sur les lèvres de celui qui est réellement contrit.

 

III. Conseils aux parents pour l’heure présente

 

« Je ne saurai jamais trop recommander à un père de ne jamais se permettre devant ses enfants aucune action qui puisse l’avilir à leurs yeux6. » 

 

  1. La connaissance de cette doctrine de la contrition et des moyens pour l’obtenir est nécessaire dans cette période de confinement pour que vous-mêmes, chers parents, et que vos enfants, vous ne viviez pas sur la fausse et décourageante pensée que vos péchés ne seront pas pardonnés avant la prochaine confession.

 

  1. Elle l’est spécialement pour ceux qui sont tombés dans le péché mortel et qui doivent donc savoir qu’ils peuvent retrouver l’état de grâce et qu’ils doivent même tout mettre en œuvre pour y arriver dès à présent. Il faut bannir l’idée diabolique qui consiste à se dire, une fois que l’on est tombé gravement une fois que ce n‘est plus la peine de lutter et que l’on n’a plus qu’à se laisser aller. Illusion funeste que l’on trouve trop fréquemment !

 

  1. Elle est également source d’une grande

    consolation pour les âmes ferventes qui savent que leurs péchés véniels peuvent facilement être pardonnés grâce à cette contrition de l’âme. La vigilance des mères doit toujours rester sur le qui-vive pour faire attention à chacun de ses enfants. 

     

    1. Nous pensons que le rappel de cette doctrine par les pères de famille, dans les circonstances présentes, peut avoir un poids considérable et que les enfants ne peuvent être que très favorablement impressionnés et touchés d’entendre la voix paternelle prendre le temps de leur donner cet exposé, de manifester ainsi sa foi et de montrer cette sollicitude pour l’âme de ses enfants.

     

    1. Il est cependant certain qu’il doit lui-même montrer l’exemple pour être crédible. Qu’il ait conscience, s’il est fautif, qu’il ne pourra pas « tenir longtemps sa conduite cachée à ses enfants ; le plus léger indice en livrera certainement un jour le secret à leurs oreilles curieuses, et la triste vérité, une fois connue, fera plus de mal en quelques instants que toutes les leçons n’avaient pu jusque-là produire de fruit…7»

     

    1. Enfin, après l’utilisation intensive des moyens virtuels qui ont été mis en œuvre par l’école pour les cours, que la période des vacances, même si elles vont se passer dans le confinement, marque une nette coupure avec l’utilisation de l’internet, vrai nid de frelons dans les maisons pour la plupart d’entre nous.

     

      Chers parents, il me semble que nous ne faisons ici que commencer à balbutier les leçons que nous devons extraire des événements que nous vivons. Nous avons évoqué dans cette lettre la question de la contrition en raison de l’urgence où peuvent se trouver certains. Mais la réflexion doit s’étendre bien plus loin : cette crise sanitaire actuelle nous oblige, sur le plan spirituel, à évaluer notre capacité de continuer à vivre chrétiennement et avec ferveur dans des circonstances devenues tout à coup nettement moins favorables et en recherchant même à tirer le bien du mal. Nous vous assurons de notre religieux dévouement dans le Cœur Douloureux et Immaculé de Marie et nous portons vos familles dans nos prières au cours de ce temps Pascal en nous tenant toujours à votre disposition.

     

    Père Joseph

     

    Appendice : Acte de contrition parfaite selon saint Alphonse :

    Mon Dieu ! Je vous aime de tout mon cœur et par-dessus toutes choses parce que vous êtes infiniment bon et infiniment digne d’être aimé. Je me repens de tous mes péchés parce qu’ils vont ont offensé, ô Bonté infinie ! Je m’en repens de tout mon cœur et j’en ai plus d’horreur que de tous les maux ; je suis résolu de mourir plutôt que de jamais vous déplaire, moyennant votre grâce que je vous demande pour maintenant et pour toujours. Je me propose en outre de recevoir les saints sacrements pendant ma vie et à ma mort.

     

 

 

Les sœurs siamoises

           « En Islam, plus Allah est présent, moins la femme est considérée. En système hyper-libéral, moins Dieu est présent, moins la femme est considérée1 ».

           On dit que les extrêmes se touchent. Rien ne paraît pourtant plus opposé que le statut concédé à la femme dans le monde musulman et celui que lui octroie la société occidentale d’aujourd’hui. Le premier n’est-il pas celui de la séquestration et la seconde de la libération ? Quel rapport entre la femme tchadorisée et la femme émancipée ? Certes, les circonstances où elles évoluent sont diamétralement opposées. Mais, si l’on va au fond des choses ; que de rapprochements étonnants ! Nous les découvrons unaniment méconnues et chosifiées, mal-aimées et humiliées.

