L’Evangile : LE guide pratique de la communication réelle (suite 3)

A la suite des précédents articles publiés sur ce thème1, nous étudions maintenant le 4e geste :
Ecouter sans juger !

« Ecouter. » On approche ici la perle la plus rare et précieuse de la communication entre les hommes sous toutes les latitudes et de tout temps. La vraie, la grande, la généreuse, la véritable écoute. Dans son épître ; saint Jacques donne ce conseil : « Que l’homme soit prompt à écouter, lent à parler, lent à se mettre en colère2. »

Et nous ? Sommes-nous celui qui :

  • Reçoit et abandonne ?
  • Reçoit et relativise ?
  • Investit, reçoit, aime et distribue en abondance ?

« Abandonner… » « Relativiser… » « Aimer… » Trois verbes qui révèlent notre aptitude à cet acte de communication majeure concrétisé par l’écoute.

L’exemple de Notre-Seigneur
Pas de plus bel exemple d’approche que le recrutement par Jésus de ses apôtres. Il observe, perçoit les personnalités, et approche des tempéraments tous plus différents les uns que les autres : un saint Pierre énergique et impétueux, un saint Jean, doux et paisible. Il sait les toucher, transpercer leur cœur et leur âme. Il écoute et sauve in extremis celui qui l’implore, parce qu’il sait sonder la profondeur inaltérable des âmes. Il s’adresse à elles et dira à la femme adultère avec amour : « Va et ne pêche plus4

Examinons-nous
On remarque que Jésus en écoutant, nous enjoint avec fermeté : « Ne jugez point, et vous ne serez point jugés ; ne condamnez point, et vous ne serez point condamnés ; remettez et il vous sera remis5.» Et comme pour mieux souligner le caractère impératif de cette attention portée à son prochain, Dieu lui-même ordonne : « Celui-ci est mon fils bien aimé, écoutez-le !6 » Quel exercice subtil et généreux que celui de l’écoute si délicat, et pourtant tellement apprécié par chacun ! Voilà une pratique de plus en plus étrangère à nos mentalités bavardes et peu attentives. Combien de nos contemporains en souffrent-ils secrètement ? Et pourtant, notre cœur, stimulé par notre intelligence, est certainement le mieux à même pour être attentif généreusement.

En pratique, que faire ?
Mais, comment bien écouter pour pouvoir ensuite transmettre les paroles de vérité adaptées à chacun ? Comment s’efforcer d’éviter de porter des jugements ? Comment mettre de côté, pour un moment, son habituel « cadre de références », ses convictions fermes, pour se contraindre à être attentif ? Pour cela il faut déjà comprendre d’où vient celui que nous écoutons, saisir ses souffrances, entendre son avis avec compréhension en vérifiant au besoin que nous avons la même définition des mots, être attentif à ses émotions quand bien même ses propos seraient diamétralement opposés à notre opinion.

Ecouter ainsi implique une vraie discipline personnelle où la raison et l’émotion sont bridées au profit de la sauvegarde impérative de l’écoute avec le souci de chercher à comprendre son interlocuteur au-delà des apparences. Pour cela, apprenons à nous taire pour véritablement accueillir l’autre. Exerçons-nous à acquérir la confiance en nous pour éviter la tentation de la susceptibilité et ne pas nous sentir personnellement concernés par un point de vue aussi contraire nous soit-il. Maîtrisons nos émotions pour être en capacité d’entendre des avis très différents sans nécessairement réagir. La réplique ne favorise pas une écoute constructive. C’est un véritable apprentissage constant de la maîtrise de soi. Aimons et favorisons cet acte de coopération, cet échange d’idées et d’opinions, et montrons-le par notre regard intéressé, notre sourire bienveillant et par toute notre attitude. On le voit, cela n’a rien à voir avec les joutes oratoires, les débats creux, vaniteux que nous offrent les médias singulièrement pendant les périodes électorales.
Ecouter, c’est écouter les âmes. La véritable écoute du prochain est un acte de justice et d’équité consistant vraiment « à traiter différemment ce qui est inégal » selon l’expression de Chesterton. « Comprenez…7 » recommande Jésus ! Là où commence notre jugement (souvent péremptoire) s’arrête notre compréhension. Être sûr d’avoir toujours raison est opposé à la vertu de l’écoute : « Ceux qui ont reçu la semence », précise Jésus « sont ceux qui écoutent8. »

