Pierre de taille

Bing, Bing, Bing, les éclats de pierre volent sous le ciseau du tailleur. Les coups précis de l’artisan émondent doucement le beau calcaire blanc. Les angles se dessinent puis les formes plus complètes, volutes et arabesques apparaissent. Bing, Bing, Bang, le geste est sûr, les mains fermes sur l’outil mais le travail est lent, chaque coup de burin détache un petit morceau de pierre sans retour possible et doit donc être bien ajusté. Le tailleur a déjà à l’esprit la forme finale qu’il veut obtenir et les différents coups de marteau qu’il devra donner pour d’abord dégrossir puis affiner la pierre. La matière est dure mais ne lui résiste pas. La finesse et la précision de la taille lui permettront de l’encastrer dans la voûte gothique en réparation. Les angles sont complexes. Chaque pierre trouvera exactement sa place et le résultat devra être parfait, car il s’agit de restaurer la voûte de Notre-Dame de Paris. Cette autre pierre plus décorative permettra de restaurer un chapiteau abîmé par l’incendie. Elle est moins critique pour l’assemblage et la tenue du tout, mais plus complexe à tailler car les détails sont multiples. Elle servira non pas à faire tenir la voûte, mais sa beauté sera là pour louer Dieu et manifester l’amour des hommes.

  Chaque pierre est différente, aucune ne ressemble à l’autre, chacune a un rôle particulier et contribue à la grandeur, à la majesté et à la finesse de l’ensemble.

  N’en est-il pas de même de la vie des hommes ? Chaque âme est différente, a un rôle particulier que prévoit Dieu, l’artisan de nos vies qui, de toute éternité, voit l’œuvre accomplie dans son ensemble comme dans le détail. Tous, nous avons une mission sur terre pour contribuer à bâtir la cathédrale de la Chrétienté et aucune n’est identique. Seule, à l’état brut, notre existence n’a pas de sens. Façonnée par Dieu, orientée vers Lui, sanctifiée par la grâce, elle contribue à la beauté de l’œuvre de Dieu.

  Mais nous ne sommes pas des pierres et Dieu nous a laissé la liberté de correspondre volontairement à son œuvre, au plan qu’il a sur notre vie de toute éternité. Nous avons la capacité d’accepter ou non le plan de Dieu sur nos vies. Pour que nous puissions l’aimer réellement, Dieu nous a laissés libres de choisir de l’aimer. Mais à l’instar de la pierre, nous n’avons pas le plan de détail de nos vies, ni de l’ensemble de la cathédrale. Il nous faut dire « oui » à chaque coup de ciseau que la Providence nous envoie. Faire confiance à l’artisan. Dire « oui » sans cesse et ces « oui » permettront au plan de Dieu de s’accomplir et à notre vie d’atteindre sa fin. Nous serons ainsi à notre place, assignée par Dieu de toute éternité dans l’immensité de son Amour.

  N’est-ce pas cela accomplir sa vocation ? Accepter le plan de Dieu sur nos vies. Qui ne se manifeste, la plupart du temps, que par de petits ou de grands coups de burin. Voulons-nous rester une pierre indéterminée sur le bord du chemin mais indépendante, ou préférons-nous nous laisser modeler par le Bon Dieu et avoir le bonheur de contribuer au salut du monde et à la cathédrale de la Chrétienté ?

Antoine

 

A la croisée des chemins

Tu as vingt ans, tu penses que c’est le plus bel âge, âge des grands rêves et des promesses. Oui mais, c’est aussi l’âge des choix qui engageront ta vie. Aussi est-ce plus facile d’avoir trente ans car ces choix seront derrière toi.

           Alors comment vivre tes vingt ans ?

 

           Le bonheur est dans le pré, cours-y vite, cours-y vite…

  Le bonheur est dans le pré, cours-y vite, il va filer…

 

  Vas-tu suivre ces vers de Paul Fort en courant après des illusions, parce que le monde te dit que le bonheur est là à portée de main ? Mais quel bonheur nous offre-t-on si facilement ?

