Acte de charité

 

« Bien vivre n’est rien d’autre qu’aimer Dieu de tout son cœur, de toute son âme, de tout son esprit, » et comment aimer Dieu si nous ne le connaissons pas ? Aimer Dieu ! Vaste programme ! Et l’aimerons-nous jamais assez ?

La maman pourra lire ou simplement s’inspirer de ces pensées pour entretenir un dialogue avec ses enfants ; elle l’adaptera à l’âge de chacun mais y trouvera l’inspiration nécessaire pour rendre la présence de Dieu réelle dans le quotidien matériel et froid qui nous entoure. Elle apprendra ainsi à ses enfants, petit à petit, à méditer ; point n’est besoin pour cela de développer tous les points de ce texte si un seul nourrit l’âme de l’enfant lors de ce moment privilégié. Ainsi, quand les difficultés surgiront, que les épreuves inévitables surviendront, chacun aura acquis l’habitude de retrouver au fond de son cœur Celui qui ne déçoit jamais !

 Mon Dieu je vous aime de tout mon cœur, et par-dessus toutes choses, parce que vous êtes infi- niment bon, infiniment aimable, et j’aime mon prochain comme moi-même pour l’amour de vous.

Composition de lieu

« Jésus dit à Simon-Pierre : Simon, fils de Jean, m’aimes-tu plus que ceux-ci ? Il lui répondit : oui, Seigneur, vous savez que je vous aime. » (Jean, XXI, 15). Après sa résurrection, Notre-Seigneur pose trois fois de suite cette question à saint Pierre, qui l’avait trahi quelques jours auparavant.

Corps de la méditation

A moi aussi Jésus pose cette question, et à chaque fois je veux répondre avec la même spontanéité que saint Pierre : « Vous connaissez toutes choses, vous savez bien que je vous aime ! » et surtout lorsque je viens de le trahir par le péché, Notre-Seigneur attend que je lui redise, avec mon repentir, tout mon amour.

« Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de toute ton âme et ton prochain comme toi-même. » Tel est le premier de tous les commandements. Mon Dieu, je Vous aime de tout mon pauvre cœur faible et misérable, et par-dessus toute créature : mes parents, ma famille et mes amis, mais aussi par-dessus cette part de gâteau dont j’ai tellement envie, ou cette collection de playmobils dont je rêve ; et surtout je Vous aime par-dessus moi- même, moi et ma petite volonté propre. Est-il possible de ne pas aimer par-dessus tout ce qu’il y a de meilleur et de plus aimable ? Non seulement Vous êtes le meilleur des pères pour moi, mais surtout aucune créature ne peut Vous égaler ! Même la très sainte Vierge Marie, celle qui m’a pris pour son enfant au pied de la croix, ne peut Vous être comparée ! Si je ne Vous aime pas plus que tout, c’est que je ne Vous connais pas, ou mal. Celui qui n’a jamais goûté le chocolat ne peut l’aimer, c’est évident.

Alors il faut que je Vous connaisse toujours plus pour vous aimer toujours mieux.Vous aimer plus que tout peut sembler facile à côté du commandement qui suit : tu aimeras ton prochain comme toi-même. Cela peut devenir vraiment douloureux, comment aimer autant ce camarade de classe qui ricane à chaque fois que je bafouille dans la récitation de ma poésie ? Ou ma cousine qui joue si bien du violon qu’elle en devient agaçante ? Et surtout ceux qui nous persécutent ? Qu’est-ce donc qu’aimer ?

Aimer, c’est vouloir le bien pour l’autre, c’est-à dire le Ciel ! Se réjouir de ce qui l’en rapproche et s’attrister de ce qui l’en éloigne. J’aimerai mon prochain comme moi-même en me rappelant que nous avons tous étés faits à l’image de Dieu, et je dois respecter cette image, surtout quand la Sainte Trinité a fait sa demeure dans le cœur de mon prochain par le saint baptême. Alors, par amour pour l’Hôte sacré des âmes qui m’entourent, je vais m’appliquer à les aimer chrétiennement.

