Rions un peu

            Don Camillo raconta un jour cette petite fable : Un loup féroce et mourant de faim errait dans la campagne. Il arriva dans un pré qui était entouré d’une très haute clôture grillagée. Des brebis paissaient tranquillement dans l’enclos. –Le loup essaya par de multiples moyens d’entrer dans l’enclos mais cela lui fut impossible.- Alors il se présenta à la porte de l’enclos et cria :

-Paix ! paix ! Nous sommes tous des créatures de Dieu et nous devons vivre selon ses lois !

Les brebis s’approchèrent et le loup, d’une voix inspirée continua :

-Vive la légalité ! A bas le règne de la violence ! Faisons une trêve !

– Bien répondirent les brebis, faisons une trêve !

Et tranquillement elles se remirent à brouter l’herbette.

Le loup se coucha devant la porte avec un air plein de douceur ; il restait là et passait son temps à chanter de joyeuses petites chansons. De temps en temps, il se levait et allait brouter l’herbe (…).

– Oh ! regarde, regarde, il mange de l’herbe lui aussi, comme nous. On ne nous avait jamais dit que les loups mangeaient de l’herbe.

– Je ne suis pas un loup, je suis une brebis comme vous. Une brebis d’une autre race.

Puis il expliqua que les brebis de toutes les races auraient dû s’unir et faire cause commune.

– Pourquoi, dit-il enfin, ne fondons-nous pas un Front Démocratique des brebis ? (…) Il est temps que nous nous unissions pour faire cause commune contre l’ennemi commun qui nous tond, vole notre lait, puis nous envoie chez le boucher !

– Il parle bien, remarquèrent quelques brebis, il faut faire cause commune.

Et elles adhérèrent et un beau jour elles ouvrirent la porte au loup qui pénétra dans l’enclos, et, devenu le chef du petit troupeau, commença au nom de l’Idée, l’épuration de toutes les brebis antidémocratiques.

Pour lire la suite se reporter à « Don Camillo et ses ouailles » de Giovanni Guareschi.

On peut aussi relire avec profit la fable de La Fontaine : « Le loup et les brebis ».

A voir!

Suite à notre rubrique : Un dimanche en famille, nous avons – pour vous aider à trouver des idées- relevé une liste d’expositions ou événements intéressants. (N’hésitez pas à nous indiquer ceux de votre région qui sont dignes d’intérêt !).

A Paris

  • D’une nécropole à l’autre, Basilique Saint-Denis (Seine Saint-Denis), jusqu’au 31 mars.

A l’occasion du jumelage entre la basilique Saint-Denis et la forteresse Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Saint-Pétersbourg, contracté durant l’année franco-russe, la nécropole des rois de France accueille une exposition sur le thème des Romanov à Saint-Pétersbourg.

  • Georges Michel- Le paysage sublime, Fondation Custodia, 121 rue de Lille à Paris VIIe, jusqu’au 29 avril. Peintre inconnu, Georges Michel, admiré de Van Gogh et vu comme un précurseur de l’école de Barbizon a été influencé par l’école nordique (Ruisdael). On admirera ici ses paysages, champs de la vallée de la Seine et campagnes d’Ile-de-France, sous un ciel d’orage, soufflés par les vents et en proie aux jeux de lumières. Une découverte.
  • L’art du pastel de Degas à Redon, au Petit Palais, jusqu’au 8 avril.

Cette exposition l’art du pastel vous enchantera certainement avec ses pastels délicats du 18e, ses portraits du 19eme ; une bonne occasion de découvrir le raffinement de cet art.

  • Concert à la Sainte Chapelle chaque week-end.

Très peu connus, ces concerts ont l’immense avantage d’être donnés dans ce joyau du gothique rayonnant édifié par Saint Louis au cœur du Palais de la Cité.

Un exemple de récital: Grands concerts de Pâques, de la crucifixion à la résurrection
HAYDN/Les 7 dernières paroles du Christ (extraits)-MOZART/Requiem (extraits) Ave Verum-VIVALDI/Credo-Gloria (extraits)-J.S. BACH/La passion (extraits)-Jésus que ma joie demeure.

A Issy-les-Moulineaux

  • Auguste Rodin et son mouleur Paul Cruet, musée de la carte à jouer, jusqu’au 20 mai. « Hommage à un homme de l’ombre, et à une matière : le plâtre »

A Versailles

  • Jean-Pax Méfret, au théâtre Montansier, le 26 mai.

Deux heures de chansons, connues ou inédites, pour ceux qui aiment les textes engagés de ce fameux « chanteur de l’Occident » !

