Le chef de famille – La femme – Saint Joseph

Le chef de famille

            Le chef doit être un exemple vivant de charité et de justice, de prévoyance et de loyauté. Il lui appartient de pressentir les difficultés qui s’avancent, les problèmes qu’il faudra résoudre, de consulter et de trancher à temps, en informant de la décision, et autant que possible, de ses motifs. Lorsque celui qui exerce l’autorité est aux écoutes des besoins de ceux qui l’entourent, qu’il sait avec douceur leur donner place et rang, c’est presque spontanément que la paix se développe dans la communauté, car la prudence ordonnée à la charité y règne comme une évidence. Cela devient occasion d’entente, ou plutôt de communion entre les membres d’un corps qui sont vitalement unis à la tête de ce corps.

Gustave Thibon

 

La femme

            « La femme, amie des silences de sa maison, donne au monde une leçon d’ordre. Elle se tient à la place qui est sienne. Elle proclame aussi fortement qu’il est humainement possible la réussite expérimentée depuis des milliers d’années et qui ne s’inscrit pas seulement dans l’ordre d’une époque, mais dans celui d’une nature. Comme une pierre anonyme dans un édifice, s’appuyant sur ce qui est en bas, elle soutient ce qui est en haut. Elle légitime et unit l’un et l’autre de tout son être. Elle est, pour l’édifice, totale bénédiction. Son action muette figure la paix de l’efficience, la splendeur du service intégral. »

Marie-Paule Vinay, Académie française

 

Saint Joseph, modèle des chefs de famille 

           Si les chefs de famille doivent, comme tels, exiger la respectueuse obéissance et désirer l’amour de leurs enfants, qu’ils sachent être dignes de ce qu’ils souhaitent, en restant intimement unis eux-mêmes, comme saint Joseph, au Père qui est dans les cieux.

Qu’avec saint Joseph, ils apprennent à connaître par la prière filiale, les bons plaisirs divins sur ceux dont ils ont la charge. Qu’ils sachent aussi écouter les réponses du Père et sans attendre de révélations, qu’ils se déterminent à agir d’après les circonstances et les personnes au mieux de la volonté divine.

O saint Joseph, donnez-nous la force de vous imiter, chacun à notre place providentielle.

Chef énergique de la Sainte Famille, priez pour qu’avec vous, tous les chefs, tous les supérieurs, les plus élevés comme les plus humbles, sachent prendre comme vous, sous le regard de Dieu, leurs responsabilités.

Père R. de la Chevasnerie

 

La foi –  Le bon plaisir de Dieu – La voie étroite – Les mille occasions quotidiennes

La foi donne la sérénité

« La foi doit être la lumière qui enveloppe non seulement nos heures de prières, mais toute notre vie. Dans la prière, tu dis : « Je crois en Dieu, le Père Tout-Puissant », mais à peine quelques instants se sont-ils écoulés que, devant un devoir difficile, une personne importune, une circonstance qui trouble tes plans, tu oublies que tout cela est voulu, disposé par Dieu pour ton bien. Tu oublies que Dieu est Père et, comme tel, se soucie plus que toi-même de ton bien. Tu oublies que Dieu est Tout-Puissant et en cette qualité, peut t’aider dans chaque difficulté.

Celui qui vit de foi peut répéter les belles paroles d’Elisabeth de la Trinité : « Tout ce qui arrive est pour moi un message du trop grand amour de Dieu pour mon âme ». Puisque tu sais et crois que Celui qui guide tout est ton Père, tu te confieras à son gouvernement avec une confiance absolue et tu demeureras serein, même dans les adversités, bien convaincu qu’Il peut se servir même du mal, des erreurs des hommes, de leurs péchés et de leur malice pour le bien des élus. »

P. Gabriel de Sainte Marie-Madeleine – Intimité divine

 

« Le bon plaisir de Dieu ; l’intérêt du prochain, au détriment du mien ; pour moi, le plus pénible, pour faire plaisir à Dieu. »

B.M.Th. de Soubiran

 

« Aidez-moi Seigneur Jésus en me répétant : Ne te lasse pas sur la voie étroite : j’y suis passé avant toi. Je suis la voie même et le guide. Je prends sur moi celui que Je conduis, et Je le mène à Moi. »

Saint Augustin

 

« Il n’y a rien à négliger dans notre vie ; chaque battement du cœur, chaque éclair de la pensée, chaque acte ou démarche, quelques petits qu’ils soient, ont des suites éternelles. »

Bossuet

 

« O Seigneur, nous cherchons souvent la sainteté où on ne la trouve pas. Nous attendons les occasions exceptionnelles de Vous plaire, et nous laissons passer les mille petites occasions quotidiennes. Les grandes pénitences nous attirent, et nous méprisons les centaines de petites mortifications qui demandent la fidélité. Seigneur, donnez-moi aujourd’hui de nombreuses occasions de Vous plaire, et la grâce de les bien voir. Sans votre grâce je ne puis rien ; avec votre grâce je puis tout. »

