Le but de la politique – L’inquiétude – l’harmonie

Tant qu’on parlera d’utilité, d’intérêts, on se trompera. Le vrai but de la politique doit être de rendre les hommes meilleurs ; car les rendre meilleurs, c’est le vrai moyen, le seul, de les rendre heureux. 

Ampère

Seigneur, le soin que vous prenez de moi est plus grand que celui que je pourrais moi-même en prendre. Dieu est mon Père… En faut-il davantage pour calmer toutes mes inquiétudes, et n’est-ce-pas assez de penser qu’Il est la bonté même pour être sûr de lui et pour compter sur ses soins !

Imitation de Jésus-Christ

Le monde entier n’est qu’un grand concert où chaque être marque sa note, exécute sa partie et où chacun de nous doit se montrer fier de contribuer à l’harmonie générale et non pas s’occuper de maudire ou de haïr ceux qui travaillent dans d’autres conditions et avec des aptitudes différentes. La nature elle-même n’a rien fait d’égal. 

Mgr Darboy

 

Bonne fête Maman!

« Mamma »

1940

Cesare Andrea Bixio (1896-1978)

  Paroles de Bixio Cherubini—Interprétation par Benjamino Gigli (1890-1957)

(« Le plus grand ténor après Caruso »)

 Un choix italien, (en pensant à nos amis d’Italie, les plus durement éprouvés), et pour fêter toutes les mamans.

Mamma, son tanto felice   
perché ritorno da te.             
La mia canzone ti dice         
ch’c il piu bel sogno per me !                                     

Mamma son tanto felice …          
Viver lontano perché ?   

        
Maman, je suis tellement heureux
Parce que je retourne à toi.
Ma chanson te dit
Que c’est la plus belle journée pour moi !
Maman je suis tellement heureux …
Vivre loin, pourquoi ?


Mamma, solo per te la mia canzone vola,     

Mamma, sarai con me, 

Tu non sarai piu sola ! 

Quanto ti voglio bene !     

Queste parole d’amore che ti sospira il mio cuore 

Forse non s’usano piu,   

Mamma !     

Ma la canzone mia piu bella sei tu !       

Sei tu la vita      

E per la vita non ti lascio mai piu !   

 

Maman, juste pour toi vole ma chanson,

Maman, tu seras avec moi,              

Tu ne seras plus seule !
Je veux tellement ton bien !
Ces paroles d’amour que te soupire mon cœur
Ne résonnent peut-être plus,
Maman !
Mais ma plus belle chanson, c’est toi !
Tu es la vie
Et pour la vie je ne te quitterai plus jamais !

Sento la mano tua stanca    
Cerca i miei riccioli d’or.   
Sento, e la voce ti manca,    
La ninna nanna d’allor.    
Oggi la testa tua bianca  
Lo voglio stringere al cuor    


Je sens ta main fatiguée

Chercher mes boucles d’or.

Je sens que la voix te manque,

La berceuse d’alors.

Aujourd’hui ta tête est blanche

Je veux la serrer contre mon cœur.


Mamma, solo per te la mia canzone vola,    
Mamma, sarai con me,       

Tu non sarai piu sola !   
Queste parole d’amore che ti sospira il mio cuore   
Forse non s’usano piu,    
Mamma !      

Ma la canzone mia piu bella sei tu !     
Sei tu la vita                
E per la vita non ti lascio mai piu !      
Mamma … mai piu !          

Maman, juste pour toi vole ma chanson,

Maman, tu seras avec moi,        

 Tu ne seras plus seule !      

Ces paroles d’amour que te soupire mon cœur

Ne résonnent peut-être plus,

Maman !

Mais ma plus belle chanson, c’est toi !

Tu es la vie

Et pour la vie je ne te quitterai plus jamais !

Maman … plus jamais !

https://open.spotify.com/search/Mamma%20Bixio%20Gigli

 

 

 

 

 

 

Trilles, roucoulades et trémolos…

                  Il est un spectacle gracieusement offert par la Création, et qui passe inaperçu à la plupart de nos contemporains. Tous les matins, au lever du jour, un concert délicieux nous est proposé par les oiseaux de nos parcs et jardins qui, s’il n’a pas la luxuriance des concerts tropicaux, peut réjouir l’oreille et l’âme de nos enfants.

  Alors cet été, n’hésitez pas à les lever un peu plus tôt pour leur faire profiter des 10 petites minutes de vocalises matinales de nos amis les oiseaux. Entre trilles, roucoulades et trémolos, faites-leur admirer l’art vocal et l’harmonie d’ensemble de ces artistes, qui n’émettent aucun son dissonant. Et si vous avez des siffleurs amateurs dans votre progéniture, qu’ils n’hésitent pas à leur répondre sur le même mode, pour les stimuler et les attirer patiemment jusque sur le rebord de votre fenêtre…

 

Au hasard des chemins

Après quinze allers-retours entre ma chambre et mon salon, dix regards en quinze minutes sur l’écran de mon téléphone pour être sûr de ne pas me perdre, cinq cigarettes et deux verres de whisky « pour la route », on ne sait jamais, un détour par la cuisine peut être très demandeur en énergie, me voici enfin arrivé à destination, le cœur en fête, je vais retrouver un ami.