  Le bonheur facile, justement, c’est-à-dire celui qui s’offre sans effort, banalisé. Mais il passe bien vite car il n’est pas enraciné dans le temps, et le renoncement.

  Un bonheur sans lendemain qui risque fort de te rendre en fait bien malheureuse pour longtemps, car trop souvent, il prend sa source dans la légèreté quand ce n’est pas dans le péché…

  D’ailleurs le poème se conclut ainsi :

  Saute par-dessus la haie, cours-y vite, il a filé !

 

  Seras-tu vierge folle ou vierge sage ?

 

  Vierge folle qui attache du prix à ce qui brille, ce qui paraît, et se disperse de mille manières ?

  Qui rêve d’un mari parfait selon des critères humains, une belle apparence, une belle situation, un beau nom, ou un bel uniforme. Ou, plus subtilement, qui ne verra que les apparences de piété sans voir le fond de la nature et prendra pour de la modestie ce qui n’est que paresse et refus de faire fructifier ses talents.

  Qui va rêver de fuir peut-être un monde hostile au couvent sans voir que la vie de communauté a ses exigences et qu’il faut un grand réalisme et un grand équilibre affectif pour y rester sa vie durant.

 

  Connais-toi toi-même…

 

  Ton choix de travail et de vie doit se fonder sur une bonne connaissance de toi-même, sans illusions, sans rêves, avec humilité, ce qui ne veut pas dire pusillanimité.

  Apprends un vrai métier, il est loin le temps des dots où la jeune fille restait chez ses parents à attendre… Tu vis dans une époque qui a ses exigences, ne vis pas en arrière…

  Puis, pars sur le terrain à la rencontre de ceux qui ont besoin d’aide, autour de toi. Apprends à sortir de toi-même pour te tester, te mettre en situation et voir ce que tu vaux. Et demande aux aînés, à ceux qui ont ouvert la voie avant toi, de t’aider à te cerner. Ne crains pas les avis désintéressés, aimants car ils voient ton bien. Même s’ils font un peu mal, accepte-les de bon cœur et remercie d’avoir les yeux ouverts.

 

  Celui qui veut bâtir une tour, qu’il commence par s’asseoir et réfléchir

>>>

  >>> Forte, ensuite, de tes rencontres et expériences, réfléchis tranquillement aux opportunités qui se présentent pour savoir si elles te correspondent. Puis si cela est réalisable, renseigne-toi sur les moyens à prendre pour y arriver. Demande, là aussi, conseil et rencontre ceux qui peuvent t’éclairer plus précisément sur ce que tu envisages.

  Ne pense surtout pas que tu vas changer telle situation ou tel jeune homme auquel tu songes. Vivre dans le réel, sans illusions, est le gage de la réussite.

  Ne te précipite pas non plus, et prie pour demander à être éclairée. La retraite est alors un très bon moyen, voire « le moyen » d’y voir clair.

  Une fois que ton âme sera bien fortifiée, laisse toi enfin guider par les évènements que la Providence dirige pour toi…

  Alors sans erreur, tu prendras ton chemin, celui que Dieu t’a tracé.

                  Jeanne de Thuringe

 

La vocation de la femme

Chère Bertille,

            Tu viens de finir la première partie de tes études, tu as passé tes examens avec succès, bravo ! Tu arrives maintenant à la croisée des chemins. Jusqu’à aujourd’hui, tout te semblait tracé, tu as progressé petit à petit dans les différentes classes de la maternelle au lycée, les études supérieures ont suivi tout naturellement, et maintenant que se profile ta vie professionnelle, tu me fais part de ta volonté de faire une retraite spirituelle pour prendre le temps de réfléchir à ta vocation. C’est une excellente idée, je t’en félicite !

  Par cette lettre, permets-moi de te développer ma pensée au sujet de la vocation, pensée façonnée par ma petite expérience de la vie, et mes différentes lectures.

