Tintin au pays des soviets (suite)

           Un Scrabble Géant ou plutôt l’inverse d’un Scrabble, tel était l’atelier de l’usine de la pensée moderne où nous avions laissé notre reporter s’infiltrer subrepticement par une porte dérobée.

 

           A l’entrée de cet atelier se présentaient des mots bien définis dont le sens était clair et univoque. Leur signification était communément admise et quasi inchangée depuis des siècles. Ces mots allaient être alors soigneusement triés par des mains expertes :

– D’un côté, les mots usés, trop peu utilisés pour qu’ils puissent être utiles d’une quelconque manière. Ils  étaient en quelque sorte jetés dans les oubliettes des médias et des écrivains, seuls les vieux dinosaures continueraient à les employer.

– De l’autre côté, on préparait des mots ou expressions à sanctifier. Une fois leur sens transformé, ils devaient pour toujours être accompagnés de leur cortège ininterrompu de salamalecs et de louanges proférés par les grands parleurs publics du Soviet suprême, tous remplis de la solennité et de la gravité due à de telles célébrités daignant sortir de leurs bouches enfarinées. Parmi ces mots sacrés, il eut le temps d’apercevoir quelques échantillons : « Démocratie », « Liberté », « Modernité », « Egalité », « Mixité », « Ecologie », « Justice », « Accueil », « Ouverture » ou encore « Etat de droit ». Ces quelques échantillons, pour peu nombreux qu’ils soient, étaient assez représentatifs. Toujours utilisés dans un contexte positif et associés à des pensées positives. Si bien que d’une idée neutre ou amorale qu’ils étaient censés décrire à l’origine, ils en devenaient associés au Bien à tel point que l’on pourrait résumer toutes ces idées en un seul mot : Bien.

A cette première étape du procédé qui sacralisait ces mots, était ajoutée l’étape du miroir. En effet, en opposition à ces concepts on associait un contraire, lui aussi vidé de son sens et résumé à un idée : Mal, ou au moins renvoyant à un concept négatif. Par exemple, face à « l’Egalité » : Bien, se présentaient « les Inégalités » d’autant plus terribles qu’elles étaient employées au pluriel. Face à « l’ouverture » : Bien, se présentait la scandaleuse et ignoble « Fermeture ». D’aucuns disent d’ailleurs que les fermetures Eclair vont changer de nom pour devenir des ouvertures Eclair !

  Continuant son cheminement le long de la ligne de production et de transformation des mots et du langage, notre infiltré arriva à l’étape de diabolisation où d’autres mots spécialement sélectionnés subissaient un traitement thermique très agressif les rendant durs et cassants. Ces termes étaient très efficaces pour décrédibiliser un adversaire ou détruire une idée en surface.

  Ces mots tels que « fascisme », « populisme », « autoritaire », « conservateur », « nationaliste », « figé », ou encore « réfractaire au changement » devaient systématiquement être utilisés dans des contextes négatifs. Pour plus d’efficacité lors de leur emploi, il était fortement recommandé par le fabriquant de les accompagner du suffixe « isme » et d’un ou deux mots annonciateurs. Ainsi, chez une personne autoritaire (déjà pas brillante), on constatera plutôt une « inquiétante dérive autoritariste » (encore plus dangereuse). Quitte même à changer complètement le sens, une personne « populaire », deviendra très vite « populiste » pour peu qu’elle ne soit pas populaire aux yeux du Soviet suprême, mais attention à ne pas sombrer dans le complotisme. Oui, cela va maintenant de soi, le complotisme est très sombre, à moins qu’il ne s’éclaircisse suite aux récentes polémiques sur les couleurs de peau et la lessive.

  Ainsi la première partie de l’atelier travaillait à prendre d’antiques mots innocents et à les transformer en un seul mot et son contraire : BIEN/ PAS BIEN.  On parvenait finalement à la suppression de ces mots, puisque les idées qu’ils décrivaient originellement n’avaient plus de moyen de s’exprimer.

La deuxième partie était plus innovante et créative. En effet, on y fabriquait de nouveaux mots auxquels on associait un sens plus ou moins flou, permettant aux utilisateurs de parler de concepts difficiles à faire assimiler au grand public, sans qu’il soit capable de comprendre de quoi il s’agit vraiment, mais en le conditionnant de telle sorte qu’il puisse saisir immédiatement si cela est bon ou mauvais. Ainsi, les derniers concepts tout récemment sortis de la chaîne de production, que notre reporteur put apercevoir au passage : « inclusif », « 4.0 », « digitalisation », « avant gardiste », « bio », « écocitoyens ». C’était la chaîne des bons.

Et sur la chaîne des mauvais ou plutôt du « PAS BIEN » : « climatosceptique », « passéiste » ou encore « négationniste », « écocide », « immobilisme ».

