Le choix du conjoint

  S’il est une discussion essentielle à mener entre parents et adolescents, c’est bien celle qui concerne le choix de l’époux.

En effet, c’est tant que les cœurs ne sont pas encore « pris » que les orientations et les discussions peuvent être menées en éliminant, autant que faire se peut, les émotions.

Avant tout, une réflexion profonde et sérieuse doit être menée par le grand adolescent lui-même : Où Dieu me veut-il ? Vocation ? Appel au mariage ? C’est une affaire personnelle qui ne doit pas être imposée ni réprimée. Cette réflexion doit être menée sereinement et sous le regard de Dieu. Le meilleur moment sera la paix trouvée lors d’une ou deux retraites qui permettra de discerner avec l’aide d’un prêtre ce que Dieu veut pour chacun de nous.

Si nous ne sommes pas appelés à la vocation sacerdotale ou religieuse ; il nous faut, tout aussi sereinement réfléchir au mariage.

Beaucoup pensent –avec une grosse pointe de romantisme- que l’âme sœur arrivera un beau matin et que le coup de foudre manifestera de façon immédiate si la personne rencontrée est la bonne…

Nous voudrions aujourd’hui vous donner quelques éléments indispensables de réflexion pour discuter de tout cela en famille et pour aider notre jeunesse à faire de bons mariages solides et rayonnants. Le fait d’y réfléchir aujourd’hui posément vous permettra, quand le moment sera venu, de consulter votre raison ; elle dominera alors votre sensibilité.

Etre marié demande un engagement définitif qui liera non seulement vos deux vies mais aussi celle de tous vos descendants. Le mariage est l’anneau d’une chaîne entre vos ancêtres (des deux côtés) et l’immense légion de vos descendants… Ce n’est pas une simple belle aventure, une grande fête et un voyage de noce dans un pays de rêve… Il y aura des moments merveilleux mais aussi des jours difficiles… des grâces sans nombre mais aussi des épreuves… des jours ensoleillés, mais aussi des tempêtes…

On n’épouse donc pas le corps de rêve, le nom célèbre, la belle voiture ou le compte en banque mais celle ou celui qui sera le père ou la mère de nos enfants ; celle ou celui qui nous accompagnera jusqu’à la mort dans les joies et les peines…

Même si les considérations spirituelles sont capitales, ce sacrement ouvre sur une vie commune qui sera, ne l’oublions pas, remplie de considérations quotidiennes, très pratiques.

Il faut donc en premier lieu se connaître, prendre en compte ses défauts et ses qualités pour établir en quelque sorte le profil type de la personne qui sera appelée à devenir notre « moitié » : Une maniaque du rangement ne supportera pas un garçon complètement désordre, un passionné de la campagne ne choisira pas une fille qui n’aime que la ville…

Ensuite, il faut se poser en observateur… Lors de vos rencontres entre jeunes (dîner entre amis, pèlerinages, etc…) n’hésitez pas à observer les uns et les autres, (discrètement bien sûr), pour mieux connaître la gente opposée et vous faire une idée plus précise qui éclairera vos choix et vous aidera, quand le moment sera venu, à être à même de juger avant de décider, de comparer les différents comportements, d’apprendre à observer… Ceci en continuant à brider votre cœur pour ne pas encore se laisser prendre par des sentiments avant que l’heure ait vraiment sonné.

« Et le coup de foudre ? me direz-vous ; cela n’a rien de très spontané votre affaire ! » Les coups de foudre annoncent souvent l’orage… Mieux vaut, sans nier l’importance de la sensibilité, faire rentrer la raison pour un choix dont les conséquences sont si importantes ! Les inclinations sont des indications mais ne doivent pas être le seul argument où la raison n’aurait pas sa place.

Quand l’heure du choix approchera, plusieurs éléments devront entrer en ligne de compte : l’étude des caractères, l’éducation reçue, la vie spirituelle et morale, la valeur intellectuelle sont des notions capitales dont l’équilibre sera gage d’une union stable.

Une question capitale doit nous venir à l’esprit quand le choix approche : Est-ce que ce garçon ou cette fille est celui que je veux donner comme père ou mère à mes enfants ? Car si on se marie c’est tout d’abord pour donner la vie, ne l’oublions pas !

D’autres questions ont aussi leur importance : Est-ce que nous serons prêts à monter au ciel ensemble, l’un soutenant l’autre et non pas l’un traînant et tirant l’autre ?

Est-ce que ce choix me fait progresser et me hisse vers un plus grand bien ou au contraire est-ce que cela me contraint à « renier ce que j’ai adoré » et me fait plutôt descendre ?

Enfin, élément à ne pas négliger -même s’il ne sera pas le premier-, est-ce que les sentiments sont partagés ? Car si les mariages de raison étaient monnaie courante autrefois, dans la société qui est la nôtre aujourd’hui, il peut être dangereux de se marier  sans que les sentiments soient à l’unisson.

Il est important de regarder vivre, parler, agir celui sur lequel notre regard s’incline. Ce qui demande d’examiner les chocs psychologiques qui peuvent avoir été vécus, les influences subies ou en vigueur. Il vaut mieux pour savoir jusqu’où l’on peut aller ensemble, savoir d’où l’autre vient (milieu familial, hérédité, éducation) mais aussi son milieu social (il est prouvé que pour éviter les froissements, il vaut mieux être de milieu similaire), la situation future du conjoint, l’instruction (attention aux trop grandes disproportions; veiller à ce que la situation professionnelle de l’époux lui permette de nourrir sa famille et que celle de l’épouse ne lui soit pas supérieure).

