L’éducation du respect

Dans le contexte social actuel, le mot et la pratique du « respect » n’ont pas vraiment bonne presse. Les gestes, les attitudes, le vocabulaire, la tenue…toutes ces  manifestations extérieures de respect n’ont que trop tendance à disparaître pour faire place à l’insolence, la désinvolture, l’arrogance… oui, il est bien certain que l’environnement ne nous facilite pas la tâche et nous pousse même à aller à contre-courant car, dans un souci de véritable éducation catholique, nous avons à lutter contre les mauvais exemples que nos enfants voient à l’extérieur.

Le respect dû à Dieu est la base fondamentale – de là découle ensuite le respect dû aux personnes et aux choses-. Sur lui repose la valeur morale de l’influence que les éducateurs exerceront sur le comportement de l’enfant. C’est dans la mesure où les parents comprendront que l’enfant est un être sacré depuis son baptême, qu’ils le traiteront avec la délicatesse et les précautions qui conviennent aux créatures de Dieu. Ils ne tromperont donc pas sa confiance, et formeront sa conscience en lui apprenant à distinguer le bien du mal sans l’abandonner à ses caprices ou instincts. C’est parce que l’enfant est destiné à  la perfection que nous devons d’abord le respecter.

Ce respect dû à l’enfant ne va pas sans réciprocité, et celui-ci apprendra le respect de lui-même : tenue vestimentaire, effort de bonne tenue et de langage châtié, propreté, rangement… Un enfant qui n’est pas habitué à se respecter lui-même, ni dans son corps, ni dans ses actes, ni dans ses paroles, est un enfant voué d’avance à toutes les déviations et perversions de la nature. C’est surtout en lui rappelant qu’il est une créature de Dieu et en l’habituant à vivre en Sa présence que l’on apprendra à l’enfant le respect de lui-même.

Au respect de soi, l’enfant ajoutera le respect des personnes : ses parents, grands-parents, professeurs, mais aussi frères et sœurs, camarades, s’effacer devant une porte pour laisser passer quelqu’un le premier, aider à porter un panier ou à traverser la rue, laisser sa place dans le métro ou le bus, se lever quand le professeur entre dans la classe … Il respectera en premier lieu les personnes qui sont chargées de son éducation. Les parents exigeront que leur enfant soit toujours respectueux à leur égard. Mais ils l’habitueront aussi à se montrer poli et bienveillant avec tout le monde, riches ou pauvres, savants ou ignorants, vertueux ou pécheurs…Dieu est leur Créateur et Il les aime tous. Par respect du prochain l’enfant ne triche pas aux jeux, respecte le travail de ses camarades, ne prononce pas de paroles blessantes ou injustes.

Parce qu’ils sont créatures de Dieu aussi, l’enfant aura le respect des animaux, mis au service de l’homme. S’il a le droit de les soumettre, voire de les tuer pour sa nourriture ou pour sa défense, il n’a pas celui de le faire par plaisir ou par cruauté. Il en est de même du respect des choses, créations de Dieu ou oeuvres du travail des hommes. L’enfant apprendra à s’en servir sans les détruire ou les abîmer, il ne jettera pas de papiers par terre et respectera la nature, prendra soin de ses vêtements…

Mais tout n’est pas respectable dans la vie, et l’on apprendra à mépriser le mal sous toutes ses formes, en veillant à ne pas confondre le mépris du mal avec le mépris des personnes. C’est là une éducation délicate d’apprendre à respecter les personnes, tout en méprisant le mal qu’elles font !

Savoir se faire respecter fait partie de notre devoir de parents. C’est imposer aux enfants des limites à ne pas dépasser. Ne laissons jamais passer une insolence, un geste agressif, un haussement d’épaules ou des yeux levés au ciel avec un énorme soupir ! Vis-à-vis de qui que ce soit, il faut tout de suite réagir : rectifier et demander des excuses. Deux pièges sont alors à éviter :

  • Soit trop de faiblesse: si on laisse passer une insolence, elle sera vite suivie de beaucoup d’autres, et nous serons vite submergés, dépassés…Il faut tout de suite demander des excuses (tout de suite, pas demain car l’enfant vit dans le présent). La faiblesse des parents dans ce domaine n’est que démission de l’autorité ; cette faiblesse est coupable.
  • Soit trop de dureté : on croit montrer son autorité en criant plus fort que l’enfant…il se taira peut-être, mais la tension est montée : s’il n’a pas demandé pardon et fait la paix avec sincérité, son cœur restera fermé, mal disposé à notre égard…le mal reste et se manifestera de nouveau à la première occasion. Il est capital que l’autorité se fasse respecter. Une autorité qui n’est pas respectée est pratiquement sans influence. Le respect est une sorte de crainte admirative qui prépare et facilite la docilité de l’enfant. Pour faire naître le sentiment du respect, l’autorité ne doit pas encourager des familiarités qui suppriment les distances ; elle doit s’adapter aux besoins de l’enfant sans, pour autant, rien perdre de son « prestige », ce qui n’empêche pas, bien sûr, le rire et la complicité !

Comment voulez-vous que l’enfant respecte la supériorité morale de ses parents si ceux-ci ne pratiquent pas eux-mêmes ce qu’ils exigent de leurs enfants : un père mal rasé avachi dans le canapé, une mère qui arbore une tenue vestimentaire irrespectueuse d’elle-même ou de son entourage, ou qui néglige son devoir d’entretien et d’ordre dans son foyer…Les parents ont bien souvent des attitudes de grands adolescents très « cool », c’est une des maladies actuelles où les générations ne se différencient plus, on se sent soi-disant « plus proches », or cela désoriente profondément les enfants ! Il y a deux générations distinctes qui ont chacune leur place propre dans la famille.

