Donner sa vie

Dans chacun de nos villages, sur la grand ’place ou dans l’église, je prends toujours le temps de lire, sur le monument aux morts, le nom de ceux qui, par amour pour leur pays, ont versé leur sang.

         J’imagine ces jeunes hommes, la tête pleine de projets, de promesses de joies familiales, qui tout à coup, ont été pris dans la tourmente d’une cause qui les dépassait, d’erreurs politiques et historiques par leur pays infidèle à sa vocation profonde sous le regard de Dieu. Malgré tout cela, avec courage et au prix de grandes souffrances, pour leur patrie, pour leur famille, en mémoire de ce qu’ils ont reçu de leurs pères, ils ont donné leurs vies.

         Puis, je vois toutes celles qui les attendaient, et qui, vaillamment, à la prière du soir, après avoir peiné tout le jour, offert et pleuré l’inquiétude au fond de leur cœur, les remettaient en Dieu. Celles qui ont accepté l’ultime arrachement quand il était là, renonçant pour toujours aux projets à deux, aux enfants qui auraient pu naître, à la vieillesse paisible le devoir accompli. Mères, épouses, sœurs ou filles, il leur a été demandé ce grand sacrifice des hommes aimés, du fils, de l’époux, du frère, du père, du fiancé espéré.

         Avec eux, elles ont donné leur vie.

         Dans ma vie de femme, comment à mon tour, sans être dans les mêmes circonstances, puis-je donner ma vie ?

         En donnant d’abord mon âme toute à Dieu, unie à Son Eglise par les sacrements, la vie intérieure afin que ma vie ne soit pas égoïste mais prépare mon âme au Ciel et en entraîne d’autres.

         En offrant mon temps, mes actes, mes pensées, ma joie, mes renoncements (une chose qui me ferait plaisir, une parole trop vive, un dérangement inopportun) en acceptant de ne pas vouloir que tout se déroule comme je le veux, je m’oublie pour plus grand que moi, et ainsi, même modestement, je donne ma vie.

         En m’efforçant de voir dans chaque moment du quotidien, Celui qui s’y cache et se donne à moi en permanence, m’appelant à me donner à Lui et à ceux qu’Il met sur ma route.

         En sachant, tout en rappelant la Vérité, Le rendre aimable à ceux qui me demandent ce qu’est ma foi et pourquoi, trop souvent, elle n’est pas plus aimante…

         En voyant ceux, qui laissés seuls le long du chemin, dans une misère morale ou physique attendent parfois sans le savoir, ce Dieu qui les aime le premier, ayant soif de leur âme.

         Il me demande, pour faire comprendre ce si grand amour, d’en être l’exemple, en leur donnant un peu de ma vie.

         Donner sa vie, c’est aussi, pour celles qui seront mères, mettre un enfant au monde en lui donnant leur propre substance, leur énergie, leur amour, sachant que ce petit être est appelé à grandir et à les quitter, parfois dans une ingratitude douloureuse. Il leur a été juste confié et ne leur appartient pas.

         C’est accepter que Dieu se serve de moi, ou non, selon Son bon plaisir, comme Sainte Bernadette qui se comparait au  balai laissé derrière la porte. Elle avait donné sa vie au Christ et accepté qu’Il fasse d’elle ce qu’Il voulait. C’est Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus qui avouait n’avoir jamais rien refusé à Son Seigneur.

         C’est bien humblement, le chemin de toute sainteté, dans la confiance, la paix et la joie qui sont filles de la charité. Dieu ne veut pas pour tous le martyr du sang car c’est une vocation exceptionnelle, mais Il désire toujours pour nous le martyr de l’amour, et c’est ainsi qu’il faut  donner sa vie.

                                                                                                              Jeanne de Thuringe

Qu’est-ce que l’âme de l’Eglise ?

L’âme de l’Eglise, à proprement parler, ce sont toutes les âmes en état de grâce, fondues ensemble sous l’action du Saint-Esprit, de manière à réaliser le mot des Actes des apôtres : « Un seul cœur, une seule âme[1]. »

Pour en faire partie, il ne suffit donc pas d’avoir été baptisé, il ne suffit même pas de professer la foi chrétienne, il faut être en état de grâce avec Dieu. Et quiconque n’appartient pas à l’âme de l’Eglise, même en gardant le lien extérieur de l’unité, même en conservant un reste de foi, est un cadavre de chrétien : c’est une branche morte, destinée au feu, à moins que la pénitence ne la fasse reverdir.  

Père Emmanuel – La Sainte Eglise


[1] Ep.4,16

Tradition et modernité, l’alliance impossible ?