On tiendra compte du tempérament, de la constitution physique, de la santé, des talents naturels ; tout cela principalement pour porter un jugement objectif et veiller à ce que tous ces éléments soient complémentaires avec les nôtres.

De même on ne négligera pas d’examiner le caractère, la formation morale, les jugements et les goûts pour être sûrs qu’il n’y a pas de points qui pourraient être rédhibitoires en vue de l’harmonie générale.

Bien exigeant tout cela ? Non, il faut tout juste se connaître assez pour ne pas emménager dans un appartement aménagé à partir du catalogue Ikéa 2018, alors que vous ne supportez que les meubles de style… ou que vous soyez bercé par la musique de Johnny Hallyday alors que vous n’aimez que Mozart… Autant se mettre d’accord à l’avance car la vie quotidienne peut alors très vite devenir difficile …

Enfin deux qualités semblent aujourd’hui capitales de part et d’autre et il est toujours temps à l’adolescence de les cultiver si vous voulez avoir un jour un foyer fécond et uni : la générosité et l’humilité. En effet l’égoïsme tue l’amour ; les qualités de cœur sont donc essentielles afin que chacun soit prêt au renoncement et au don de soi pour l’autre et pour son foyer. Quant à l’humilité, elle nous permettra d’accepter toujours la volonté de Dieu avant toute chose.

Le jour du choix venu, n’hésitons jamais à demander conseil à ceux qui nous connaissent bien, qui auront un jugement droit et désintéressé ; en particulier à nos parents qui veulent notre bien, au prêtre qui nous connaît personnellement, à un ami fidèle. Ils seront le plus souvent de bon conseil.

En attendant continuons chaque jour notre combat contre notre défaut principal, cultivons nos qualités, développons notre intelligence de cœur, conservons notre pureté de cœur et de corps afin d’offrir le meilleur à celui qui acceptera d’unir ses jours au nôtres jusqu’à la mort. N’oubliez pas non plus de prier chaque jour pour que Dieu vous envoie votre perle… C’est plus sûr que le coup de foudre…

Haut les cœurs dans l’abandon à la volonté de la Providence, sous le regard de Dieu et de sa sainte épouse.

Espérance Clément

Pour les petites étourdies …

Un petit truc tout simple, pour celles qui ne sont jamais certaines de ne pas avoir oublié :

– de débrancher le fer à repasser,

– d’avoir éteint sous la casserole,

– d’avoir fermé la porte à clé,

– d’avoir mis le poulet à cuire, etc …

On se retrouve en voiture, déjà loin, et la question tourne dans la tête …

Alors une chose toute simple à faire : vous débranchez votre fer en disant à haute voix, de manière bien timbrée :

 « je débranche mon fer « TARATATA » !

(A ne pas le faire en public au risque de passer pour une folle …) Le fait de rajouter un mot « tarabiscoté » (celui que vous souhaitez), vous permettra de mémoriser cet acte anodin mais essentiel.

Mais il y a mieux, c’est de sanctifier ces moments de mémorisation avec le saint du jour, par exemple cela donne :

 « je ferme ma porte à clé,

sainte Catherine, priez pour nous »

Il est essentiel de changer de mot fréquemment pour ne pas tomber dans la routine et  … oublier !Vous appréciez cette rubrique ? Vous trouvez ces astuces intéressantes ou vous en connaissez

« S’il te plaît … »

  A moins d’être doté d’un caractère plutôt assuré, le fait de « demander » nous rebute… Il y a les demandes normales : « J’aimerais que tu aides à mettre le couvert », d’autres plus contraignantes : « Acceptes-tu me conduire à la gare ? »…plus désagréables : « Pourrais-tu rincer le lavabo après ton brossage de dents ? »…plus pénibles : « Tu voudras bien me rendre ce livre que tu m’as emprunté il y a presqu’un an ? », ou même délicates : «  Vous serait-il possible de me faire crédit… ? »…

Et pourtant, dans notre vie spirituelle, la prière de demande est un acte normal. Que de choses, en effet, nous pouvons solliciter auprès du bon Dieu ! Nous nous permettons même d’insister en renouvelant nos demandes …au point d’enchaîner des neuvaines et de paraître bien capricieux ! Or cette demande plaît à Dieu qui nous voit faire acte d’humilité devant Lui pour obtenir, s’Il le juge bon pour nous, ce que l’on souhaite.

C’est exactement de cette façon que nous devrions procéder entre nous : avec humilité.

