Le style des années 1925-1930: « L’art Déco »

           Après la terrible guerre de 1914, la société réagit, comme à l’habituée postérieurement à des périodes très sombres, avec une explosion de jouissance, d’extravagance et de libertinage. Les arts, les modes, le goût et les mœurs sont donc bouleversés pour un temps. L’époque qui nous intéresse en est une parfaite illustration ; elle culmine avec l’Exposition des Arts Décoratifs à Paris en 1925, et va s’assombrir avec l’arrivée d’Hitler au pouvoir en 1933.

  Dans un temps donc relativement court, va se développer une profusion d’idées décoratives utilisant des matériaux luxueux et sans unité.

  C’est ainsi que la plupart des ébénistes et décorateurs des années « folles » cherchent à renouer avec la grande tradition du meuble français, s’inspirant selon les uns ou les autres du Louis XV, du Louis XVI, de la Restauration, tandis que d’autres iront chercher l’inspiration dans l’Afrique noire, l’Asie ou la civilisation américaine. La ligne du style précédent « Modern Style » perdure aussi.

  L’ornementation est très riche avec une imagination soucieuse de raffinement et de renouvellement, tellement « surajoutée » parfois que cela se démode très vite. Cette production trop capricieuse finira par bloquer durablement l’imagination des créateurs.

  Les lignes courbes et sinueuses demeurent mais les meubles subissent aussi l’influence des peintres cubistes ou abstraits, et des architectes fonctionnels qui donnent une nouvelle importance aux volumes géométriques. Formes et ornements sont donc souvent assez désaccordés.

  Les bois exotiques sont utilisés de préférence aux bois locaux, plutôt foncés comme l’ébène ou le macassar. Palissandre, amboine jaune ou rosé et acajou ont aussi cours. Les bois de placage seront le sycomore, le citronnier, le bois de rose, mais l’ivoire, très en faveur, est également utilisé en marqueterie.

  Le bronze doré, le cuivre, l’argent sont employés généreusement et le fer forgé, très travaillé, remplace souvent le bois dans les piètements de console ou de table.

  Le cuir recouvre les sièges mais aussi plateaux de table et pieds gainés. Les soieries de grand luxe prennent le pas sur la tapisserie ou les tissus brodés.

  Les tables sont en ébène, palissandre, noyer ou acajou. Rondes, rectangulaires ou ovales, avec une ceinture large, leur piètement s’efforce d’être gracieux, souvent droit ou incliné, peu galbé.

  Les bureaux sont grands avec des pieds droits ou galbés, avec des entrées de serrure et poignées dans les métaux énoncés ci-dessus. Les tiroirs, de chaque côté sont importants et parfois revêtus de cuir. Les armoires s’inspirent des formes Louis XV et sont souvent très ornées, garnies à l’intérieur de miroirs ainsi que de tiroirs parfois gainés de cuir, et de jeux de tablettes. Elles sont en noyer ou palissandre, comme les commodes.

Ces dernières suivent davantage le style Louis XVI ou les commodes anglaises du XIXème. Les pieds sont plutôt droits, avec deux ou trois tiroirs superposés dont l’intérieur est souvent lui aussi, gainé de cuir ou de tissu. L’ornementation est raffinée, à plat avec incrustation, marqueterie, ou bronzes légèrement en saillie.

Le confort va être le grand souci pour la création des sièges avec divers essais de forme de dossiers, d’assise, de rembourrage, de revêtement qui ne seront pas forcément toujours réussis.

  Le dossier des chaises est assez bas, ajouré, voire réduit à un cadre vide et les pieds sont minces souvent inclinés ou galbés. Les chaises peuvent aussi s’inspirer de meubles régionaux et être assez rustiques.

  Les fauteuils sont eux aussi, relativement bas, montés sur ressorts, avec parfois une garniture faite de deux étages de ressorts pour plus de confort. Leur forme est souvent assez lourde, la recherche du confort étant importante. C’est le triomphe du fauteuil club, en cuir, inspiré des modèles anglais. Il est garni d’un coussin de cuir, très arrondi avec des bras volumineux.

  Les canapés prennent de plus en plus de place, entièrement capitonnés de cuir selon le modèle anglais avec des tissus aux couleurs claires et contrastées avec des formes géométriques.