  C’est à ce moment que notre ami, intrigué et voulant à tout prix comprendre à quoi pouvaient bien servir ces produits fabriqués en masse, enfila une blouse qui traînait et s’enhardit à aller discuter avec un ouvrier présent sur la ligne. Se présentant comme un petit nouveau tout juste arrivé, il engagea la conversation avec son nouveau collègue qui lui dit sur le ton de la confidence :

« C’est une belle chose la destruction des mots, chaque année, de moins en moins de mots et le champ de la conscience de plus en plus restreint. La Révolution sera complète quand la langue sera parfaite. A la fin, nous rendrons littéralement impossible le crime par la pensée car il n’y aura plus de mots pour l’exprimer. En effet, une opinion inexprimable avec des mots est une opinion que l’on ne peut pas penser. Et si par hasard, quelqu’un n’était pas d’accord avec l’opinion répandue par le Soviet suprême, les mots pour exprimer sa pensée lui manqueraient et toute révolte serait par le fait même inconcevable donc impossible. »

 

  Un peu déprimé par cette discussion somme toute très Orwellienne avec son camarade de l’heure, notre reporteur, encore très « passéiste », s’enfuit de nouveau dans la nature pour y reprendre son souffle. C’est alors, en voyant un bourgeon poindre sous l’écorce d’un vieux chêne, que ces quelques mots de Péguy lui revinrent en mémoire et lui rendirent sa bonne humeur : « Et ma petite Espérance n’est rien que cette promesse de bourgeon qui s’annonce au fin du commencement d’avril ».

 

Antoine

 

Actualités culturelles

 ¨ Nogent-sur-Seine (10)

Jusqu’au 7 mars 2021, le musée Camille Claudel de Nogent-sur-Seine propose une rétrospective sur « Les sculpteurs du travail : Meunier, Dalou, Rodin ». Un retour intéressant sur ces artistes qui, autour des années 1880, ont décidé de sculpter les différents métiers. Environ 150 œuvres incarnant les ouvriers avec leurs outils et leurs techniques : une belle occasion de louer le bon travail, ou encore de dénoncer certains abus dans la condition ouvrière.

 ¨ Aix-en-Provence (13)

Du 19 septembre 2020 au 14 février 2021, ne manquez pas l’exceptionnelle exposition « Pharaon, Osiris et la momie » présentée au musée Granet d’Aix-en-Provence. Une occasion unique d’en apprendre plus sur la civilisation égyptienne, grâce à une présentation ludique et pédagogique. Plongez-vous dans cette fascinante Egypte : découvrez plus de 200 objets issus des collections du musée Granet – qui détient l’une des plus importantes collections d’art égyptien ancien – et de prêts d’autres musées – dont le Louvre.

¨ Chartres (28)

Grande nouvelle ! Depuis le mois d’octobre dernier, vous pouvez admirer à la cathédrale de Chartres le nouveau reliquaire du voile de la Sainte Vierge. Réalisée par Hubert Le Gall, cette belle vitrine dorée et bleue (le bleu de Chartres !) possède un dispositif permettant une meilleure protection contre l’humidité : en effet, le reliquaire du XIXe siècle que l’on pouvait admirer jusqu’à ce jour n’était pas assez étanche, ce qui menaçait la relique. Une occasion de perpétrer encore le miracle de cette présence de la Vierge à travers son voile, présent à Chartres depuis le IXe siècle.

 ¨ Melun (77)

Jusqu’au 28 février 2021, « Les gendarmes crèvent l’écran » à la gendarmerie de Melun ! C’est là que vous pourrez découvrir l’évolution du statut des gendarmes dans le cinéma au cours des ans : de simple personnage d’arrière-plan à personnage principal avec Cruchot ou encore Marleau, il y a un grand pas. Cette exposition est également l’occasion de se pencher sur la façon de présenter la gendarmerie et ses missions à travers les différents films.

¨ Versailles (78)

Rendez-vous avant le 14 mars 2021 au château de Versailles pour découvrir « Hyacinthe Rigaud ou le portrait Soleil ». Pour la toute première fois, une rétrospective est consacrée à Hyacinthe Rigaud, cet artiste emblématique du portrait du roi Louis XIV. Eclipsé par son chef-d’œuvre monumental, Rigaud est ici remis en lumière, lui qui symbolisait au XVIIe siècle toute la grandeur du genre du portrait. Un parcours passionnant présentant les différents portraits et autoportraits du peintre, ainsi qu’un retour sur sa technique toute particulière : c’est bien à lui que l’on doit le renouveau du genre du portrait.

 

 

Notre Père qui êtes aux cieux (suite)

           « Bien vivre n’est rien d’autre qu’aimer Dieu de tout son cœur, de toute son âme, de tout son esprit », et comment aimer Dieu si nous ne le connaissons pas ? Aimer Dieu ! Vaste programme ! Et l’aimerons-nous jamais assez ?

