Troisième Mystère Joyeux: La Nativité

Fruit du Mystère : l’esprit de pauvreté

« Elle enfanta son fils premier né, l’enveloppa de langes et le coucha dans une mangeoire parce que dans l’hôtellerie il n’y avait pas de place pour eux . »[1]

Ces mots évoquent avec une grande simplicité tous les Noëls de toutes les crèches du monde ; mais dépouillons-nous de tout le retentissement de tendresse qui nous touche et contemplons sa réalité : « Il n’y avait pas de place pour eux !… Ainsi donc, Ô Marie dans ce soir où vous arriviez à Bethléem pour exécuter l’ordre d’Hérode, fatiguée par cette route, personne n’a voulu de vous ! Saint Luc ne dit pas qu’il n’y avait plus de place « nulle part » mais bien qu’il n’y en avait plus « pour vous ». On connaît l’importance de chacun des mots de l’Evangile ! Cela aurait pu vous révolter, mais non, vous, Ô Marie vous ne pensiez pas ainsi, vous alliez le cœur en paix, car vous sentiez au-dessus de vous cette main paternelle de Dieu qui n’abandonne jamais !

Je suis sûre que vous avez tout de même pensé au petit berceau que Joseph, avait fabriqué avec tant d’amour de ses propres mains. Il y avait ces toutes petites choses avec lesquelles les mamans occupent les longs mois de l’attente : les couvertures de laine, les petits bonnets de dentelle brodés avec tant d’amour…  Vous aussi, vous aviez tout préparé, et voici que tout est inutile ! Vous n’avez pu emporter que quelques langes pour l’envelopper le plus chaudement possible, mais cette crèche, en plein vent… ni feu, ni eau ni rien de ce qui est nécessaire quand un enfant vient au monde ! Et lui qui avait une maison modeste mais si accueillante, c’est comme le plus dénué de tout qu’il veut faire son entrée dans ce monde.

Pourtant l’Eglise n’a pas choisi de mettre cet événement dans les mystères douloureux, mais dans les heures de joie. Oui, parce que vous serrez contre vous cet adorable Enfant-Dieu et dans la tendresse et l’adoration, vous écoutez les anges chanter autour de vous, vous êtes la plus comblée des créatures, parce que Dieu est là pour vous emplir de ses richesses !

Vierge Marie, faites que je regarde sans cesse vers vous et qu’une telle douceur pénètre en moi rien qu’à vous regarder si paisible et si rayonnante au sein de votre abandon ! Maintenant, pendant cette méditation, tout me semble facile, mais c’est tout à l’heure qu’il me faudra emporter cette dure et émouvante et féconde conviction du bienfait de la pauvreté, c’est quand je ferai la vaisselle, que je reprendrai ces poches déchirées et que je ferai mes comptes…

Vous qui avez compris, faites que je comprenne ce « Bienheureux les pauvres » que Jésus prêche déjà tout petit entre vos bras.

C’est que les biens que je crois posséder, ce sont souvent eux qui me possèdent et si je n’y prends pas garde, ils m’enserreront et m’étoufferont comme le lierre finit par étouffer l’arbre qu’il entoure ! C’est que ces biens risquent de me faire oublier ma vraie situation de voyageur en route vers son éternité, libre de marcher en chantant, sans retourner sans cesse la tête en arrière. Certes mon Dieu vous avez donné à l’homme des biens qu’il ne doit pas mépriser : ce coin de terre, cette maison au toit rouge qui évoque tant de souvenirs et qui semble même enrichir notre personnalité… mais comme vite ces biens là, si on n’y prend pas garde, deviennent des tentacules qui nous étouffent. Cette terrible passion de la possession dont on ne sait plus qui est le possesseur et le possédé et qui nous masque le merveilleux visage de la création, de nos frères et de Dieu. « Donne tout ce que tu as » conseille Jésus au jeune homme riche ; et lui qui préfère garder pour lui renonce à la joie : « Il devient triste » nous dit deux fois l’Evangile.

