L’école

Chers amis,

           Voici septembre ! Nous avons encore la tête emplie de souvenirs, de paysages magnifiques et le cœur débordant de ces bons moments familiaux ou amicaux où nous avons pu « recharger nos batteries » afin de repartir pour une année nouvelle, pleins de bonnes résolutions !

 

Et nous voici parvenus au jour de la rentrée à l’école de nos enfants.

Peut-être est-il important de refaire le point afin de nous remémorer les raisons de nos choix éducatifs. Quelle école ai-je choisie pour mes enfants et pourquoi ? Comment m’y prendre pour que cet « investissement » soit vraiment profitable ? Saurais-je répondre à ceux qui me vantent l’école de leur village et qui me prennent pour un « fou » de dépenser de telles sommes pour l’instruction alors que les résultats scolaires peuvent être aussi bons en lycée public ? Ou moi-même, n’ai-je pas encore fait le pas de choisir des écoles vraiment « libres » de tout contrat ?

Vous trouverez dans ce numéro quelques articles de réflexion pour comprendre et éclairer vos choix.

Ne nous faisons pas d’illusions, les projets des ministres de l’éducation qui se succèdent sont clairs : « Toute l’opération consiste bien, avec la foi laïque, à changer la nature même de la religion, de Dieu, du Christ, et à terrasser définitivement l’Église.»1 écrivait Vincent Peillon. Il explique aussi qu’« Il faut pour cela une religion universelle : ce sera la laïcité. Il lui faut aussi son temple ou son église : ce sera l’école. Enfin, il lui faut son nouveau clergé : ce seront les hussards noirs de la république ».2

Ce que J.-M. Blanquer précisait plus récemment : « La laïcité, c’est une passion pour l’égalité républicaine ».3 Il suffit d’aller voir, sur le site du ministère de l’éducation4, le parcours imposé aux enseignants pour comprendre son but…

Quand nous confions nos enfants aux écoles hors contrat, n’hésitons pas à nous entretenir en toute franchise  avec les directeurs afin de bien com-

 

 

prendre leur projet éducatif et d’être en cohérence avec eux. N’oublions pas de parler de tout cela avec nos enfants dès qu’ils en ont l’âge, non pas pour les accabler en leur faisant toucher du doigt le monde qui les entoure mais bien au contraire pour leur montrer les grâces qu’ils reçoivent en tirant profit, avec toute la force de leur âme, de l’enseignement qui leur est prodigué. Qu’ils ne s’arrêtent pas à des petites mesquineries ou détails de moindre importance mais qu’ils ouvrent toutes grandes leurs intelligences pour « se remplir » afin de pouvoir donner autour d’eux par la suite.

Apprenons-leur, non pas à être en position défensive, non pas à avoir peur de la société et de l’avenir mais bien plutôt à rayonner autour d’eux et à « donner sans compter ». En effet, pourquoi craindre alors que Notre-Dame et saint Michel nous assistent ? Osons partager notre force puisqu’elle nous vient de Dieu et qu’Il nous rendra au centuple toutes les grâces que nous aurons répandues autour de nous.

Soutenons nos écoles par tous les moyens : prières, aide financière, matérielle, participation aux travaux, … Elles ont besoin de nous !

 

En ces mois de septembre et d’octobre, que Notre-Dame des Foyers Ardents et saint Michel fassent de nous un canal entre Dieu et les âmes; qu’ils protègent nos écoles, car qui sait tout le bien qui y est semé et les grâces qui y sont reçues ? Elles apportent tant de bénédictions à nos enfants et à nos familles, pour notre patrie et pour le ciel !

Marie du Tertre

1 Une religion pour la République : la foi laïque de Ferdinand Buisson, Vincent Peillon, éd. Seuil, 2011, p. 277

2 Vincent Peillon, Une religion pour la République, p. 48, édition du Seuil, 2010

3 Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation nationale et de la Jeunesse, mardi 12 novembre, invité sur RFI.

4 https://eduscol.education.fr/1620/la-laicite-l-ecole-outils-et-ressources

 

Vous êtes bénie entre toutes les femmes

   

« Vous êtes bénie entre toutes les femmes », s’écrie Elisabeth à la vue de Marie arrivant près d’elle pour l’aider, au moment de la naissance de saint Jean-Baptiste ; et sa jeune cousine de répondre : « Le Tout-Puissant a fait pour moi de grandes choses, Saint est Son Nom ».

Comme j’admire l’humilité de cette parole de Notre-Dame dans son Magnificat, qui est un chant de louange et de reconnaissance envers le Bon Dieu ! Elle qui porte à ce moment-là dans son sein le Sauveur du monde, se reconnaît créature face à son Créateur auquel elle doit tout ! Quelle leçon pour moi, qui me crois bien trop souvent au-dessus de ceux qui m’entourent et qui aimerais tant avoir le dernier mot partout !

