Jeu et jouet dans la vie d’un enfant

Les parents s’intéressent beaucoup à ce qu’on enseigne à leurs enfants. Il paraît étonnant que ceux-là mêmes qui discutent âprement des programmes scolaires semblent se désintéresser des « programmes » fournis à la maison. Quand on y réfléchit, on s’aperçoit que le « programme » à la maison est aussi important que celui de l’école.

Les psychologues et éducateurs arrivent à cette conclusion fondamentale que l’enfant est sans cesse en train d’apprendre quelque chose. Et le moyen privilégié par lequel il apprend, surtout pendant l’âge préscolaire, est le jeu.

« C’est par le jeu qu’il réalise ses progrès, qu’il prend possession de soi et du monde, en exerçant toutes ses facultés, son corps, ses sens, son affectivité, son intelligence, sa volonté. Jouer et vivre, pour lui, c’est tout un. Il joue aussi bien quand il s’applique à un geste utile et ménager, quand il essaie de se servir d’un outil, quand il fait des exercices d’équilibre ou de vocalise, que lorsqu’il s’amuse avec un jouet quelconque. Il joue en faisant sa toilette, il joue à frotter une vitre, il joue à monter l’escalier…Son jeu est essentiellement le déploiement d’une spontanéité. » (Père Jean Rimaud)

Puisque l’enfant ne cesse d’apprendre, ce qu’il apprendra à la maison par le jeu dépendra :

  • de votre aptitude à jouer avec lui, et à lui apprendre à jouer seul. Oui, ceci va sans doute choquer bien des parents : les parents comme les enfants doivent apprendre à jouer ! On croit en général que les enfants savent jouer…Or un enfant de trois ans ne sait pas, d’instinct, faire avec des cubes des constructions complexes et intéressantes, ni construire des villes et des cités en jouant avec un autre enfant. Il doit l’apprendre.

Cela n’est pas toujours facile, pour des parents, d’apprendre à jouer avec le jeune enfant en question ! Pour cela, le père ou la mère doivent quitter leur sphère d’adulte et se mettre au niveau de l’enfant. Nous devons alors apprendre à jouer avec lui, apprendre à trouver des jeux spontanés, apprendre à lire des livres, apprendre même à raconter des histoires sans livres…. Il y a peu d’activités plus plaisantes que d’apprendre l’art du jeu. C’est presque toujours un enseignement à double sens : en jouant avec un enfant, nous apprenons autant que lui. C’est aussi une occasion merveilleuse de mieux le connaître.

  • du matériel que vous mettez à sa disposition: le jeu est un besoin essentiel de l’enfant, car nécessaire à la structuration de sa personnalité. L’enfant est un être imaginatif, il a besoin de rêve. Le jeu va également lui permettre d’imiter les adultes et lui donner l’occasion de former sa sensibilité et son goût ; ainsi le jeu contribue à la formation de l’enfant dans tous les domaines : force et adresse corporelle, mécanismes mentaux, finesse de la sensibilité. C’est par conséquent cette finalité  du jeu qui doit présider au choix des jouets.

Qu’est-ce qu’un bon jouet ?

  1. Il doit être inoffensif: sans bords coupants ou peinture toxique ; il ne comporte pas de petites pièces pour le jeune enfant.
  1. Il doit pouvoir durer longtemps: préférez acheter moins de jouets mais des jouets de qualité comme ceux en bois dur.
  1. Il doit être beau afin d’éduquer le goût et la sensibilité. Eloignez de l’enfant tout ce qui est laid et vulgaire (tout ce qui est monstre, poupées Barbie, etc…qu’on ne voit que trop, hélas !), ceci est également valable pour les illustrations des livres que nous mettons entre leurs mains. De même, évitez les couleurs criardes et excessives…tout ceci est facteur d’excitation et d’énervement…et contraire au calme dont l’enfant a besoin. C’est parfois la décoration même de la chambre qui est faite de couleurs agressives !
  1. Il doit être amusant et rendre l’enfant actif: faites la différence entre un jouet « presse-bouton » téléguidé et un jeu de cubes en bois. Si 90 % du jeu vient de l’enfant, et 10 % du jouet, c’est un bon jouet. Si c’est l’inverse, ce n’est pas un bon jouet ! Une voiture téléguidée sera d’emblée très amusante, mais l’enfant s’en lassera plus vite que d’un jeu de construction ou d’imagination (du type Playmobil ou Legos), moins séduisant au départ, mais qui deviendra de plus en plus amusant au fur et à mesure que l’enfant lui découvrira de nouvelles possibilités. Plus l’enfant doit agir en face du jouet et moins celui-ci travaille pour lui, plus l’enfant développe sa confiance en soi et sa créativité ; et plus il apprendra avec ce jouet. Moins l’enfant travaille et plus le jouet le fait pour lui, moins l’enfant cultive ses qualités et moins il apprend de ce jouet. Regardez comme un simple grand carton peut devenir un jouet merveilleux qui se transforme tour à tour en bateau, en igloo, en avion, en château-fort…Cette simple boîte va stimuler et enrichir le pouvoir d’invention et d’imagination de l’enfant ; et combien d’autre jouets peuvent ainsi être « faits-maison » ?!
  1. Il doit être adapté à l’âge et au développement de l’enfant. Trop souvent, dans l’achat d’un jouet, les adultes « se font plaisir » plus qu’ils ne se préoccupent de l’intérêt réel de l’enfant (…témoignage direct d’une vendeuse de jouets)…ou encore, ils croiront bien faire en choisissant le jouet le plus cher, sans voir qu’il ne convient pas au besoin ou à l’âge de l’enfant.

