L’écho de Théodore Botrel

Rôdant triste et solitaire,
Dans la forêt du Mystère,
J’ai crié, le coeur très las :
« La vie est triste ici-bas ! » ……bas !
L’écho m’a répondu : Bah !

« Echo ! plus rien ne m’enchante !
Echo, la vie est méchante ! » ……chante !
L’écho m’a répondu : Chante !

« Echo ! écho des grands bois,
Lourde, trop lourde est ma croix ! » ……croix !
L’écho m’a répondu : Crois !

« La haine en moi va germer ;
Dois-je rire ? ou blasphémer ? » ……hémer !
Et l’écho m’a dit : Aimer !

Comme l’écho des grands bois
Me conseilla de le faire :
J’aime , je chante et je crois……
……Et je suis heureux sur terre !

Théodore Botrel

L’harmonie familiale

Durant les vacances, les occasions de cohabitation se multiplient et peuvent parfois laisser un arrière-goût d’amertume, si l’on n’y met pas les formes, spécialement chez les enfants et petits-enfants, vis-à-vis de leurs parents et grands-parents.

Quelques règles simples de savoir-vivre permettront, parmi tant d’autres, de mettre de l’huile dans les rouages complexes de l’harmonie familiale :

  1. Toujours montrer de la déférence pour les plus âgés : leur tenir la porte, les laisser passer en premier, leur apporter un siège, leur porter leurs paquets, leur demander ce que l’on peut faire pour les aider et ne jamais oublier de leur présenter notre salut le premier, sans omettre leur « titre » : « Bonjour Bon-papa » ou « Bonsoir Grand-mère »…
  2. Garder le sourire, et la bonne humeur de mise en ce temps de repos estival. Ne pas paraître agacé des petits défauts d’autrui, ni même laisser penser qu’on les aurait remarqués.
  3. Savoir être discret en demandant la permission d’utiliser tel appareil, de regarder dans tel placard, d’entrer dans une chambre autre que la sienne, d’utiliser le téléphone commun. Savoir quitter une pièce, de son propre chef, quand une discussion ou une communication ne nous concerne pas.
  4. Remettre scrupuleusement et le plus vite possible, les objets empruntés à l’endroit où on les a pris, et ne pas laisser traîner ses propres affaires partout, avec un sans-gêne envahissant.
  5. Je vous laisse le soin d’adapter cette liste à vos cas particuliers, et vous conseille d’en discuter avec vos enfants en début de vacances.

Bref, sachons faire preuve de DELICATESSE, et même d’un peu de sainteté, afin que tout le monde soit heureux de se retrouver cette année, ainsi qu’aux vacances de l’année prochaine.

Les 1001 astuces

Vive le temps des vacances, c’est le temps par excellence pour faire fructifier vos talents de cuisinière en testant de nouvelles recettes !

 Expériences presque toujours couronnées de succès (ne faisons pas preuve de fausse modestie !)

 Néanmoins, il peut arriver, par exemple, que le temps de cuisson ne soit pas parfaitement adapté, aïe, c’est brûlé …

 Alors, qui de prendre son couteau dentelé et de gratter … le plus délicatement possible.

Horreur, comment se débarrasser de cette fine poudre noire et collante ? Notre œuvre n’a plus aucune allure, c’est un désastre !

 Non, ce n’est pas un désastre. Il n’y a qu’à employer le pinceau culinaire, (celui qui vous sert à badigeonner vos galettes des rois de jaune d’œuf). A condition qu’il soit bien sec et propre naturellement, et souple (en nylon et non en plastique rigide).

Vous verrez, c’est un petit balai très efficace, et très rapide …

Ne vous lamentez plus, tout va bien !

Les vacances…ou la vacance du père ?

Après l’effort d’une année scolaire ou professionnelle, les vacances sont un moment privilégié pour :

  • se détendre d’une manière saine
  • renforcer l’union familiale, à travers la disponibilité de chacun et les bons souvenirs des activités communes.

« Beaucoup de tensions dans les ménages viennent de difficultés de communication. Le temps des vacances est le moment idéal pour y remédier. (…) les époux catholiques sauront prendre le temps de se retrouver à deux pour ranimer la ferveur de leur oui initial. Ce doit être une priorité à s’imposer pour le plus grand bien du foyer. » (« La Famille Catholique »-abbé Troadec).