A Vaux le Vicomte

  • Le château de Vaux-le-Vicomte a été construit pour le surintendant des finances de Louis XIV, Nicolas Fouquet. Conçu par l’architecte Louis Le Vau, décoré par Charles Le Brun, et verdi par le jardinier le Nôtre, il est ouvert à la visite depuis le 30 mars 1968. Pour fêter ses 50 ans d’ouverture au public, le domaine s’illuminera de 2 000 bougies tous les samedis soirs du 5 mai au 6 octobre. En juin il lancera une Journée Grand Siècle costumée à la mode de l’époque et animée au rythme de danses baroques comme au temps de Louis XIV et de Nicolas Fouquet.

Et à partir du mois d’avril, les visiteurs pourront s’aventurer dans la rivière souterraine qui avait été détournée par Le Nôtre en 1654 pour la construction des jardins.

  • Emission : « Envoyé spécial » du 18 janvier 2018. .Et enfin nous vous recommandons un excellent reportage sur les écrans à voir et à montrer à nos adolescents : https://youtu.be/DyK4vxbAmwQ. Cette étude très complète montre les conséquences relevées sur le cerveau de ceux qui utilisent les écrans sans modération. Une partie scientifique mais aussi une étude sur la vie quotidienne et une enquête auprès des fondateurs des réseaux sociaux. A voir absolument !

Éloge de la fatigue

 

Si la rentrée ne vous trouve pas « en pleine forme », si les vacances n’ont pas eu l’effet escompté sur votre fatigue, vous trouverez ici comment reprendre le cours de la vie avec courage, entrain et espérance !

 

Vous me dites, Monsieur, que j’ai mauvaise mine,
Qu’avec cette vie que je mène, je me ruine,
Que l’on ne gagne rien à trop se prodiguer,
Vous me dites enfin que je suis fatigué.

Oui je suis fatigué, Monsieur, mais je m’en flatte.
J’ai tout de fatigué, la voix, le cœur, la rate,
Je m’endors épuisé, je me réveille las,
Mais grâce à Dieu, Monsieur, je ne m’en soucie pas.
Ou quand je m’en soucie, je me ridiculise.
La fatigue souvent n’est qu’une vantardise.
On n’est jamais aussi fatigué qu’on le croit !
Et quand cela serait, n’en a-t-on pas le droit ?

Je ne vous parle pas des tristes lassitudes,
Qu’on a lorsque le corps harassé d’habitude,
N’a plus pour se mouvoir que de pâles raisons…
Lorsqu’on a fait de soi son unique horizon…
Lorsqu’on a rien à perdre, à vaincre, ou à défendre…
Cette fatigue-là est mauvaise à entendre ;
Elle fait le front lourd, l’œil morne, le dos rond.
Et vous donne l’aspect d’un vivant moribond…

Mais se sentir plier sous le poids formidable
Des vies dont un beau jour on s’est fait responsable,
Savoir qu’on a des joies ou des pleurs dans ses mains,
Savoir qu’on est l’outil, qu’on est le lendemain,
Savoir qu’on est le chef, savoir qu’on est la source,
Aider une existence à continuer sa course,
Et pour cela se battre à s’en user le cœur…
Cette fatigue-là, Monsieur, c’est du bonheur.

Et sûr qu’à chaque pas, à chaque assaut qu’on livre,
On va aider un être à vivre ou à survivre ;
Et sûr qu’on est le port et la route et le gué,
Où prendrait-on le droit d’être trop fatigué ?
Ceux qui font de leur vie une belle aventure,
Marquent chaque victoire, en creux, sur la figure,
Et quand le malheur vient y mettre un creux de plus
Parmi tant d’autres creux il passe inaperçu.

La fatigue, Monsieur, c’est un prix toujours juste,
C’est le prix d’une journée d’efforts et de lutte.
C’est le prix d’un labeur, d’un mur ou d’un exploit,
Non pas le prix qu’on paie, mais celui qu’on reçoit.
C’est le prix d’un travail, d’une journée remplie,
C’est la preuve, Monsieur, qu’on vit avec la vie.

Quand je rentre la nuit et que ma maison dort,
J’écoute mes sommeils, et là, je me sens fort ;
Je me sens tout gonflé de mon humble souffrance,
Et ma fatigue alors est une récompense.

Et vous me conseillez d’aller me reposer !
Mais si j’acceptais là, ce que vous proposez,
Si je m’abandonnais à votre douce intrigue…
Mais je mourrais, Monsieur, tristement… de fatigue.

Robert Lamoureux

Anadiplose, Dentelles de la Visitation et 150e anniversaire de Sainte Germaine de Pibrac

Connaissez-vous l’anadiplose ? Est-ce une maladie grave ? un insecte des pays tropicaux ? une figure de style ?

