N’ayez pas peur!

Chers grands-parents,

            Vous avez un rôle important à tenir vis-à-vis de vos petits enfants pour transmettre les richesses de votre expérience. Vous trouverez ici un texte de René Bazin qui pourra vous inspirer pour discuter avec eux :

            « Enfants, si vous voulez être des Français dignes de votre race, défaites-vous de plusieurs peurs que voici :

– N’ayez pas peur d’être bons. C’est là une crainte très répandue et qui donne de leur audace aux mauvais. Ne criez pas votre bonté, mais ne la cachez pas à cause de l’exemple.

– N’ayez pas peur du danger, toutes les fois que le devoir commande. Allez-y vivement, joyeusement comme à la fête.

– N’ayez pas peur des échecs. Le premier est nécessaire car il exerce la volonté. Le second peut être utile. Si vous vous relevez du troisième, vous êtes un homme, vous êtes comme le raisin qui n’est jamais si bon que s’il mûrit sur les cailloux.

– N’ayez pas peur de la médiocrité de fortune. Soyez persuadés que la paix, la fierté, la générosité, l’honneur, la joie aussi, ont souvent été pauvres chez nous. Il y a des races qui cherchent l’argent passionnément. Il y en a qui en usent et qui croient à mieux. La plus belle race française a toujours été ainsi.

– N’ayez pas peur du victorieux, comme si la victoire était une raison. Ne restez pas dans l’esprit de la défaite. Les vaincus s’accusent trop eux-mêmes, ils perdent la moitié de leurs forces à copier leur ennemi. N’ayez pas peur parce que vous vous êtes trompés de bonne foi, mais relevez-vous de l’erreur. Les saints comme tous les chefs-d’œuvre se font lentement.

– N’ayez pas peur de la mode ; ne jugez pas d’une cause, d’une idée, d’une vérité par le nombre de ses partisans. Voyez les chiens. Ils ne considèrent pas la pauvreté de leur maître, ni son isolement. Ils l’aiment. C’est un exemple. Vous aimerez Notre-Seigneur Jésus-Christ dans l’abandon où les hommes le laissent.

– N’ayez pas peur de l’obscurité, de la difficulté de votre métier, car l’homme vaut non pas par l’importance et le retentissement de ses actes mais par la volonté qui l’anime. Un brin de paille ramassé avec amour par une fermière pour le nid de ses poules méritera plus de récompense que dix actions d’éclat faites orgueilleusement. Quand l’homme a cassé des mottes, semé de l’herbe, raboté des planches, conduit un tramway, graissé des roues de wagon, copié des lettres, aligné des chiffres, quoi qu’il ait fait, s’il l’a fait honnêtement, s’il n’a point causé de tort à son voisin, ni blasphémé, ni méconnu la bonté par qui tout subsiste, Dieu lui donne son paradis. Pour ceux qui savent voir, tous les métiers luisent également de ce reflet d’en haut.

– N’ayez pas peur de la guerre. Priez pour qu’elle soit épargnée à votre pays parce qu’elle est accompagnée de grands maux. Priez pour qu’elle ne soit pas injuste ; mais si elle est déclarée, jetez-vous y !

– N’ayez pas peur de la mort, parce qu’elle n’est qu’un passage, le défilé coudé, obscur pour nous, qui s’ouvre sur la plaine de lumière.[1]»

[1] La douce France – René Bazin – Tome Ier – Editions Sainte Philomène

La bienveillance

Chers grands parents,

La maison des grands-parents est évidemment un lieu d’échanges de tous types et de conversations…

Ces échanges donneront forcément lieu à des désaccords qu’il appartiendra aux grands-parents de régler au mieux dans la charité et l’harmonie familiale… C’est fatal, voire nécessaire. Des familles différentes prennent presque obligatoirement des options différentes, la plupart du temps sur des sujets secondaires mais parfois sur des options plus graves. Le rôle des grands-parents est là essentiel pour faire la part des choses en ne transigeant pas sur l’essentiel ; les règles de la famille, les lois morales n’admettent pas d’approximation… tout ce qui peut mettre en péril la vie même de la famille doit être jalousement préservé ! Ce qui est mal ne doit jamais être qualifié de bien même si l’on croit cela nécessaire pour l’harmonie familiale. Ne soyons pas de ces mauvais guides dont parle Isaïe « qui nomment le mal bien et le bien mal et appellent paix ce qui est le coma ». Il est parfois nécessaire de critiquer, et la fermeté, quant à l’expression des principes, est un devoir ! Se taire ne peut que maintenir une paix apparente. Le coma dont parle Isaïe est bien loin de la vraie paix !

