Acte de contrition

Bien vivre n’est rien d’autre qu’aimer Dieu de tout son cœur, de toute son âme, de tout son esprit, » et comment aimer Dieu si nous ne le connaissons pas ? Aimer Dieu ! Vaste programme ! Et l’aimerons-nous jamais assez ?

La maman pourra lire ou simplement s’inspirer de ces pensées pour entretenir un dialogue avec ses enfants ; elle l’adaptera à l’âge de chacun mais y trouvera l’inspiration nécessaire pour rendre la présence de Dieu réelle dans le quotidien matériel et froid qui nous entoure. Elle apprendra ainsi à ses enfants, petit à petit, à méditer ; point n’est besoin pour cela de développer tous les points de ce texte si un seul nourrit l’âme de l’enfant lors de ce moment privilégié. Ainsi, quand les difficultés surgiront, que les épreuves inévitables surviendront, chacun aura acquis l’habitude de retrouver au fond de son cœur Celui qui ne déçoit jamais !

Mon Dieu, j’ai un très grand regret de vous avoir offensé parce que vous êtes infiniment bon, infiniment aimable, et que le péché vous déplaît. Je prends la ferme résolution, avec le secours de votre sainte grâce, de ne plus vous offenser et de faire pénitence.

Composition de lieu

Je vois mon âme pécheresse, écrasée sous le poids de ses fautes. Je lève vers vous les yeux, ô mon Dieu, et comme la pauvre Marie-Madeleine, je viens mouiller de mes larmes vos pieds divins avec un grand repentir de vous avoir offensé. « Alors (Jésus) dit à cette femme : vos péchés vous sont remis. » (Luc ; VII, 48) Il n’y a pas de pardon sans repentir.

Corps de la méditation

C’est à moi que s’adresse Jésus à travers elle. « C’est pourquoi je te le dis : beaucoup de péchés lui sont remis, parce qu’elle a beaucoup aimé. » (Luc ; VII, 47) A la suite de sainte Marie-Madeleine, je viens par cet acte de contrition exprimer le grand regret de mon âme pour tout le mal que j’ai fait. Et je le fais parce que Celui que j’ai offensé est l’infiniment Bon et que le péché m’en éloigne. Et mon repentir doit être d’autant plus grand que celui auquel il s’adresse est aimable. Et plus j’aimerai le Bon Dieu, plus j’aurai de la peine de l’avoir offensé et plus ma contrition sera grande.

J’ai tapé ma petite sœur qui m’agace en chantant à tue-tête dans la maison : je vais lui demander pardon car je sais que j’ai mal agi et que je ne veux pas recommencer à lui faire du mal, mais il m’est difficile de regretter ce que j’ai fait. C’est vraiment ma tête qui décide de demander pardon, car ma main, elle, a encore envie de frapper hélas.

Ma résolution est ferme, et c’est ce que le Bon Dieu veut de moi. Il me sait faible, inconstant et si vite découragé par moi-même. Alors il me demande seulement de vouloir me reprendre, et sa grâce viendra suppléer à ma pauvre nature blessée. Il ne s’agit pas forcément de pleurer à chaudes larmes mes fautes, mon repentir n’est pas toujours accompagné d’un sentiment de regret, le Bon Dieu, père miséricordieux, me demande de vouloir, et de vouloir toujours, et non de ressentir le chagrin de la faute. Ce chagrin vient en plus, il aide à la contrition et au ferme propos mais ne leur est pas indispensable.

Mais il me faut également réparer le mal que j’ai fait, et c’est pour cela que je veux faire pénitence : aller donner un baiser à la petite sœur chipie, par amour pour mon Père du Ciel que j’ai offensé en premier (dois-je me rappeler que la Sainte Trinité habite en chacune des âmes en état de grâce ?).

Nous n’aimons pas faire de la peine à ceux que nous aimons. Alors, mon Jésus, je veux vous aimer chaque jour plus fort afin de fuir toutes les occasions de péché qui m’éloigneraient de vous. Je sais d’une foi vive que vous m’aimez. Et j’espère avec une ferme confiance en votre miséricorde, qui veut me relever de mes chutes et m’en donne l’occasion chaque jour par la grâce.

Sainte Vierge Marie, vous qui avez été conçue sans le péché, vous en comprenez la laideur. Ne me laissez pas, moi qui suis votre enfant, tomber dans la boue du péché sans le désir confiant de m’en sortir aussitôt. Saint Ange, je m’accroche à votre main secourable, obtenez-moi un cœur humble et contrit.