Cette joie de la pauvreté, je n’ai pas encore su la découvrir. Dans mes privations d’aujourd’hui, je ne vois pas luire le rayon de soleil des béatitudes. C’est que l’on peut avoir la pauvreté sans en avoir l’esprit. Manquer de tout n’est pas une vertu, sinon il y aurait beaucoup de gens vertueux dans le monde ! Le simple fait de désirer les biens dont je suis privée me ligote aussi bien que si je les avais. Comment pourrais-je vivre dans l’allégresse et la légèreté en allant tout droit vers Dieu si je suis lourde de toutes mes envies et que je vis dans l’amertume de tout ce que je n’ai pas ?

Vierge Marie obtenez-moi de me libérer de ce poids qui m’attache à la terre. Si je suis riche, que la richesse ne me retienne pas, et si je suis pauvre, que ce désir de richesse ne me soit pas un poids !

Je veux mettre mon cœur au-dessus de ces biens matériels, si périssables et si vite arrachés. Je veux avoir pour trésor l’amour de mes frères et l’amour de Dieu et y trouver la vraie joie que rien ne pourra me prendre : Là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur » ;

Vierge Marie donnez moi cette joie de Saint François d’Assise qui s’en allait par les routes, vêtu de bure si heureux qu’il était obligé de chanter pour soulager son cœur !

Dieu ne me demande pas de tout quitter effectivement. Je suis prise dans ma vie temporelle et je dois bien m’occuper de subvenir à mes besoins et à ceux de ma famille mais sans me préoccuper de ce qui peut manquer. Je dois faire comme les passereaux qui cherchent de quoi manger sans s’arrêter de chanter. Ce que j’ai aujourd’hui, mon Dieu, je vous en remercie. J’en userai pour soulager mes frères. J’aurai déjà cette première joie, celle de donner. Oh ! ces « pauvres » riches qui ont tant de choses et ne connaissent pas les plus précieuses joies de la vie !

Vous n’avez rien, Vierge Marie, dans cette étable, mais vous avez Jésus entre vos bras : n’est ce pas la plus émouvante des leçons ! Si mon cœur est rempli d’amertumes de ce que je n’ai pas, comment Dieu trouvera-t-il sa place ? « Dès que nous serons vides de nous-mêmes, Dieu nous remplira de Lui »[2]

C’est Dieu seul qui est la vraie richesse ! Vierge Marie aidez-moi à ne pas faire passer l’accessoire pour l’essentiel. Faites que chaque méditation de ce mystère fasse pénétrer en moi le sens de cette « pauvreté en esprit » qui me libérera de toute attache et me donnera le goût de Dieu qui est la seule richesse. Faites que je montre le visage joyeux d’un de vos enfants qui n’a peur de rien, et surtout pas de l’avenir, car « ceux qui cherchent le Seigneur ne seront privés d’aucun bien »[3].

D’après Paula Hoesl

[1][1] Saint Luc

[2] Saint Vincent de Paul

[3] Psaume 33

Avant d’aller dormir, sous les étoiles…

Rien de tel qu’une claire et chaude nuit de juillet pour faire découvrir à toute la famille les beautés du ciel. Ceci demande une petite étude préalable à partir de livres sur l’astronomie, ou une carte détaillée des astres qui permettra à chacun de retrouver l’étoile du Berger, la Grande Ourse, ou, selon votre situation, les constellations du Bouvier, du Lion, du Cygne, du Taureau, Cassiopée, Pégase, Orion…

Si vous avez une lunette astronomique, elle peut être très utile pour observer en détail les reliefs de la lune, ou essayer de compter précisément les étoiles : on peut en distinguer jusqu’à 2000 ! Si vous pensez poursuivre plus longtemps votre exploration des mystères insondables du système solaire, munissez-vous de tapis de sol sur lesquels vous serez plus confortablement installés pour regarder le ciel sans risquer de torticolis. Vous aurez ainsi tout loisir de vous abîmer dans une contemplation qui deviendra vite méditation.