Mais, veillons à la manière ! Rappeler les principes n’est pas mettre de l’huile sur le feu ! Je pense qu’il faut surtout prévenir, c’est-à-dire utiliser toutes les situations dont nous sommes témoins pour rappeler les principes qui doivent régir une famille. Il est plus facile de rappeler les principes, par notre attitude et par nos paroles quand nous sommes amenés à commenter des situations extérieures à la famille que de le faire sur des situations nécessairement brûlantes nous concernant directement.

Dans une famille catholique, la fidélité, les obligations religieuses ne sont pas à option ! Même si on doit être charitable dans l’expression des choses, on s’abstiendra absolument de passer sur ce qui est contraire à la vertu. Une chose est de trouver des circonstances atténuantes à un mauvais choix, une autre est de l’approuver. Un divorce, une infidélité, un abandon de la pratique religieuse doivent être condamnés avec la rigueur qui s’impose ! Et tout devra être fait pour que le retour à la normale soit favorisé ! Plutôt que dire « elle a quitté son mari mais reste une femme merveilleuse ». On dira plutôt « elle a sûrement gardé de bons sentiments chrétiens et nous ferons tout pour qu’elle retrouve une situation régulière. Quand elle sera rentrée dans le droit chemin, nous sommes tout à fait prêts à l’accueillir. Mes petits-enfants, prenez-en de la graine ! Quand on se marie, on doit savoir que c’est jusqu’à la mort… ».

Avant que nos petits-enfants n’arrivent à l’âge du mariage, nous aurons malheureusement de multiples possibilités d’illustrer ce qu’il ne faut pas faire et quelles sont les causes et les conséquences des mauvais choix de la vie ! Utilisons-les, autant que de besoin, autant que la discrétion nous le permet, et en ayant soin de ne pas exaspérer les jeunes à qui nous nous adressons !

La bienveillance ne consiste pas à dire que tout est bien (on ne doit jamais transiger sur la vérité !) mais à parler avec la discrétion requise (ce qui est secret ne doit pas être révélé) quand c’est nécessaire (et les leçons à donner à nos jeunes sont nécessaires) et à juger les actes tout en étant indulgents pour les personnes.

Prions sainte Anne de nous conseiller dans ce délicat travail de grands-parents et de nous aider à piloter nos familles avec l’autorité et la délicatesse nécessaires.

Des grands-parents

L’accueil des pièces rapportées

Chers grands parents, (ou plutôt beaux-parents)

Quelles doivent être les principales qualités d’une belle-mère ?

Elle doit être sourde, muette et aveugle !

Cette facile plaisanterie sur les belles-mères illustre la difficulté qu’il peut y avoir à faire vivre sous le même toit des familles d’origines différentes. Elle montre aussi la complexité qu’il peut y avoir, dans une famille qui a trouvé son équilibre, à intégrer une nouvelle pièce, qui a nécessairement reçu un héritage au moins légèrement différent.

Pourtant, l’intégration des époux de nos enfants est capitale si l’on veut préserver l’unité familiale nécessaire à la bonne entente et à l’épanouissement de nos familles !

En la matière, il n’y a certainement pas de recette unique. Il nous paraît cependant utile de réfléchir aux conditions nécessaires pour créer les meilleures conditions d’intégration puis de parler de la manière de régler les difficultés.

Le premier souci des nouveaux beaux-parents sera de réserver le meilleur accueil au nouvel arrivant, quitte à « avaler quelques couleuvres ». Celui-ci devra être valorisé autant que faire se peut. Dans les débats familiaux, on prendra soin de le soutenir de façon qu’il ne se trouve pas seul face au reste de la famille. Un enfant ne reprochera jamais à ses parents d’avoir soutenu son époux même contre lui-même ! En revanche, voir son époux mis en difficulté face à ses beaux-frères et belles-sœurs est de nature à générer de l’aigreur voire des inimitiés[1]. Par cette action charitable, les parents favoriseront l’unité familiale au bénéfice de tous.

