Pour les mamans!

Être le bon samaritain de tant de cœurs aigris, d’esprits inquiets, de consciences troubles ; avoir le respect délicat, la science des âmes ; s’efforcer de les pénétrer doucement, de leur verser goutte à goutte suivant leur degré de faiblesse ou l’acuité de leurs blessures, l’huile apaisante ou le vin fortifiant ; leur montrer Dieu rien qu’en le laissant rayonner hors de notre âme où il vit, se faire toute à tous et conquérir ainsi les cœurs à Jésus-Christ, voilà la tâche de l’apôtre, celle que j’accepte de vous malgré mon indignité, mon Dieu !
Élisabeth Leseur, Journal et pensées de chaque jour

Au temps de Pierrot et Colombine

Par les Compagnons de la chanson (sur un thème de la symphonie n°40 de Mozart)

Au temps de Pierrot et Colombine
Dans un monde moins fou qu’aujourd’hui
Pierrot n’avait pas d’automobile
Pour aller retrouver son amie
Il courait à perdre haleine
Sans s’arrêter aux fontaines
Il courait, courait, courait

Quand Pierrot retrouvait Colombine
Pour aller l’emmener dans les bois
Pierrot n’ayant pas d’automobile
Prenait sa douce amie par le bras
Et les mots lui venaient
Et les phrases tournaient
Et Pierrot bavardait, bavardait,
Sans penser à l’embrasser

Et sans automobile
Au bras de Colombine
Il prenait tout son temps, tout son temps
Pour lui offrir ses vingt ans

Quand Pierrot rêvait de Colombine
Qu’il savait toute seule à la ville
Pierrot n’ayant pas de téléphone
Pour pouvoir appeler la mignonne
Allumait une chandelle
Et couchait sur le papier
Les choses les plus belles

Et Pierrot tout entier à sa plume
Écrivait pour calmer son ardeur
Sous le regard distrait de la lune
Souriant devant tant de bonheur
Et les mots lui venaient
Et les phrases tournaient
Et son cœur chavirait, chavirait,
Dans le bleu de l’encrier
Et les mots voltigeaient
Et les phrases tournaient
Et quand venait le jour
Il restait plus de cent lettres d’amour

Quand Pierrot attendait Colombine
Qui faisait son travail à la ville
Pierrot n’avait pas d’électrophone
Pour tuer tout ce temps monotone
Il prenait sa mandoline
Composait des menuets, des jolies cavatines.

Quand Pierrot épousa Colombine
Il était poète et musicien
Colombine chantait dans sa cuisine
En faisant sa lessive et son pain

Et sans automobile
Amoureux et tranquilles
Ils prenaient tout leur temps, tout leur temps
Pour s’aimer éperdument

Et sans le téléphone,
Et sans électrophone,
Ils vécurent jusqu’à près de cent ans
Et ils eurent beaucoup d’enfants.

Au temps de Pierrot – Live à l’Olympia / 1983 • Les Compagnons De La Chanson

Héritiers

Chers Grands-parents,
« Le peuple qui a fait alliance avec Dieu aux Fonts Baptismaux de Reims se repentira et retournera à sa première vocation. Les mérites de tant de ses Fils qui prêchent la vérité de l’Evangile dans le monde presque entier et dont beaucoup l’ont scellée de leur sang, les prières de tant de Saints qui désirent ardemment avoir pour compagnons dans la Gloire Céleste les frères bien-aimés de leur patrie, la piété généreuse de tant de ses Fils, qui, sans s’arrêter à aucun sacrifice, pourvoient à la dignité du clergé et à la splendeur du culte catholique, et, par-dessus tout, les gémissements de tant de petits enfants qui, devant les Tabernacles, répandent leur âme dans les expressions que Dieu même met sur leurs lèvres, appelleront certainement sur cette nation les miséricordes Divines. Les fautes ne resteront pas impunies, mais elle ne périra jamais, la Fille de tant de mérites, de tant de soupirs et de tant de larmes. Un jour viendra, et nous espérons qu’il n’est pas très éloigné, où la France, comme Saül sur le chemin de Damas, sera enveloppée d’une Lumière Céleste et entendra une voix qui lui répètera : « Ma Fille, pourquoi Me persécutes-tu ? » Et, sur sa réponse : « Qui es-tu, Seigneur ? », la voix répliquera : « Je suis Jésus, que tu persécutes. Il t’est dur de regimber contre l’aiguillon, parce que, dans ton obstination, tu te ruines toi-même. » Et elle, tremblante, étonnée, dira : « Seigneur, que voulez-vous que je fasse ? » Et Lui : « Lève-toi, lave-toi des souillures qui t’ont défigurée, réveille dans ton sein les sentiments assoupis et le pacte de notre alliance, et va, Fille Aînée de l’Eglise, nation prédestinée, vase d’élection, va porter, comme par le passé, Mon Nom devant tous les peuples et devant les rois de la Terre. » (Saint Pie X)