La maman pourra ainsi lire ou simplement s’inspirer de ces pensées pour entretenir un dialogue avec ses enfants ; elle l’adaptera à l’âge de chacun mais y trouvera l’inspiration nécessaire pour rendre la présence de Dieu réelle dans le quotidien matériel et froid qui nous entoure. Elle apprendra ainsi à ses enfants, petit à petit, à méditer ; point n’est besoin pour cela de développer tous les points de ce texte si un seul nourrit l’âme de l’enfant lors de ce moment privilégié.

Ainsi, quand les difficultés surgiront, que les épreuves inévitables surviendront, chacun aura acquis l’habitude de retrouver au fond de son cœur Celui qui ne déçoit jamais !

   Avant de méditer sur la deuxième partie du Notre Père, penchons-nous encore une fois sur cette première partie pour bien nous imprégner de ces demandes que Notre-Seigneur Jésus-Christ nous fait répéter plusieurs fois par jour :

  Quand je prononce cette première moitié du Notre Père, je fais un acte de Foi et d’adoration en ramenant toute chose à lui, ce qui marque bien la différence avec la deuxième partie de cette belle prière. « Rendez à César ce qui est à César, a dit Notre-Seigneur… et à Dieu ce qui est à Dieu ! » Tout en moi se tourne vers lui, et je montre à ce moment mon désir de conformer mon être et ma vie avec ce que le Bon Dieu attend de moi. Si je ne l’ai pas encore appris au catéchisme, je comprendrai bientôt que Dieu m’a créé pour l’adorer, l’aimer et le servir comme un père, dans le but d’aller au Ciel le rejoindre un jour. Alors, pour bien commencer, je me remets bien à ma place de créature, devant le roi du Paradis, et je fais un acte d’humilité. Vous êtes tout, ô mon Dieu, et je ne suis rien. Vous êtes au Ciel, et moi ici-bas, que votre nom soit sanctifié et le mien oublié pour n’être plus qu’un instrument dans vos mains afin que votre volonté soit faite, vous qui êtes le Roi. Oui, vraiment, je ne suis rien, et vous êtes tout, et pourtant vous voulez que je participe à votre gloire ! Quel cadeau !

 

  Que votre nom soit sanctifié, que votre règne arrive, que votre volonté soit faite… c’est impératif, la Création n’a pas le choix que d’honorer ainsi son Créateur ! Le Bon Dieu m’a fait libre, oui, mais je comprends déjà, même si je ne suis qu’un enfant, que la liberté ne donne pas tous les droits. Si la liberté est de faire tout ce que j’ai envie, comme par exemple de réveiller toute la maison à 5h du matin avec la trompe de chasse de mon grand-père, pourrai-je supporter d’être à mon tour ennuyé par ma sœur jouant sans cesse les mêmes notes sur son harmonica ? Non, la liberté est bien autre chose que le droit de faire mes trente-six volontés. C’est la possibilité de choisir comment je vais aimer Notre-Seigneur chaque jour un peu plus. Et ce « Notre Père » me donne une route à suivre, un plan bien simple de la route qui mène au Ciel.

 

  Dans les trois demandes que je fais à chaque Notre Père, je veux soumettre toute ma volonté, tout mon être à la volonté du Bon Dieu, car il sait bien mieux que moi ce dont j’ai besoin, et ce que je peux faire pour lui plaire. O mon Dieu, transformez mon cœur afin que je ne vive que par vous, et pour vous ! Que la Sainte Vierge Marie, qui n’a jamais déplu au Seigneur, soit mon guide et mon modèle dans l’accomplissement de mon devoir d’état. Mon saint ange, gardez-moi bien sur le chemin qui mène dans ce beau royaume qu’est le Paradis.

Germaine Thionville

 

Le pardon chrétien

           Saint Paul, à plusieurs reprises, invite le chrétien à « se revêtir d’entrailles de miséricorde, de bénignité, d’humilité, de modestie et de patience1 ». Ces vertus, par leur dimension sociale, engendrent la paix dans les familles, la paix dans les communautés. Saint Paul conclut en effet : « Et que la paix du Christ, à laquelle vous avez été appelés pour former un seul corps, règne en vos cœurs2 ». Mais hélas, cette paix avec autrui est toujours fragile ici-bas, souvent blessée ; aussi saint Paul nous demande-t-il de nous « pardonner mutuellement, si quelqu’un a un sujet de plainte contre un autre3 ». Ce point est aussi important que délicat.

Il est important, car du pardon que nous accordons aux autres dépend le pardon que Dieu nous accorde. C’est le Notre Père : « Pardonnez-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés ». Retrouver la paix avec Dieu, la paix profonde de l’âme, n’est pas possible tant que nous n’avons pas, autant qu’il dépend de nous, retrouvé la paix avec nos frères4. Et certains restent hélas des années le cœur fermé, fermé par des blessures et des rancunes. Pire, certains meurent sans s’être réconciliés. Comment se présenteront-ils devant Dieu ? Là il n’y aura plus de faux-semblants. La mesure du pardon que nous n’aurons pas donné sera la mesure du pardon que nous ne recevrons pas ! Ce point du pardon est donc important.