Au diable me criez-vous, tu n’as donc pas respecté le confinement ! Rassurez-vous, nous nous saluons de loin. Je le retrouve à chaque fois que je passe dans mon couloir et il arrive toujours en même temps que moi, ami fidèle, il me sourit dès que je lui souris, toujours aimable, le regard clair, nous avons beaucoup de similitudes.

La conversation démarre instantanément.

– Regarde-toi, cette mine défaite, mal rasé, décoiffé, qu’est-ce qu’il t’arrive ?

– Tu ne t’imagines pas, me voici prisonnier de ma chambre, confiné, loin de ma famille, plus d’amis à rencontrer, plus de voyages, plus de sport et même plus de travail, ma liberté s’est envolée !

– En effet, c’est un coup dur, toi qui as toujours vécu et grandi dans l’aisance, la technologie et les moyens de distraction multiples et à volonté, tout-tout-de-suite et à portée de main. Te rends-tu compte que tu fais partie de la génération la plus gâtée matériellement de l’histoire de l’humanité ? Regarde le condensé de puissance que t’offre ton téléphone, en quelques clics, tu peux avoir accès au savoir immense engrangé par les générations précédentes et par tes pairs, tu peux acheter une voiture, visiter une maison, programmer tes prochaines vacances, faire tes courses, contacter tes amis, découvrir d’autres pays, d’autres langues et même travailler, sans quitter ton fauteuil ! Cela ne te suffit-il pas, ou as-tu aussi perdu ton téléphone ?

– Non heureusement il est avec moi !

– Alors que te manque-t-il ?

– Tu ne comprends donc pas : notre liberté s’est envolée ! Pour la première fois de mon existence, des éléments extérieurs sont assez graves pour faire voler en éclat non seulement mon organisation personnelle, mais aussi celle de toute la société. Tout a été chamboulé, les rendez-vous les plus coûteux ont été reportés, les entreprises ont fermé, des gens sont au chômage. On apprend que des centaines de personnes décèdent tous les jours à cause de ce petit virus un peu partout dans le monde. Des milliers de milliards de dollars sont mobilisés pour tenter de ralentir la crise économique… Je ne pensais pas cela possible !

– Que cela nous arrive à nous, les hommes des sociétés les plus développées de l’histoire de l’humanité comme tu dis. Nous qui étions assurés et réassurés contre tous les risques imaginables, alors que les progrès de la médecine et de la technologie nous faisaient déjà miroiter un Homme immortel. Nos sociétés dans lesquelles la mort avait quasiment disparu du paysage. Voilà que tout s’écroule en trois jours !

– Oui l’Homme pensait s’être enfin rendu parfaitement maître de la nature et de son destin qu’il avait progressivement pris en mains, l’ayant ôté de celles de Dieu qui ne lui servait d’ailleurs plus à rien et qu’il avait décidé d’oublier progressivement.

– Et nous prenons conscience peu à peu que nous ne sommes pas les dieux que nous pensions être, qu’il peut arriver quelque chose à nos sociétés, à notre confort, que nous n’ayons prévu et que tout cela peut s’effondrer d’un claquement de doigts tel un château de cartes.

– C’est un formidable coup de semonce, une alerte envoyée par Dieu, sonnerait-il la fin de la récréation pour les apprentis sorciers que nous sommes ?

– Es-tu prêt toi à vivre ainsi privé d’une part de ta liberté, des biens matériels, voire de ton téléphone ? Ou vas-tu devenir fou ?

– Non, mais comment veux-tu être prêt ?

– Je pense déjà que cela doit nous faire prendre conscience de l’ampleur des richesses matérielles dans lesquelles nous vivons et d’apprendre à être capables de nous en passer pendant quelque temps. En effet, à nous, comme à la société entière, elles sont comme un énorme poids attaché à notre âme qui nous empêche de nous élever spirituellement en occupant sans cesse notre esprit.

Ensuite, prenons de la hauteur par rapport aux petits malheurs qui nous arrivent et exerçons notre grandeur d’âme. Comme disait P. Claudel, « La jeunesse n’est pas le temps des plaisirs mais celui de l’héroïsme ». Soyons conscients de notre bonheur d’enfants de Dieu et cherchons à le partager et à améliorer celui de notre entourage par la joie communicative. Que peut-il nous arriver de grave si ce n’est de perdre notre âme ? Alors confions-là à la Sainte Vierge, elle saura nous guider.

N’ayant rien de mieux à ajouter aux paroles inspirées de mon ami, la conversation prit fin.

Je remerciais alors mon miroir d’avoir convié cet ami et nous nous séparâmes partant tous deux dans la même direction. Pour ma part, je repris mon long voyage à destination de mon canapé pour méditer tout cela … Quant à lui, je ne sais où il s’en est allé.

Charles

 

Le coeur d’une jeune fille française

 Chère Bertille,

           Je sais l’amour que tu as pour ton pays la France. Dans notre société qui tend à se mondialiser, qui veut faire perdre les particularités de chaque nation et du coup les valeurs propres de sa population, il faut tendre encore plus à être de vraies jeunes filles françaises.