Comment concevoir une telle immensité, qui n’est elle-même qu’une infime partie de l’infinité céleste, comment expliquer cette organisation si complexe, sans la main de Dieu ? Qui d’autre que Lui pourrait calculer la trajectoire et le mouvement des planètes, des météorites, des galaxies ? Comment ne pas se sentir tout petit face à cette majestueuse démonstration de sa toute-puissance ?

Et quelle gratitude nous devons avoir envers notre Créateur d’avoir agencé ce spectacle permanent à notre seule intention, de nous manifester ainsi quotidiennement l’étendue infinie de ses pouvoirs créateurs et de son amour pour nous !

Ce serait dommage de ne pas profiter pour un soir, de ce spectacle céleste auquel nous ne prêtons habituellement pas attention, et de le faire admirer aux enfants. Et si d’aventure une étoile filante passait, le vœu, ou plutôt la prière que nous pourrions former, serait de toujours garder un peu de l’admiration et de la plénitude de cette nuit étoilée au fond des yeux et de l’âme.

 

Les grands-parents, fédérateurs de la famille

 

L’unité familiale ; « qu’ils restent unis dans la vie » … que peut-on souhaiter de mieux !

 C’est elle qui, dans les coups durs rassemblera la famille au lieu de la disperser. On me dit que dans beaucoup de familles même les cercueils ne suffisent plus à créer l’unité ! Quelle terrible tristesse !

 Nous avons pourtant envie de parer l’unité familiale des mêmes vertus que la charité ! « Elle excuse tout, croit tout, espère tout, supporte tout ! » Bien entendu, dans ce cas, le « tout » doit demeurer subordonné à la vérité !

 C’est cette unité qui rend fort, qui permet de partager et maintenir nos convictions dans un monde difficile ! Il est naturel que les ménages prennent leur envol ! C’est nécessaire à leur épanouissement… Même si, dans le passé, les familles restaient groupées autour des anciens, cela n’est probablement plus possible aujourd’hui. Les contraintes professionnelles des uns, les goûts des autres, le besoin d’indépendance entraînent souvent un éloignement géographique de nos ménages… Cette séparation géographique est normalement compensée par les liens naturels du sang, l’affection, le souci les uns des autres et si c’est possible, la communauté de pensée. Il faut bien entendu cultiver ces liens naturels… mais il faut y ajouter ce que j’ose appeler de la « méthode ».

 L’unité ne se décrète pas.

Soit, grâce au charisme ou à la vertu de l’un ou l’autre, elle existe déjà spontanément, dans ce cas, il faut l’entretenir. Soit elle est distendue et il ne faut pas perdre une occasion de la créer ou de la resserrer.

Comment créer l’unité ? Vaste programme !

Ce rôle revient très naturellement aux grands parents qui sont le point commun entre tous leurs descendants. Parmi les multiples actions favorisant l’unité familiale, nous en citerons deux qui nous paraissent essentielles.

Les grands-parents seront d’abord le lien entre tous les ménages[1], ceux qui transmettent les nouvelles ! Avec discrétion bien sûr ! Les grands-parents sont aussi ceux à qui on peut confier des secrets ! Mais, dès qu’une nouvelle peut permettre de susciter la charité fraternelle, joie ou tristesse dans l’un ou l’autre des ménages : naissance, première communion, anniversaire, souci qui peut être diffusé : maladie, deuil, tristesse quelle qu’elle soit, intention de prière etc. la grand-mère ne doit pas hésiter à prendre son téléphone ou son « texto » pour diffuser les nouvelles à tous les enfants. La seule question à se poser avant sera de savoir si cette nouvelle est de nature à favoriser la vertu ou est nécessaire… Transmises avec délicatesse et accord au moins tacite des intéressés (on s’interdira absolument tout ce qui peut ressembler à de la médisance ou des potins inutiles… Les grands-mères restent des femmes !) ces nouvelles permettront à l’unité et l’harmonie familiale de se développer.