« Rien ne plaît tant à Dieu et aux hommes que la véritable humilité » nous dit Saint Jérôme. Pour être véritable, cette humilité doit être simple, vraie. On reconnaît souvent la sainteté d’une personne à son humilité, à sa simplicité…et cela est si agréable qu’en sa compagnie nous devenons simples et naturels à notre tour. Cela nous met à l’aise, contrairement à une personne compliquée qui mettra cinq minutes interminables à formuler sa requête et finira par horriblement nous gêner ! Faisons donc preuve de simplicité : si notre demande est juste et nécessaire…nul besoin de nous trouver des excuses à la faire, et de tourner autour avant de nous « jeter à l’eau » ! « Rien n’est pénible pour les humbles » affirme Saint Léon. Humilité, simplicité…

Faite avec gentillesse, notre demande aura un meilleur effet sur notre interlocuteur : « Chérie, je t’ai déjà demandé cinquante fois de fermer cette porte ! » n’aura rien à voir avec un petit « hum, hum… » accompagné d’un aimable sourire, tandis que votre épouse pressée, traverse la pièce au petit trot… ! De même qu’une demande positive : «  Tu veux bien te recoiffer un peu ?» ne produit pas le même effet psychologique qu’une phrase négative : «Tu ne pourrais pas être un peu plus soignée !  ». Faites-en l’expérience avec vos enfants et vous verrez comme ils contesteront beaucoup moins lorsque vous leur demanderez un service ! Bien sûr, il faudra prendre ensuite un ton plus ferme avec eux si cela fait déjà plusieurs fois que vous leur demandez la même chose sans obéissance …mais que vos demandes restent positives. Cela est également valable dans un cadre professionnel ou scolaire…. cela change tout de demander gentiment !

La plupart du temps nos demandes ainsi formulées seront exaucées. Ne soyons pas ennuyé de demander quoi que ce soit. Souvent nous n’aurons pas le choix de faire autrement…d’autres fois ce sera même un service à rendre à l’autre que de lui demander un service! A nos enfants, par exemple, il est indispensable de demander une participation à la vie de famille.

Quand on appartient à une société, et la famille en est une, chaque membre doit contribuer à son bon fonctionnement ; cela ne revient pas aux parents seuls. Certaines mamans sont parfois « gênées » de demander assistance ou participation à la vie de la maison mais, dans la mesure où cela reste raisonnable et qu’elles n’en abusent pas en se reposant trop sur leurs enfants, cela est juste et même nécessaire.

Qui dit prière, dit action de grâce ! Recevoir les grâces du bon Dieu n’est pas un dû, nous ne devons pas oublier de Le remercier avec humilité, là encore. Lorsque nous aurons accepté un service proposé par notre entourage, c’est avec reconnaissance, chaleur même quand il s’agit d’une grande aide, que nous le remercierons.

Merci, ce tout petit mot joyeux qui coûte si peu à dire et fait tant de bien à entendre ! A lui seul ce simple mot récompense de toutes les peines ; il répare au besoin la phrase un peu vive qui vous a échappée auparavant ; il équivaut à un sourire…et souvent il le provoque ; il rend heureux celui qui le dit… et celui à qui on l’adresse.

N’est-ce pas le propre d’un cœur vraiment généreux que de se montrer reconnaissant envers les autres du peu qu’ils essayent de faire pour lui ? Les ingrats sont souvent le reflet des cœurs égoïstes, des caractères médiocres, alors que la vertu de gratitude est la preuve d’un grand cœur !

Chers amis lecteurs, mettons de côté notre maudit amour-propre et faisons preuve de simplicité tant pour demander quelque service que ce soit, que pour exprimer notre gratitude. Usons d’un ton aimable et respectueux… vous savez bien, celui que l’on aimerait que l’on nous adressât à nous-mêmes !

Sophie de Ledinghen

La jument de Michao

https://open.spotify.com/search/results/La%20jument%20de%20Michao

Un air ancestral, du terroir, que l’on chante « comme cela nous chante », en le faisant durer plus ou moins longtemps. Excellent pour alterner des chœurs d’enfants et/ou d’adultes, ou composer un canon. Très entraînant. Il faut commencer lentement et accélérer le rythme.

(1) C’est dans dix ans je m’en irai
J’entends le loup et le renard chanter (bis)

J’entends le loup, le renard et la belette
J’entends le loup et le renard chanter (bis)

 (2) C’est dans neuf ans je m’en irai
La jument de Michao et son petit poulain

A passé dans le pré et mangé tout le foin (bis)

L’hiver viendra les gars, l’hiver viendra
La jument de Michao, elle s’en repentira (bis)

C’est dans huit ans, comme au (1)
C’est dans sept ans , comme au (2)

C’est dans six ans, comme au (1)
C’est dans cinq ans, comme au (2)

C’est dans quatre ans
C’est dans trois ans,
etc …

Don Quichotte

« La montée dans la nuit est la plus sûre pour rejoindre le Ciel, et c’est même la seule qui soit sûre ; mais il faut la gravir en chantant. »              (Père Calmel)

Comédie héroïque 1910 – Jules Massenet – Acte III –  https://open.spotify.com/search/results/Seigneur%2C%20re%C3%A7ois

Jules Massenet, né en 1842. Ses parents, très exigeants lui donnent pour règle de vie l’acharnement au travail. Son œuvre très prolifique (opéras, ballets, œuvres symphoniques) est d’essence romantique. Son Don Quichotte connaît un grand succès dès sa création. Cette œuvre est jouée dans le monde entier depuis lors.

Don Quichotte monte la garde. Les bandits apparaissent soudainement, et après un bref combat, font prisonnier le chevalier, tandis que Sancho parvient à s’échapper. Surpris par le mépris du vieil homme, les bandits lui donnent une raclée, avec l’intention de le tuer, mais la prière de Don Quichotte inspire la pitié du chef des bandits.

