Les devoirs de vigilance et de commandement

           La piteuse réponse d’Adam, interrogé par Dieu, après la faute originelle, au sujet du fruit qui a été dérobé sur l’arbre, mérite notre réflexion ! « Dieu lui dit : Mais qui t’a appris que tu étais nu, si ce n’est que tu as mangé du fruit de l’arbre dont je t’avais défendu de manger ? Et Adam répondit : La femme que vous m’avez donnée pour compagne m’a présenté du fruit de l’arbre et j’en ai mangé.1»

Quelle subtilité pour délicatement faire peser le poids du péché sur tout le monde sauf sur lui … Sur tout le monde et d’abord sur Dieu lui-même. En effet – lui rappelle-t-il – c’est « la femme que vous m’avez donnée pour compagne » qui « m’a présenté du fruit de l’arbre ». Dieu est presque rendu responsable du péché parce qu’Il a placé Eve aux côtés d’Adam. Dans un deuxième temps, le premier homme « charge » autant qu’il le peut sa malheureuse épouse en dénonçant son rôle qui a été de lui présenter le fruit. Ce n’est qu’en dernier lieu, en un mot, qu’il finit par dire qu’il en a mangé …

Lorsque nous relisons cette scène, nous songeons peut-être à de brefs épisodes de bêtises enfantines où les petits hommes sont tout aussi impitoyables pour se débiner de leurs torts en accentuant ceux des autres et paraître immaculés à nos yeux. Ils sont bien là de dignes enfants d’Adam et Eve et la Genèse n’a rien perdu de son actualité.

Mais il est plus facile, justement, d’en tirer les leçons pour les autres que pour soi-même. Les pères de famille doivent les premiers, et avec tout le sérieux requis, se demander si la peu glorieuse dérobade d’Adam devant Dieu n’est pas un peu la leur. Leur honnêteté est d’autant plus requise qu’ils doivent avoir retenu de leur catéchisme que -Adam a beau dire – son péché est en réalité plus grave que celui d’Eve parce que c’est lui le chef.

Il nous semble, aujourd’hui, que la fréquente dérobade des pères de famille trouve comme alibi la puissance du féminisme. L’homme ne trouverait plus sa place dans une société féminisée et, pour éviter d’envenimer la situation, s’aménagerait une petite vie de démissionnaire. Nous ne voulons certes pas dire que, dans nos familles traditionnelles, la chose se passe souvent de la sorte. En revanche, oui, les tendances à aller dans ce sens et les tentations de s’y enfoncer ne manquent pas.

Faut-il le dire ? Pas plus que les paroles d’Adam ne le dédouanèrent de sa responsabilité devant Dieu, ceux qui abdiquent de leur rôle de chef de famille ne trouveront pas non plus grâce devant Lui en se défaussant sur leurs épouses. En, effet, lorsque Dieu donne aux êtres humains une mission, Il leur procure les secours surnaturels dont ils ont besoin pour la mener avec abnégation et courage et Il veut qu’ils la remplissent.

 Il appartient au chef d’être vigilant – c’est le premier de ses devoirs – Mais à quoi cela servirait-il de voir si on n’agit pas ? Aussi, il lui faut ensuite indiquer la route, être celui qui a le pouvoir de direction ou de commandement. Ai-je prononcé des gros mots ? Non. Je sais bien que le mot « commandement » apparaît aujourd’hui connoté d’une façon très négative, surtout s’il est utilisé dans le cadre de la vie familiale … Et pourtant !

Si Adam avait été là, avec sa femme, pour qu’elle n’aille pas  traîner auprès de l’arbre, il aurait rempli son devoir de vigilance et si, la voyant sous le coup de la tentation, il lui avait commandé de rebrousser chemin avec lui, quelle reconnaissance elle lui en aurait eue !

Laissons de côté la dialectique des marxistes … Une épouse doit encourager son mari à remplir ses devoirs de vigilance et de commandement. Il y a bien plus à craindre d’un mari démissionnaire de ses devoirs que de celui qui, même avec ses limites et ses maladresses, s’efforce courageusement de tenir son rôle. Comme l’a très justement remarqué Pie XI « (…) C’est au détriment de la femme elle-même que tourne cette fausse liberté et cette égalité non naturelle avec son mari ; car si la femme descend de ce siège vraiment royal où elle a été élevée par l’Evangile dans l’intérieur des murs domestiques, elle sera bien vite réduite à l’ancienne servitude (sinon en apparence, du moins en réalité) et elle deviendra – ce qu’elle était chez les païens – un pur instrument de son mari 2»

 

Que l’épouse ne lorgne pas de conquérir ce gouvernement qui, dans la réalité, se passe de la manière la plus douce et la plus partagée entre un mari et une femme quand chacun comprend, accepte et aime la complémentarité conjugale. Et, en définitive, qui a le plus beau rôle ? Est-ce l’homme parce qu’il gouverne ? Ou n’est-ce pas plutôt la femme qui façonne le cœur de ceux qui gouvernent et gouverneront ?