  Beaucoup de coussins prennent place sur les canapés, les fauteuils, les lits. A damiers noirs et blancs, thèmes cubistes, bouquets de fleurs aux couleurs très contrastées, ils sont un élément phare de la décoration, qui perdure encore.

  Pour avoir une bonne idée de l’esprit « Art Déco », il est intéressant d’aller visiter à Paris le pavillon des Arts décoratifs à la Porte Dorée, construit pour l’Exposition de 1925. Il est une parfaite illustration de son époque, tant par l’architecture et ses sculptures de façade que les peintures intérieures qui évoquent les cinq continents.

  Nous terminons ainsi cette histoire des styles, puisque pour ce qui est contemporain, à part certaines créations de designers sans grande harmonie, nous sommes dans une assez grande pauvreté artistique.

  D’autres sujets, liés à l’art ou la restauration de notre patrimoine feront l’objet de nos prochains articles dans cette rubrique d’histoire de l’art.

Jeanne de Thuringe

 

Le style des années 1900: Modern Style ou Art Nouveau

          Les années 1900 donnent l’apparence d’une France riche et heureuse avec les premières automobiles et les industriels parvenus. Les pièces de boulevard de Feydeau et la vie dorée à Paris des têtes couronnées qui y passent, côtoyant le demi-monde, illustrent le climat superficiel et excentrique caractérisant cette période. Pourtant nous sommes à la veille des grands bouleversements que la guerre de 1914 génèrera.

  Si tous les meubles anciens sont à l’honneur avec des imitations des époques passées, l’avant-garde, en parallèle, essaie de percer avec difficulté et ne sera appréciée que plus tard. Ce style nouveau, dit Modern Style, est expérimental  avec une tentative de création originale en matière d’ameublement chez des ébénistes comme Majorelle, Vallin, Gallé, Gaillard, Cona dès les années 1885, 1890. Mais marquant une coupure trop nette avec ce qui précédait, il n’eut pas le temps d’une grande diffusion avec le déclenchement de la première guerre mondiale.

  Coexistent donc à cette époque, le style 1900 qui reproduit de façon plus ou moins heureuse le passé, et le Modern Style, totalement créatif, appelé aussi Art Nouveau que nous vous présentons davantage.

  Ce dernier utilise des matériaux et une technique propres, produit tout autant des meubles bon marché de série distribués par les grands magasins (Samaritaine, BHV, Printemps, Galeries Lafayette) et des meubles luxueux. Pour ceux-ci, le bois préféré est l’acajou, que le second Empire avait négligé, mais le chêne, le noyer, le poirier sont également utilisés. Le sycomore et l’ébène sont réservés à la marqueterie.

  Les métaux comme le fer, le bronze, l’acier et la fonte sont travaillés en rubans, torsades, volutes et rinceaux devenant une sorte de liane exubérante et extravagante. La fonte émaillée est utilisée dans les cuisines et salles de bain.

  Le verre et le vitrail teinté ou oxydé remplacent les vitres de bibliothèque, et bien des portes intérieures ou des fenêtres sont pourvues de vitraux d’inspiration végétale.

L’ornementation n’est plus conçue comme une sculpture décorative venant s’ajouter au meuble, mais est incorporée au meuble même dont elle donne la forme.

          La marqueterie est elle aussi utilisée pour figurer de longues courbes, tiges déployées, ramages sinueux car le thème principal est floral, végétal et va jusqu’à évoquer de façon un peu onirique les longues chevelures féminines. Des têtes de femmes sous de lourdes chevelures déployées ainsi que des oiseaux ou serpents sont aussi présents.

  Tout est fait pour suggérer un monde imaginaire et poétique.

  A colonnes, baldaquin ou à la polonaise les lits 1900 sont les reproductions fantaisistes des styles Gothique, Renaissance ou Louis XV, tandis que le Modern Style impose un lit bas avec des chevets de hauteur inégale, aux lignes sinueuses, allant jusqu’à évoquer des ailes de papillon.

Il en est de même pour les tables inspirées des lourds plateaux Renaissance tandis que pour le Modern Style, les plateaux s’inscrivent dans une ligne ondulée ou en pétale de fleurs, et les pieds sont courbés.

