La tendresse

On peut vivre sans richesses
Presque sans le sou
Des seigneurs et des princesses
Y en a plus beaucoup

Mais vivre sans tendresse
On ne le pourrait pas
Non, non, non, non
On ne le pourrait pas

 

On peut vivre sans la gloire
Qui ne prouve rien
Être inconnu dans l’Histoire
Et s’en trouver bien

Mais vivre sans tendresse
Il n’en est pas question
Non, non, non, non
Il n’en est pas question

 

Quelle douce faiblesse
Quel joli sentiment
Ce besoin de tendresse
Qui nous vient en naissant
Vraiment, vraiment, vraiment

 

Le travail est nécessaire
Mais s’il faut rester
Des semaines sans rien faire
Eh bien, on s’y fait

Mais vivre sans tendresse
Le temps vous paraît long
Long, long, long, long
Le temps vous paraît long

 

Dans le feu de la jeunesse
Naissent les plaisirs
Et l’amour fait des prouesses
Pour nous éblouir

Oui mais sans la tendresse
L’amour ne serait rien
Non, non, non, non
L’amour ne serait rien

Quand la vie impitoyable
Vous tombe dessus
Qu’on n’est plus qu’un pauvre diable
Broyé et déçu

Alors sans la tendresse
D’un cœur qui nous soutient
Non, non, non, non
On n’irait pas plus loin

 

Un enfant nous embrasse
Parce qu’on le rend heureux
Tous nos chagrins s’effacent
On a les larmes aux yeux
Mon Dieu, mon Dieu, mon Dieu

Dans votre immense sagesse
Immense ferveur
Faites-donc pleuvoir sans cesse
Au fond de nos cœurs
Des torrents de tendresse
Pour que règne l’amour
Règne l’amour
Jusqu’à la fin des jours.

Bourvil (1917-1970)

Cantilène

Jacques Douai (1920, Douai – 2004, Paris)

Pour la Toussaint et le 2 novembre

  1. Si la vie frappe à ta porte,
    garde-toi de lui ouvrir ;
    elle semble joies offrir,
    Ce sont peines qu’elle apporte.
    Mais qui sait, peut-être,
    dois-tu choisir
    de la subir, comme tout être.
    Est-ce vivre, que fermer
    à tous les vents sa demeure ?
    Semblables toutes les heures,
    sauras-tu bien les aimer ?

 

  1. Si l’amour frappe à ta porte,
    vite ferme ta maison,
    le suivent la déraison
    et chagrins de toutes sortes.
    Mais qui sait, peut-être,
    sans le choisir,
    vas-tu souffrir, comme tout être ?
    L’amour par toute fissure,
    pénètre comme fumée ;
    Rien ne sert de t’enfermer
    contre ton cœur qui t’assure.
  2. Si la mort frappe à ta porte,
    ne tarde pas, ouvre-lui ;
    Hier, demain comme aujourd’hui,
    toujours elle est la plus forte.
    La pointe peut-être,
    tu dois subir,
    tu dois souffrir, comme tout être.
    En vois-tu toute belle
    puisqu’un jour tu dois mourir ;
    aime et vis sachant souffrir,
    Sera ta mort peu cruelle.

 

Les matins d’hiver (1975)

Gérard Lenorman (né en 1945)

Je me souviens de ces matins d’hiver
Dans la nuit sombre et glacée
Quand je marchais à côté de mon frère
Sur le chemin des écoliers
Quand nos membres encore tout engourdis de sommeil
Grelottaient sous les assauts du vent
Nous nous battions

à grands coups de boules de neige, en riant

Nous arrivions dans la salle de classe
Où le maître nous séparait
Nous retrouvions chaque jour notre place
Et l’on ne pouvait plus se parler
Puis bercés par les vagues d’une douce chaleur
Que nous prodiguait le vieux poêle
Nos esprits s’évadaient pour se rejoindre ailleurs

 

Vers des plages

Où il fait toujours beau
Où tous les jours sont chauds
Où l’on passe sa vie à jouer
Sans songer à l’école en pleine liberté
Pour rêver

