La contestation

Croyez-moi : ne contestez jamais avec personne ; cela ne sert de rien. Chacun et chacune est sûr de son bon droit et cherche moins à être éclairé qu’à vaincre dans une joute de mots. On se quitte mécontents, ancrés sur ses positions, et la dispute continue au dedans. C’en est fait du silence et de la paix. Si vous n’en avez pas la charge, n’essayez pas de convaincre. Mais si vous voulez demeurer en repos, tournez plutôt la page habilement dès que s’amorce la controverse. Acceptez d’être terrassé au premier choc, et priez doucement Dieu de faire triompher Sa vérité en vous-même et dans les autres ; puis passez. Votre âme n’est pas un forum, mais un sanctuaire. Il s’agit pour vous non d’avoir raison, mais d’embaumer par le parfum de votre amour. La vérité de votre vie témoignera de celle de votre doctrine. Voyez Jésus dans son procès : Il s’est tu, acceptant d’avoir tort ; Il est maintenant la Lumière pour tout homme venant en ce monde.

 

Dom Guillerand (1877 – 1945) – Les portes du silence

 

Avec ta belle-mère

Mon Enfant, aujourd’hui, c’est d’un sujet délicat et bien mal compris dont je voudrais te livrer le secret, comme belle-fille et comme belle-mère.

Une certaine image caricaturale a édifié les rapports belle-mère, belle-fille en oppositions conflictuelles, le plus souvent au détriment des belles-mères. Ce n’est pas l’esprit chrétien.

Lorsque la mère de ton époux l’a mis au monde, elle lui a donné tout son amour, son dévouement, la tranquillité de ses nuits. Veilles, peines, renoncements quotidiens à sa volonté, à ses projets, à une activité aimée peut-être, ou à des passions légitimes. Elle en a fait ce que tu aimes en lui, l’éducation que tu admires, les qualités qu’elles a développées et les défauts qu’elle a combattus.

Ne l’oublie pas.

Le jour de votre mariage, elle a accepté, dans une peine cachée et des pleurs silencieux, qu’une autre femme soit désormais la référence, la source de joies de son fils, qu’elle t’a offert généreusement. A l’image de Notre-Dame qui a donné son Fils aux hommes, sachant comme elle que son enfant ne lui appartenait pas.

Qu’il lui était simplement confié, pour partir…

Ne l’oublie pas.

Pour ces dons et parce que Dieu nous commande d’honorer notre père et notre mère, de même ceux de ton époux, tu dois veiller à ne pas la contrarier, ni la peiner. Si elle te semble difficile à vivre, prends pour exemple sainte Jeanne de Chantal, veuve, qui a supporté un beau-père despotique et immoral et lui a valu ainsi une fin chrétienne. 

Que connais-tu de ses douleurs, de ses chagrins ? Reste un instrument de paix, ne provoquant pas de disputes ou de ressentiments, évitant de donner ton avis pour ne pas diviser ses enfants ni les liguer contre elle.

Ne l’oublie pas.

Son amour pour son fils reste profond. Veille avec délicatesse à lui laisser assez de temps lors des vacances ou des visites, à savoir leur ménager des moments à eux pour se retrouver comme avant. Elle t’en sera reconnaissante.

Il existe un équilibre à trouver entre vos deux familles, plus complexe en cas d’éloignement ou de fratrie plus importante l’une que l’autre, respectant les vertus de justice, de charité, pour une paix durable et pour vos enfants qui appartiennent à deux lignées.

Si ta belle-mère a été attentive à cela avec sa propre belle-mère, fais comme elle. Si elle a été trop égocentrique, se manifestant peu ou ne voyant que ses projets avec son noyau amical ou familial, fais mieux qu’elle. Dieu te le commande.

Ne l’oublie pas.

Ta belle-famille existe avant que tu ne t’y présentes. Depuis des générations elle a intégré d’autres « valeurs ajoutées », comme ta famille, donc en y entrant, ne sois pas excessivement sur tes gardes, créant ainsi un malaise.