Souvenons-nous que l’on ne respecte que ce que l’on admire, et l’éducateur doit être, une fois encore, irréprochable ! Nos enfants sont nos miroirs, ils se permettront tout ce que nous nous permettons…mais s’interdiront aussi tout ce qu’ils nous voient nous interdire ! Nous restons leurs meilleurs exemples ! Et cet exemple passe inévitablement par nos discours, tout autant que par nos actions, notre aspect extérieur et notre langage.

Demandons bien les grâces dont nous avons besoin pour être respectables nous-mêmes, pour respecter  nos enfants et leur inculquer les valeurs de ce respect. Ainsi aurons-nous la certitude de faire d’eux les adultes que nous voulons qu’ils soient demain…

Sophie de Lédinghen

La colère

L’enfant naît avec son tempérament, son caractère, ses qualités propres…c’est ce que j’appellerais sa « matière première ». Le travail de l’éducation doit passer par là pour pétrir, modeler, façonner jusque dans les détails, lutter contre les défauts et développer ensuite les qualités qui feront de cet enfant un adulte vertueux !

Regardez ce petit Eloi, sa nature est d’être extrêmement colérique : il explose pour un oui ou pour un non…la moindre contrariété le met hors de lui. La scène est alors impressionnante : cela commence par des pleurs, puis des cris en se roulant parfois par terre en se remuant dans tous les sens…il n’hésite pas à frapper son petit frère ou à casser la belle construction qu’il vient de faire, pour « soulager » sa colère. C’est instinctif pour lui !

Si les parents d’Eloi cèdent à ses colères et font ce qu’il désire, ils les renforceront et l’encourageront à hurler davantage pour imposer ses caprices. Si par ailleurs ils perdent leur calme et se mettent eux-mêmes en colère, ils renforceront celle de l’enfant. Dès lors il saura qu’il peut obtenir d’eux ce qu’il veut, n’importe quand, avec une bonne colère.

N’essayez pas de raisonner un enfant en rage ou de l’en distraire avec des paroles. Il n’est plus alors qu’une tempête d’émotions et n’est pas en état d’écouter votre discours raisonnable. Surtout, n’essayez pas de faire passer sa fureur en le menaçant d’une fessée « Tais-toi, ou bientôt tu sauras pourquoi tu pleures ! », ce qui revient à vouloir éteindre un feu avec de l’essence…

Alors, que faire quand votre enfant de deux ans et demi fait une grosse colère ? Comment lui faire comprendre que cela ne sert à rien ? Chaque parent doit trouver le moyen de le calmer et de l’aider à maîtriser sa nature explosive. Certains sauront rester sans rien dire et attendre que la crise se calme d’elle-même ; d’autres diront fermement « Va dans ta chambre, je viendrai te voir dès que tu seras calmé. »

 Dans ces cas-là, la maman d’Eloi le prend calmement par la main, sans lui parler, et le conduit dans la salle de bain où elle lui passe un gant d’eau fraîche sur la figure tout en lui parlant fermement mais paisiblement : « Tu sais comme c’est mal de te mettre en colère. Tu dois être plus fort que ta colère et lui dire de se taire ! Quand il y a quelque chose qui ne va pas, tu viens me voir pour que nous voyons cela ensemble : si tu n’arrives pas à faire ta construction, je peux t’aider ! Si ton petit frère casse ton jeu et que tu ne peux l’empêcher, tu viens me chercher…mais, surtout, tu ne laisses pas venir ces vilaines colères !» Après avoir demandé pardon à sa maman, le petit bonhomme l’embrasse et retourne jouer tout apaisé.

Cette fois, Eloi est allé plus loin dans sa colère…il a envoyé son gros camion dans la vitre de la chambre qui a volé en éclats ! Le choc a instantanément calmé le petit garçon qui s’est rendu compte de la gravité de son geste. Maman arrive un peu inquiète de savoir si l’enfant s’est blessé et, soulagée, le prend calmement par la main pour qu’il l’écoute en la regardant : «  Je suis vraiment triste de ce que tu viens de faire par colère ! »

Le petit garçon refreine un peu ses sanglots mais se justifie avec énervement. « Viens prendre un verre d’eau dans la cuisine. Crois-tu vraiment que ce qui te contrariait était si grave qu’il fallait casser la vitre ? Tu es bien ridicule de te laisser aller ainsi pour si peu ! » Petit à petit l’enfant se calme et sa maman l’emmène devant le crucifix : «  Nous allons dire une petite prière pour demander pardon à Jésus si triste de te voir en colère, et nous réciterons un Je vous salue Marie pour demander à la Sainte Vierge de t’aider à être bien fort pour t’aider à résister à ce gros défaut. Tu sais, la colère t’entraine vers le mal, et j’ai de la peine de voir que mon petit garçon n’y résiste pas. » Après cette petite prière maman regarde encore Eloi et lui dit : «  Tu comprends que tu as fait une bêtise en cassant la vitre et qu’il est normal que tu sois puni. Ce soir tu seras privé de dessert. Maintenant demande-moi pardon et fais-moi un gros baiser ! »

Peu à peu Eloi arrivera à maîtriser cette colère : elle sera de moins en moins forte, puis moins fréquente, il arrivera à prendre du recul et à se dire que ce qui le contrarie « n’est pas si grave ! », il arrivera à se réjouir d’avoir gagné ces petits combats et même à les offrir à Jésus! Imaginez de quoi pourrait être capable, une fois adulte, un enfant auquel on n’aurait pas appris à réprimer cet instinct ? Imaginez-le seulement au volant d’une voiture alors qu’on vient de lui faire une queue de poisson… !