Don Quichotte (les mains jointes, loin de tout)
Seigneur, reçois mon âme, elle n’est pas méchante,
Et mon coeur est le coeur d’un fidèle chrétien.
Que ton oeil me soit doux et ta face indulgente!
Etant le chevalier du droit, je suis le tien.

Le Chef des brigands
Vraiment je crois rêver, voyant ta face pâle,
Tes grands traits émouvants d’où le divin s’exhale
Et tes yeux fulgurants de sublimes clartés!
Où vas-tu? Que veux-tu?

Don Quichotte   (fièrement)
Je suis le chevalier errant… et qui redresse
Les torts; un vagabond inondé de tendresse
Pour les mères en deuil, les gueux, les opprimés,
Pour tous ceux qui du sort ne furent pas aimés.
Je suis fou de soleil ardent, d’air pur, d’espace!
J’adore les enfants qui rient lorsque je passe,
Et ne déteste point les bandits, quand ils ont
De la force au jarret et de l’orgueil au front.

   (d’un effort il brise ses liens, puis dresse sa grande taille)
Et me voici debout, jouant un nouveau rôle,
Libre dans mon effort comme dans ma parole ;
Et je vous dis ceci, moi, le haut chevalier :
C’est qu’il faut à l’instant me rendre le collier
Pris au cou délicat d’une femme adorée.
Le joyau, lui, n’est rien, mais la cause est sacrée … Etc …

La littérature, lieu de rencontre. Se construire par la fréquentation des auteurs

« La lecture de tous les bons livres est comme une conversation avec les plus honnêtes gens des siècles passés »

René Descartes, Le discours de la méthode (1637)

            Pourquoi la littérature ? Pourquoi, depuis l’aube de la civilisation, ce besoin, plaisir pour beaucoup, de se plonger dans la parole héritée du passé?

            Car la littérature est avant tout une parole : parole travaillée, polie par l’art, étudiée pour porter au mieux et jusqu’au cœur de l’homme l’idée qu’elle exprime. Mais de parole, notre époque n’en retient qu’une : celle qui produit. Efficace, elle ne fait son retour dans les pédagogies et les compétences à maîtriser en université que pour assurer à l’élève ou à l’étudiant un pouvoir de conviction ; autrement dit, on ne lui voit d’utilité qu’en tant qu’outil (en tant qu’arme ?) pour assurer sa domination. L’avocat parle pour utiliser le droit à l’avantage de son client : parole souvent creuse bien qu’habile, dénuée de morale, fruit d’une justice qui a perdu son sens. Le commercial parle pour enrichir son entreprise : parole intéressée, restreinte aux choses matérielles, ne voyant l’homme que comme un rouage au sein d’une industrie. Le politicien parle pour séduire : parole mensongère, souvent terre-à-terre, faite d’apparences, de mots qui sonnent, orpheline d’une vraie pensée et ennemie de la véritable intelligence. Que dire encore ? La seule parole appréciée pour elle-même serait-elle celle du rire et des comédiens ? Ou bien la vénalité et la soumission aux poncifs idéologiques sont-ils parvenus à museler ce dernier rempart de l’homme contre la loi du plus fort, l’humour qui touche juste ?

Étrange paradoxe ! Notre siècle est bavard, verbeux, insupportable dans ses insipides logorrhées ! On nous sert de belles paroles, des discours et des mots, quand nous avons soif de sens, de conversations et de paroles belles. Radio, télévision, Internet, journaux, répandent dans nos cerveaux mille mots mal choisis, pleins de vide, abordant pour thèmes les plus élevés les dernières manifestations, les scandales de la scène et je ne sais quelle crise géopolitique incompréhensible au profane, mais dont, rassurez-vous, on nous livre aussitôt l’interprétation orthodoxe. Violence tyrannique à nos intelligences, et pourtant, il faut l’admettre, à laquelle on s’accoutume bien trop facilement.

            Que faire alors ? Comment assainir nos esprits et leur redonner goût à la belle pensée ? Comment prémunir nos enfants contre la laideur confortable des mots creux qui s’enflent ? C’est bien évident, me dira-t-on. Il faut lire, faire lire, et bien choisir les livres. Il faut mettre nos enfants dans les bonnes écoles, chasser les moyens modernes qui déversent dans la maison, la voiture et ailleurs leurs inépuisables insanités. Il faut s’assurer que personne ne soit en anémie intellectuelle et lui fournir le livre qu’il faut, qui lui plaira et saura l’enrichir.

Je suis bien aise de vous l’entendre dire ! Toutes ces résolutions sont justes, nécessaires et salutaires, et je ne vous ferai pas l’injure de tenter de vous en convaincre à nouveau. Mais j’aimerais réfléchir un peu plus loin avec vous, afin de découvrir les causes profondes de l’amour des lettres et leur effet sur la formation de la personnalité.

            Pourquoi la littérature ? me suis-je demandé. Pourquoi cet instinct, auquel nos générations semblent se soustraire, de reprendre pour soi les mots du passé ? Pourquoi ce désir, moins général mais constant, d’écrire à son tour ?