  «  La grâce est répandue sur vos lèvres, c’est pourquoi Dieu vous a bénie pour l’éternité. » Notre Père du Ciel l’a voulue parfaite, notre Maman, pleine de grâces nous le disons chaque jour. Depuis toute éternité, le Bon Dieu a chéri cette fille d’Eve qu’il destinait à devenir la mère de son fils unique. Seule, elle a été préservée du péché originel, c’est-à dire qu’elle a été conçue sans tache ni souillure, sans ce triste héritage que nous ont légué nos premiers parents.

  Et alors que tous les hommes, depuis qu’ils ont été chassés du Paradis terrestre subissent ces malédictions : « tu travailleras à la sueur de ton front, tu enfanteras dans la douleur… » Marie, elle, s’entend dire par l’Ange : « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. » ! Vous êtes au-dessus de toutes les femmes, choisie entre toutes pour être la mère du Sauveur attendu depuis plus de 4000 ans ! Par votre oui, Notre-Dame, la bénédiction du Seigneur a trouvé un chemin pour arriver jusqu’aux pauvres pécheurs que nous sommes, jusqu’à moi ! Vous ne savez rien garder pour vous-même et vous aimez à partager, alors cette bénédiction vous la reportez sur vos enfants ! Oui, désormais tous les âges vous diront bienheureuse, ô ma tendre mère !

  Vous remercierai-je jamais assez, ma douce Maman ? Et comme j’aime à penser que ma mère est la plus belle, et la créature la plus aimée de mon Père du Ciel ! Ô vous, anges qui vous inclinez sur son passage, elle, la seule femme qui vous soit supérieure, apprenez-moi à chérir comme il faut ma maman du Ciel, et à lui ressembler, afin de la bénir un jour au Ciel, et la louer sans cesse avec toute la Cour céleste, pour l’éternité. Oui, je veux pousser ce cri, à la suite de sainte Elisabeth : vous êtes bénie entre toutes les femmes, et je suis heureux d’être votre enfant. Ô vous l’Immaculée, gardez mon cœur bien près du vôtre, afin que, ne m’éloignant pas de vous, je profite sans cesse des largesses dont vous a comblée Notre Père.

Germaine Thionville

 

Deux coeurs – Les petites combines – Dieu au-dessus de tout!

 

Le mariage consiste à avoir chacun deux cœurs pour aimer Dieu, c’est-à-dire que chacun des conjoints, ne se sentant pas l’âme assez grande pour donner à Dieu tout l’amour et le service que Dieu mérite, cherche à s’appuyer sur une autre âme, à réclamer les trésors d’une autre âme, pour, deux fois riche, offrir au Seigneur un hommage moins pauvre. 

Père Raoul Plus

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Il n’y a pas de petites combines dans un beau mariage chrétien : il y a le courage, la marche en avant, le risque, la belle aventure. Fiancés chrétiens, mettez-vous d’accord sur les mots qu’un monde aveugle et grossier galvaude partout : pas d’équivoque entre vous ; que l’amour, la chasteté, la continence soient nettement définis. Mettez bien au point votre dictionnaire conjugal. 

Cl. Prudence

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 Que toujours Dieu soit au-dessus, et que ce soit Lui encore et toujours que nous ayons pour but, même dans notre amour. 

Maurice Retour – Lettre à sa fiancée

 

La guerre, aux portes de la Cité ?  

           « La guerre a pour elle l’Antiquité », écrivit La Bruyère, ne lui opposant qu’une forme de fatalisme moral stérile. Ce fatalisme est aujourd’hui d’autant plus répandu parmi les peuples que le maintien de la paix leur semble n’être plus qu’un job de chefs d’Etat lointains, et la guerre un jeu d’armées de métier. Mais comment peut-on raisonnablement penser que les nations puissent durablement vivre en paix sans renoncement au péché ? Que les populations puissent même oser y prétendre en  souscrivant aux lois contre-nature qu’elles laissent leurs assemblées voter en leur nom ? Et que dire de la duplicité de tous les dirigeants, au service exclusif des  financiers privés qui les placent ou les maintiennent au pouvoir ?

 

L’arme du feu

Ces derniers possèdent une arme terrible : l’arme du feu ! Ils savent comment nourrir un besoin d’utopie, modeler un comportement, susciter un désir, initier un consentement, se jouer d’une peur. Les découvertes de la psychanalyse, de la sociologie, de l’ingénierie sociale leur ont donné les secrets de fabrication de « l’homme sans Dieu » ainsi que les moyens de le produire en séries sur le marché planétaire. Ils sont enivrés de psychologie des foules, de Com’, de reprogrammation, de transhumanisme, d’intelligence artificielle… Or si la haine des hommes est aveugle, celle de Satan est clairvoyante : ne nous y trompons pas, c’est bien lui qui est derrière la fermentation propice au surgissement des grands conflits mondiaux. Aussi, dans le contexte actuel où la propagande belliqueuse bat son plein dans la cité, peut-être est-il salutaire de relire le message que le pape Pie XII donna le 24 décembre 1941, dans lequel il encourageait les catholiques du monde à « rester fermes dans leur foi ».