I – Les femmes méconnues :

La relégation de la femme musulmane dans une situation inférieure est enracinée dans le Coran. Autant l’homme musulman s’y trouve honoré et bardé de droits, autant la femme y subit « la misogynie de Mahomet2.» On l’apprend dès la quatrième sourate : « Les hommes sont supérieurs aux femmes à cause des qualités par lesquelles Allah a élevé ceux-là au-dessus de celles-ci3 ». Son seul titre au respect est de devenir participante au jihad en enfantant les futurs guerriers de l’Islam ! Et plus les sociétés sont islamisées, plus la condition de la femme est celle de l’asservissement. L’intelligence de la valeur singulière de la féminité en tant que telle est étrangère au monde musulman. La femme est un ventre.

Mais nos vieux pays européens en ont-ils une meilleure perception ? Comme Péguy l’a écrit : « Le monde moderne avilit. Il avilit la cité ; il avilit l’homme. Il avilit l’amour ; il avilit la femme. Il avilit la race ; il avilit l’enfant. Il avilit la nation, il avilit la famille4 ». Comment avilit-il la femme ? Nous croyons que l’idéologie des droits de l’homme abstrait entraîne une hideuse confusion … Les êtres humains qui existent sont dans la réalité des hommes et des femmes. La pernicieuse approche droits de l’hommiste, qui décline ses dogmes les uns après les autres, aurait dû prendre le temps de méditer sur l’admirable complémentarité des sexes qui fonde les missions dans lesquelles ils se trouvent associés. Tout cela a été perdu. Au lieu de cultiver et de magnifier la singularité féminine, on a développé un égalitarisme mortifère où l’on pousse les femmes, malheureuses hommasses, à devoir prouver qu’elles peuvent égaler les hommes pour réussir polytechnique ou pour devenir camionneur, pour être catcheuse ou légionnaire… Le non -sens culmine avec la théorie du gender, véritable refus de la spécificité ontologique de la femme.

II – Les femmes chosifiées :

Non seulement les femmes sont méconnues en tout ce qui les distingue mais elles sont traitées avec brutalité et chosifiées tant par les sociétés islamisées que par les sociétés maçonnisées. De part et d’autre, la femme est un objet sexuel.

Dans l’Islam, les hommes les collectionnent dans leur harem si la fortune le leur permet. La monogamie est le sort des pauvres. Ecoutons le Coran les situer et les définir parmi les différents plaisirs du mâle musulman : « Les hommes sont attirés par le plaisir des passions que sont les femmes, les enfants, les trésors amoncelés d’or et d’argent, les chevaux de race, les troupeaux et les terres cultivées5 ».  Ne nous étonnons donc pas de l’élégante recommandation d’Allah aux maris : « Vos femmes sont pour vous un labour. Allez à votre labour à votre guise6 ».  Matériel humain nécessaire à la jouissance des pachas machos : voilà la place de la femme musulmane telle que l’a définie Allah. Les hommes ont bonne conscience puisque Dieu en a décidé de la sorte.

Mais dans la modernité, comment la femme est-elle considérée ? Il est facile de se gargariser de mots et d’énumérer des droits … La honteuse réalité éclate partout sur les murs de nos cités, nos panneaux d’affichage et nos écrans… La femme n’est qu’un corps et ce corps impitoyablement dénudé n’est qu’un appât utilisé sans vergogne pour des fins commerciales. La mission de la femme, c’est d’aider à la vente des cacahuètes et de permettre l’engraissement des banquiers. Croit-on que l’on apprendra aux enfants la considération qu’ils doivent à leur mère, à leur sœur et à leur épouse par cet érotisme omniprésent ? Si la femme est une poupée qu’on déshabille à sa guise pour écouler ses stocks, jetons-la quand les stocks sont épuisés ou que son visage devenu ridé ne la rend plus attractive.

La modernité ne recule devant rien. Toujours la maternité a été révérée, sacralisée par tous les peuples. Qu’en reste-t-il aujourd’hui où l’on curette les entrailles des femmes pour en détacher les fruits humains, où l’on légalise la location de leurs ventres comme s’ils étaient des machines ?

Dans un cas comme dans l’autre, la femme est réduite à son corps et ce corps est cyniquement exploité ou comme un faire-valoir économique ou comme un instrument de plaisir.