Abbé Edouard Poppe – Sous le regard de Dieu

 

 

 

 

Rencontrer Dieu

« L’âme de foi ne rencontre pas seulement Dieu dans l’oraison, mais, Le voyant en toutes les créatures, elle Le trouve en toutes choses et peut ainsi maintenir son contact avec Lui, même au milieu des affaires. L’esprit de foi lui fait pénétrer l’opacité des créatures et des évènements, au-delà desquelles elle voit toujours Dieu. (…) Savoir reconnaître et rencontrer le Seigneur en chaque créature -même en celles qui nous heurtent, nous offensent, nous font souffrir – en chaque évènement – jusqu’aux plus désagréables, pénibles, déconcertants – est un grand secret de vie intérieure. Alors le monde devient un livre ouvert qui porte à chaque page, écrit en grands caractères, un nom unique : Dieu. En face de Dieu, de sa volonté, de sa permission, de ses plans, tout devient secondaire et l’on comprend combien il est sot de fixer le regard sur les créatures, alors que celles-ci ne sont, pour ainsi dire, que le voile qui nous cache le Créateur. (…) Dans mes rencontres avec le prochain, je puis m’habituer à saluer le Seigneur présent en chaque créature ; dans mes devoirs d’état, les ordres de mes supérieurs, je puis voir l’expression de la volonté de Dieu ; dans toutes les circonstances, grandes, petites ou même minuscules, qui me causent de l’ennui, de la gêne, de la souffrance, un redoublement de travail ou le changement de mes plans, il faut que j’apprenne à voir autant de moyens dont Dieu se sert pour me faire exercer la vertu : patience, générosité, charité. »

Intimité divine – Père Gabriel de Sainte Marie-Madeleine.

 

Le veuvage

           « Pierre a été mis hors du temps ; il ne saurait donc plus être question de vieillesse, et, puisqu’il est uni à mon âme, la vie terrestre eut été moins féconde en tendresse, en confiance, que cette vie présente, toute spirituelle, infiniment nourrie et active. T’aimer toute la vie, est-ce la mort qui m’en empêchera ? Quand elle a été posée comme un sceau divin, une consécration définitive sur notre amour, quand elle m’a révélé une nouvelle vie de fervente et constante union dans le domaine mystique, sous le regard de Dieu ? Est-ce ton absence apparente à mon amour, quand je te sens si près de moi, vivant en moi, rayonnant à travers moi ?

Vais-je regretter de ne plus prier à tes côtés quand nous sommes incessamment unis dans la louange ? Quand après avoir rêvé l’union parfaite, nous sommes consommés dans l’unité par le Christ-Jésus ?

Vais-je regretter l’appui de ton bras et l’étreinte de ta main bénie quand je suis toute environnée de ton esprit, de tes conseils intérieurs, du soutien que me donne l’assurance de ton bonheur ; soutien et force contre lesquels rien ne prévaut, bouclier de lumière, rempart de joie, citadelle de paix, capable d’essuyer tous les assauts du monde, parce que ta béatitude est une réalité vivante, infinie, éternelle et qu’elle est la réalité de ma vie.

O mon amour, mon très doux ami, toi que j’aimais avec un cœur de vingt ans, voici que maintenant – et parce que tu as été transporté dans le Paradis éternel – mon cœur aura toujours vingt ans, l’amour en renouvellera la jeunesse, l’amour qui hait le temps, le rejette et le méprise. »

Mireille Dupouey (Cahiers)

 

Le père

Je te bénis, mon Père qui es dans les cieux, parce que Tu m’as donné un père sur la terre.
Lui dont je tiens mon nom, et mon honneur, et tout exemple de droiture.

Qu’il soit le premier dans ma louange, lui qui est le maître dans la maison, et le chef dans la famille, et le modèle dans mon cœur.

Celui qui est mon guide à mes côtés, et qu’on ne peut pas surpasser en dévouement et en bonté et en noblesse.

Celui que tout le jour on désire revoir quand son labeur le tient absent, et qui partage avec les siens l’intimité des douces veilles !

Lorsque le père a dit : c’est vrai, on sait qu’il est loyal, et notre cœur s’épanouit dans la croyance en notre père de la terre et dans la foi en notre Père qui est aux cieux.

Lorsque son bras soutient la démarche vacillante de son fils, on sait que son appui est sûr, et notre cœur se raffermit dans la confiance en notre père de la terre et l’espérance en notre Père qui est aux cieux.

Et lorsque sa tendresse nous embrasse, et nous châtie, et nous soutient, tout notre cœur reçoit la grande chaleur virile de l’amour qui est aux cieux et sur la terre.

Et moi, je te bénis, mon Dieu, lorsque j’étais adolescent et que la crainte était en moi de n’adorer qu’un Dieu pour les enfants et pour les femmes.

Je te bénis pour ce père qui mêlait sa prière à ma prière, et dont le cœur te recevait avec le mien, et qui n’avait pas honte de son Dieu crucifié sous les sarcasmes de la terre !

Un prêtre – 1944