Comme ta famille également, elle a ses défauts certes mais aussi ses richesses, son histoire, ses coutumes. A toi de les intégrer, de t’y intéresser. Tu dois lui faire honneur (tu honoreras…) et pouvoir transmettre à vos enfants l’histoire paternelle dont tu prends le nom.

Ne l’oublie pas.        

Elle peut te montrer la route par laquelle elle est passée et qui l’a mûrie, lui donnant cette expérience de la vie, le recul sur les évènements et les émotions. Ne doute pas des services qu’elle peut te rendre selon ses capacités, lors des vacances, des naissances, des difficultés de la vie. Parfois, d’un mot bienveillant, vif, ou plus doux, selon son tempérament, elle peut deviner une difficulté et te permettre d’y voir clair ou de la résoudre alors même que tu ne voyais rien. Sache alors recevoir ce qui est pour ton bien, avec reconnaissance.

Ne l’oublie pas.

Si elle n’a pas de fille, sois-en une pour elle, afin de tempérer la rudesse des garçons ou leur manque de discernement des petites choses blessantes ou au contraire prévenantes.

Dans sa vieillesse, si la solitude survient avec la nécessité d’être assistée, voire accueillie, ouvre ta porte et ton cœur généreusement. Que de beaux exemples de tendresse de belles-filles, répondant à leur vocation féminine de répandre paix et joie autour d’elles.

Tu seras un bel exemple préparant ainsi une place au Ciel à tous, dans la charité.

Alors va.

Jeanne de Thuringe

Quatorzième station : Jésus est mis au tombeau

« Bien vivre n’est rien d’autre qu’aimer Dieu de tout son cœur, de toute son âme, de tout son esprit, » et comment aimer Dieu si nous ne le connaissons pas ? Aimer Dieu ! Vaste programme ! Et l’aimerons-nous jamais assez ?

La maman pourra lire ou simplement s’inspirer de ces pensées pour entretenir un dialogue avec ses enfants ; elle l’adaptera à l’âge de chacun mais y trouvera l’inspiration nécessaire pour rendre la présence de Dieu réelle dans le quotidien matériel et froid qui nous entoure. Elle apprendra ainsi à ses enfants, petit à petit, à méditer ; point n’est besoin pour cela de développer tous les points de ce texte si un seul nourrit l’âme de l’enfant lors de ce moment privilégié.

Ainsi, quand les difficultés surgiront, que les épreuves inévitables surviendront, chacun aura acquis l’habitude de retrouver au fond de son cœur Celui qui ne déçoit jamais !

Après la contemplation du Notre Père et de la Salutation angélique, nous vous proposons celle du Chemin de Croix. En effet, sa méditation, source de nombreuses grâces, est un exercice souvent négligé hors du temps du Carême, elle est pourtant source de nombreuses grâces. Une illustration facilitera le recueillement des plus jeunes.

Quatorzième station : Jésus est mis au tombeau

 

Viens te recueillir sur ce tombeau, ô mon âme repentante et remplie de reconnaissance ! Ton Dieu t’attend, caché derrière cette lourde pierre. Rentre en toi-même comme tu aimerais le faire en ce tombeau, pour contempler ton Sauveur victorieux.

 

Composition de lieu

Joseph d’Arimathie et Nicodème « prirent donc le corps de Jésus, et l’enveloppèrent dans des linges avec des parfums, comme les Juifs ont coutume d’ensevelir. Or il y avait au lieu où il fut crucifié, un jardin, et dans le jardin un sépulcre neuf, où personne encore n’avait été mis. Là donc, à cause de la préparation des Juifs, et parce que le sépulcre était proche, ils déposèrent Jésus. » (Jean ; XIX : 40-42)

Corps de la méditation

Aucun cortège somptueux ne l’escorte à sa dernière demeure. La Sainte Vierge est accompagnée de saint Jean, de quelques femmes, de Nicodème et Joseph d’Arimathie.

Les onguents que lui appliquent les saintes femmes sont comme les sacrifices que je peux offrir en réparation de mes trop nombreux péchés qui ont meurtri le corps si pur de Notre-Seigneur. Arrivent-ils trop tard ? Non, il n’est jamais trop tard, tant que je suis sur cette terre, Jésus m’offre à chaque instant la possibilité de me ressaisir, et de lui montrer par quelques mortifications combien je l’aime et je veux le consoler de l’ingratitude des hommes.

