Ave Generosa

« Le chant nous vient des anges, et la source des concerts est dans le Ciel »
René de Chateaubriant – Le Génie du Christianisme

Ave Generosa
Pour ce mois de mai, en l’honneur de la Très Sainte Vierge, cet hymne composé par la bienheureuse abbesse Hildegarde de Bingen, compositrice allemande du XIIe siècle, aux multiples talents.
Cet « Ave Generosa » vous est ici proposé en premier choix dans sa version intégrale grégorienne, et en second choix, pour le premier couplet, dans une interprétation harmonisée par Ola Gjelo.

  1. Ave, Generosa, Gloriosa et intacta puella. Tu pupilla castitatis, Tu materia sanctitatis, Quae Deo placuit.
  2. Nam haec superna infusio in te fuit, Quod supernum Verbum
    in te carnem induit.
  3. Tu candidum lilium, Quod Deus ante omnem creaturam inspexit.
  4. O pulcherrima et dulcissima, Quam valde Deus in te delectabatur, Cum amplexionem caloris sui in te posuit, Ita quod Filius ejus de te lactatus est.
  5. Venter enim tuus gaudium habuit, Cum omnis celestis symphonia de te sonuit, Quia, Virgo, Filium Dei portasti, Ubi castitas tua in Deo claruit.
  6. Viscera tua gaudium habuerunt, Sicut gramen, super quod ros cadit, Cum ei viriditatem infudit, Ut et in te factum est, O Mater omnis gaudii.
  7. Nunc omnis Ecclesia in gaudio rutilet Ac in symphonia sonet Propter dulcissima Virginem Et laudabilem Mariam, Dei Genitricem.
  1. Salut, ô généreuse,
    Glorieuse, et Immaculée, Toi jeune et chaste, Nature de sainteté, qui as plu à Dieu.
  2. Car cette infusion d’En-Haut vint en toi,
    et en toi le Verbe a pris chair.
  3. Toi, le lys éclatant de blancheur que Dieu a regardé avant toute créature.
  4. Toi, la plus belle et la plus suave, combien Dieu s’est plu en toi lorsqu’en toi Il a placé l’étreinte de sa chaleur et qu’ainsi son Fils s’est nourri de ton lait !
  5. Car ton coeur jubila lorsque toute la symphonie céleste retentit pour toi, car, Vierge, tu as porté le Fils de Dieu et ta chasteté a resplendi en Dieu.
  6. Tes entrailles se sont réjouies comme l’herbe recevant la rosée qui lui infuse la verdeur : il en fut de même en toi, ô Mère de toute joie.
  7. Que toute l’Église à présent exulte de joie, et fasse retentir sa symphonie pour la Vierge très suave, Marie, digne de louange, Mère de Dieu.
    Ave generosa • Hildegard von Bingen, Oxford Camerata, Jeremy Summerly
    Ave Generosa • Ola Gjeilo, Westminster Williamson Voices, James Jordan

Transmettre ou disparaître…

Martial et Jeanne interrogent leur papa : « Qui est à côté de grand-père sur la vieille photo ? Quand on est chez lui, pourquoi ne va-t-on pas à la messe avec lui ? Comment avez-vous rencontré maman ? Comment étais-je quand j’étais petit ? Est-ce qu’il y a toujours eu des méchants comme Mélenchon ? »

Ces questions sont des occasions rêvées d’enraciner les enfants dans une histoire familiale et nationale, une communauté et « des valeurs ». Savoir d’où nous venons pour savoir qui nous sommes.

La crise de la société ambiante

La crise de la transmission a touché l’Education Nationale comme toute la société : « individualisme, perte de la transcendance, utilitarisme, progressisme de pacotille1 » en sont les stigmates. Ne sommes-nous pas influencés nous aussi, parfois sans nous en rendre compte ?

Comment donner envie à nos enfants de s’engager vers la sainteté et pour le règne du Christ-Roi dans nos familles, nos métiers, nos villages, nos sociétés ?

Qui va préparer nos enfants à lutter contre la mondanité pour préparer un monde meilleur, c’est-à-dire plus chrétien ?

A quoi sert l’Histoire ?