D’autre part, les grands-parents créent des événements. Ils sont souvent le centre des réunions de famille, anniversaires de mariage, première communion, anniversaire d’un petit … Leur présence doit réjouir les familles et les petits cadeaux qu’ils apportent ravir les heureux bénéficiaires. Ces événements seront d’ailleurs l’occasion pour les grands-mères, de raconter aux absents les heureux événements. A ces événements familiaux, les grands-parents peuvent ajouter des activités réunissant tout ou partie des enfants. J’ai connu une famille où les grands-parents organisaient occasionnellement des soirées au théâtre suivies d’un bon dîner chez l’un ou chez l’autre. Le Puy du fou, une visite intéressante, un pèlerinage familial sur la tombe d’un grand-père mort à la guerre sont autant d’activités unissant la famille dans un cadre qui élève. Plus prosaïquement, ce pourrait être un chantier en commun… pendant que les hommes tronçonnent, les enfants ramassent et les femmes préparent un bon déjeuner ! Que de souvenirs communs en perspective. Le côté matériel des choses donnant à chacun l’impression d’avoir participé à la construction de la famille ! Tout cela dans une bonne ambiance dans laquelle on comprendra avec complaisance l’absence du beau-frère peu manuel !

Les grands-parents doivent donc avoir un rôle important dans l’unité familiale. La transmission des nouvelles, les activités communes bien organisées sont des facteurs de cette qualité essentielle à toute bonne famille. Les circonstances matérielles conduiront à des solutions différentes (maison de famille, région touristique, proximité d’un lieu de pèlerinage…) Tout cela ne doit pas être laissé au hasard et c’est le génie des grands-parents de trouver les idées qui permettront naturellement aux familles de se regrouper, au moins en esprit.

Prions sainte Anne, patronne des grands-mères de nous aider à cultiver cette unité !

Des grands-parents

 

[1] Malgré l’irruption de multiples moyens de communication – qui peuvent être bien utilisés – au service de l’unité familiale (watt’s app, SMS…) et qui font parfois que tout monde est au courant avant les grands-parents, ceux-ci ne doivent pas renoncer à leur rôle fédérateur. La qualité de l’information, dans laquelle la bienveillance sera première, la distinguera du flot de nouvelles plus ou moins utile qui circulent …

Les devoirs du soir (suite)

Continuons les explications commencées dans notre dernier numéro, destinées à vous aider à prendre en main avec sérénité les devoirs du soir.

 Un cadre et des méthodes de travail:

Pour être bien accompli, le travail à la maison exige des conditions propices que la vie moderne rend difficiles, hélas, avec son bruit permanent, son stress, ses longs trajets en voiture. Cependant, il est possible d’organiser sa maison en foyer d’activité laborieuse : pour cela, il est nécessaire d’imposer aux enfants, dès le bas âge, des contraintes, un règlement précis et fixe où l’improvisation et le laisser-aller n’ont pas place. C’est la règle d’or : installer un rituel « devoirs du soir » avec heure, lieu et durée identiques chaque jour.

Etre présent et montrer de l’intérêt pour les études de nos enfants avec une curiosité affectueuse.

La présence de l’adulte est garante de l’organisation et offre un cadre sécurisant qui nourrit la confiance de l’enfant. Il doit l’aider à surmonter les difficultés, sans entraver son autonomie. L’adulte n’est pas là pour prendre la place mais pour « accompagner vers une prise d’autonomie ».

S’intéresser, c’est se rendre disponible pour redevenir enfant, (partager ses émotions, ses chagrins, ses joies, ses regrets), pour élever l’enfance à sa maturité. Les enfants sont encouragés par notre enthousiasme ; si nous vénérons le travail, comme une chose sanctifiante[1], si nous aimons ces minutes de labeur quotidien, nos enfants le sentiront et n’auront pas envie de s’en débarrasser le plus vite possible car ils le prendront à cœur. Cette disponibilité, cette attention rendront les études de nos enfants très fructueuses tant au point de vue scolaire qu’au point de vue psychologique.

