Résonne le cor

Quel Français, petit ou grand, n’a pas lu ce récit épique ? Oh oui, on imagine bien que la plume des troubadours a enjolivé le récit pour donner naissance à la légende, pourtant, personne ne peut rester indifférent.

Roland se battait avec ardeur. Durandal dansait dans les airs, découpant les destriers, fendant les heaumes et les têtes, brisant les écus en mille éclats. Le sang coulait, l’herbe était rouge, la lumière du soleil rutilait dans la mort répandue à grand flots. Les cadavres des Sarrasins jonchaient le sol, mélangés aux nobles corps des Francs, submergés par le nombre. Ah, quelle pitié ! Malgré leur bravoure, les chevaliers tombaient peu à peu sous les coups félons ! Roland perdit son destrier qui chuta lourdement, abattu par une lance dans un hennissement terrible. Désarçonné, le chevalier se releva et abattit ses ennemis par centaines. C’était fureur que de voir l’audace et la fougue de ses coups.

 

– Roland, mon ami, s’écria Olivier, sonne de ton olifant d’ivoire, que par-delà la montagne, l’empereur oie notre détresse et de secourir nos chevaliers se presse.

Roland, rempli de gloire, refusa.

– Non, Olivier, je ne sonnerai point de l’olifant d’ivoire, point ne ferai résonner notre détresse. De ce côté de la montagne, nous protégerons l’empereur, sous ce ciel loin de chez nous, nous mourrons pour notre gloire. Je ne déshonorerai pas mon nom, mais combattrai jusqu’à la mort, quand Dieu m’en trouvera digne.

Alors, Olivier et Roland, reprirent le combat de plus belle. Le fer dansait dans le ciel. Malheur ! Un coup félon ouvrit le flanc de Roland : le sang pur du chevalier coula à grands flots.

 La chanson de Roland est un des premiers récits épiques de notre Histoire de France. Roland en est le héros. Ce récit a imprégné l’âme de notre pays.

Ah Seigneur Dieu ! Une flèche frappa le preux Olivier ! Roland, blessé, prit son fidèle ami dans ses bras que la vie quittait, pleurant toute sa tristesse en larmes pures. Alors, saisissant son olifant d’ivoire, Roland sonna ! Le son fit vibrer la terre et tressaillir le ciel. L’alarme vola au-dessus des montagnes, par-dessus la terre et au-delà des mers. Roland sonna si fort que le sang éclata dans ses yeux : ce n’était pas un appel de détresse, c’était un cri de guerre, le chant de l’honneur roulant au-dessus des ennemis terrorisés. Puis, avec l’archevêque Turpin, le dernier survivant de l’arrière-garde de l’Empereur, Roland se releva et repartit à l’assaut. Durandal à la main, il chargea sur les Maures. Sa fureur fut telle qu’elle terrassa de terreur les Sarrasins qui s’enfuirent, laissant derrière eux des milliers de morts. Roland, avait vaincu ! Gloire immortelle ! Blessé, le visage maculé de sang, le preux chevalier sentit la mort venir. Avant que la vie ne le quittât, il tenta de briser Durandal, sa fidèle épée, pour qu’elle ne tombât point aux mains des Maures. Mais l’épée, forgée au feu de l’honneur, ne put se briser : il frappa contre la montagne… la montagne se fendit en deux. Coup terrible ! Un fer d’un tel courage ne pouvait même s’ébrécher. Le grand Roland fit tournoyer son épée dans l’air, avant de la lancer aussi loin qu’il put vers le nord, au-delà des Pyrénées, jusqu’à Rocamadour où elle se ficha dans la roche. Las, Roland se coucha sur le sol, le regard vers le ciel. Il contempla la course du soleil à travers les nuées, et au-delà, le paradis. Dans un dernier souffle, il expira. La terre pleura.

