La foi et les consécrations épiscopales

Il n’y a réellement qu’un seul mot à prononcer pour comprendre et approuver les consécrations épiscopales du 1er juillet 2026 : la Foi. Elle constitue ce trésor inestimable que Notre divin Sauveur nous a légué. Nous n’avons rien de plus grand qu’elle ici-bas et, d’une certaine manière, rien ne nous importe d’autre qu’elle : la recevoir, la garder, la transmettre à ceux qui viennent après nous. Elle nous donne toute notre espérance et toute notre joie et c’est d’elle que vient encore en nous toute notre force pour aimer et pour vivre de cet amour. Nous sommes prêts à tout perdre plutôt que de la perdre et qui voudrait l’arracher de notre coeur emporterait notre coeur avec elle. Elle nous relie à une merveilleuse chaîne de générations qui se la sont fidèlement passée l’une à l’autre et nous ne voulons pour rien au monde être ce maillon faible qui, le premier, lâcherait et mettrait en danger et son âme et celle de sa progéniture puisque sans elle, « il est impossible de plaire à Dieu1. »

Que notre attachement à la Foi entraîne aujourd’hui pour nous que Rome nous excommunie et nous déclare schismatiques ressortit au mystère d’iniquité… Et un mystère étant un mystère, il ne peut être entièrement expliqué. Mystère d’iniquité à l’oeuvre au sein même de l’Église. Mystère d’iniquité qui nous laisse dans cette profonde souffrance de voir le pape et les évêques eux-mêmes gagnés à l’erreur. Nous ne savons comment cela est possible. Nous ne savons comment il est devenu possible que nos pasteurs en soient arrivés à persécuter celles de leurs ouailles qui n’ont jamais eu aucune autre volonté que de demeurer catholiques et qui préféreraient mille fois mourir à l’instant plutôt que ne plus l’être. Nous ne comprenons pas. Nous devons seulement nous dire que nous offrirons cette relégation et cette proscription qu’on nous inflige comme un sacrifice pour que nos chefs religieux sortent de leur aveuglement. Nous nous souviendrons que, pas plus que les lois injustes ne sont des lois, les décrets injustes ne sont des décrets valides. Excommuniés, comme saint Athanase et sainte Jeanne d’Arc l’ont été, voilà comment nous le sommes. Et nous sommes certains qu’un jour, l’Église nous lavera de cet opprobre et de cette injustice comme ces saints en ont été lavés.

Nous ne prétendons pas que nous demeurons les derniers de nos générations à être catholiques et nous sommes même certains du contraire. Mais nous affirmons que, dans ce temps d’apostasie, la Fraternité Saint Pie X, grâce à ses évêques, reste l’îlot le plus sûr pour la conservation et la transmission de la Foi. En effet, la transmission de la Foi exige la dénonciation nette et publique des erreurs et des hérésies professées, dénonciation quasiment toujours absente des milieux qui se veulent conservateurs, milieux qui ont eux-mêmes admis bien des nouveautés délétères ou qui, s’ils en voient la malice, ne sont pas en position pour les dénoncer. Ne pouvions-nous, comme les catholiques du Japon, nous maintenir dans la Foi, sans évêques et bientôt sans prêtres, le temps que durera encore cette crise ? C’est ce à quoi nous aurions été contraints si le sacre d’un évêque contre le consentement explicite du pape avait été un acte intrinsèquement mauvais. Mais, ainsi que Monseigneur Lefebvre l’avait dit en 1988 et que la chose a été redite en 2026, ce n’est que l’usurpation d’une juridiction épiscopale qui constituerait un acte schismatique, non point le sacre en lui-même. Voilà qui fait que pour une motivation excessivement grave, la transmission de l’épiscopat est légitime en de telles circonstances et est un bienfait immense qui est rendu aux âmes seulement attachées à la Foi.

Alors, ne nous laissons pas impressionner par des mots et ne soyons pas faibles en face du regard que le monde portera sur nous. Rappelons que Notre-Seigneur nous a prévenus : « Le disciple n’est pas au-dessus des maîtres, ni le serviteur au-dessus de son Seigneur… S’ils ont traité le maître de maison de Béelzéboul, combien plus le feront-ils pour ceux de sa maison2 ! » Et encore : « Celui-là qui tiendra jusqu’au bout, celui-là sera sauvé3. »