Où il fait toujours beau
Où tous les jours sont chauds
Où l’on passe sa vie à jouer
Sans songer à l’école en pleine liberté
Pour rêver

Je me souviens de l’odeur fade et chaude
De notre classe calfeutrée
Des premières lueurs pâles de l’aube
À travers les vitres givrées
Je revois les yeux tendres et les visages tristes
Qui autour de moi écoutaient
Et pendant les leçons dans mon coin je rêvais

À des îles

Où il fait toujours beau
Où tous les jours sont chauds
Où l’on passe sa vie à jouer
Sans songer à l’école en pleine liberté
Pour rêver

Où il fait toujours beau
Où tous les jours sont chauds
Où l’on passe sa vie à jouer
Sans songer à l’école en pleine liberté
Pour rêver.

Les matins d’hiver • Gérard Lenorman

 

Marche pontificale Charles Gounod (1818-1893)

Composée pour le jubilé sacerdotal du pape Pie IX, la Marche pontificale fut exécutée pour la première fois le 11 avril 1869, sur le parvis de la basilique Saint-Pierre, par sept fanfares militaires, en présence du souverain pontife. Elle devint hymne pontifical de la cité du Vatican, à l’occasion de l’année sainte 1950.

O felix Roma, O felix Roma nobilis.
Sedes es Petri,
qui Romae effudit sanguinem,
Petri, cui claves datae sunt regni caelorum.

 

Bienheureuse Rome, noble Rome
Siège de Pierre,
qui versa son sang pour Rome ;
A Pierre, sont données les clefs du royaume des cieux

 

Pontifex, tu successor es Petri;
Pontifex, tu magister es tuos confirmas fratres ;
Pontifex, Tu qui Servus servorum Dei,
hominumque piscator, pastor es gregis,
ligans caelum et terram.

 

Pontife, vous, successeur de Pierre
Pontife, votre magistère est de confirmer vos frères ;
Pontife, vous êtes le serviteur des serviteurs de Dieu
Pêcheur d’hommes, vous êtes le berger des brebis, liant Ciel et terre.
Pontifex, tu Christi es vicarius super terram,
rupes inter fluctus, Tu es pharus in tenebris ;
Tu pacis es vindex, Tu es unitatis custos,
vigil libertatis defensor ; in Te potestas.

Pontife, vous êtes le Vicaire du Christ sur la terre ;
le rocher au milieu des flots,
vous êtes le phare dans les ténèbres ;

Vous êtes le défenseur de la paix,
Vous êtes  le gardien de l’unité
le vigilant défenseur de la liberté;
A vous la puissance.

Tu Pontifex, firma es petra,
et super petram hanc aedificata est Ecclesia Dei.
O felix Roma – O Roma felix nobilis.

 

Vous, Pontife, vous êtes le pierre ferme
et sur cette pierre est édifiée l’Église de Dieu.
Bienheureuse Rome, noble Rome.

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Le Roy Englois

Manuscrit de Bayeux, XVe siècle

Chanson composée à la fin de la guerre de Cent Ans pour saluer la victoire de Formigny (18 avril 1450) sur Henri V d’Angleterre et ses troupes qualifiées de « couez » (diables) et de « godon ».

1 – Le roy Englois se faisoit appeler
Le roy de France par s’appellation.
Il a voullu hors du pays mener
Les bons François hors de leur nation.

2 – Or est-il mort à Saint Fiacre en Brie,
Du pays de France ils sont tous deboutez,
Il n’est plus mot de ces Englois couez.
Mauldicte soit trestoute la lignye !

3 – Ils ont chargé l’artellerie sur mer,
Force biscuit et chascun ung bidon,
Et par la mer jusqu’en Bisquaye aller
Pour couronner leur petit roy godon,

4 – Maiz leur effort n’est rien que moquerie ;
Cappitaine Pregent les a si bien frottez
Qu’ils ont esté esters et en mer enfondrez.
Que mauldicte en soit tres toutte la lignye.