 Qu’est-ce qui fait de Roland ce héros à travers les siècles ? Roland n’est pas un héros moderne. Il est fort, certes, mais ses ennemis aussi. Ce qui fait son héroïsme, c’est sa vertu. Le chevalier chrétien, c’est le combattant au cœur pur. C’est celui qui, au mépris de sa vie, sert une cause qui le dépasse : la protection de la veuve et de l’orphelin, le service du roi, le service de Dieu. Pour cela, le chevalier se forme : il prie, il s’entraîne à cheval et à l’épée. La formation du chevalier est un long chemin d’aguerrissement et d’étude. Peu à peu, par de petites choses, par de nombreux sacrifices, sa vertu croît, son cœur devient pur. Puis, un jour, la Providence révèlera sa valeur, à la face des hommes pour certains, dans le secret du cœur pour tous. Avoir une âme de chevalier, c’est d’abord avoir une âme de saint. Avoir une âme de saint, c’est avoir une âme de chevalier.

C’est cela l’héroïsme.

Alors où sont les chevaliers aujourd’hui ? Sont-ils tous morts avec Roland ? Gavée de confort, de plaisirs et d’égoïsme, la France n’a-t-elle plus de petits Roland, Godefroy, Baudouin, Louis, Jehanne, Bayard, Henri, Turenne, Charette, Sonis, Thérèse, Foch, Marcel ? Si, bien sûr ! Tout est possible à Dieu. Parmi tous ces cœurs vivant aujourd’hui de l’amour de Dieu, dont la vertu grandit dans le creuset des familles catholiques, il est des âmes de saints et de chevaliers. Soyons sûrs que Dieu dirige le monde et révèlera un jour, sur terre ou ailleurs, la gloire de ses fidèles serviteurs. Le cor qui clamera leur honneur ne s’éteindra jamais. Il est peut-être plus difficile d’être chrétien aujourd’hui, mais n’est-il pas justement plus facile d’être un saint ?

 

Alors, debout les cœurs vaillants, et que résonne le cor !

 

Louis d’Henriques

 

Saint Vincent de Paul

C’est une longue vie, surtout pour l’époque, que celle de saint Vincent de Paul, extrêmement riche d’événements de toutes sortes, qui embrasse plusieurs continents et qui permet d’appréhender en même temps la monarchie et la cour sous Henri IV, Louis XIII et au début du règne de Louis XIV, l’Eglise bien sûr et le renouveau ecclésiastique qui suit le concile de Trente, la guerre extérieure et civile, et surtout la grande pauvreté qui donnera à notre héros sa célébrité. 

Né à Pouy, dans l’actuel département des Landes, près de Dax, un mardi d’avril 1581, d’un père, petit exploitant agricole, et d’une mère issue d’une famille d’avocats, Vincent grandit dans une région particulièrement marquée par les guerres de religion et l’hérésie protestante. Il aide ses parents en conduisant des troupeaux de brebis. Les rares témoignages recueillis sur son enfance mentionnent sa vivacité d’esprit, ainsi que son attention et sa générosité envers les pauvres. Son père se sacrifie en le mettant pensionnaire chez les Cordeliers à Dax, ce qui lui permet d’aller ensuite étudier la théologie à Saragosse (Espagne). Il est ordonné prêtre le 23 septembre 1600 par Mgr de Bourdeille, évêque de Périgueux, avant d’avoir atteint l’âge de vingt ans requis par le concile de Trente dont les décrets ne s’appliqueront en France qu’à partir de 1615. Il poursuit d’ailleurs sa théologie à Toulouse après avoir reçu la prêtrise, et finance ses études en étant professeur. 

En 1605, courant après un héritage à Marseille, il veut gagner du temps pour rentrer à Toulouse, prend un bateau pour Narbonne et est fait captif par les barbaresques qui sillonnent la mer Méditerranée. Il arrive à Tunis où il est vendu comme esclave avant de changer quatre fois de maître. Le dernier était un renégat à la femme duquel il expose les bienfaits du catholicisme, laquelle convainc son mari de reprendre son ancienne religion. Ils quittent la terre infidèle et abordent à Aigues-Mortes en 1607. Le renégat abjure entre les mains du vice-légat du pape à Avignon.