Nous ne nous poserons pas la question des racines de notre pays, car il faut vraiment être de mauvaise foi pour nier que la chrétienté a joué un rôle majeur dans la constitution de la France… La négation de cette évidence vient d’une volonté délibérée anticatholique de créer une nouvelle France déracinée !

Ce déracinement couvre tous les aspects du spectre de notre culture.

D’abord religieux, quand les révolutionnaires ont décidé de chasser Dieu de France. L’ancienne France chrétienne a été arrachée par la violence lors de la Révolution française. Mais, comme elle était trop enracinée, il a fallu y revenir plusieurs fois. En 1905, la rupture était actée, mais les racines demeuraient par les multiples usages créés par la chrétienté. Ses ennemis se sont méthodiquement attaqués à tout ce qui rattachait l’homme à Dieu et à sa nature.

Nous n’en citerons que deux exemples :

  • Le mariage – bien que le divorce soit autorisé – demeurait la référence commune des familles, même non religieuses. Notre époque a inventé le pacte d’union civile pour les unions provisoires, mais cela ne suffisait pas ! On a inventé cette notion du « mariage pour tous ».

  • La différence entre les sexes – évidence pour tous – a été gommée ! Le mépris de la virilité et de la féminité – la femme doit être un homme comme les autres – a peu à peu permis d’atténuer les différences, que ce soit dans les tenues, les comportements ou la répartition des tâches domestiques. Petit à petit, l’évolution a pénétré les esprits : la place du père et celle de la mère ont été profondément modifiées, quels que soient les milieux, et on en est arrivé à nier le fait évident que les hommes et les femmes sont différents et que la réalité biologique n’est pas un choix subjectif.

On pourrait multiplier les exemples à l’envi tant est systématique la volonté de séparer l’être humain de ce qu’il doit être. Il ne doit plus être un héritier (le ministre de l’Éducation, Jean-Michel Blanquer, souhaitait que les enfants soient « déréférencés »). Il ne doit plus manifester sa foi. Il doit adhérer aux valeurs de la République que sont la tolérance, le droit au blasphème, le respect des choix d’autrui (avortement, homosexualité…). Une chaîne de télévision a été condamnée à 100000 € d’amende parce que l’un des chroniqueurs avait placé les avortements dans le taux de mortalité d’un pays. Le fait de critiquer l’homosexualité est condamnable pénalement ! On a le droit de tout dire, on a le droit de blasphémer, mais il est interdit de remettre en cause les « acquis sociétaux » !

Alors, que faire ?

Notre position de grands-parents, ayant connu une société qui avait gardé quelques traits de la civilisation chrétienne (mariage, pudeur, autorité), nous permet de témoigner de ce qu’elle devrait être. Sans être très âgé, j’ai connu de vrais chefs de famille (il en reste heureusement). Je me souviens de l’ensemble du village se rendant à l’église le dimanche matin ; j’ai vu le divorce, jusque-là exceptionnel, entrer en force dans les familles ! J’ai connu un président de la République que l’avortement révulsait !

Alors, gardons et transmettons les marques de la civilisation. Nous sommes français et catholiques ; nous ne devons donc pas vivre comme ceux qui ne croient à rien ! Maintenons dans nos familles les belles vertus qui ont fait la force de notre patrie : le mariage, l’amour des enfants, la prière, la virilité chez les garçons, la féminité chez les filles, l’autorité, la pudeur1… toutes choses que nous a enseignées notre sainte religion et qui sont attaquées avec persévérance par nos semblables. Il ne s’agit pas d’être bizarres ni de vivre comme il y a 100 ans ! Cela ne serait pas compris par nos contemporains – que ce soit dans les attitudes, la tenue ou les comportements –, mais comprenons à quel point la modernité cherche à nous imposer des codes qui, tous, nous éloignent de la culture chrétienne.

