LE ROSSIGNOL Igor Stravinski

Cette fois-ci, je vous propose une mise en parallèle entre un « cantabile » et ce que le Seigneur nous a donné à l’état pur, le chant du rossignol …

Voilà le lien pour accéder au rossignol et le télécharger:

https://www.bing.com/videos/search?q=chants+de+rossignol&&view=detail&mid=DC765C9490748959A03BDC765C9490748959A03B&&FORM=VDRVRV

 

Une fois que vous avez goûté à cette merveille,  vous téléchargerez le lien suivant :

https://www.bing.com/videos/search?q=le+chant+du+rossignol+stravinski&&view=detail&mid=85E8D9D8558E4B42DE1285E8D9D8558E4B42DE12&&FORM=VDRVRV

C’est un extrait intitulé « la mélodie du rossignol », tiré de l’opéra suivant :

 LE ROSSIGNOL

Igor Stravinski (1882-1971)

 Opéra en trois actes d’après le conte d’Andersen, créé le 26 mai 1914 à l’Opéra de Paris

Interprétation par Nathalie Desay

 

Je ne suis pas spécialement une adepte de Stravinski, mais sa « mélodie du rossignol »  sait redonner, par ses vocalises, de manière assez saisissante, le chant incomparable de cet oiseau.

Et l’on peut rendre grâce au Créateur pour les capacités données à la voix humaine comme pour nos troubadours volatiles.

Si le thème « chants d’oiseaux »vous intéresse, vous pouvez aussi écouter, mais c’est orchestral (piano), « La prédication aux oiseaux  de St François d’Assise » de Franz Liszt.

Le génie du froid

Voici un extrait remarquable par sa puissance évocatrice, véritablement saisissante, le contexte légendaire se prêtant à camper l’invraisemblable !

 « AIR DU GENIE DU FROID « 

Le Roi Arthur – Henry Purcell (1659-1695)

Semi-opéra ou « mask », acte III – Scène II – Interprété par Manuel Bras Da Costa

http://des-instantanes.blogspot.fr/2010/04/roi-arthur.html

 Le Roi Arthur raconte sa recherche pour retrouver sa fiancée Emmeline, enlevée par le roi Oswald.  Le magicien Osmond (à la solde du roi Oswald) montre à Emmeline les contrées les plus froides du globe et fait réveiller le Génie du Froid par Cupidon. Le Génie du froid pousse alors son chant glacial et supplie Cupidon : (« Let me freeze, let me freeze » … Laisse-moi être transi …)

Selon Gustave KOBBE (« Tout l’Opéra »), le Roi Arthur n’est pas un opéra à proprement parler, mais une musique pour accompagner le théâtre selon la coutume anglaise de l’époque. Et en effet, on ne peut comprendre cette composition si on en écoute uniquement la musique et le chant, les dialogues sont indispensables.

En 1660, la restauration royaliste anglaise permet la renaissance de la composition musicale.

La révolution de Cromwell avait dispersé le personnel de l’institution musicale pendant plusieurs décennies, la musique anglaise était presque morte mais le goût pour le « mask » ou théâtre subsistait.

 Le tireur d’élite – « Der Freischütz » (1821)

Notre citation pour septembre et octobre 2018 :

«  Le corbeau chante aussi bien que l’alouette pour qui n’y fait pas attention.

Que de choses n’obtiennent qu’à leur saison

 leur juste assaisonnement de louange et de perfection ! »      Shakespeare

 Une œuvre pour introduire l’automne et ses chasses … : Le tireur d’élite

                        Carl Maria Von Weber

                        1786 (Eutin, près de Lübeck)- 1826 (Londres)

                        Sa cousine Constanze est la femme de Mozart

 Cet opéra est inspiré d’un conte populaire germanique. La première représentation eut lieu le 18 juin 1821 à Berlin et ce fut un triomphe. Le livret est rédigé par Johann Friedrich Kind. Je vous propose l’écoute du Chœur des chasseurs, particulièrement vif et entraînant.

Voici une traduction de la version originale allemande.

https://lyricstranslate.com/fr/was-gleicht%EF%BB%BF-wohl-auf-erden-dem-j%C3%A4gervergn%C3%BCgen-huntsmen039s-chorus-choeur-des-chasseurs.html

 

Chasseur, dans les bois, que la vie a des charmes,

Printemps des forêts, tu souris à le voir.

Il cherche à travers les bouleaux et les charmes,

Ta trace, ô, gibier du matin jusqu’au soir.

Voilà le plaisir qu’il se donne,

Et libre, il se sent plus vaillant plus dispos.

Halliers pleins de bruit quand le cor vibre et sonne,

Son chant rend la voix dès l’aurore aux échos,

Yo ho tra la la la la …..