Ajoutons un mot sur les colères faites en public ou au supermarché….

L’éducation commence à la maison ! ! Si l’enfant apprend à lutter contre ses défauts à la maison, à l’extérieur, une simple parole ou un regard entendu devrait suffire à le reprendre. Si ce n’est pas le cas et que commence un caprice, parlez fermement mais gentiment à votre enfant et qu’il sache que la punition « tombera » à la maison ! Il trouvera juste alors de recevoir la fessée méritée.  Si vous menacez sans jamais mettre à exécution…alors vous perdez la main et c’est votre enfant qui prend le pouvoir !

Nous avons parlé ici de la colère, car c’est un défaut très visible que tout le monde connaît, et qu’il est facile de comprendre que c’est en travaillant son contraire (le calme, le recul, la diversion…) que l’on apprendra à la combattre. Il en est à peu près de même pour tous les défauts : la paresse se combat par le courage, l’orgueil par l’humilité, la gourmandise par la tempérance, etc…

L’éducation demande du courage de la part des parents ; des enfants deviennent tyranniques parce que leurs parents sont faibles. Sachez absolument leur dire « non ! ». N’est-ce pas les préparer à leur vie future que de les préparer à l’adversité ?! Certains parents ont trop peur que leurs enfants ne les aiment pas s’ils leur opposent un refus…mais bien au contraire, leur mettre des barrières les rassure ! Bien sûr, certains enfants ont des caractères forts qui les rendent plus résistants…mais s’ils ont de qui tenir, vous devriez très bien y faire face ! Le but est d’en faire des hommes responsables, avec une conscience droite qui les entraîne sur le chemin du Salut.

Alors, n’oubliez jamais chers parents, si nous ne sommes pas responsables de la « matière première » de nos enfants, nous sommes totalement responsables de ce que nous en faisons !

Sophie de Lédinghen

Parlons de la mort à nos enfants

Parce que nous aimons nos enfants, nous souhaitons pour eux une vie « réussie ». Mais qu’est-ce que « réussir sa vie » ? Est-ce avoir une bonne santé ? Une bonne situation ? Si ce sont des buts bons en soi, légitimes, ce ne sont que des buts partiels …et qui ne se réalisent pas toujours…Et après ?

Au-delà de ces buts temporaires, il y a pour tout homme UN but, un seul, une destinée finale…la seule qu’il importe de ne pas manquer : LA VIE ÉTERNELLE auprès de Dieu. C’est le seul vrai bonheur, celui pour lequel nous sommes faits. Si tel est le but de toute vie humaine, là est également le vrai et seul but de l’éducation : élever nos enfants pour le Ciel ! Nous sommes faits pour le Ciel : Dieu, notre Père, nous y attend, Jésus nous y a préparé une place, voilà ce que nous devons d’abord dire à nos jeunes enfants. C’est à nous de faire naître en eux ce désir du Ciel. Souvenez-vous de la « petite Thérèse »qui, à trois ans, souhaitait de tout son cœur à sa maman de mourir « pour qu’elle puisse aller au Ciel » !

Ils doivent savoir que nous ne sommes sur cette terre que « de passage », que cette entrée au Ciel n’est pas un dû, elle se mérite…elle peut aussi, hélas se manquer…Nous leur donnerons la notion du péché qui est ce qui peut nous séparer de Dieu. Nous assurerons une bonne formation morale en les corrigeant, sachant qu’il est plus facile d’arracher les petites mauvaises herbes que les grandes aux racines profondes…on ne peut rentrer au Ciel qu’avec une âme parfaitement pure.

Mais pour aller au Ciel il faudra d’abord mourir. Cette idée de la mort répugne instinctivement à notre nature humaine, et c’est normal : Dieu nous a créés pour l’immortalité, la mort n’est qu’une conséquence du péché. Notre vision chrétienne de la mort n’est ni une fin, ni une catastrophe, mais « l’entrée dans la Vie » : c’est ainsi que la voient les Saints, « le jour de notre naissance au Ciel ».

Le bon Dieu nous appellera quand Il le voudra, on ne sait pas quand. C’est pour cela qu’il faut être toujours bien prêt, en état de grâce. Il ne voudra auprès de Lui que ceux qui L’auront aimé et se seront appliqués à ressembler à Son Fils Jésus. Les autres, Il n’en voudra pas :

  • Si nous avons fait le Bien, nous irons avec Lui au Ciel.
  • Si nous avons aimé Jésus juste un peu, sans beaucoup lutter contre nos défauts, nous irons d’abord au Purgatoire, où notre âme va se purifier pour pouvoir entrer ensuite au Ciel.
  • Mais si nous avons refusé d’écouter Jésus, nous ne sommes pas de Ses amis et Il nous rejettera dehors, en Enfer où nous serons malheureux pour toujours.

Les enfants ont un grand sens de la justice. Que les bons soient récompensés, les méchants punis, c’est normal. Il n’y a donc aucune difficulté pour leur en parler.

Présentée de cette manière, nous nous apercevrons que les enfants « absorbent » cette réalité de la mort sans gros problème, passant sans peine du naturel au surnaturel. Ils ont seulement besoin d’affirmations simples et nettes.

