La douceur

Ma fille, laisse-Moi te rappeler ce qui, pendant des siècles, avant la révolution féministe

Faisait la qualité première de la femme

Que J’avais mise en elle dès la Création pour être l’aide de l’homme

Et dont bien des saints ont usé pour toucher les âmes,

La douceur

 Tu es soutien de l’homme comme de l’enfant, confiés selon ta vie

Par ta voix posée, ton regard souriant, tes gestes gracieux, l’élégance de ta mise,

Ton cœur enclin à comprendre la peine, à excuser sans complicité mais avec bonté,

A guider patiemment sachant attendre, à cause de

La douceur

 Sois consciente que tu es le « second » qui épaule, suggère et accompagne.

Celle qui est en dessous, soumise, pour porter et supporter,

Pour construire le cœur et l’âme,

Soutenant discrètement le monde, comme une pierre d’angle oubliée

Dans une mission magnifique, faisant grandir peu à peu vers Mon Père par

La douceur

Moi qui suis doux et humble de cœur, comme ma Mère

Je ne retrouve pas Celle qui m’a portée, qui par Sa compassion est co-rédemptrice,

Celle qui a consolé Saint Pierre repentant, et tant d’autres,

Dans les jeunes filles et les femmes se voulant désormais égales des hommes

L’occultant de sa place de meneur, de protecteur

En l’écrasant d’une ridicule arrogance, oubliant

La douceur

 Celle-ci n’est pas mièvrerie ni mollesse, et encore moins abdication de l’idéal.

Elle demande la force sur le long cours, bien souvent héroïque

Pour contrer le premier mouvement naturel et ainsi posséder ton âme,

Pour accepter humblement tes limites, tes faiblesses, et sans orgueil de tes dons.

Là seule est ta vraie place, gage d’une vie réussie sous Mon regard

Demande-Moi si tu ne l’as, la grâce de

La douceur

                                                                                                            Jeanne de Thuringe

Bonne Année!

 Chère Bertille,

Me permets-tu de te souhaiter une bonne année de manière originale ?

J’aimerais en effet faire miennes les paroles de Monsieur de Charette et te les adresser en guise de souhaits.

« Notre Patrie à nous, c’est nos villages, nos autels, nos tombeaux, tout ce que nos pères ont aimé devant nous. Notre Patrie, c’est notre Foi, notre Terre, notre Roi. Mais leur Patrie à eux, qu’est-ce que c’est ? Vous le comprenez-vous ? Ils veulent détruire les coutumes, l’ordre, la tradition.

Alors, qu’est-ce que cette Patrie narguante du passé, sans fidélité, sans amour ? Cette Patrie de billebaude et d’irréligion ? Beau discours, n’est-ce ? Pour eux, la Patrie semble n’être qu’une idée ; pour nous elle est une terre. Ils l’ont dans le cerveau ; nous, nous l’avons sous les pieds, c’est plus solide ! Et il est vieux comme le Diab’ leur monde qu’ils disent nouveau et qu’ils veulent fonder dans l’absence de Dieu… Vieux comme le Diab’… on nous dit que nous sommes les suppôts des vieilles superstitions…Faut rire ! Mais en face de ces démons qui renaissent de siècle en siècle, sommes une jeunesse, Messieurs ! Sommes la jeunesse de Dieu. La jeunesse de fidélité ! Et cette jeunesse veut préserver, pour elle et pour ses fils, la créance humaine, la liberté de l’homme intérieur. »

 Ce « Testament » de Monsieur de Charette est aussi actuel aujourd’hui qu’il ne l’était hier.

Dire que la situation présente est oppressante et désespérante est devenue un lieu commun. Peu cependant veulent bien admettre qu’elle n’est en fait que la suite logique du démembrement de la société catholique amorcée par la Révolution dite, française.

Les ennemis de Dieu devaient en effet tout d’abord concentrer leurs forces à détruire la patrie charnelle avant de mettre à mal la patrie spirituelle. Il fallait détruire les traditions humaines de nos pères, le Roi, la patrie, pour détruire la tradition divine de Notre Père et son Royaume sur terre, la Sainte Eglise Catholique et Romaine.

Cela semble à priori étrange me diras-tu. Pourtant, vois-tu, l’autel qui est le centre de l’église et sur lequel se réalise le sacrifice de Notre Seigneur repose traditionnellement sur un roc naturel.

 Il en est de même dans l’ordre spirituel : les vertus naturelles forment le socle sur lequel se tient l’autel de la foi. L’Eglise repose sur les patries charnelles qui La défendent.

La Révolution, en s’attaquant à la patrie, avait en vue d’abattre un jour l’Eglise privée de défense et de défenseurs.