La vie moderne a « rétréci »le temps et les logements, or trois conditions sont nécessaires au respect du rythme et de la personnalité de nos enfants : le temps, le calme et la liberté !

Laissons beaucoup de temps à nos enfants pour jouer, temps que, hélas, les heures passées devant la « vidéo » lui volent.

Il faut qu’il joue dans le calme, sans un perpétuel fond sonore, musical ou non, qui l’habitue à entendre sans jamais écouter…

Enfin il sera libre de jouer s’il n’a pas trop de jouets. Il faut de l’harmonie en tout : ni trop, ni trop peu… On est parfois effaré, en entrant dans une chambre d’enfant, de découvrir une invraisemblable accumulation d’objets jonchant le sol autour d’un enfant désœuvré…ou au contraire passant d’un jouet à l’autre, mais sans vraiment jouer à rien…il y a comme une saturation de sollicitations qui paralysent l’enfant !

Les jouets sont d’abord et avant tout, pour l’enfant, un moyen de se construire. Ils vont constituer la matière même de « l’enseignement » qu’il reçoit à la maison. Ils auront nécessairement sur lui une influence souvent profonde : à nous de bien les choisir !

Sophie de Lédinghen

Entre 17 et 20 h à la maison

Quelle maman n’a pas vu arriver l’heure du retour de l’école avec appréhension ?…

Mon Dieu, que vais-je pouvoir inventer comme dîner à préparer pendant les devoirs des enfants ?…Pourvu qu’il n’y ait pas de résistance au travail ce soir, j’ai eu mon lot de contrariétés aujourd’hui !…Et l’heure du biberon qui tombe juste au moment des bains…Seigneur, aidez-moi !!!

Oui, ce moment est redoutable après une journée déjà bien chargée. Essayons ensemble de trouver quelques moyens de l’améliorer, car, le seul fait d’y penser nous rend déjà bien nerveuse !

Dans la course effrénée de chaque jour, notre organisation tient plus de l’improvisation que de la régularité… La règle d’or est pourtant d’exercer un rituel : une heure, un lieu, une durée identiques chaque jour. C’est cette rigueur qui, bien établie, nous fera comme un repos de l’esprit, sur lequel nous saurons pouvoir nous appuyer. C’est elle aussi qui favorisera la structure des apprentissages de nos enfants en leur apportant une sécurité rassurante.

LE RITUEL DU SOIR S’ANTICIPE DANS LA JOURNÉE :

Tout ce que vous aurez pu avancer dans la journée ne sera plus à faire lorsque la petite troupe vous accaparera à son retour de l’école. Et si vous mettiez la soupe du soir à cuire pendant que vous passez l’aspirateur ?…Et pourquoi ne pas préparer le gratin ou la quiche tout en aidant votre petit de trois ans à faire son puzzle sur un coin de la table de la cuisine à côté de vous ?… Un appel téléphonique pour tenir compagnie à votre maman seule ?

N’attendez pas que ce soit elle qui vous appelle à l’heure du départ au marché… Il faut que tous vos petits impératifs de la journée soient faits avant 16h. Avant de partir pour l’école, ramassez le linge sec et suspendez bien la dernière machine ; le biberon du goûter sera donné et le bébé habillé calmement pour sortir…les petits n’ont pas à subir la tension d’une précipitation de dernière minute ! Prévoyez même un peu de temps pour un embouteillage éventuel.

Quand les enfants seront rentrés, vous serez ainsi toute à eux, disponible et heureuse d’avoir déjà fait ce que vous aviez prévu.

LA SORTIE D’ÉCOLE :

C’est quand même beaucoup mieux pour vos enfants que vous soyez à l’heure. Quelle joie quand on voit que Maman est déjà là ! Une maman souriante, qui oublie deux minutes ses amies-mamans pour dire un petit mot accueillant à chacun des siens ! Une maman qui soulage d’un vêtement ou attrape une petite main fatiguée pour rejoindre la voiture (mais qui ne porte jamais les cartables…chacun en étant responsable jusqu’au coffre). Sur le trajet, maman dirige la conversation, prenant des nouvelles de la journée des grands comme des petits… les leçons, les jeux en récréation, la cantine…et maman raconte aussi rapidement sa journée, ce qui était amusant ou non et qu’elle a offert au bon Dieu … Le climat est joyeux et paisible, chacun prend son tour patiemment.