  Buffets et armoires suivent les mêmes caractéristiques, que l’on soit dans le style 1900 copie d’ancien ou dans le Modern Style. Chacun s’exprime parallèlement dans un registre totalement différent, diamétralement opposé en réalité.

  La profusion de sièges tant appréciée sous le second Empire continue, sans souci d’unité et interprétant très librement les styles différents, mais pour le Modern Style, la ligne en est très dépouillée, la forme elle-même comme nous l’avons vu plus haut, étant l’ornement.

  La ligne est galbée et le dossier assez haut, les montants droits, légèrement inclinés se rejoignent en un arrondi avec souvent une moulure entrelacée.

  Parfois il n’y a pas de rupture de tissu entre l’assise et le dossier, les motifs sont ainsi entiers, cela crée ainsi  un sentiment d’allongement et de grâce fragile.

  Les créations de l’architecte Guimard se retrouvent notamment dans les entrées du métro parisien.

  La guerre de 1914 marquera la fin brutale de cette époque et sera suivie de la réaction des années dites « folles » de 1920 à 1930 comme nous le verrons avec le style Art Déco.

                  Jeanne de Thuringe

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  L’ornementation n’est plus conçue comme une sculpture décorative venant s’ajouter au meuble, mais est incorporée au meuble même dont elle donne la forme.

  La marqueterie est elle aussi utilisée pour figurer de longues courbes, tiges déployées, ramages sinueux car le thème principal est floral, végétal et va jusqu’à évoquer de façon un peu onirique les longues chevelures féminines. Des têtes de femmes sous de lourdes chevelures déployées ainsi que des oiseaux ou serpents sont aussi présents.

  Tout est fait pour suggérer un monde imaginaire et poétique.

  A colonnes, baldaquin ou à la polonaise les lits 1900 sont les reproductions fantaisistes des styles Gothique, Renaissance ou Louis XV, tandis que le Modern Style impose un lit bas avec des chevets de hauteur inégale, aux lignes sinueuses, allant jusqu’à évoquer des ailes de papillon.

 

Le style des années 1880

La France sort meurtrie du second Empire avec la guerre de 1870 qui met fin au règne de Napoléon III. Il faut se reconstruire, avec la honte de la perte de ce conflit qui nous amputa l’Alsace et la Lorraine. Aussi l’affirmation de l’identité nationale se fait plus forte, comme en sursaut, qui s’exprime tant en littérature que dans la vie quotidienne et artistique.

          Si l’art est toujours éclectique, il est plus sobre cependant, les modèles sont plus structurés et plus austères.

  Le gouvernement français va organiser les trois expositions universelles des années 1873 pour témoigner de la prospérité économique retrouvée, 1889 pour le centenaire de la Révolution française et 1900 pour l’entrée dans le vingtième siècle.

  Deux courants inspirent les créations de meubles : d’une part la relecture systématique du passé de façon précise, cohérente et une perfection technique inégalée ; d’autre part l’inspiration japonaise avec des thèmes naturalistes et exotiques.

  L’utilisation de matériaux comme l’émail et la laque s’allie avec la création de formes nouvelles pour sortir de l’éclectisme historique et s’ouvrir à l’originalité. Il existe donc une oscillation entre cet éclectisme et la tentative d’en sortir…

  En 1882 est créée l’union centrale des arts décoratifs,  qui se veut lieu d’enseignement pour les jeunes générations d’ébénistes avec une bibliothèque et un musée d’arts décoratifs.

  La différence entre le mobilier de luxe et le mobilier courant va être de plus en plus nette, il n’existe presque plus de commandes gouvernementales, nous sommes sous la Troisième République, tant pour des raisons symboliques (politiques) qu’économiques.

  Néanmoins tout le mobilier commandé par le duc d’Aumale pour le château de Chantilly, dans le style XVIIIème est exécuté de façon très rigoureuse, presque plus vraie que l’époque d’origine. La maison d’ébénistes Durand est spécialisée dans ce type de copies.

  De tels meubles sont susceptibles, dans diverses demeures ou appartements de voisiner avec une cheminée Renaissance, un fauteuil Louis XIII, des meubles d’origine d’Afrique du Nord (présence française en Algérie, Maroc et Tunisie) ou de style japonais.