Libre, Vincent se rend à Rome en 1608 où Paul V (Borghèse) occupe le trône pontifical. Il découvre l’exercice de la charité envers les malades par les frères de Saint-Jean-de-Dieu qui tiennent un hôpital sur l’île Tibérine. De retour à Paris à la fin de l’année 1608, il est nommé aumônier de la reine Margot, autrement dit Marguerite de Valois, fille de Henri II et de Catherine de Médicis et première épouse de Henri IV dont le mariage a été annulé. Le terme d’aumônier doit être entendu dans son sens étymologique de distributeur des aumônes. Il rencontre en 1609 Pierre de Bérulle, fondateur de l’Oratoire et futur cardinal, et Adrien Bourdoise, fondateur d’une communauté de prêtres rattachée à la paroisse Saint-Nicolas du Chardonnet.

Le 2 mai 1612, il est nommé curé de Clichy. Pour la première fois, il a charge d’âmes. Il restera curé en titre jusqu‘en 1626 mais dès septembre 1613, il confie les rênes de la paroisse à un confrère car Bérulle lui demande d’être précepteur des enfants de la famille de Gondi. Les Gondi appartiennent à une famille florentine arrivée en France sous François Ier, qui comptera parmi ses membres un maréchal de France, un cardinal et deux archevêques de Paris. Le père des enfants confiés à Vincent, Philippe de Gondi, porte, parmi d’autres titres, celui de baron de Villepreux, village où sa famille réside de façon habituelle. Vincent sera aussi le confesseur de la princesse de Gondi mais il se sent, dit-il, « intérieurement poussé par l’Esprit de Dieu d’aller dans une province éloignée s’employer tout entier à l’instruction et au service des pauvres de la campagne ». En 1617, il quitte les Gondi pour Châtillon-les-Dombes près de Lyon. Il n’y reste que cinq mois, rappelé par Bérulle à la demande des Gondi, mais il y crée la première confrérie de la Charité afin d’aider matériellement et spirituellement les malades les plus pauvres. Vincent revient chez les Gondi mais, déchargé de l’éducation des enfants, crée en 1625 la première Mission à Villepreux qui complète son action de charité car il ne veut pas séparer la contemplation de l’action. Il faut, dit-il « joindre l’office de Marthe à celui de Marie pour bien répondre à l’appel de Dieu ».  Ce sera une constante de l’apostolat de Vincent.

En 1619, il rencontre à Paris François de Sales, évêque de Genève. L’affection et l’admiration que Vincent voue à François de Sales ne se démentiront jamais. Ils ne se connaîtront que pendant un an mais Vincent témoignera dans ces termes au procès de béatification de François : « Combien grande doit être la bonté de Dieu (…) puisqu’en Mgr François de Sales, Votre créature, il y a tant de douceur. »

Son apostolat donne une impression de vertige tant il est multiple : M. de Gondi devient général des galères, Vincent en est nommé par le roi aumônier général. A la demande de Mme Goussault, veuve d’un président de la Cour des comptes, il crée la charité de l’Hôtel-Dieu promise à un grand avenir, à laquelle de nombreuses dames de la cour et de la noblesse de robe apportent leur concours, tandis que les Filles de la Charité s’installent dans la paroisse Saint-Nicolas-du-Chardonnet en 1633 pour s’occuper des malades à l’initiative de Louise de Marillac. Il crée aussi un apostolat spécifique destiné aux enfants trouvés qui, à cette époque, étaient déposés à Notre-Dame de Paris où une femme se tenait en permanence pour les recevoir : les Filles de la Charité se les verront confier jusqu’à ce que, chassées à cause de leur habit la première fois en 1792, la seconde en 1886. Ainsi les bases de l’assistance publique sont posées. En 1633, Vincent s’installe dans la maison Saint-Lazare, située près de l’actuelle gare parisienne éponyme sur le terrain d’un prieuré fondé au XIIe siècle sous le patronage de saint Lazare, patron des lépreux, qui sera le siège de sa Mission, d’où le nom de lazaristes donné à ses membres.  Des évêques veulent améliorer la formation des prêtres, il crée les retraites pour ordinands qui complètent voire remplacent l’enseignement encore balbutiant des séminaires, ainsi que les Conférences des mardis destinées aux prêtres, où l’étude de la doctrine est associée à l’oraison, la lecture spirituelle, la célébration de la messe et l’engagement dans les œuvres de charité, et que Richelieu considérera comme un vivier de candidats à l’épiscopat.