Germaine Thionville

Le médiévalisme au XIXe siècle

Tandis qu’au fil des siècles l’Antiquité fut considérée en Occident comme la période de référence en matière culturelle et artistique, le Moyen Âge connaît un regain d’intérêt à partir des XVIIIe-XIXe siècles avec l’émergence du « médiévalisme ». La société du XIXe siècle, tout en conservant un certain attrait pour l’antique, via le néoclassicisme, s’illustre par son goût prononcé pour l’époque médiévale. C’est ainsi que le patrimoine médiéval, pourtant tombé dans l’oubli depuis le XVIe siècle, est redécouvert à la faveur d’une politique nationale de préservation du patrimoine. Ce médiévalisme est à la fois profane mais aussi religieux.

Le Moyen Âge vu par la Renaissance

À partir du XVIe siècle, les 1000 ans séparant l’Antiquité classique de la Renaissance sont arbitrairement qualifiés de « Moyen Âge » ou « media aetas ». L’expression, qui apparaît dès le XVe siècle sous la plume de certains artistes, sert à dénigrer une période considérée à tort comme décadente, en la réduisant à un intermédiaire obscur entre deux apogées civilisationnels, l’Empire romain et l’Ere moderne. Faire référence au Moyen Âge est alors perçu majoritairement comme un retour en arrière. Hormis quelques cas exceptionnels, la référence à la période médiévale se résume donc à des idées péjoratives, celle-ci étant perçue comme un déclin entre deux âges glorieux.

Pourtant les choses changent au XIXe siècle. Le romantisme du XIXe siècle inverse cette vision des choses. Sous la plume des auteurs romantiques, le Moyen Âge n’est plus un âge sombre mais l’époque des chevaliers, de l’amour courtois et des châteaux forts. En littérature, l’auteur le plus célèbre ayant incarné ce médiévalisme est Walter Scott, auteur d’Ivanhoé, suivi de près par Victor Hugo et Notre-Dame de Paris.

En parallèle du médiévalisme romantique, le Moyen Âge bénéficie d’un renouveau religieux, notamment en France. La période médiévale, tout en conservant son nom et les clichés forgés par l’homme moderne, devient elle aussi une période de référence artistique et culturelle.

Le Gothic Revival ou Renouveau Gothique

Le renouveau de l’architecture gothique est particulièrement important. Il s’amorce dès le XVIIIe siècle en Angleterre et aura un succès considérable aux États-Unis, où la plupart des édifices de culte érigés au XIXe siècle sont néogothiques. À l’origine, il s’agit pour l’église anglicane, séparée de l’Église catholique depuis le XVIe siècle, de se proclamer par ses choix architecturaux l’héritière de l’Église catholique d’Angleterre antérieure au schisme d’Henri VIII.

Toutefois ce style architectural n’est pas l’apanage de l’Eglise anglicane. Dans un contexte d’émancipation progressive du catholicisme après des années de clandestinité, les catholiques irlandais, qui retrouvent progressivement leurs droits civiques, érigent eux aussi des églises néo-gothiques en remplacement des cathédrales historiques restées aux mains des anglicans. C’est ainsi que sortent de terre la cathédrale Saint-Pierre de Belfast, construite dans les années 1860, et la cathédrale Saint-Patrick d’Armagh dont la construction fut interrompue à plusieurs reprises notamment en raison de la Grande Famine irlandaise.

En France, l’arrivée du néogothique est plus tardive. Elle coïncide avec la mise en place d’une politique patrimoniale au niveau national, sous la Monarchie de Juillet. En parallèle des restaurations rendues nécessaires par les destructions révolutionnaires, certaines églises, détruites, sont reconstruites à la mode médiévale avec une prédilection pour le néo-gothique. Ce renouveau gothique aura un tel succès que certains disent que davantage d’édifices gothiques furent construits au XIXe siècle qu’à l’époque médiévale.

Le retour à un état originel

Dans certains cas, les restaurations entreprises par les Monuments Historiques naissants sont complétées par des initiatives émanant du clergé. Les curés de paroisse eux-mêmes s’intéressent à l’histoire de leur église nouvellement réaffectée au culte pour lui rendre son état originel qui, dans certains cas, est antérieur aux aménagements liturgiques du Concile de Trente. L’état médiéval est préféré à l’état moderne qui était pourtant celui de leur église lors de la nationalisation des biens du clergé.

