Euthanasie (suite)

Lorsque ce numéro de Foyers Ardents parviendra à ses lecteurs au début du mois de mai 2026, les propositions de loi en discussion au Parlement sur les soins palliatifs et sur l’aide à mourir feront l’objet d’un prochain examen en deuxième lecture par le Sénat. Toutefois, il nous est apparu important de rendre compte des étapes franchies au début de l’année 2026, à savoir la première lecture au Sénat en janvier et la deuxième lecture à l’Assemblée Nationale en février. La poursuite de l’examen du texte sur l’euthanasie fait partie des priorités du président de la République pour 2026, annoncées dans son allocution du 31 décembre 2025, « nous irons enfin au bout du travail législatif sur la question de la fin de vie dans la dignité ».

Nous avons laissé ces textes votés en première lecture à l’Assemblée nationale au mois de mai 2025. Initialement prévu à l’automne 2025, leur examen par le Sénat a été différé en raison de la chute du gouvernement Bayrou et des débats chaotiques sur le budget. Comme ce fut le cas à l’Assemblée, la proposition de loi sur les soins palliatifs n’a pas soulevé de contestation et a été votée à la quasi-unanimité. L’examen du texte sur l’aide à mourir a été beaucoup moins consensuel. La commission des affaires sociales du Sénat a procédé à un examen approfondi du texte avant sa discussion en séance publique. La commission n’a ni soutenu la version du texte approuvée par les députés, ni rejeté ce dernier pour des raisons de principe, mais a tenté de dégager une troisième voie : elle a admis la possibilité de reconnaître une « assistance médicale à mourir », version atténuée de l’« aide à mourir » : elle a supprimé l’obligation pour les médecins d’informer les malades sur l’aide à mourir, elle a élargi le bénéfice de la clause de conscience aux pharmaciens et aux personnels des services et établissements médico-sociaux, elle a supprimé le délit d’entrave à l’aide à mourir et elle a limité la possibilité de recourir à l’assistance médicale à mourir aux personnes éligibles à la sédation profonde et continue prévue par la loi Clayes-Léonetti de 2016, c’est-à-dire aux malades atteints d’une affection grave et incurable, dont le pronostic vital est engagé à court terme et dont les souffrances sont réfractaires aux traitements ou bien insupportables.

La discussion en séance publique a commencé le 20 janvier 2026 sur le texte adopté par la commission. Les débats ont été beaucoup plus sereins qu’ils ne l’avaient été à l’Assemblée en mai 2025 et qu’ils ne le seront en février 2026. Le gouvernement, représenté par Mme Stéphanie Rist qui a remplacé Mme Catherine Vautrin en tant que ministre de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées, a soutenu sans surprise le retour au texte voté par les députés. Les mânes de Rousseau (« de violentes douleurs du corps, lorsqu’elles sont insupportables, peuvent autoriser un homme à disposer de lui ») et de Simone Veil ont été invoqués. Le parallèle avec le droit à l’avortement a été fréquemment effectué avec des slogans du type « mon corps, mon choix ». Une sénatrice écologiste a appelé à « tenir la religion à distance de l’hémicycle ». Elle a été entendue.

Les débats ont tourné court puisque, dès le deuxième jour de la discussion, le Sénat, qui examinait par priorité l’article du texte concernant les personnes éligibles à l’assistance médicale à mourir, a rejeté cette disposition en raison du vote conjugué des sénateurs hostiles à l’euthanasie et de ceux qui estimaient que le texte de la commission était trop timoré. Le texte ainsi vidé de sa substance a été rejeté le 28 janvier 2026 par 181 voix contre 121. Lors des débats, un amendement a élargi la clause de conscience aux directeurs d’établissement.

Le texte est retourné en février à l’Assemblée nationale qui, à défaut de texte voté par le Sénat, est repartie du texte qu’elle avait adopté neuf mois auparavant. Les débats ont été longs, très animés mais décevants. Tous les amendements visant à introduire des “garde-fous” à l’aide à mourir ont systématiquement été rejetés et dénigrés. Les députés porteurs de ces amendements ont été qualifiés d’« inhumains » ou de « dépourvus de compassion ». Les promoteurs de l’euthanasie se sont employés à brouiller les limites entre soins palliatifs et euthanasie : l’amendement rappelant que les soins palliatifs n’ont pas vocation à hâter la mort a ainsi été rejeté. Loin de chercher à protéger les personnes vulnérables des dangers de la mort administrée, les députés ont rejeté tous les amendements cherchant à exclure de ce dispositif les malades psychiatriques, ceux atteints de maladies neurodégénératives, de schizophrénie, les personnes sous tutelle et curatelle, les personnes incarcérées, mais aussi les personnes porteuses de déficiences intellectuelles.