Voiture autonome, intelligence artificielle, robotisation, transhumanisme ou encore plus proche de nous, Instagram, Snapchat, Iphone X, puce de paiement, cryptomonnaie… autant de techniques modernes qui n’existaient pas il y a cinq ans et dont on ne parlait pas il y a dix ans mais qui s’invitent dans notre travail et notre vie quotidienne. Qu’en penser ? Faut-il dans un dernier réflexe de survie de l’homme face à la machine tout rejeter en bloc et aller élever des chèvres dans le Larzac ou bien au contraire applaudir béatement au progrès matériel comme source inéluctable du progrès moral et des lendemains heureux ? La question est délicate et il faut nous la poser très régulièrement car ce n’est pas simplement de notre avoir qu’il s’agit, mais parfois de notre être en tant qu’Homme, créature enfant de Dieu.

Si l’on résume l’apport global des techniques modernes à l’humanité, on pourrait dire qu’elles permettent de gagner toujours plus en efficacité, en fiabilité et en répétabilité. Soit de faire plus de choses, mieux, en moins de temps et avec moins de monde. Plusieurs questions se posent alors : que font les gens pendant tout ce temps « gagné »  et comment remplacer le lien social qu’ils établissaient en effectuant leur travail avec leurs collègues ? Travail qu’ils ne font plus maintenant car il est fait par une machine et collègues qu’ils n’ont plus parce qu’ils ont été remplacés par des machines. Une partie de la solution réside dans le fait qu’il faut du monde pour concevoir installer et régler les machines, et du monde pour s’occuper de toute cette industrie complexe, autrement dit pour légiférer, assurer et financer. Mais toute cette partie est aussi de plus en plus automatisée. Prenons un exemple :

Dans le train entre Londres et Paris, je commande en deux clics sur ma tablette mon panier de course hebdomadaire pour livraison à 20 h devant la porte de mon appartement. A 300 km de là un robot vient faire du « picking » dans l’entrepôt Auchan et déposer la caisse dans une camionnette qui demain sera autonome. A 20h00 arrivé depuis 15 minutes, je reçois une notification sur mon smartphone ; le panier est livré en bas de chez moi. Je n’ai plus qu’à ouvrir la porte pour le saisir et ranger les courses : « il faut tout faire soi-même ! A quand le robot rangeur de courses cela me ferait gagner un temps fou !! »

Bilan : Beaucoup temps gagné, des économies de carburant, moins d’émissions de CO2, car la camionnette groupe les commandes en fonction de leur localisation, mais aussi pas une seule parole adressée au vendeur (il n’y en a plus). Finies les discussions avec le boucher sur le temps, la famille et par-ci par-là, le curé du village et le Bon Dieu. Finis les entraides

et les dépannages entre voisins, c’est tout un lien social qui se distend de plus en plus et qui peu à peu n’existe plus. Les familles éclatent, les gens sont de plus en plus isolés et se raccrochent à leur téléphone qui leur donne l’illusion d’exister aux yeux des autres car leurs posts sont likés sur facebook par des « amis » à l’autre bout du monde. Alors, gagner du temps toujours et encore, mais pour quoi faire, pour l’utiliser à chercher à en gagner encore plus, pour gagner plus d’argent ? Pour s’isoler et ne penser qu’à soi et à son triste sort.

Alors que faire ? Surtout ne pas faire ses courses en ligne ? Si bien sûr si c’est plus pratique, mais utiliser le temps gagné pour discuter avec la voisine, aller aider à la paroisse et faire du bien autour de soi. Utiliser le temps « gagné » pour les autres et non pour soi. En effet, une partie de ce « temps gagné » ne leur appartenait-il pas ?

Nous ne pouvons faire renaître le passé et il nous faut non seulement utiliser les moyens modernes, mais même parfois promouvoir leur utilisation sous peine, dans le milieu professionnel, de faire faillite et ainsi de nuire au bien commun.

Cependant nous avons aussi le devoir d’orienter autant que possible l’utilisation de ces moyens de façon chrétienne et humaine. Et plus ces moyens sont performants plus ils sont potentiellement dangereux s’ils sont utilisés à mauvais escient.

Notre rôle, en tant que catholiques engagés dans la cité et chefs chrétiens est donc d’utiliser et de canaliser ces puissances vers le bien, et même dans certains cas de les interdire si elles sont mauvaises en soi. De donner un cadre à leur utilisation pour que la Terre ne devienne pas un enfer déshumanisé. Pas question donc de nous isoler dans notre coin en attendant que cela passe et en se disant que dans tous les cas, cela va bien s’écrouler un jour, tel un géant aux pieds d’argile.

Par ailleurs, notre ancrage de Catholique dans ce qui est immuable, doit nous permettre de prendre de la hauteur et de garder notre capacité à juger et à exercer un regard critique sur ce monde en marche perpétuelle et accélérée dont le seul but semble être le mouvement. Ainsi, le progrès technique et son utilisation doivent être guidés par un jugement formé à l’aune de la tradition et de l’histoire.

Il ne faut pas non plus oublier que plus ces moyens sont sophistiqués, plus ils reposent sur un équilibre fragile et instable qui peut s’écrouler d’un instant à l’autre. Il est donc très important de savoir s’en passer et cela peut constituer la première partie de l’éducation d’un enfant, avant de lui apprendre quand il sera plus mûr à maîtriser et à se servir raisonnablement des moyens modernes qui vont décupler sa « puissance ».