Ainsi, à Saint-Savin-sur-Gartempe (Vienne), en parallèle des travaux de restauration supervisés par Prosper Mérimée, le curé de l’époque, l’abbé Lebrun, supervise le réaménagement du chevet. Il réhabilite l’accès à la crypte principale, condamnée au XVIIe siècle par les bénédictins de la Congrégation de Saint-Maur suite aux sévices des guerres de religion. Il remet également en place les tables d’autel romanes délaissées par les mauristes. La crypte secondaire, dédiée à saint Marin depuis le XIe siècle, est également réhabilitée. Les reliques restantes sont replacées dans un sarcophage et le futur cardinal Pie, alors évêque de Poitiers, inaugure lui-même la réouverture de la crypte en 1869. Le chevet de l’ancienne abbatiale maintenant devenue église paroissiale, renoue au moins en partie avec son état d’origine, en l’occurrence son état médiéval antérieur à la fois aux sévices révolutionnaires et aux destructions des guerres de religion, particulièrement violentes en Poitou.

Conclusion

Contrairement à la Renaissance qui le dénigrait, le XIXe siècle renoue avec son passé médiéval, passé plus ou moins idéalisé. Ce médiévalisme se traduit de différentes façons qui traduisent chacune le nouvel idéal projeté sur la période médiévale, perçue non seulement comme une référence en matière architecturale, mais aussi comme le point de départ originel d’édifices en péril réaffectés au culte.

Une médiéviste

Tandis qu’au fil des siècles l’Antiquité fut considérée en Occident comme la période de référence en matière culturelle et artistique, le Moyen Âge connaît un regain d’intérêt à partir des XVIIIe-XIXe siècles avec l’émergence du « médiévalisme ». La société du XIXe siècle, tout en conservant un certain attrait pour l’antique, via le néoclassicisme, s’illustre par son goût prononcé pour l’époque médiévale. C’est ainsi que le patrimoine médiéval, pourtant tombé dans l’oubli depuis le XVIe siècle, est redécouvert à la faveur d’une politique nationale de préservation du patrimoine. Ce médiévalisme est à la fois profane mais aussi religieux.

Le Moyen Âge vu par la Renaissance

À partir du XVIe siècle, les 1000 ans séparant l’Antiquité classique de la Renaissance sont arbitrairement qualifiés de « Moyen Âge » ou « media aetas ». L’expression, qui apparaît dès le XVe siècle sous la plume de certains artistes, sert à dénigrer une période considérée à tort comme décadente, en la réduisant à un intermédiaire obscur entre deux apogées civilisationnels, l’Empire romain et l’Ere moderne. Faire référence au Moyen Âge est alors perçu majoritairement comme un retour en arrière. Hormis quelques cas exceptionnels, la référence à la période médiévale se résume donc à des idées péjoratives, celle-ci étant perçue comme un déclin entre deux âges glorieux.

Pourtant les choses changent au XIXe siècle. Le romantisme du XIXe siècle inverse cette vision des choses. Sous la plume des auteurs romantiques, le Moyen Âge n’est plus un âge sombre mais l’époque des chevaliers, de l’amour courtois et des châteaux forts. En littérature, l’auteur le plus célèbre ayant incarné ce médiévalisme est Walter Scott, auteur d’Ivanhoé, suivi de près par Victor Hugo et Notre-Dame de Paris.

En parallèle du médiévalisme romantique, le Moyen Âge bénéficie d’un renouveau religieux, notamment en France. La période médiévale, tout en conservant son nom et les clichés forgés par l’homme moderne, devient elle aussi une période de référence artistique et culturelle.

Le Gothic Revival ou Renouveau Gothique

Le renouveau de l’architecture gothique est particulièrement important. Il s’amorce dès le XVIIIe siècle en Angleterre et aura un succès considérable aux États-Unis, où la plupart des édifices de culte érigés au XIXe siècle sont néogothiques. À l’origine, il s’agit pour l’église anglicane, séparée de l’Église catholique depuis le XVIe siècle, de se proclamer par ses choix architecturaux l’héritière de l’Église catholique d’Angleterre antérieure au schisme d’Henri VIII.

Toutefois ce style architectural n’est pas l’apanage de l’Eglise anglicane. Dans un contexte d’émancipation progressive du catholicisme après des années de clandestinité, les catholiques irlandais, qui retrouvent progressivement leurs droits civiques, érigent eux aussi des églises néo-gothiques en remplacement des cathédrales historiques restées aux mains des anglicans. C’est ainsi que sortent de terre la cathédrale Saint-Pierre de Belfast, construite dans les années 1860, et la cathédrale Saint-Patrick d’Armagh dont la construction fut interrompue à plusieurs reprises notamment en raison de la Grande Famine irlandaise.

