La Patrie

« Etranger, mon ami, tu me demandes ce que signifie le mot « Patrie ». Si tu as une mère et si tu l’honores, c’est avec un cœur de fils que tu comprendras mes propres sentiments. Ma Patrie, c’est la terre de France où mes ancêtres ont vécu. Ma Patrie, c’est cet héritage intellectuel qu’ils m’ont laissé pour le transmettre à mon tour.

Viens voir, étranger, la beauté des paysages de France, la splendeur des monuments édifiés par mes aïeux. Va te reposer dans le vert marais poitevin, admire les roches rouges d’Azay qui se baignent dans le bleu de la mer de Provence. Chemine simplement de Paris vers Lyon. Sur la route, près d’Avallon, l’élégance raffinée de la basilique de Vézelay fera surgir pour toi l’épopée de nos croisades. Tu arriveras plus loin au château de la Rochepot qui donne à la région un air médiéval. N’oublie pas de visiter en Bourgogne les ravissants hospices de Beaune. Ne néglige pas le barrage de Génissiat. Continue, regarde, réjouis-toi de tant de beauté.

Mais si la France, ma Patrie, n’était que belle et aimable, mon amour pour elle ne serait pas si grand. Elle est mieux encore : intelligente et cultivée. La clarté de sa pensée, la finesse de son esprit, l’excellence de son goût te sont déjà connus. Des idées venues de France ont influencé l’humanité tout entière. Sais-tu, par exemple, que la bibliothèque personnelle de Frédéric II de Prusse à Berlin, ne contient que des livres écrits en français ? Ainsi, bien au-delà de nos frontières, des hommes de France sont célèbres : philosophes, écrivains, poètes, artistes, savants. Pascal, Molière, Vigny, Delacroix, Berlioz, Pasteur : tous ont contribué à la gloire de la France.

Et vous, héros humbles et méritants, qui avez fait la France brave et fidèle, vous guerriers morts pour la Patrie, comme je vous suis reconnaissant de m’avoir conservé ce précieux bien de mes ancêtres ! De Bayard à Guynemer, des premiers chevaliers aux soldats des dernières guerres. Que de dévouement, que de sacrifices !

Et toi, mon ami, qui es aussi comme moi une créature de Dieu, ne vois-tu pas qu’ici en France, tu es en terre chrétienne ? Les oratoires pittoresques, les calvaires aux croisées des chemins, les flèches de nos cathédrales sont les témoins de pierre d’une foi vivante. Ma Patrie, bonne et pieuse, a vu naître de grands saints. Le sens missionnaire de Saint Bernard, la vertu de Saint Louis, la charité de Saint Vincent de Paul, le zèle du Curé d’Ars sont le vrai trésor laissé par nos ancêtres. De la grande Sainte Jeanne d’Arc à la petite Thérèse, de l’épopée de l’une à la vie si simple de l’autre, je retrouve le courage et la bonté des femmes de France. Aux plus humbles d’entre elles s’est montrée la Vierge Marie. A travers Catherine Labouré, Bernadette de Lourdes, quel honneur pour la France !

Tu comprends maintenant pourquoi, ami étranger, j’aime et je vénère ma patrie comme ma mère ; pourquoi, si riche de tout ce qu’elle me donne, je désire transmettre cet héritage.

Ne crois pas que cet amour que j’ai au cœur soit aveugle. Mais devant toi, je ne dirai pas les défauts de ma mère Patrie. Car tu sais bien qu’un fils ne gagne rien à critiquer sa mère. C’est en grandissant lui-même qu’il la fait grandir.

Si je veux ma Patrie meilleure et plus saine, que je devienne moi-même meilleur et plus sain.

La France, ma Patrie a tant de qualités que je ne saurais, ami étranger, te priver de sa douceur ; si tu sais découvrir ses charmes et ses vertus, tu l’aimeras, toi aussi. Je partagerai avec toi ses bontés, et loin de m’appauvrir de ce don, je m’enrichirai de cette tendresse nouvelle que tu lui porteras. Mais ne l’abîme pas, ami étranger, la France, ma douce Patrie, ma chère mère ; ne la blâme pas, ne la pervertis pas, car je suis là, moi son fils, prêt à la défendre1

Je te laisse méditer aujourd’hui ces très belles lignes…

Charles

1 Copie d’un élève de 3ème, lauréat national en 1976  lors d’un concours écrit sur le thème de la Patrie: « Que signifie pour vous le mot : Patrie ? »

Le coin des jeunes

 

Ma vie à grande vitesse !