Enfin, l’« aide à mourir » ne concerne pas que les personnes en fin de vie. La proposition de loi ouvre le suicide assisté et l’euthanasie à une population plus large que les seules personnes en fin de vie. Les conditions cumulatives « pour pouvoir en bénéficier » imposent d’avoir au moins dix-huit ans, d’être de nationalité française ou résider de façon stable en France, d’être atteint d’une « affection grave et incurable, quelle qu’en soit la cause, qui engage le pronostic vital, en phase avancée, caractérisée par l’entrée dans un processus irréversible marqué par l’aggravation de l’état de santé de la personne malade qui affecte sa qualité de vie, ou en phase terminale ». La notion de « phase avancée » ne s’applique pas uniquement aux personnes en fin de vie. En effet, une maladie incurable ne signifie pas qu’il n’existe pas de traitements appropriés, mais que la maladie persiste malgré les traitements existants. Ainsi des personnes ayant encore plusieurs années d’espérance de vie pourraient-elles être éligibles à l’euthanasie.

La proposition de loi sur l’aide à mourir a été adoptée le 25 février 2026 par 299 voix contre 226 et 37 abstentions, soit avec un score un peu moindre qu’en première lecture (305 pour, 199 contre et 57 abstentions). Dans la dernière ligne droite, l’Assemblée a dû revenir sur certaines dispositions qu’elle avait votées pour élargir la portée du texte afin de ne pas compromettre son adoption. Elle est ainsi revenue sur la liberté du patient de choisir, sauf en cas d’incapacité physique à y procéder, entre auto-administration et administration par un médecin ou un infirmier, ainsi que pour exclure qu’une souffrance psychologique seule puisse permettre de « bénéficier » de l’aide à mourir.

Le texte est inscrit à l’ordre du jour du Sénat qui doit en discuter au mois de mai 2026, mais le texte voté en février par l’Assemblée nationale en constitue le point d’équilibre politique.

Que retenir de ces débats ? Les opposants au texte se sont montrés conscients de son caractère très permissif et du fait que la porte que ses promoteurs font plus qu’entrebâiller va s’ouvrir encore davantage au fil du temps. Ensuite, la voie médiane de l’assistance à mourir choisie par la commission sénatoriale ne marche pas. Quelques députés se sont montrés courageux en s’opposant à la grande majorité de leur groupe, macroniste ou même socialiste, pour tenter de rejeter ou d’infléchir la proposition. Enfin, la majorité des opposants à l’aide à mourir avait soutenu la constitutionnalisation de l’avortement en 2024. Soutiendront-ils demain la légalisation de l’euthanasie et après-demain son inscription dans la Constitution ?

Thierry de la Rollandière

Stratégie de sécurité nationale des Etats-Unis :quelles leçons en tirer pour la France ?