            C’est, me semble-t-il, que notre nature humaine nous y pousse. Sous la motion d’un désir inhérent à ce que nous sommes, nous recherchons la compagnie de nos semblables. Or que fait-on, lorsqu’on ouvre un livre ? On s’ouvre à la pensée d’un homme. Ceci n’est qu’un constat : l’homme possède, radicalement, fondamentalement, ce besoin de communiquer avec les autres hommes. Oh, mais pas seulement pour s’assurer la survie, loin de là ! Non, avant tout, l’homme sait instinctivement qu’il doit aller vers son semblable pour devenir homme lui-même, et se connaître en connaissant l’autre. Il va vers l’autre parce que toute perfection, tout bonheur, toi achèvement se fait avec l’autre, à l’occasion de l’autre. Quelle vertu y aurait-il sur terre si l’homme naissait et vivait solitaire ? Quelles qualités développerions-nous ? Songez-y, non sans trembler : quelle humanité (au sens de capacité pour chacun d’être pleinement homme) sera la nôtre, lorsque notre monde aura atteint le but ultime de son prétendu progrès, faisant de chaque individu un atome isolé, sans parents, sans famille, sans aucun rapport naturel à l’autre, complètement restreint à son plaisir égoïste ?

            Bien comprise, la littérature est une échappatoire à l’individualisme et au cercle restreint de nos fréquentations, qui ne peuvent pas toujours suffire à nous parfaire en tant qu’homme. Qui peut prétendre avoir autour de lui suffisamment de maîtres pour se passer des leçons des anciens ? Et quel manuel de cours peut oser dire qu’il nous apprendra mieux à goûter le tragique de la condition humaine qu’une pièce de Sophocle ? Bien plus que le savoir théorique, la littérature apporte une manière d’être, face aux questions qui importent ; elle nous fait sentir, parfois à coup de contre-exemples, la juste attitude des meilleurs tempéraments face aux passions, aux joies, aux peines, à soi-même, à la mort, à Dieu…

            Dans un livre, ces petits caractères imprimés sur la page sont autant de clés discrètes qui autorisent le miracle : entrer dans une âme en action, en réflexion, vivante. Beaucoup de philosophes ont ressenti l’angoisse de l’infranchissable fossé qui sépare deux individus, deux altérités irréconciliables. Mais leurs esprits se seraient bien vite tranquillisés s’ils avaient vu dans la littérature l’ouverture d’un esprit et d’un cœur à un autre. Les mots sont maladroits lorsqu’ils sont parlés. On s’embarrasse de tout cet appareil corporel qui parasite l’essentiel de nos échanges, et c’est souvent la déception qui teinte l’arrière-goût des conversations que nous rêvions faciles, profondes et lumineuses. Mais la parole écrite est maîtrisée par l’art. Elle cultive le mot juste, la traduction exacte d’une personnalité.

            Il est beau de songer, après nos plus ou moins pénibles scolarités, que nous pouvons encore aujourd’hui nous faire une idée du caractère d’un Molière, d’un Corneille, d’un Racine, non pas tant par les éléments de biographie qu’on nous aura fournis à leur sujet que par la couleur de leurs mots, le contour de leurs personnages, le geste de leur plume. Même sans parler d’eux-mêmes, les auteurs disent dans leurs écrits quelque chose de leur âme. Pensons à la fine gaieté de La Fontaine, à cet esprit souple et joyeux qui, se riant des vices et des lourdeurs des hommes, nous rend plus moraux sans froideur et plus lucides sur nous-mêmes. Rien d’emprunté dans les fables, rien de comparable aux sermons bien-pensants de nos pieux journalistes ou à l’humour gras des chroniqueurs sans vergogne. Rencontrer La Fontaine dans ses poèmes est déjà une richesse humaine, car on s’y prend de sympathie pour un type d’homme où prédomine l’intelligence fine, la clairvoyance sans amertume et la joie sans illusion. N’avons-nous pas besoin de redevenir de tels hommes ?

            On fréquentera par ailleurs avec profit des auteurs comme Corneille et Racine, tempéraments forgés par la grandeur de sentiment et la compassion aux états d’âmes du prochain. Les classiques, en général, offrent ce type de caractère équilibré, salubre et fort, qui manque tant à notre siècle de névrosés sentimentaux et médiocres. Il faudra être plus prudent avec certains auteurs romantiques et modernes ; facilement déséquilibrés, ils ne sont pas de bonnes fréquentations si le sens critique n’est déjà solidement ancré. Combien de jeunes n’a-t-on pas vu s’enticher sans discernement d’un auteur torturé et ténébreux à souhait, où ils croyaient percevoir l’essence même du génie ?

            En un mot, les auteurs peuvent être les parents, les frères et sœurs qui manquaient à la personnalité pour atteindre la note juste de l’homme accompli. Il est très beau de voir cette influence qu’un bon livre peut avoir à travers les siècles. Il est beau également de cultiver la littérature comme l’activité désintéressée par excellence, et donc éminemment éducative ; car tout ce qu’il y a de grand, de beau et d’humain ne se fonde que sur un certain détachement, une quête gratuite de perfection. En cela, la littérature est et restera toujours une résistance à la corruption du monde, une proclamation de la spiritualité de l’homme au milieu des marées du matérialisme.