En se faisant homme, Jésus a voulu nous montrer l’exemple en tous points. Depuis le péché originel, notre pauvre corps est destiné au tombeau, et Jésus n’a pas voulu en être exempt. Il a tant aimé la pauvreté qu’il a choisi le sépulcre d’un autre pour y reposer en attendant la résurrection. Quel abandon !  Jésus veut demeurer caché, au tombeau comme au tabernacle. Ô Jésus, je vous adore, dans l’obscurité de votre sépulcre. Je vous adore présent dans mon âme, qui n’est qu’une pauvre tombe sans valeur, mais qui devient le temple du Saint-Esprit par le baptême. Je dois respecter ce sanctuaire, qui n’a de valeur que par ce qu’il contient. Je ne suis rien, mais je puis tout en celui qui me fortifie. J’aimerai à communier souvent afin de recevoir Jésus réellement présent dans l’hostie, et ainsi je serai un tabernacle vivant.

Colloque

Oui, je veux être reconnaissant de tant d’amour exprimé par de si grandes souffrances, jusqu’au dénuement total de la nuit du sépulcre. Que vive le Christ-Roi dans nos cœurs, vive Jésus dans le Saint-Sacrement de l’Autel ! Vous êtes le Tout-Puissant devenu tout petit pour vous mettre à ma portée, pour venir en mon cœur et transformer le tombeau de mon âme en un lieu de résurrection, tout brillant de votre lumière.

Sainte Vierge Marie, aidez-moi à faire de mon pauvre être un tabernacle tout pur pour y recevoir votre Divin Fils, mon Sauveur. Et que par le signe de la Croix, ce signe de la victoire, à mon tour je chasse les tentations et je fuie le péché et que je parvienne avec bonheur à la Vie éternelle.

Au nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il.

 

Germaine Thionville

 

Âme légère et préméditation

Le samedi 10 mars 1906, pour se conformer à la loi de séparation des Eglises et de l’Etat votée le 6 décembre 1905, le lieutenant Charles de Rose1 recevait un ordre de ses supérieurs auquel il répondit ainsi :

« Je suis désigné pour aller demain porter main forte aux autorités civiles pour l’exécution de l’inventaire de l’église d’Haussonville. Etant d’une famille très chrétienne, ayant plusieurs de mes proches parents prêtres ou religieux, j’ai reçu des principes qui ne me permettront jamais d’enfoncer des portes d’église ou de forcer des coffres-forts de sacristie. Ma décision est irrévocable. Ni moi, ni mes hommes ne porteront la main sur la maison de Dieu. »

Les conséquences de ce refus d’obéissance du lieutenant de Rose ne se firent pas attendre : il fut mis aux arrêts de rigueur à son domicile dès le 12 mars, puis transféré à Nancy où, comme il n’existait pas de prison militaire, il fut interné à la Maison d’arrêt dans une cellule à côté de celles des voleurs et des assassins.

Au Conseil de guerre, il réaffirma : « Il y avait préméditation, mais cette préméditation, je vous demande de ne pas la faire remonter à la veille du jour où j’ai été envoyé à Haussonville, mais au jour où ma mère m’a appris à prier Dieu à genoux en joignant les mains. »

Il fut mis pour trois ans en « période de non-activité » et ne fut réintégré dans l’armée que le 25 mars 1909.  « Au point de vue de ma conscience, je ne peux dire à quel point j’ai l’âme légère. Je ne regrette rien, pas même les ignominies de la prison. »  Il employa utilement ces années en se spécialisant dans la fabrication des moteurs à explosion, des automobiles et aéroplanes. Science qui lui sera bien utile quand en 1916 il deviendra commandant de l’aéronautique française !