Il est délicat aussi, car il existe nombre d’illusions à son sujet. Quelquefois, il nous semble que pardonner à notre ennemi serait lui donner carte blanche pour mieux recommencer ses méfaits à notre endroit ; d’autres fois, nous croyons avoir pardonné, alors que nous restons remplis de rancune ; ou bien à l’inverse, on croit que son pardon est faux, car le souvenir de l’offense remonte à notre mémoire, pour nous hanter un moment. Bref, nous ne savons pas quand et comment pardonner. Aussi saint Paul donne-t-il un critère : « Comme le Seigneur vous a pardonné, pardonnez, vous aussi5 ». Mais le Christ ne pardonne pas toujours ! Il y pose en effet la condition indispensable du regret de nos péchés. Aussi, pour apprendre à pardonner, il importe de distinguer trois temps :

1)   Quand l’offense est commise, et que l’offenseur ne donne pas de signe de repentir, voire semble persévérer dans sa voie mauvaise ;

2)   Quand le coupable demande pardon ;

3)   Une fois que le pardon a été accordé.

A chacun de ces temps, correspond trois sens différents du mot « pardon », trois manières différentes d’agir.

La première phase du pardon

 

Venons-en au premier cas évoqué : lorsque quelqu’un vous a gravement offensé et que, loin de manifester quelque regret, il semble au contraire persévérer dans sa voie mauvaise. Nous sommes alors face à ce que nous appelons un ennemi. Il est clair que vous ne pouvez lui pardonner au sens strict. Dieu lui-même n’agit pas ainsi, réclamant que nous regrettions nos péchés pour les remettre. Pour être concret, si un voleur vous arrache votre sac dans la rue, vous n’allez pas l’inviter chez vous prendre un café sous prétexte de pardon : ce serait le meilleur moyen pour lui faire découvrir tout ce qu’il peut encore voler, ce serait le pousser au mal. Non, celui qui vous a offensé gravement, vous ne pouvez pas lui pardonner au sens strict, tant qu’il ne regrette pas son offense. Serait-ce alors que le mot pardon n’ait aucun sens en ce cas-là ? Si. Revenons à son origine étymologique. Le mot « pardon » signifie donner par-delà, continuer à donner le bien par-delà le mal qui nous est fait. C’est ce à quoi nous invite saint Paul : « Ne soyez pas vaincu par le mal [en devenant vous-même mauvais, car rendant le mal pour le mal], mais soyez victorieux du mal par le bien6 ». Rendre le bien pour le mal, c’est tout simplement ce que nous demande Jésus dans l’Évangile : « Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent : afin que vous soyez les enfants de votre Père qui est dans les cieux ; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et descendre sa pluie sur les justes et sur les injustes7.» A agir ainsi, on disposera le coupable à regretter, puis à demander pardon. Regardons de plus près en quoi consiste cet amour des ennemis, premier stade du pardon.

  Il est tout d’abord clair que cet amour interdit la haine de l’autre, en tant que personne. Car il est tout aussi clair que nous avons le droit et le devoir de détester tant ses actions mauvaises et pernicieuses, qu’éventuellement le vice qui l’habite, et de nous en protéger d’autant. Mais afin que cette bonne haine du mal ne dérive en mauvaise haine de la personne elle-même, considérons que, par ses mauvaises actions et ses vices, l’autre non seulement nous fait du mal, mais surtout se fait du mal à lui-même. C’est ainsi qu’à considérer sa misère, naîtra en nous un regard de miséricorde à son endroit, et non de haine.

  L’amour des ennemis interdit encore la vengeance. Pourquoi ? Parce que la vengeance  contre un égal qui nous a offensé est toujours une injustice. A se venger, nous nous posons comme juge et partie : nous ne sommes pas au-dessus de notre frère pour lui infliger un châtiment. Le faire serait agir injustement, et donc agir mal. Non, dit saint Paul, ne prenez pas la place de Dieu, laissez Celui-ci rétribuer, le jour venu. « Il est en effet écrit : à moi la vengeance, c’est moi qui rétribuerai, dit le Seigneur8 ». « Veillez donc, dit encore saint Paul, à ce que nul ne rende le mal pour le mal, mais cherchez toujours le bien de tous».