   Tout d’abord, le terme « vocation » vient du latin « vocare : appeler ». Cela signifie que l’on est appelé pour remplir une mission en vue d’un but bien précis. Pour nous qui sommes catholiques, nous savons bien que c’est Dieu qui nous appelle et que le but de notre vie sur la terre est le Ciel. Pour atteindre ce but, le Bon Dieu nous propose différents états de vie qui sont des moyens pour atteindre ce but. Ces derniers sont la vie maritale, la vie religieuse ou le célibat consacré à Dieu. Avant de me demander quel moyen le Bon Dieu veut que je prenne pour me sanctifier, il me semble important de répondre à la question de la vocation de la femme : quelle est ma vocation en tant que femme ? J’y répondrai en m’appuyant sur les écrits du père Jean Dominique : dans la Genèse il est dit : « Et Dieu créa l’homme à son image, Il l’a créé à l’image de Dieu, Il les créa homme et femme2. » « Dire que la femme fut créée, comme l’homme, à l’image de Dieu, c’est donc la voir toute orientée vers Dieu. La mission fondamentale de la femme est donc d’être tournée vers Dieu, d’être une fille de Dieu qui fait la joie de son père, d’être un miroir de Dieu pour la joie de Dieu. Le premier devoir qui est fait à la femme par l’Ecriture est donc celui de la sainteté et de la vie contemplative3. » . Le second devoir est la maternité : « Or celle-ci, qu’elle soit naturelle ou spirituelle, mobilise toutes les qualités de la mère pour la mission si haute de la transmission et du soin de la vie. Tout l’être de la femme y est comme aimanté par l’intérêt d’un autre, par le service d’une destinée qui la dépasse. La vocation à la maternité épanouit la femme en la consacrant à une fin qui lui est extérieure, son enfant. […] La vocation de la femme apparaît, de prime abord, comme un don >>> >>> de soi, parce qu’il est une œuvre d’amour4. » La vocation de la femme est donc double : une vie contemplative et la maternité.

   Maintenant vient la question des moyens. Quel est le moyen que le Bon Dieu souhaite que j’utilise pour atteindre le but, le Ciel ? Trois grands choix se présentent : la vie maritale, la vie religieuse, le célibat consacré à Dieu. Même si l’état de vie religieuse est plus parfait que l’état de vie maritale ou le célibat consacré à Dieu, si ce n’est pas le moyen que le Bon Dieu veut pour moi, il sera plus difficile de m’y sanctifier. Ces choix sont importants, il faut demander au Bon Dieu la grâce de discernement et la vertu de Prudence pour découvrir le plan de Dieu sur nous, puis les vertus de Force et de Persévérance pour prendre le moyen que le Bon Dieu nous donne dans sa grande miséricorde pour notre sanctification. Pour que ces vertus agissent, il faut une disposition de l’âme, la rendant attentive à la grâce et ayant l’habitude de faire silence pour écouter le Bon Dieu. Ainsi, cette étape de la vie où nous avons un choix important à faire se prépare depuis longtemps, depuis l’enfance. Cette préparation se fait par la réception fréquente des sacrements et par une habitude de vie, notamment pour préparer cette mission de la maternité tant naturelle que spirituelle : « la maternité ne laisse aucune place à la rêverie, au sentimentalisme et à l’égoïsme. Elle est un oubli de soi de tous les instants. C’est pourquoi la jeune fille fera bien de s’initier très tôt à cette loi de la générosité, en particulier par les œuvres de la miséricorde spirituelle (œuvre d’éducation, catéchisme, apostolat), et corporelle (soins des petits, des vieillards et des pauvres), et d’apprendre à y trouver sa joie5. »