Pour aller plus loin et progresser
Donnons pour terminer quelques recommandations pratiques sur les attitudes à adopter à propos de ce quatrième geste. Remarquons tout d’abord que Jésus regarde son interlocuteur, il ne fait rien d’autre : il est vraiment attentif. Arrêtons donc impérativement de faire ce que l’on fait, surtout si l’on est sur son portable ou son ordinateur. Cette situation est extrêmement désobligeante et pourtant si courante de nos jours ! Voilà un point de vigilance majeur à respecter. Centrions toute notre attention uniquement sur notre interlocuteur et non sur nos propres ressentis ou opinions. Montrons-lui notre attention par une attitude qui manifeste notre intérêt. Repérons ses attitudes « non verbales » souvent révélatrices : clignement des yeux, froncements de sourcils, pincement de nez, etc. C’est en prenant soin de ce comportement volontairement communicatif, que Jésus va au-devant des malades, des enfants, des affligés, des riches. Il anticipe les besoins d’écoute de ses contemporains, avant même qu’ils ne se soient manifestés. Un léger et simple toucher de son vêtement lui suffit pour comprendre l’appel de « l’hémorroïsse9 ».

L’écoute n’est jamais une attitude passive, bien au contraire, elle exige beaucoup d’énergie, de concentration et d’effort d’attention. C’est peut-être une des attitudes communicatives les plus éprouvantes. Le curé d’Ars en savait quelque chose, lui qui restait des heures et des heures au confessionnal. On recommande d’ailleurs à ceux qui pratiquent souvent cet exercice, de suivre l’exemple de Notre-Seigneur, qui entrecoupait sa vie publique de grands moments de prière et de solitude réparatrices. L’écoute est une forme d’ascèse. Elle devrait être une pratique habituelle de tout chrétien qui se veut apôtre de sa foi. Ecouter, en effet, c’est respecter à la lettre le message principal de Jésus : « Il n’y a pas de plus bel amour que de donner sa vie pour ceux que l’on aime10. »

En pratique, il est facile de constater qu’il n’existe pas d’acte de communication plus efficace et surtout plus apprécié que d’écouter son conjoint, ses enfants, ses collègues, ses assistants et ses supérieurs.

RESOLUTION PRATIQUE : Ecouter sans me laisser tromper par des jugements téméraires. Pour m’y aider, je prends modèle sur le comportement qu’eut Jésus avec Nicodème et la Samaritaine.

ENGAGEMENT SPIRITUEL : une dizaine d’AVE – 4e mystère joyeux – Le recouvrement de Jésus au temple. « Ecouter et comprendre ». Les dignitaires du temple écoutèrent attentivement un enfant qui n’avait que douze ans ! Certains d’entre eux comprirent qu’ils faisaient là une rencontre exceptionnelle. « Qui est cet enfant ? » Pour le savoir, il faut écouter au-delà des apparences, ouvrir en grand l’intelligence de son cœur.

Frère Charles de Foucauld (cordigère capucin)


1 FA 54 : introduction et 1er geste, « Faire le 1er pas »
FA 55 : 2e geste, « Demander service »
FA 56 : 3e geste, « Donner de son temps »
2 Saint Jacques I, 19.
4 Jn 8, 11
5 Lc 6,37
6 Mc 9, 7
7 Mt 13,18
8 Mt 13 ,23
9 Lc 8, 43, 48
10 Jn 15, 13

 

Le peuple bâtisseur

Peu de gens savent comment nos anciens ont élevé à la gloire de Dieu les innombrables églises romanes qui dressent encore leur clocher dans beaucoup de nos villages. Bienheureux XIIe siècle qui fut témoin peut-être du plus grand foisonnement de constructions religieuses de toute l’histoire de l’humanité ! Ne vous êtes-vous jamais demandé comment de si petits villages pouvaient s’enorgueillir d’avoir en leur centre une église romane si imposante ? Dans un pays de laboureurs, d’où venaient les milliers de bâtisseurs qui ont élevé les cathédrales gothiques dans le cœur des villes ? Les bâtisseurs des cathédrales sont les fils des bâtisseurs des églises romanes de nos villages.
En ces temps pas si lointains aux yeux de Dieu, le christianisme avait achevé de conquérir les cœurs dans toutes les campagnes. La sainte religion imprégnait toute la société. Le paganisme avait été chassé. Les grandes hérésies des premiers siècles achevaient de s’éteindre. L’Eglise, portée par l’élan de ses saints, guidée par la foi forte de ses papes et des évêques, nourrie de la prière et du travail de ses moines, protégée par l’épée du roi, irriguait toute la France. Comme un aimant dans la limaille de fer, elle ordonnait chaque élément en un ensemble harmonieux. Oh non, tout n’était pas parfait. Loin de là ! Mais il y avait une lumière qui éclairait le monde sans obstacle. Dieu, dans sa bonté, permit que le climat fût plus clément, la paix capétienne permettait au peuple de France de prospérer. Alors, le miracle advint !