Il est bon, pour conforter cet accueil que les parents cultivent des relations amicales avec la famille du nouvel arrivant (cartes de vœux, téléphone pour partager les heureux événements…)

Il y a, bien sûr, les inévitables « réglages » de l’intégration. Dans ce domaine, la discrétion et la délicatesse seront de mise. Sur les aspects secondaires, on informera discrètement le nouvel arrivant des usages de la famille en étant aveugle sur les résultats immédiats. Dans bien des cas, le mieux sera de faire passer cette information par l’enfant de la famille. Si le défaut n’est pas corrigé, il conviendra, avant d’intervenir de vérifier que la gravité de la chose le justifie… il peut être nécessaire d’accepter des imperfections pour conserver la cohésion de la famille… L’unité familiale justifie certainement quelques approximations !

Il y a malheureusement des situations plus graves qui peuvent exiger des décisions plus radicales. Si la morale de la famille est mise en danger, il pourra être nécessaire de prendre ses distances vis-à-vis du ménage concerné ! Là aussi ces mesures devront être prises à regret, en créant le moins de fractures possibles et en faisant savoir que le retour au bercail est intensément désiré. On prendra soin, tout en étant ferme sur les principes, de limiter les paroles de condamnation au strict nécessaire !

Prions sainte Anne de nous conseiller dans ce délicat travail de beaux-parents et de nous aider à piloter nos familles avec l’autorité et la délicatesse nécessaires.

Des grands-parents

[1] Dans un même ordre d’idée, jamais on ne dira du mal des pièces rapportées dans leur dos !

Les usages

Chers grands parents,

De plus en plus, dans nos familles, sous l’effet de la contagion ambiante, les usages catholiques et français qui structuraient la vie s’estompent voire disparaissent. La vie moderne, l’urgence permanente, la fatigue nous font perdre les usages élémentaires d’élégance qui faisaient notre culture.

Ces abandons ne sont pas anodins car ces usages ont été forgés au cours des siècles par la catholicité. Ils sont révélateurs d’un enracinement de notre religion dans notre vie quotidienne.

Aux Etats-Unis, où les usages étaient autrefois très marqués, tout a disparu en deux générations. Tout le monde se souvient du film « la petite maison dans la prairie » où les parents président la table, les tenues, les usages sont appliqués à la lettre, le déjeuner commence par le bénédicité… Aujourd’hui, si vous allez dans une famille américaine, tout a disparu. La famille s’installe comme elle arrive, il n’y a plus de réelle heure pour les repas, chacun va se servir dans le frigidaire et quitte la table à son gré. Les enfants saluent leurs parents par un « hey » qui pourrait aussi bien s’adresser à un camarade de leur âge…

Ces nouveaux usages ne sont pas sans effet sur la vie morale. Un prêtre affecté dans le Kansas nous disait que, quand une famille retournait à la tradition, il y avait tout un travail d’éducation à refaire car cet abandon des usages était en fait le triomphe de l’individualisme !

Nos vieux usages sont, dans une certaine mesure, la marque de la vertu catholique. Ils sont l’acceptation d’usages communs, donc de modestie, d’attention aux autres… on se sert après les autres, on passe le plat, on s’endimanche (ce qui est l’application visible du troisième commandement « tu sanctifieras le jour du Seigneur »). Leur abandon est donc, dans une certaine mesure, le triomphe de l’individualisme !

Que faire ? Ne rien changer ? Sûrement pas, les usages doivent s’adapter à l’époque !

Il faut discerner, dans les changements actuels, ceux qui sont nécessités par l’époque (logement petits, délais restreints pour les repas …) et ceux qui sont les fruits de l’individualisme ou de la paresse !

Je pense que les usages doivent respecter quelques règles : La première étant qu’il y a des règles 1 ! Je n’en retiendrai que deux qui me paraissent essentielles parce que porteuses de vertu.

  • On parle aux adultes avec respect. Si les jeunes se saluent d’un simple « « bonjour ! », quand ils saluent leur père, c’est « bonjour papa 2».
  • Les repas doivent être organisés pour être des moments d’attention aux autres et de conversations 3. Les tenues doivent être correctes, « endimanchées » le dimanche et l’usage doit faire que chacun est tourné vers les autres.