Colloque

Sur la Croix, mon Jésus, Vous m’avez montré ce que veut dire ce mot : aimer. Et Vous êtes mort par amour pour moi ! Alors, mon âme, réponds généreusement à tant d’amour ! Sainte Vierge Marie, ma tendre mère, apprenez-moi à aimer comme vous, en regardant mon prochain avec les yeux de la charité et de la miséricorde. Mon saint Ange, ami fidèle, aidez-moi à rechercher sans cesse le bon plaisir de Celui que j’aime.

 

Germaine Thionville

 

Ingrédients pour 6 personnes : 

  • 100 g de beurre
  • 100 g de farine
  • 125 g de gruyère (ou autre)
  • ½ litre de lait
  • 5 œufs
  • Sel, poivre
  • Légumes (facultatif)

 

Préparation :

 Faire une sauce béchamel très épaisse avec le beurre, la farine et le lait

Ajouter le fromage. Laisser refroidir.

  • Mettre ensuite les jaunes, les blancs battus et (les légumes).
  • Vérifier l’assaisonnement et faire cuire à four moyen dans un plat beurré, pendant 45 min à 180°C.

 

Conseils et astuces :

  • Vous pouvez ajouter un peu de légumes cuits au préalable (quelques champignons, poireaux, oignons ou courgettes) et/ou du fromage (morceaux de cantal, de chèvre…)
  • Ce plat se mange tout de suite car le soufflé dégonfle très vite ; délicieux, accompagné d’une salade.

Actualités culturelles

 

·  Hisardere (Turquie)

L’archéologie ne cessera jamais de nous émerveiller ! C’est en Turquie, près de la ville d’Iznik, qu’a eu lieu cette fois une découverte majeure. Berceau du christianisme, Iznik était autrefois appelée Nicée, lieu du concile du même nom ; c’est donc ici qu’a été proclamé le Credo il y a 1 700 ans. Dans le proche village d’Hisardere, les archéologues ont mis au jour une tombe paléochrétienne datant probablement du IIIe siècle après J.-C. Erigé à une période où les chrétiens étaient encore persécutés par les Romains, ce caveau funéraire est enseveli sous terre. Les fouilles y ont dévoilé une splendide fresque représentant le Christ en Bon Pasteur, dans un état de conservation exceptionnel. Jeune et imberbe, Jésus y est vêtu d’une toge romaine, portant une brebis sur ses épaules ; des très rares exemples de Christ en Bon Pasteur en Anatolie, celui-ci est le mieux préservé et l’un des seuls où l’on voit Jésus avec des attributs romains.

 

·             Le Caire (Egypte)

Depuis le 23 décembre dernier, le Grand Musée Egyptien du Caire mène une restauration d’envergure sous les yeux-mêmes du public ! Inauguré le 1er novembre 2025, le tout récent musée a en effet accueilli la fameuse barque solaire de Khéops, qui constitue « le plus grand et le plus ancien artefact en bois de l’histoire de l’humanité » ; longue de 43,5 mètres et large de 6 mètres, le vestige de 20 tonnes est composé de 1250 pièces de bois (acacia et cèdre). Découverte (en pièces détachées) en 1954 dans l’une des cinq fosses formant le complexe funéraire de Khéops, l’embarcation était destinée au transport de l’âme du Pharaon dans l’au-delà. Elle a donc été construite sous le règne-même de Khéops, il y a environ 4 600 ans. Aujourd’hui, sa restauration a lieu au sein du musée, sous les yeux des visiteurs, dans un bâtiment de 4 000 m2 construit à cet effet ; elle devrait s’achever dans quatre ans.

 

·             Montluçon (France, Allier)

C’est dès le XIe siècle que l’on peut observer un pre- mier espace de fortifications, à l’emplacement actuel du château des ducs de Bourbon (Montluçon). Quelques modifications ont lieu jusqu’en 1375, date à laquelle Louis II de Bourbon et ses frères amorcent la construction d’un château-fort qui s’achèvera en 1410. De nombreuses transformations ont ensuite lieu du XVe au XIXe siècle, jusqu’à lui donner son aspect actuel. Logement privé, tribunal, caserne mili- taire, salle de spectacle et même café, le château connaît de nombreux changements d’affectation jusqu’à devenir un musée particulièrement éclectique en 1959. Celui-ci ferma définitivement en 2013, laissant le monument désaffecté, à l’exception de quelques expositions temporaires au rez-de-chaussée (les étages servant de réserves pour les collections municipales). Après de nombreuses réflexions et 18 mois de tra- vaux, le bâtiment a enfin trouvé sa nouvelle affectation : depuis le 11 novembre dernier, vous pouvez ef- fectivement y découvrir un tout nouveau musée dédié à l’histoire locale. Une approche particulièrement intéressante qui redonnera sans aucun doute un nouvel essor à la ville.