Bien au courant des progrès de l’enfant, les parents pourront proposer une application pratique ; une recette de cuisine, des recherches de vocabulaire dans le dictionnaire en dehors des « devoirs » proprement dits, des visites qui compléteront les acquis scolaires et leur ouvriront d’autres horizons…

Organiser un horaire régulier :

Fixer l’heure du début du travail, le temps pour l’accomplir. Ainsi l’enfant acquerra l’habitude de travailler à heure fixe en quittant aussitôt ses autres occupations quand l’heure de l’étude arrive.

Il est important aussi  de fixer la durée du travail pour éviter le « vite-fait mal-fait » de celui qui va expédier son travail pour s’en débarrasser, mais aussi pour que l’enfant ne traîne pas et ne perde pas son temps en jeux et rêveries…il y a des enfants qui passent 3 ou 4 heures là où d’autres ont terminé en 1 heure ! Bien sûr, chaque enfant a son rythme de travail (il est nécessaire de laisser à l’enfant le temps de réfléchir en évitant le « dépêche-toi ») : l’usage d’un réveil peut s’avérer utile pour certains dès le CE2 : l’enfant apprend ainsi à s’auto discipliner et à « gérer le temps ».

Créer une atmosphère de travail faite de silence et de discipline :

Le silence seul permet à l’enfant de se concentrer sur ses devoirs. Il est nécessaire d’éloigner les petits bruyants ou agités afin de permettre aux grands de travailler dans le calme. L’enfant ne doit pas parler d’autre chose tout en travaillant parce qu’on ne peut pas faire deux choses à la fois. Certains enfants ne peuvent se concentrer dans l’agitation et le bruit.

Une discipline stricte : on ne se lève pas tant que le travail n’est pas achevé pour jouer, grignoter…On apprend d’abord les leçons puis on fait la lecture et les exercices ou la dictée sur une table aussi vide que possible (on peut y placer une image pieuse dont la vue encouragera l’enfant).

Porter une vigilance attentive :

Elle ne se substitue pas à l’enfant mais le responsabilise peu à peu afin qu’il devienne autonome en CM2.

C’est à l’enfant d’ouvrir son cartable, de présenter ses livres, ses cahiers… Si nous le faisons à sa place, nous le rendons passif et cette passivité tournera en habitude. Après son travail, l’enfant range lui-même ses cahiers et livres dans son cartable ; il vérifie son matériel, taille des crayons pour le lendemain : il forme ainsi sa volonté et son sens des responsabilités.

Il importe de guider le jeune enfant en s’assurant qu’il a compris puis de le laisser faire seul peu à peu pour le rendre autonome. Laisser réfléchir l’enfant : pratiquement, ne pas apporter les réponses aux problèmes, mais lui apprendre à se poser les bonnes questions pour avancer dans son raisonnement et y répondre seul. On peut lui poser quelques questions pour provoquer cette réflexion, mais si nous intervenons à la moindre demande, ou difficulté, il ne peut s’habituer à l’effort. Ce n’est pas en lui enlevant les obstacles qu’il apprendra à les franchir. Les obstacles sont toujours source d’apprentissage. Si l’enfant affirme ne pas comprendre, obligeons-le à relire et à réfléchir de nouveau en faisant appel aux directives de la maîtresse ; il arrive que les enfants ne soient pas attentifs en classe parce qu’ils savent qu’à la maison, leurs parents réexpliquent toujours tout, ou pensent pour eux. Il y a une paresse ou un moindre effort qui s’installe alors. Si les parents sont souvent obligés de réexpliquer, il est nécessaire d’alerter la maîtresse.

S’il y a une difficulté particulière, un rendez-vous avec l’institutrice sera le bienvenu. L’enfant doit sentir cette harmonie entre sa famille et l’école à ce sujet. Des conseils mutuels peuvent être échangés.

Surmonter les crises :
Certains soirs, l’étape des devoirs tourne à la crise : la nature volage et capricieuse des enfants prend le dessus. Il faut savoir fermer les livres, passer à autre chose pour y revenir plus tard ou le lendemain.