Je ne parlerai pas de tous les autres usages, nécessaires à une bonne vie commune concernant l’usage du téléphone, de la musique, du réflexe du service 4

Tous ces principes doivent évidemment être appliqués avec discernement. Les vacances sont un moment de détente et les ménages peuvent être fort différents. Des exceptions, dictées par la charité et le souci de la bonne ambiance doivent permettre à ces usages, tout en facilitant la vie commune, d’être mis en application d’une manière qui ne soit pas pesante. On permettra par exemple aux petits de rejoindre le déjeuner pour le dessert du dimanche, on tolérera, à titre exceptionnel, un retard au déjeuner pour finir une activité…

Tout cela doit être compris dans le sens où ces usages ont été adoptés : faciliter la vertu et la vie commune par des comportements chrétiens et communs.

Prions sainte Anne de nous conseiller dans ce délicat travail de grands-parents et de nous aider à piloter nos familles avec l’autorité et la délicatesse nécessaires.

Des grands-parents

1 On me dira que les règles ne sont pas les mêmes chez les autres grands-parents. Ça n’est pas grave ! Les enfants doivent comprendre que les familles ont leurs usages propres. Si l’on ne fait pas de la même manière chez grand-père et grand-mère que chez bon-papa et bonne-maman c’est aux enfants de s’adapter !

2 En application de « tes pères et mères honoreras, afin de vivre longuement ».

3 A cet égard, il est certainement bon que les petits déjeunent avant les grands et ne soient pas ensuite admis à la salle à manger.

4 Il arrive parfois que la grand-mère soit la seule personne  à la cuisine pendant que tout le monde discute !

Conseiller les familles

Chers grands-parents,

Il est fort probable que nos jeunes familles ont plus de difficultés à vivre qu’hier. Les reliefs de la politique familiale d’après-guerre sont de moins en moins efficaces et la politique antichrétienne pratiquée par nos gouvernements finit par obérer de manière significative les conditions de vie de nos ménages… surtout si la maman reste au foyer…

Les besoins de l’éducation chrétienne ajoutent encore aux difficultés des familles. Outre le prix des écoles vraiment catholiques, les conduites multiples pour lesquelles les mamans ont souvent du mal à se faire aider, les cantines, la garde des petits constituent souvent une jungle dans laquelle chaque famille cherche à trouver son équilibre.

Quel peut être le rôle des grands-parents dans ces situations ?

Tout d’abord le conseil. Dans bien des cas, les parents ont du mal à définir les priorités devant présider à leurs choix d’installation, de travail et de trajets. Il paraît important de rappeler, avec la discrétion qui s’impose, quelques critères essentiels, nécessaires à l’équilibre de la jeune famille.

Premièrement, ne pas se tromper de priorité. Le père de famille doit nourrir sa famille, c’est son premier devoir, le ménage doit rester uni, les enfants doivent bénéficier d’écoles réellement catholiques. C’est dans l’ordre et l’équilibre harmonieux de ces priorités que les jeunes familles devront bâtir leur équilibre !

Le lieu du travail du père sera en général le critère qui définira le lieu d’installation de la famille. Le fait qu’il soit seul à effectuer ses trajets chaque jour, lui permet de parcourir des distances relativement importantes mais qui doivent rester raisonnables. Il faut que le papa puisse rentrer chaque jour chez lui, sans fatigue excessive !

Autant que faire se peut, il faut éviter, le « célibat géographique ». Même la loi française précise dans les règles du mariage civil que « les époux s’obligent à vivre ensemble ». L’éducation des enfants nécessite la présence des deux parents et le recours au « célibat géographique » ne doit être accepté qu’en dernière extrémité et pour un temps limité !

Enfin, les enfants doivent bénéficier d’écoles vraiment catholiques ! Cette condition sera souvent réalisée au prix de sacrifices considérables, conduisant des familles modestes à se priver de plus que du superflu… mais quelle récompense à l’arrivée ! Si la pension est la condition nécessaire pour permettre aux enfants d’être dans une école catholique, il faut consentir à ce sacrifice.

Nous avons été de nombreuses fois témoins de l’échec de belles éducations à cause de mauvais choix d’écoles !

Nous pensons que cet ordre des priorités est celui qui s’impose aux familles qui veulent mener une vie de famille authentiquement catholique !