la « stratégie de sécurité nationale des États-Unis d’Amérique » signée par le président Donald Trump et publiée en novembre 2025 est un exercice auquel se livre périodiquement le gouvernement américain. Ce document marque une rupture avec la doxa qui prévalait depuis l’effondrement de l’URSS en 1991. Il se situe dans la lignée du discours du vice-président J.D. Vance à Munich le 14 février 2025 et de celui du président Trump à l’ONU le 23 septembre 2025, tout en allant plus loin sur le fond.
L’objectif général de la stratégie américaine semble demeurer le même : les Etats-Unis doivent rester « le pays le plus fort, le plus riche, le plus puissant et le plus prospère du monde » mais le document regrette que, depuis la fin de la guerre froide, les élites américaines se soient convaincues « que la domination permanente des Etats-Unis sur le monde entier était de l’intérêt supérieur de notre pays. Pourtant, les affaires des autres pays ne nous concernent que si leurs activités menacent directement nos intérêts ». Les États-Unis n’ont pas toutefois cessé d’être impérialistes depuis le second avènement de Donald
Trump en janvier 2025 et celui-ci n’est pas devenu « isolationniste ». Cela dit, il veut limiter les interventions militaires américaines au minimum. Il rejette la théorie des néo-conservateurs qui voulaient voir les États-Unis imposer par les armes leur modèle démocratique dans tous les pays du monde. En suivant un tel raisonnement, Bill Clinton n’aurait pas bombardé la Serbie, George Bush junior n’aurait pas détruit l’Irak et Barack Obama n’aurait pas aidé Nicolas Sarkozy à anéantir la Libye. En outre, au-delà du principe, cette politique de domination permanente a un coût gigantesque que l’Amérique n’a plus les moyens de financer. La menace principale qui pèse sur les Etats-Unis se trouve en Asie où il
faut gagner la compétition économique et prévenir les affrontements militaires avec la Chine en rééquilibrant la relation et, pour cela, renforcer la dissuasion militaire en s’appuyant sur le Japon, l’Australie et surtout l’Inde, pivot de ce « Quad », alliance à quatre censée tenir la Chine en respect.
La stratégie de sécurité nationale dit expressément que les États-Unis respectent les traditions et le système politique de chaque pays, ainsi que la souveraineté des nations. La suite va à rebours de ce que font les dirigeants européens : « L’unité politique fondamentale du monde est et restera l’Etat-nation. » Le mondialisme est enterré, tout le monde l’a compris, sauf les dirigeants français et européens. Le document dresse à juste titre un
tableau sombre des nations européennes, dont la France, qui sont en pleine décadence et menacées de disparaître, ce qui rappelle les mots de Paul Valéry : « Nous autres civilisations, nous savons désormais que nous sommes mortelles. » C’est encore plus vrai des nations et c’est l’enjeu fondamental. Pour que la France demeure, il est impératif qu’elle retrouve sa grandeur. Le mot d’ordre de Donald Trump : « Rendez sa grandeur à l’Amérique (make America great again) » est exportable dans les autres pays.
Le document souligne que les pays européens représentaient 25% du PIB mondial en 1990 à comparer aux 14% d’aujourd’hui. Mais il y a pire : « Ce déclin économique n’est rien au regard de la perspective bien réelle et encore plus sombre d’un effacement civilisationnel.
Les sujets les plus graves auxquels l’Europe doit faire face sont : les entreprises de l’Union européenne et d’autres entités transnationales qui sapent la liberté politique et la souveraineté, les politiques migratoires qui sont en voie de transformer le continent et sont la source de conflits, la censure de la liberté d’expression et la disqualification de l’opposition politique, l’effondrement des taux de natalité, la perte des identités nationales et de l’estime de soi. »
Cette stratégie nationale de sécurité aborde aussi des sujets de politique intérieure, en évoquant notamment l’éradication des mesures de diversité, équité et inclusion qui instituaient une discrimination illégitime au détriment des personnes plus talentueuses et plus méritantes. Le document manifeste la volonté de refaire des États-Unis une « méritocratie » pour que seule soit prise en compte la valeur des individus. Il appelle à la ré-industrialisation des États-Unis, tout comme nous devrions faire de la réindustrialisation en France et en Europe une ardente obligation. Il rejette à bon droit le libre-échange érigé en
valeur suprême. Le document dénonce les théories du GIEC et l’origine anthropique du changement climatique : « Nous rejetons les idéologies désastreuses du “changement climatique” et du “zéro émission nette” qui ont tant nui à l’Europe, menacent les États-Unis et subventionnent nos adversaires. » L’adversaire en question est bien sûr la Chine, qui inonde le monde entier de ses panneaux photovoltaïques avec les encouragements béats des écologistes et de leurs affidés. L’immigration est l’un des sujets principaux traités dans
le document. Y est rappelée cette évidence trop souvent oubliée qu’une nation souveraine est libre de décider qui peut entrer, séjourner et s’installer sur son territoire.
La politique que préconisent le président Donald Trump et l’administration américaine dans ce document peut être pour nous une source d’inspiration. Il nous faut donc « un renouveau spirituel » et « cultiver la résistance ». Une phrase attire l’attention : « L’influence croissante des partis patriotiques européens est source d’un grand optimisme. » Nous voudrions le croire. A vue humaine, rien n’est moins sûr.

Thierry de la Rollandière

EVARS

Le bulletin officiel de l’Education Nationale a publié le 6 février 2025 un arrêté imposant aux établissements d’enseignement publics et privés sous-contrat une formation obligatoire à l’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle (EVARS). Cette matière ne figurant pas dans le « socle commun de connaissances », les écoles hors-contrat ne sont heureusement pas concernées par cette mesure qui s’applique depuis la rentrée de septembre 2025.

Cet arrêté est un texte d’application de dispositions législatives insérées depuis 2001 dans le code de l’éducation, qui posent le principe d’un tel enseignement dont le nouveau texte fixe les modalités. L’objectif de ce programme est de « protéger les enfants des violences sexuelles et sexistes et de lutter contre les stéréotypes et les discriminations ». Le contenu est clairement inspiré par l’idéologie ambiante : théorie du genre et plus largement wokisme.

Le programme consiste en une éducation à la vie affective et relationnelle à l’école maternelle et à l’école élémentaire, à laquelle s’ajoute une éducation sexuelle à partir du collège. Il comporte trois axes : « se connaître, vivre et grandir avec son corps » ; « rencontrer les autres et construire des relations, s’y épanouir » ; « trouver sa place dans la société, être libre et responsable », qui sont déclinés dans les champs biologique, psycho-émotionnel, juridique et social. Pour chaque niveau scolaire, chacun de ces axes fait l’objet de développements spécifiques.