Le plus souvent, c’est un événement familial qui nous donnera l’occasion d’en parler de façon plus approfondie. Ils réaliseront que l’âme s’est retirée du corps de la personne qu’ils ont connue et aimée. Ce corps est inerte mais l’âme vit pour toujours dans l’Éternité. Nous devons prier pour qu’elle aille bien vite au Ciel car nous ne savons pas où elle se trouve…

Si l’enfant a déjà toutes ces notions chrétiennes de la mort dont nous venons de parler, il surmontera son chagrin de la perte d’un être cher.

Emmenons nos enfants porter des fleurs au cimetière…faisons-leur remarquer que les Croix qui sont sur les tombes expriment toutes la confiance en Dieu, et l’espérance d’être un jour auprès de Lui. Ils seront réconfortés de nos certitudes et témoins de nos prières pour nos défunts ; ils seront aussi étonnés d’apprendre que ceux-ci ne nous abandonnent pas ; et rassurés de voir que nous avons su dépasser les moments douloureux. Ils veulent entendre que comme la nuit fait place au matin, la mort ouvre la porte à la lumière.

Les adolescents sentent que la solitude est la compagne inséparable de la mort… A nous de leur montrer qu’un chrétien n’est jamais seul. Qu’il est un disciple qui sait se nourrir de la force de l’Eucharistie. Ils seront rassurés d’entendre que lorsque le chrétien aborde la dernière ligne droite de sa vie, l’Eglise l’encourage à recevoir le sacrement des malades. En l’associant au Christ, ce sacrement rompt sa solitude et l’aide dans son dernier combat.

Un autre moyen de familiariser nos enfants avec l’idée de la mort sera de leur parler de saints morts enfants ou encore jeunes : Saint Dominique Savio, Saint Louis de Gonzague, Sainte Agnès ou encore cette petite Anne de Guigné qui n’osait pas dire à sa maman, pour ne pas lui faire de peine, qu’elle avait tant envie de mourir ! Ces exemples seront la meilleure formation pour leur donner envie d’aller au Ciel, eux aussi …

                                                                                              Sophie de Lédinghen

 

Bienheureux les cœurs purs

Dans un monde qui ressemble plus à Sodome et Gomorrhe qu’à Nazareth, nous nous devons d’être très vigilants pour ne pas nous affadir en finissant par trouver normal ce qui ne l’est pas. Il nous faut par tous les moyens et même souvent par de grands sacrifices, nous préserver et aider ceux qui nous sont confiés, à garder un œil pur !

Comment en voyant les publicités quotidiennement, en écoutant les « chansons » actuelles, en voyant tout simplement les gens vivre… comment ne pas (sans adopter la politique de l’autruche en se cachant la tête sous l’aile) se poser des questions déstabilisantes ! La loi divine est-elle trop dure pour certains ? La nature doit-elle être contrainte ?

Seuls ceux qui ont reçu une solide formation familiale, spirituelle peuvent répondre à ces questions. Seuls ceux-ci pourront garder la paix au milieu de cette épreuve et aider ceux qui les entourent à conserver un cœur pur sans accepter l’inacceptable. Prions pour que ceux qui n’ont pas eu cette grâce reçoivent la lumière et que ceux qui l’ont eue sachent résister à toutes ces tentations si faciles.

Pour « tenir bon » quelques conseils sont nécessaires. Selon les situations, ils paraîtront évidents à certains mais seront de véritables efforts pour d’autres. Le combat pour garder la pureté des sens et du cœur est une véritable guerre à mener, il nous faut connaître l’ennemi et prendre les moyens adaptés.

Donnons ici quelques pistes de réflexion …

Le combat des sens :

– Toutes ces publicités, ces « clips » qui nous agressent dans les salles d’attente mais aussi les publicités qui jaillissent « comme un diable du fond de sa boîte[1] » sur nos portables, tablettes et autres objets connectés… ,le comportement sans pudeur de certaines personnes dans les gares ou dans la rue… tout est fait pour banaliser ce que nous voudrions bannir.

– Très tôt apprenons à nos enfants à détourner le regard des publicités agressives. Notre perspicacité attentive nous apprendra à aider celui dont le regard s’y attarde à détourner aussitôt le regard.

– On évitera de s’attarder dans les lieux réputés difficiles ; il faudra même veiller à changer notre itinéraire si une route nous y fait passer quotidiennement.

– On veillera à ce que les lieux choisis pour les vacances soient sains afin que les tenues ne soient pas des motifs de curiosités pour certains tempéraments plus susceptibles d’être blessés.

– L’ouïe est agressée par ces « chansons » qui n’en ont que le nom : « Du latin cantĭo, une chanson est ce qui se chante, c’est-à-dire, tout ce qui produit des sons mélodieux. Il s’agit d’une composition en vers ou faite de telle manière qu’elle puisse être mise en musique[2] ». On remarquera qu’elle se chante et que les sons doivent être mélodieux. On les entend dans tous les magasins, souvent elles incitent à la violence ou à la débauche ; rares sont celles qui ont gardé une fraîcheur digne d’intérêt.

On veillera à donner une éducation musicale aux enfants pour les amener à découvrir les différentes mélodies et leur faire sentir la portée harmonieuse d’une œuvre ou d’une autre en établissant une comparaison entre différents morceaux (il n’est pas besoin de grandes connaissances pour comparer la mélodie de Bach et celle de Stromae…)

– Dans la vie quotidienne, les nouveaux moyens de communication sont l’occasion de relâcher notre vigilance.

Ces « sms » envoyés comme des balles de ping-pong entre jeunes ne sont-ils pas parfois aussi « juste corrects » ? Etes-vous sûrs qu’ils soient toujours convenables ? Posez à vos adolescents ces quelques questions : vous diriez-vous la même chose quand vous vous rencontrez ? Ecririez-vous ces phrases à cet (te) ami(e) si vous deviez lui envoyer une lettre?  Ces messages pourraient-ils tous être lus par  vos parents sans rougir ?