Alors monte vite dans le TGV, si tu veux, fais tes courses sur internet et achète-toi les « Google glasses », mais surtout continue à aimer, à aider ton prochain et à lui apporter la Vérité que tu as eu la chance de recevoir ! Et garde un pied dans le réel et le concret, dans ce qui demeure, cela peut servir.

Charles

Le prêtre

Chère Bertille,

Dimanche dernier nous avons reçu un prêtre à la maison, un vieil ami de la famille. Nous avons passé la soirée à discuter, donnant des nouvelles des uns et des autres, posant des questions sur tel aspect de doctrine incompris, ou demandant des éclaircissements ou des précisions sur la conduite à tenir dans telle ou telle circonstance.

            Cette excellente soirée passée en compagnie de ce prêtre m’a donné l’idée de te parler du sacerdoce. En effet, si son rôle principal est à l’autel et au confessionnal et nous oublions souvent que son action sur les âmes doit se prolonger bien au-delà.

            Le prêtre est un homme à part, choisi par Dieu, « tiré du sein même du peuple pour en faire ses ministres ». C’est par lui que Jésus agit en nous, qu’Il continue son œuvre de Rédemption. Toute la valeur et le prix du sacerdoce sont contenus dans cette investiture du Christ, cette charge conférée à son représentant, son ministre. C’est pour cela que nous lui devons beaucoup de respect. Les fidèles doivent considérer et vénérer consciemment dans leurs prêtres la personne même du Christ… Et Sainte Catherine de Sienne conseillait à ses disciples de considérer uniquement dans les prêtres leur qualité de « dispensateurs du Sang de l’Agneau humble et immaculé, en dépassant les défauts qu’ils pourraient rencontrer en eux. »

            Le prêtre tient un rôle important dans la société : sans prêtres, les églises seraient désertes, les écoles laïcisées, les époux privés de la bénédiction divine et les mourants, des ultimes réconforts. Les enfants seraient abandonnés au mal ; toute l’humanité serait replongée dans sa misère, sans avoir quelqu’un pour l’en retirer, l’élever, la conduire à Dieu, L’implorer en son nom et à son profit. Le prêtre nous permet de nous rapprocher du Bon Dieu : « Sans le sacerdoce, nous serions privés de l’Eucharistie ; de l’ineffable consolation de nous entendre dire, au nom de Dieu : « Tes péchés sont remis[1]».

Le prêtre nous accompagne dans toutes les étapes de notre vie ; à notre naissance, il nous accueille aux fonts baptismaux, il nous administre les sacrements, nous initie à la compréhension des réalités divines. Il nous montre la voie du bien, bénit notre idéal, soutient nos pas, nous réconforte à l’heure suprême de l’agonie. Il connaît bien les difficultés de chaque étape de la vie par l’expérience qu’il a acquise, en particulier lors de l’administration du sacrement de pénitence. Par la prière et le conseil il fait un bien immense aux âmes, c’est un travail qui ne se voit pas mais combien important : « Le prêtre travaille souvent dans l’ombre, souvent méconnu, peu apprécié, quelquefois méprisé, aussi précieuse et indispensable que soit pourtant son œuvre d’apôtre[2] ».

            N’hésitons pas, ma chère Bertille, non seulement à profiter des grâces obtenues par son ministère principal mais aussi à venir demander conseil au prêtre, à lui confier nos intentions de prières et à lui livrer notre âme pour qu’il la guide vers le Bon Dieu.

            A l’approche du Carême, prions pour les prêtres et pour que le Bon Dieu suscite de nouvelles vocations qui font vivre l’Eglise.

Je t’embrasse bien affectueusement en espérant te revoir bientôt,              

Anne


[1] Mt. IX, 2

[2] Intimité divine – P.G. de Sainte Marie-Madeleine

Pour des têtes bien « shampouinées », bien rincées, bien coiffées …

Un peu la corvée les shampooings … répétitifs un brin …

Néanmoins, c’est aussi une part de notre apparence, de notre bien-être et de notre santé … Les shampooings actuels sont parfois agressifs pour nos cheveux et notre cuir chevelu. C’est pourquoi il faut vous rincer soigneusement la tête après avoir frictionné vos cheveux.

Pour cela, utilisez de l’eau tiède (plutôt tiède-froid que tiède-chaud!). La chevelure  est débarrassée plus vite et mieux des résidus de shampooing. Attention à la douche écossaise : ne passez pas directement de l’eau très chaude à l’eau très froide, gare aux maux de tête consécutifs … mais procédez progressivement à la baisse de la température.

Et n’oubliez pas, avant de remettre en ordre votre chevelure, de savonner, puis rincer vos brosses et peignes …mini-shampooing au savon cette fois-ci !

A « transmettre  » à votre progéniture, pour des économies d’eau et d’énergie !

Je le redis : que les championnes de l’organisation n’hésitent pas à partager leurs trésors d’organisation en écrivant au journal. Partageons nos talents …