 

Père Joseph

1 Gen. 3 ; 11-12

2 Pie XI in « Casti Connubii » du 31 XII 1930

 

 

Le chef de famille

Chers amis,

           Au milieu d’une société qui ne connaît plus ni Dieu, ni l’ordre qu’Il a établi, Satan a beau jeu de troubler les esprits. En inversant les rôles ou en uniformisant les peuples afin qu’on distingue de moins en moins l’homme de la femme, en instaurant la parité à tous les niveaux, il a troublé les esprits et cette tendance s’est insérée insidieusement même dans nos familles.

Nous aimons à dire que nos fils sont « gentils », nous entendons même souvent que « leur femme fera d’eux tout ce qu’elle voudra »… Mais est-ce bien là les qualités que nous devons attendre d’un chef de famille ?

Prenons garde à ne pas laisser entrer cette « parité » chez nous, ce partage des tâches qui brise la paix des ménages ! Relisons les codes donnés par l’Eglise, les écrits des papes :

  – Le prêtre, le jour du mariage a remis à l’époux l’anneau béni afin que « celui-ci le mette lui-même au doigt annulaire de la main gauche de son épouse ». C’est « le mari qui lui passe parce que c’est en lui que réside principalement l’autorité dans la famille1. »

  – « Jésus-Christ règne dans la famille lorsque, ayant à sa base le sacrement du mariage chrétien, elle conserve inviolablement son caractère d’institution sacrée, où l’autorité paternelle reflète la paternité divine qui en est la source et lui donne son nom, où les enfants imitent l’obéissance de Jésus adolescent, et dont toute la vie respire la sainteté de la Famille de Nazareth2. »

  Prions pour que nos hommes soient de véritables chefs de famille, qu’ils ne reculent pas devant leur mission ; elle leur a été confiée par Dieu lui-même ! Que les épouses aiment et pratiquent avec joie et grandeur d’âme le rôle qui leur revient ; pour être différent il n’en est pas moins essentiel !

En tant qu’enfant, en tant qu’épouse, en tant que membres d’une même société nous devons tout à nos chefs de famille. Nous attendons beaucoup d’eux et nous sommes surpris quand l’un d’entre eux ne semble pas être à la hauteur de sa tâche. N’hésitons pas à leur montrer notre reconnaissance3 et sachons accepter leur autorité. La société n’aide pas les hommes à prendre leurs responsabilités, elle préfère les assister et pourtant… qui répondra devant Dieu du salut de chacun des membres de leur famille, si ce n’est eux ?

  Ce numéro n’est pas écrit uniquement pour les chefs de famille « en poste » ; il l’est aussi pour nos jeunes afin qu’ils sachent ce que Dieu attend d’eux s’ils décident de se marier; pour nos jeunes filles qui pourront ainsi faire un choix en considérant objectivement les qualités requises de celui à qui elles donneront ce rôle ; pour les épouses qui approfondiront leur vision de celui auquel elles ont un jour tout donné ; pour les mamans qui dès le plus jeune âge de leurs fils penseront à l’homme qu’elles en feront. Enfin, elle permettra aux chefs de famille de faire le point et de réfléchir sur le rôle qui est le leur aujourd’hui. Inutile de se décourager, Dieu donne la grâce à ceux qui la leur demandent. Il la donne même en surabondance.

  Prenons l’habitude dès maintenant de prier tout particulièrement saint Joseph pour nos hommes : ceux d’aujourd’hui et ceux de demain. Redécouvrons ce saint qui sans bruit, fut le chef de la Sainte Famille. Dieu lui-même passe par Saint Joseph, pour donner ses ordres : « Lève-toi, prends l’Enfant et sa mère, fuis en Egypte et restes-y jusqu’à ce que je t’avertisse4. ». De même, Notre-Dame, dans une des rares paroles qui nous a été transmise, nous indique comment une épouse doit inclure son époux dans sa vie en parlant à la première personne du pluriel : « Votre père et moi, nous vous cherchions tout affligés5. »

  Que saint Joseph et Notre-Dame des Foyers Ardents bénissent nos foyers et guident nos chefs de famille afin que l’ordre voulu par Dieu et retrouvé, permette à tous de parvenir aux joies éternelles.