  « Cherchez le bien de tous » : l’amour des ennemis consiste précisément en cela, vouloir leur bien, chercher leur bien. A l’exemple du Christ en croix, prions pour eux, pour leur conversion : « Seigneur, pardonnez-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font10 ». Notez que le Christ ne leur pardonne pas : le Christ-homme demande à Dieu de changer le cœur de ses bourreaux, pour qu’Il puisse ensuite leur pardonner. Il y a une nuance. Faites de même, priez pour vos ennemis, pour leur conversion. Priez pour ceux qui vous font du mal, c’est ainsi que vous leur ferez du bien. Et si vous les croisiez – vous avez le droit de les éviter, surtout s’ils continuent à vous faire du mal ! – mais si vous les croisiez, ou que vous ne puissiez les éviter, posez des actes bons envers eux : « Si ton ennemi a faim, donne-lui à manger, s’il a soif, donne-lui à boire ; ne te laisse pas vaincre par le mal, mais sois victorieux du mal par le bien11 ». C’est ainsi que sainte Rita convertit son mari qui pourtant la martyrisait, en continuant toujours à le servir et à prier pour lui. Ne réservons pas à de grands saints une telle conduite. J’ai souvenir d’une famille qui eut un enfant handicapé. Alors que la mère était encore enceinte, les jeunes parents subirent de la part du médecin un véritable harcèlement les poussant à l’avortement, et ce jusqu’au dernier instant. Furieux, le père voulut dans un premier temps se venger. Préférant suivre les recommandations du Christ plutôt que sa colère, il écrivit au médecin pour le remercier d’avoir donné jour à son petit, puis lui envoya régulièrement une photo et des nouvelles de l’enfant. Finalement, le médecin lui écrivit à son tour, pour demander pardon des propos qu’il avait tenus avant l’accouchement. Ce jeune père de famille s’est comporté chrétiennement. Alors que le médecin restait enfermé dans sa logique eugéniste et mortifère, ce père de famille avait essayé de lui faire du bien, lui montrant à travers son enfant la beauté de la vie humaine, de toute vie humaine, qui plus est quand elle est chrétienne. Plutôt que de rendre le mal pour le mal par la vengeance, il avait rendu le bien pour le mal, et avait ainsi vaincu le mal par le bien.

  Cette première phase du pardon, qui concerne ceux qui sont encore nos ennemis, est certainement la plus difficile à pratiquer ; mais la plus importante. A s’y exercer, les deux phases suivantes du pardon seront plus aisées. On peut même dire que, menée à la perfection, cette première phase génère chez l’offensé le pardon pris au sens strict, bien que du côté de l’offenseur, il y ait encore un obstacle pour le recevoir effectivement, à savoir son attache au mal. C’est en ce sens que saint Thomas invite les parfaits à pardonner au sens strict, quand bien même l’offenseur ne regretterait pas encore sa faute.

Avant d’aller plus loin, il importe à chacun de s’examiner pour savoir si, de son côté, il a fait le nécessaire pour être en paix avec son prochain, ou si au contraire il entretient des rancœurs vis-à-vis de certains. Cherchons également à savoir si nous n’avons pas offensé gravement notre frère par le passé, sans lui avoir demandé pardon et cherché à réparer. Oui, examinons-nous : nous ne pourrons entrer au Ciel avec tout cela sur la conscience. Examinons-nous et jugeons-nous aujourd’hui, afin que Dieu n’ait pas à nous examiner et à nous condamner demain.

La deuxième phase du pardon

 Nous le disions, le pardon au sens strict ne peut être accordé que quand autrui regrette sa faute. Il ne nous est pas demandé plus qu’à Dieu, qui agit ainsi envers nous. Commençons néanmoins par noter que, lorsqu’il s’agit d’offenses sans gravité, ce regret doit être supposé chez autrui, quand bien même il ne serait nullement manifesté. En ce cas, notre pardon devra être pour ainsi dire immédiat. Ainsi en est-il par exemple quand on nous injurie. Il relève de la grandeur d’âme de savoir n’en tenir aucun compte. Cicéron dit de Jules César qu’il avait coutume de n’oublier que les injures. C’est parce que le sage, dit Sénèque, est au-dessus de l’injure. Il est en effet plus digne d’un grand cœur de pardonner une injure, que de demeurer vainqueur dans un différend. Si nous appliquions seulement cette première règle, beaucoup de différends seraient évités. Nous réagissons hélas tellement souvent par susceptibilité, par amour propre blessé… Beaucoup plus que l’offense d’autrui, c’est cet amour propre qui est source de divisions.