Ces familiarités rendues possibles par la facilité des nouveaux moyens de communication sont autant de moyens de faire tomber facilement vers des pratiques qui, sans être classées comme peccamineuses, sont dangereuses si on veut garder une pureté de cœur intacte. Enseignons donc à nos enfants un « langage sms » correct et adoptons-le nous-mêmes car rien ne vaut l’exemple donné.

– Ces réseaux sociaux qui inquiètent même les psychologues…

On prend conscience du mal-être profond de certains jeunes à la lecture de ces lignes, mais sommes-nous sûrs que nos enfants en sont protégés?

« D’après les retours des utilisateurs de réseaux sociaux entre 14 et 24 ans, Instagram et Snapchat sont les pires applications en matière de bien-être et de santé mentale. En cause : le culte de l’image (souvent retouchée) et l’impression de ne pas bénéficier d’une vie aussi animée que celle d’autrui.

L’étude cite le témoignage de plusieurs sondés, dont l’une qui affirme : «  Instagram amène facilement les filles et les femmes à penser que leurs corps sont loin d’être suffisamment beaux puisque les gens utilisent des filtres et modifient leurs photos pour paraître « parfaits ». » Une autre témoigne ainsi : « Cela a augmenté mon niveau d’anxiété […] Je m’inquiète toujours de savoir ce que les autres pensent de mes publications et de mes photos. [3] »

Certains me diront qu’ils ne les utilisent qu’occasionnellement, mais même dans ce cas ne participe-t-on pas à banaliser dans nos familles des méthodes qui sont porteuses de germes dangereux ?

– Personne n’ignore que tout ce qui est envoyé sur les différentes sortes de « murs » qui existent n’est en rien confidentiel. Est-ce que votre enfant y pense quand il y raconte sa dernière soirée ? Etes-vous vraiment enchantés que toutes vos activités, qu’elles soient familiales, privées et personnelles deviennent publiques ?  Ne nous cachons pas la vue : en moyenne, en 2017, les 13-19 ans passent plus de 15 heures par semaine sur internet et plus de 28 heures sur leur téléphone portable[4]. Ayons conscience que même si nous nous rendons compte que l’impureté de tous ces réseaux est un danger, nous sommes encore très loin d’avoir fait le tour de leur nocivité.

Il est à craindre que l’envahissement impur de la société nous fasse perdre petit à petit tous les repères  et les freins qui retenaient autrefois les plus faibles.

Alors résistons ! Mais non pas en nous durcissant et en nous enfermant dans un bunker ! Non ! Nous avons un rôle à jouer pour témoigner que la pureté est source de joie et de paix.

Et si, nos enfants malgré nous et malgré eux vivent dans ce monde impur, il faut qu’en premier lieu, ils aient reçu l’enseignement adéquat et que chez eux ils soient préservés de toute insanité. Que si ordinateurs et portables entrent chez vous, qu’ils soient bridés pour éviter (au maximum) de recevoir ce qui pollue l’âme. Il n’y a pas d’âge pour être perturbé par des vidéos pernicieuses, il n’y a pas d’état de vie qui ne le permette. Il n’y a pas de films « bons » pour les adultes s’ils sont à proscrire pour les enfants. N’hésitez pas à demander aux prêtres, confesseurs, ce qu’ils en pensent. Ils savent plus que quiconque le dégât que cela engendre sur les âmes.

La Rome de Néron n’était pas bien pire que la société d’aujourd’hui et les jeunes chrétiens n’étaient pas non plus protégés mais Saint Paul ordonnait pourtant : « Que la fornication, et toute impureté, ou l’avarice ne soient pas même nommées parmi vous, comme il convient à des saints; non plus que ce qui est déshonnête, les propos insensés, les paroles bouffonnes, toutes choses qui sont malséantes; qu’on entende plutôt des actions de grâces. Car, sachez-le bien, aucun fornicateur, aucun impudique, aucun avare, ce qui est une idolâtrie, n’a d’héritage dans le royaume du Christ et de Dieu[5]. »

Tout enfant a besoin d’une admiration et d’une confiance entière envers ses parents.

S’ils se permettent une quelconque plaisanterie de goût douteux, un langage obscène ou s’ils avouent regarder des films impurs, l’enfant perdra non seulement la confiance envers ses parents mais aussi la piété filiale.

Il en va de notre devoir de parents de préserver autant que faire se peut notre pureté et celle de nos enfants car «  malheur à l’homme par qui le scandale arrive[6]». Il ne s’agit pas de se cacher la vue, mais bien d’apprendre à vivre sans être touchés par cette ambiance malsaine.

N’oublions pas de prendre le temps de parler avec nos enfants, de provoquer des discussions pour les aider et les soutenir dans ce monde difficile… mais nous le savons, le Bien triomphera du mal !

En cette période de rentrée, demandons au Saint Esprit les grâces pour voir ce qui doit être émondé de notre éducation et prions Notre-Dame des Foyers Ardents de nous donner un amour de la pureté qui nous ouvre les portes du ciel.

                                                           MT

[1] Poésie de Paul Géraldy

[2] Le Dico des définitions

[3] Numerama ; Alexis Orsini 22 mai 2017

[4] Source : Statista ; le portail des statistiques

[5] Epitre aux Ephésiens Chapitre 5

[6] Saint Matthieu Chap.18

Les devoirs du soir (suite)

Continuons les explications commencées dans notre dernier numéro, destinées à vous aider à prendre en main avec sérénité les devoirs du soir.