   La vie religieuse, la vie maritale ou le célibat consacré à Dieu ne sont pas le but de la vie, ce sont des moyens que le Bon Dieu nous donne pour atteindre notre fin qui est le Ciel. Ce moyen, il faut savoir le choisir avec discernement. Une fois ce moyen identifié, il nous reste une longue route pour atteindre notre but car ces moyens peuvent prendre différents aspects : le célibat est un moyen d’accomplir sa vocation seulement s’il est consacré à Dieu, c’est-à-dire vécu comme un don de soi, une maternité spirituelle, il peut être temporaire (attente d’un mariage) ou définitif (décision prise soit très tôt dans la vie d’adulte, ce qui est rare mais possible dans les vocations particulières, soit, le plus souvent, plus tard, lorsque l’opportunité d’un mariage ne s’est pas présentée); la vie maritale peut être très différente d’un foyer à un autre : il est possible de ne pas avoir d’enfants, d’être mère d’une famille nombreuse, d’être veuve très tôt avec des enfants en bas âge, d’être une maman malade… ; quant à la vie religieuse, elle peut aussi prendre différents aspects : on peut être une religieuse contemplative et cloîtrée, consacrée à l’éducation des enfants, supérieure générale d’une congrégation, sœur tourière, ou fondatrice d’un nouveau couvent… Tant que nous gardons cette disposition de l’âme à être docile au Bon Dieu, nous sommes sûres d’accomplir notre vocation et d’atteindre le but qui est le Ciel.

   Voici, ma chère Bertille, le fruit de ma réflexion. J’espère qu’elle te sera bien utile et te permettra d’accomplir ta vocation de femme.   

                Anne

 

1 Le mot « vocation » est ici employé dans un sens large qui englobe toutes les formes de vie auxquelles Dieu nous appelle.

2 Genèse, I-27

3 Père Jean-Dominique, O.P., D’Eve à Marie, la mère chrétienne, éditions du Saint Nom, 2008, p 9-10

4 Père Jean-Dominique, O.P., D’Eve à Marie, la mère chrétienne, éditions du Saint Nom, 2008, p 11-12

5 Père Jean-Dominique, O.P., D’Eve à Marie, la mère chrétienne, éditions du Saint Nom, 2008, p 12

 

 

Grandir encore!

           Il est grand, beau, élancé, sa silhouette est bien faite. Bien ancré, ses racines sont profondes. Souple mais solide, il fait face aux grands vents et résiste aux tempêtes grâce à sa robustesse mais aussi grâce à ses semblables qui l’entourent et le tirent vers le haut où il trouve la lumière. Il a de l’envergure et met son monde à l’abri ; nombreux sont ceux qu’il protège. Encore dans la fleur de l’âge, il porte déjà du fruit et plus d’une graine prometteuse germe sous son regard !

  On parle de lui, un frémissement le parcourt, il semble incliner la tête mais reste impassible et serein. Le grand hêtre est là, planté dans les grands bois ! Du haut de ses vingt mètres, il peut nous enseigner. Mais quel est le secret de sa force tranquille ?

  Planté en terre fertile par des parents heureux, il a pris le temps de s’ancrer bien profond, il sait d’où il vient, jusqu’où vont ses racines. Qu’un illustre grand-père a servi dans la marine, transformé en un fameux galion sous Louis XIV, qu’un oncle par ailleurs a servi de maître autel. Ses profondes racines lui permettent maintenant d’aller puiser l’eau de la charité afin de protéger sous la fraîcheur de son ombre les plus faibles qui lui sont confiés.

  La tête la première, il monte toujours plus haut vers la recherche de la lumière de l’Amour Divin qui l’éclaire de son rayonnement bienfaisant et lui confère sa prestance. Sans ce soleil, il ne serait rien, il ne serait même pas né. Sa silhouette élancée semble indiquer d’un trait l’origine de la création.

  Mais tout cela est incomplet et en se rapprochant, des cicatrices apparaissent sur son gros tronc bien lisse. Elles nous livrent le secret de cette droiture. La taille, la taille de prime jeunesse, d’une éducation aimante mais exigeante et la taille plus tardive des épreuves et des évènements, des coups de vents de la vie qui ont coupé les rameaux en surplus car ils risquaient d’alourdir l’arbre, de l’épuiser et de l’empêcher d’atteindre la lumière. Ces tailles furent douloureuses, en témoignent la sève encore fraîche, mais à chaque fois, grâce à la lumière divine, à la pluie apaisante et à l’ouvrage du temps, l’arbre s’en est remis. Il a repris une nouvelle vigueur pour monter encore plus haut.