Pour le mobilier courant, les formes sont plus sobres, voire austères comme nous l’avons dit, ayant le mérite de ne pas être de mauvais goût.

Les armoires sont souvent immenses avec trois portes et les coffres forts introduits dans les meubles de rangement ou bureaux. Il peut être qualifié de « demi luxe à la portée des classes moyennes » selon la formule de Fourdinois (fabricant ébéniste), pour des réalisations en chêne, buis, bois noirci et bronze doré.

Les teintes sombres dominent mais le retour aux teintes claires est l’expression d’une recherche qui aboutira à l’Art Nouveau.

Celui-ci s’enracinera dans cette tension entre éclectisme historique et créativité un peu débridée mais surtout dans la distinction désormais définitive entre mobilier de luxe et mobilier courant avec le nouveau marché des ménages de classes moyennes plutôt aisées mais avec la prudence bourgeoise de ceux qui travaillent.                                                          Jeanne de Thuringe

 

 

 

 

 

 

Le style Napoléon III

Avec le second Empire proclamé en 1852, la France va connaître une période de prospérité économique, soutenue notamment par le faste impérial et une vie de cour luxueuse.
Celle-ci jointe à la politique de modernisation de Paris du baron Hausmann entraîne un nouveau mode de vie qui donne aux architectes et aux décorateurs d’intérieur un dynamisme impressionnant.
L’aristocratie et la grande bourgeoisie veulent des hôtels particuliers ou appartements somptueux et cossus conférant un confort douillet. C’est l’âge d’or du décor mural avec tentures, drapés, passementeries, rideaux et le tapissier a un rôle essentiel dans ce résultat.
Dans ces demeures, chaque chambre possède son cabinet de toilette et le chauffage central commence à apparaître, notamment avec poêles et bouches de chaleur répartis dans les pièces.
Pour les meubles, le bois reste très recherché. Le bois exotique provenant des colonies (Guyane et Afrique du Nord) est stocké en province avant d’être travaillé par les ébénistes du faubourg saint Antoine.
Ils servent aux placages pour l’extérieur du meuble tandis que le corps en est fait avec les essences locales : chêne, poirier, noyer, hêtre, orme, tilleul…
Très souvent le poirier sauvage, très dur et donc peu attaqué par les vers, est teinté en noir pour imiter le bois d’ébène, obtenant un effet luxueux à moindre coût.
Le fer et la fonte se prêtant à la fabrication en série, constituent sièges et lits en métal, peu coûteux, tandis que le bronze est réservé aux meubles de prix.
Les travaux d’incrustation sont particulièrement appréciés avec l’ivoire, l’os, l’écaille rouge, le cuivre, l’acier, les pierres dures ou la céramique, jusqu’à une maîtrise parfaite de ces techniques.
Les ébénistes ont leur atelier de dessin pour concevoir le meuble fabriqué par le menuisier, puis travaillent avec l’atelier de fonderie pour les bronzes et du tapissier (où travaillent beaucoup de femmes) pour les garnitures des sièges et lits.
Le capiton, rembourrage de crin maintenu par un tissu de velours ou une soierie, a des piqûres en forme de losanges qui lui donnent une apparence douillette, pour les têtes de lit ou sièges, mais en réalité c’est une assise peu confortable. Le confort de l’assise est justement recherché avec la mise en place systématiquement de ressorts.

Outre ces aspects techniques, ce qui caractérise le style Napoléon III est l’éclectisme : à travers le passé national dont divers styles vont être remis au goût du jour, mais aussi en se tournant vers les autres cultures : la Chine, le Japon, la Turquie avec un style arabisant.
La nature continue d’inspirer les décors et notamment c’est la grande vogue des jardins d’hiver et des serres.
C’est ainsi que l’on trouve des rééditions du style Renaissance, ou Louis XV, Louis XVI, Empire selon les désirs des commanditaires.
Mais certaines créations sont amusantes comme le confident ou l’indiscret qui furent très en vogue.

Pour les intérieurs plus modestes les architectes n’interviennent pas et l’on trouve sur catalogue divers meubles pour les appartements bourgeois où le confort est particulièrement recherché avec les fauteuils crapauds, les chauffeuses à fond bas pour les femmes au coin du feu, les poufs, chaise fumeuse pour les hommes s’y asseyant à cheval et s’accoudant pour fumer, etc…

Certains meubles comme le chiffonnier, la commode ou le semainier n’évoluent guère car ils sont assez faciles à placer un peu n’importe où.
Après la chute du second Empire l’éclectisme sera moins affirmé, plus sobre comme nous le verrons avec le style des années 1880.

