L’esprit chevaleresque

Il n’échappera à personne que notre civilisation occidentale est actuellement dans un état de crise généralisée. Espérer un redressement de la société par ses membres semble vain : à l’irréligion et l’immoralité héritées des Lumières et de la Révolution, s’ajoutent l’apathie et l’indifférence engendrées par le confort excessif de la société de consommation et par les médias. Prêcher le respect de la morale chrétienne et la fidélité aux commandements de Dieu et de l’Eglise ne suffit plus : il faut aujourd’hui réapprendre à être homme. L’histoire de la chevalerie peut nous être utile dans cette quête, en ce qu’elle nous donne un modèle d’hommes qui, face aux grandes difficultés de leur époque, se sont donné comme objectifs la grandeur, la fidélité à Dieu et la défense de l’Eglise. De ces temps lointains est né un esprit qui, aujourd’hui plus que jamais, peut animer toute personne désireuse de s’élever dans l’amour de Dieu, de l’Eglise et de son pays.

 

Nature et origine de la chevalerie

La chevalerie est un ordre, une caste de guerriers, qui se distinguent des corps d’élite classiques par un esprit particulier, un idéal qui dépasse le simple service d’un seigneur. On trouve les premières traces de cet ordre dans les peuples germains antiques, où l’entrée dans la caste des guerriers fait l’objet d’un rituel public, quoique simple, au cours duquel le jeune homme reçoit ses armes des mains de son père ou d’un proche parent. Cette forme d’adoubement marque l’entrée de l’adolescent dans l’âge adulte, et le début d’une vie vouée à la défense de sa tribu. Ce n’est là qu’une première ébauche de ce qui deviendra la chevalerie. Quelques siècles plus tard, en France, les troubles importants liés aux invasions barbares et aux incursions récurrentes de pillards, couplées à la faiblesse du pouvoir royal, entraînent l’apparition ici et là de chefs de guerre locaux. Ils prennent en main la défense de petites zones, rassemblant les populations éparpillées autour de fortifications de fortune1. Protecteurs et administrateurs des terres qu’ils se sont ainsi appropriées, ces hommes restent pour certains des chefs de bandes, peu soucieux de la morale et du droit.

Puis est intervenue l’Eglise. L’une de ses grandes gloires est d’avoir transformé ces brutes en modèles chrétiens, et en défenseurs du Bien. La tâche n’est pas simple et se fait pas à pas. La Paix de Dieu, en 989, puis la Trêve de Dieu, visant à limiter les jours où l’on peut se battre et à protéger les non-combattants des atteintes de la guerre, sont des signes extérieurs de cette influence de l’Eglise sur le métier des armes, mais c’est surtout dans la vie même du chevalier que son action bienfaisante se signale.

 

Grandeur de l’esprit chevaleresque

L’esprit chevaleresque se résume dans un code de la chevalerie, qui se traduit par un agir concret dans la vie du chevalier. A l’instar des Dix Commandements, le Code de la chevalerie, ou Serment du chevalier, comprend dix préceptes : tu obéiras aux lois de l’Eglise ; tu protégeras l’Eglise ; tu auras le respect de toutes les faiblesses, et t’en constitueras le défenseur ; tu aimeras le pays où tu es né ; tu ne reculeras pas devant l’ennemi ; tu feras aux infidèles une guerre sans trêve ni merci ; tu t’acquitteras de tes devoirs féodaux, s’ils ne sont pas contraires à la loi de Dieu ; tu ne mentiras point, et seras fidèle à la parole donnée ; tu seras libéral et feras largesse à tous ; tu seras partout et toujours le champion du Bien.

On comprend tout de suite que ce programme interdit la médiocrité, et met le chevalier au service de ce qui le dépasse : Dieu, l’Eglise, sa patrie et son roi. Même les faibles peuvent compter sur sa protection. Ce code tire le chevalier vers le haut, le pousse à se dépasser et à chercher ce qu’il y a de plus grand. Son action tourne autour de la prouesse, c’est-à-dire ce qui est remarquable et digne d’éloge. Pour cette raison le chevalier est un preux, toujours prêt aux grands faits d’armes et aux actes nobles, au risque d’être tenté par l’orgueil.