·             Paris (France)

Alors que plusieurs capitales européennes comme Londres, Berlin ou Stockholm possèdent un musée des transports, la capitale de la France, elle, ne présente rien de similaire. Mais c’est une affaire résolue puisque la Régie Autonome des Transports Parisiens (RATP) a récemment annoncé l’ouverture d’un musée des transports urbains parisiens en 2032. Ce lieu de mémoire unique s’installera dans les ateliers de maintenance de Championnet, dans le XVIIIe arrondissement ; dévolu aux transports urbains depuis le XIXe siècle et appartenant aujourd’hui à la RATP, ce site est emblématique puisqu’il a été le témoin de l’évolution des modes de transports, depuis les omnibus à chevaux et les métros en bois jusqu’aux moyens de locomotion actuels. Une centaine de véhicules anciens, ferrés ou routiers, y seront exposés (dont une reconstitution de la première rame en bois de la ligne 1 du métro), ainsi que 5 000 objets et élé- ments de signalétique, maquettes, mobiliers, outils, uniformes, etc. On peut ajouter à cela quelques-unes des 260 000 photos, 9 000 vidéos et 1 300 affiches que possèdent les archives de la RATP. Aux collections permanentes seront associées des expositions temporaires qui ajouteront à la richesse de l’ensemble. Rendez-vous donc dans 6 ans pour découvrir cet espace mythique retraçant plus de 100 ans d’histoire parisienne.

Prudent pour agir avec succès !

Dans un couloir, Charles coince son chef débordé : « Je suis mécontent de mon salaire, je voudrais une augmentation !

J’ai besoin d’argent pour payer les écoles de mes enfants et ma maison. Sinon, je serai obligé d’aller voir ailleurs… »

Même si son objectif est légitime, l’égocentrisme et l’impulsivité de Charles vont nuire au résultat visé, et peut-être à sa réputation.

Pour réussir, il aurait mieux fait de prendre un rendez-vous au calme pour parler de son avenir. Il aurait dû le préparer en réfléchissant aux ambitions de sa société, aux objectifs de son patron et à leurs critères de valorisation des salariés. Il aurait pu exprimer son envie de contribuer davantage, de progresser au service de l’entreprise, en comptant sur une juste évolution salariale associée. Il a manqué de la vertu de prudence !

La prudence n’a pas pour seul but de nous faire éviter les dangers mais positivement de « nous indiquer les moyens sûrs et légitimes de parvenir à une fin louable1 ». Elle détermine l’usage que nous devons faire de notre esprit en chacune des démarches ou des entreprises de notre vie, pour que nous ne regrettions rien ensuite. Même en cas d’échec, nous saurons que nous avions fait tout ce qui était raisonnablement possible. Quel réconfort pour notre conscience !

La prudence va être utile pour chacune de nos décisions : les grandes – choix de vie ou de métier, écoles, déménagement, gestion d’un projet, investissement – comme les quotidiennes – réaction à la bêtise d’un enfant ou d’un subordonné, difficultés avec une autorité, réaction à un imprévu. Comment prendre les bonnes décisions au bon moment ?

Les conditions de succès peuvent se résumer en 3 mots-clés : anticipation, cohérence, focalisation. Donc, éviter improvisation, incohérence, dispersion.

Les bons managers listent les mêmes bonnes pra- tiques que celles écrites par saint Jean-Baptiste de la Salle pour une prise de décision réussie2, prêtons-y attention !

Anticipation

Faire appel à ses connaissances et son intelligence, ou effectuer des recherches pour bien comprendre le sujet et le contexte de la décision à prendre. S’ancrer dans le réel : les données factuelles de la situation comme les tempéraments des personnes concernées comptent. Préparer la décision en se rappelant les principes ou règles à suivre (morales, psychologiques ou professionnelles). Prendre le temps de formuler le but à atteindre, les moyens d’y arriver, les raisons de faire tel choix et discerner les alternatives, avec leurs avantages et inconvénients. Comment minimiser et rendre acceptables les effets secondaires ? Consulter des personnes sûres si besoin.