Michel de Jaeghere2 explique de manière magistrale mais simple que l’Histoire, bien insérée dans notre éducation familiale et à l’école, est un remède radical et un atout formidable pour préparer l’avenir de nos enfants et de la société.

L’Histoire est un redoutable instrument de propagande entre les mains des puissants. Elle peut être l’instrument de notre asservissement. « Qui a le contrôle du présent a le contrôle du passé. Qui a le contrôle du passé a le contrôle de l’avenir » écrit G. Orwell3. Alors l’étude et la connaissance réelle du passé sont les plus sûres des défenses, des boucliers contre le mensonge.

L’Histoire enseigne le jeu des causes et des conséquences. Elle aiguise les esprits en leur donnant le sens de la nuance. Elle leur apprend l’importance des actions de la Providence et des circonstances, la complexité des choix et des situations. C’est une école de modération. Elle nous préserve de l’utopie.

L’Histoire nous donne l’occasion de fortifier nos âmes par la méditation de l’exemple de ses héros, de ses martyrs et de ses saints. Elle entretient en nous la vertu d’admiration. Elle nous donne à rêver sur le caractère miraculeux de l’aventure humaine et la beauté des civilisations, occasion d’exercer un sens critique sur les valeurs établies de notre propre époque.

L’Histoire a constitué les peuples (et la famille) auxquels nous appartenons, forgé le caractère des nations. Elle fonde l’amitié qui nous réunit.

L’Histoire nous montre aussi la fragilité des puissances temporelles, la brutalité des retournements de situation : c’est le lot commun de les supporter, il faut rester conscients que les succès sont temporaires.

L’Histoire nous met par là dans le coeur l’angoisse de servir nos patries et l’Église. Elle est pourtant une école d’espérance en nous montrant, dans le passé, les redressements spectaculaires qui ont pu s’opérer : la chrétienté après les invasions barbares, l’action de sainte Jeanne d’Arc et tant d’autres. Sachons lire les signes de la Providence et y coopérer !

Enfin, en nous rappelant ce que nous devons à nos pères, elle nous apprend d’abord ce que nous sommes. Ni un conglomérat de consommateurs, ni un élevage de lapins. Des héritiers d’un trésor qui nous dépasse et dont nous ne sommes que les dépositaires. Des fils à qui il n’a été donné, par grâce, d’être à leur tour des pères que pour transmettre le flambeau de la civilisation.

L’histoire concrète en famille

Insérons donc nos enfants dans la grande Histoire et dans l’histoire de notre famille pour en faire des héritiers et les bâtisseurs de demain !

Certaines familles transmettent un « livre de vie » de génération en génération. On y écrit le résumé des décisions ou étapes importantes de la famille : évènements familiaux, choix religieux ou professionnels avec leurs motivations, rencontres qui ont changé le cours de la vie.

D’autres familles vont écrire une généalogie, regrouper des photos anciennes (grâce à la numérisation) et y associer des commentaires, rédiger quelques épisodes marquants vécus par leurs aïeux, ou simplement raconter les histoires en regardant les photos. Les enfants aiment les images et ces évocations leur donnent du sens.

Pour votre histoire personnelle comme pour la grande Histoire, il sera bon d’expliquer. « Rappeler un évènement ne sert à rien, même pas à éviter qu’il ne se reproduise, si on ne l’explique pas. Il faut faire comprendre comment et pourquoi les choses arrivent. On découvre alors des complexités incompatibles avec le manichéisme purificateur de la commémoration. On entre surtout dans l’ordre du raisonnement qui est autre que celui des sentiments, et plus encore des bons sentiments4. » Ainsi, vos grandes décisions, celles de vos aïeux, bonnes ou mauvaises, peuvent servir à faire grandir vos enfants : métier, mariage, déménagement, conversion, rencontres frappantes, prêtres et amis qui vous ont marqués, épreuves ou succès… Tout est occasion de réflexion, selon les âges des enfants bien sûr.

Sans attendre de disposer d’un tel recueil personnel, équipez votre bibliothèque de nombreux albums historiques illustrés, de vies de héros et de saints, de romans historiques. Tous seront ainsi nourris dans leur imagination et leur envie de faire de grandes choses ! Prenez le temps de raconter une vie de saint ou un album aux enfants pendant le week-end ou le soir.