Les coups de butoir de la Révolution française, ont en effet détruit les fondements naturels de la société et créé en lieu et place ce que Marcel de Corte appelle finement la dissociété.

La société dans laquelle nous vivons se meurt car le bien commun a fait place aux intérêts personnels. Il ne s’agit plus pour l’homme de rechercher un bonheur en cultivant les vertus et de vivre en harmonie avec ses semblables, mais d’acquérir du pouvoir au détriment des autres. Nous vivons sous le régime du capitalisme sauvage. Il ne s’agit plus, comme cela était le cas dans la cité antique, de bien vivre mais de survivre et de jouir. Nous sommes dans l’aire de l’individualisme effréné.

L’absence de vertus se fait douloureusement sentir aujourd’hui.

L’homme est désormais une machine qui consomme. Il a sur le monde de pauvres idées toutes arrêtées qui ne sont en fait que des stéréotypes. Ils lui ont été inculqués par des médias aux ordres qui l’étourdissent et opèrent une déshumanisation systématique.

Désormais avili, l’homme est réduit à l’état d’animal n’ayant d’autre centre d’intérêt que de satisfaire ses instincts. Il lui est devenu difficile de réfléchir tant il est conduit par ses sens exacerbés.

Recroquevillé sur lui-même, préoccupé avant tout de sa survie et de ses satisfactions éphémères, la patrie ne saurait être au mieux pour lui qu’une idée. Elle n’est plus une réalité charnelle.

Aussi la foi ne reposant plus sur un roc solide ne peut-elle s’incarner. Elle en est réduite à n’être qu’un sentiment qui repose sur une sincérité à géométrie variable.

Aussi les sociétés, tant civiles qu’ecclésiastiques, s’en vont-elles à vau-l’eau et chacun adopte peureusement la spiritualité du chien crevé au fil de l’eau.

Tu comprends désormais certainement mieux pourquoi j’ai voulu te souhaiter une bonne année en faisant miennes les paroles de Monsieur de Charette. En son français rugueux et inimitable, Il a magistralement tracé une ligne de crête que nous devons suivre.

Il est l’heure d’être les défenseurs de notre patrie en respectant les traditions et les coutumes de nos Pères. N’ayons nulle crainte d’aller à contre-courant, il s’agit de défendre notre héritage et de le transmettre.

 Il est l’heure de nous consacrer au service de l’Eglise en entourant nos prêtres qui en ont tant besoin et nous préparant, par nos choix  quotidiens, à devenir des épouses et des mères.

Ce que nous avons reçu compte plus que ce que nous croyons être.

Au-delà de nos personnes, il y a le bien commun naturel de la société et le bien commun surnaturel de la foi à défendre. La vie serait-elle neutre ? Ne faut-il pas au contraire choisir hardiment ?

Etre « la jeunesse de Dieu, vivre de liberté intérieure », n’est-ce point s’engager dans cette double défense au mépris de nos aises et de nos avantages, en luttant contre l’esprit bourgeois qui nous guette et nous gangrène des miasmes de son libéralisme ?

Faisons nôtre l’esprit d’un Charette.

Placées en sentinelles sur la dentelle du rempart, soyons prêtes à défendre notre héritage sacré.

« Sommes la jeunesse de Dieu Bertille ! ».

L’être vraiment, tel est mon souhait pour cette nouvelle année qui commence. L’année sera belle alors, non sans souffrances. Mais toujours, nous savons que là-haut nous avons une Maman qui veille sur nous et nous entraîne sur le chemin du ciel ; alors gardons confiance !

 Foin de tristesse Bertille ! Le combat qui nous attend est beau. « Faut rire ! »

Je t’embrasse bien affectueusement.

 AZILIZ

Quelques pistes au sujet des fiançailles

 Chère Bertille,

 Lors de ma dernière lettre nous étions tombées d’accord pour affirmer que, dans le domaine de l’amour, l’intelligence doit avoir la première place.

Fort bien.

Mais il serait dangereux et vain de nous contenter d’affirmer cette lapalissade : qui en effet oserait prétendre l’inverse ? Nul ne peut aimer s’il ne connait au préalable.

Il nous faut donc concrètement nous imposer des règles claires et simples afin d‘éviter que, subrepticement mais très efficacement, le cœur ne vienne doubler l’intelligence. Tu devines que nous sommes là en présence d’un combat incessant car les désirs du cœur ne rendent pas les armes facilement.

Ce combat requiert que nous ordonnions nos vies selon des principes simples.