Il ne s’agit pas d’une initiative isolée des pouvoirs publics français. En effet, dès 2013, l’Organisation mondiale de la santé publiait un rapport intitulé Standards pour l’éducation sexuelle en Europe qui avait pour but d’endoctriner les enfants de zéro à quatre ans en leur apprenant « à explorer leur corps (…) en jouant au docteur » puis, par étape, à étudier toutes les caractéristiques de la sexualité. Tout y passe : différentes sortes de relations familiales, différentes identités sexuelles à respecter, émotions liées à l’amour, méthodes de contraception, avortement, l’ensemble reposant sur « une information objective et scientifiquement correcte ».

Cette lutte contre les stéréotypes et les discriminations de l’EVARS s’appuie sur deux idéologies pernicieuses : l’idéologie des enfants sexualisés et la théorie du genre. La première a été promue par Alfred Kinsley (1894-1956), sexologue américain, qui prétend que les enfants seraient sexualisés dès leur naissance et auraient le droit d’éprouver du plaisir sexuel quand et avec qui ils veulent. L’EVARS contribue à la lutte contre les discriminations entre les personnes sur le fondement de leur sexe, de leur identité de genre et de leur orientation sexuelle. Cette lutte contre les « stéréotypes de genre » et les « assignations de rôle » vise à supprimer auprès des jeunes enfants leur représentation mentale du féminin et du masculin car différencier les garçons et les filles constituerait à faire le lit des inégalités entre les hommes et les femmes. Il faudra faire comprendre aux enfants que les jouets, les jeux, les goûts et les métiers ne sont pas « genrés », et ne pas laisser les enfants choisir leur jeu suivant leur préférence spontanée afin d’éviter de faire des garçons des dominants et des filles des dominées. L’EVARS est ainsi infecté par la théorie du genre selon laquelle nous pouvons décider à notre guise d’être homme ou femme voire ni l’un ni l’autre. Même si cette théorie heurte le bon sens, elle peut, dans la mesure où elle est instillée aux enfants de manière répétée, provoquer des mutilations et des déséquilibres. Après la lutte des classes est venu le temps de la lutte des sexes.

L’EVARS dénie aux parents leur responsabilité de premiers éducateurs de leurs enfants en les privant du droit de retrait de leurs enfants afin de les dispenser d’assister à de tels cours.

L’EVARS veut enseigner « comment trouver sa place dans la société, y être libre et responsable ». La liberté qui sous-tend l’EVARS n’est pas celle de la philosophie d’Aristote ou de saint Thomas d’Aquin selon laquelle l’enfant est le siège d’une lutte intérieure pour conquérir sa liberté. Avant l’âge de raison, la sensibilité domine en lui. Il veut tout voir, toucher, goûter. Il est dominé par ses passions sensibles qu’il a du mal à réfréner : colère, gourmandise, égoïsme. Ce n’est que progressivement que ses facultés rationnelles, intelligence et volonté, mûrissent vers l’âge de raison grâce à l’éducation reçue.  Les passions sensibles ne sont pas mauvaises en elles-mêmes. Toutefois, si elles sont mal maîtrisées dans l’enfance, si on les alimente et si on leur laisse libre cours, elles deviennent tyranniques et détruisent la liberté : l’ivrogne devient esclave de l’alcool et il en est de même pour la drogue et le sexe. La liberté requiert la vérité sur le bonheur humain et il est clair que le bonheur de l’homme n’est pas dans l’esclavage de l’alcool, de la drogue ou du sexe. L’idéal humain n’est pas davantage dans le consommateur, voire le jouisseur, présenté par l’EVARS qui décrit complaisamment la sexualité comme instrument de plaisir et de bien-être d’où le sens spirituel et le don de soi pour l’autre sont évidemment absents.

Le leitmotiv de l’EVARS est le consentement, considéré comme un élément essentiel de la relation. La réduction de la morale au consentement est une erreur : le consentement à l’abus d’alcool et à la drogue, même chez l’adulte, ne rend pas bon ce qui est mauvais. Chez l’enfant, le consentement a encore moins de valeur car il est vulnérable et influençable, et le rôle de ses parents est souvent de lui interdire ce à quoi il pourrait consentir.

Le Conseil d’Etat a été saisi de recours contre l’arrêté ministériel du 6 février 2025. Par une décision du 4 juillet 2025, il a jugé que ce texte était conforme à la loi et respectait le principe de neutralité du service public de l’enseignement, la liberté de conscience des élèves et de leurs parents, le droit des parents à éduquer leurs enfants selon leurs convictions et plus généralement, leur autorité parentale. De quoi nous plaignons-nous ?

Il est regrettable que les réactions à cette réforme aient été si timorées : les associations familiales catholiques (AFC) ont critiqué l’affaiblissement du rôle des parents dans l’éducation de leurs enfants en raison de la suppression du « droit de retrait » sans remettre en cause le contenu de cet « enseignement ». Le secrétariat général de l’enseignement catholique a commencé par affirmer que, bien sûr, les écoles sous-contrat appliqueraient la réforme puis, à la faveur d’un changement de titulaire, a évoqué une adaptation de ce programme que pourraient mettre en place les écoles, avant d’être sèchement recadré par le ministre de l’Education Nationale qui a rappelé que les établissements sous-contrat devraient appliquer intégralement l’EVARS et que ses services y veilleraient. 