Dans ces difficultés, il faut savoir passer le relais à un autre adulte. Le simple changement de personne ramène parfois, comme par enchantement, l’ordre et le calme.

            Voilà donc des points bien précis à mettre en application. Je sais combien des parents consciencieux ont besoin d’exemples concrets et aiment à être guidés dans leur éducation. Nous verrons en détail, dans le prochain numéro, les manières pratiques de procéder pour vous aider dès la rentrée.

            A l’aube des vacances scolaires, permettez-moi de revenir sur le fait qu’il vous faut parvenir à donner le goût du travail à vos enfants.  Les devoirs de vacances seront l’occasion de montrer aux enfants votre joie de les aider à mieux comprendre certains points qui sont restés pour eux une énigme, de leur montrer les applications pratiques au quotidien des connaissances acquises. Sachez faire de ce travail exigé un bon moment et  que l’enfant  n’imagine pas que, pour vous aussi, c’est le pensum obligatoire que l’école aurait bien pu vous éviter…

            En attendant je vous souhaite de bonnes vacances, bien reposantes !

 Sophie de Lédinghen

[1] Remarquons que le travail est un châtiment dû à la faute de nos premiers parents. Avant le péché originel, Adam et Eve œuvraient mais ne travaillaient pas au sens strict car « le travail » n’avait alors aucun caractère pénible.

L’examen de conscience

 Bien souvent les parents sont démunis quand leurs enfants leur disent : « A quoi ça sert de se confesser, de toutes les façons je recommence toujours les mêmes péchés ? Je peux reprendre la même liste d’une fois sur l’autre. » Et les voilà avec leur liste qu’ils répètent avec application chaque mois.

Comment pouvons-nous faire pour les aider ? En effet il est très important de leur donner de bonnes habitudes pour ne pas courir le risque de les voir se décourager, perdre la conscience de la valeur de ce sacrement et pour finir l’abandonner à la première occasion ou n’en faire qu’une habitude pascale. Il est vrai que l’Eglise n’impose la confession qu’une fois dans l’année mais ne croyons pas que cela soit suffisant pour progresser dans l’intimité divine.

Nous vous proposons un petit moyen pour les aider.

Un exercice quotidien

Lors de la prière du soir, nous aurons soin de remercier Dieu pour les grâces reçues, pour les bonnes actions accomplies. En effet n’oublions pas ni l’un ni l’autre des aspects : l’honnêteté de la reconnaissance des bonnes actions et la honte du péché commis. Souvent nous avons  tendance à tomber dans un excès ou dans un autre.

Veillons à ce que cet examen soit réel et non pas une petite pause silence.

L’examen de conscience rapide sera suivi de la récitation de l’acte de contrition.

Dans « Mamans vers le ciel »[1], vous avez trouvé comment aider votre enfant à se rappeler des fautes de la journée. Nous allons vous donner ici une façon très concrète d’aider votre enfant à progresser. A vous de l’adapter selon le caractère de votre enfant car il ne faut pas heurter les personnalités. N’hésitez pas à demander au prêtre qui le connait l’opportunité de cette méthode.

La résolution

Apprenez–lui à prendre une ou deux résolutions après chaque confession. Celles-ci doivent être concrètes et applicables chaque jour. Le mieux serait même qu’il les confie au prêtre au confessionnal. Celui-ci pourra l’aider à mieux les choisir.

Elles devront être très précises : me lever dès que le réveil sonne, faire mon lit le matin, obéir dès que Papa ou Maman me donne un ordre, ne pas aller voir ma messagerie plus de deux fois par jour (s’ils sont concernés par cette tentation), lire quotidiennement une page d’un livre spirituel, etc… Il faut qu’on puisse dire facilement si oui ou non on a accompli cet effort. Naturellement il faudra accompagner ce choix en expliquant bien à chacun que ce n’est pas parce les deux cases ont été cochées dès le matin qu’on ne doit plus accomplir d’efforts dans la journée. Ce sont juste des petits moyens pour aider et soutenir l’élan vers le Bien.