 

Quand l’aube, ô, soleil, fait le jour dans ses routes,

Ses yeux sont plus vifs et ses coups plus certains.

Ravins, dans vos creux, et forêts, sous vos voûtes,

Il traque et les loups et les cerfs et les daims.

Voilà le plaisir qu’il se donne,

Et libre, il n’a point de regret sous les cieux.

Au bruit des chansons quand le cor vibre et sonne,

Son vin est plus doux et son cœur plus joyeux.

Yo ho tra la la la la ….

Le Roi d’Ys

« La conversation raccourcit la route, et le chant le travail » (proverbe russe)

 Temps de vacances, temps de bords de mer, la Bretagne est à l’honneur de cette chronique, peut-être certaines d’entre vous s’y rendront cet été ?

 Le Roi d’Ys

7 mai 1888, Opéra Comique, Paris

Edouard Lalo (1823-1892)

Interprétation par Mady Mesplé et Nicola Gedda

https://open.spotify.com/track/70SivV6spuvOi0JuUJWR ar?si=4inGFFh_QqGFMX4SaMmcTQ

Seul opéra de Lalo, le Roi d’Ys est inspiré par la légende de la ville d’Ys, capitale de la Cornouaille. Les deux héros, Mylio et Rozenn s’aiment et leurs noces se célèbrent dans la chapelle du Palais d’Ys. Saint Corentin apaise les flots qui menaçaient d’engloutir Ys.

Un des rares opéras du XIXème siècle, d’inspiration chrétienne… Je vous propose le duo des jeunes époux, qui se place au moment des noces.

 ROZENN

Cher Mylio!

MYLIO

Oui, le Seigneur est bon pour nous, Il nous délivre de cruels ennemis

Puisqu’il met votre main dans la mienne.

Ma Rozenn, je t’aime.

ROZENN

O mon époux ! je t’aime, ô Mylio ! Je t’aime !

MYLIO

A l’autel j’allais rayonnant! Mon amour était ma prière, Je tremble maintenant

D’un bonheur trop grand pour la terre. Dieu qui me remet, comme un trésor sacré Un de ses anges sous ma garde,  Désormais me regarde.

ROZENN

Dans mon cœur enivré Ne tressaille qu’une pensée, C’est que toujours je sentirai

Ma main par la tienne pressée, Je ne connais, et n’ai connu jamais

Que la route par toi suivie, Et ta vie est ma vie !

MYLIO

Que le ciel, se penchant sur nous, Mêle son éternelle flamme

Au baiser que l’époux Donnant toute son âme, Met au front de la femme  !

ROZENN

Je t’aime! O cher époux!

A toi toute ma vie !

MYLIO

Des chemins où tu dois marcher à mon côté, Sois la seule clarté,

De tous mes rameaux, sois la rose !

ROZENN

Mylio !

MYLIO

Et, laissant jusqu’au soir tes regards dans les miens, En mes songes reviens

Quand ma paupière sera close.

ROZENN ET MYLIO

Aimer, c’est la loi sainte, la douce loi ! Dans l’ivresse infinie, à toi, toujours à toi!

Je t’aime et mon cœur, enfin, sur ton cœur se pose !

Pour celles qui souhaitent mieux connaître cette œuvre, vous pouvez aussi découvrir la célèbre aubade de Mylio : « Vainement ma bien-aimée … »

https://open.spotify.com/track/4XgbnwtDGMX0SH5RLJVzJ9?si=MBanO-qkTF-_p1wkHwwzaQ

 La première interprétation de cet opéra connut un succès immense et Edouard Lalo fut promu officier de la Légion d’Honneur l’année suivante.

Ave maria de Caccini

Bel Canto

«  C’est le mois de Marie, c’est le mois le plus beau,

A la Vierge Marie, disons un chant nouveau  »

Ave Maria – Giulio Caccini

 Tivoli 1551 – Florence 1618

Interprétation par Sumi Jo et l’Orchestre Philarmonique Gurzenich de Cologne en 2001

https://open.spotify.com/track/2U1hdyT8KUndw15Fkmtx1n?si=7PUXPn-7S6S0A8eE7Qb1Og

 Entré au service des Médicis en 1565, Giulio Caccini introduit le chant monodique (à une seule voix) alors que le chant était jusqu’à présent polyphonique, pour privilégier l’intelligibilité et l’expressivité du texte. Sa musique ornementée est à l’origine de la virtuosité vocale, du bel canto (en miroir de l’intitulé de notre fameuse rubrique …) . L’opéra fait son apparition avec lui et quelques autres, en 1600.