Encore un mauvais texte qui vient s’ajouter à beaucoup d’autres. Après avoir autorisé, voire encouragé, les comportements immoraux pour les adultes, l’Etat poursuit son action en modifiant les programmes scolaires comme si, pour pervertir une société, il fallait commencer par les enfants. 

 

Thierry de la Rollandière

 

 

 

Saint Vincent de Paul

C’est une longue vie, surtout pour l’époque, que celle de saint Vincent de Paul, extrêmement riche d’événements de toutes sortes, qui embrasse plusieurs continents et qui permet d’appréhender en même temps la monarchie et la cour sous Henri IV, Louis XIII et au début du règne de Louis XIV, l’Eglise bien sûr et le renouveau ecclésiastique qui suit le concile de Trente, la guerre extérieure et civile, et surtout la grande pauvreté qui donnera à notre héros sa célébrité. 

Né à Pouy, dans l’actuel département des Landes, près de Dax, un mardi d’avril 1581, d’un père, petit exploitant agricole, et d’une mère issue d’une famille d’avocats, Vincent grandit dans une région particulièrement marquée par les guerres de religion et l’hérésie protestante. Il aide ses parents en conduisant des troupeaux de brebis. Les rares témoignages recueillis sur son enfance mentionnent sa vivacité d’esprit, ainsi que son attention et sa générosité envers les pauvres. Son père se sacrifie en le mettant pensionnaire chez les Cordeliers à Dax, ce qui lui permet d’aller ensuite étudier la théologie à Saragosse (Espagne). Il est ordonné prêtre le 23 septembre 1600 par Mgr de Bourdeille, évêque de Périgueux, avant d’avoir atteint l’âge de vingt ans requis par le concile de Trente dont les décrets ne s’appliqueront en France qu’à partir de 1615. Il poursuit d’ailleurs sa théologie à Toulouse après avoir reçu la prêtrise, et finance ses études en étant professeur. 

En 1605, courant après un héritage à Marseille, il veut gagner du temps pour rentrer à Toulouse, prend un bateau pour Narbonne et est fait captif par les barbaresques qui sillonnent la mer Méditerranée. Il arrive à Tunis où il est vendu comme esclave avant de changer quatre fois de maître. Le dernier était un renégat à la femme duquel il expose les bienfaits du catholicisme, laquelle convainc son mari de reprendre son ancienne religion. Ils quittent la terre infidèle et abordent à Aigues-Mortes en 1607. Le renégat abjure entre les mains du vice-légat du pape à Avignon.

Libre, Vincent se rend à Rome en 1608 où Paul V (Borghèse) occupe le trône pontifical. Il découvre l’exercice de la charité envers les malades par les frères de Saint-Jean-de-Dieu qui tiennent un hôpital sur l’île Tibérine. De retour à Paris à la fin de l’année 1608, il est nommé aumônier de la reine Margot, autrement dit Marguerite de Valois, fille de Henri II et de Catherine de Médicis et première épouse de Henri IV dont le mariage a été annulé. Le terme d’aumônier doit être entendu dans son sens étymologique de distributeur des aumônes. Il rencontre en 1609 Pierre de Bérulle, fondateur de l’Oratoire et futur cardinal, et Adrien Bourdoise, fondateur d’une communauté de prêtres rattachée à la paroisse Saint-Nicolas du Chardonnet.

Le 2 mai 1612, il est nommé curé de Clichy. Pour la première fois, il a charge d’âmes. Il restera curé en titre jusqu‘en 1626 mais dès septembre 1613, il confie les rênes de la paroisse à un confrère car Bérulle lui demande d’être précepteur des enfants de la famille de Gondi. Les Gondi appartiennent à une famille florentine arrivée en France sous François Ier, qui comptera parmi ses membres un maréchal de France, un cardinal et deux archevêques de Paris. Le père des enfants confiés à Vincent, Philippe de Gondi, porte, parmi d’autres titres, celui de baron de Villepreux, village où sa famille réside de façon habituelle. Vincent sera aussi le confesseur de la princesse de Gondi mais il se sent, dit-il, « intérieurement poussé par l’Esprit de Dieu d’aller dans une province éloignée s’employer tout entier à l’instruction et au service des pauvres de la campagne ». En 1617, il quitte les Gondi pour Châtillon-les-Dombes près de Lyon. Il n’y reste que cinq mois, rappelé par Bérulle à la demande des Gondi, mais il y crée la première confrérie de la Charité afin d’aider matériellement et spirituellement les malades les plus pauvres. Vincent revient chez les Gondi mais, déchargé de l’éducation des enfants, crée en 1625 la première Mission à Villepreux qui complète son action de charité car il ne veut pas séparer la contemplation de l’action. Il faut, dit-il « joindre l’office de Marthe à celui de Marie pour bien répondre à l’appel de Dieu ».  Ce sera une constante de l’apostolat de Vincent.