Achetez pour chacun un petit carnet avec des feuilles détachables et montrez-lui comment faire le tableau suivant :

Mois de :  
     
   Résolution 1 Résolution 2
 Exemples :  Faire mon lit

Ou dire ma prière du matin

 Obéir au 1er appel pour le travail
1   x  0
2  0  x
3  0  x
4  x  x
5    
6    
7    
8    
9    
10    
11    
12    
… 31    

Puis sur la dernière page, il inscrira le péché de la journée ou éventuellement les péchés qu’il regrette le plus. Ce sera le petit bilan du soir. Le matin, il lui suffira de repenser à ces deux résolutions lors de la prière en demandant à Notre Dame de l’aider à être fidèle.

Cet examen journalier prendra 1 ou 2 minutes au maximum !

Et le jour de la confession bimensuelle ou mensuelle, il suffira de détacher le dernier feuillet et de s’accuser des péchés inscrits. De la sorte aucune faute importante n’aura été oubliée. La résolution sera évidente au vu du nombre de fois que le même péché aura été accusé ; et l’enfant n’aura pas l’impression d’avoir écrit une liste interminable dont il ne connaît plus l’intensité ni le nombre. Il pourra aussi rapidement faire un bilan des résolutions prises, au vu des cases cochées sur son tableau.

Ne croyez pas pour autant que la confession sera de moins bonne qualité : la contrition n’en sera que meilleure car les péchés inscrits étant les plus importants de la journée ils raviveront facilement quelque honte de les avoir commis et ne seront pas oubliés (le simple fait de les inscrire et de les relire nous marque).

Pour faire une bonne confession, quatre éléments sont indispensables :

  1. l’examen de conscience ;
  2. la douleur des péchés ou le regret de ses péchés (contrition) qui comporte la résolution sincère de les éviter à l’avenir.
  3. la confession, c’est l’accusation des péchés, au moins les péchés graves, à un prêtre approuvé, tenant la place de Dieu, d’où la nécessité de l’examen de conscience.
  4. la satisfaction ou pénitence, c’est la volonté d’accomplir la pénitence imposée par le prêtre en guise de réparation pour que l’absolution donnée par lui au nom de Jésus-Christ soit valide.

C’est bien souvent la contrition qui est le sentiment le plus difficile à obtenir. Le temps laissé libre ainsi par l’énumération déjà faite nous permettra d’exciter nos cœurs à ce sentiment ; la lecture de certains psaumes[2], des Litanies de l’Amour de Dieu ou d’une prière nous aidera.

On établira aussi, pour un meilleur progrès, un petit barème de pénitence que l’enfant s’imposera lui-même en cas de manquement. Par exemple se priver d’un bonbon, d’un chocolat, éventuellement d’un dessert, se laver à l’eau froide, etc… si on a manqué à sa résolution ; cela a pour effet de motiver encore davantage car le caractère humain est ainsi fait qu’il a besoin d’être excité pour progresser.

Quant aux progrès dans la vie spirituelle, on en voit vite les fruits car quelque soit la matière dans laquelle on progresse, Dieu voyant notre effort nous aide à avancer dans les autres vertus. En effet si vous tirez sur un doigt de votre main, c’est celle-ci toute entière qui va monter ; il en est ainsi pour les progrès de l’âme.

N’hésitez pas à essayer cette petite méthode, quitte à l’aménager selon le caractère scrupuleux on non de l’enfant mais aussi en rangeant les carnets hors de la chambre commune… L’important étant surtout que vous trouviez la bonne solution pour que chacun de vos enfants considère ce sacrement à sa juste valeur, avec les grâces qui en découlent et non plus comme une habitude ennuyeuse et répétitive. Vous l’aurez ainsi efficacement aidé pour sa vie spirituelle et il sera heureux de constater ses progrès. Or nous savons tous que l’accomplissement du devoir bien fait est un encouragement vers la perfection.

Bon courage à tous.

MT

[1] Collection des 6 volumes « Mamans vers le ciel » Edition du Sel

[2] Psaumes 32, 50, 51