Soyons des réactionnaires ! Souhaitons revenir à l’ordre catholique sur lequel s’est fondée notre civilisation ! Et soyons-en fiers ! Le père de Foucauld disait – et cela peut surprendre – qu’il avait eu plus à enseigner la fierté que l’humilité aux catholiques d’Afrique… N’en sommes-nous pas là ?

Prions notre bonne patronne, sainte Anne, de nous aider à rester fidèles et à reconstruire et transmettre notre belle civilisation chrétienne.

Des grands-parents

1 A Fatima, Notre Dame a déclaré « il y aura des modes horribles qui blesseront mon Cœur Immaculé ». Il ne s’agit évidemment pas de la tenue dans les nations païennes mais bien de celle des familles catholiques !

Une pochette en deux coutures


Chères couturières,
Bientôt les vacances, les départs en camp. Où ranger les affaires de toilette ? Vous cherchez une petite attention pour les maîtresses de vos enfants : une petite trousse pour son indispensable crayon rouge et son stylo à encre ? Une petite pochette pour le beau chapelet reçu à la première communion de votre grand garçon ? Voici un patron de pochette soignée et très rapide ! Une chute de tissu et deux coutures, voici votre pochette doublée, s’il vous plaît !
Bonne couture !
Atelier couture

La maison

Que dire d’une terre qui serait vierge de toute habitation ? Elle serait belle sans doute, sous la lumière révélant ses contours et ses couleurs, mais vide de toute civilisation, de toute culture, de toute vie humaine. Aussi viens-je te chanter nos maisons qui montrent ce que les anciens ont bâti, au sens vrai et au sens moral.
Maisons d’ici-bas

Au début de brandes et de bois, puis de pierres avec un intérieur de plus en plus abouti, nos maisons ont longtemps suivi le développement de notre civilisation, selon le climat et le sol, sorties de terres d’où elles semblent plantées, témoignant du savoir-faire humain et de l’ingéniosité acquise au fil des siècles. Mais surtout, elles ont veillé à protéger leurs habitants, à leur transmettre une âme.
Depuis plusieurs années elles obéissent à des modes, des injonctions ou des lubies, et perdent leur rôle ancestral.
Maison d’ici-bas


Ainsi la maison n’est pas qu’une architecture, ou le témoignage d’une réussite sociale, mais avant tout un lieu presque sacré (les Romains le savaient bien avec l’autel des dieux lares, dieux du foyer). Un lieu où l’harmonie choisie doit préparer et entretenir l’entente entre tous ceux qui y vivent. Il est donc important de choisir une maison à sa taille où chacun aura de la place pour son équilibre nerveux – même si le confort est moindre – et qui ne nous mangera pas par la fatigue ou la charge financière.
Maison d’ici-bas

Une maison où l’épouse reine du foyer veillera à la beauté simple, avec bon goût et esprit pratique pour que l’œil et l’âme s’y reposent. Une maison port d’attache de la famille, accueillante, reflétant un cœur ouvert pour ceux qui y vivent au quotidien, y rentrent le soir, y reviennent à l’âge adulte, y viennent en amis, ou en hôtes de passage. Une telle maison reste inscrite au fond de la mémoire, avec ses bruits, ses odeurs, son atmosphère.
Maison d’ici-bas


Une maison où chacun sait qu’il sera compris, écouté, pardonné, dont l’ambiance est paisible, où l’on sait se retrouver, rire et prier, expliquer et comprendre. Une maison qui reflète, à son échelle, l’esprit de bonté de l’Eglise car les principes évangéliques y sont vécus, mais n’est pas pour autant un petit monastère, chacun y vivant selon son devoir d’état.
Une maison où chacun se gêne un peu pour l’autre, où il est habituel d’improviser avec chaleur et bonne humeur un couvert, un couchage.
Maison d’ici-bas


Une maison où ce qui est laid, immoral, dangereux pour les âmes, est banni, où Dieu est chez lui de manière familière. Une maison qui recentre sur l’essentiel par sa beauté et son agencement simples, harmonieux. Une maison qui dit l’histoire d’une famille, d’un terroir, de notre France.
Une maison qu’il faudra savoir au dernier jour quitter et qui, si nous l’avons bien pensée, nous aura préparés à notre demeure éternelle, notre
Maison d’En-Haut.


Jeanne de Thuringe