Vous trouverez facilement sa définition en lisant attentivement ces vers de  Molière dans Dom Juan, acte V scène 2, fin de la tirade de Sganarelle)

« L’homme est en ce monde ainsi que l’oiseau sur la branchela branche est attachée à l’arbrequi s’attache à l’arbre, suit de bons préceptesles bons préceptes valent mieux que les belles parolesles belles paroles se trouvent à la courà la cour sont les courtisansles courtisans suivent la modela mode vient de la fantaisiela fantaisie est une faculté de l’âmel’âme est ce qui nous donne la viela vie finit par la mortla mort nous fait penser au Cielle ciel est au-dessus de la terre(…) »

Dentelles de mode, mode des dentelles à la Visitation

Du 19 mai au 24 décembre 2017, une belle exposition au Musée de la Visitation de Moulins.

Vous découvrirez l’art de la dentelle, suivi de l’historique de cet art souvent méconnu. « Mais le plus beau, et le plus émouvant pour le visiteur résidera sans nul doute dans la découverte des pièces dentelées ou brodées par les sœurs : la foi, l’abnégation et les innombrables heures de travail percent à travers ces œuvres exposées pour la première fois au regard. Ces pièces, d’un point de vue stylistique et technique, sont aussi belles que les pièces sortant de grands ateliers de fabricants. (…) Les religieuses ont poussé la technique à la perfection, l’ont explorée pour la porter au plus haut degré et ont développé un savoir-faire totalement maîtrisé, dans l’excellence, dans l’abnégation, sans compter leur temps, et inscrit dans la pratique de la prière. L’entrelacement des fils invite dès lors à la méditation. Deux exemples sont surprenants : un volant d’aube en Alençon que la sœur Marie-Mélanie Gresselin a mis douze années à réaliser à l’aiguille. Un peu plus loin une aube composée de 360 motifs différents qui chantent la beauté et la diversité de la création avec les cieux, les plantes, les fleurs, les invertébrés, les reptiles, les oiseaux, les mammifères et les grandes figures de la Bible.»[1]

Vous pourrez profiter aussi de votre visite pour découvrir cet ordre fondé en 1610 par Saint François de Sales et Sainte Jeanne de Chantal, où s’épanouit la vocation de Sainte Marguerite-Marie, privilégiée des apparitions de la rue du Bac.

Attention : Fermé le lundi.

150ème anniversaire de la canonisation de Sainte Germaine de Pibrac

Sainte Germaine de Pibrac est née à Pibrac en 1579, atteinte d’une maladie d’origine tuberculeuse avec une main atrophiée. Elle perdit sa Maman très jeune, son père se remaria et eut d’autres enfants. Sa belle-mère la détestant, l’exclut de la maison à cause de ses plaies chroniques. Elle ne fut bonne qu’à garder les moutons par tous les temps. Germaine fut un modèle de patience car la douleur continue, physique ou morale, ne l’empêcha pas d’aimer et d’aimer toujours sans jamais se plaindre, pardonnant sans cesse, tel Jésus sur la croix. La confession et la communion quotidienne furent le secret de sa sainteté. Elle mourut seule dans son appentis, à 22 ans, épuisée par la maladie et les mauvais traitements. Germaine fut béatifiée en 1854 par le Pape Pie IX et canonisée en 1867 après avoir accompli de nombreux miracles. Sainte Germaine est la patronne des faibles, des malades, des déshérités, et des bergers. Elle est aussi priée spécialement pour demander la grâce de consolider son foyer.

Vous trouverez sur notre site, dans la rubrique « Les prières des familles catholiques », une neuvaine à Sainte Germaine de Pibrac pour l’union harmonieuse de notre foyer.

[1] Extrait du communiqué de presse

L’écho de Théodore Botrel

Rôdant triste et solitaire,
Dans la forêt du Mystère,
J’ai crié, le coeur très las :
« La vie est triste ici-bas ! » ……bas !
L’écho m’a répondu : Bah !

« Echo ! plus rien ne m’enchante !
Echo, la vie est méchante ! » ……chante !
L’écho m’a répondu : Chante !

« Echo ! écho des grands bois,
Lourde, trop lourde est ma croix ! » ……croix !
L’écho m’a répondu : Crois !

« La haine en moi va germer ;
Dois-je rire ? ou blasphémer ? » ……hémer !
Et l’écho m’a dit : Aimer !

Comme l’écho des grands bois
Me conseilla de le faire :
J’aime , je chante et je crois……
……Et je suis heureux sur terre !

Théodore Botrel