Quant aux paroles de cet aria, « Ave Maria », deux simples mots, ils ont alimenté une polémique reposant sur la non-intégralité de la prière à la Sainte-Vierge, jamais usitée au XVIème siècle. Certains parlent donc d’un pastiche élaboré au XVIIIeme, XIXeme ou même XXème siècle !

Aujourd’hui, l’interprétation que je vous propose est extraite d’un album intitulé « Prayers » (Prières), et c’est bien dans ce sens que l’on peut écouter ce texte, qui redit inlassablement ces deux mots. Pensons à Saint Bernard qui ne passait jamais devant une statue de la Sainte Vierge sans la saluer de cette façon, à tel point que Notre-Dame lui répondit un jour « Ave Bernarde ».

Je vous laisse découvrir la richesse vocale de la cantatrice Sumi JO, sud-coréenne, née en 1962.

 

Les oiseaux dans la charmille

Notre citation pour mars et avril 2018 :

« Ce n’est pas en ouvrant la gorge d’un rossignol qu’on découvrira le secret de son chant. » Marcel Pagnol

Il s’agit d’abord d’écouter, de contempler, de s’émerveiller, et de rendre grâce au Bon Dieu …Et de s’essayer à son tour !

Avec l’arrivée du printemps et le retour des oiseaux, vous est proposé cet extrait des «Contes d’Hoffmann », charmant et si drôle. Offenbach met en scène une poupée mécanique qui chante et danse, Olympia, dont Hoffmann, la prenant pour une jeune fille en chair et en os, tombe amoureux ! Le génie de cette composition tient dans le «phrasé saccadé qu’on attend d’un automate» (cf. Kobbé, « Tout l’Opéra »).

https://open.spotify.com/track/6CRp8BBhvouSPVz5BCzPCf

Les oiseaux dans la charmille

Les Contes d’Hoffmann (1881) – Acte I

Jacques Offenbach (1819-1880), mort pendant les répétitions de cet opéra)

Les oiseaux dans la charmille,
Dans les cieux, l’astre du jour,
Tout parle à la jeune fille d’amour ! Ah !

Voilà la chanson gentille,
La chanson d’Olympia ! Ah !

Tout ce qui chante et résonne,
Et soupire, tour à tour,
Emeut son cœur qui frissonne d’amour ! Ah !

Voilà la chanson mignonne,
La chanson d’Olympia !

 

Chœur de l’hiver

Notre citation de janvier et février pour surmonter les petites crises intérieures, avec humour …

« Quand vous êtes harassés de fatigue,

 pensez toujours à l’exemple de la bouilloire.

Elle a beau avoir le couvercle en ébullition, cela ne l’empêche pas de chanter. »

     CHŒUR DE L’HIVER de Jean-Baptiste Lully

tiré de l’opéra « Isis », tragédie lyrique en cinq actes de Philippe Quinault

mis en musique par Jean-Baptiste Lully (1632-1687)

5 janvier 1677

« L’hyver qui nous tourmente … »

L’opéra met en scène les dieux de l’Olympe et leurs amours.

Ici, la furie Erinye est sortie des enfers et  a rattrapé, sur ordre de Junon, la nymphe Io. Elle l’emmène dans des lieux de souffrance, et notamment dans un enfer glacé … A la suite de cette épreuve, Io deviendra la déesse Isis.

L’extrait que je vous propose est composé de multiples couplets durant lesquels Io se lamente, mais je me contenterai de vous livrer le refrain, en rapport avec la saison de janvier …

« L’hiver qui nous tourmente
S’obstine à nous geler,
Nous ne saurions parler
Qu’avec une voix tremblante.
La neige et les glaçons
Nous donnent de mortels frissons,
Les frimas se répandent sur nos corps languissants,
Le froid transit nos sens,
Les plus durs rochers se fendent. »

https://open.spotify.com/track/27lnoQEpAKImy8LeLrmpbu

Ce chœur est aussi appelé  « chœur des trembleurs » car pour créer l’effet dramatique souhaité, Lully redouble les syllabes sur la même note :

« Nou-ous  ne-eu  sau-aurion-ons, etc … qui rappellera à certains « l’air du froid » proposé l’année dernière.

Miserere Mei de Gregorio Allegri 

C’est le mois de novembre, nous honorons les saints et prions pour les défunts.

Voici Le Miserere Mei de Gregorio Allegri  (1638)(religieux italien – 1582-1652), sur les paroles du Psaume 50.

Le prophète David demande pardon à Dieu pour ses fautes. Belle façon aussi de prier pour nos morts (bien qu’à l’origine cette œuvre fût chantée pendant l’office des Ténèbres du Vendredi Saint).

Voici le lien que j’ai sélectionné, qui me paraît correspondre le mieux à l’esprit baroque et assez sobre de l’œuvre.