En France, l’arrivée du néogothique est plus tardive. Elle coïncide avec la mise en place d’une politique patrimoniale au niveau national, sous la Monarchie de Juillet. En parallèle des restaurations rendues nécessaires par les destructions révolutionnaires, certaines églises, détruites, sont reconstruites à la mode médiévale avec une prédilection pour le néo-gothique. Ce renouveau gothique aura un tel succès que certains disent que davantage d’édifices gothiques furent construits au XIXe siècle qu’à l’époque médiévale.

Le retour à un état originel

Dans certains cas, les restaurations entreprises par les Monuments Historiques naissants sont complétées par des initiatives émanant du clergé. Les curés de paroisse eux-mêmes s’intéressent à l’histoire de leur église nouvellement réaffectée au culte pour lui rendre son état originel qui, dans certains cas, est antérieur aux aménagements liturgiques du Concile de Trente. L’état médiéval est préféré à l’état moderne qui était pourtant celui de leur église lors de la nationalisation des biens du clergé.

Ainsi, à Saint-Savin-sur-Gartempe (Vienne), en parallèle des travaux de restauration supervisés par Prosper Mérimée, le curé de l’époque, l’abbé Lebrun, supervise le réaménagement du chevet. Il réhabilite l’accès à la crypte principale, condamnée au XVIIe siècle par les bénédictins de la Congrégation de Saint-Maur suite aux sévices des guerres de religion. Il remet également en place les tables d’autel romanes délaissées par les mauristes. La crypte secondaire, dédiée à saint Marin depuis le XIe siècle, est également réhabilitée. Les reliques restantes sont replacées dans un sarcophage et le futur cardinal Pie, alors évêque de Poitiers, inaugure lui-même la réouverture de la crypte en 1869. Le chevet de l’ancienne abbatiale maintenant devenue église paroissiale, renoue au moins en partie avec son état d’origine, en l’occurrence son état médiéval antérieur à la fois aux sévices révolutionnaires et aux destructions des guerres de religion, particulièrement violentes en Poitou.

Conclusion

Contrairement à la Renaissance qui le dénigrait, le XIXe siècle renoue avec son passé médiéval, passé plus ou moins idéalisé. Ce médiévalisme se traduit de différentes façons qui traduisent chacune le nouvel idéal projeté sur la période médiévale, perçue non seulement comme une référence en matière architecturale, mais aussi comme le point de départ originel d’édifices en péril réaffectés au culte.

Une médiéviste

La géométrie


Pour faire suite à notre article (FA 40) : Au secours ! Mon enfant ne comprend rien en cours de calcul !
La page Soutien Scolaire s’enrichit tout au long de nos parutions par les conseils de notre ami, ancien instituteur qui nous offre le fruit de son expérience.
Après de nombreux conseils pour aider nos enfants en calcul et pour l’apprentissage de la conjugaison, nous présentons ici une explication de la géométrie : tout part du point qui assemblé devient ligne. Celle-ci engendre des droites… Ainsi commence l’histoire de la géométrie que nous allons découvrir ensemble !

https://foyers-ardents.org/wp-content/uploads/2026/06/La-geometrie-1.pdf

L’avis de G.K Chesterton

Il est intéressant de suivre la pensée de G.K. Chesterton, converti au catholicisme, dans la conclusion de son livre, L’Homme éternel, où il démontre tout ce que l’Incarnation de Notre-Seigneur Jésus-Christ a d’extraordinaire et comment il est l’élément fondateur et incontournable de notre civilisation. Il est à noter cependant que, quand il parle de l’Eglise catholique, il fait référence à celle qu’il connaissait en 1925, ou plutôt à l’Eglise catholique de toujours, comme nous aimons à l’appeler de nos jours.