III – Les femmes mal-aimées

C’est dans la mesure où l’on connaît bien que l’on apprend à aimer comme on le doit. Mais l’Islam et la modernité méconnaissent la femme : la chosifient. L’amour qu’ils suscitent de la féminité est au niveau de la totale méconnaissance qu’ils en ont.

Aucun effort ne nous est demandé pour comprendre l’opposition qui existe entre la légitime aspiration d’une femme à aimer un homme et à être aimée de lui d’un amour profond et durable et le régime de la polygamie ou de sa simple menace. L’amour est ainsi fait qu’il est un absolu et n’admet pas le partage du cœur. Mais pourquoi la polygamie et pourquoi pas alors la polyandrie ? Parce que la femme est un être de deuxième plan, objet de jouissance pour les hommes et achetée à ce titre par eux. Incapable de contracter mariage selon la loi coranique, elle n’est pas apte à nouer avec son mari un échange spirituel et à être aimée pour elle-même. D’ailleurs – et c’est tout dire-, un seul mot « nikah » sert en arabe à nommer le mariage et l’acte sexuel… Ce mot a permis d’enrichir la langue française du verbe « niquer » dont on connaît l’usage …

Mais la modernité n’a rien à envier à l’Islam, elle qui prône le vagabondage sexuel comme le nec plus ultra de l’amour humain ! Les femmes sont des femelles et l’on passe de l’une à l’autre au gré de ses pulsions. Quel amour dans ces aventures libidineuses d’une nuit dont on n’attend rien d’autre que des sensations égoïstes et sans lendemain. Parce qu’elle a perdu la notion de l’amour, la modernité en propose des contrefaçons écœurantes où les hommes et les femmes apprennent à se détester et à se mépriser à mesure qu’ils prennent conscience du vide profond de leurs jeux d’amour. Qui donc a tué l’amour ? C’est l’amour libre, l’amour liberticide qui ensauvage le cœur des hommes.

IV – Les femmes humiliées

Nous dénonçons également l’Islam et la modernité. Nous dénonçons l’Islam, religion qui légitime la conception du mâle jouisseur et despote et de la femme asservie. Mais nous ne dénonçons pas moins la modernité lubrique qui devrait rougir de pérorer sur la dignité de la femme quand elle la déconsidère tant et plus. Nous dénonçons deux entités qui ravalent la dignité de la femme et qui perpétuent un cercle vicieux par la vision fausse qu’elles en donnent aux générations nouvelles. Nous récusons ensemble Elisabeth Badinter dont « la conception de la liberté et de la sexualité est ultra simple : c’est la possibilité pour chacun de vivre comme il le souhaite, y compris d’avoir des amants ou de partager l’existence d’un homme qui vous trompe » et l’ayatollah Khomeiny pour qui « le harem est certainement la plus humaine des solutions pour la femme ».

Les idées mènent le monde. Si elles sont fausses, pour son malheur, et si elles sont vraies pour son bonheur. La restauration à laquelle nous aspirons demande de retrouver la conception juste de la féminité. Elle n’est pas à inventer. Elle existe. C’est la conception chrétienne de la femme et la société continuera à se déliter tant qu’on n’y reviendra pas. Qu’on veuille bien laisser de côté les mensonges qui ont été multipliés contre la doctrine chrétienne et vouloir la découvrir pour ce qu’elle est.

Que nous enseigne l’Église ?

           Que la première personne humaine, dans l’ordre de la perfection, n’est pas un homme mais une femme. Notre-Seigneur Jésus-Christ est en effet la deuxième personne de la Sainte Trinité, Personne divine, ayant pris chair, non point personne humaine.

Que cette femme, la Très Sainte Vierge Marie, est si parfaite que Dieu ne pouvait la faire plus parfaite. Que lui a été confié le ministère le plus auguste qui soit en la faisant devenir Mère de Dieu.

Que la mentalité de tous les hommes chrétiens agenouillés devant la Très Sainte Vierge Marie a été puissamment transformée par cette dévotion.