Prions sainte Anne de nous conseiller dans ce délicat travail de grands-parents et de nous aider à orienter nos ménages vers de bonnes décisions.

Des grands-parents

Les grands-parents confidents

Chers grands-parents,

            La communication entre les parents et leurs enfants n’est pas toujours facile. Il est fréquent, et peut-être normal, que dans une famille, ça ne passe pas avec l’un ou l’autre des adolescents. Pour des raisons de caractère, d’incompréhensions successives, l’un des enfants ne parle plus, ou ne se confie plus, se braque et coupe la communication avec ses parents. Notre monde ultra connecté accentue très probablement ce phénomène.

Il n’est pas rare de voir, dans un certain nombre de cas, les grands-parents jouer un rôle dans le rétablissement du contact ou au moins dans la suppléance de cette carence en servant de confidents pour un moment plus ou moins long. Il faut pour cela qu’ils aient à la fois la confiance des parents, qui seront sûrs que leur autorité et leur affection seront soutenues, et des enfants, qui se confieront sereinement, sachant que leurs grands-parents sauront garder la discrétion nécessaire à leurs confidences.

Pour cela il est utile que les grands parents aient su jouer à leur place leur rôle d’éducateur, de fédérateur gardant toujours la porte ouverte, au sens propre tel que cela est évoqué dans l’article précédent, mais aussi au sens spirituel ou intellectuel en prenant le temps d’écouter ce que leurs petits-enfants avaient à dire.

Détachés de beaucoup des charges immédiates qui occupent les parents, ils auront à cœur de connaître leurs petits-enfants pour être à même de pouvoir les conseiller. Bien souvent, leur rôle se bornera à écouter… le fait d’exprimer les choses suffisant souvent à l’adolescent pour comprendre ce qui ne va pas. Ils n’interviendront que si les paroles de leur petit deviennent vraiment inconsidérées ou indiscrètes.

La médisance ou la calomnie ne devant pas trouver leur place dans ces conversations… (Ils n’ont pas à tout savoir et les enfants doivent en avoir conscience). Sauf si cela paraît nécessaire, les grands-parents éviteront de provoquer les confidences et resteront surtout d’une vertu parfaite. L’enfant sentirait très vite les questions venant de la curiosité. « Non, ça n’est pas ça qui m’intéresse, je n’ai pas besoin de le savoir ! Tu comprends bien ! »

Une autre solution sera de recevoir des enfants sans leurs parents. Un chantier de bricolage occupant utilement les journées permettra de fructueuses conversations durant lesquelles les grands-parents prendront grand soin d’être à l’écoute et de toujours défendre l’autorité des parents…

Il n’y a pas de recette et l’intervention des grands-parents devra toujours se faire avec une grande délicatesse et une discrétion absolue… Il est certain en revanche que, plus l’unité familiale sera grande, plus les interventions des grands parents seront possibles et profitables…

Prions sainte Anne de nous éclairer pour que nous soyons des parents et grands-parents vertueux et délicats.

Des grand-parents

Les grands-parents, porte ouverte !

Nous avons vu le mois dernier comment les grands parents devaient contribuer à l’unité familiale en transmettant les nouvelles des uns et des autres et en créant des événements rassemblant la famille. Je veux vous parler aujourd’hui de la façon dont ils peuvent jouer ce rôle en étant toujours prêts à accueillir leurs enfants. Evidemment, je vais vous présenter la situation idéale, celle où les grands-parents, sont disponibles (car à la retraite) et possèdent une maison suffisante pour accueillir, de manière parfois un peu serrée, plusieurs de leurs ménages. En général, alors que nos jeunes ménages sont toujours par monts et par vaux (un ménage déménage aujourd’hui tous les 3 ans et parcoure des milliers de kilomètres par an), les grands-parents ont en général accédé à une certaine stabilité. Ils sont les manants de la famille, ceux qui restent. « Si vous voulez me trouver, je suis là » disait un auteur normand à ses enfants. Même en imagination, on sait toujours où ils sont. Cette permanence est de nature à structurer l’esprit des enfants et petits-enfants en leur donnant une référence stable dans un monde qui l’est de moins en moins. L’idéal est donc de posséder une maison dans laquelle on pourra accueillir plusieurs ménages en séjour. Que de souvenirs communs, de chahuts, de batailles et de jeux pour les petits ! Que d’heureuses conversations, travaux en commun ou jeux de société pour les parents ! Et aussi, que de prières en commun ! Quoi de mieux pour donner de vraies racines à l’unité familiale !