 

 

Un constat lucide :

    S’il salue « l’admirable courage indomptable employé à la défense des droits naturels et du sol natal, le Saint-Père s’avoue « profondément remué » devant « le sort effroyable des blessés et des prisonniers, les souffrances mentales et physiques, la mort et la destruction que la guerre aérienne inflige aux cités, aux populations, aux centres industriels », devant également « les richesses gaspillées des nations, les millions d’hommes que la guerre et la force brutale ont poussés au désespoir. »

Réfutant ensuite l’idée que la cause de la guerre proviendrait de la faillite du christianisme, il rappelle au contraire tous les germes de paix et de civilisation qu’il porte en lui et vante la prospérité dont bénéficierait une organisation de la société fondée sur lui, tant pour la santé des corps que pour le salut des âmes. C’est au contraire, >>>  >>> dit-il, à la révolte des hommes contre le christianisme et ses doctrines qu’on doit ce « lourd cauchemar qui déchire l’humanité ».

Lourd cauchemar qui affecte la faculté de travail et la joie de vivre, rend les hommes silencieux et soupçonneux, perturbe leur équilibre mental et les plonge dans le fatalisme et la misère ! Le pape dénonce sans ménagement l’effondrement moral résultant de la guerre : prépondérance de la force sur le droit, menaces sur la propriété ou la vie des autres, création d’«  une atmosphère mentale dans laquelle les notions de bien et de mal, de droit et de tort,  deviennent confuses et sont en danger de disparaître complètement », au fil de la contamination d’une « anémie religieuse » qui frappe l’Europe entière.

 

Des responsables désignés

Pour le Saint-Père, la responsabilité de la guerre incombe, dans la vie économique, à la prédominance des entreprises gigantesques et des trusts. Dans la sphère sociale, à des concentrations urbaines disproportionnées, où vivent des masses qui ont perdu leurs normes de vie, leur sentiment du foyer, du travail, leur juste appréciation de l’amour et de la haine. Dans la sphère intellectuelle, il pointe du doigt les dérives du progrès technique, lequel, s’il est un bien en soi, « a commis de tels abus qu’il détruit à présent les ouvrages qu’il érigeait fièrement », comme si la science devait expier ses propres erreurs. Dans la sphère politique, enfin, il accuse ceux qui firent reposer « le droit sur la force, et non plus sur la charité et ses fondations naturelles et surnaturelles fixées par Dieu » ; ceux qui organisèrent la propriété privée en en faisant non plus un possible instrument de concorde entre les hommes, mais le prétexte « d’une lutte d’intérêts menée sans restriction. »

 

Les solutions ?

Limiter la guerre à une affaire simplement morale ou géopolitique relève évidemment  d’un aveuglement spirituel condamnable. D’abord, souligne le pape, il faut revenir aux autels comme d’innombrables générations de fidèles l’ont fait avant nous. En Dieu, écrit-il, individu et  communauté trouvent « leur force et la mesure appropriée du droit et du devoir ». Ensuite, il prescrit la réhabilitation d’un ordre social dans les affaires nationales et internationales, ordre, dont il détaille les fondements :

 

  1) Le respect des nations : « il  n’y a pas de place, dit-il, pour la violation de la liberté, de l’intégrité et de la sécurité des autres États, quelles que puissent être leur étendue territoriale et leur capacité de défense.

  2) Le respect des cultures : « il  n’y a pas de place pour l’oppression, ouverte ou secrète, des caractéristiques culturelles et linguistiques des minorités nationales »

  3) Le respect des économies : il n’y a pas de place pour cet égoïsme froid et calculateur qui tend à  l’entassement  des ressources économiques et  matérielles destinées à l’usage de tous, dans une mesure telle que les nations moins favorisées par la  nature ne  sont  pas autorisées à y accéder ».

  4) Le désarmement : rien ne justifie une guerre  totale ou une course insensée aux armements.

  5) L’arrêt des persécutions religieuses : dans les limites d’un retour à l’ordre fondé sur les principes de la morale, il n’y a pas de place pour la persécution religieuse : la vile incroyance qui se dresse contre Dieu, maître de l’univers, est une ennemie extrêmement dangereuse d’un ordre nouveau et  juste. »

 

  Le retour du tragique, la guerre aux portes de l’Europe…, geignent stupidement les bonnes âmes sur nos écrans. Quoi de surprenant ? Elles seraient mieux avisées de considérer l’apostasie désastreuse de nos sociétés occidentales, et de se demander si les politiques de leurs gouvernements prétendument pacifistes battent à l’unisson de toutes ces sages préconisations, respectent l’intelligence de tous ces fondements.

G. Guindon