Ainsi, lors de tes fiançailles, mets Dieu à la première place en fréquentant plus assidûment les sacrements, en soignant ta vie de prière et faisant tout particulièrement attention à être fidèle à l’oraison  et à ta vie de sacrifice; n’oublie pas aussi qu’une direction spirituelle paternelle et ferme s’avère alors bien nécessaire. Il va sans dire que si tu peux suivre une retraite, tu en retireras un bénéfice certain.

Privilégie ensuite ta famille et sois fidèle à bien remplir tes devoirs envers tes parents à la maison. Combien de jeunes fiancées sous prétexte d’être amoureuses, négligent leurs parents, leur famille et leurs études ! Elles ne vivent plus qu’en fonction de la personne qu’elles prétendent aimer!

A ce propos, note qu’il est de première importance que nos parents soient les premiers à connaître l’attrait qui nous incline vers quelqu’un. Mieux que quiconque, ils sauront nous guider et leurs prières nous seront d’un grand secours pour nous aider prendre notre décision dans cette période délicate et essentielle.

Vient alors le temps de faire connaissance de cette personne vers laquelle ton cœur t’entraîne. Parce que tu auras respecté ces réalités sacrées que sont Dieu et la famille, tu seras en mesure de le connaître.

Comme Dieu sera à la première place dans ta vie, Il présidera à vos entretiens. Tu découvriras, je l’espère, combien il est bon de prier ensemble et de prier l’un pour l’autre. Cette union dans la prière est la pierre d’angle sur laquelle votre maison reposera toute entière.

Concrètement, le mieux est de le rencontrer dans le cadre de vos familles. La question de la similitude des milieux est de toute première importance et ne peut jamais être négligée si tu ne veux t’éviter des réveils douloureux.

Prends le temps de le rencontrer, il y a tant à découvrir sur son métier, ses passions et ses aspirations, mais respecte toujours des horaires bien définis pour ne pas laisser place au vague à l’âme et aux épanchements sentimentaux qui sont des tentatives du cœur de reprendre la main. Veille surtout à ce que ces rencontres ne se déroulent pas à des heures tardives et tâche qu’elles se passent au vu et au su de tous.

Il y a une époque pas si lointaine –et pas si idiote après tout! – où les jeunes fiancés ne se voyaient qu’en présence d’une tierce personne que l’on nommait alors le « chaperon ». Si cette époque est révolue, la prudence qui la dictait reste, elle, de saison et les réunions d’amis ou les lieux publics le remplacent avantageusement.

Se voir dans un cercle d’amis permet non seulement d’enlever toute ambiguïté à la rencontre mais nous donne de se connaître en société.

Note par ailleurs que, dans cette période un peu émouvante, le temps que nous consacrons à nos amis est primordial. Leur affection sait nous protéger de nous-même et de cette passion naissante et enivrante. Malheureusement trop souvent les fiancés ne voient plus guère leurs amis tant ils sont tournés exclusivement sur eux-mêmes.

Cette exclusivité est malsaine et elle est un danger trop commun pour ne pas le souligner. Elle est fort regrettable et peut tuer dans l’œuf un amour naissant. L’amour qui ne rayonne pas n’est pas en effet un amour mais une recherche égoïste de soi qui se pare de ses oripeaux. Ces fiancés se mentent en prétendant aimer l’autre alors qu’ils poursuivent leur propre satisfaction.

Souviens-toi enfin que tu es gardienne de l’âme de ton fiancé. Garde une distance respectueuse et fais particulièrement attention à ta tenue. Il n’est pas rare de voir de jeunes fiancés se laisser aller en public, créant ainsi un malaise chez ceux qui les entourent mais aussi et surtout au plus profond de leurs âmes puisqu’à ce moment-là l’intelligence rend les armes.

N’oublie pas que l’homme est un être sensible et qu’il te revient la noble tâche de le protéger contre lui-même ; aussi veilleras-tu à soigner ta tenue vestimentaire qui doit l’aider à s’élever vers le haut.

Les vêtements que tu porteras seront en effet un bouclier pour sa pureté. S’il faut toujours être modeste, cette période de la vie requiert encore plus de délicatesse.

Enfin, si tu me permets un dernier conseil dans cette liste déjà bien chargée, évite tout ce qui est communication rapide tels les sms et autres emails. Prends le temps de réfléchir et d’écrire une lettre.  Les moyens de communications modernes te placent dans une espèce d‘orbite et tu rentres alors dans une spirale infernale où les sens règnent en maître et risquent de t’aveugler.

Mais ne t’inquiète pas, nous prendrons le temps de revenir sur ces deux derniers sujets…ainsi que sur tout autre qui te paraît digne d’être développé. Aussi n’hésite pas à me le faire savoir dans ta prochaine lettre.