Vincent se rapproche du pouvoir en assistant Louis XIII dans ses derniers moments en 1643, puis en conseillant la reine Anne d’Autriche pour le choix du cardinal Mazarin comme principal ministre, enfin en entrant à la mort du roi au Conseil de conscience où il siègera jusqu’en 1652. Cet organisme, créé par Richelieu à la fin de son ministère, est compétent pour examiner les affaires religieuses dans leur dimension politique et a la main sur la nomination des évêques et des titulaires d’abbayes. Présidé par la régente Anne d’Autriche et animé par le cardinal Mazarin, Vincent y joue un rôle important tant en raison de son rayonnement spirituel que de sa bonne connaissance des personnes susceptibles d’occuper les plus hautes fonctions dans l’Eglise. Il aura l’occasion de s’opposer à Mazarin tenté d’utiliser le pouvoir de nomination que le roi tient du Concordat de 1516 à des fins politiques. Le Conseil de conscience aura à gérer la crise janséniste qui frappe l’Église en France au XVIIe siècle et se prolongera au siècle suivant. Vincent s’opposera aux thèses jansénistes, en particulier à celle selon laquelle Jésus-Christ ne serait pas mort pour tous les hommes, en conseillant d’en appeler à Rome. Le pape Innocent X condamne en 1653 les cinq propositions défendues par les jansénistes.

La guerre de 30 ans (1618-1648) qui se chevauche partiellement avec la guerre contre l’Espagne (1635-1659) est l’occasion pour les prêtres de la Mission d’apporter assistance spirituelle aux troupes engagées dans ces conflits. C’est une première car il n’existe pas jusque-là d’exemple d’aumônerie militaire constituée. A la demande de la reine Anne d’Autriche, les Filles de la Charité entreprennent un travail encore inédit d’infirmières dans les hôpitaux militaires. Tout en voulant mettre ceux qui vont mourir en état de salut et en défendant l’esprit chrétien de la guerre juste, Vincent voit dans le fléau de la guerre un châtiment du péché des hommes.  

La Fronde qui oppose le Parlement de Paris et les grands seigneurs au pouvoir royal est l’occasion pour Vincent d’intervenir en tentant en vain une médiation entre les forces en présence, en conseillant à la régente d’éloigner au moins temporairement Mazarin du royaume et en soutenant contre ce dernier le cardinal de Retz, fils de la famille des Gondi de Villepreux, devenu archevêque de Paris en mars 1654, que Mazarin pousse à la démission un mois plus tard et qui trouve refuge à Rome. Vincent a déjà quitté le Conseil de conscience.

L’Œuvre de la Mission connaît aussi un grand rayonnement à l’étranger avec des succursales en Italie, dans les îles britanniques, en Pologne, à Madagascar et même en Barbarie comme sont dénommés les rivages de la Méditerranée occupés par les Turcs. 

De grandes épreuves physiques précèdent sa mort le 27 septembre 1660 dans un abandon paisible à Dieu. Vincent a été béatifié par Benoît XIII en 1729 et canonisé par Clément XII en 1737. Le Parlement de Paris s’est opposé à l’enregistrement de la bulle de canonisation pour protester contre les positions prises par le saint contre le jansénisme. Léon XIII le proclame en 1885 patron de toutes les institutions catholiques de charité.