Cet été, profitons aussi de la chance d’avoir près de chez nous en France, quel que soit notre lieu de vacances, de multiples occasions de rendre nos enfants familiers de la grande Histoire : monuments, musées, églises, parcs et sites à visiter, spectacles historiques, même modestes. Tous les âges apprécieront ces sorties en famille, qui resteront de bons moments, au-delà de leur caractère formateur.

Hervé Lepère

1 « Transmettre ou disparaître. Manifeste d’un prof artisan » Ambroise Tournyol du Clos
2 « A quoi sert l’Histoire ? » aux éditions Contretemps – largement cité dans ce paragraphe.
3 G. Orwell a publié le 8 juin 1949 un roman d’anticipation sous le titre : 1984.
4 A. Prost cité par A. Tournyol du Clos

« Le Christianisme secondaire »

 

« Cherchez donc d’abord le royaume de Dieu et sa justice, toutes ces choses vous seront données comme de surcroît1. »

En énonçant cette parole, Notre-Seigneur nous demande d’avoir foi en la bonté paternelle de Dieu. Il nous fait une promesse. Si le désir foncier de nos âmes est de tendre vers Dieu, de nous attacher à Lui, de nous unir à Lui, d’accomplir sa volonté de tout notre cœur, nous n’avons pas à nous soucier alors des biens de ce monde que Dieu ne manquera pas de nous octroyer.

Notons que Notre-Seigneur ne nous dit pas de ne pas travailler pour nous procurer l’accessoire terrestre. Il nous indique seulement une priorité et cette priorité est celle du Royaume de Dieu et de sa justice sur les choses de ce monde. Or, dans un livre qui fut, à sa parution, hautement loué par Monseigneur Lefebvre, « Iota Unum » de Romano Amerio, la crise contemporaine que nous traversons au sein de l’Église, est partiellement expliquée par un retournement des finalités. La religion a été peu à peu considérée comme un moyen au service de la vie de l’homme sur la terre. L’indubitable effet civilisateur de la religion est devenu son but premier tandis que la recherche du Royaume de Dieu a été reléguée et oubliée. Le résultat est devant nos yeux : c’est la perte et de l’un et de l’autre. C’est ce renversement que Amerio appelle le « Christianisme secondaire ».

Nous chercherons à comprendre pourquoi l’inversion de ces deux finalités amène en réalité à les perdre l’une et l’autre, et nous montrerons pour cela que l’origine de cette inversion se trouve dans une baisse de la Foi (I). Mais cette diminution, alors même qu’elle provoque l’appât des biens terrestres, ne profite pas pour autant à la grandeur de la civilisation (II) ; ce qui s’explique (III).

I – La diminution de la Foi à l’origine de l’abandon de la recherche de Dieu

  • La Foi est une adhésion de notre esprit à tout le dépôt révélé confié par Notre-Seigneur à son Eglise. Elle croît et se fortifie à mesure que les vérités sont mieux connues et pénétrées et qu’elles inspirent plus profondément tout l’agir humain. C’est ainsi que la vie des saints s’explique entièrement par ces principes chrétiens auxquels l’âme s’est soumise. On voit par exemple très bien comment la vie d’un saint Paul se trouve en un seul instant définitivement changée par la voix du Christ qui frappe ses oreilles sur le chemin de Damas. Il n’a plus de cesse que d’aimer Dieu, de se consumer à son service et il ne sera satisfait que le jour où il ne vivra plus car ce sera le Christ et Lui seul qui vivra en lui2.

  • Si la Foi vive et intense engage l’homme dans une recherche toujours plus passionnée de Dieu et lui fait considérer comme rien tout ce qui n’est pas Dieu, sa diminution provoque, en sens contraire, une paresse et un ennui pour la vie spirituelle. La vie perd en unité car d’autres désirs s’éveillent, qui divisent l’âme et l’affaiblissent. Elle n’est plus dans cet unique élan qui l’orientait vers Dieu seul. Elle est disloquée ; elle part en des sens opposés. Le goût des choses de la terre lui fait perdre celui des choses du Ciel. Tiraillée entre l’un et l’autre, elle devient incapable d’une œuvre grande qui lui demanderait la concentration de toutes ses forces. On le comprend, l’alanguissement de la Foi provoque l’abandon de la recherche assoiffée de Dieu et de ces belles entreprises dans lesquelles on investit pour son honneur toute son existence.