Bien affectueusement,

Aziliz

Celle du dehors, celle du dedans

Mon enfant, il y a souvent deux jeunes filles en toi, au lieu d’une, mais Moi ton Créateur,

Je t’ai conçue dans l’unité.

Il y a celle du dedans et celle du dehors, celle à laquelle J’ai pensé de toute éternité, celle que J’ai choisie et dont J’ai voulu l’existence avec sa famille et toutes ses circonstances.

Même si son âme est bien abîmée, même si elle ne connaît pas bien sa route, entre celle du dedans et celle dehors, c’est celle du dedans que Je préfère, celle pour laquelle J’ai souffert et J’offre mon sacrifice jusqu’à la fin des temps.

Entre les deux c’est celle du dedans que Je choisis.

Celle du dehors, c’est celle des selfies, des réseaux sociaux, des écrans, des excès, des vantardises, du paraître, qui se laisse étourdir par ce monde séducteur et trompeur.

Celle qui se grise d’amitiés, d’actions, de fuite d’elle-même, se pensant indispensable,

Qui se brûle les ailes sans écouter les conseils des anciens,

Elle joue un rôle qui lui va mal, et en souffre, Je l’aime mais elle Me fait souffrir, et

Entre les deux, c’est celle du dedans que je choisis.

Celle du dedans peut parfois être triste, découragée, se voir tomber et retomber

Ne pas vouloir se regarder en face, par peur de ne pas correspondre à l’image que celle du dehors veut lui imposer, parfaite, sans aspérités ni faiblesses,

Image de la parfaite réussite, parfois même de la si bonne catholique.

Mais celle du dedans accepte-t-elle avec simplicité ce qu’elle est

Sans faux-semblant, avec humilité ?

Entre les deux, même bien imparfaite c’est celle du dedans que je choisis.

Celle du dehors sera changeante selon les lieux, les circonstances, les groupes et la maison, différente jusqu’à ne plus savoir qui elle est vraiment,

Caméléon cherchant à être sans y arriver.

Je verrai son âme triste car cette pluralité, n’a jamais donné la paix.

Paix de dire oui quand c’est oui, de dire non quand c’est non,

Etre simple et transparente, ne vouloir agir que sous un regard d’amour, le Mien.

Comme elle est, non comme elle voudrait être, voilà pourquoi

Entre les deux, même bien imparfaite c’est celle du dedans que je choisis

 

Pour retrouver l’unité de celle du dehors et de celle du dedans,

Le remède c’est la prière, la simplicité et la confiance envers les aînés, l’ouverture de ton cœur à Mes prêtres, et aux amis aînés, sans crainte, te sachant aimée de Moi comme tu es,

Me voir toujours, comme un Ami présent qui ne juge pas mais accompagne et comble déjà d’un bonheur ici-bas bien plus grand que tu ne penses.

Car Mon Royaume c’est la paix intérieure et cette grâce que Je veux te donner, fera que tu ne te diviseras plus, alors

Je me réjouirai dans ton unité retrouvée de celle du dehors et celle du dedans.

 

                                                                                                          Jeanne de Thuringe.

Ah les filles !

« Les jeunes filles sont l’image précieuse de notre mère lorsqu’elle avait notre âge… Plus tard lorsque tu auras mûri, tu découvriras parmi elles ta femme de demain. Aujourd’hui, considères-les tout simplement comme de franches compagnes »

Ces quelques mots de Guy de Larigaudie me semblent bien résumer la façon dont nous devons nous comporter avec nos amies les jeunes filles, ces êtres mystérieux, parfois étonnants et souvent surprenants avec qui nous ne savons jamais sur quel pied danser.

Choisis tes amies, ne t’attarde pas sur celles qui te semblent un danger pour ta pureté ou pour ton âme ; celles qui sont simples et sans arrières pensées, les « franches compagnes » te seront des alliées sûres sur ton chemin vers la perfection. Mais surtout garde ton cœur et ne laisse pas paraître de sentiments autres que celui de l’amitié. Voilà le plus difficile : rester courtois et galant sans qu’elles te croient amoureux tient parfois de l’équilibrisme, mais nos amies, qui sont douées d’un sixième sens, percevront très vite la nuance et resteront simples si tu es simple et clair avec elles.

Garde ton cœur et apprend à apprécier et à évaluer les qualités féminines, car certaines, que tu trouveras magnifiques au début sont en fait le propre des femmes, mais d’autres plus rares ne seront peut être le fait que de celle que tu choisiras.

Quoi qu’il en soit, observe le mystère que Dieu a déposé dans le cœur de nos compagnes mais reste simple et ne te fais pas de nœuds au cerveau.