Néanmoins, lorsqu’il s’agit d’offenses plus graves, soit en elles-mêmes, soit par leurs conséquences, il est évident que la réconciliation ne peut se faire que si le coupable exprime son regret d’une quelconque manière. C’est par exemple le cas lorsque quelqu’un vous a causé un dommage grave, que ce soit par injustice, ou en manquant à sa parole. Il doit reconnaître ses torts, pour qu’il y ait réconciliation. Cependant, pour lui pardonner effectivement, n’attendez pas que ses excuses soient parfaites, complètes, aussi humbles que n’a été injuste son injustice. Au contraire, soyez large en la matière, sachez vous contenter des premiers gestes, des premiers mots. L’homme est hélas bien orgueilleux, il lui en coûte de s’humilier. N’exigez pas trop de lui. Prenez exemple sur Dieu, dans ce que l’on pourrait appeler la première confession, celle d’Adam pécheur. Dieu tout d’abord part à sa recherche, et lui facilite l’aveu de sa faute : « D’où sais-tu que tu es nu ? N’aurais-tu pas mangé du fruit défendu12? ». Vous reconnaissez là la première phase du pardon. La réponse d’Adam est terrible, quand on y pense : « La femme que vous avez mise à mes côtés m’a donné du fruit de l’arbre, et j’en ai mangé13 ». Son aveu est presque insultant ! Mais il y a néanmoins aveu, et Dieu s’en contente. Heureusement pour nous, car combien de fois, en nos confessions, cherchons-nous de fausses excuses à nos péchés ? Sachons donc être larges dans l’octroi de notre pardon.

Que signifie pardonner ? Ne plus tenir rigueur du mal causé. Il serait donc injuste de faire sentir à l’autre que, pour nous avoir autrefois offensé, il reste notre débiteur. Ce qui est pardonné est pardonné. Cela veut-il dire qu’on doit remettre à l’autre non seulement la faute commise, mais encore la peine encourue ? Si nous restons toujours libres – et c’est quelquefois très méritoire – de remettre une dette en justice, il semble que parfois, réclamer réparation relève au contraire de la charité. Si votre fils, malgré votre interdiction formelle, a pris votre voiture et l’a cassée, il paraît bon pour son éducation qu’il répare un minimum ! Cette demande de réparation doit alors être signifiée dans l’octroi du pardon, ainsi que Dieu le fait à notre endroit lors de la confession. Ne la réclamer que beaucoup plus tard serait prouver que nous n’avions rien pardonné, mais fait que ruminer.

Le pardon porte donc sur l’acte mauvais dont nous sommes victimes. Ne plus tenir rigueur de cet acte ne signifie pas, le cas échéant, ignorer la faiblesse d’autrui, voire le vice qui en est à l’origine. Si quelqu’un a gravement trahi un secret que vous lui aviez confié, pardonner sa trahison ne veut pas dire lui redonner toute votre confiance, comme s’il était incorruptible ! Si vous ne lui tenez plus rigueur de cette trahison et de ses conséquences, vous garderez néanmoins dans les premiers temps une certaine réserve à son endroit, et c’est là sagesse ; mais cette même sagesse saura également vous tenir éveillé sur les progrès qu’il fera dans la vertu autrefois lésée.

Ce point en éclaire un autre : doit-on redonner toute son amitié à la personne pardonnée, s’il y avait un lien particulier auparavant ? Nous n’y sommes pas toujours tenus. Il est cependant des cas où il est important de savoir redonner toute sa bienveillance et sa prévenance, à savoir lorsque l’amitié lésée relève de la nature. C’est par exemple le cas entre un époux et une épouse, un parent et son enfant, etc. Dans les autres cas, si l’on n’est pas tenu de redonner toute son amitié, on ne doit cependant jamais faire sentir une quelconque inimitié, et toujours continuer à vouloir le bien de l’autre, comme on le voulait avant même d’accorder le pardon effectif. Regardons néanmoins le très bel exemple, héroïque, de Saint Jean Galbert. Voulant coûte que coûte venger la mort de son frère, il rencontra son assassin un vendredi saint. Celui-ci le supplia au nom du Christ crucifié. Jean lui pardonna, et lui donna même son amitié. Cela fut à l’origine de sa sainteté, lui qui fonda plus tard l’ordre de Vallombreuse.

La troisième phase du pardon 

Voici donc l’offense pardonnée. Il reste en nous quelque chose qui peut s’avérer terrible : la mémoire ! Nous avons beau avoir pardonné, voici que nous revient à l’esprit tout le mal que l’autre nous a causé, mal dont peut-être nous souffrons encore, dont peut-être nous souffrirons toujours ! Imaginons le pire : un conducteur en état d’ivresse a tué votre enfant. Il est venu demander pardon et, chrétiennement, vous lui avez pardonné. Mais il suffit d’un rien pour raviver cette mémoire : un geste, une parole, un objet, un lieu. Et voici que, malgré votre pardon, avec cette mémoire qui se ravive, se ravivent aussi parfois des bouffées de rancune, de colère, voire de haine. Nous entrons ici dans la troisième phase du pardon, le pardon de la mémoire.

