Mes plus belles pages… Pour les mamans : Berceuse de la Mère-Dieu

Mon Dieu, qui dormez, faible entre mes bras,
Mon enfant tout chaud sur mon cœur qui bat,
J’adore en mes mains et berce étonnée,
La merveille, ô Dieu, que m’avez donnée.

De fils, ô mon Dieu, je n’en avais pas.
Vierge que je suis, en cet humble état,
Quelle joie en fleur de moi serait née ?
Mais vous, Tout-Puissant, me l’avez donnée.

Que rendrais-je à vous, moi sur qui tomba
Votre grâce ? ô Dieu, je souris tout bas
Car j’avais aussi, petite et bornée,
J’avais une grâce et vous l’ai donnée.

De bouche, ô mon Dieu, vous n’en aviez pas
Pour parler aux gens perdus d’ici-bas…
Ta bouche de lait vers mon sein tournée,
O mon fils, c’est moi qui te l’ai donnée.

De main, ô mon Dieu, vous n’en aviez pas
Pour guérir du doigt leurs pauvres corps las…
Ta main, bouton clos, rose encore gênée,
O mon fils, c’est moi qui te l’ai donnée.

De chair, ô mon Dieu, vous n’en aviez pas
Pour rompre avec eux le pain du repas…
Ta chair au printemps de moi façonnée,
O mon fils, c’est moi qui te l’ai donnée.

De mort, ô mon Dieu, vous n’en aviez pas
Pour sauver le monde… O douleur ! là-bas,
Ta mort d’homme, un soir, noir, abandonnée,
Mon petit, c’est moi qui te l’ai donnée.

 

Marie-Noël (1883-1967)

 

Mes plus belles pages… Pour les mamans

Conseil d’Elisabeth de la Trinité à sa sœur Guite, mère de famille nombreuse :

 « Et ta méditation ? Je te conseille de simplifier tous tes livres, de te remplir un peu moins, tu verras que cela est bien meilleur. Prends ton crucifix, regarde, écoute. Ne te trouble pas, quand tu es prise comme maintenant et que tu ne peux faire tous tes exercices : on peut prier le Bon Dieu en agissant, il suffit de penser à Lui. Alors tout devient doux et facile, puisque l’on n’est pas seul à agir et que Jésus est là. 

Quand on l’aime, les choses extérieures ne peuvent distraire du Maître et tu es à la fois Marthe et Marie. Rappelle-toi toujours qu’Il te cherche et qu’Il t’aime. Qu’il veut te transformer en un autre Lui-même : laisse-toi emporter sur ces monts lumineux où se consomme enfin l’Union avec Dieu ! Puisqu’Il demeure en toi, il faut que tu le donnes, que partout et toujours ton âme le rayonne. »

 

 

Nous sommes la jeunesse de Dieu.

Et il est vieux comme le diable, leur monde qu’ils disent nouveau et qu’ils veulent fonder dans l’absence de Dieu… Vieux comme le diable… On nous dit que nous sommes les suppôts des vieilles superstitions ; faut rire ! Mais en face de ces démons qui renaissent de siècle en siècle, sommes une jeunesse, Messieurs ! Nous sommes la jeunesse de Dieu. La jeunesse de la fidélité ! Et cette jeunesse veut préserver pour elle et pour ses fils, la créance humaine, la liberté de l’homme intérieur.

François Athanase Charette de La Contrie

 

Fiers de notre passé

La jeunesse ne doit pas craindre les risques du présent. Il faut qu’elle voie au contraire dans ces risques un stimulant pour son ardeur à les dompter, avec la passion d’unir les traditions fécondes et le sens de la vie qui marche… Les opposer est un non-sens, trop souvent commis pour le plus grand dommage de notre pays… Soyons légitimement fiers de notre passé, mais rappelons-nous que nous n’aurons le droit de le rester que si nous faisons le présent aussi noble que lui… Oublier son passé, c’est s’appauvrir, mais vivre sur lui, c’est se ruiner ! 

Général de Lattre de Tassigny