Tant que tu n’as pas de métier te permettant de pouvoir envisager de faire vivre une famille, attends et ne te livre pas, cela te permettra de mûrir tout doucement au contact de celles que le Bon Dieu aura mis sur ton chemin, et de laisser la Providence te guider tout doucement vers celle qui sera un jour peut être ta femme. En attendant, prie pour elle et pour toi, pour garder ta pureté, pour être un jour digne d’elle. Côtoie le plus souvent de bons amis, cela remet toujours les idées en place et permet de s’extraire du climat parfois compliqué qui peut exister dans les groupes d’amis mixtes si certains y ont trop d’arrières pensées.

En un mot, fais confiance à la Providence, sois patient et ne brûle pas ton cœur aux flammèches des amourettes enfantines.

Bon vent camarade !

Charles

 

Le cœur a ses raisons

 

Ma chère Bertille,

Tu m’as confié que des sentiments contradictoires agitent ton cœur dernièrement  et que, sans coup férir, tu passes de la joie intense à la tristesse soudaine. Tu m’écrivais que tu as bien conscience que ces mouvements brusques et contradictoires sont dus aux nombreuses interrogations qui s’entrechoquent dans ton âme lorsque tu penses à ton avenir et que tu envisages ta possible vie future comme épouse et mère.

Tu te demandes si tu pourras un jour connaître la joie d’aimer et d’être aimée, alors que tu ressens déjà profondément dans tout ton être les appels joyeux à la maternité.

Ces interrogations sont bien légitimes et ne devraient pas prêter le flanc à l’inquiétude, mais tel un mauvais lierre qui s’agrippe à l’arbre et le vide de sa sève, des questions lancinantes tournent en boucle dans ton âme. Elles t’entraînent dans une spirale malsaine et t’empêchent de regarder paisiblement l’avenir qui s’ouvre devant toi. En un mot, elles t’enferment et t’asphyxient.

Tu m’écrivais que tu ne pouvais en effet t’empêcher de te demander constamment si tu rencontreras un jour un homme qui saura t’aimer et t’apporter la sécurité à laquelle tu aspires. Et puis, tu t’interroges pour savoir si tu sauras le comprendre et le rendre heureux ; les garçons te semblent parfois si difficiles à cerner. Tu aimerais savoir comment être sûre que vous serez faits l’un pour l’autre. Et de manière plus générale, tu en viens à te demander si aimer n’est pas un leurre ou tout simplement un mensonge !

Dans nos prochains échanges, je me propose de jeter sur le papier quelques considérations sur cette belle et noble réalité qu’est l’amour souvent mal comprise, parfois déformée voire même profanée.

Aussi grâce au rythme lent de la plume allons-nous aborder ces questions essentielles, tâchant d’y mettre un peu d’ordre. Dans un premier temps, afin d’éviter de nous éparpiller, j’aimerais fixer le cadre de notre promenade épistolaire en me contentant de dessiner le pourtour de cette vaste question de l’amour. Question essentielle qui touche tant de domaines variés qu’il est aisé de s’égarer dans ces dédales où les questions du rôle de l’attirance, des sentiments, de la volonté et de la grâce s’enchevêtrent comme à plaisir. Nous reviendrons sur chaque d’entre elles, car toutes méritent un développement.

Pour l’heure, et de façon volontairement un peu schématique, j’aimerais t’exposer comment je compte procéder. Permets-moi donc de te faire parvenir l’ébauche de mon plan que je modifierai au gré de tes remarques afin que nous cheminions de concert.

  1. L’homme est créé pour aimer. Mais parce qu’il est composé de chair et d’esprit, il doit faire effort pour unifier attirance, sentiments et volonté qui tirent chacun dans un sens bien différent. De plus, l’amour est une réalité complexe qui demande à être analysée afin de savoir de quoi nous parlons vraiment. Faute de faire ces distinctions nécessaires, beaucoup se trompent sur la nature même de l’amour et se brûlent les ailes.

2 .Peut-on parler vraiment d’amour lorsqu’il n’y a qu’une attirance ? N’est-ce pas réduire l’amour à un vil intérêt personnel ?

