Les potins…

Ayez horreur de vous mêler de ce qui ne vous regarde pas ; ne cherchez pas à savoir pourquoi ceci ou cela. N’accordez aucun intérêt à ce que vous en apprenez. Ne consentez pas à prêter l’oreille, ni même l’attention, aux « potins ». Voulez-vous garder limpide le miroir de votre âme ? Ne permettez pas à l’inutile pensée du prochain de venir le troubler. Si vous n’êtes pas chargé de la conduite des autres, ne vous informez pas de leur comportement ; ne faites pas de réflexions intérieures à leur sujet, surtout en ce qui concerne leurs défauts ou leurs fautes. Priez seulement pour que Dieu soit aimé et servi par tous. Toute pensée accordée à la créature vous ramène à vous, car c’est finalement par rapport à vous que vous l’appréciez d’ordinaire, non par rapport à Dieu. Quand tous les autres ne seraient pas ce qu’ils doivent être, gardez la paix. Vous, soyez-le. Votre fidélité, silencieuse et paisible, fera beaucoup plus pour l’avancement d’autrui que votre agitation et vos blâmes souvent inefficaces. L’exemple de votre sérénité, votre transparence aux rayons de Dieu qui vous habite, porteront plus au bien que tous vos discours et vos algarades. Votre âme ne doit refléter que Dieu.

Dom Guillerand (1877 – 1945) – Les portes du silence

La contestation

Croyez-moi : ne contestez jamais avec personne ; cela ne sert de rien. Chacun et chacune est sûr de son bon droit et cherche moins à être éclairé qu’à vaincre dans une joute de mots. On se quitte mécontents, ancrés sur ses positions, et la dispute continue au dedans. C’en est fait du silence et de la paix. Si vous n’en avez pas la charge, n’essayez pas de convaincre. Mais si vous voulez demeurer en repos, tournez plutôt la page habilement dès que s’amorce la controverse. Acceptez d’être terrassé au premier choc, et priez doucement Dieu de faire triompher Sa vérité en vous-même et dans les autres ; puis passez. Votre âme n’est pas un forum, mais un sanctuaire. Il s’agit pour vous non d’avoir raison, mais d’embaumer par le parfum de votre amour. La vérité de votre vie témoignera de celle de votre doctrine. Voyez Jésus dans son procès : Il s’est tu, acceptant d’avoir tort ; Il est maintenant la Lumière pour tout homme venant en ce monde.

 

Dom Guillerand (1877 – 1945) – Les portes du silence

 

Mes plus belles pages… Pour les mamans

O Vierge Immaculée, nous sommes bien lasses ce soir et puisque vous êtes notre Mère, nous venons vous dire que nous vous aimons comme des enfants, comme des tout-petits qui souffrent et qui plus que jamais ont besoin de votre maternelle tendresse. Oui Mère, ce soir nous avons laissé là notre travail trop lourd, nous avons caché nos fronts brûlants près de votre cœur. Mère aimable, consolez-nous ce soir comme vous deviez si bien consoler le bon saint Joseph les soirs de dur labeur en pays païen loin du Temple et de la terre des aïeux. Mère, ce soir, consolez-nous !

 

Père de la Chevasnerie – Bienheureux vous tous qui souffrez

 

Rome éternelle

 

Nul n’a tenté comme elle de rassembler tous les hommes ; nul n’a mieux réussi à les rassembler sans les confondre, à les unir en un corps, au lieu de les abandonner en une masse si bien qu’en un temps où nous voyons le monde s’écrouler et s’abîmer, il suffit de revenir à Rome, pour retrouver les secrets qui permettent aux sociétés, quelles qu’elles soient, de vivre ou de revivre.

M-Madeleine Martin

 

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Quand j’ai vu Rome pour la première fois, quand j’ai vu cette Rome auguste et que j’en eus respiré l’indéfinissable parfum, alors j’ai su que je pouvais aimer et que j’aimerais. Qu’est-ce donc que le parfum de Rome ? Telle que le Christianisme l’a faite, Rome est la ville des âmes. Elle a une langue que toutes les âmes entendent. Pas une pierre dans Rome qui ne dise quelque chose et quelque chose de grand. Par l’inscription qu’elle porte, par la place qu’elle occupe, elle est une lumière, une poésie. 

Louis Veuillot – Parfums de Rome

 

Les combats de l’Eglise gagnés d’avance

Dans ses membres, qui sont humains, l’Église s’est souvent montrée fragile et vulnérable. Mais, toujours, elle manifesta la force divine qui l’habite et lui donna de résister aux assauts les plus terribles, de conquérir des continents entiers, d’enfanter des héros et des saints.

Jusqu’à la fin des temps, l’Eglise de la terre sera en guerre, sans cesse assaillie, toujours sur le qui-vive pour défendre l’honneur de Dieu, la vérité et les âmes. Il est bien juste qu’elle soit appelée l’Eglise militante. Cependant, en comparaison des combats de la terre, ceux de la sainte Eglise ont une particularité : ils sont gagnés d’avance.

La Résurrection de Notre-Seigneur fut bien le point de départ d’une croisade glorieuse. Or, précisément, la crise la plus terrible que l’Eglise eut à subir ne fut-elle pas celle du Vendredi Saint ? Y eut-il jamais un jour plus dramatique que celui où Dieu lui-même fut condamné à mort par ses pauvres créatures ? Y eut-il une heure plus tragique pour la vérité et pour le bien que celle de la nuit du Golgotha ? Néanmoins, de ce combat, le Christ et son Eglise sortirent victorieux. L’Eglise a déjà vécu et surmonté la plus terrible de ses tempêtes. Depuis lors, Jésus-Christ allait prolonger ses conquêtes sur le péché et sur le diable par le ministère de son Epouse. L’histoire de l’Eglise ne serait désormais que le rayonnement dans le temps du triomphe de Pâques.

Fort de cette certitude, le chrétien se bat avec ardeur, certes, mais avec une mentalité de vainqueur, avec la sérénité de celui qui sait la victoire assurée. 

  1. J-D Fabre