Fini la pension, c’est ta première rentrée en tant qu’étudiant. Tout excité ce dimanche soir, tu montes dans le TGV pour Paris sous l’œil inquiet de tes parents sur le quai. Le train démarre, les wagons s’ébranlent en douceur puis accélèrent progressivement, les lumières défilent de plus en plus vite, le train accélère encore, et te voilà lancé à 320km/h. Cela s’arrêtera-t-il un jour, non c’est parti, c’est la vie qui défile. Paris, le métro bondé, les cours, le travail, les amis, encore le métro, ouf, tranquille chez moi, une pause ? Non c’est reparti, sms, WhatsApp, Facebook, je communique avec le bout du monde, mon esprit se déplace à la vitesse de la lumière, mais il s’agite, s’excite, s’inquiète…  1 ans, 2 ans, 5 ans ont passé, depuis cette première rentrée. Les études sont finies et c’est le boulot qui commence, pression du résultat, il faut réagir dans la seconde, répondre aux mails, au téléphone qui sonne. Un sms, tu réponds en traversant la route, BOUM !!!

Tout s’arrête, cette fois c’est fini. Nous sommes arrivés au terminus, tout le monde descend ! Qu’as-tu fait de ta vie ? Me connais-tu seulement, Moi qui t’ai fait signe plusieurs fois sur le bord de la voie ? Mais non tu allais trop vite, pas le temps de t’arrêter pour penser à Moi, pour penser à toi, au sens de ta vie, à la direction que tu prenais. Trop occupé pour penser à l’essentiel, à ton âme rachetée à grand prix par mon Fils bien aimé, tu as préféré la vendre uniquement au profit de la production de biens matériels sans y penser seulement, simplement parce tout le monde fait comme ça et que tu n’y as pas réfléchi un seul instant. Mais maintenant que tu as le temps, l’éternité, il est trop tard mon ami, c’est l’enfer qui t’attend.

Alors cher ami ne te laisse pas entraîner par le rythme infernal de cette vie hyper connectée et arrête-toi régulièrement en gare pour prendre du recul et redresser la direction par rapport à l’essentiel, par rapport au but de ta vie qui est le bonheur suprême, ton salut éternel et non les plaisirs fugitifs procurés par les bien matériels de cette vie passagère. Pour ce faire, quoi de mieux en ce début d’année que de prendre la résolution de faire une retraite spirituelle dans les mois qui viennent, belle occasion pour changer le rythme et l’orientation de ta vie. Ton âme en a besoin, elle qui s’asphyxie peu à peu alors pense à elle, c’est le prix du bonheur.

Charles

Regardez-voir!

 

Dimanche après midi, je suis tout seul dans mon studio à Paris. Le temps est morne, les nuages bas et les feuilles dorées il y a un instant volent et descendent tristement jusqu’à terre où elles achèvent leur existence dans le caniveau, mêlées aux vulgaires mégots et chewing-gum ! Pas le moral ! Que faire ?

Une idée soudaine qui à peine née dans mon esprit devient puissante et impérieuse : regarder un bon petit film au chaud, bien installé dans mon canapé. Hop, c’est fait, l’ordinateur est ouvert, vite un site de streaming sur internet, un peu de temps pour choisir tout de même. Tiens, celui-ci, j’ai vu l’affiche dans le métro l’autre jour, ça avait l’air palpitant. Et c’est parti pour deux heures, tranquille, oubli du mauvais temps, de la réalité et des cours qui reprennent demain !

17h déjà fini ! Un peu déçu, pas terrible finalement ce film, sans compter les quelques scènes où il a fallu mettre l’oreiller devant l’écran ! Vraiment déçu, cela ne compte pas, j’aurais dû en regarder un autre ! Allez il reste un peu de temps, de toutes les façons il n’y a toujours rien à faire dehors, essayons celui-là.  Un bon vieux film, ce coup là c’est une valeur sûre …

Ce dimanche-là j’aurai regardé deux films, et dans la semaine, après une dure journée, encore un autre, puis un autre le lendemain et c’est maintenant en moyenne 2 à 3 films par semaine que je regarde.