« Au beau milieu de tout cela, une exception prodigieuse se dresse qui ne ressemble absolument à rien d’autre. Elle a un caractère définitif, comme la trompette du jugement, mais elle est aussi comme une bonne nouvelle et même comme une nouvelle trop bonne pour être vraie. Elle n’est rien d’autre que l’annonce retentissante de la visite du monde par son mystérieux constructeur. C’est la déclaration que réellement et même récemment, au moment central des temps historiques, un être unique et invisible s’est promené de par le monde. […]

Mais que le Créateur ait été présent à des scènes à peine postérieures aux petits soupers d’Horace ou qu’Il ait parlé avec des percepteurs et des fonctionnaires au fil des jours de l’Empire romain ; que ce fait ait été affirmé avec force par une civilisation imposante pendant plus d’un millénaire ; cela vraiment n’a rigoureusement pas d’équivalent au monde. C’est l’affirmation la plus fortement éclatante que l’homme ait jamais faite depuis qu’il parle un langage articulé au lieu d’aboyer comme un chien. […]

Elle est venue en ce monde comme le vent. Les messagers qui proclamaient cette annonce apocalyptique couraient à perdre haleine ; il n’y a rien d’exagéré à dire qu’ils courent encore. Ce qui intrigue le monde, ses sages philosophes et ses poètes fantasques, c’est que les prêtres et les fidèles de l’Eglise catholique se conduisent encore comme s’ils étaient des messagers. Un messager ne songe pas à ce que pourrait être le message qu’il porte, ni ne discute sur ce qu’il est probablement ; il remet le message tel qu’il l’a reçu. Ce n’est pas un système ni une fantaisie : c’est un fait. […]

Les porteurs de ce message se conduisent comme les hommes se conduisent en face d’un fait. Ce que l’on blâme dans la tradition catholique, l’autorité, le dogmatisme, le refus de se dédire ou de s’adapter, ne sont que des caractéristiques humaines naturelles d’un homme lorsqu’il est porteur d’un message relatif à un fait. […]

A bien regarder l’histoire religieuse du monde, il n’y a pas partage entre différentes tendances de mysticisme ou différentes formes de mythologie plus ou moins rationnelles. Il y a partage entre ceux d’une part qui portent cette nouvelle et ceux d’autre part qui ne l’ont pas encore entendue ou qui ne veulent pas encore la croire.

Ces coureurs ne cessent de prendre de l’élan par leur course même. Au fil des siècles ils parlent encore comme si quelque chose venait d’arriver. Ils n’ont rien perdu de leur rapidité et de leur élan de messagers ; ils ont encore le regard violent des témoins. L’Eglise catholique, qui est la cohorte des messagers, connaît encore ces élans spontanés de sainteté qui parlent d’une chose récente et brève ; une abnégation qui secoue le monde comme un suicide ; ce n’est pas sinistre ; c’est aussi gai que le saint François des oiseaux et des fleurs. Cela apporte plus de nouveau dans la vie de l’esprit que les écoles de pensée les plus modernes ; et, presque certainement, de nouveaux triomphes vont venir. Car ces hommes suivent une mère qui paraît chaque jour plus belle comme de nouvelles générations se lèvent et l’appellent bienheureuse. Nous pouvons nous laisser aller quelquefois à rêver que l’Eglise rajeunit comme le monde vieillit. »

Savoir dire merci ou l’art d’être héritier

Ma chère Bertille,

 

Ta lettre de remerciement pour les quelques jours passés ensemble pendant les vacances m’a beaucoup touchée. Savoir remercier avec autant de naturel et de simplicité est une vraie qualité que je t’encourage à cultiver ! Pourquoi ? Parce que celui qui sait dire merci se dispose à recevoir encore. On aime à donner à celui qui a un coeur reconnaissant ! Ta petite carte pleine de gratitude me donne bien envie de te proposer un autre séjour chez moi. Toi aussi, tu en as sans doute fait l’expérience : tu préfères aider quelqu’un qui saura te remercier qu’un ingrat qui te considère comme son serviteur. A celui qui sait remercier, on donne plus facilement. Parce que dire merci, c’est chasser la tristesse et s’ouvrir à la joie. Tu remercies pour un bienfait reçu, tu y concentres ton attention. Tu regardes donc ce qui est positif et détournes ton regard de tout ce qui ne va pas. Remercier, c’est cesser de se morfondre et trouver mille raisons dans la journée de se réjouir et de rendre grâce pour ce qui va bien. Celui qui remercie trouve plus que la joie, il a trouvé le chemin du bonheur : dire merci, c’est reconnaître que nous sommes débiteurs et que nous ne pouvons pas rendre de manière égale le bienfait reçu. Notre langue le manifeste dans l’expression « être à la merci », Notre-Dame de la Merci, libératrice des captifs. Dire merci, c’est avouer humblement que nous sommes et restons débiteurs, c’est être dans la vérité. Or, seule la vérité procure le bonheur.