Que le Christ est l’artisan de l’innovation la plus étonnante de l’histoire de la féminité en reconnaissant la femme maîtresse des modalités de sa vie terrestre. Si des aspirations surnaturelles l’appellent au point de lui donner le désir de renoncer au mariage et à la maternité selon la chair, libre à elle ! A sa virginité, elle associera une maternité spirituelle que l’Église célébrera. Mais si d’honnêtes désirs amènent la femme à se marier, le Christ la protège par l’élévation de l’esprit de ses lois. Qu’on en juge ! Interdiction de la polygamie, des divorces et de la répudiation. Fidélité inviolable que les époux se doivent. Délicatesse de conscience qui condamne jusqu’à ces fautes secrètes de convoitise d’une femme qui n’est pas la sienne. La chrétienté en est née : admiratrice et protectrice de la femme, consciente de l’éminente grandeur de son rôle, inculquant aux hommes et aux enfants un respect, une vénération pour celle dont dépend l’avenir des sociétés.

Si la fonction qui revient plus naturellement aux hommes est de façonner le monde, n’est-elle pas plus grande encore celle qui revient à la femme et qui est de façonner l’homme ?

Père Joseph

 

1 Anne Brassié, Stéphanie Bignon, Cessez de nous libérer, Via Romana 2014, p. 139

2 Abbé Guy Pagès : Interroger l’Islam, DMM 2013, p. 191

3 Coran 4,38

4 Charles Péguy, 6 octobre 1907, Gloire temporelle

5 Coran 3, 14

Coran 2, 223

 

 

 

Porter sa croix

 « Salut, ô Croix, notre unique espérance »1

            Nous devons « porter notre croix ». L’expression nous est familière et elle évoque immédiatement à nos yeux le douloureux chemin parcouru par Notre-Seigneur Jésus-Christ pour se rendre au Calvaire. A nous de suivre le divin exemple qu’il nous a donné si nous voulons sauver nos âmes et pénétrer dans le Ciel : « Si quelqu’un veut me suivre, qu’il se renonce et prenne sa croix, et qu’il me suive »2. Pourtant, sommes-nous bien capables d’expliquer ce que signifient ces mots ? Suffit-il de souffrir pour « porter sa croix » ? Non, il est trop manifeste que les hommes peuvent être très éprouvés sans pour autant porter la croix. « Porter sa croix », c’est donc un certain esprit que nous essaierons de définir d’abord (I). Nous montrerons ensuite qu’il y a un art pour porter la croix sans la rendre plus lourde qu’elle ne l’est (II) et qui permet même de la rendre suave et légère (III).

I – Pour bien comprendre l’expression : « porter sa croix » :

La Croix, ce redoutable instrument de supplice, est devenu le symbole par excellence du Christianisme qui l’exalte et la glorifie. Saint André, arrivé au lieu de son martyre et voyant la croix, s’écrie : « O bonne croix qui a tiré ta gloire des membres du Seigneur, croix longtemps désirée, ardemment aimée, cherchée sans relâche, et enfin préparée à mes ardents désirs, retire-moi d’entre les hommes, et rends-moi à mon maître, afin que par toi me reçoive Celui qui m’a racheté par toi »3. Dans ses paroles, il explique le motif de son amour de la croix : elle est le moyen mystérieusement choisi par Dieu pour l’accomplissement de l’œuvre de la Rédemption. Tel est à jamais son titre de noblesse.

Cependant, si les deux frères de sang, Saint Pierre, Saint André et quelques autres saints ont subi dans leur corps la crucifixion, à l’imitation de Notre-Seigneur, c’est d’une façon spirituelle que les catholiques sont en général appelés à porter leur croix.

Ce qu’on appelle leur croix, c’est l’ensemble des souffrances et des épreuves diverses, corporelles ou morales, qu’ils sont amenés à supporter tout au long de leur existence ici-bas. Ce sont les conséquences du péché originel qui touchent tous les hommes. Si les maux subis par chacun varient en nombre et en intensité, nul n’est épargné. Les souffrances peuvent être également des conséquences ou des punitions divines pour les péchés personnels mais pas nécessairement. Des âmes très innocentes sont également placées dans le creuset de la douleur.

Mais il faut ici comprendre que l’expression « porter sa croix » ne consiste pas à souffrir et à être éprouvé. On peut l’être terriblement sans porter sa croix. Il s’agit en réalité de l’esprit avec lequel on reçoit et on vit les vicissitudes auxquelles on se trouve confronté. Ceux qui portent leur croix sont ceux qui ont saisi et accepté les souffrances et les épreuves comme étant des moyens privilégiés de rédemption, de sanctification, d’élévation spirituelle. Un Baudelaire l’avait perçu : « Soyez béni, mon Dieu, qui donnez la souffrance comme un divin remède à nos impuretés ».