Une bonne détente me direz-vous, il faut savoir décompresser de temps en temps, ça change bien les idées et permet de souffler un peu …

Certes, loin de moi l’idée de condamner le fait de regarder un film en tant que tel, cependant j’émettrai quelques réserves.

Laissons de côté le danger moral que cela peut comporter et qui semble évident à tout catholique, surtout en choisissant ses films un peu au hasard sur internet. D’autant plus que le risque de tomber sur un mauvais film s’accroît avec le nombre de films regardés, les bons films étant une espèce rare et en voie de disparition.

Attachons-nous plus spécialement ici au problème intellectuel que cela pose. En effet, les images qui défilent au rythme de 24 par secondes, voire 48 pour certains films, court-circuitent notre intelligence qui est saturée par l’afflux d’informations, et s’adressent directement à notre sensibilité en nous faisant ressentir fortement les émotions qui animent les héros. Nous nous surprenons souvent à trembler pour un assassin ou à applaudir à l’amour illicite des deux héros. Ainsi, à force de voir et d’approuver par nos sentiments des attitudes qui devraient nous paraître anormales parce qu’immorales, notre conscience finit par s’y accoutumer et, petit à petit, par trouver cela « normal ».

En ce sens, le cinéma modifie progressivement  notre manière de voir et de juger des choses et des actes en imitant et en travestissant la réalité et ce en vue de modifier notre manière d’être. C’est en fait un véritable conditionnement psychologique qui s’opère et met en jeu notre liberté de penser de façon indépendante et affranchie des idées révolutionnaires qui sont peu à peu distillées dans nos intelligences.

Alors au lieu de me laisser embobiner et manipuler, certes plaisamment et sans effort, j’ai décidé d’arrêter cette drogue mortifère pour mon intelligence et ma conscience. Comme patch ou produit de substitution, je vous conseille la lecture. Rien de tel qu’un bon roman pour se détendre ou un  livre d’histoire ou de formation pour non seulement ne pas être déformé, mais en plus former notre intelligence qui aura le temps d’assimiler et d’analyser ce que nous lisons.

Certes cela demande des efforts de volonté parfois importants, surtout quand on a pris l’habitude de s’évader facilement grâce aux films, mais le jeu en vaut la chandelle, et par les temps qui courent, il est urgent et de notre devoir d’avoir une intelligence bien formée qui saura transmettre la vraie foi et la vérité toute entière à la génération suivante. Alors ne faisons pas les grenouilles et sautons vite de la marmite avant d’être complètement cuits !

Charles

Ah les filles !

« Les jeunes filles sont l’image précieuse de notre mère lorsqu’elle avait notre âge… Plus tard lorsque tu auras mûri, tu découvriras parmi elles ta femme de demain. Aujourd’hui, considères-les tout simplement comme de franches compagnes »

Ces quelques mots de Guy de Larigaudie me semblent bien résumer la façon dont nous devons nous comporter avec nos amies les jeunes filles, ces êtres mystérieux, parfois étonnants et souvent surprenants avec qui nous ne savons jamais sur quel pied danser.

Choisis tes amies, ne t’attarde pas sur celles qui te semblent un danger pour ta pureté ou pour ton âme ; celles qui sont simples et sans arrières pensées, les « franches compagnes » te seront des alliées sûres sur ton chemin vers la perfection. Mais surtout garde ton cœur et ne laisse pas paraître de sentiments autres que celui de l’amitié. Voilà le plus difficile : rester courtois et galant sans qu’elles te croient amoureux tient parfois de l’équilibrisme, mais nos amies, qui sont douées d’un sixième sens, percevront très vite la nuance et resteront simples si tu es simple et clair avec elles.

Garde ton cœur et apprend à apprécier et à évaluer les qualités féminines, car certaines, que tu trouveras magnifiques au début sont en fait le propre des femmes, mais d’autres plus rares ne seront peut être le fait que de celle que tu choisiras.

Quoi qu’il en soit, observe le mystère que Dieu a déposé dans le cœur de nos compagnes mais reste simple et ne te fais pas de nœuds au cerveau.