Ce qui nous caractérise toutes les deux, c’est notre jeunesse. Si l’on regarde les grandes saintes jeunes filles françaises : sainte Geneviève, sainte Jeanne d’Arc, sainte Odile, sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, elles avaient toutes une grande dévotion en Notre-Dame. Notre-Dame a modelé notre pays, la France, par ses multiples apparitions et toujours elle est apparue comme une jeune femme : Lourdes, la Salette, la Rue du Bac, Pontmain…. Par-là elle nous encourage à garder notre esprit de jeunesse. Oui la jeunesse est un état d’esprit et non une période délimitée par l’âge. La vraie jeunesse est d’ordre spirituel. Sous le regard de Dieu nous ne vieillissons pas. Regarde le prêtre, quel que soit son âge, il monte à l’autel de Dieu qui réjouit sa jeunesse : « Introïbo ad altare Dei, ad Deum qui laetificat juventutem meam ».

Si nous voulons rester jeunes, il faut être spirituelles. La jeunesse que tu fréquentes est blasée, triste. Elle a perdu tout sens et tout but à la vie. Pose lui la question : pourquoi vis-tu ? On te répondra : pour gagner de l’argent, pour le plaisir. Quel Idéal ! Un rien peut détruire l’idéal qu’elle essaye de construire chaque jour et qui la rend encore plus triste. Notre Idéal, il faut le placer en Dieu, là est notre trésor. C’est lui qui nous maintiendra jeunes. Le mot « Idéal » est synonyme de vocation, réaliser le plan de Dieu qu’Il a pour chacune d’entre nous.

Pour se construire, la jeunesse a besoin de modèles, c’est pourquoi les mamans prennent soin de raconter aux enfants les beaux exemples de ceux qui se sont dépassés pour Dieu, tels les Saints. Et la lecture de telles vies est toujours enthousiasmante. Le plus bel exemple que la jeune fille peut avoir, est la contemplation et l’admiration de la Sainte Vierge. “Qu’elle se mette à l’école de Marie, qu’elle la regarde, qu’elle la contemple, qu’elle entre en Elle, dans son Cœur, et qu’elle se laisse transformer. Marie a porté Jésus dans son sein. C’est là qu’il a été formé, et c’est là que nous devons retourner pour nous laisser former, pour que le Christ grandisse en nous1.”

A l’image de la Vierge, la jeunesse doit être pure et vraie. Le monde sait qu’en s’attaquant à la pureté, il détruit la jeunesse. Alors il faut construire un rempart encore plus solide. L’être pur n’a pas besoin de se cacher, de se dissimuler, ou de mentir. Les jeunes d’aujourd’hui sont “masqués”. Ils cachent ce qu’ils sont par leur apparence.

Ma chère Bertille, si tu veux construire quelque chose de solide, il faut t’asseoir sur des bases qui ne soient pas superficielles mais profondes. En étant chaque jour là où tu dois être tu seras heureuse.

On peut aussi admirer la disponibilité de la Sainte Vierge, dès sa jeunesse. A 16 ans elle accepte de devenir la mère de Dieu. Quelle responsabilité. Elle n’a pas peur, car elle sait être dans le plan de Dieu. Comme sainte Thérèse : « l’unique chemin, c’est l’abandon du petit enfant qui s’endort sans crainte dans les bras de son père ».

Du fait que nous soyons jeunes filles françaises, nous devons aussi remplir notre rôle. La France est fille aînée de l’Eglise. Elle doit cette place au nombre de saints qu’elle a enfantés, qu’elle a nourris et qu’elle a donnés au monde. Elle le doit aussi à son esprit missionnaire. Quel rayonnement la France a eu sur le monde : Elle possédait plus de la moitié des missionnaires du monde entier. La jeune fille a sa place dans cette œuvre. Sainte Thérèse a bien été nommée patronne des missions du fond de son Carmel. Alors continuons, à notre humble place, de rayonner, soyons missionnaires dans notre pays, afin qu’il retrouve sa Foi d’autrefois et le rayonnement qu’il avait.

Ma chère Bertille, je te souhaite de cultiver cet esprit de jeunesse chrétienne française. Je termine cette lettre par ces mots du futur Pape Pie XII lors de l’inauguration de la Basilique de sainte Thérèse de Lisieux, afin qu’ils t’encouragent chaque jour: « Quand je pense au passé de la France, à sa mission, à ses devoirs présents, au rôle qu’elle peut, qu’elle doit jouer dans l’avenir, en un mot, à la vocation de la France… comme je voudrais crier à tous les fils et filles de France : Soyez fidèles à votre traditionnelle vocation ! Jamais heure n’a été plus grave pour vous en imposer les devoirs, jamais heure n’a été plus belle pour y répondre. Ne laissez passer l’heure, ne laissez pas s’étioler des dons que Dieu a adaptés à la mission qu’il vous confie ; ne les gaspillez pas, ne les profanez pas au service de quelque autre idéal trompeur, inconsistant ou moins noble et moins digne de vous ! »

Anne

1 Le sacerdoce du Cœur, Jo Croissant p.140