De telles réunions nécessitent une certaine autorité et ne peuvent se dérouler que si tout le monde accepte de se plier à certaines règles minimales (de tenue, d’horaires, de service…). Il peut être nécessaire qu’une organisation soit mise en place pour partager les charges de la maison. Nous voyons régulièrement des grands-mères épuisées attendant parfois le départ de leur progéniture… Dans certaines familles un système est mis en place répartissant les services par jour et par famille. Tel jour, tel ménage s’occupe de toute la cuisine, tel autre de telle autre activité etc. Une telle répartition des charges n’est pas forcément nécessaire quand les femmes aiment se retrouver dans la cuisine mais… tout le monde n’a pas les mêmes goûts et nous ne sommes pas tous de purs esprits ! A cela devra s’ajouter la nécessaire organisation d’activités. La maison peut être le cadre d’événements suscités par les grands parents comme les visites évoquées dans l’article précédent mais aussi de travaux en commun ou toute autre activité de nature à créer des souvenirs communs. « Force-les de bâtir ensemble une tour et tu les changeras en frères. Mais si tu veux qu’ils se haïssent, jette-leur du grain » disait Saint Exupéry en parlant des hommes ! Quoi de plus délétère que des vacances oisives! Si l’on ne dispose pas d’une maison suffisamment grande, on pourra recourir à la location. Louer chaque année une maison dans un endroit plaisant et dans laquelle les ménages pourront se réunir ou, si ça n’est pas possible, se succéder, permettra de souder la famille. Les grands repas familiaux peuvent être aussi une fructueuse occasion de réunion familiale. L’important est que la famille se réunisse autour des grands-parents ! Cet accueil des grands-parents pourra aussi être utile pour recevoir l’un ou l’autre en cas de besoin ponctuel. Accueil de petits-enfants d’une maman fatiguée, accueil d’un « cas » qui a besoin de s’éloigner de ses parents pour quelques jours et prendre du recul afin de retrouver le droit chemin… L’accueil peut alors permettre aux grands-parents de faire bénéficier leurs petits-enfants de leur autorité particulière… sur demande des parents, bien sûr ! Tout cela ne pourra être fructueux que sous le regard de la providence. Prions Sainte Anne avant d’accueillir nos familles, si c’est possible, prions le chapelet en commun pour que la vertu soit reine dans toutes nos activités familiales !

Des grands-parents

Attention, si l’oisiveté est un vice toujours à combattre ,en revanche le repos peut être nécessaire quelque temps après une année fatigante mais… pas plus que, pas moins que …

Les grands-parents, fédérateurs de la famille

 

L’unité familiale ; « qu’ils restent unis dans la vie » … que peut-on souhaiter de mieux !

 C’est elle qui, dans les coups durs rassemblera la famille au lieu de la disperser. On me dit que dans beaucoup de familles même les cercueils ne suffisent plus à créer l’unité ! Quelle terrible tristesse !

 Nous avons pourtant envie de parer l’unité familiale des mêmes vertus que la charité ! « Elle excuse tout, croit tout, espère tout, supporte tout ! » Bien entendu, dans ce cas, le « tout » doit demeurer subordonné à la vérité !

 C’est cette unité qui rend fort, qui permet de partager et maintenir nos convictions dans un monde difficile ! Il est naturel que les ménages prennent leur envol ! C’est nécessaire à leur épanouissement… Même si, dans le passé, les familles restaient groupées autour des anciens, cela n’est probablement plus possible aujourd’hui. Les contraintes professionnelles des uns, les goûts des autres, le besoin d’indépendance entraînent souvent un éloignement géographique de nos ménages… Cette séparation géographique est normalement compensée par les liens naturels du sang, l’affection, le souci les uns des autres et si c’est possible, la communauté de pensée. Il faut bien entendu cultiver ces liens naturels… mais il faut y ajouter ce que j’ose appeler de la « méthode ».

 L’unité ne se décrète pas.