 Un cadre et des méthodes de travail:

Pour être bien accompli, le travail à la maison exige des conditions propices que la vie moderne rend difficiles, hélas, avec son bruit permanent, son stress, ses longs trajets en voiture. Cependant, il est possible d’organiser sa maison en foyer d’activité laborieuse : pour cela, il est nécessaire d’imposer aux enfants, dès le bas âge, des contraintes, un règlement précis et fixe où l’improvisation et le laisser-aller n’ont pas place. C’est la règle d’or : installer un rituel « devoirs du soir » avec heure, lieu et durée identiques chaque jour.

Etre présent et montrer de l’intérêt pour les études de nos enfants avec une curiosité affectueuse.

La présence de l’adulte est garante de l’organisation et offre un cadre sécurisant qui nourrit la confiance de l’enfant. Il doit l’aider à surmonter les difficultés, sans entraver son autonomie. L’adulte n’est pas là pour prendre la place mais pour « accompagner vers une prise d’autonomie ».

S’intéresser, c’est se rendre disponible pour redevenir enfant, (partager ses émotions, ses chagrins, ses joies, ses regrets), pour élever l’enfance à sa maturité. Les enfants sont encouragés par notre enthousiasme ; si nous vénérons le travail, comme une chose sanctifiante[1], si nous aimons ces minutes de labeur quotidien, nos enfants le sentiront et n’auront pas envie de s’en débarrasser le plus vite possible car ils le prendront à cœur. Cette disponibilité, cette attention rendront les études de nos enfants très fructueuses tant au point de vue scolaire qu’au point de vue psychologique.

Bien au courant des progrès de l’enfant, les parents pourront proposer une application pratique ; une recette de cuisine, des recherches de vocabulaire dans le dictionnaire en dehors des « devoirs » proprement dits, des visites qui compléteront les acquis scolaires et leur ouvriront d’autres horizons…

Organiser un horaire régulier :

Fixer l’heure du début du travail, le temps pour l’accomplir. Ainsi l’enfant acquerra l’habitude de travailler à heure fixe en quittant aussitôt ses autres occupations quand l’heure de l’étude arrive.

Il est important aussi  de fixer la durée du travail pour éviter le « vite-fait mal-fait » de celui qui va expédier son travail pour s’en débarrasser, mais aussi pour que l’enfant ne traîne pas et ne perde pas son temps en jeux et rêveries…il y a des enfants qui passent 3 ou 4 heures là où d’autres ont terminé en 1 heure ! Bien sûr, chaque enfant a son rythme de travail (il est nécessaire de laisser à l’enfant le temps de réfléchir en évitant le « dépêche-toi ») : l’usage d’un réveil peut s’avérer utile pour certains dès le CE2 : l’enfant apprend ainsi à s’auto discipliner et à « gérer le temps ».

Créer une atmosphère de travail faite de silence et de discipline :

Le silence seul permet à l’enfant de se concentrer sur ses devoirs. Il est nécessaire d’éloigner les petits bruyants ou agités afin de permettre aux grands de travailler dans le calme. L’enfant ne doit pas parler d’autre chose tout en travaillant parce qu’on ne peut pas faire deux choses à la fois. Certains enfants ne peuvent se concentrer dans l’agitation et le bruit.

Une discipline stricte : on ne se lève pas tant que le travail n’est pas achevé pour jouer, grignoter…On apprend d’abord les leçons puis on fait la lecture et les exercices ou la dictée sur une table aussi vide que possible (on peut y placer une image pieuse dont la vue encouragera l’enfant).

Porter une vigilance attentive :

Elle ne se substitue pas à l’enfant mais le responsabilise peu à peu afin qu’il devienne autonome en CM2.

C’est à l’enfant d’ouvrir son cartable, de présenter ses livres, ses cahiers… Si nous le faisons à sa place, nous le rendons passif et cette passivité tournera en habitude. Après son travail, l’enfant range lui-même ses cahiers et livres dans son cartable ; il vérifie son matériel, taille des crayons pour le lendemain : il forme ainsi sa volonté et son sens des responsabilités.

Il importe de guider le jeune enfant en s’assurant qu’il a compris puis de le laisser faire seul peu à peu pour le rendre autonome. Laisser réfléchir l’enfant : pratiquement, ne pas apporter les réponses aux problèmes, mais lui apprendre à se poser les bonnes questions pour avancer dans son raisonnement et y répondre seul. On peut lui poser quelques questions pour provoquer cette réflexion, mais si nous intervenons à la moindre demande, ou difficulté, il ne peut s’habituer à l’effort. Ce n’est pas en lui enlevant les obstacles qu’il apprendra à les franchir. Les obstacles sont toujours source d’apprentissage. Si l’enfant affirme ne pas comprendre, obligeons-le à relire et à réfléchir de nouveau en faisant appel aux directives de la maîtresse ; il arrive que les enfants ne soient pas attentifs en classe parce qu’ils savent qu’à la maison, leurs parents réexpliquent toujours tout, ou pensent pour eux. Il y a une paresse ou un moindre effort qui s’installe alors. Si les parents sont souvent obligés de réexpliquer, il est nécessaire d’alerter la maîtresse.

S’il y a une difficulté particulière, un rendez-vous avec l’institutrice sera le bienvenu. L’enfant doit sentir cette harmonie entre sa famille et l’école à ce sujet. Des conseils mutuels peuvent être échangés.

Surmonter les crises :
Certains soirs, l’étape des devoirs tourne à la crise : la nature volage et capricieuse des enfants prend le dessus. Il faut savoir fermer les livres, passer à autre chose pour y revenir plus tard ou le lendemain.