Mais parce que le chevalier est un chrétien, et que tout le pousse à être un chrétien fervent, il s’est imposé comme modèle de l’honneur et de la grandeur du « Miles Christi », du soldat du Christ. Les exemples sont nombreux de ces hommes illustres par leur Foi et leurs prouesses, comme Godefroy de Bouillon, Baudouin IV de Jérusalem ou encore saint Louis. Parmi eux, Baudouin IV est peut-être le modèle le plus frappant. Il succède en 1174 à son père, Amaury Ier, comme roi de Jérusalem2. Il n’a alors que 14 ans, mais fait déjà preuve de toutes les dispositions que l’on attend d’un roi et d’un chevalier : piété, courage, sagesse, grandeur d’âme. Malgré la lèpre qui le frappe très tôt, il gouverne un royaume où commencent à naître les dissensions, alors que les troupes musulmanes du Sultan Saladin menacent de plus en plus Jérusalem. Alors que la maladie le gagne et le prive au fur et à mesure de l’usage de ses membres, il ne cessera pas d’assumer son rôle de souverain, et continuera de diriger son Etat sur son trône et sur le champ de bataille. A la bataille de Montgisard, qu’il livre en 1177 contre Saladin, avec environ 4500 soldats contre près de 30 000 musulmans, et alors même que la lèpre s’est beaucoup répandue, il charge sans relâche à la tête de ses chevaliers. Après avoir remporté une victoire écrasante, et au moment de lui enlever son armure, on s’aperçoit que ses doigts sont restés dans ses gantelets. Quand il ne pourra plus monter à cheval, il dirigera son armée depuis une civière. Quand il aura perdu la vue, il continuera à être présent à la tête de ses troupes, et maintiendra son rôle de chef d’Etat. Fidèle jusqu’au bout à son serment de chevalier, il meurt en 1185, âgé de 24 ans. Respecté par tous, y compris par ses ennemis, Baudouin IV est à jamais l’un des archétypes de ce qu’est un chevalier, modèle de constance et de fidélité à sa mission malgré les épreuves et la douleur.

 

Le chevalier des temps modernes

On objectera que ces beaux exemples de chevaliers sont surannés, dépassés. Presque mille ans nous séparent de Godefroy de Bouillon, et le monde a bien changé depuis le temps des cathédrales et des Croisades. Autre temps, autres mœurs, en somme. Comment faire preuve de prouesse de nos jours, quand les conflits modernes sont plus liés aux intérêts de multinationales qu’à la défense de la Patrie, et que les soldats ne sont plus que des pions déplacés au gré des envies des politiques ? Comment défendre l’Eglise quand elle semble avoir abandonné sa mission et sa grandeur ? Comment défendre le faible quand la société pousse à l’élimination des invalides, des vieux et des enfants à naître ? L’acte héroïque individuel est rendu impossible par l’usage dévoyé des lois et de la force publique. Le seul fait d’aimer son pays est aujourd’hui suspect. L’âme qui est éprise de grandeur à l’exemple des preux d’antan, peut se rappeler cette prière de Notre-Seigneur pour ses apôtres : « Mon Dieu, je ne vous demande pas de les ôter du monde, mais de les préserver du mal ; ils ne sont pas du monde comme moi-même je ne suis pas du monde3.» Faire preuve d’esprit chevaleresque aujourd’hui, c’est faire preuve de virilité4, de pureté de cœur et d’âme, de générosité, d’honnêteté, d’amour de Dieu, de Marie et de l’Eglise, toutes ces choses qui sont en fin de compte l’essence de la chevalerie ; et les conserver au milieu de notre monde malade est déjà une prouesse.

Ainsi l’esprit chevaleresque est bien plus qu’un simple esprit de caste ou de soldats d’élite. En établissant un rapport direct entre le chevalier et Dieu, en le subordonnant à l’œuvre de l’Eglise, le christianisme a réalisé le tour de force de transformer des brutes guerrières en zélés et fidèles défenseurs de la Foi. Il serait certes exagéré de faire de chacun d’eux des saints, puisqu’il y a toujours de l’humain là où il y a de l’homme, et que la chevalerie a comme toute organisation humaine connu des déclins. Mais on peut sans risque affirmer que par eux l’Occident s’est enrichi d’une race de guerriers dévoués à leur famille, à leur patrie et à leur Dieu. A l’heure où l’homme plonge dans l’individualisme et s’éloigne toujours plus de Dieu, les chevaliers d’antan nous rappellent les vertus de la constance et du don de soi. Libre à chacun de suivre leur exemple.

 

RJ

 

1 Mottes castrales, donjons de bois puis de pierre, ….

2 A la suite de la 1ère Croisade (1095-1099), sont créés les quatre premiers Etats Latins d’Orient : le Comté d’Edesse, la Principauté d’Antioche, le Comté de Tripoli et le Royaume de Jérusalem.