Soit, grâce au charisme ou à la vertu de l’un ou l’autre, elle existe déjà spontanément, dans ce cas, il faut l’entretenir. Soit elle est distendue et il ne faut pas perdre une occasion de la créer ou de la resserrer.

Comment créer l’unité ? Vaste programme !

Ce rôle revient très naturellement aux grands parents qui sont le point commun entre tous leurs descendants. Parmi les multiples actions favorisant l’unité familiale, nous en citerons deux qui nous paraissent essentielles.

Les grands-parents seront d’abord le lien entre tous les ménages[1], ceux qui transmettent les nouvelles ! Avec discrétion bien sûr ! Les grands-parents sont aussi ceux à qui on peut confier des secrets ! Mais, dès qu’une nouvelle peut permettre de susciter la charité fraternelle, joie ou tristesse dans l’un ou l’autre des ménages : naissance, première communion, anniversaire, souci qui peut être diffusé : maladie, deuil, tristesse quelle qu’elle soit, intention de prière etc. la grand-mère ne doit pas hésiter à prendre son téléphone ou son « texto » pour diffuser les nouvelles à tous les enfants. La seule question à se poser avant sera de savoir si cette nouvelle est de nature à favoriser la vertu ou est nécessaire… Transmises avec délicatesse et accord au moins tacite des intéressés (on s’interdira absolument tout ce qui peut ressembler à de la médisance ou des potins inutiles… Les grands-mères restent des femmes !) ces nouvelles permettront à l’unité et l’harmonie familiale de se développer.

D’autre part, les grands-parents créent des événements. Ils sont souvent le centre des réunions de famille, anniversaires de mariage, première communion, anniversaire d’un petit … Leur présence doit réjouir les familles et les petits cadeaux qu’ils apportent ravir les heureux bénéficiaires. Ces événements seront d’ailleurs l’occasion pour les grands-mères, de raconter aux absents les heureux événements. A ces événements familiaux, les grands-parents peuvent ajouter des activités réunissant tout ou partie des enfants. J’ai connu une famille où les grands-parents organisaient occasionnellement des soirées au théâtre suivies d’un bon dîner chez l’un ou chez l’autre. Le Puy du fou, une visite intéressante, un pèlerinage familial sur la tombe d’un grand-père mort à la guerre sont autant d’activités unissant la famille dans un cadre qui élève. Plus prosaïquement, ce pourrait être un chantier en commun… pendant que les hommes tronçonnent, les enfants ramassent et les femmes préparent un bon déjeuner ! Que de souvenirs communs en perspective. Le côté matériel des choses donnant à chacun l’impression d’avoir participé à la construction de la famille ! Tout cela dans une bonne ambiance dans laquelle on comprendra avec complaisance l’absence du beau-frère peu manuel !

Les grands-parents doivent donc avoir un rôle important dans l’unité familiale. La transmission des nouvelles, les activités communes bien organisées sont des facteurs de cette qualité essentielle à toute bonne famille. Les circonstances matérielles conduiront à des solutions différentes (maison de famille, région touristique, proximité d’un lieu de pèlerinage…) Tout cela ne doit pas être laissé au hasard et c’est le génie des grands-parents de trouver les idées qui permettront naturellement aux familles de se regrouper, au moins en esprit.

Prions sainte Anne, patronne des grands-mères de nous aider à cultiver cette unité !

Des grands-parents

 

[1] Malgré l’irruption de multiples moyens de communication – qui peuvent être bien utilisés – au service de l’unité familiale (watt’s app, SMS…) et qui font parfois que tout monde est au courant avant les grands-parents, ceux-ci ne doivent pas renoncer à leur rôle fédérateur. La qualité de l’information, dans laquelle la bienveillance sera première, la distinguera du flot de nouvelles plus ou moins utile qui circulent …

La complémentarité

Chers grands-parents,

            Nous avons vu il y a deux mois le rôle essentiel des grands-parents dans la transmission de l’héritage culturel et familial. Cette transmission est essentielle mais doit être complétée par une contribution plus directe à l’éducation en tant que telle.

Dans ce domaine, leur rôle est particulièrement délicat et doit se tenir entre deux excès également nuisibles et épuisants. Les grands-parents absents de l’éducation, considérant que leur rôle est achevé et que, pour leurs petits-enfants, ils n’ont qu’à se taire et à tout supporter. A contrario ceux qui ne supportant pas la moindre imperfection, se croient obligés de tout contrôler et de tout corriger, y-compris à la place des parents.