Renaud était fils de laboureur, comme beaucoup de son siècle. Le jeune garçon qu’il fut avait poussé la charrue dans les champs et fouetté les bœufs pour que le soc fendît la terre. Il avait jeté à grandes poignées la semence dans les sillons, comme autant de vœux tournés vers le futur. La terre était son monde. Jusqu’à cette année-là : sur le chemin, le jeune Renaud aperçut une petite troupe. Ils étaient bien trente. Il reconnut aussitôt Gilbert, le fils de la ferme du Pont ; Aude, Jeanne et le Grand Jacques, de la ferme du Grand-Chêne ; Geoffroy et Thibaude, avec leurs deux jeunes bambins, qui venaient du hameau de l’autre côté du bois. Il y avait aussi Aubin, Benoîte et Germaine, des Hauts-Champs ; Robert, de la Source ; Jean, le fils du vannier ; Michel, celui du tanneur ; Paul, celui du maréchal-ferrant ; Pierre et André, les deux jeunes fils des Peupliers ; Agathe et Lucie, les filles du meunier. Et ils chantaient tous, allant de ferme en ferme en récitant tantôt un salve, tantôt un ave, tantôt un psaume, tantôt une chanson du pays, ils chantaient pour que tout le monde les rejoignît et allât avec eux jusqu’au bourg pour y bâtir une église.
Comme dans tous les villages du pays, les campagnes chantaient sur les chemins, poussant leurs chariots et leurs marmots, pour élever les églises de pierre. Renaud avait quinze ans. Le grand Jacques le héla :

  • Renaud ! Viens avec nous ! Nous allons bâtir une église pour le Seigneur Jésus !
  • Une église ? Mais nous en avons déjà une !
  • Oui, mais une petite église de bois. Non, Renaud, nous parlons d’une église de pierre, une vraie église, répondit le grand Jacques, le regard vif, pétillant.

Derrière lui, la jeune Aude ajouta :

  • S’il te plaît, Renaud, nous avons besoin de toi ! Tous les autres villages construisent eux aussi une nouvelle église. Viens ! Pour Dieu !


Cela était si vrai ! Dieu aimait les hommes. Et les hommes ne lui érigeraient que des temples de bois ? Les temps de disette étaient finis, les campagnes débordaient de vie et de foi, le temps était venu de rendre à Dieu un vrai témoignage de reconnaissance pour tous ses bienfaits et de bâtir des églises de pierres à la place des églises de bois, pour l’éternité. Alors Renaud se tourna vers son père. Le vieux laboureur lui sourit, et tout en l’embrassant, la voix brisée par l’émotion, lui souffla :

  • Va, fils ! Pour le Seigneur Jésus !


Alors, le cœur dilaté par la joie, le jeune garçon rejoignit la troupe et mêla sa voix à leur chant :

Debout peuple de la terre,
Elève face au ciel tes églises de pierre !
Debout peuple de laboureurs,
Dresse la demeure de ton honneur.
Debout peuple en prière,
Bâtis les temples de lumière !
Debout peuple du divin amour,
Touche le ciel de tes hautes tours !
Debout peuple de France,
Construis les palais de l’Espérance.


Le beau XIIe siècle chantait tandis qu’il érigeait ses clochers au-dessus de ses champs de blé, tandis qu’il élevait ses grandes nefs pour envelopper le mystère divin de la messe. Chaque village se dota de son église romane, même les plus petits hameaux eurent leur chapelle, avec son abside ronde tournée vers l’Orient. Les volontaires se rassemblaient sur la place du village, les chariots en cercle. Puis, au rythme des heures de prières, ils travaillaient. Tout le peuple de France se leva dans un élan spirituel, spontané, gratuit, inouï, pour bâtir ses églises. Jamais depuis l’origine du monde une telle chose ne s’était produite et ne se produisit depuis.