Dans ces difficultés, il faut savoir passer le relais à un autre adulte. Le simple changement de personne ramène parfois, comme par enchantement, l’ordre et le calme.

            Voilà donc des points bien précis à mettre en application. Je sais combien des parents consciencieux ont besoin d’exemples concrets et aiment à être guidés dans leur éducation. Nous verrons en détail, dans le prochain numéro, les manières pratiques de procéder pour vous aider dès la rentrée.

            A l’aube des vacances scolaires, permettez-moi de revenir sur le fait qu’il vous faut parvenir à donner le goût du travail à vos enfants.  Les devoirs de vacances seront l’occasion de montrer aux enfants votre joie de les aider à mieux comprendre certains points qui sont restés pour eux une énigme, de leur montrer les applications pratiques au quotidien des connaissances acquises. Sachez faire de ce travail exigé un bon moment et  que l’enfant  n’imagine pas que, pour vous aussi, c’est le pensum obligatoire que l’école aurait bien pu vous éviter…

            En attendant je vous souhaite de bonnes vacances, bien reposantes !

 Sophie de Lédinghen

[1] Remarquons que le travail est un châtiment dû à la faute de nos premiers parents. Avant le péché originel, Adam et Eve œuvraient mais ne travaillaient pas au sens strict car « le travail » n’avait alors aucun caractère pénible.

Les devoirs du soir

En réfléchissant à mon prochain article, je suis tombée sur ces lignes qui vous plairont sûrement autant qu’à moi qui les avais précieusement mises de côté dans mes petits trésors à conserver…Ne me demandez pas d’où elles proviennent, ni qui les a écrites, je ne m’en souviens vraiment plus… la vieillesse, certainement ! S’il se trouvait que leur auteur venait à les trouver ici, qu’il soit vivement remercié pour leur justesse et équilibre, preuve d’une riche expérience !

                                               S de Lédinghen

 1 Un bon niveau…et du travail

 De bonnes écoles primaires vraiment catholiques hors contrat, soucieuses de répondre aux demandes des parents, dispensent un enseignement basé sur des programmes classiques. Elles donnent une formation adéquate en vue du passage en écoles secondaires qui attendent ces niveaux-là de leurs nouveaux élèves pour poursuivre leur formation au collège, puis au lycée. Les taux de réussite exceptionnels au Brevet et au Bac, la facilité avec laquelle ces élèves poursuivent leurs études supérieures, témoignent de la qualité de l’enseignement dispensé dans ces écoles tout au long de la scolarité.

Mais « qui dit qualité, dit exigence », c’est normal. L’enfant ne pourra pas acquérir un bon niveau sans un travail personnel assidu tant en classe qu’à la maison. Partout, les difficultés de plus en plus marquées dans l’apprentissage des connaissances (manque d’attention, de concentration et de  mémorisation des notions), difficultés souvent liées à l’usage fréquent de la télévision, des jeux électroniques…ont contraint bien des établissements à diminuer la quantité de travail et donc à baisser les niveaux d’exigence.

  1. Le travail…esprit du monde, esprit chrétien.

 Les familles et les écoles ont cependant à lutter contre l’influence du monde moderne hédoniste, ce que l’on appelle la «civilisation des loisirs». Autrefois, dans une vision chrétienne de la vie, le travail était à l’honneur : la vie sociale s’organisait autour des métiers avec les corporations ; la parabole des talents rappelait à chacun ce devoir primordial de «gagner sa vie à la sueur de son front», de «cultiver son jardin» sous le soleil de la grâce, pour mériter le Ciel.

Aujourd’hui, dans l’esprit de nos contemporains, le travail est un moyen, «un mauvais moment à passer»,  souvent une «corvée» pour se procurer, avec le pain de chaque jour, la jouissance des loisirs, des vacances. On travaille pour les loisirs et ceux-ci sont devenus envahissants et chronophages par leur multiplicité et leur complexité : bandes dessinées, jeux vidéo en libre-service à la maison, week-end très chargés en activités diverses et fatigantes, et couchers souvent tardifs. Or il est impossible de concilier «super-loisirs» et «super travail» ; le travail scolaire comme le travail professionnel avec ses contraintes demandent un rythme de vie régulier, ordonné où le repos et une détente équilibrée favorisent le renouvellement des forces. « Dès que l’enfant commence à penser, il faut que le travail lui paraisse comme une belle chose. Puisse-t-il voir et sentir qu’à la maison, on ne le traite jamais en ennemi, en trouble-fête ; on ne le sacrifie pas au plaisir parce qu’il est nécessaire à la grandeur de la vie, à la noblesse de l’âme. Rien n’est plus vil que de ne rien faire ou de faire des riens. Le travail grandit l’homme, nous l’aimons, le vénérons comme une chose sainte : il est source de la prospérité et du vrai bonheur parce qu’il porte en lui sa propre récompense : la sainteté du devoir accompli. » (P Charmot, Esquisse d’une pédagogie familiale) Faire aimer le travail, travail de l’esprit, travail des bras, c’est une des grandes tâches des éducateurs. Partageons avec nos enfants la joie d’une belle page écrite, d’un devoir réussi, d’une poésie bien apprise, bien récitée. Soutenons l’enfant dans ses efforts pour vaincre les difficultés ; éveillons les énergies, les richesses mises en lui par la grâce, pour le stimuler, l’encourager dans son travail !