  1. Il semble évident qu’amour et égoïsme ne font pas bonne pair. Comment se fait-il alors que souvent l’amour passionné fasse tomber l’homme dans un égoïsme éhonté ? Nous toucherons là à la question du plaisir qui se revêt des oripeaux de l’amour.
  2. L’amour est-il un mouvement de la volonté, le fruit d’un choix conscient ou une passion plus forte qui nous entraîne et nous enchaîne ? Lorsque nous aimons, le dernier mot doit-il être laissé au cœur ou la raison a-t-elle encore un rôle à jouer ? L’amour n’est-il qu’une flamme romantique ou une école de vie à l’ombre du sacrifice et de l’oubli de soi ? L’amour doit-il être réduit à une envolée sentimentale ? N’est-il pas au contraire un chemin de crêtes qui mène aux sommets ? Comme tu le devines, la question du bonheur sera au centre de notre recherche, car l’amour est davantage une recherche du bien de l’autre qu’une recherche de soi.
  1. Est-il digne de parler d’amour à propos de Dieu ? L’amour qui est au centre de la vie humaine, n’est-il pas aussi un sentier qui mène à Dieu ? Certains auteurs, et non des moindres, parlent d’amitié entre Dieu et l’homme : qu’est-ce que cela recouvre ? Est-il vraiment possible de parler d’amour entre Dieu et l’homme lorsque la nature divine et la nature humaine sont si différentes ? Si l’amour entre Dieu et l’homme est une réalité, en quoi aimer Dieu et se laisser aimer par Lui peut influencer en profondeur l’amour humain et lui donner son sens profond ?

Tu le vois, les questions sont nombreuses et il nous faudra y répondre pour saisir ce qu’est l’amour et la place qu’il doit occuper dans notre vie. Bien simplement, dans la clarté et la joie, nous allons explorer ensemble ces chemins de vie qui nous mènent à Dieu.

En attendant de recevoir tes remarques et, très certainement, d’autres questions concernant ce noble sujet, je te redis toute mon affection et je t’embrasse…en signe d’amitié !

AZILIZ

Aimer

Aimer

 L’autre jour, tu m’as demandé comment aimer.

Comme toutes les jeunes filles, ton cœur a soif d’aimer et d’être aimée, en vérité.

Car c’est le secret de la vie, son moteur, ce qui lui donne sa saveur.

C’est aussi, ce qui porte vie, pas d’amour vrai sans vie et pas de vraie vie sans amour.

L’autre jour, tu m’as demandé comment aimer.

L’amour est l’acte fondateur de la Création, purement gratuit

Portant en lui quelque chose de fou et d’inutile à la fois puisque Dieu se suffit à Lui-même.

Mais pourtant Il se donne et se répand à profusion par pur amour,

Dans les êtres, jusqu’à la fin des temps.

Car tel est Son plaisir, par pure joie de donner.

L’autre jour, tu m’as demandé comment aimer.

Aimer comme Dieu aime, c’est se donner, se renoncer pour l’autre,

Se sacrifier car le sacrifice est la mesure de l’amour.

C’est vibrer à ses peines et ses joies, le laisser prendre place, devinant son besoin

Pour entrer dans une autre pensée, tout en étant soi-même,

Sans l’amoindrir ni s’amoindrir soi-même.

L’autre jour, tu m’as demandé comment aimer.

Aimer est le plus grand élan qui soit, celui qui fait les saints, s’il est pour Dieu

Ou les damnés s’il n’est que pour soi…

Car tu peux croire aimer mais te rechercher toi-même

Te griser de mots ou de sentiments mais sans volonté.

Car aimer… c’est vouloir aimer et savoir pardonner

Dans la joie comme dans la peine, dans les jours sombres ou lumineux

Jusqu’à l’oubli de soi, dans cette lente ascension vers le Bien.

L’autre jour, tu m’as demandé comment aimer.

Aimer c’est aussi l’acceptation toute simple de ses limites

Pour se laisser conduire et corriger, et donc savoir recevoir.

C’est avoir un cœur rayonnant et qui même à deux,

Ne se replie pas sur son bonheur

Mais veut y inclure qui souffre au bord du chemin.

Confie-toi à Notre Dame, elle qui a su si bien mieux aimer et…

 Va, tu sauras aimer.

 Jeanne de Thuringe

 

Vivement les vacances

Assis sur un banc aux premiers jours de printemps, les yeux perdus dans le grand ciel bleu, je laisse les premiers rayons de soleil me chatouiller le visage, mon imagination s’envole et les vacances d’été surgissent dans ma pensée…

Je m’y retrouve, en plein après-midi, sous le grand soleil, en train d’escalader la paroi rocheuse des Drus : tout en bas dans la vallée, Chamonix, et, 20 mètres en dessous, sous le ressaut, Paul mon compagnon de cordée.

La vue est ouverte, le spectacle grandiose mais la course ardue. Paul qui ouvrait la voie jusqu’ici m’a laissé en tête ; cela ne lui ressemble pas, mais la fatigue des dernières semaines, le long hiver dans les bureaux parisiens et le manque d’entraînement ont eu raison de sa ténacité naturelle. C’est donc à moi de prendre la tête. Au-dessus un gros surplomb reste à franchir, les prises sont petites et glissantes mais il faut passer car il n’y a pas de possibilité de faire demi-tour et le jour commence déjà à décliner.