Qui remercier ?

Tu connais cette phrase de saint Paul « Qu’as-tu que tu n’aies reçu ? Et si tu l’as reçu, pourquoi te glorifies-tu comme si tu ne l’avais pas reçu ?1 ». C’est si juste : tout nous a été donné. Nous avons des dettes incalculables envers Dieu, puisque de Lui découlent notre vie et tous les biens naturels et surnaturels, des dettes envers nos parents, envers notre pays… Si c’est à eux principalement que va notre reconnaissance, elle ne doit pas s’arrêter là : nous devons encore avoir de la gratitude envers nos ancêtres défunts, qui nous ont transmis un patrimoine familial, être reconnaissant envers nos maîtres : ceux qui nous apprirent à lire, écrire, penser, ceux qui éveillèrent en nous le goût des belles choses, qui surent développer nos talents. Nous devons être reconnaissants même envers notre patrimoine qui nous parle du passé : leçon de foi que ces cathédrales qui jalonnent notre sol français, leçon de contemplation que ces mélodies si pures du grégorien, empreintes de la méditation des chrétiens qui nous ont précédés, leçon d’histoire que ces vestiges des châteaux-forts, ces tranchées de la première guerre mondiale, ces monuments aux morts présents dans toutes nos villes : au prix de quel héroïsme la France a autrefois conservé ses frontières… La liste serait bien longue !

Comment remercier ?

Cette question te vient alors peut-être à l’esprit : comment remercier pour tant de bienfaits ? C’est simple : en sachant profiter des richesses qui nous sont offertes, en sachant être héritier. Remercier Dieu, c’est le prier dans le secret de ton cœur ou avec tous les chrétiens le dimanche et dans l’enthousiasme des pèlerinages, des processions. C’est avoir un cœur toujours disposé à recevoir sa grâce. Comment remercier ses parents et ceux qui nous font du bien ? Est-il besoin de répondre ? Tu trouveras mille moyens de leur faire plaisir : un service rendu sans qu’on nous l’ait demandé, un petit cadeau, un appel téléphonique ou une lettre quand on est loin de la maison… Tu sauras bien être inventive, si tu es reconnaissante !  

Comment remercier nos ancêtres pour l’héritage qu’ils nous ont transmis, cette civilisation chrétienne, ce beau pays de France ? En ayant de cesse de le découvrir ! Je sais que tu aimes te promener pour découvrir les beaux monuments qui sont près de chez toi. Cultive ce goût ! Sois curieuse de l’Histoire de France : cherche à savoir ce qui s’est passé dans la région où tu habites, qui a fréquenté ces lieux avant toi et l’héritage qu’ils y ont laissé. Et, puisque tu es un peu artiste, je ne peux que t’encourager à cultiver tes talents comme une héritière :

  • Aimes-tu dessiner ? Choisis un peintre célèbre, un maître, dont tu aimes les oeuvres et entraîne-toi à les imiter, tu apprenas beaucoup. Ne juge pas trop vite en disant « je n’aime pas du tout le style de tel grand peintre », prends le temps de le découvrir car, s’il a marqué l’histoire, c’est qu’il avait du génie. Après l’avoir découvert, tu pourras mieux le juger.

  • Aimes-tu la musique ? Il me semble d’ailleurs que tu joues d’un instrument. Profites-en pour interpréter les oeuvres célèbres des grands noms de la musique. Si tu apprécies davantage un compositeur, passionne-toi pour lui : écoute ses mélodies, assiste à des concerts, lis sa biographie… Tu es à l’âge des grandes passions qui vont forger ta vie !

  • Aimes-tu la nature, les animaux ? Renseigne-toi sur leurs moeurs, passe du temps à les observer, tu rendras hommage ainsi au Créateur, cultive un petit coin de jardin, réalise un herbier…

  • Je pourrais ainsi continuer longtemps une liste d’idées pour remercier, mais le mieux est sans doute qu’elles viennent de toi-même. Plus on apprend à dire merci, plus on trouve des moyens d’exprimer sa reconnaissance et d’être héritier. Que tes remerciements soient l’expression d’une attitude du cœur et pas une banale formule de politesse formulée à la va-vite. Tu possèderas ainsi la clé du bonheur et tu profiteras pleinement de toutes les richesses qui te sont offertes. Tu es à l’âge où ces découvertes façonnent une personnalité et te marqueront pour toute la vie… Sache en profiter !
  • A très bientôt, ma chère Bertille,

  • Anne

  •