Jeanne de Thuringe

Le style Louis Philippe

            Lorsque la Restauration prend fin en 1830, le roi Louis Philippe instaure une monarchie constitutionnelle rompant avec les principes ancestraux de la monarchie française. Cet avènement correspond aussi à celui de la révolution industrielle et de la montée en puissance de la bourgeoisie d’affaire, qui désormais impose cette évolution aux fabricants de meubles. L’aristocratie ne sera plus désormais commanditaire, et dès lors, l’élégance à la française qui avait tant fait pour le rayonnement artistique de notre pays, décline peu à peu.

La volonté de cette époque est à un mobilier de belle apparence mais à prix raisonnable et solide. Le développement de l’industrie permet donc la fabrication de meubles en série grâce aux nouveaux procédés mécaniques.

            Les formes restent très proches de celles du mobilier Restauration mais tendent à plus de lourdeur pour des meubles robustes, simples, confortables et pratiques qui sont parvenus jusqu’à nous sans souci.

            La marqueterie est très rare, les décors du meuble sont davantage obtenus par le jeu de bois clairs : citronnier, houx, buis qui se détachent sur un fond sombre, placage de palissandre ou d’acajou. Ce dernier est très prisé, sombre et plutôt violet, là où précédemment on lui préférait des tonalités plus blondes. Le noyer sert abondamment pour les productions de qualité courante, et le bois noirci se développe beaucoup, pour atteindre son apogée sous Napoléon III.

            Les sièges ont des dossiers ajourés à croisillons ou colonnettes, mais aussi garnis pour être confortables. Le fauteuil bureau très répandu, est le symbole du chef d’entreprise bourgeois, tandis que la chaise basse à dossier haut est celle des soirées familiales au coin du feu et prend donc le nom de « chauffeuse ».

            Les pieds avant sont souvent en balustre, en fuseau, en console tandis que les pieds arrières sont en sabre ; les roulettes se répandent beaucoup.

         Louis-Philippe ayant passé plusieurs années avec sa famille en Angleterre, le style anglais influence son style et certains meubles semblent sortir tout droit des ateliers d’outre-Manche comme les guéridons à fut central renflé dont le plateau peut basculer ou certaines chaises qui possèdent des filets de cuivre sur de l’acajou et sont très élégantes.

            Autre influence : celle du style médiéval en vogue sous la Restauration. Celui-ci perdure non seulement sur les meubles mais aussi les portes, murs, plafonds et fenêtres à vitraux.

            Puis cette influence cède le pas peu à peu au style Renaissance, créant un style néo-Renaissance, dit aussi Henri II, qui sera très répandu dans le mobilier de salle à manger ou de cabinet de travail.

              Enfin le XVIIème siècle et même le XVIIIème inspireront le style Louis Philippe. C’est ainsi que triomphe le bois noirci avec incrustation de bronze doré pour imiter le style Boulle emprunté au règne de Louis XIV (cf. Foyers Ardents numéro 8 ) et des sièges d’apparat en bois doré pour des appartements des fils de Louis Philippe, directement inspirés de sièges Louis XV ou Louis XVI.

            Mais parallèlement à ce déploiement de copies des siècles précédents, il existe aussi une note de fraîcheur donnée par la mode des jardins d’hiver (« ancêtres directs de nos vérandas) avec un mobilier léger d’inspiration naturelle, dans le goût romantique pour la nature, qui débouchera ensuite sur notre mobilier de jardin tel que nous le connaissons.

En conclusion, un style dont les exigences ne sont plus celles de l’Ancien Régime ni même de l’Empire, avec la perte d’un ton raffiné au détriment de la mécanisation et de la fabrication en série. Cependant les ébénistes font preuve dans les meubles de luxe d’une très grande qualité d’exécution.

            Le style suivant, Napoléon III continuera sur cette lancée, mais avec profusion de tissus, tentures, passementerie jusqu’à atteindre la démesure.

                                                                                                                                                     Jeanne de Thuringe