Savoir jouer avec le temps : faut-il laisser mûrir le sujet, procéder par étapes, tester, ou trancher sans délai ?

Ces pratiques prennent du temps. Il est donc évident que, pour savoir gérer les situations du quotidien en temps réel (colère d’un enfant, erreur professionnelle…), il faut avoir réfléchi et travaillé à l’avance sur les principes et les méthodes d’éducation ou de gestion des hommes. Cela se fait selon les phases de notre vie, en ménage et avec des personnes expérimentées et de confiance, ainsi qu’en tirant les leçons de nos propres expériences.

Cohérence

Les moyens doivent être cohérents entre eux et avec les principes. Il faut être habile dans le choix des moyens – les actes, les paroles et les attitudes qui se soutiennent renforcent la décision – et du temps de l’action : quand et comment parler à son épouse ? A un adolescent d’un sujet délicat ?

Par ailleurs, chacun sait qu’un alignement entre conjoints est essentiel dans l’éducation des enfants, de même qu’une coopération ouverte entre la famille et l’école. Bien sûr, l’unité ne fait pas tout : encore faut-il éviter les erreurs de raisonne- ment, souvent dues à un manque de formation, un manque d’anticipation ou un trop plein d’émotions. 

Focalisation

Une fois la décision prise, il faut être fort et persévérer. Observer les effets pour traiter les éventuels effets de bord, ajuster ou introduire des étapes, sans toutefois perdre de vue l’objectif et la stratégie choisie ! Il faut parfois du temps, surtout dans l’éducation, la conduite des hommes ou de la nature. Si notre décision a été prise de la bonne manière, nous pouvons compter sur la Providence et devons lui faire confiance sans nous inquiéter chaque jour.

Émotions et tempéraments

Deux écueils opposés sont fréquents. Écoutez votre entourage pour savoir celui qui vous guette ! Cela peut d’ailleurs dépendre des sujets ou des moments.

Impulsif, vous réagissez trop vite. A peine le sujet est-il identifié qu’il faut lancer des actions ou des répliques  catégoriques  !

Forcez-vous à vous poser et analyser ce qui vous pousse : l’activisme ? la peur  ?  de  quoi  ?  de  voir  quelqu’un  souffrir (empathie) ? du jugement des autres ? de rater  quelque chose ? de l’incertitude ? d’être mal à l’aise tant que le sujet n’est pas clos ? Est-ce si grave ? Forcez-vous à formuler voire écrire votre analyse et les alternatives, les plus et les moins, puis à consulter une personne de confiance.

Timoré ou retardataire, vous traînez pour décider, vous retardez votre implication. Ne pas décider, c’est décider de ne rien faire… Est-ce votre vrai choix ? Forcez-vous donc à anticiper les sujets que vous devrez traiter tôt ou tard et à vous fixer une date « au plus tard » pour les traiter donc pour commencer à y travailler ; et planifiez du temps. Envisagez des étapes dans la mise en œuvre de la décision pour pouvoir ajuster ou contrôler. Si vous avez peur, faites comme indiqué plus haut et posez-vous la question « et pourquoi pas ? »

Dans les deux cas, prenez l’habitude de vous corriger sur des petites décisions : respirez, réfléchissez, décidez avec les règles de la prudence, agissez et faites confiance !

Hervé Lepère

 

1 Les douze vertus d’un bon maître – Saint J.-B. de la Salle et frère Agathon. Manuel pratique de 90 pages.

2 Idem

Pas plus de cinq !

Comme en toute tragédie classique, il y aura cinq actes et pas un de plus. Le sujet de cette pièce est la conspiration de cinq femmes animées de la même haine mortelle contre une sixième. Elles dissimulent leurs sentiments derrière une volonté de la servir mais elles ne s’approchent en réalité d’elle que pour lui porter un coup de poignard. Les quatre premières l’ont très grièvement blessée mais elle a survécu. Nous voici parvenus au cinquième acte qui n’est pas encore achevé. Notons cependant que la dernière des mégères est plus déchaînée encore que les quatre premières tandis que jamais leur commune ennemie n’a été si faible. Mais écoutons le récit de leur victime et entendons sa supplique.