  Mais comment a-t-il atteint cette hauteur immense ? Un arbre seul au milieu d’un champ aurait-il pu grandir autant ? Regardez autour de lui, ses semblables ont grandi avec lui. Et dans une saine émulation, à la conquête de la lumière, ils sont montés tout droit s’aidant les uns les autres et se protégeant durant les tempêtes.

  De nombreuses faînes sont accrochées à ses branches et quand vient l’automne, il féconde la terre. Au printemps suivant, les graines ont germé et plein de petits hêtres grandissent sous son ombre protectrice. Quand sera venue l’heure, il s’effacera pour laisser sa place.

  Pour qui veut l’observer, la nature est pleine d’enseignement et d’inspiration. Saurons-nous comme le grand hêtre chercher la lumière Divine et grandir encore en louant Dieu ?

 

Antoine

 

En avant

           La vie est une marche en avant, puisqu’elle est mouvement. Personne n’a jamais pu remonter le temps, revenir en arrière et changer ce qui fut.

A chaque instant, nous sommes face à deux options : rester immobile, avec nos habitudes et certitudes, sans remise en cause de nous-mêmes, ou bien réfléchir et se poser la question du bien-fondé du comportement qui, spontanément, nous anime.

 

Si je lis le Saint Evangile pour me mettre à l’écoute de la parole divine, voici ce que je trouve :

 

Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous persécutent.

Or notre premier réflexe est de nous cabrer, de vouloir rendre le mal au nom de l’honneur (amour propre plutôt) ou de ressasser des mois, des années ce qui nous a blessés, sans chercher à pardonner et à effacer d’un sourire.

Effort de dépassement de notre susceptibilité.

 

Malmené, il n’ouvrait pas la bouche.

  Notre Seigneur, pleinement Dieu, auteur de la création, connaissant le secret des cœurs, vit dans l’Incarnation et la Passion, l’injustice, la contradiction, la calomnie, la trahison.

Cherche-t-il à se justifier, à triompher par la force et le raisonnement de ses ennemis, à se défendre ? Non bien sûr.

  Or nous voudrions toujours nous défendre, ulcérés d’être incompris et moqués ou calomniés au lieu de laisser cela au Seigneur.

  Ce n’est pas le modèle du divin Maître.

  Effort de dépassement de notre orgueil.             

 

Ne jugez pas et vous ne serez pas jugés.

Que savons-nous du secret des cœurs, de l’histoire et des blessures de chacun ? Des intentions, des bonnes volontés parfois maladroites et du chemin que Dieu a tracé pour chaque âme droite, à travers ses chutes et ses faiblesses.

Peut-être que celui que nous jugeons si sévèrement, sera avant nous dans le Royaume, et qui sait si nous y serons nous-mêmes ?…

  A force de vivre en lutte contre l’esprit du monde, nous finissons par développer une dureté de cœur et une méfiance envers chacun.

  Effort de dépassement de notre vue trop humaine.

 

Pleurez avec ceux qui pleurent, réjouissez-vous avec ceux qui se réjouissent.

Combien de fois restons nous campés sur nos égoïsmes sous prétexte de manque de temps pour ne pas écouter, ou rendre une visite qui soulagerait la peine sans même pouvoir faire autre chose.

Dans la joie, n’avons-nous pas, parfois, une secrète envie de ce qui va bien chez les autres, surtout si nous connaissons des difficultés, en même temps de notre côté. Notre cœur n’a pas alors la simplicité de la joie ou du bien qui se fait sans nous.

  Effort de dépassement de notre égocentrisme.

 

  Dans nos journées, si nous demandons la grâce de voir les évènements comme Dieu les voit, nous avons les moyens de ramer à contrecourant pour ne pas nous laisser emporter par ce qui ternit si vite la beauté de notre âme baptisée et purifiée à chaque confession.

  Alors, au lieu de nous plaindre et de maugréer, rendons grâce à Dieu de ce qu’Il permet pour nous lancer vers le Ciel et faisons feu de tout bois, nous souvenant que celui de la croix fut le préalable de la Résurrection.

  Forts de la foi en la parole divine, de l’espérance du Ciel et de la charité, lançons-nous

  En avant…

                  Jeanne de Thuringe