En 2026, nous sommes les héritiers de ce peuple bâtisseur. Dans nos cœurs, dans nos familles, autour de nous, érigeons les cathédrales de la Charité !


Louis d’Henriques

Eduquer, c’est transmettre

 

Transmettre est une manière d’aimer ; aimer ce qu’on transmet et aimer celui à qui on transmet… Sans la transmission nous serions toujours à l’âge de pierre. Nous avons un devoir de transmettre non seulement notre savoir‑faire, mais aussi notre « savoir‑être ».

Importance du climat

Lorsque nous voulons faire pousser une graine, que faisons‑nous ? Agissons‑nous sur le germe ? Non, il renferme mystérieusement toutes ses capacités. Il faut essentiellement un climat : pluie, vent, soleil, froid, chaud, jours et nuits avec leurs alternances permettent le développement des possibilités contenues dans le germe. Grâce aux racines, secrètes, cachées dans la terre, grâce aux feuilles, le germe puise dans l’invisible et le visible tout ce qui s’offre de propice à son développement. On pourrait presque dire : telle est la terre, tel est l’air, telle sera la plante.

Il en est de même en éducation. C’est le climat familial qui orientera le tout jeune enfant ; et l’élément indispensable au climat : la Foi. L’enfant possède en lui d’immenses possibilités que l’on peut imaginer au point de vue de son corps, mais nous les ignorons au point de vue de son âme. L’art consistera, pour le corps, à l’entourer des soins qu’une mère sait prodiguer à son tout petit ; et pour l’âme, à mettre une atmosphère au foyer afin que l’enfant y pui-sse l’invisible et le visible par cet instinct merveilleux dont l’a doué le Créateur. Le jeune enfant n’est guère sensible au raisonnement ; en revanche, avec quelle finesse il surprend les moindres intonations de la voix ou les expressions du visage !

Les paroles de semonce, extérieures à l’enfant, le touchent peu, contrairement aux actions de ses parents, aux attitudes, reflets de leur foi qui l’imprègneront des substances nécessaires à son bon développement. Ce qu’est notre cœur, ce qu’est notre foyer, voilà ce que seront nos enfants. Pour sa famille, la mère est « ministre de la Joie », son sourire fait plus de conquêtes que tous les discours, il est le reflet de son cœur. Une joie rayonnante est le premier aspect d’un foyer profondément chrétien.

Plus le foyer sera attirant, rayonnant de toute sa foi, plus le père pourra obtenir de tous les renoncements nécessaires et souvent générateurs de dépassements. Le foyer doit rechercher son épanouissement : la joie de surmonter les difficultés, la joie d’un effort commun. On pourrait même oser dire que le triomphe d’une famille serait d’être très aimée par des enfants qui ne sont jamais gâtés, et qui aiment donc leur foyer pour des raisons supérieures aux avantages matériels qu’ils en tirent. Le premier dépôt fait aux parents chrétiens n’est‑il pas de transmettre le trésor de leur foi catholique ?

L’histoire

Il est très amusant, pour des enfants, d’entendre leur père ou leur mère raconter leur enfance. Et oui, Papa et Maman ont été, eux aussi, des enfants ! On remonte parfois à plusieurs générations en arrière, pour expliquer qu’en partant en vacances, on se serrait à l’arrière de la voiture pour faire rentrer tout le monde, et qu’il n’y avait même pas de siège‑auto, ni même de ceintures de sécurité. Mais à cette époque‑là, les voitures roulaient beaucoup moins vite !

L’histoire, celle de la famille que le père ou la mère raconte au fur et à mesure des occasions, celle de la terre où l’enfance a pris racine, où sont ancrés les souvenirs, les habitudes, les traditions, un patois, une manière de vivre, une maison chaleureuse où les grands‑parents peuvent encore accueillir… Tout cela forme des racines à l’histoire de l’enfant qui s’attachera, lui aussi, à ces liens qui le rassurent.

Il y a aussi les récits de l’Histoire Sainte, la Création, Adam et Eve, Noé, Moïse…. La Sainte Vierge, Noël, quelques miracles, la Passion que l’on aura racontée dans une belle Michèle de Pain bien illustrée. Le calendrier liturgique sera une bonne occasion d’enrichir ces récits chaque année.