  1. Le rôle du travail à la maison

 Le but de ce travail est principalement de mémoriser les notions étudiées en classe dans la journée ; après la coupure du trajet et du retour à la maison, l’enfant «repasse» ses leçons, ses tables, accompagnées parfois d’un exercice écrit d’application. De plus, pour certaines matières scolaires qui exigent des exercices répétitifs journaliers, l’école s’appuie sur la famille : ainsi pour les pages de lecture, les exercices de dictée, les opérations. Le travail varie selon les classes : en CP, et en CE, les leçons sont déjà «rabâchées» et quasiment sues en sortant de classe. La mémorisation doit se faire aisément parce que les éléments ont déjà été mis en place dans l’intelligence et la mémoire avec rigueur. En CE2 et surtout en CM1, les leçons plus longues ne sont pas apprises en classe, mais les élèves, rompus aux exercices de mémoire, devraient les assimiler très vite. Par contre, dans ces classes, un exercice plus ardu de vocabulaire ou de raisonnement est parfois demandé aux élèves le soir.

Voici les temps de travail prévus par les établissements sérieux en primaire :

15 min en CP, 15 à 30 min en CE1, 30 à 45 min en CE2, 45 à 60 min en CM. Dans les pensionnats primaires, les élèves terminent leur travail en une heure d’étude. Si les enfants dépassent trop largement ces durées préconisées, il y a bien lieu de revoir soit la quantité de travail demandé, soit la façon de travailler de l’enfant : celui-ci a peut-être tendance à la nonchalance ou à la rêverie ; ou bien il a de mauvaises méthodes de travail. Les capacités personnelles d’acquisition de chaque enfant infèrent aussi sur ce temps de travail. Les parents devraient signaler  à l’institutrice si l’enfant passe systématiquement beaucoup trop de temps sur son travail car il y a un risque de fatigue, d’usure nerveuse, de découragement. Deux excès sont à éviter de la part des parents : juger les devoirs inutiles ou trop lourds ; exiger toujours plus et ajouter quantité d’exercices… Avant le travail, un bon quart d’heure de détente est nécessaire pour l’équilibre nerveux en arrivant à la maison, surtout après un long trajet. Après le travail, une vie équilibrée, une bonne détente, des occupations matérielles sont nécessaires : le R.P. Charmot fait remarquer que les enfants réfléchis et rêveurs ont besoin d’appliquer leur intelligence à des travaux matériels pour garder leur équilibre ; c’est alors le moment d’aider Papa dans les activités de bricolage, ou Maman dans ses innombrables activités domestiques. Les plus petits ont besoin de jouer plus longtemps que les grands : après un temps de détente adapté à leur âge, il est normal que les enfants aident à la marche générale de la maison par de petites responsabilités : ce cadre robuste donnera la santé, l’équilibre nerveux et les saines habitudes de l’esprit et de la volonté.

                                     SL

A SUIVRE……

Dans le prochain numéro : un cadre et des méthodes de travail ; manières de procéder.

Comment faire un bon Carême en famille

Avec le Carême, nous entrons dans le temps de la Rédemption. Jésus est venu nous sauver. Son œuvre de Rédemption commence par la prédication de la vérité qui va nous éclairer ; or Ses toutes premières paroles sont un appel à la conversion : « Les temps sont accomplis, le royaume de Dieu est proche : convertissez-vous et croyez à l’évangile »(Mc 1,15)
Se convertir, se repentir, faire pénitence….quelle exigence ! Notre-Seigneur n’y va pas « par quatre chemins », Il va droit au but…et insiste même : « Si vous ne faites pas pénitence, vous périrez tous… » (Luc 13,3)
Par le péché originel, notre nature a été blessée, défigurée ; et cette blessure se traduit par une inclination au mal. Cette inclination nous appelle sans cesse au combat spirituel ! Depuis le péché originel notre âme est restée affaiblie dans sa volonté, c’est pourquoi elle doit maintenant continuellement faire effort pour résister au mal et faire le bien.
Ce temps liturgique nous montre maintenant Jésus au désert, pour 40 jours de prière et de pénitence avant de commencer sa vie publique de prédication.
Nous Le voyons aussi aux prises avec Satan, venu Le tenter…Nous comprenons alors pourquoi l’Eglise a fait du Carême un temps plus particulièrement consacré au combat spirituel…
Nos armes ne sont ni charnelles, ni matérielles, elles sont spirituelles !
Pour faire un bon Carême en famille, 3 moyens nous sont indiqués par l’Eglise : prière, pénitence, générosité. Continuer la lecture de « Comment faire un bon Carême en famille »

Mon enfant ne triche pas qu’aux jeux

    Depuis quelques jours la maman d’Anne la trouvait un peu mal à l’aise…mais, depuis hier soir, elle en connait la raison car sa fille lui a avoué qu’elle avait regardé sur la copie de sa voisine pendant le devoir de Français…

Quel soulagement pour cette maman de constater que sa fille a confiance en elle et lui a livré ce qui ne va pas. Cela prouve aussi que la petite a le sentiment d’avoir mal agi, sa conscience en est troublée. Oui, voilà une bonne chose, car combien d’enfants, aujourd’hui, ne savent même pas que ce n’est pas bien de copier, que le simple fait de «regarder »sur son voisin soit mal ? Comment voulez-vous? Tout autour d’eux, ils voient les autres le faire…Comment sauraient-ils que c’est mal si personne ne le leur a dit? On aurait tendance alors à dire que ces enfants ne sont pas tout à fait fautifs de tels agissements… Attention ! Ce n’est pas parce qu’ils ignorent qu’une chose est mal… qu’ils ne font rien de mal! Continuer la lecture de « Mon enfant ne triche pas qu’aux jeux »