  • La soif des biens terrestres prend peu à peu le pas sur la recherche du Royaume de Dieu. La prière diminue et se passe souvent à demander à Dieu les biens d’ici-bas. La religion est en passe de devenir un instrument au service du confort, du bien-être et des satisfactions de l’homme qui se matérialise. Poussée à ses extrêmes, cette mentalité aboutit au protestantisme qui considère la réussite terrestre comme le signe de la bénédiction divine, ou à la corruption horizontale que les saducéens se faisaient de la religion. C’est cependant un leurre, comme nous allons le dire maintenant, de croire que cette perte de la verticalité profite aux sociétés civiles.

II – Baisse religieuse et baisse de la civilisation

« A trop penser au Ciel et à son salut, on oublie la terre. » Cette idée est assez répandue. Les chrétiens sont des rêveurs qui oublient les contingences terrestres.

Est-ce vrai ? Nous affirmons que NON et nous disons au contraire que la baisse de la ferveur provoque toujours l’affaissement civilisateur. L’Histoire nous le montre et la Foi et la raison se donnent la main pour le manifester.

  • L’Histoire le montre. Lorsqu’en réalité la Foi diminue, son effet civilisateur se détériore aussi. Il suffit de comparer le magnifique héritage artistique venu de la « Haute Epoque » et de nous demander ce que, dans huit siècles, il restera des XXe et XXIe siècles. Il ne restera rien ou pour ainsi dire rien car notre époque s’est montrée inapte à produire de la beauté, toute axée qu’elle était vers les réalisations technologiques. Non seulement elle ne laissera aucun chef-d’oeuvre mais elle aura réussi à en salir ou à en dénaturer plus d’un.

  • Constatons même que le summum de l’indigence et du nihilisme culturel a été atteint par les pays sous régime communiste. C’est donc le marxisme, l’idéologie qui s’est la plus acharnée à délivrer les hommes de la religion au motif qu’elle les empêcherait de s’adonner à la construction de la cité terrestre, qui a donné la démonstration la plus convaincante de la stérilité civilisatrice du matérialisme.

III – La foi et la raison expliquent cette stérilité

  • La Foi, en communiquant aux hommes les mystères chrétiens, leur a donné une source intarissable d’inspiration. Une telle beauté se dégage des vérités révélées qu’elle s’est imposée comme le sujet préféré des artistes de toute l’époque chrétienne. Sans cesse et sans jamais se lasser, les muses se sont plu à célébrer les grandes scènes de l’Evangile et le terroir des pays chrétiens s’est trouvé imprégné jusque dans ses fibres les plus intimes de la vie de Jésus-Christ.

  • C’est encore la Foi qui a été à l’origine de tant et tant d’œuvres admirables de charité, de découvertes pour soulager les infirmités et la misère, d’expéditions lointaines pour porter l’Evangile, d’études patientes pour admirer la Création de Dieu.

  • Certes, tout cela n’était pas ce que la Foi recherchait en premier lieu. Elle ne voulait que fonder le Royaume de Dieu. Et pourtant, voilà tout ce surcroît qu’elle amena avec elle avec une telle abondance.

  • Et, sans qu’il soit utile d’insister maintenant, lorsqu’elle décroît, dépérissent avec elle tous ces effets civilisateurs.

  • La raison, quant à elle, nous apprend que l’ordre est une condition à la fécondité des êtres. Le désordre cause la faiblesse et détruit les forces vives. Mais le plus grand désordre consiste à perdre de vue la finalité de l’existence humaine qui est Dieu, vérité accessible même à la seule raison comme l’explique saint Paul au début de l’épître aux Romains. Cette perte du sens de l’existence de l’homme sur la terre amène son déboussolement. Ne se tournant plus vers Dieu, il se recherche lui-même, dans l’avidité de satisfaire tous ses désirs. Son énergie, parce qu’elle n’est plus orientée vers le bien ultime qui est Dieu, s’est, par voie de conséquence, également détournée du bien commun, du bien de la Cité. Elle se place au service lui-même ou à ce qu’elle pense être le service de lui-même. Mais si chacun n’a plus que la pensée de son égoïsme, il n’y a plus alors la possibilité de ces grands élans communs où les hommes unissent leurs forces et leurs talents pour édifier ce qui défiera les siècles.

