El Grillo

« … Je viendrai, sous l’azur et la brume flottante,
Ivre du temps vivace et du jour retrouvé
Mon coeur se dressera comme le coq qui chante Insatiablement vers le soleil levé… »
Anna de Noailles – Le Verger (1901)

 


El Grillo


Josquin Lebloitte, dit Josquin des Près
(entre 1450 et 1455 à Beaurevoir ? – 1521 à Condé sur l’Escaut)
Picard, formé à l’école franco-flammande, c’est le plus célèbre des com-positeurs des débuts de la Renaissance. Considéré comme le premier grand maître dans le domaine de la polyphonie vocale des débuts de la Renaissance, Josquin sera au service de mécènes italiens (Sforza, le Duc de Ferrare) puis de Louis XII.


Chanson profane dans le genre des « frottoles » italiennes (forme poético musicale des débuts de la Renaissance), inspirée par le séjour de Josquin à Milan. Trois frottoles lui sont attribuées, dont la texture est plus simple que ses nombreuses chansons françaises polyphoniques (de trois à six voix).


El Grillo è buon cantore
Che tiene longo verso.
Dalle beve grillo canta.
Ma non fa como gli altri uccelli
Come li han cantata un poco,
Van de fatto in altro loco
Sempre el grillo sta pur saldo,
Quando la maggior el caldo
Alhor canta sol per amore.
El Grillo è buon cantore
Che tiene longo verso.
Dalle beve grillo canta.


Le grillon est un bon chanteur
Qui tient de longues notes
Il chante tout le temps.
Mais il n’est point comme les autres oiseaux
S’ils ont chanté un peu
Ailleurs ils s’en vont
Le grillon reste où il est
Et quand la chaleur est très accablante
Alors il ne chante que par amour
Le grillon est un bon chanteur
Qui tient de longues notes
Il chante tout le temps.


https://open.spotify.com/search/Desprez%3A%20El%20grillo%20%E2%80%A2%20Josquin%20des%20Prez%2C%20The%20Hilliard%20Ensemble%2C%20Paul%20Hillier

 

Ave Generosa

« Le chant nous vient des anges, et la source des concerts est dans le Ciel »
René de Chateaubriant – Le Génie du Christianisme

Ave Generosa
Pour ce mois de mai, en l’honneur de la Très Sainte Vierge, cet hymne composé par la bienheureuse abbesse Hildegarde de Bingen, compositrice allemande du XIIe siècle, aux multiples talents.
Cet « Ave Generosa » vous est ici proposé en premier choix dans sa version intégrale grégorienne, et en second choix, pour le premier couplet, dans une interprétation harmonisée par Ola Gjelo.

  1. Ave, Generosa, Gloriosa et intacta puella. Tu pupilla castitatis, Tu materia sanctitatis, Quae Deo placuit.
  2. Nam haec superna infusio in te fuit, Quod supernum Verbum
    in te carnem induit.
  3. Tu candidum lilium, Quod Deus ante omnem creaturam inspexit.
  4. O pulcherrima et dulcissima, Quam valde Deus in te delectabatur, Cum amplexionem caloris sui in te posuit, Ita quod Filius ejus de te lactatus est.
  5. Venter enim tuus gaudium habuit, Cum omnis celestis symphonia de te sonuit, Quia, Virgo, Filium Dei portasti, Ubi castitas tua in Deo claruit.
  6. Viscera tua gaudium habuerunt, Sicut gramen, super quod ros cadit, Cum ei viriditatem infudit, Ut et in te factum est, O Mater omnis gaudii.
  7. Nunc omnis Ecclesia in gaudio rutilet Ac in symphonia sonet Propter dulcissima Virginem Et laudabilem Mariam, Dei Genitricem.
  1. Salut, ô généreuse,
    Glorieuse, et Immaculée, Toi jeune et chaste, Nature de sainteté, qui as plu à Dieu.
  2. Car cette infusion d’En-Haut vint en toi,
    et en toi le Verbe a pris chair.
  3. Toi, le lys éclatant de blancheur que Dieu a regardé avant toute créature.
  4. Toi, la plus belle et la plus suave, combien Dieu s’est plu en toi lorsqu’en toi Il a placé l’étreinte de sa chaleur et qu’ainsi son Fils s’est nourri de ton lait !
  5. Car ton coeur jubila lorsque toute la symphonie céleste retentit pour toi, car, Vierge, tu as porté le Fils de Dieu et ta chasteté a resplendi en Dieu.
  6. Tes entrailles se sont réjouies comme l’herbe recevant la rosée qui lui infuse la verdeur : il en fut de même en toi, ô Mère de toute joie.
  7. Que toute l’Église à présent exulte de joie, et fasse retentir sa symphonie pour la Vierge très suave, Marie, digne de louange, Mère de Dieu.
    Ave generosa • Hildegard von Bingen, Oxford Camerata, Jeremy Summerly
    Ave Generosa • Ola Gjeilo, Westminster Williamson Voices, James Jordan

“Media vita in morte sumus”

Le chœur de Foyers Ardents

« … Mais, entre ces accords, à mon gré le plus doux, C’est l’air vague et plaintif, la sourde cantilène

Que les matelots grecs, hôtes fréquents chez nous, Chantent sur leur navire, assis vers la poulaine.