3 Saint Jean : XVII, 15-17

4 Qui est une force de caractère, et non pas une attitude faite de machisme

 

Le calcaire, toujours…

 

C’est le lot de certains d’entre nous de demeurer dans des régions où l’eau est très calcaire. Ce qui provoque, entre autres maux, des robinetteries encrassées (en particulier au pied des robinets), parfois difficiles à détartrer.

 

Petite astuce très simple :

Imbiber fortement une ou plusieurs feuilles de papier absorbant (comme le sopalin) de vinaigre blanc et entourer la robinetterie de ce sopalin durant plusieurs heures.

Vous ne ferez rien de plus et vous constaterez vous-même l’efficacité proverbiale du vinaigre !

 

Souvent, un petit filtre peut se dévisser en sortie de robinet. Plongez-le quelques heures dans un fond de vinaigre blanc avant de le revisser.

 

N’hésitez surtout pas à partager vos astuces en écrivant au journal !

 

La vie de sainte Radegonde

Sainte Radegonde, princesse thuringienne devenue reine des Francs puis moniale est au nombre de ces saintes mérovingiennes qui rayonnèrent à une époque où, après la chute de l’Empire romain, les jeunes royaumes chrétiens se perdaient en guerres intestines opposant les membres d’une même famille. Prisonnière des Francs après la conquête de la Thuringe, elle épouse Clotaire Ier, fils de Clovis, en 539. Après que celui-ci a fait assassiner son propre frère, elle décide de s’en séparer et se retire à Poitiers où elle fonde l’abbaye Sainte-Croix, pour laquelle elle obtint de l’empereur Justin II, une relique de la Vraie Croix. Elle se lie d’amitié avec Venance Fortunat, évêque de Poitiers, et c’est lui qui, après sa mort, rédige sa vie pour faire perdurer la mémoire de cette reine devenue moniale, qui eut une très forte influence sur les hommes de son temps. Cette vie nous est parvenue dans une version enluminée médiévale et conservée à la Médiathèque de Poitiers (Ms 250).

Le manuscrit 

Copié et peint au XIe ou au début du XIIe siècle, le manuscrit de la Vie de sainte Radegonde est l’un des plus remarquables exemples de manuscrits enluminés médiévaux. Il compte 79 folios reprenant la biographie de Fortunat et celle d’une moniale dénommée Baudovinie, qui entreprit également de transmettre à la postérité la mémoire de la reine et abbesse. Tous deux sont représentés en pleine page dans le manuscrit pour signifier qu’ils en sont les auteurs.

Leur texte est accompagné d’un grand nombre de folios peints, reprenant page après page les grands temps de la vie de la sainte comme son mariage avec Clotaire, sa prise d’habit, ainsi que ses miracles : guérison des aveugles, délivrance de possédés etc. Chaque folio peint rappelle tour à tour la piété de la sainte mais aussi les humbles tâches et œuvres de Charité quotidienne auquel elle se prêtait malgré son statut de reine : elle lave les pieds des indigents, les nourrit et soigne les malades.

On dit même qu’en tant qu’abbesse elle participait aux tâches ménagères de son monastère et que, deux ans après sa mort, en 589, la nouvelle abbesse Leubovère fit face à une révolte de moniales qui, une fois la sainte décédée, n’acceptaient plus d’être traitées comme des domestiques. Pour la plupart issues de l’aristocratie franque, ces moniales avaient suivi Radegonde pour échapper à un mariage qu’elles ne souhaitaient pas, la pauvreté du monastère leur était particulièrement difficile à vivre.

La vie monastique comme mort au monde

L’ascèse et la vie de pénitence que s’infligeait Radegonde est d’ailleurs au cœur du récit et des images qui l’accompagnent. On la voit dormir à côté du lit de son époux lors de la nuit de noce, après avoir longuement prié. Même avant de prendre l’habit, elle s’efforce de mener une vie de piété et de pénitence, proche de celle de la moniale qu’elle deviendra.  Sa mort au monde, dont les prémices sont annoncées dès sa vie à la cour, ne se réduit toutefois pas à une simple dévotion nocturne. Elle se traduit par la suite par un retrait total du monde, retrait que les enluminures du manuscrit rendent particulièrement évident. Une fois entrée au monastère, Radegonde n’en sort pas, pas même pour opérer ses nombreux miracles. C’est depuis sa cellule qu’elle guérit les aveugles, délivre les possédés qui lui sont apportés. Telle une recluse, elle officie depuis sa cellule. Seule une fenêtre laisse apparaître son visage. Ce n’est que par cette fenêtre qu’elle garde contact avec ce monde.