Tant que tu n’as pas de métier te permettant de pouvoir envisager de faire vivre une famille, attends et ne te livre pas, cela te permettra de mûrir tout doucement au contact de celles que le Bon Dieu aura mis sur ton chemin, et de laisser la Providence te guider tout doucement vers celle qui sera un jour peut être ta femme. En attendant, prie pour elle et pour toi, pour garder ta pureté, pour être un jour digne d’elle. Côtoie le plus souvent de bons amis, cela remet toujours les idées en place et permet de s’extraire du climat parfois compliqué qui peut exister dans les groupes d’amis mixtes si certains y ont trop d’arrières pensées.

En un mot, fais confiance à la Providence, sois patient et ne brûle pas ton cœur aux flammèches des amourettes enfantines.

Bon vent camarade !

Charles

 

Vivement les vacances

Assis sur un banc aux premiers jours de printemps, les yeux perdus dans le grand ciel bleu, je laisse les premiers rayons de soleil me chatouiller le visage, mon imagination s’envole et les vacances d’été surgissent dans ma pensée…

Je m’y retrouve, en plein après-midi, sous le grand soleil, en train d’escalader la paroi rocheuse des Drus : tout en bas dans la vallée, Chamonix, et, 20 mètres en dessous, sous le ressaut, Paul mon compagnon de cordée.

La vue est ouverte, le spectacle grandiose mais la course ardue. Paul qui ouvrait la voie jusqu’ici m’a laissé en tête ; cela ne lui ressemble pas, mais la fatigue des dernières semaines, le long hiver dans les bureaux parisiens et le manque d’entraînement ont eu raison de sa ténacité naturelle. C’est donc à moi de prendre la tête. Au-dessus un gros surplomb reste à franchir, les prises sont petites et glissantes mais il faut passer car il n’y a pas de possibilité de faire demi-tour et le jour commence déjà à décliner.

Allez, je me lance, une traction, un coup de rein, je ramène les pieds, une deuxième traction et un dernier rétablissement dans une tension de tout mon être vers l‘objectif et me voilà sur la vire accueillante. Un peu plus et nous étions bloqués. Seul l’exercice journalier et l’endurance m’auront permis de nous sortir de ce mauvais pas.

Il en est de même dans la vie et principalement en ce qui concerne le don et la générosité : on ne devient pas généreux et prêt au sacrifice d’un seul coup ! Seuls l’entraînement, l’habitude et la grâce nous permettrons de l’accepter le jour où le Bon Dieu nous le demandera. Et cet entraînement il faut le pratiquer avant qu’il ne soit trop tard. Scoutisme, MJCF, activités paroissiales, et autres associations sont de bons moyens de nous mettre en condition. Ils nous permettront de savoir nous donner le jour où père de famille ou prêtre il faudra nous oublier complètement pour, d’un ultime coup de rein, atteindre la vire abrupte et ramener à nous toute la cordée en péril !

Alors, maintenant qu’il est encore temps de planifier tes vacances cher ami, n’oublie pas d’y inclure une ou deux semaines de dons ou d’activités pour le bien commun. Parmi les activités qui s’offrent à toi, il y en a une particulière qui permet de recevoir et de se remplir en vue de mieux donner, c’est le : « Camp de cadres ». Il te permettra de t’habituer au dépassement de soi et te donnera des conseils et habitudes très utiles au quotidien dans ta vie de chef et responsable catholique, que ce soit aujourd’hui comme chef scout, chef d’équipe ou autre, ou demain comme chef de famille ou cadre en entreprise. Car « ce n’est que après avoir rempli les lieux les plus cachés et les plus hauts, que la source se répand avec violence sur la terre (…) Dieu remplit d’abord l’intérieur, puis se répandant et débordant ensuite, il a visité la terre par sa bonté infinie ; il l’a enivrée, pour ainsi dire, de ses grâces, et l’a enrichie et rendue féconde en toutes sortes de biens. Vous donc faites aussi de même. Soyez plein avant de vous répandre ! »[i]

Alors, au « Camp de cadres[ii] » ou ailleurs fonce, reçois pour donner, et donne en retour, tu recevras toujours plus !