Un piège commun actuellement est l’individualisme : chacun pour soi. Nous sommes tellement absorbés au cours de l’année par mille et une activités que nous avons facilement tendance, durant les vacances, à rechercher notre propre bien sans voir suffisamment celui de l’ensemble des personnes qui nous entourent.

Un minimum d’organisation et le maintien des principes catholiques sont nécessaires: pendant les vacances, nous continuons à élever nos enfants afin de les conduire vers le Ciel !

Repos ou distraction ?

Le vrai repos, c’est la cessation de toute activité. Chez l’enfant, il se confond pratiquement avec le sommeil. Il doit être préservé malgré la flexibilité plus grande des horaires de vacances.

Outre le repos, les distractions remplissent nos vacances : ce sont des occupations différentes, destinées à faire disparaître la tension qui accompagne le travail.

Confondre les vacances avec le « fare niente » (ne rien faire), c’est vouer l’enfant et l’adolescent à toutes sortes de déviations morales liées à la paresse et à l’imagination.

La présence et l’exemple du père

Les vacances donnent au père l’occasion de participer davantage à la vie de famille. Il s’adaptera aux besoins de chacun : pour les uns des moments de discussion, des mots d’encouragement ou d’affection, pour d’autres des activités faites en commun. Quelle joie de réaliser que nous avons découvert un enfant sous un autre jour !

Les enfants se souviendront de l’exemple donné par leur père pendant ses vacances. Le père qui:

  • aide son épouse dans les charges logistiques (qui ne cessent pas en vacances) ;
  • met une veste ou une cravate pour solenniser la messe du dimanche, et la présence de Dieu dans l’eucharistie ;
  • se dévoue pour quelques travaux d’entretien s’il est reçu chez des parents ou amis ;
  • organise des jeux et randonnées ;
  • se soucie des grands parents ;
  • pense à prier et entraîne sa famille.

Construire de bons souvenirs

Les souvenirs construits pendant l’enfance et l’adolescence seront un ciment de l’unité familiale future.

Que nous ayons la chance de partir dans une autre région, ou que nous restions à la maison, soyons attentifs à changer de rythme et à entreprendre des activités communes:

– randonnées: montagne, forêt ou chemin de douanier ;

  • visites de monuments, villes ou musées, avec une durée adaptée à l’âge des enfants…et un bon goûter à la suite ;
  • jeux collectifs en plein air : cache-cache, jeux de ballon, olympiades;
  • jeux de société le soir ou les jours de pluie, déguisements ou séances de théâtre,…
  • projet en famille : refaire une pièce, remettre en état un jardin, construire une cabane, concours cuisine !
  • petit pèlerinage familial : il existe certainement à 5 km de votre lieu de vacances, une église, un oratoire ou une croix de mission… Une bannière ou une croix improvisées, de la bonne volonté, et voilà le petit chapitre familial parti en chantant pour honorer Notre-Dame ou Notre-Seigneur, remercier pour l’année passée ou offrir la prochaine année !

L’équilibre du calendrier

Regroupons la famille lorsque les époux sont ensemble en vacances. Lorsque les aînés atteignent la grande adolescence, nous pouvons organiser une semaine autour d’un thème attirant pour les grands: visite d’une région de France, circuit de randonnée à pied, en vélo, en bateau…projet familial (fête de famille…).

Les vacances sont aussi un temps idéal pour se former, se donner et créer de nouvelles amitiés dans un cadre sain:

  • camps de vacances : louveteaux, scouts et guides, croisade, camps d’aventure comme participant puis, plus âgé, comme animateur ;
  • universités d’été, camps de cadre et sessions de musique ou d’art.
    Ces moyens sont essentiels pour développer la personnalité des enfants. Ils leur montrent que leur famille n’est pas isolée dans la société, mais insérée dans un tissu social et religieux qui reconstruit des îlots de chrétienté. 

Les époux régleront ensemble les visites et invitations familiales de l’été.  Il est excellent de cultiver l’esprit de famille avec les grands parents et cousins qui vivent dans un esprit catholique. Ils seront un soutien dans les joies comme dans les épreuves et, à l’occasion, une pression efficace sur celui qui serait tenté de prendre une mauvaise voie.