Bastien Précoeur

Et se prosternant, ils l’adorèrent

Profitons de ce temps de Noël pour expliquer à nos enfants ce qu’est la prière d’adoration. A des tout-petits de 3 ou 4 ans, il est encore tôt pour « expliquer » ce mystère de l’Incarnation, mais c’est dès maintenant qu’il faut les en faire vivre :

Ce petit enfant couché sur la paille, c’est Jésus, le Fils de Dieu. Il est Dieu, le Roi du Ciel et de la terre…On prendra un air bien solennel pour montrer tout le respect que l’on doit avoir pour ce si petit Bébé. Quand les bergers sont entrés dans l’étable, qu’ont-ils fait d’abord ? Ils se sont mis à genoux devant l’Enfant Jésus pour l’adorer. Et quand les Rois Mages sont arrivés après leur long voyage, qu’ont-ils fait ? Ils virent l’Enfant avec Marie sa mère, et se prosternant, ils l’adorèrent. (Matth.2, 10).

Pourquoi les bergers et les Rois Mages se sont-ils mis à genoux devant le petit Jésus ? Parce qu’ils savent que ce tout petit Enfant, c’est le Fils de Dieu. Nous aussi, nous allons nous prosterner devant Jésus pour L’adorer, parce qu’il est Dieu. On ne peut adorer que Dieu ! (C’est pourquoi on n’emploie ce mot que pour Dieu seul…même pas pour le chocolat ou pour d’autres fantaisies !)

Et comme l’ange de Fatima l’a montré aux petits bergers Lucie, Jacinthe et François, à genoux, nous nous prosternerons la face contre terre. Après un petit temps de silence les enfants pourront répéter : « Jésus je vous adore de tout mon cœur, de toute mon âme. Je crois que vous êtes le Fils de Dieu et je Vous aime par-dessus tout. »

L’adoration est la première attitude de l’homme qui se reconnaît créature devant son Créateur. Les premiers chrétiens l’ont compris, eux qui sont morts par milliers par refus d’adorer idoles ou faux dieux. « L’adoration est le prosternement de l’esprit devant le Roi de gloire (Ps23, 9-10) et le silence respectueux face au Dieu toujours plus grand » (St Augustin).

Nous l’avons dit souvent : c’est en priant nous-mêmes que nous apprenons à nos enfants à prier. La toute première des prières n’est-elle pas l’adoration ? Si nous, parents, avons un sens profond de l’adoration, c’est tout naturellement que nous le transmettrons à nos enfants. A partir du moment où le bon Dieu voit nos efforts pour réellement Le mettre EN PREMIER dans notre vie et dans l’éducation de nos enfants, Il nous donnera toutes les grâces dont nous aurons besoin pour mener à bien cette grande et belle tâche : faire de nos enfants des adorateurs de Dieu !

Cette formation se fait dès les toutes premières années, en habituant le tout petit à vivre en présence de Dieu. Pour cela il suffit de se remettre en esprit devant Dieu, non seulement présent partout, mais aussi au-dedans de nous, et de se rappeler Son immensité, Son grand amour pour nous et Son secours dans tous nos besoins. On apprendra que l’on peut prier Dieu en tous lieux, et l’on admirera toutes ces belles choses qu’Il a créées tout autour de nous : les paysages les animaux, les fleurs…tout cela est l’occasion de faire monter  nos prières vers le Créateur.

 Quand on prie le bon Dieu, cela se fait dans le silence, mais on ne passe pas instantanément de l’agitation à l’immobilité. Prenons le temps nécessaire pour obtenir le calme qui apporte aussitôt détente et repos : l’âme devient alors disponible pour s’élever vers Dieu. N’oublions pas que la bonne tenue est aussi le « silence du corps », et gardons  le « silence des yeux »… quand on prie en famille, comme à la messe, on ne se retourne pas. Il y a là une discipline dont il faut donner progressivement l’habitude à l’enfant (à partir de 2ans et demi ou trois ans), pendant la prière, on « commande à son corps » de ne plus bouger, cela viendra progressivement. Pour cela il faut déjà  avoir donné au jeune enfant des habitudes de respect, de bonne tenue, de maîtrise de soi dans la vie quotidienne

Pendant la prière, et particulièrement la prière d’adoration, les gestes sont importants : signe de croix, génuflexion, savoir se gêner pour Dieu en restant bien à genoux et pas sur les talons. Quand on s’adresse à la Majesté de Dieu on se doit d’avoir une attitude respectueuse, un sens du sacré. C’est cette bonne tenue qui favorisera le recueillement et fera prendre conscience que c’est véritablement à Dieu que nous nous adressons.

Lorsque nous irons à l’église voir la crèche, nous irons d’abord devant le tabernacle prier Jésus, parce qu’au Tabernacle, Jésus est là, vivant. Cette visite à l’église pourra être l’occasion d’apprendre aux plus petits à bien faire une génuflexion, geste d’adoration et de respect.

Pour être solide, la piété doit s’appuyer sur ce mystère de l’Incarnation. Il faut imprimer fortement cette idée que l’Enfant Jésus est Dieu. Cet amour pour Jésus grandira quand l’enfant comprendra pourquoi Il est venu. Plus tard la Rédemption touchera à nouveau son cœur.

Vous verrez alors que vous n’aurez pas perdu votre temps car vous aurez donné à vos enfants le sens de la vie de l’Enfant-Dieu, et développé sa piété envers le Christ depuis le bois de la Crèche jusqu’au bois de la Croix.