 Sans varier d’un son, d’où viens-tu, chant si vieux, Héritage flottant qu’un siècle à l’autre envoie ? Est-il vrai, matelots, que, parmi vos aïeux,

On le chantait aux jours de la guerre de Troie ?… Joseph Autran « Chanson du soir » Les poèmes de la Mer, 1859

 

Le « Media voce sumus » est sans doute d’origine byzantine, très ancienne. Cette antienne apparaît dans les textes du XIe siècle. Il est rapporté dans la vie de saint Thomas d’Aquin que ce dernier pleura un soir, lors de l’office des complies de Carême en l’entendant.

Saint Thomas d’Aquin ne souhaitant d’autre récompense que le Seigneur, a trouvé cette demande magnifiquement concrétisée dans le texte de cette antienne.

 

“Media vita in morte sumus”

 

Media vita in morte sumus ; quem quærimus adjutorem, nisi te, Domine ?

qui pro peccatis nostris juste irasceris.

Sancte Deus, Sancte fortis, Sancte misericors Salvator, amare morti ne tradas nos.

In te speravimus, patres nostris Speraverunt et liberasti eos.

Sancte Deus, Sancte fortis, Sancte misericors Salvator, amare morti ne tradas nos.

En cette vie nous cheminons à moitié dans la mort

Que cherchons-nous comme aide

Si ce n’est Vous, Seigneur ?

Vous qui Vous irritez justement pour nos péchés.

 

Dieu Saint, saint et fort

Saint miséricordieux Sauveur

Ne nous livrez pas à l’amère mort.

 

Nos pères ont placé leur espoir en Vous

Ils ont espéré et Vous les avez libérés.

 

Dieu Saint, saint et fort

Saint miséricordieux Sauveur

Ne nous livrez pas à l’amère mort.

 

 

Media vita in morte sumus • Chœur de l’abbaye de Saint-Wandrille de Fontenelle

Lully, Lulla, Lullay

Notre citation pour janvier et février :

« Ce que les musiciens appellent l’harmonie dans le chant, c’est la concorde de la cité. » 

 

Lully, Lulla, Lullay

Berceuse anglaise pour la fête des Saints Innocents

Chant traditionnel (the Coventry Carol – 1591), harmonisé par Philip Stopford.

 

Lully, Lulla (4)

By by, lully lullay

Lully, lulla, thou little tiny child

By by, lully lullay

 

Oh sisters, too

How may we do

For to preserve this day ?

This poor youngling

For whom we sing

By by, lully lullay

 

Refrain :

Lully, lulla, lully lulla,

By by, lully lullay

Lully, lulla thou little tiny child

By by, lully lullay.

 

Herod, the king in his raging

Charged he hath this day

His men of might

In his own sight

All young children to slay

(au refrain)

 

That woe is me

Poor child for thee !

And ever morn and day

For thy parting

Neither say nor sing

By by, lully lullay

(au refrain)

 

Dors (4)

Au revoir, dors, dors

Dors, dors, toi petit enfant

Au revoir, dors, dors.

 

Ô mes sœurs aussi

Comment allons-nous faire

Pour préserver ce jour

Ce pauvre enfant

Pour qui nous chantons ?

Au revoir, dors, dors.

 

Refrain :

Dors, dors, dors, dors

Au revoir, dors, dors

Dors, dors, toi petit enfant

Au revoir, dors, dors.

 

Hérode, le roi, dans sa colère

A chargé en ce jour

Ses hommes forts

Sous ses yeux

De tuer tous les jeunes enfants.

(au refrain)

 

Quel malheur pour moi

Pauvre enfant pour toi !

Et toujours matin et soir

Pour ta séparation

Je ne pourrai plus ni parler ni chanter

Au revoir, dors, dors.

(au refrain)

 

Te Deum

Notre citation pour novembre et décembre :

« Chanter ne peut guère valoir

 Si au-dedans du cœur ne se lève le chant ;

 Ni le chant ne peut du cœur s’élever

Si n’y réside l’amour pur. » 

Bernard de Ventadour

 

« Te Deum laudámus, te Dóminum confitémur.
Te ætérnum Patrem, omnis terra venerátur.
Tibi omnes ángeli, tibi cæli et univérsæ potestátes :
Tibi chérubim et séraphim incessábili voce proclámant :
Sanctus, Sanctus, Sanctus, Dóminus Deus Sábaoth.
Pleni sunt cæli et terra maiestátis glóriæ tuæ.
Te gloriósus apostolórum chorus, te prophetárum laudábilis númerus,
Te mártyrum candidátus laudat exércitus.
Te per orbem terrárum sancta confitétur Ecclésia,
Patrem imménsæ maiestátis ;
Venerándum tuum verum  et únicum Fílium ;
Sanctum quoque Paráclitum Spíritum.
Tu rex glóriæ, Christe.
Tu Patris sempitérnus es Fílius.
Tu, ad liberándum susceptúrus hóminem,
non horruísti Vírginis úterum.
Tu, devícto mortis acúleo, aperuísti credéntibus regna cælórum.
Tu ad déxteram Dei sedes, in glória Patris.
Iudex créderis esse ventúrus.
Te ergo quæsumus, tuis fámulis súbveni,
quos pretióso sánguine redemísti.
Ætérna fac cum sanctis tuis in glória numerári.
Salvum fac pópulum tuum,
Dómine, et bénedic hereditáti tuæ.
Et rege eos, et extólle illos usque in ætérnum.
Per síngulos dies benedícimus te ;
Et laudámus nomen tuum in sæculum,
Et in sæculum sæculi.
Dignáre, Dómine,
Die isto sine peccáto nos custodíre.
Miserére nostri, Dómine, miserére nostri.
Fiat misericórdia tua,
Dómine, super nos, quemádmodum sperávimus in te.
In te, Dómine, sperávi : non confúndar in æternum.»

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