« La première de ces femmes naquit le 21 septembre 1792. Elle fit rouler la tête de mon roi le 21 janvier 1793 en m’assurant que commençait pour moi dans son sang une ère de prospérité, de liberté et de gloire. Elle détestait plus encore mon Dieu que mon roi au point qu’elle prétendit ouvrir des temps nouveaux en substituant au calendrier fondé sur la naissance du Fils de Dieu celui de sa propre naissance. Elle n’avait pas encore un an qu’elle mit « à l’ordre du jour » le régime de la Terreur. Elle semblait se repaître de ce bain de sang, de mes enfants, prêtres, aristocrates et gens du peuple. En l’an XII, elle me remit dans les mains d’un Général dont elle me dit qu’il allait panser mes plaies et me couvrir de gloire.

« La deuxième d’entre elles ne vécut pas cinq ans. Elle vit le jour le 25 février 1848 et fut le fruit de la révolution qui renversa le monarque de juillet. Au climat euphorique en ses débuts et à la plantation des arbres de la liberté succéda le coup d’état du 2 décembre 1851 par le neveu de ce général qui devait me donner de la gloire mais me couvrit de honte tandis que mon nom était haï dans toute l’Europe. La deuxième des femmes ne mit donc guère de temps, après le bain de sang des journées de juin 1848, à me placer dans le giron dictatorial du Prince-Président.

« La troisième est la doyenne des cinq.     Elle commença sa carrière le 4 septembre 1870 et ne l’acheva qu’au 10 juillet 1940. Elle vécut donc presque   sept décades pour me martyriser. Il n’est en effet d’autre mot pour décrire ce troisième acte républicain qui dévoila au mieux sa volonté d’exterminer en mon sein tout ce qui m’était le plus cher : ma foi, mes familles françaises, mes enfants. Je fus livrée à la dictature des loges et je vis mes prêtres, religieuses et religieux honteusement expulsés de mes frontières. Cette furie me saigna à blanc pendant la guerre de 1914- 1918 et, après avoir allumé par son traité de Versailles toutes les rancœurs de l’Allemagne, elle décréta un pacifisme suicidaire. M’ayant précipité dans le gouffre, elle finit par se suicider elle-même et ma seule consolation fut qu’elle n’eût d’autre ressource que de me laisser au prestige du Vainqueur de Verdun. O divine surprise !

« On se dispute encore sur la date de naissance de la quatrième. Quoiqu’il en soit, on brûla la gloire et on condamna à la prison perpétuelle ce Maréchal qui avait mis fin à la dictature des loges et, pire, dans la situation désespérée où l’on m’avait réduite, avait cherché à me soigner. Mais elle aussi voulait du sang et ce furent les cent mille victimes de l’Epuration. Elle donna ensuite au monde la meilleure démonstration qu’on pût souhaiter de la force républicaine par la succession des dix-huit gouvernements qui se succédèrent de 1947 à 1958. Elle aussi finit par me livrer aux mains d’un militaire …

« La cinquième de ces dames est apparue le 8 janvier 1959. Elle a donc 67 ans au moment où j’écris ces lignes. La question est de savoir si elle va détrôner la troisième comme doyenne d’âge. Elle a été la digne héritière des quatre précédentes et s’est distinguée par un nouveau bain de sang, pire que tous les autres puisqu’il s’est agi de l’assassinat légalisé et constitutionnalisé de mes enfants dans le sein maternel. A 67 ans, cette Athalie concocte maintenant celui des personnes âgées. Quant à moi qui suis à l’agonie, je réclame pour elle seule l’euthanasie. Je demande sa mort et, si mes enfants ne veulent pas que je meure aussi, je les conjure qu’il n’y en ait pas de sixième et je veux cette fois-ci choisir les mains de celui à qui je serai livrée.

Mes enfants, écoutez-moi. Je suis votre mère, la France. Me connaissez-vous encore ? M’aimez- vous encore ? Pourquoi me laissez-vous encore dans les rets de ces sorcières ? Priez. Mais priez Notre-Dame pour que j’en sois délivrée et soyez prêts à souffrir et à batailler si vous ne voulez pas que je meure. Pas de sixième, je vous en conjure !

 

R.P. Joseph