C’est dans une complémentarité bien ordonnée que le rôle de chacun pourra être défini. Ce sont les parents qui éduquent. Ce sont eux qui ont reçu de Dieu les grâces d’état propres qui leur permettront d’avoir le discernement et l’énergie au quotidien pour conduire avec équilibre l’éducation de leurs enfants. Le rôle des grands-parents viendra donc « en complément » et ne pourra en aucun cas contrecarrer celui des parents. En revanche, les grands-parents possèdent de réels atouts dans l’expérience, et le recul que leur donne le caractère épisodique de leurs rencontres avec leurs petits-enfants.

Ces deux positions propres aux parents et aux grands-parents les destinent tout naturellement à jouer des rôles complémentaires vis à vis des enfants. Alors que les parents qui ont pour charge, l’éducation dans tous les domaines qu’elle recouvre, se trouvent souvent débordés par la conduite du quotidien avec toutes ses difficultés et imperfections, les grands-parents pourront se concentrer essentiellement sur les grandes orientations.

Face à des parents de bonne volonté, le rôle des grands-parents sera souvent de les rassurer sur leurs capacités à éduquer leurs petits en leur rappelant que le résultat de l’éducation n’est pas toujours immédiat ni exempt d’inquiétudes et qu’ils ont rencontré les mêmes difficultés, connu les mêmes appréhensions… pour un bilan finalement pas si mal !

Le cas peut être beaucoup plus délicat quand les grands-parents doivent intervenir face à des faiblesses évidentes ou même de mauvais principes d’éducation… surtout si cette faiblesse vient de la pièce rapportée… la première règle sera probablement celle de la prudence. En dehors des interventions quotidiennes normales pour conserver l’harmonie familiale (respect des horaires de repas, de la tenue, de la politesse), le grand-parent fera toujours bien de prier le Saint-Esprit avant d’intervenir et souvent même de se taire ! La correction pourra alors se faire d’une manière plus générale au cours d’une conversation, en dehors du « moment de crise », parfois de manière indirecte, mais toujours avec discrétion !

Cette description du rôle des grands-parents peut sembler ne leur laisser qu’un rôle bien ténu caractérisé d’abord par la discrétion. Certains iront même jusqu’à penser qu’ils ne sont pas concernés par l’éducation de leurs petits-enfants ! Quelle erreur ! Comme approbateur et amplificateur de la mission des parents, ce rôle est souvent décisif !

N’oublions pas notre atout principal dans l’aide que nous pourrons apporter à nos enfants pour l’éducation qu’ils ont à conduire : la prière ! Si nos âges ou l’éloignement ne nous permettent plus d’être aussi présents, prions chaque jour pour nos enfants et pour chacun de nos petits-enfants.

Prions saint Joseph, patron des pères de famille et sainte Anne, patronne des grands-mères de nous éclairer dans notre rôle délicat et plein de renoncements. Bon courage à tous !

Des grands-parents

Le devoir de transmission

Chers grands-parents,

            En travaillant sur cette délicate question des grands-parents éducateurs, nous avons pensé, mon mari et moi, que nous pouvions la séparer en deux parties : la première sur le devoir de transmission et la deuxième sur l’appui aux parents dans l’éducation. Dans cet article, nous ne verrons que la première partie.

 Quand on parle d’une famille, on a tendance naturellement à la réduire à des parents et leurs enfants. C’est vrai mais incomplet. La famille est d’abord un héritage, une transmission. Combien de fois voyons-nous des parents sans références. Ils agissent avec bonne volonté sûrement, avec bon sens parfois, mais on sent qu’il manque quelque chose … et ce quelque chose est souvent l’héritage. « Tes père et mère honoreras… afin de vivre longuement ». Après les commandements ayant Dieu pour objet, le premier commandement concerne la vie morale et traite de la famille. Par père et mère c’est évidemment des parents nourriciers dont le décalogue parle mais aussi de la lignée, au premier rang de laquelle se situent les grands-parents. Nous pensons qu’à eux aussi revient la mission de transmettre cet héritage. Continuer la lecture de « Le devoir de transmission »