Un nuage passe et le rêve s’achève, les vacances ne sont pas encore là ! Courage encore quelques mois d’efforts et de dons, la lumière est au bout du chemin !

                                                           Charles

[1] Saint Bernard-SERMON 18. Des deux opérations du Saint-Esprit, dont l’une s’appelle effusion et l’autre infusion.

Prochain Camp de cadres du 15 au 30 juillet 2017.
Renseignements sur : campdecadres.com

Pas le temps!

18h, me voici à l’appartement, la journée a été dure, d’abord ce 4/20 en histoire ce matin et puis ce soir en rentrant, 1h d’attente dans le métro parce qu’un malheureux anonyme, lassé de ne compter pour rien, a tenté de mettre fin à ses jours dans un suprême coup d’éclat !

Je claque la porte et m’accorde un peu de détente bien méritée avant de commencer mon travail pour demain. Tiens allons voir ce qu’il se passe dans le monde sur ce site, pas de danger, c’est un bon site généralement fiable et propre… Ah tiens cette vidéo sur les relations avec la Russie, voyons voir… Super intéressante ! D’ailleurs la Russie ça m’intéresse… A propos je rêve d’aller à Saint-Pétersbourg, ce doit être magnifique sous la neige, voyons des photos … Continuer la lecture de « Pas le temps! »

A quoi bon ?

6h30 : le réveil résonne dans mon 20 m² rue Lecourbe à Paris ; mécaniquement, je me laisse glisser au pied de mon lit pour faire ma prière du matin.

 Une sirène qui retentit dans la rue vient à bout de ma concentration relative et mon esprit embué s’envole vers la journée qui m’attend : petit déjeuner sur le pouce. Métro bondé. Les copains de classe un peu moqueurs pour le gars en chemise et chaussures bateau ; ah c’est vrai aujourd’hui on a 4h de maths à la suite ! Encore 40 pages à ficher ce soir ! Sans oublier la khôlle d’anglais en fin d’après midi ! Et le retour ce soir tout seul dans ma cage à lapin pour manger des pâtes ou une pizza surgelée et m’attaquer à mes cours de maths !

 A quoi bon ? A quoi sert cette vie d’automate ? Pourquoi me suis-je levé d’ailleurs ? Un instant la tentation de me recoucher me chatouille l’esprit ; les draps chauds me tendent les bras. C’est à ce moment que, jetant les yeux sur le livre, endormi lui, sur ma table de nuit, (le veinard), une phrase que j’y ai lu la veille me revient à l’esprit. Elle parlait de bonheur je crois. Ah oui ça y est c’était ça : « Le bonheur n’existe que dans le don, le don complet… Donner ! Avoir vu des yeux qui brillent d’avoir été compris, atteints, comblés ! »

Donner ; voilà le sens de ma vie ; voilà pourquoi je travaille pour ce concours qui approche ; voilà pourquoi j’endure cette cohue tous les matins dans ce tube intestinal souterrain ! Voilà pourquoi je vais travailler ce soir au lieux d’aller boire un verre avec les amis. Pour donner, pour pouvoir transmettre à mon tour le magnifique trésor que j’ai reçu.

 Mais pour pouvoir donner il me faut d’abord aujourd’hui me former, et ce sur tous les plans. Nous devons être les meilleurs, les meilleurs techniquement dans notre métier, les meilleurs humainement dans nos relations professionnelles ; les meilleurs amis ; et surtout les meilleurs selon notre devoir d’état familial : aujourd’hui comme frère et fils et demain peut-être comme mari et père.

 Les meilleurs, car c’est notre honneur de catholique et à travers nous celui de notre Dieu qui est en jeu. Les meilleurs, car c’est seulement comme cela que nous serons heureux loin de la médiocrité qui nous étouffe. Les meilleurs, car c’est un fantastique défi à ce monde asphyxiant ! Les meilleurs, enfin pour ne pas avoir à rougir au moment de notre mort !

Ouh là quel programme ? Par où commencer ?

Commençons par nous ressortir du lit douillet et à nous remettre à genoux et à prier véritablement de toute notre âme, et sans doute alors nous trouverons des lumières sur la façon de procéder, et sur la façon dont Dieu veut que nous nous donnions.

Charles