 

1 Jean-Pierre Dumond – Le commandant de Rose, créateur de l’aviation de chasse – Héros méconnu de la grande guerre 1876-1916

 

Euthanasie saison IV

La quatrième tentative sera-t-elle la bonne ? Après un premier débat engagé à l’Assemblée nationale sur une proposition de loi déposée en 2020 par Olivier Falorni, député de la Charente-Maritime, dont seul a été adopté en avril 2021 l’article premier qui définissait les conditions d’accès à une « assistance médicalisée active à mourir » avant que la discussion ne s’interrompe en raison de l’opposition, purement opportuniste, du gouvernement, puis une proposition de loi sénatoriale émanant du groupe socialiste  « visant à établir le droit à mourir dans la dignité », rejetée  à une courte majorité par le Sénat en mars 2021, vint le « projet de loi relatif à l’accompagnement des malades et de la fin de vie » déposé par le gouvernement, après la mobilisation d’une convention citoyenne, dont la discussion et le vote en mai et juin 2024 étaient presque achevés avant que la dissolution de l’Assemblée nationale ne le rende caduc. 

L’idée de légiférer sur la « fin de vie » ne fut pas abandonnée, loin de là, et en 2025, le projet de loi de 2024 a été scindé en deux textes distincts correspondant chacun à une proposition de loi, l’une relative aux soins palliatifs qui a été votée à l’unanimité, l’autre relative à la fin de vie. Ce dernier texte a d’ailleurs vu son titre modifié au cours des débats en proposition de loi relative au « droit à l’aide à mourir ». Au-delà des variations sémantiques qui traduisent sans doute un certain embarras du législateur pour appréhender le sujet, c’est bien à chaque fois de l’euthanasie qu’il s’agit. Le fait que le texte fasse l’objet de deux propositions de loi (d’origine parlementaire) distinctes et pas d’un projet de loi (d’origine gouvernementale) résulte de la distance personnelle qu’a voulu prendre le Premier ministre par rapport au second texte. Cela dit, Mme Catherine Vautrin, ministre des affaires sociales, qui représentait par ailleurs la France à la messe d’intronisation du pape Léon XIV, a joué, au nom du gouvernement, un rôle très actif dans la discussion et la promotion de la proposition de loi à l’Assemblée nationale. 

Le soutien le plus emblématique à cette proposition de loi est venu du chef de l’Etat dans un discours prononcé à la Grande Loge de France le 5 mai 2025 à l’occasion du 120ème anniversaire de la loi de 1905 sur la séparation des Eglises et de l’Etat. Après avoir rappelé que « le dialogue entre la République et la franc-maçonnerie est une conversation, si je puis dire, polie par des siècles de combats, par la communion de pensée et par une connivence qui n’a rien d’un complot » et que « la franc-maçonnerie est aux avant-postes de la bataille qui importe si nous voulons façonner le siècle pour le bien de l’humanité », le président a souligné les enjeux de la proposition de loi : « Que les francs-maçons portent cette ambition de faire de l’homme la mesure du monde, le libre acteur de sa vie, de la naissance à la mort, qui peut s’en étonner ? »

La proposition de loi sur le droit à l’aide à mourir a été adoptée le 27 mai 2025 par l’Assemblée nationale en première lecture par 305 voix contre 199 et 57 abstentions. Elle a été transmise au Sénat qui l’examinera en séance publique à partir du 7 octobre 2025. Une seconde lecture dans chaque assemblée précèdera un examen de la proposition par la commission mixte paritaire et le texte devrait, sauf accident de parcours, être définitivement adopté avant la fin de l’année 2026. 

Les débats à l’Assemblée nationale ont peu porté sur les principes (« Tu ne tueras pas », « l’indisponibilité de la vie humaine ») rappelés par Pie XII en 1957 : « Dieu seul est maître de la vie et de l’existence. L’homme n’est donc pas maître ni possesseur mais seulement usufruitier de son corps et de son existence. » Ils ont porté sur les « garde-fous » mis en place par les auteurs du texte pour tenter d’en limiter les abus et rendre celui-ci acceptable pour la majorité des députés.