SL

ACTUALITÉS CULTURELLES

  • Châteauneuf sur Loire (45) :

« Maurice Genevoix (1890-1980) un hymne à la vie » jusqu’au 28 janvier au Musée de la marine de Loire. Une invitation à redécouvrir la personnalité et l’œuvre de l’écrivain, enfant de Châteauneuf sur Loire. « Il mit au service de son œuvre sa prodigieuse mémoire, ses dons d’observation, sa sensibilité vive et sa langue raffinée « la plus pure, la plus française »…

  • Château de Chantilly (60) :

A partir du 23 février 2019, réouverture des appartements privés du duc et de la duchesse d’Aumale après presque deux ans de travaux de restauration de leur décor et mobilier. Il s’agit des seuls appartements princiers entièrement conservés en France.

  • Lyon (69) :

« Claude, un empereur au destin singulier (10 avant JC- 54 après JC) » jusqu’au 4 mars au Musée des Beaux-Arts.  Qui était l’empereur Claude, né à Lyon, et qui n’aurait jamais dû régner sur le vaste empire romain ?

  • Valloire (73) :

Du 15 au 18 janvier, et du 22 au 25 janvier, concours internationaux de sculptures sur glace. 50 sculpteurs du monde entier s’affrontent amicalement dans la neige.

  • Evian (74) :

« Légendes des pays du Nord » jusqu’au 17 février au Palais Lumière. L’enchantement des contes de Noël à travers des illustrations finlandaises.

  • Paris (XVe) :

Profitez des vacances scolaires pour une bonne sortie en famille au Salon de l’agriculture, du 23 février au 3 mars au Parc des Expositions, Porte de Versailles.

  • Rouen (76) :

« Pratiques du dessin du XVIe siècle à nos jours » jusqu’au 11 février au Musée des Beaux-Arts (exposition gratuite).

  • Fontainebleau (77) :

 « Louis Philippe à Fontainebleau- Le roi et l’histoire » jusqu’au 4 février au château de Fontainebleau seront exposées plus de 200 œuvres appartenant au château ou prêtées par des collections publiques ou privées.

  • Versailles (78) :

« Louis Philippe et Versailles » au château jusqu’au 3 février : une plongée dans le Versailles du XIXe siècle.

  • Castres (81) :

« Trésors de la cathédrale de Castres » jusqu’au 3 février vous pourrez admirer au Musée Goya les ornements et objets liturgiques provenant de la cathédrale et appartenant à la ville.

  • Avignon (84) :

« Triptyque de Venasque, renaissance d’un chef d’œuvre » jusqu’au 29 avril au Musée du Petit Palais. On le disait impossible à restaurer…venez le redécouvrir après 40 ans passés dans les réserves…

  • Rueil-Malmaison (92) :

« Meubles à secrets, secrets de meubles » jusqu’au 18 février au Musée National du château de Malmaison. A l’occasion de l’achèvement de la restauration (par l’Ecole Boulle) d’un secrétaire spectaculaire à secrets inédits, venez parcourir les pièces du Musée pour y découvrir tiroirs et cachettes dissimulés …

Le foyer, royaume de charité

De part le sacrement de mariage et les grâces reçues, nous régnons sur notre foyer ; or une reine n’est-elle pas responsable de l’atmosphère générale de son royaume ? N’est-ce pas nous, qui, en tant que cœur de la famille, devons donner le « la » de l’ambiance générale pour que chacun ait plaisir à s’y retrouver ?

Bien sûr une maman aura à cœur, même avec de petits moyens, de donner une âme à sa maison en y mettant sa touche féminine et en l’imprégnant d’une note chaleureuse. Naturellement elle mettra tout son talent de cuisinière en soignant particulièrement les bons petits plats qui feront plaisir à chacun le dimanche ou le jour du retour des plus grands… Mais si tout ceci est nécessaire, ce n’est pas suffisant… Penchons-nous aujourd’hui sur l’atmosphère profonde de la maison, cette ambiance saine et toute imprégnée de charité qui doit régner au cœur de la famille.

Notre rôle est ici primordial. Il demande un grand équilibre et quelques notions pour garder le cap afin que notre foyer rayonne de la vraie charité.

L’une des conditions pour bien donner est, nous vous l’avons déjà dit, d’avoir personnellement trouvé un équilibre spirituel et affectif. Seul le trop plein se  répandra alors autour de nous.

Se remplir pour donner

Le premier élément est bien entendu de déceler les dons reçus  et de savoir en être reconnaissant :

-vis-à-vis de Dieu qui nous a tout donné et dont le don est encore permanent. Est-ce que je suis consciente que tout vient de Dieu ? Est-ce que je lui rends les honneurs qui lui sont dus ? Apprenons à regarder en arrière pour remercier la Providence de ses multiples interventions qui nous ont guidées tout au long de notre chemin. Si parfois, dans l’instant, nous n’avons pas compris les voies de Dieu, souvent,  à posteriori, nous ne pourrons que rendre grâce !

-vis-à-vis de nos parents. Bien souvent on rencontre des personnes qui ont gardé des amertumes et des aigreurs par rapport à leur famille. Si l’on veut construire et donner en vérité, ne doit-on pas pardonner, voir les éléments positifs qui ont marqué notre vie et nous grandir sans nier les imperfections mais s’en servant de tremplin pour rebondir ? Avons-nous pensé à remercier nos parents pour tout ce qu’ils nous ont transmis ? Pour la vie et la foi qu’ils nous ont données ? Leur sommes-nous gré d’avoir été le maillon d’une grande chaîne et de nous avoir transmis notre histoire familiale ?