Un jeune enfant aime les histoires, entre 3 et 8 ans il est doté d’une excellente mémoire et aime qu’on les raconte toujours « de la même façon », mais on peut à chaque fois y ajouter quelques informations supplémentaires et enrichir le vocabulaire du récit.

Apprendre à aimer son pays

C’est aussi le bon âge pour lui raconter l’histoire de son pays : Clovis, Charlemagne, saint Louis, sainte Jeanne d’Arc, Henri IV, Louis XIV, quelques scènes des guerres de Vendée… Il ne s’agit pas encore de tisser un lien chronologique entre ces scènes, l’enfant n’est capable que d’écouter une histoire qui ravit son coeur et son imagination. Ces récits éveilleront en lui l’amour de son pays, à travers la grande Histoire où Dieu est le premier personnage.

Le goût du livre

L’enfant qui voit ses parents lire des livres, et auquel on aura raconté de belles histoires, et offert de beaux livres avec de belles images, prendra tout naturellement goût à la lecture. Il sera curieux de découvrir et d’apprendre par lui‑même. Il recherchera de quoi enrichir ses petites connaissances par de beaux récits historiques ou littéraires, en s’attachant à la langue française ainsi qu’à tout ce qui aura fait la gloire de son pays, et peut‑être aussi la valeur de certains membres de sa famille. Il a besoin, pour se construire, d’admirer, d’aimer et de respecter sa patrie, ainsi que l’histoire de sa famille.

L’histoire d’un peuple ne s’apprend pas seulement dans les livres ou sur les bancs de l’école, mais « sur les routes de France, dans ses hauts lieux, dans ses pèlerinages, à Reims où furent sacrés nos rois, à Rouen où Jeanne fut brûlée, le long de nos calvaires et de nos cathédrales. C’est ainsi qu’un peuple apprend sa race, son sol, son histoire. Pour aimer un pays, il faut le connaître charnellement1. » Profitons donc des vacances ou d’un déplacement en famille pour visiter nos belles régions de France, et tout ce qui a contribué à la puissance de notre pays, des forteresses médiévales dominant les collines aux palais raffinés si bien mis en valeur au cœur de leurs jardins à la française. Allons respirer l’air parfumé de thym dans la garrigue aussi bien que l’arôme des sapins dans la forêt vosgienne. Il est si vrai que pour aimer, il faut d’abord connaître et admirer !