Vous trouverez bien d’autres versions de qualité, plus expressives (mais moins méditatives), si vous préférez.

https://open.spotify.com/album/1qN21tIgKKFLMN4McyLL7D

 Traduction :

Pitié pour moi, mon Dieu, dans Ton amour, selon ta grande miséricorde, efface mon péché.
Lave-moi tout entier de ma faute, purifie-moi de mon offense.
Oui, je connais mon péché, ma faute est toujours devant moi.
Contre Toi, et Toi seul, j’ai péché, ce qui est mal à tes yeux, je l’ai fait.
Ainsi, Tu peux parler et montrer Ta justice, être juge et montrer Ta victoire.
Moi, je suis né dans la faute, j’étais pécheur dès le sein de ma mère.
Mais Tu veux au fond de moi la vérité ; dans le secret, Tu m’apprends la sagesse.
Purifie-moi avec l’hysope, et je serai pur ; lave-moi et je serai blanc, plus que la neige.
Fais que j’entende les chants et la fête : ils danseront, les os que Tu broyais.
Détourne Ta face de mes fautes, enlève tous mes péchés.
Crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu, renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit.
Ne me chasse pas loin de Ta face, ne me reprends pas Ton Esprit Saint.
Rends-moi la joie d’être sauvé ; que l’esprit généreux me soutienne.
Aux pécheurs, j’enseignerai tes chemins ; vers toi, reviendront les égarés.
Libère-moi du sang versé, Dieu, mon Dieu sauveur, et ma langue acclamera Ta justice.
Seigneur, ouvre mes lèvres, et ma bouche annoncera Ta louange.
Si j’offre un sacrifice, Tu n’en veux pas, Tu n’acceptes pas d’holocauste.
Le sacrifice qui plaît à Dieu, c’est un esprit brisé ; Tu ne repousses pas, ô mon Dieu, un cœur brisé et broyé.
Accorde à Sion le bonheur, relève les murs de Jérusalem.
Alors Tu accepteras de justes sacrifices, oblations et holocaustes ; alors on offrira des taureaux sur Ton autel.

 

Veni Sancte Spiritus

 Pour une bonne rentrée, invoquer le Saint-Esprit est indispensable.

Moment aussi pour découvrir cette œuvre superbe, composée par Mozart à l’âge de 12 ans. Et à faire découvrir à nos enfants par la même occasion en insistant sur le travail de forçat que Mozart s’imposait déjà depuis de longues années, guidé par son père.

Mozart :  Veni Sancte Spiritus kv n°47

Cliquer sur le bouton vert:

Quae est ista – César Franck

Notre citation pour mai et juin 2017, afin que notre humeur

soit belle et gracieuse quel que soit le temps !

«  Au temps, comme il vient, dis merci,

Au soleil, à la pluie aussi,

Et tâche d’être, et le souhaite,

Grenouille et cigale à la fois,

Pour chanter tout ce que tu vois

De bon cœur et de belle voix. »
Jean Richepin

 Quae est ista

(César Franck – Offertoire, 1861)

Interprétation par le Chœur hongrois Kodaly de Debrecen

Cette prière a été écrite pour les fêtes de l’Immaculée Conception, de l’Assomption, et du mois de Marie, puis orchestré en 1877. C’est une œuvre pour solistes et chœur mixte à 3 voix avec orchestre ou orgue, harpe et contrebasse, Quasi largo, la bémol majeur.

Lien pour télécharger et enregistrer sur clé usb :  https://www.bing.com/videos/search?q=quae+est+ista+c%c3%a9sar+franck&&view=detail&mid=721D2C8D72590D6F779B721D2C8D72590D6F779B&FORM=VRDGAR

Choeurs:

Quae est ista quae progreditur
quasi aurora consurgens,
pulchra ut luna, electa ut sol,
terribilis ut castrorum acies ordinata?

 

Qui est celle-ci qui s’avance comme l’aube naissante,
belle comme la Lune, resplendissante comme le Soleil,
terrible comme une armée rangée en ordre de bataille ?

avec parties Solo (Basse / Ténor) :

Posuit Rex diadema regni in capite ejus

 

Tu gloria Jerusalem

Tu laetitia Israel

Tu honorificentia populi nostri

 

Maria, dominare nostri,

Tu et filius tuus,

Intercede ad Dominum Deum nostrum

 

Le roi posa le diadème du règne sur sa tête.

 

Tu es l’exaltation de Jérusalem,

la grande joie d’Israël,

la grande fierté de notre race.

 

Marie, règne sur nous,

Toi et ton Fils,

intercède auprès de Dieu, notre Seigneur.