Dans notre monde, ce ne sera pas toujours possible. Lorsque les situations religieuses ou morales de notre entourage sont opposées à nos principes d’éducation, il faut en priorité protéger les enfants des mauvais exemples. Le conseil d’un prêtre et la charité aideront alors les époux à trouver des moyens différents, par exemple en privé sans les enfants, de garder le contact et travailler à la conversion des autres.

On juge l’arbre à ses fruits. Les parents peuvent se rendre compte de la qualité des vacances de leurs enfants à leur comportement au retour à la maison….et en tenir compte pour préparer les vacances qui suivront !

Bonnes vacances à tous !

Hervé Lepère

 

Dans un monde qui bouge, pourquoi aurais-je besoin d’une vie intérieure ?

La vie intérieure ? Voici des mots qui paraissent bien difficiles et qui ne présentent aucun attrait…Ce n’est pourtant qu’une réalité toute simple : La vie intérieure c’est la vie de l’âme.

Dieu nous a donné une âme et un corps ; ce dernier ne se laisse que bien rarement oublier : si nous avons faim ou soif, chaud ou froid, si nous sommes blessés, immédiatement nous accourons à son secours. Notre âme, elle, est plus discrète… C’est seulement quand nous entendons la petite voix de la conscience (qui se fait d’ailleurs de plus en plus discrète à mesure que nous n’y portons pas attention…) que nous réagissons. Mais le bruit, les multiples activités, les sollicitations visuelles, olfactives, tactiles et gustatives nous laissent –elles le temps de porter attention à la vie de notre âme ?

« Et alors ?, me direz-vous, Je vis très bien ainsi ! Quels seront les avantages que je retirerai à m’occuper d’elle ?

« L’âme est le siège de la volonté, elle est le creuset où s’élaborent les raisons profondes de nos vouloirs humains. C’est le poste de commandement d’où partent les ordres dont dépendent toutes nos activités[1]. » Si nous ne donnons pas les guides à notre âme, ce sont les sens qui les prendront. C’est comme si nous montions dans une voiture dont les freins ne fonctionnent plus… Nos impulsions nous guident à partir d’impressions, de réflexes gardés, de principes enseignés quand nous étions petits, mais aussi des influences subies, des musiques entendues, des alcools bus… A qui préférerons-nous donner le volant ?

L’harmonie

Avec la vie du corps, l’âme doit réaliser une harmonie. Notre vie actuelle est certes, qu’on le veuille ou non, faite d’activités multiples, de sollicitations extérieures, d’agressions même ! Mais notre âme, en état de grâce (c’est indispensable), si elle est nourrie, parvient à trouver un équilibre. Elle nous permet de ne pas « subir » la vie, de ne pas répondre aux stimuli par des impulsions non raisonnées. Elle « garde la main », sans nous empêcher de vivre mais avec la maitrise des éléments.

Le courage

Reconnaissons qu’il faut un certain courage, parfois même héroïque, pour savoir se replier quelques instants dans le silence au milieu des clameurs assourdissantes et voir clair, pour écouter ses « voix de l’âme ». Mais cela est indispensable à qui veut remplir son devoir « dans la lumière ».

Ce recueillement intérieur (dont l’habitude s’acquiert) permet une mise en adéquation de notre vie habituelle avec le vouloir divin. Notre âme devient un foyer rayonnant qui s’alimente de nos prières, de nos bonnes actions, de notre charité, de nos pieux désirs. Et c’est grâce à ces petits replis intérieurs que nous pourrons maîtriser nos réactions, nos paroles et nos actes. «  Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge de sa croix, et qu’il me suive [2] » : cet appel du Bon Pasteur tombe dans le silence de l’âme apeurée…

Le monde ne veut plus comprendre… Mais là est pourtant le secret. La paix de l’âme, du devoir accompli, de l’harmonie, n’est-elle pas le plus beau gage de bonheur ?

Acceptons d’abandonner tous ces préjugés qui veulent nous faire croire que nous sommes plus heureux en laissant aux autres le soin de s’occuper de Dieu. Rejetons le respect humain qui nous empêche d’agir en véritable catholique ! Ne nous décourageons jamais car Dieu voit nos plus petits efforts et nous donne la force pour persévérer.