Sophie de Lédinghen

1 G. Le Bourgeois

Actualités culturelles

  • Cité du Vatican (Italie)
    C’est en 1967 que l’intellectuel et politicien espagnol José Sanchez de Muniain offrit au pape Paul VI un petit tableau de 45×29 cm représentant un visage de Christ. Celui-ci ne semblait pas présenter d’intérêt artistique particulier et l’oeuvre fut accrochée au mur de la salle des ambassadeurs du palais apostolique. Suite à une campagne de restauration, les spécialistes se sont aperçus que le visage de Jésus avait été retouché maintes fois de façon assez maladroite. En retirant ces repeints (datant probablement des années 1960), la vérité est apparue : il s’agissait en réalité d’une œuvre du célèbre Greco (1541-1614), peintre crétois célèbre pour ses visages allongés à la mode byzantine ! Inachevée, la figure du Christ recouvre elle-même d’autres esquisses du maître. Cette huile sur toile intitulée Le Rédempteur date très certainement des années 1590-1595, époque où Le Greco vivait à Tolède. Elle est exposée jusqu’au 30 juin prochain au palais pontifical de Castel Gandolfo.
  • Paris (France)
    Né en 1825 et mort en 1905, William Bouguereau fut l’un des peintres académiques français les plus réputés du XIXe siècle. Connu et apprécié jusqu’aux Etats-Unis, il réalisa des décors peints pour plusieurs églises de Paris. C’est le cas de l’église Saint-Vincent de Paul, construite entre 1824 et 1844 dans le Xe arrondissement ; on peut y admirer la chapelle de la Vierge, ajoutée en 1869 et ornée d’un splendide cycle peint sur la vie de la Vierge Marie. Réalisé par Bouguereau, cet ensemble magnifique est composé de huit toiles marouflées où l’on reconnaît la maîtrise technique et le style réaliste du peintre. Malheureusement, le temps, l’humidité et la fumée abimèrent ces toiles qui devinrent considérablement noircies et jaunies. Ceci explique la campagne de restauration lancée ces dernières années : dans un premier temps, la toiture en cuivre de la chapelle fut entièrement rénovée (2021) afin d’éviter de nouvelles altérations. Puis six des huit toiles furent reprises une à une : L’adoration des bergers et La Visitation en 2023, L’adoration des mages et La fuite en Egypte en 2024, et enfin Le Christ rencontrant sa mère sur le chemin du Calvaire et La Vierge, Saint Jean et Madeleine au pied de la Croix en 2025. Depuis le début de l’année 2026, il est donc possible d’admirer de nouveau ce bel ensemble, témoin de ce que fut la peinture religieuse en France au XIXe siècle. Espérons que les fonds nécessaires pourront être récoltés pour que L’Annonciation et Le mariage de la Vierge puissent à leur tour retrouver leurs couleurs et leur éclat.
  • Rome (Italie)
    Voilà une dizaine d’années que la chercheuse italienne Valentina Salerno concentre ses recherches sur Michel-Ange, illustre et exceptionnel artiste de la Renaissance. Ces travaux acharnés l’ont conduite du Vatican à Paris en passant par les plus grandes villes d’Europe et l’ont menée à la découverte d’un certain nombre d’archives inédites. Parmi celles-ci, elle affirme avoir trouvé la preuve que Michel-Ange aurait caché un certain nombre d’œuvres dans une pièce secrète qui, selon la chercheuse, existerait toujours ! Cette dissimulation s’expliquerait par la volonté de l’artiste de préserver ses créations pour la postérité. La cachette était surveillée par les élèves de Michel-Ange et ne pouvait s’ouvrir qu’avec une multitude de clés, évitant ainsi qu’une seule personne y pénètre au détriment des autres. Valentina Salerno estime que la pièce secrète se trouve quelque part dans la basilique Saint-Pierre-aux-Liens de Rome (où se dresse également le célèbre Tombeau de Jules II sculpté par Michel-Ange en 1505). Une hypothèse digne d’exciter l’imagination des plus grands chercheurs de trésors !
    Lors de ses recherches, elle a également trouvé des documents permettant d’attribuer à Michel-Ange un buste du Christ-Sauveur situé dans la basilique Sant’Agnese de Rome.
  • Saint-Denis (France)
    Depuis quelques mois déjà, le chantier de reconstruction de la tour nord et de la flèche de la basilique Saint-Denis a débuté. Par la même occasion, il est devenu possible de visiter « la fabrique de la flèche », ce qui permet d’assister en direct au travail de reconstitution des artisans. Une occasion unique de s’immerger dans un chantier médiéval et d’en comprendre l’ampleur par un contact direct avec les tailleurs de pierre, forgerons, etc. Au-delà de ce « village des artisans », une exposition permanente intitulée « une flèche pour Saint-Denis » retrace l’histoire de la basilique, de sa flèche et des grands chantiers médiévaux à l’aide de maquettes, de vidéos et de dispositifs interactifs. Une salle de réalité virtuelle permet de se mettre dans la peau d’un bâtisseur de cathédrale pendant quelques minutes. Quant aux enfants, ils ne sont pas oubliés puisqu’un espace leur est dédié avec des ateliers créatifs et des activités adaptées aux différents âges pour leur faire découvrir les métiers artisanaux.

L’entretien estival des bottes d’hiver


Le printemps est là et les températures remontent !
Il est temps de ranger quelques éléments de la garde-robe hivernale, et en particulier, pour celles qui en portent, les bottes montantes.
Afin de les garantir durant cette période de « chômage », pensez à les nettoyer, les cirer soigneusement, et – astuce ! – roulez dans chaque botte un magazine qui fera office d’embauchoir, afin de préserver la tige et le cuir des bottes.
Et pensez à bien les abriter de la poussière en les emballant dans un sac en papier ou en tissu non synthétique, à l’abri de la lumière.
Vous serez ainsi assurées de retrouver vos bottes pimpantes pour la prochaine saison.
Je le redis : que les championnes de l’organisation n’hésitent pas à partager leurs trésors d’organisation en écrivant au journal. Partageons nos talents…