Marie du Tertre

1 Encyclopédie de la Foi – Le dogme – Edition Clovis

2 Pie XI – Urbi Arcano 23 décembre 1922

3 Merci ! Foyers Ardents N°5

4 Saint Matthieu Chap. 2 :13

5 Saint Luc Chap. 2

 

 

La foi –  Le bon plaisir de Dieu – La voie étroite – Les mille occasions quotidiennes

La foi donne la sérénité

« La foi doit être la lumière qui enveloppe non seulement nos heures de prières, mais toute notre vie. Dans la prière, tu dis : « Je crois en Dieu, le Père Tout-Puissant », mais à peine quelques instants se sont-ils écoulés que, devant un devoir difficile, une personne importune, une circonstance qui trouble tes plans, tu oublies que tout cela est voulu, disposé par Dieu pour ton bien. Tu oublies que Dieu est Père et, comme tel, se soucie plus que toi-même de ton bien. Tu oublies que Dieu est Tout-Puissant et en cette qualité, peut t’aider dans chaque difficulté.

Celui qui vit de foi peut répéter les belles paroles d’Elisabeth de la Trinité : « Tout ce qui arrive est pour moi un message du trop grand amour de Dieu pour mon âme ». Puisque tu sais et crois que Celui qui guide tout est ton Père, tu te confieras à son gouvernement avec une confiance absolue et tu demeureras serein, même dans les adversités, bien convaincu qu’Il peut se servir même du mal, des erreurs des hommes, de leurs péchés et de leur malice pour le bien des élus. »

P. Gabriel de Sainte Marie-Madeleine – Intimité divine

 

« Le bon plaisir de Dieu ; l’intérêt du prochain, au détriment du mien ; pour moi, le plus pénible, pour faire plaisir à Dieu. »

B.M.Th. de Soubiran

 

« Aidez-moi Seigneur Jésus en me répétant : Ne te lasse pas sur la voie étroite : j’y suis passé avant toi. Je suis la voie même et le guide. Je prends sur moi celui que Je conduis, et Je le mène à Moi. »

Saint Augustin

 

« Il n’y a rien à négliger dans notre vie ; chaque battement du cœur, chaque éclair de la pensée, chaque acte ou démarche, quelques petits qu’ils soient, ont des suites éternelles. »

Bossuet

 

« O Seigneur, nous cherchons souvent la sainteté où on ne la trouve pas. Nous attendons les occasions exceptionnelles de Vous plaire, et nous laissons passer les mille petites occasions quotidiennes. Les grandes pénitences nous attirent, et nous méprisons les centaines de petites mortifications qui demandent la fidélité. Seigneur, donnez-moi aujourd’hui de nombreuses occasions de Vous plaire, et la grâce de les bien voir. Sans votre grâce je ne puis rien ; avec votre grâce je puis tout. »

Abbé Edouard Poppe – Sous le regard de Dieu

 

 

 

 

Ma bibliothèque

ENFANTS :

– Dès 8 mois : Les cris des oiseaux – S. Taplin – Usborne – 2020

– A partir de 4 ans : : Origami pour les enfants – S. Hodoshima – Ed. Marie-Claire – 2020

– 6-8 ans : Préparation à la Première Communion- Ch. De Baillencourt – La miche de pain et 3 coloriages – D.P.F. – 2020

– Dès 10 ans : Quel oiseau ? – M. Duquet – Delachaux et Niestlé – 2020

– A partir de 14 ans : Mission en Sibérie – E. Rivoire – oskar – 2020

 

ADULTES (à partir de 16 ans) :

– Distraction : Les enquêtes du Père Brown – Chesterton – Saint Léger – 2020

– Formation : L’art d’être chef – P. Gaston Courtois – Ed. Sainte Madeleine – 2020

– Civilisation : Le transhumanisme, aboutissement de la révolution anthropologique – J. Hautebert – Homme Nouveau – 2019

Culture chrétienne : La tombe du pêcheur – J. O’Neill – Artège – 2020 – à compléter avec: Pierre retrouvé – Marguerite Guarducci  – Ed. Saint Paul—1979

– Spirituel : Pour l’honneur de la Sainte Eglise – Dossier spirituel et doctrinal – Pèlerinage de tradition – 2020

 

Pour compléter cette liste, vous pouvez vous renseigner sur les Cercles de lecture René Bazin : cercleReneBazin@gmail.com  (à partir de 16 ans- Culture, Formation)

 

La Revue : « Plaisir de lire » propose un choix de nouveautés pour toute la famille (distraction, histoire, activités manuelles) Envoi d’un numéro gratuit à feuilleter sur écran, à demander à : PlaisirdeLire75@gmail.com