Allez, je me lance, une traction, un coup de rein, je ramène les pieds, une deuxième traction et un dernier rétablissement dans une tension de tout mon être vers l‘objectif et me voilà sur la vire accueillante. Un peu plus et nous étions bloqués. Seul l’exercice journalier et l’endurance m’auront permis de nous sortir de ce mauvais pas.

Il en est de même dans la vie et principalement en ce qui concerne le don et la générosité : on ne devient pas généreux et prêt au sacrifice d’un seul coup ! Seuls l’entraînement, l’habitude et la grâce nous permettrons de l’accepter le jour où le Bon Dieu nous le demandera. Et cet entraînement il faut le pratiquer avant qu’il ne soit trop tard. Scoutisme, MJCF, activités paroissiales, et autres associations sont de bons moyens de nous mettre en condition. Ils nous permettront de savoir nous donner le jour où père de famille ou prêtre il faudra nous oublier complètement pour, d’un ultime coup de rein, atteindre la vire abrupte et ramener à nous toute la cordée en péril !

Alors, maintenant qu’il est encore temps de planifier tes vacances cher ami, n’oublie pas d’y inclure une ou deux semaines de dons ou d’activités pour le bien commun. Parmi les activités qui s’offrent à toi, il y en a une particulière qui permet de recevoir et de se remplir en vue de mieux donner, c’est le : « Camp de cadres ». Il te permettra de t’habituer au dépassement de soi et te donnera des conseils et habitudes très utiles au quotidien dans ta vie de chef et responsable catholique, que ce soit aujourd’hui comme chef scout, chef d’équipe ou autre, ou demain comme chef de famille ou cadre en entreprise. Car « ce n’est que après avoir rempli les lieux les plus cachés et les plus hauts, que la source se répand avec violence sur la terre (…) Dieu remplit d’abord l’intérieur, puis se répandant et débordant ensuite, il a visité la terre par sa bonté infinie ; il l’a enivrée, pour ainsi dire, de ses grâces, et l’a enrichie et rendue féconde en toutes sortes de biens. Vous donc faites aussi de même. Soyez plein avant de vous répandre ! »[i]

Alors, au « Camp de cadres[ii] » ou ailleurs fonce, reçois pour donner, et donne en retour, tu recevras toujours plus !

Un nuage passe et le rêve s’achève, les vacances ne sont pas encore là ! Courage encore quelques mois d’efforts et de dons, la lumière est au bout du chemin !

                                                           Charles

[1] Saint Bernard-SERMON 18. Des deux opérations du Saint-Esprit, dont l’une s’appelle effusion et l’autre infusion.

Prochain Camp de cadres du 15 au 30 juillet 2017.
Renseignements sur : campdecadres.com

Quantité ou Qualité

Chère Bertille,

            N’est-il pas de bon ton de nos jours de se vanter d’avoir, grâce aux fameux Réseaux Sociaux tels Facebook, Instagram, tweeter ou je ne sais quel autre compte, des centaines d’amis ?Pourtant, paradoxalement, nos contemporains avouent qu’ils souffrent de plus en plus de solitude.

L’homme n’est pas cependant un loup solitaire. Il est un animal raisonnable et sociable qui a besoin des autres pour avancer le long de la route dans son pèlerinage qui le conduit aux portes de l’éternité. Ne peut-on pas comparer la vie à une course de montagne ? On s’y élance de bon matin pour en conquérir le sommet en empruntant souvent des chemins pentus.

A l’aube de la vie, le chemin est rendu facile grâce au nid familial. L’enfant est entouré de ses parents qui l’aident à grandir et lui apprennent à marcher. Cet apprentissage essentiel se fait dans une atmosphère de douceur et de paix nécessaire au plein épanouissement de l’âme de l´enfant. Mais plus le temps passe cependant et plus les aléas de la vie rendent le chemin escarpé et rude.

Dans cette période cruciale de la vie, les amis prennent toujours plus d’importance pour nous aider à continuer à monter.

Mais qui est l’ami ?

Est-ce celui que tu ajoutes à une liste virtuelle ou qui, toujours à travers ce monde virtuel, te raconte le petit détail de sa vie quotidienne qui ne présente pas grand intérêt, sinon celui d’entretenir sa pathologie nombrilisme ? Est-ce celui qui t’invite à te retrouver dans une fête mondaine entre mille et un « amis” et d’augmenter ainsi le nombre de tes connaissances car cela pose son monde d’avoir un médecin, un architecte, ou un ingénieur dans son carnet d’adresses ?  Est-ce celui qui se sert de toi pour son seul avantage ?  Est-ce celui surtout qui, lorsque la réalité vient frapper à ta porte, s’évanouit dans la nature et disparaît complètement du paysage ? Tu fais alors l’expérience d’une grande solitude…

Non, l’ami n’est pas ce falot aux multiples visages qui ne sait que se rechercher et ne se tourne vers toi que pour sa propre utilité.