En 1619, il rencontre à Paris François de Sales, évêque de Genève. L’affection et l’admiration que Vincent voue à François de Sales ne se démentiront jamais. Ils ne se connaîtront que pendant un an mais Vincent témoignera dans ces termes au procès de béatification de François : « Combien grande doit être la bonté de Dieu (…) puisqu’en Mgr François de Sales, Votre créature, il y a tant de douceur. »

Son apostolat donne une impression de vertige tant il est multiple : M. de Gondi devient général des galères, Vincent en est nommé par le roi aumônier général. A la demande de Mme Goussault, veuve d’un président de la Cour des comptes, il crée la charité de l’Hôtel-Dieu promise à un grand avenir, à laquelle de nombreuses dames de la cour et de la noblesse de robe apportent leur concours, tandis que les Filles de la Charité s’installent dans la paroisse Saint-Nicolas-du-Chardonnet en 1633 pour s’occuper des malades à l’initiative de Louise de Marillac. Il crée aussi un apostolat spécifique destiné aux enfants trouvés qui, à cette époque, étaient déposés à Notre-Dame de Paris où une femme se tenait en permanence pour les recevoir : les Filles de la Charité se les verront confier jusqu’à ce que, chassées à cause de leur habit la première fois en 1792, la seconde en 1886. Ainsi les bases de l’assistance publique sont posées. En 1633, Vincent s’installe dans la maison Saint-Lazare, située près de l’actuelle gare parisienne éponyme sur le terrain d’un prieuré fondé au XIIe siècle sous le patronage de saint Lazare, patron des lépreux, qui sera le siège de sa Mission, d’où le nom de lazaristes donné à ses membres.  Des évêques veulent améliorer la formation des prêtres, il crée les retraites pour ordinands qui complètent voire remplacent l’enseignement encore balbutiant des séminaires, ainsi que les Conférences des mardis destinées aux prêtres, où l’étude de la doctrine est associée à l’oraison, la lecture spirituelle, la célébration de la messe et l’engagement dans les œuvres de charité, et que Richelieu considérera comme un vivier de candidats à l’épiscopat.

Vincent se rapproche du pouvoir en assistant Louis XIII dans ses derniers moments en 1643, puis en conseillant la reine Anne d’Autriche pour le choix du cardinal Mazarin comme principal ministre, enfin en entrant à la mort du roi au Conseil de conscience où il siègera jusqu’en 1652. Cet organisme, créé par Richelieu à la fin de son ministère, est compétent pour examiner les affaires religieuses dans leur dimension politique et a la main sur la nomination des évêques et des titulaires d’abbayes. Présidé par la régente Anne d’Autriche et animé par le cardinal Mazarin, Vincent y joue un rôle important tant en raison de son rayonnement spirituel que de sa bonne connaissance des personnes susceptibles d’occuper les plus hautes fonctions dans l’Eglise. Il aura l’occasion de s’opposer à Mazarin tenté d’utiliser le pouvoir de nomination que le roi tient du Concordat de 1516 à des fins politiques. Le Conseil de conscience aura à gérer la crise janséniste qui frappe l’Église en France au XVIIe siècle et se prolongera au siècle suivant. Vincent s’opposera aux thèses jansénistes, en particulier à celle selon laquelle Jésus-Christ ne serait pas mort pour tous les hommes, en conseillant d’en appeler à Rome. Le pape Innocent X condamne en 1653 les cinq propositions défendues par les jansénistes.

La guerre de 30 ans (1618-1648) qui se chevauche partiellement avec la guerre contre l’Espagne (1635-1659) est l’occasion pour les prêtres de la Mission d’apporter assistance spirituelle aux troupes engagées dans ces conflits. C’est une première car il n’existe pas jusque-là d’exemple d’aumônerie militaire constituée. A la demande de la reine Anne d’Autriche, les Filles de la Charité entreprennent un travail encore inédit d’infirmières dans les hôpitaux militaires. Tout en voulant mettre ceux qui vont mourir en état de salut et en défendant l’esprit chrétien de la guerre juste, Vincent voit dans le fléau de la guerre un châtiment du péché des hommes.  

La Fronde qui oppose le Parlement de Paris et les grands seigneurs au pouvoir royal est l’occasion pour Vincent d’intervenir en tentant en vain une médiation entre les forces en présence, en conseillant à la régente d’éloigner au moins temporairement Mazarin du royaume et en soutenant contre ce dernier le cardinal de Retz, fils de la famille des Gondi de Villepreux, devenu archevêque de Paris en mars 1654, que Mazarin pousse à la démission un mois plus tard et qui trouve refuge à Rome. Vincent a déjà quitté le Conseil de conscience.