Quelques moyens :

  1. a) Prendre ou reprendre des habitudes de prière. Le 100ème anniversaire de Fatima nous aide à reprendre notre Rosaire. N’oublions jamais d’offrir notre journée à Dieu le matin et de Le remercier le soir. Soyons fidèles à la pratique des trois Ave Maria de Sainte Mecthilde.

« Prier avant d’agir et pour efficacement agir ne vaut pas seulement dans le cas du dessin général de l’existence, mais pour chaque journée. (…) Au lieu de nous précipiter tout de suite, mettre un intervalle, nous ressaisir, purifier l’intention, élever l’âme vers Dieu[3] »

  1. b) Se former. Reprendre de bons livres de formation : Le Catéchisme du Concile de Trente, ou le bon catéchisme de nos diocèses de France et en lire chaque jour quelques réponses. Trouver un bon guide qui nous évitera de perdre du temps à chercher l’enseignement dont nous avons besoin. Eviter à tous prix de recourir aux fausses sirènes qui tentent plus d’un avec assurance. Ne pas hésiter à prendre quelques jours pour se retirer et faire une bonne retraite. Vous trouverez sur notre site l’adresse de notre aumônier, n’hésitez pas à lui demander conseil.
  2. c) « Dieu premier servi[4]! ». « Ne cherchez pas Dieu au dehors, mais là, en vous, où il habite pour vous, où il vous appelle, vous attend, là où il souffre de vos dissipations et de vos oublis.[5]»

Faire passer l’essentiel avant l’accessoire. Voir le bien commun en priorité (malheureusement on ne peut pas secourir toutes les âmes troublées ou inquiètes). Aimer le sacrifice : « Les sacrifices sont des joyaux que Dieu te donne pour sauver tes frères »[6].

Faisons bon usage de notre liberté : ce grand mot, tellement méconnu. Notre liberté est celle des enfants de Dieu… Parfois Il nous laisse très longtemps jouir de ce que nous croyons être notre liberté (alors que nous la faisons servir à des fins contraires), mais ne nous méprenons pas et n’oublions jamais la parabole des talents[7]

  1. d) Rayonner ! « Si vous avez reçu la vie dans l’Eglise, ce n’est point pour la garder stérile dans vos âmes. Vivre c’est agir. Dieu vous demandera compte, à tous, du salut de vos frères ; rendez-vous chaque jour plus capables de leur communiquer la vie que vous possédez vous-mêmes »[8]

Le temps que vous donnerez à Dieu ne sera pas du temps perdu ; n’est ce pas Lui qui nous accorde chacune des minutes que nous vivons ? Ne serait ce pas un juste retour des choses que de lui offrir quelques uns de ces instants pour l’en remercier, pour réparer les offenses ou pour, tout simplement, lui offrir la joie de rencontrer son enfant dans un cœur à cœur.

Ajustez bien le soc de votre charrue afin que le sillon que vous tracerez dans la vie soit profond et bien droit. Vérifiez les freins de votre voiture et réservez toujours la meilleure place à votre Créateur qui quoique vous vouliez, quoique vous fassiez, vous protège dans sa main paternelle comme l’oiseleur tient l’oiseau sorti du nid.

Connaissez-vous la seule différence entre cet animal si étonnant qu’est l’escargot et la laide limace ? Une coquille, qui paraît dure mais qui craque à la moindre pression ! Vous êtes catholiques ? Soyez en fiers ! Mais pour le rester, il est indispensable de nourrir son âme sinon la carapace ne tiendra pas sous la pression de ceux que vous croyez être vos amis, qui vous proposent « du pain et des jeux » et qui veulent empêcher les hommes d’être ce pour lequel ils ont été crées : des êtres libres, des enfants de Dieu !

Anne

[1] Marcel Rendu.

[2] Saint Marc 8 ; 34-38

[3] Raoul Plus – Rayonner le Christ

[4] Sainte Jeanne d’Arc

[5] Monseigneur Mercier

[6] Jacques d’Arnoux

[7] Saint Matthieu 25 ; 14-30

[8] Saint Pie X