Comprenons-le bien profondément. Notre génie, notre force, notre espérance, notre amour s’enracinent d’abord et avant tout dans notre Foi. C’est dans toute la mesure où les âmes sont intensément désireuses d’union à Dieu que, sans artifice, leur vitalité surnaturelle amènera comme naturellement le retour de la beauté et de la civilisation.

R.P. Joseph

1 Mat. VI, 33
2 Gal. II, 20

Editorial

Chers amis,

Pourquoi avons-nous tant de mal à nous montrer fiers d’être catholiques ? N’avons-nous pas la certitude que le combat a été remporté par Notre-Seigneur ? Ne disposons-nous pas d’une multitude de raisons solides qui affermissent nos convictions ? Notre histoire et notre culture chrétiennes, riches de tant d’exemples, ne nous donnent-elles pas une assurance unique ?

Nul ne peut honnêtement nier l’influence positive du catholicisme sur les sociétés ni l’immense rayonnement qu’il a exercé à travers le monde, dans tous les domaines : culture, art, éducation, médecine, justice, science… Celui qui souhaite approfondir trouvera aisément de quoi raviver une foi devenue parfois timide. Il suffit d’ouvrir une bibliothèque digne de ce nom pour mesurer combien l’action des catholiques a été bénéfique à la société. Vous en trouverez dans ce numéro un aperçu.

Faut-il attendre des événements marquants, comme l’incendie de Notre-Dame de Paris, pour nous rappeler les prodigieuses capacités de ceux qui ont consacré leurs forces, tant intellectuelles que spirituelles, à l’édification de ces témoignages de foi ? Les cathédrales majestueuses comme les humbles églises, élevées au cœur de nos villages par des mains souvent anonymes, en sont les preuves vivantes.

Ne devons-nous pas puiser dans ces témoignages des motifs de fierté — sans les confondre avec l’orgueil — et raviver notre foi en redécouvrant et en étudiant les racines de notre civilisation que personne ne parvient à faire disparaître malgré les attaques répétées depuis les origines du christianisme.

Pensons également aux épreuves traversées par les catholiques en pays communistes, dans ces lieux où aucun prêtre ne pouvait entrer et où, pourtant, la foi a été maintenue grâce à la communion spirituelle, à la contrition parfaite et à la prière persévérante. N’est-ce pas là le fruit d’une culture chrétienne fidèlement transmise de génération en génération ?

Soyons-en convaincus : le combat d’aujourd’hui mené contre le Christ, plus subtil et parfois insidieux, mais tout aussi réel, ne triomphera pas de la foi. La victoire est déjà acquise, et Dieu lui-même nous en a donné l’assurance. N’ayons donc pas peur d’être fiers de notre foi. La France a une âme et une âme chrétienne ! Ne l’oublions pas ! Nourrissons notre espérance par de saintes lectures et engageons-nous sans crainte du regard des hommes, afin de conduire toujours plus d’âmes à Dieu, dans la charité et la vérité.

« Les dix rois ont un seul et même dessein, et ils mettent au service de la bête leur puissance et leur autorité. Ils feront la guerre à l’Agneau, mais l’Agneau les vaincra, parce qu’il est Seigneur des seigneurs et Roi des rois, et ceux qui l’accompagnent sont les appelés, les élus et les fidèles1. »

Que pendant ces mois consacrés à Marie et au Sacré-Coeur, Notre-Dame des Foyers Ardents et Notre-Seigneur nous aident à acquérir un esprit conquérant, fondé sur les richesses de notre chrétienté, afin que nous soyons toujours plus fiers de servir le Christ vainqueur ! Comme sainte Jeanne : « Allons hardiment ! »

Bien amicalement,
Marie du Tertre

1 Apoc. XVI, 13-14