-vis-à-vis de la société, de nos maîtres, de nos prêtres,… savons-nous reconnaître tout le bien qui nous a été fait ?

On ne peut soi-même devenir un maillon positif de la chaîne  que si l’on reconnaît ce que l’on a reçu, si l’on pardonne les erreurs qui ont été faites et si l’on tire les conclusions qui nous permettront de mûrir et de pouvoir construire à notre tour !

Ne nous berçons pas d’illusions : nous avons tous vécu des événements plus ou moins difficiles dans notre vie, été victimes d’erreur de jugement ou d’orientation mais la perfection n’est pas de ce monde et si nous ne reproduisons pas les impairs qu’ont faits nos parents, nous en ferons certainement d’autres… Notre nature n’étant pas parfaite, c’est la loi, l’important est de ne pas garder et ruminer des souvenirs indéfiniment ! Savoir pardonner nous aidera alors à donner à notre tour !

Après ce travail sur nous-mêmes, il nous faut être vigilant pour conserver ou acquérir une stabilité harmonieuse à tous les niveaux : une maman épuisée, excédée et de mauvaise humeur n’aura plus qu’une toute petite flamme pour rayonner…

Attention, messieurs, c’est bien vous qui êtes responsables de l’équilibre de votre femme ; vous devez donc veiller sur elle : « Maris, aimez vos femmes, comme le Christ a aimé l’Eglise et s’est livré lui-même pour elle (…). C’est ainsi que les maris doivent aimer leurs femmes, comme leurs propres corps. Celui qui aime sa femme s’aime lui-même. Car jamais personne n’a haï sa propre chair ; mais il la nourrit et l’entoure de soins, comme fait le Christ pour l’Eglise[1]. » La femme doit trouver son « épanouissement » dans son foyer et non « malgré » ou « en dehors de » celui-ci. Par le don qu’elle fait d’elle-même à tous, elle reçoit en plénitude et peut alors transmettre la joie des enfants de Dieu.

Pour que la flamme rayonne en vérité, il faut donc :

– Avoir une vie spirituelle riche car c’est le seul moyen de transmettre l’amour de Dieu.

– Respecter un rythme naturel équilibré (Sommeil, nourriture, exercice physique…) en connaissant ses faiblesses et ses limites.

– Occuper sainement ses temps libres (après son devoir d’état) en pratiquant les œuvres de miséricorde, puis aussi en exerçant l’une ou l’autre de ses « passions » (lecture, histoire, enseignement, encadrement, tapisserie…)

c’est ce que Saint Thomas appelait la vertu d’eutrapélie[2].

– Ménager des moments privilégiés avec son époux pour écouter ce qu’il a à dire et prendre le recul nécessaire.

C’est alors que l’épouse pourra véritablement Rayonner !

Elle aura à cœur de transmettre à ses enfants les qualités familiales, l’histoire de leurs deux familles : il y a toujours une belle âme, un héros ou une histoire à raconter…

Elle saura voir le positif, et leur apprendre à toujours considérer « le verre à moitié plein », examiner ce qui va bien, apprendre à ses enfants à dire merci (l’ingratitude est un défaut qui fait tellement souffrir !). Elle les aidera à analyser les échecs pour en faire une progression.

Elle veillera à ce que chacun puisse s’exprimer et « raconter » à son tour et que tout le monde l’écoutera avec bienveillance. Elle maintiendra un climat de paix en bonne harmonie.

Elle sera très vigilante pour éliminer les ruminations toxiques qui empoisonnent les âmes, bannir l’esprit de critique systématique : ces médisances et calomnies qui déforment le cœur. Elle leur enseignera les vertus de bénignité et de bienveillance  en opposition avec la jalousie et les rancœurs. Elle apprendra à ses enfants à critiquer les actes (il le faut bien malheureusement…)  et non les personnes.

Elle leur enseignera à recevoir la reconnaissance des autres sans mièvrerie. Chacun doit savoir accepter un compliment pour un acte bien fait quand il est dû, sans fausse pudeur mais avec humilité et la maman prendra garde à ne pas nuire à la formation du cœur de son enfant en recherchant elle-même les compliments. Ceux-ci doivent être justes mais on ne doit pas s’appesantir dessus. Elle doit exiger que les réflexions déplacées sur la « beauté » de l’enfant ne soient pas entendues par la personne concernée… qui n’en tirera que vanité et dureté de cœur.

Son rôle est bien de forger des cœurs droits et purs sans jamais tomber dans le sentimentalisme mais en ayant toujours pour objectif de former des âmes pour le ciel.

Ainsi la charité règnera profondément au cœur du foyer.

Que Notre-Dame des Foyers ardents vous aide en ce début d’année à faire le point sur ce qui doit être amélioré pour que votre famille reste ou devienne un lieu de paix où chacun aime à venir se ressourcer.

Marguerite-Marie


[1] Saint Paul ; Epitre aux Ephésiens- (5-25)

[2] «il est contraire à la raison d’être un poids pour autrui, de n’offrir aucun agrément et d’empêcher son prochain de se réjouir … ceux qui refusent de se distraire, qui ne racontent jamais de plaisanteries et rebutent ceux qui en disent, ceux-là sont vicieux, pénibles et mal élevés» (IIa IIae, Q168, a 4)