Si vous avez connu ces moments intérieurs si terribles, il faut commencer par vous rassurer : à eux seuls, ils ne remettent pas en cause la valeur du pardon donné. Certains s’en veulent de ces mouvements intérieurs, et se disent que leur pardon n’a pas été vrai. Si, il l’a été. Ces mouvements vous rappellent simplement combien vous êtes encore trop sensibles. Il vous faudra sans doute renouveler intérieurement votre pardon, encore et encore, à chaque fois que ce mouvement de mémoire s’accompagnera de tentations de rancœur ou de révolte. C’est là aussi le « soixante-dix fois sept fois » dont parle Notre-Seigneur au sujet du pardon14. Et tant que vous renouvellerez ainsi intérieurement votre pardon, jamais il n’y aura péché de colère, de rancœur ou de haine, quoi qu’il en soit des mouvements ressentis. Vous vous en dissocierez au contraire, et lentement ces mouvements se dissocieront des rappels de votre mémoire, ils vous abandonneront. Et vous aurez grandi d’autant dans la vertu.

Car, lorsqu’il s’agit de grandes blessures du passé qui nous ont marquées en profondeur, pardonner ne revient pas à oublier. C’est accepter de vivre en paix avec l’offense. Le pardon de la mémoire réclame de se souvenir, et non d’enfouir. Une blessure cachée s’infecte, pour distiller plus tard son poison décuplé. Il importe au contraire de la mettre au jour, dans la lumière. Là, à force de pardonner, vous y découvrirez lentement, au-delà du mal reçu des hommes, le bien infiniment plus grand reçu de Dieu, l’amour particulier avec lequel Il continue de vous aimer, l’amour qu’aujourd’hui Il vous donne de rayonner, en union avec le divin crucifié. Alors, vos blessures seront devenues pour vous sources de vie.

  S’il était nécessaire de parler ainsi du pardon, c’est bien sûr de par l’importance du thème. Notre Seigneur est très clair : « Si vous ne pardonnez pas, votre Père ne vous pardonnera pas non plus vos offenses15» ; de par son importance donc, mais aussi de par son actualité. L’expérience dit combien il existe dans les familles, entre amis ou anciens amis, des brouilles non dissipées, des brouilles qui souvent se sont envenimées avec le temps. Il faudrait – oui, il faut ! – que la charité du Christ, que la paix du Christ soit plus puissante que toutes ces brouilles, qu’elle en soit victorieuse. C’était là le souhait initial de saint Paul : « Que triomphe en vos cœurs la paix du Christ, à laquelle vous avez été appelés pour former un seul corps16».

Un prêtre

 

1 Col 3, 12

2 Col 3, 15

3 Col 3, 13

4 Ro 12, 18

5 Col 3, 13

6 Ro 12, 21

7 Mt 5, 45-46).

8 Ro 12, 19, citant Dt 32, 35

9 1 Th 5, 15

10 Lc 23, 34

11 Ro 12, 21

12 Ge 3, 11

13 Ge 3, 12

14 Mt 18, 22

15 Mt 6, 15

16 Col 3, 14

 

Aimer la France

           « Le peuple qui a fait alliance avec Dieu aux Fonts Baptismaux de Reims se repentira et retournera à sa première vocation. Les mérites de tant de ses Fils qui prêchent la vérité de l’Evangile dans le monde presque entier et dont beaucoup l’ont scellée de leur sang, les prières de tant de saints qui désirent ardemment avoir pour compagnons dans la Gloire Céleste les frères bien-aimés de leur patrie, la piété généreuse de tant de ses Fils, qui, sans s’arrêter à aucun sacrifice, pourvoient à la dignité du clergé et à la splendeur du culte catholique, et, par-dessus tout, les gémissements de tant de petits enfants qui, devant les Tabernacles répandent leur âme dans les expressions que Dieu même met sur leurs lèvres, appelleront certainement sur cette nation les miséricordes Divines. Les fautes ne resteront pas impunies, mais elle ne périra jamais, la Fille de tant de mérites, de tant de soupirs et de tant de larmes. Un jour viendra, et nous espérons qu’il n’est pas très éloigné, où la France, comme Saül sur le chemin de Damas, sera enveloppée d’une Lumière Céleste et entendra une voix qui lui répètera : « Ma Fille, pourquoi Me persécutes-tu ? ». Et, sur sa réponse : « Qui es-tu, Seigneur ? », la voix répliquera : « Je suis Jésus, que tu persécutes. Il t’est dur de regimber contre l’aiguillon, parce que, dans ton obstination, tu te ruines toi-même. » Et elle, tremblante, étonnée, dira : « Seigneur, que voulez-vous que je fasse ? » Et Lui : « Lève-toi, lave-toi des souillures qui t’ont défigurée, réveille dans ton sein les sentiments assoupis et le pacte de notre alliance, et va, Fille Aînée de l’Eglise, nation prédestinée, vase d’élection, va porter, comme par le passé, Mon Nom devant tous les peuples et devant les rois de la Terre ». (Saint Pie X)

 

  L’image défigurée que présente notre pays, tant dans ses institutions que dans le rayonnement mondial perverti qu’il exerce, ne doit pas nous faire oublier l’immense héritage dont nous sommes dépositaires ! Avant d’être une république laïque antichrétienne, la France est toujours et encore la fille aînée de l’Eglise et la créatrice de la civilisation chrétienne. Les péripéties du moment présent ne doivent pas occulter ce passé qui nous oblige.