Conclusion 

En quittant la cours de Clotaire dont elle était l’épouse, Radegonde, plus que tout autre, a renoncé à tout pour suivre Dieu. Elle a fait sien l’idéal monastique de renoncement en se privant de tout ce que sa position de reine lui procurait d’opulence et de confort. Certes elle conserva son statut même après être devenue moniale : c’est bien parce qu’elle était reine des Francs qu’elle obtint une relique de la Vraie Croix. Mais l’influence qu’elle avait de par son statut, elle l’usa pour corriger les mœurs de ses contemporains : à la mort de Clotaire, elle usa de son autorité pour rétablir la paix entre ses fils, œuvrant ainsi à l’unité du royaume franc alors en proie aux querelles fratricides.

Une médiéviste

 

Familles, relevez-vous !

« La recherche de la sainteté n’est pas libre. Dieu nous a élus en Jésus-Christ avant la constitution du monde pour que nous soyons des saints (Eph I,4). Aucune créature ne peut échapper à cette nécessité absolue pour parvenir au salut. Et Notre-Seigneur a institué l’Église, l’État et la famille, pour contribuer, chacun selon sa nature, à la sanctification des âmes par Jésus-Christ (…) pour les aider à se convertir à l’unique médecin : Jésus-Christ, Vérité et Sainteté. » (Mgr Lefebvre, Itinéraire spirituel)

Sanctification pour notre famille

Se sanctifier personnellement, sans autre préoccupation que son propre salut, sans souci du salut du prochain, est une fausse conception de la vie chrétienne. « Aimer Dieu et son prochain » sont deux commandements semblables. Dieu ne nous a pas donné la foi uniquement pour notre salut personnel, et cette croyance doit animer et éclairer toute notre vie.

C’est en se sanctifiant l’un l’autre, et l’un pour l’autre, que les jeunes époux se préparent à être de bons et saints parents pour leurs enfants, et cela se décide avant le mariage, dans leur choix mutuel. Que les fiancés parlent de ce qu’ils souhaitent pour la sainteté de leur future famille, qu’ils en soient bien d’accord. Soixante-quinze pour cent des enfants délinquants sont issus de familles désunies, la plupart du temps parce que leurs parents n’étaient pas accordés au moment de leur mariage.

Dans le mariage indissoluble, la mère est le cœur du foyer, pleine d’amour pour chacun. Le père nourrit sa famille et lui apporte une sécurité stable. La vie familiale est placée sous le signe de l’unité ; unité dans l’espoir et dans la crainte, unité dans la joie et dans les larmes ; unité dans la richesse et dans la misère… Bienheureuse union des époux !

L’homme et la femme se sont indissolublement unis par le « oui » qu’ils ont prononcé devant Dieu. Il dépend d’eux de prolonger cette promesse en travaillant à la sanctification de leur famille.

Le cercle intérieur

Amour et autorité unissent la famille en un tout ; entre parents et enfants se nouent les liens de la piété, de l’amour désintéressé et chargé de respect. Pour l’homme, la famille est un petit monde sous sa responsabilité ; la femme y réalise ses aspirations maternelles ; les enfants y trouvent amour, tendresse, protection, éducation. Peu à peu, l’esprit de famille met son empreinte sur le visage de chacun, les parents récoltent la puissance du rayonnement de leur amour. On ne se rend pas assez compte que, dans le cercle étroit et modeste de la famille, se cachent le bonheur et la paix, que là s’enfoncent les racines du peuple, de l’état, de l’humanité entière. Que la famille périsse, alors se déchaîneront les plus terribles révolutions.

La famille est le saint lieu où une génération transmet à l’autre le flambeau de la vie que Dieu a allumé à la vie éternelle. Elle ne dit jamais : « Après nous le déluge. » Ses racines s’enfoncent dans le passé, en même temps qu’elles poussent leurs prolongements vers l’avenir.

Familles, relevez-vous !

Aujourd’hui, la famille est en détresse et le monde ira de mal en pis tant qu’on ne la soignera pas. La foi véritable doit reprendre dans la famille, l’Église doit renaître dans les cœurs. Où l’amour règne, la peine n’existe pas ; la sueur du travail paraît moins amère. Il est nécessaire d’éduquer de bons et saints futurs pères de familles, et de vertueuses et courageuses futures mères de familles !