L’Œuvre de la Mission connaît aussi un grand rayonnement à l’étranger avec des succursales en Italie, dans les îles britanniques, en Pologne, à Madagascar et même en Barbarie comme sont dénommés les rivages de la Méditerranée occupés par les Turcs. 

De grandes épreuves physiques précèdent sa mort le 27 septembre 1660 dans un abandon paisible à Dieu. Vincent a été béatifié par Benoît XIII en 1729 et canonisé par Clément XII en 1737. Le Parlement de Paris s’est opposé à l’enregistrement de la bulle de canonisation pour protester contre les positions prises par le saint contre le jansénisme. Léon XIII le proclame en 1885 patron de toutes les institutions catholiques de charité.

A la Révolution, la Mission compte 168 maisons dont 55 séminaires en France, habituellement doublés d’une paroisse ou d’une Mission. Elle rassemble aujourd’hui plus de trois mille membres répartis dans 66 pays sur les cinq continents. La chapelle des Filles de la Charité rue du Bac attire chaque année plusieurs centaines de milliers de pèlerins. L’œuvre de saint Vincent de Paul continue à rayonner.

 

Thierry de la Rollandière

 

Repères bibliographiques :

Marie-Joëlle Guillaume, Un saint au grand siècle, éditions Perrin 2015 

Guillaume Hunermann, Le père des pauvres, Saint Vincent de Paul, Edition Salvator 2018

 

 

Euthanasie saison IV

La quatrième tentative sera-t-elle la bonne ? Après un premier débat engagé à l’Assemblée nationale sur une proposition de loi déposée en 2020 par Olivier Falorni, député de la Charente-Maritime, dont seul a été adopté en avril 2021 l’article premier qui définissait les conditions d’accès à une « assistance médicalisée active à mourir » avant que la discussion ne s’interrompe en raison de l’opposition, purement opportuniste, du gouvernement, puis une proposition de loi sénatoriale émanant du groupe socialiste  « visant à établir le droit à mourir dans la dignité », rejetée  à une courte majorité par le Sénat en mars 2021, vint le « projet de loi relatif à l’accompagnement des malades et de la fin de vie » déposé par le gouvernement, après la mobilisation d’une convention citoyenne, dont la discussion et le vote en mai et juin 2024 étaient presque achevés avant que la dissolution de l’Assemblée nationale ne le rende caduc. 

L’idée de légiférer sur la « fin de vie » ne fut pas abandonnée, loin de là, et en 2025, le projet de loi de 2024 a été scindé en deux textes distincts correspondant chacun à une proposition de loi, l’une relative aux soins palliatifs qui a été votée à l’unanimité, l’autre relative à la fin de vie. Ce dernier texte a d’ailleurs vu son titre modifié au cours des débats en proposition de loi relative au « droit à l’aide à mourir ». Au-delà des variations sémantiques qui traduisent sans doute un certain embarras du législateur pour appréhender le sujet, c’est bien à chaque fois de l’euthanasie qu’il s’agit. Le fait que le texte fasse l’objet de deux propositions de loi (d’origine parlementaire) distinctes et pas d’un projet de loi (d’origine gouvernementale) résulte de la distance personnelle qu’a voulu prendre le Premier ministre par rapport au second texte. Cela dit, Mme Catherine Vautrin, ministre des affaires sociales, qui représentait par ailleurs la France à la messe d’intronisation du pape Léon XIV, a joué, au nom du gouvernement, un rôle très actif dans la discussion et la promotion de la proposition de loi à l’Assemblée nationale. 

Le soutien le plus emblématique à cette proposition de loi est venu du chef de l’Etat dans un discours prononcé à la Grande Loge de France le 5 mai 2025 à l’occasion du 120ème anniversaire de la loi de 1905 sur la séparation des Eglises et de l’Etat. Après avoir rappelé que « le dialogue entre la République et la franc-maçonnerie est une conversation, si je puis dire, polie par des siècles de combats, par la communion de pensée et par une connivence qui n’a rien d’un complot » et que « la franc-maçonnerie est aux avant-postes de la bataille qui importe si nous voulons façonner le siècle pour le bien de l’humanité », le président a souligné les enjeux de la proposition de loi : « Que les francs-maçons portent cette ambition de faire de l’homme la mesure du monde, le libre acteur de sa vie, de la naissance à la mort, qui peut s’en étonner ? »

La proposition de loi sur le droit à l’aide à mourir a été adoptée le 27 mai 2025 par l’Assemblée nationale en première lecture par 305 voix contre 199 et 57 abstentions. Elle a été transmise au Sénat qui l’examinera en séance publique à partir du 7 octobre 2025. Une seconde lecture dans chaque assemblée précèdera un examen de la proposition par la commission mixte paritaire et le texte devrait, sauf accident de parcours, être définitivement adopté avant la fin de l’année 2026. 

