C ’est l’amour qui grandit le coeur, c’est-à-dire qui le rend vertueux. Avant d’agir, de prier, de parler, de donner un conseil, de prendre une décision, disons : Veni Sancte Spiritus, enseignez-moi à agir, à prier, à parler comme vous le faisiez Vous-même. Mettez dans mon esprit Vos lumières, dans mon coeur Vos ardeurs, sur mes lèvres Votre prudence, dans mes yeux Votre modestie, dans mon corps Votre chasteté, dans tout mon être, pour l’animer de la vie divine, l’image parfaite de Votre Sainteté.
Père Charton, L’âme transformée au Christ
Catégorie : Mes plus belles pages
Sous l’influence du Saint-Esprit
Notre vue est courte, nous ne voyons pas loin en nous-mêmes et nous avons un instrument bien propre à nous boucher les yeux : l’amour-propre qui nous cache les avenues de la prudence. La vie, personnes et choses, tourne sans cesse autour de nous. Nous ne voyons pas bien ou si nous voyons bien, nous n’avons pas la fermeté nécessaire pour nous imposer à nous-mêmes notre juge-ment. Pour ménager nos attaches, nos habitudes, nous rusons avec les inspirations de l’amour de Dieu. La vertu de prudence s’insère dans cette psychologie de misère : devenue nôtre il nous appartient de la manier, nous en gardons l’initiative. Pour venir en aide à cette faiblesse le Saint-Esprit s’interpose. Tantôt Il insinue, stimule, tantôt Il reprend, gourmande. Tantôt Il se fait juge : Il nous témoigne à l’inté-rieur que c’est bien ou que c’est mal. Soyons convaincus que nous sommes sous Son influence. Faisons-nous une habitude de recourir à Ses lumières quand le besoin s’en fera sentir, Il nous aidera à point nommé.
Père A. Gardeil, Le Saint-Esprit dans la vie chrétienne
La perfection
La perfection est la recherche de l’éternel et souverain bien dont l’éternelle jouissance est la consommation de notre bonheur. Savoir choisir l’objet de son amour, c’est la prudence ; s’y cramponner envers et contre tout, c’est la force ; lui sacrifier le plaisir, c’est la tempérance ; lui sacrifier l’orgueil, c’est la justice. (Saint Augustin)
Mère du Bon Conseil
La Très Sainte Vierge est médiatrice, médiatrice universelle dans l’ordre de la grâce. Léon XIII a ajouté à ses litanies cette invocation : Mère du Bon Conseil. Mettons-nous sous l’inspiration du Saint-Esprit. Mettons-nous aussi sous la protection de la Sainte Vierge : elle nous rappellera qu’il faut recourir au Saint-Esprit. Elle Lui demandera elle-même de nous venir en aide. Elle saura déclencher notre bonne volonté en priant le Saint-Esprit pour qu’Il nous donne Ses dons quand nous en aurons besoin. (Père A. Gardeil, Le Saint-Esprit dans la vie chrétienne)
Ballade à Marie
Mère de Dieu, divine ménagère
Qui besognez aux célestes parvis,
Reine angélique et pauvre sur la terre, Tout occupée à frotter le logis,
A cuisiner, à tirer l’eau du puits, Apprenez-nous cet art du sacrifice Car nous serions disposées au dépit
S’il nous fallait n’attendre que justice ! Lasse ce soir de besognes vulgaires, Le cœur serré d’absurdes chamaillis,
Je viens à vous pour vous dire, ô ma Mère, Donnez courage aux femmes d’aujourd’hui ! Vous qui, trente ans, travaillâtes sans bruit En attendant de vider le calice,
Épargnez-nous d’être âprement surpris S’il nous fallait n’attendre que justice ! Cancan, laideur, sottise m’exaspère,
Je ne suis pas bien indulgente ni
Douce pour ceux qui ne me plaisent guère, Je souris peu à qui me contredit.
Reine de paix qui voyez mes délits, Dame de qui dépend tout bénéfice, Je le sais trop, mon lot serait réduit S’il fallait n’attendre que justice !
Reine, à ma mort, m’accordez votre appui
Quand s’ouvrira l’infernal précipice !
Quels sombres lieux recevraient notre esprit S’il nous fallait n’attendre que justice !
Henriette Charasson (1884-1972)