La tolérance

Le mot de tolérance est un mot chrétien, comme le mot charité. Saint Augustin l’emploie souvent. Mais par ce mot il faut entendre, non pas, comme les libéraux, la tolérance des erreurs, mais la tolérance des personnes, et encore non pas de toute personne. Saint Augustin n’admettait pas que, sous prétexte de tolérance, les princes chrétiens s’abstinssent de punir les hérétiques, ni que l’Eglise s’abstint de punir les pécheurs scandaleux ; il demandait simplement que les chrétiens supportassent patiemment leurs frères infirmes ou même vicieux, dans l’invincible espoir de procurer leur amendement.                                              

Père Emmanuel – La Sainte Eglise

Qu’est-ce que l’âme de l’Eglise ?

L’âme de l’Eglise, à proprement parler, ce sont toutes les âmes en état de grâce, fondues ensemble sous l’action du Saint-Esprit, de manière à réaliser le mot des Actes des apôtres : « Un seul cœur, une seule âme[1]. »

Pour en faire partie, il ne suffit donc pas d’avoir été baptisé, il ne suffit même pas de professer la foi chrétienne, il faut être en état de grâce avec Dieu. Et quiconque n’appartient pas à l’âme de l’Eglise, même en gardant le lien extérieur de l’unité, même en conservant un reste de foi, est un cadavre de chrétien : c’est une branche morte, destinée au feu, à moins que la pénitence ne la fasse reverdir.  

Père Emmanuel – La Sainte Eglise


[1] Ep.4,16

Charité conjugale – Répondre à l’invitation de Dieu

La charité conjugale

C’est dans chaque foyer que la paix et l’union des âmes sont en dépendance immédiate de l’amour et de la soumission affectueuse de chacune de ces âmes à Dieu. Si chacun des époux ne fait pas l’examen de sa conscience et de son cœur, il est inévitable que ce soit l’amour-propre de chacun d’eux qui procède à l’examen de conscience du conjoint.

Le secret de l’intimité demande de

– prier ensemble,

– parler, lire ensemble

– décider, agir ensemble.

Il le faut car ce commandement est grave, qui défend à l’homme de séparer CE QUE DIEU A UNI. C’est ici qu’une étape ultime est offerte aux époux chrétiens : la communion des vies intérieures dans le désir de recevoir toujours davantage la vie divine, dans le désir de communiquer toujours davantage cette vie divine aux autres âmes.

Marcel Clément

Répondre à l’invitation de Dieu

Considérons la conduite des rois mages et comment ils répondent à l’invitation que Dieu daigne leur faire par l’étoile. Ces trois caractères sont le signe assuré d’une correspondance parfaite à la grâce : la promptitude, le courage et le dévouement.

La promptitude : la grâce actuelle est un passage de Dieu ; presque toujours ces passages sont subtils et rapides. Il faut donc que nous vivions tous en ce monde l’œil ouvert, l’oreille dressée et les pieds libres pour la marche. Aucune vigilance n’est de trop (…). Pour les mages, le signe de la grâce fut une étoile.

Le courage : toute correspondance à la grâce est une action surnaturelle et toute action surnaturelle nous coûte. Il suffit pour cela qu’elle soit – ce qu’elle est toujours-, une action qui monte et qui nous fait monter ; ce qui, le plus souvent nous oblige à nous surmonter.

Le dévouement : qu’on se donne peu ou beaucoup au dehors, ce qui importe, c’est de se donner au-dedans ; et si on se donne vraiment ainsi, si on se livre à Dieu et à sa grâce, sans défiance, sans peur, sans réserve, sans calcul, avec sincérité, avec élan, avec joie, on marche sûrement et rapidement dans la voie.

Conférences aux mères chrétiennes      – Monseigneur Gay

                                            

L’unanimité des parents.

« La famille est une société en miniature qui possède sa fin propre et ses moyens déterminés. Cette autorité est détenue de plein droit par les parents qui l’exercent conjointement. Comme il leur est impossible de prendre ensemble toutes les déterminations, il convient qu’ils s’en partagent l’exercice. Ils en délégueront même une partie à des collaborateurs de leur choix. Cette répartition pratiquement obligatoire de l’autorité, ce choix des collaborateurs ont pour chaque famille une importance vitale. C’est de là que dépend le bien intellectuel, moral et religieux de l’enfant.

Les parents donneront toujours l’exemple d’une parfaite unanimité, d’une communauté de vue entière. Certaines phrases ne devraient jamais être prononcées par des parents soucieux de leur autorité : « Fais cela, mais que ton père n’en sache rien… », « Ne dis pas à ta mère que je t’ai permis telle chose, elle en serait mécontente… ». Procédé détestable : c’est enseigner pratiquement à l’enfant le mépris de l’autorité et ouvrir même parfois la porte au chantage.

Cette unanimité, toujours nécessaire, se manifestera à propos des questions graves, essentielles ; celles qui touchent au bien physique, intellectuel, moral ou religieux de l’enfant. Leur accord doit parfaitement être apparent aux yeux de l’enfant. Ne dites pas : « J’ai décidé que.. ; », « Je veux que… ». Dites « Ta mère et moi, nous avons décidé que…, « Nous voulons que… », etc…

Pour que leur unanimité soit évidente aux yeux de l’enfant, les parents éviteront de discuter en sa présence le pour ou le contre d’un ordre qu’ils songent à lui donner, surtout si celui-ci est grave. Sinon de ces discussions publiques il ne retiendra que ce qui lui est favorable. Quand il s’agit d’un adolescent, il n’est nullement exclu que l’on sollicite son avis, mais qu’il sache toujours que l’entretien n’a qu’un caractère purement consultatif ; cet entretien se conclura toujours par : « Ta mère et moi nous réfléchirons », et la décision finale sera toujours prise par les parents. »

    Votre fils – J.M. de Buck