Les débats à l’Assemblée nationale ont peu porté sur les principes (« Tu ne tueras pas », « l’indisponibilité de la vie humaine ») rappelés par Pie XII en 1957 : « Dieu seul est maître de la vie et de l’existence. L’homme n’est donc pas maître ni possesseur mais seulement usufruitier de son corps et de son existence. » Ils ont porté sur les « garde-fous » mis en place par les auteurs du texte pour tenter d’en limiter les abus et rendre celui-ci acceptable pour la majorité des députés.

Une première série de garde-fous a consisté à fixer des critères d’éligibilité : la personne concernée, curieusement désignée « patient », doit être majeure et de nationalité française ou résider de façon stable et régulière en France. Elle doit être atteinte d’une « affection grave et incurable, quelle qu’en soit la cause, qui engage le pronostic vital, en phase avancée » ou « terminale ». Cela signifie qu’elle est entrée « dans un processus irréversible marqué par l’aggravation de son état de santé qui affecte sa qualité de vie ». Le malade doit également présenter une « souffrance physique et psychologique constante » qui est « soit réfractaire au traitement, soit insupportable selon la personne » lorsqu’elle a « choisi de ne pas recevoir ou d’arrêter » un traitement. Une souffrance psychologique n’est pas suffisante pour « bénéficier » de « l’aide à mourir ». Enfin, la personne concernée doit « être apte à manifester sa volonté de façon libre et éclairée ».

Une certaine confusion est entretenue entre l’arrêt des traitements pénibles lorsqu’il n’y a pas d’espoir de guérison, ce qui est moralement licite, et le prétendu droit à mourir. Les auteurs de la proposition de loi veulent se placer dans le sillage de la loi Claeys-Leonetti de 2016 qui autorise dans certains cas la sédation profonde jusqu’au décès, ce qui peut constituer une forme d’euthanasie car elle associe un arrêt des soins de base que sont l’hydratation et l’alimentation à une sédation profonde qui n’est pas toujours indispensable. La Conférence des évêques de France, tout en « s’inquiétant profondément » du vote de la nouvelle loi, s’est arc-boutée sur la loi Claeys-Leonetti qui ouvrait pourtant la voie à la réforme en cours. Quant aux souffrances physiques ou psychologiques réfractaires au traitement, la quasi totalité des demandes d’euthanasie disparaît lorsque la prise en charge d’un patient présentant des grandes souffrances morales et psychologiques est faite correctement grâce aux soins palliatifs.

Quoi qu’il en soit, ces critères d’éligibilité sont pour le moins flous et peuvent donner lieu à interprétation. En tout état de cause, comme ce fut le cas pour le droit à l’avortement, ce texte est une première étape qui ne demandera qu’à être dépassée le moment venu. L’essentiel est d’opérer la bascule anthropologique que constitue la reconnaissance du « droit à mourir ».

 

Les garanties procédurales constituent la seconde catégorie des garde-fous mis en place par la proposition de loi. La demande d’aide à mourir doit être expresse et adressée à un médecin qui a quinze jours pour se prononcer et notifier sa décision. Celui-ci peut en référer à un spécialiste ayant accès au dossier médical du patient et à un professionnel de santé impliqué dans le traitement en cours mais la décision finale, qui devra être rédigée et motivée, lui appartient. Le texte prévoit que l’auto-administration de la substance létale est la règle, ce qui correspond au suicide assisté, mais, si le « patient » n’est pas en mesure d’y procéder, l’administration pourra être effectuée par un médecin ou un infirmier. Une clause de conscience spécifique aux professionnels de santé leur permettra de refuser de réaliser ce geste. Cette clause ne s’appliquera pas aux pharmaciens, comme c’est déjà le cas pour les produits abortifs, car ils ne sont pas considérés comme des « auxiliaires médicaux ».

Un amendement à la proposition de loi instaure un « délit d’entrave à l’aide à mourir » visant à sanctionner le fait d’empêcher une personne de s’informer sur cette loi ou d’en « bénéficier ». Un tel délit pourra conduire à sanctionner ceux qui proposent des soins palliatifs aux candidats au « suicide médicalisé ». Un amendement proposant la création d’un délit d’incitation à l’euthanasie a été repoussé. Pour les députés, il est plus grave d’empêcher de tuer que d’y inciter. D’ailleurs, l’aide à mourir sera prise en charge par la sécurité sociale.

 

Il est difficile de conclure sans faire le parallèle, à cinquante ans de distance, entre la proposition de loi sur le droit à l’aide à mourir et le projet de loi libéralisant l’avortement. L’opposition à la réforme de 2025 semble peut-être un peu plus forte que celle de 1975 mais elle ne porte pas vraiment sur les principes des promoteurs du texte et qui sont peu ou prou considérés comme acquis. Or, c’est en défendant les nôtres que nous ferons un jour tomber les leurs.

Thierry de la Rollandière