Il faut à la chrétienté des parents fiers de ce qu’ils sont, et courageux dans la transmission de cet héritage sans prix. Des mères qui prononcent le nom béni de « Jésus » à leurs petits, leur faisant envoyer un baiser en passant devant le crucifix. Des pères qui racontent les histoires merveilleuses de l’Ancien Testament, en faisant gronder la voix du Bon Dieu fâché par la désobéissance des hommes… Tout est leçon de catéchisme dans la vie quotidienne. L’enfant n’a qu’à observer ses parents pour apprendre, comprendre et imiter. Il voit comment ses  parents se comportent l’un envers l’autre, leur entraide, leurs conversations, la façon dont ils se parlent, les attentions qu’ils ont l’un pour l’autre… Tout cela imprègne les petits, qui imiteront très naturellement ce qu’ils voient chaque jour.

C’est d’abord à la maison que la vigilance maternelle, à partir de petites occasions répétées, apprend à son enfant la justice, la charité, la maîtrise de soi, le sens du devoir, le support des petites souffrances, des petites contrariétés ; toutes ces vertus nécessaires dans une vie humaine, mais que le christianisme auréole. La maman en dégage avec doigté et à propos le sens chrétien.

Il y a aussi la leçon des choses, devant une fleur, un insecte, la mer, le ciel. Leçon souriante où l’enfant prend conscience que Dieu n’est pas un étranger perdu dans le lointain, mais présent dans la vie de tous les jours.

Il y a l’éducation de l’âme et du cœur ; mais si l’on veut former « de grands hommes », les parents doivent aussi ouvrir des horizons à leurs enfants,

– en favorisant de bonnes amitiés. Pour cela, on expliquera à l’enfant comment choisir son ami, et il devra savoir dire pourquoi il l’aime : parce qu’il fait rire, rend service, entraîne au jeu, encourage à faire le bien, etc… Une bonne amitié d’enfance peut marquer une vie.

– en apprenant aussi à sentir le beau, ce qui vivifie l’âme, en visitant en famille de beaux musées, expositions, monuments, paysages qui font s’émerveiller tous ensemble, en une grande action de grâce.

Donner le goût de la lecture, d’abord par les belles images, par le ton amusant et vivant de celui qui raconte à voix haute, puis en offrant de bons livres d’aventures passionnantes, de faits historiques ou de beaux exemples qui fortifieront ses connaissances, sa réflexion, son esprit, son raisonnement. N’hésitons pas ensuite à discuter du dernier livre lu, ce que l’enfant en a pensé, pourquoi, ce qui lui a plu ou non en une vraie conversation d’idées.

Oui, vraiment, tout cela contribue au soutien des parents qui, parce que père et mère, ont le devoir d’opter pour la sainteté !

Combattre en vainqueurs

Les difficultés ne manquent pas (crise de l’Église, lois contre la vie, difficultés économiques et professionnelles…), le monde d’aujourd’hui, si hostile à nos croyances, nous fait goûter une éminente dignité, une humble et rayonnante sainteté, la ressemblance au Christ qui nous racheta par le labeur avant que ce ne fût par la Croix.

Mais nos combats et nos progrès sont aussi attachés aux grandes forces qui nous dépassent (la prière, les sacrements, la grâce, la communion des saints), ces trésors de l’Église qui sont notre secours ! Ayons du courage au bien, en collaborant à toutes ces influences salvatrices « Je puis tout en Celui qui me fortifie » : c’est là le courage chrétien !

Sophie de Lédinghen

 

Cantilène

Jacques Douai (1920, Douai – 2004, Paris)

Pour la Toussaint et le 2 novembre

  1. Si la vie frappe à ta porte,
    garde-toi de lui ouvrir ;
    elle semble joies offrir,
    Ce sont peines qu’elle apporte.
    Mais qui sait, peut-être,
    dois-tu choisir
    de la subir, comme tout être.
    Est-ce vivre, que fermer
    à tous les vents sa demeure ?
    Semblables toutes les heures,
    sauras-tu bien les aimer ?

 

  1. Si l’amour frappe à ta porte,
    vite ferme ta maison,
    le suivent la déraison
    et chagrins de toutes sortes.
    Mais qui sait, peut-être,
    sans le choisir,
    vas-tu souffrir, comme tout être ?
    L’amour par toute fissure,
    pénètre comme fumée ;
    Rien ne sert de t’enfermer
    contre ton cœur qui t’assure.
  2. Si la mort frappe à ta porte,
    ne tarde pas, ouvre-lui ;
    Hier, demain comme aujourd’hui,
    toujours elle est la plus forte.
    La pointe peut-être,
    tu dois subir,
    tu dois souffrir, comme tout être.
    En vois-tu toute belle
    puisqu’un jour tu dois mourir ;
    aime et vis sachant souffrir,
    Sera ta mort peu cruelle.