  « Heureux comme Dieu en France » disait-on sous saint Louis. N’oublions pas que pendant des siècles, la France, baptisée à Reims, défendit la civilisation chrétienne. On peut même dire que le modèle de la civilisation chrétienne trouve son origine en France. C’est tardivement que les valeurs maçonniques de la révolution se sont imposées à notre pays et c’est avec difficulté qu’elles ont pénétré le « pays réel ». En 1871, la chambre était encore à majorité monarchiste !

  Pour nous Français, beaucoup de choses semblent aller de soi. Des affaires aussi variées que la pratique de notre religion, l’ordre, le respect des faibles, les magnifiques édifices qui nous entourent, les calvaires, la richesse de notre histoire constituent un environnement auquel nous sommes sûrs d’avoir droit. Il nous paraît naturel d’être les fils de saint Louis et de sainte Jeanne d’Arc, nous trouvons normal que des fidèles du monde entier se rendent à Lourdes, nous ne sommes pas étonnés d’apprendre que le message du Sacré-Cœur a été donné à Paray le Monial, de voir que la Vierge a parlé à des enfants à Pontmain il y a 150 ans. Nous appartenons à la patrie des arts des armes et des lois et nous trouvons naturel de voir notre civilisation, nos styles architecturaux imités dans tout l’occident.

Tous ces saints sont certes une immense richesse pour la France mais il est certain qu’eux aussi ont dû leur richesse et certainement leur sainteté à la France ! Sainte Jeanne d’Arc ne peut se concevoir qu’en France, comme membre de la fille ainée de l’Eglise !

Remercions Dieu pour cet immense privilège ! Si – comme le dit le père Sertillange – chacun doit donner à sa patrie les droits d’une mère2, reconnaissons que, pour nous Français, c’est particulièrement facile !

  Les ennemis de la civilisation chrétienne ont eu beau laïciser les institutions, réduire nos racines à 1789 – allant jusqu’à nier à la France ses racines chrétiennes ce qui est un comble ! – et métisser massivement son peuple avec des populations musulmanes étrangères à l’héritage français, notre patrie, la terre de nos pères demeure ! De dignes successeurs sont toujours sortis de nos rangs pour défendre le bien. Des Vendéens aux poilus de 14, en passant par les zouaves pontificaux, les missionnaires, les officiers refusant de participer aux inventaires, toujours des Français se sont levés pour la civilisation chrétienne ! La grande majorité des ordres missionnaires a d’abord vu le jour en France pour se répandre ensuite en Europe ! Soyons dignes de cet héritage dont nous devons être fiers !

  Mais me direz vous, comment aimer cette France que nous ne voyons que défigurée ?

Bien entendu en faisant tout ce que nous pouvons pour la restaurer – mais ce sujet vaudrait un article – mais d’abord, pour nous parents, en la connaissant et en la faisant connaître à nos enfants.

Un héritage inconnu n’a pas de valeur. Nous pouvons être propriétaire de tout l’or du monde, si nous ne le savons pas, nous ne pourrons le faire fructifier ! Il en est de même pour notre patrie.

Nos familles doivent être passionnées de la France ! Cela doit apparaître dans nos conversations, nos activités, notre militantisme. Ne nous renfermons pas sur nous, nous sommes de la patrie de Clovis, de Louis, de Jeanne, de la terre des bâtisseurs des cathédrales, des croisés, des missionnaires qui ont répandu notre foi dans le monde entier ! Jusqu’à la guerre de 14 on parlait français dans toutes les cours d’Europe ! Les poilus de 14 sont nos pères ! Nous sommes de la même patrie !

  Il nous faut connaître et être fidèle à cet héritage, en pratiquant les vertus de nos pères et étant bien conscients que nous appartenons à l’histoire de notre pays… Imprégnons-nous de cet héritage, complétons nos connaissances par une appropriation physique de ce legs, comprenons et pratiquons les vertus qui en ont été la source ! Nos cathédrales, nos châteaux, nos villages, nos marchés, nos champs de batailles sont autant de témoins des qualités de notre civilisation chrétienne. Je ne crois pas qu’il existe un pays où furent érigés autant de calvaires que dans le nôtre et pourtant, quel acte de piété que  bâtir un calvaire ! Quel témoignage pour notre temps ! Et quel crime de l’oublier !

 

Clovis Lefranc

1 Le père Sertillange

2 « Tes pères et mères honorera afin de vivre longuement » nous dit le 4ème commandement…