A LA MAISON :

Le goûter est un moment de détente d’environ un quart d’heure (en jouant dans le jardin si possible) pendant lequel il faut éviter de parler du travail pour mieux s’aérer l’esprit! Ensuite tout le monde boit un grand verre d’eau, file aux toilettes et va se laver les mains pour ensuite s’installer au travail, tous les jours au même endroit (dans la chambre pour les plus grands, autour de la table de la salle à manger avec maman pour les petits primaires). Personne ne doit commencer de jeux dans la chambre tant que les devoirs ne sont pas faits.

Maman met à jouer calmement les plus petits dans leur chambre, le bébé est installé dans le parc ou dans son lit…personne ne chahute ou se promène dans la maison : le travail des grands, c’est sacré !

Pendant ce temps nos écoliers sortent leurs affaires de leur cartable, ouvrent livres et cahiers en silence pour se concentrer et ne pas déranger. L’installation doit être rapide, l’enfant sait qu’il n’a pas d’autre choix que de faire ses devoirs…Si malgré cela il est réticent, fatigué, on trouvera des petites ruses pour le motiver en le détournant de lui-même… La maman ne se fâchera qu’en dernier recours : mieux l’enfant sera disposé, détendu et paisible, mieux se feront les devoirs.

La maman se montre disponible en restant auprès des devoirs des plus jeunes, cela les sécurise et nourrit ainsi leur confiance en eux. On fixe bien le temps de travail, en se réservant un moment pour faire réciter toutes les leçons à la fois pour chaque petit élève….On se mettra alors un peu à l’écart en parlant doucement sans gêner les autres qui travaillent encore.

Lorsque les jeunes travailleurs ont terminé leurs devoirs et rangé leurs cartables dans l’entrée pour le lendemain, ils peuvent prendre un peu de temps pour jouer dans leurs chambres, ce qui permettra à la maman de faire un tour pour vérifier le travail des grands dans leurs chambres.

A 18h tous les « primaires » devraient avoir fini leurs devoirs. Les chambres sont en ordre…il est maintenant l’heure du bain !

Je vous suggère de les baigner les veilles de jours de congé et de vous contenter d’une « toilette de chat » les lundis et jeudis soirs… (Il n’y a qu’en France qu’on lave les jeunes enfants à grande eau chaque jour et cela n’est pas vraiment sain pour leur épiderme ! La peau sécrète, en effet ce qu’il faut pour se protéger du froid et des autres agressions qu’un bain quotidien anéantit). A chaque mère de famille de considérer le temps qu’il a fait, les activités des enfants dans la journée ou leur état de fatigue. Une petite toilette de chat rapide sera un gain de temps qui permettra peut-être ensuite la lecture d’une histoire, ou une petite conversation détendue avant le coucher.

A 18h45 il est temps de dîner pour les plus jeunes. Les aînés vous auront donné leur petit quart d’heure de pause pour mettre le couvert et réchauffer le repas pendant que vous étiez occupée dans la salle de bain…ainsi tout est prêt lorsque le petit monde envahit la cuisine ! Alors s’engagent quelques discussions à bâtons rompus tout en dînant tranquillement. Maman, bien sûr, est présente, encourage la bonne tenue à table et motive les « tortues » !

Pendant ce temps, les plus grands terminent leurs devoirs, travaillent leur musique avant que les petits soient couchés, ou rendent service.

A 19h15, les dents sont propres, et la famille se réunit pour le chapelet et la prière du soir.

Puis entre 19h30 et 20h, en fonction des âges, les plus jeunes se couchent, après la lecture d’une petite histoire si on en a le temps.

A 20h30 c’est au tour des CM1 et CM2, qui lisaient depuis la prière, d’aller maintenant au lit.

Ce rituel que vous mettrez en place, s’adaptera bien sûr à la configuration de votre famille : l’âge des enfants, les besoins de chacun, la disponibilité du père… C’est à vous de trouver celui qui conviendra le mieux au bien être de votre maisonnée.

Soyez bien respectueuse de ce rite, assouplissez-le légèrement seulement le week-end, quand votre époux est à la maison et peut vous seconder. Vos enfants se feront à ces habitudes quotidiennes qui deviendront un peu la loi de la maison… Vous verrez alors comme ces habitudes seront un soutien pour vous et feront de ce créneau de votre journée un moment beaucoup plus paisible parce que simplement ordonné !

                                                                                              Sophie de Lédinghen

« L’OBEISSANCE EST LA SAINTETE DES ENFANTS» (Saint Pie X)

Rien de plus insupportable qu’un enfant qui se fait répéter 5 ou 6 fois le même ordre avant d’aller l’exécuter en traînant les pieds, en protestant, n’en faisant que la moitié, pour bien signifier qu’il n’est pas d’accord. Ce n’est pas cette obéissance-là qui plaît à Dieu !
C’est à nous d’habituer nos petits à obéir « tout