Le poète, au lieu de se révolter, sentait l’occasion privilégiée que la souffrance, chrétiennement vécue, lui donnait d’expier ses fautes, d’obtenir le pardon et la purification de son âme. Il savait voir la souffrance comme cette âme d’élite que fut Elisabeth Leseur : « Je crois que la souffrance a été accordé par Dieu à l’homme dans une grande pensée d’amour et de miséricorde ».

Ce n’est donc pas que les chrétiens aiment la souffrance ! Mais ils croient en sa valeur rédemptrice et ils expérimentent peu à peu comme elle est le moyen salutaire pour les désentraver des attaches terrestres et leur permettre de prendre leur envol vers les biens célestes. Comme l’a écrit Pie XII : « La Foi ne vous fera certes pas aimer la souffrance pour elle-même, mais elle vous fera entrevoir pour quelles fins très nobles la maladie peut être sereinement acceptée et même désirée »4.

C’est à ce titre que la souffrance est saluée, aimée et déclarée bienheureuse. Non point en elle-même mais en raison des biens précieux qu’elle nous obtient quand nous la portons dans cet esprit vraiment chrétien. Voilà l’un des sommets de la sagesse chrétienne.

II – L’art de ne pas alourdir sa croix :

 Ceux qui ne savent pas comment soulever un lourd fardeau peuvent se faire très mal au dos. Il existe, dans l’ordre naturel, des manières, des méthodes, des astuces même, pour accomplir sans trop de mal des tâches difficiles et fatigantes. Nous croyons qu’il en va aussi de même dans l’ordre surnaturel. Voyons qu’il y a d’abord des moyens de ne pas alourdir sa croix comme beaucoup ont tendance à le faire. Disons donc comment, il ne faut pas la porter.

Nous ne recevons les forces surnaturelles que pour porter le fardeau d’aujourd’hui. Demain et l’avenir doivent être paisiblement abandonnés à Dieu. Il risque fort de succomber sous le poids du jour, celui qui appréhende aujourd’hui les souffrances éventuelles et les peines de demain.

Comprenons aussi que Dieu sait bien mieux que nous et la croix que nous sommes capables de porter avec son aide et celle qui nous convient le mieux pour nous sanctifier ! Acceptons-la paisiblement comme elle est sans penser que nous aimerions mieux porter celle de notre voisin. Réjouissons-nous pour ceux qui portent peut-être une croix plus légère (d’ailleurs, qu’en savons-nous vraiment ?) et remercions Dieu d’avoir si bien choisi la nôtre.

N’ajoutons pas à notre fardeau des poids que Dieu n’a nullement voulu que nous portions. Comprenons en particulier que nos défauts, notre orgueil, notre susceptibilité, notre jalousie, par exemple, alourdissent terriblement nos épreuves. Au lieu de nous soutenir les uns les autres dans notre pèlerinage, nous nous faisons mal, nous nous heurtons, nous aggravons considérablement notre peine au lieu de l’adoucir par une vraie charité mutuelle.

Portons-la non par la force de nos muscles et en nous raidissant, non pas à la manière des stoïciens antiques, mais persuadés au contraire que ce n’est qu’en Dieu qu’on trouve la force pour la soulever. C’est en réalité bien plus Lui qui la porte que nous qui la portons.

III – L’Adoucissement marial et l’allégement des croix

Le Fils de Dieu Lui-même a voulu la présence de sa Mère à ses côtés tout au long de son chemin de croix et Marie a passé auprès de son Fils crucifié les trois terribles heures que dura le temps où il fut élevé de terre.

Que notre Foi nous donne la conviction profonde de la nécessité d’accomplir notre pèlerinage, de suivre notre chemin, toujours avec Marie. Sans elle, nous ne pouvons pas survivre. Si les saints, chargés de fardeaux terrifiants, volent plutôt qu’ils ne marchent sur ces routes d’exil, c’est qu’ils se sont abandonnés à Marie qui les porte sur son cœur.

N’est-ce pas là le secret qui donne l’explication de la joie profonde des saints ? La douce intimité avec la très sainte Vierge Marie, voilà le gage d’un vrai bonheur, même au milieu de nos croix et voilà la certitude de l’allégement de nos peines.

C’est ainsi que nos chemins deviennent non seulement supportables mais doux à nos âmes. Bien porter sa croix sur la terre, c’est en vérité la clef du bonheur.

 

Père Joseph

1 Tiré du « Vexilla Regis », hymne du dimanche de la Passion

2 Mt. 16, 24

3 Matines de la fête de Saint André

4 Pie XII dans son radio-message du 14 février 1954