Une première série de garde-fous a consisté à fixer des critères d’éligibilité : la personne concernée, curieusement désignée « patient », doit être majeure et de nationalité française ou résider de façon stable et régulière en France. Elle doit être atteinte d’une « affection grave et incurable, quelle qu’en soit la cause, qui engage le pronostic vital, en phase avancée » ou « terminale ». Cela signifie qu’elle est entrée « dans un processus irréversible marqué par l’aggravation de son état de santé qui affecte sa qualité de vie ». Le malade doit également présenter une « souffrance physique et psychologique constante » qui est « soit réfractaire au traitement, soit insupportable selon la personne » lorsqu’elle a « choisi de ne pas recevoir ou d’arrêter » un traitement. Une souffrance psychologique n’est pas suffisante pour « bénéficier » de « l’aide à mourir ». Enfin, la personne concernée doit « être apte à manifester sa volonté de façon libre et éclairée ».

Une certaine confusion est entretenue entre l’arrêt des traitements pénibles lorsqu’il n’y a pas d’espoir de guérison, ce qui est moralement licite, et le prétendu droit à mourir. Les auteurs de la proposition de loi veulent se placer dans le sillage de la loi Claeys-Leonetti de 2016 qui autorise dans certains cas la sédation profonde jusqu’au décès, ce qui peut constituer une forme d’euthanasie car elle associe un arrêt des soins de base que sont l’hydratation et l’alimentation à une sédation profonde qui n’est pas toujours indispensable. La Conférence des évêques de France, tout en « s’inquiétant profondément » du vote de la nouvelle loi, s’est arc-boutée sur la loi Claeys-Leonetti qui ouvrait pourtant la voie à la réforme en cours. Quant aux souffrances physiques ou psychologiques réfractaires au traitement, la quasi totalité des demandes d’euthanasie disparaît lorsque la prise en charge d’un patient présentant des grandes souffrances morales et psychologiques est faite correctement grâce aux soins palliatifs.

Quoi qu’il en soit, ces critères d’éligibilité sont pour le moins flous et peuvent donner lieu à interprétation. En tout état de cause, comme ce fut le cas pour le droit à l’avortement, ce texte est une première étape qui ne demandera qu’à être dépassée le moment venu. L’essentiel est d’opérer la bascule anthropologique que constitue la reconnaissance du « droit à mourir ».

 

Les garanties procédurales constituent la seconde catégorie des garde-fous mis en place par la proposition de loi. La demande d’aide à mourir doit être expresse et adressée à un médecin qui a quinze jours pour se prononcer et notifier sa décision. Celui-ci peut en référer à un spécialiste ayant accès au dossier médical du patient et à un professionnel de santé impliqué dans le traitement en cours mais la décision finale, qui devra être rédigée et motivée, lui appartient. Le texte prévoit que l’auto-administration de la substance létale est la règle, ce qui correspond au suicide assisté, mais, si le « patient » n’est pas en mesure d’y procéder, l’administration pourra être effectuée par un médecin ou un infirmier. Une clause de conscience spécifique aux professionnels de santé leur permettra de refuser de réaliser ce geste. Cette clause ne s’appliquera pas aux pharmaciens, comme c’est déjà le cas pour les produits abortifs, car ils ne sont pas considérés comme des « auxiliaires médicaux ».

Un amendement à la proposition de loi instaure un « délit d’entrave à l’aide à mourir » visant à sanctionner le fait d’empêcher une personne de s’informer sur cette loi ou d’en « bénéficier ». Un tel délit pourra conduire à sanctionner ceux qui proposent des soins palliatifs aux candidats au « suicide médicalisé ». Un amendement proposant la création d’un délit d’incitation à l’euthanasie a été repoussé. Pour les députés, il est plus grave d’empêcher de tuer que d’y inciter. D’ailleurs, l’aide à mourir sera prise en charge par la sécurité sociale.

 

Il est difficile de conclure sans faire le parallèle, à cinquante ans de distance, entre la proposition de loi sur le droit à l’aide à mourir et le projet de loi libéralisant l’avortement. L’opposition à la réforme de 2025 semble peut-être un peu plus forte que celle de 1975 mais elle ne porte pas vraiment sur les principes des promoteurs du texte et qui sont peu ou prou considérés comme acquis. Or, c’est en défendant les nôtres que nous ferons un jour tomber les leurs.

Thierry de la Rollandière