Dans le chemin de la vie, l’ami est celui qui te soutient dans ta marche. C’est le bâton indispensable sur lequel tu te reposes.

tu tombes, il te relève ; si tu te blesses, il t’apporte réconfort et force ; si tu succombes à la tentation de rebrousser chemin, il t’oblige à avancer ; si tu t’égares trompée par les passions, il n’hésite pas à te corriger pour te remettre sur le chemin. Aussi n’hésites-tu jamais à lui demander conseil, il connaît si bien tes qualités et tes défauts qu’il saura te conseiller avec doigté.

Au-delà des vicissitudes du moment, il est celui en effet qui toujours t’indique la route à suivre coûte que coûte. Ainsi lorsque s’élève le chemin et que ton souffle se fait plus court lors d’ascensions soudaines et abruptes, l’ami est là, vigilant et encourageant.

Tu peux te permettre de le déranger à n’importe quelle heure du jour et de la nuit, comme l’Evangile t’invite à le faire d’ailleurs. Il t’accueillera toujours avec affection et prendra le temps de t’écouter avec soin.

L’ami, c’est celui qui parle à ton âme. Aussi la lui ouvres-tu avec bonheur.

Sais-tu que des latinistes font venir le mot latin amicitia, qui signifie amitié en français, de deux mots latins animus et custos qui signifient, eux, âme et gardien ? Laissons à d’autres plus doués que nous de juger de la justesse du raisonnement de ces philologues, il n’en reste pas moins vrai que l’ami est bien ce gardien de l’âme. L’amitié n’est rien d’autre qu’un échange d’âmes qui doit être reçu et vécu comme une grâce extrêmement rare qui remplit l’âme de reconnaissance, de joie et de sérénité.

Qui dit amitié, dit fidélité, invitation à l’oubli de soi et au don de soi. L’ami est en effet celui qui est capable de donner sa vie pour l’autre.

A ce titre, Notre Seigneur n’est-il pas l’Ami parfait qui donne sa vie pour nous sauver et qui tout, au long de notre vie, se rend présent et frappe à la porte de notre cœur pour nous indiquer la marche à suivre ? La vie de la grâce est-elle autre chose qu’une amitié avec Dieu ?

Dans le monde actuel où le virtuel a remplacé le réel, où la quantité a pris le pas sur la qualité, l’amitié est une perle extrêmement rare.

Tu l’auras saisi : l’amitié est du domaine du sacré. La prolifération commerciale de soi-disantes amitiés utilitaires qui font florès sur les Réseaux Sociaux la ravale et la profane en favorisant des échanges superficiels comme seul peut en produire le virtuel qui injurie le réel.

Existe-t-il encore de vrais amis ? Nous vivons à l’ère des copains, à celle de camarades avec qui on profite de la vie.

Nous sommes passés du temps de l’amitié à celui du profit, de l’époque des nobles échanges d’âmes à la jouissance et au plaisir de posséder. L’avoir a pris le pas sur l’être et seul compte désormais le nombre au mépris de la grandeur et de la beauté de l’union des âmes dans leur recherche commune du Vrai.

Revenons au temps de nos Pères et à leur sagesse, tissons avec soin et délicatesse ces liens humains qui permettent à l’amitié d’éclore dans les âmes avides d’aimer et d’être aimées.

Sois cette amie pour tous, peut-être trouveras-tu un jour l’âme sœur. Du moins au crépuscule de ta vie seras-tu prête à Le rencontrer.

AZILIZ

 

Pas le temps!

18h, me voici à l’appartement, la journée a été dure, d’abord ce 4/20 en histoire ce matin et puis ce soir en rentrant, 1h d’attente dans le métro parce qu’un malheureux anonyme, lassé de ne compter pour rien, a tenté de mettre fin à ses jours dans un suprême coup d’éclat !

Je claque la porte et m’accorde un peu de détente bien méritée avant de commencer mon travail pour demain. Tiens allons voir ce qu’il se passe dans le monde sur ce site, pas de danger, c’est un bon site généralement fiable et propre… Ah tiens cette vidéo sur les relations avec la Russie, voyons voir… Super intéressante ! D’ailleurs la Russie ça m’intéresse… A propos je rêve d’aller à Saint-Pétersbourg, ce doit être magnifique sous la neige, voyons des photos … Continuer la lecture de « Pas le temps! »