A la Révolution, la Mission compte 168 maisons dont 55 séminaires en France, habituellement doublés d’une paroisse ou d’une Mission. Elle rassemble aujourd’hui plus de trois mille membres répartis dans 66 pays sur les cinq continents. La chapelle des Filles de la Charité rue du Bac attire chaque année plusieurs centaines de milliers de pèlerins. L’œuvre de saint Vincent de Paul continue à rayonner.

 

Thierry de la Rollandière

 

Repères bibliographiques :

Marie-Joëlle Guillaume, Un saint au grand siècle, éditions Perrin 2015 

Guillaume Hunermann, Le père des pauvres, Saint Vincent de Paul, Edition Salvator 2018

 

 

Sainteté et disposition du coeur

La sainteté peut survenir en quelqu’un qui est « coincé » comme en quelqu’un qui s’épanouit, en quelqu’un dont la vie, humainement, offre un sens et une définition, comme en quelqu’un dont la vie, humainement, en offre très peu (car elle en offre toujours un peu, du moins faut-il s’y efforcer). La sainteté, ce n’est point tel état de vie, ni telle fonction sacrée. Il est certes des états et des vocations qui, par nature, favorisent incomparablement la sainteté. Et cependant la sainteté n’est pas dans l’état de vie comme tel, mais dans la disposition du cœur quel que soit l’état de vie. 

Père Calmel O.P. in Si ton œil est simple

 

La sainteté est une disposition du cœur qui nous rend humbles et petits entre les bras de Dieu, conscients de notre faiblesse et confiants jusqu’à l’audace en sa bonté de Père. 

Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus

 

Etre saints à moitié

Il est dangereux à notre époque d’être des saints à moitié, d’abdiquer un idéal qui nous est présenté. On pouvait croire autrefois que la sainteté était réservée à certaines catégories, à certaines âmes, à l’état religieux ; actuellement la sainteté doit déborder, pénétrer dans toutes les âmes, dans la masse, dans tous les états. Il ne peut plus y avoir de demi-mesures. L’union au Christ s’impose à nous ; chacun de nous doit être un sarment, une tige de la vigne du Christ. 

Père Marie-Eugène de l’Enfant Jesus, O.C.D

 

La politesse peut-elle être poussée jusqu’à l’héroïsme ?

S’il est vrai que ce sont les moines qui ont inventé les règles de politesse, en poussant la pratique de la charité jusqu’à l’aménité et à l’extrême délicatesse des relations avec le prochain, laminant peu à peu les rugosités du mode de vie barbare, on peut imaginer que la politesse découle directement du degré de charité et de sainteté de chacun. Et cette charité n’a-t-elle pas été poussée à l’extrême dans des moments ou toute autre personne ordinaire aurait perdu ses bonnes manières ? Comment un saint Laurent, placé sur son grill, a-t-il pu demander à ce qu’on le retourne du côté non encore brûlé ? Comment un Louis XVI a-t-il pu monter sereinement à l’échafaud, sans émettre la moindre parole de révolte contre ses bourreaux ? Comment tant de grands saints ont-ils pu souffrir tant de quolibets et de calomnies sans jamais rétorquer ni contredire les mensonges qui couraient sur eux ? Est-ce que dans ces cas-là, l’extrême charité de leurs attitudes n’était pas déjà la manifestation de l’héroïcité de leurs vertus ?

La vie du chrétien ne contiendrait-elle pas, en elle-même, une part d’héroïsme dans la façon de se vaincre soi-même, et de se maîtriser vis-à-vis des autres ? C’est ce que tendent à prouver tant d’exemples de vies de saints, qui, même s’ils n’ont pas eu à réaliser des exploits éclatants aux yeux du monde, ont été des héros du quotidien, par le combat spirituel toujours renouvelé, en vue de l’acquisition des vertus et d’une plus grande charité.