R.P. Joseph


1 Hébreux 11,6
2 Mt 10,24
3 Mt 10, 22

Editorial

Chers amis,

« Je garderai mes voies, afin que je ne pèche point par ma langue. J’ai mis à ma bouche une garde, lorsque le pécheur s’élevait contre moi1. » Dans tout conflit, un bon général cherche à identifier la stratégie de l’ennemi, or on raconte que l’une des tactiques du Général Sun Wu2 pour contraindre son rival à abandonner la lutte sans combat était de l’abreuver constamment d’informations… Ne reconnaît-on pas là une technique reprise aujourd’hui ? Sommes-nous conscients du brouhaha dans lequel notre âme vit continuellement ? Parvenons-nous à trouver le silence, non seulement celui qui envahit nos oreilles (ce qui est déjà quelque chose de rare) mais aussi le silence de l’âme ? Lorsqu’on évoque le silence, certains songent au bruit qui nous entoure, d’autres aux informations et aux bavardages dont ils nourrissent leur existence. Mais peu réalisent à quel point le silence de l’âme est essentiel car souvent on constate qu’elle se parle sans cesse à elle-même et oublie de laisser Dieu s’exprimer.

N’est-il pas temps de se demander honnêtement quel est le Dieu que nous voulons servir ? Quelle est la parole que nous voulons écouter ? Est-ce celle du monde qui crée agitation et bruit, et qui par une stratégie bien rodée nous met sous l’empire du stress annihilant toute réflexion ? Est-ce celle qui, guidée par notre imagination et nos réflexions personnelles, finit par noyer toute réflexion et nous empêche de prendre du recul en laissant les sentiments prendre autorité sur la raison ? Ou est-ce celle de Dieu qui pacifie l’esprit, nourrit l’âme et apporte la sérénité ?

Dom Guillerand3 nous donne trois conseils : Ignorons ce qui se passe dans le monde : prions pour lui, « sans nous retourner », sinon notre âme sera dans le tumulte et notre ennemi aura la part belle. Gardons notre esprit et notre coeur. Tout ce qu’on nous dit de celui-ci, de celui-là, de ses allées et venues, éveille des images, des réflexions, des discussions, des critiques intérieures ; bref, c’est le bruit que Dieu hait ; notre âme n’est pas un forum. L’exemple de notre sérénité, notre transparence aux rayons de Dieu qui nous habite, porteront plus au bien que tous nos discours. Notre âme ne doit refléter que Dieu. N’ayons pas souci de nous-même. Ne parlons pas de nous-même à nous-même. N’épiloguons pas sur les difficultés de notre vie. Dieu aime qui donne en riant. « Recevez, Seigneur… » : chaque jour, par notre prière du matin, nous nous offrons au Divin Coeur de Jésus, pourquoi ensuite ne pas laisser Celui à qui l’on a tout donné, guider notre vie en nous abandonnant à sa Providence ?

Ce numéro vous fera découvrir les différents moyens pour garder le silence intérieur et « rester toujours sous le contact de Jésus4 ». Vous lirez aussi la vie de saint Jean Népomucène qui offrit sa vie pour avoir gardé le silence sur la confession de sa pénitente. Un bel exemple pour notre temps ! Demandons-lui de nous aider à savoir garder pour nous les secrets qui nous sont confiés. Que Notre-Dame qui « conserva toutes ces choses en son coeur » et saint Joseph, l’homme du silence, nous aident à acquérir cette belle vertu. « Dites avec conviction mais sérénité : « Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour moi, pauvre pécheur », puis vivez en paix, sous l’aile protectrice de Dieu qui vous aime3. »

Bien amicalement,
Marie du Tertre

1 Psaume de David 38-2
2 Général chinois du VIe siècle avant J-C, réputé pour sa stratégie militaire
3 Les portes du silence – Dom Guillerand
4 L’âme transformée au Christ – Père Charton

Être un homme

Être un homme, vois-tu, c’est triompher du doute,
Cet ennemi mortel, frère du désespoir.
C’est marcher jusqu’au bout, ferme et droit sur la route
Qui mène à la vertu, passant par le devoir.
C’est garder le front haut au jour de la détresse.
C’est porter sans faiblir, l’âme grande en tout lieu.
C’est nourrir dans son sein la force et la tendresse.
C’est aimer ses parents, sa patrie et son Dieu,
C’est rechercher toujours l’épine avant la rose.
Être grand dans la paix, vaillant dans le combat.
Donner son bras, son sang, à la plus noble cause.
Prier, parler, aimer : être apôtre et soldat !
Paul Veron

Le devoir d’aimer Dieu

Dans les communautés de la vie familiale et professionnelle nous sommes sur un terrain où nous ne pouvons être vaincus que si nous l’abandonnons à l’ennemi : celui du « devoir d’état », expression qui ne se rencontre plus guère dans le langage contemporain, et pour cause ! Tel est le devoir suprême ici-bas qui suit immédiatement, depuis la révélation, le devoir d’aimer Dieu par-dessus toutes choses, et duquel seul dérivent des droits s’il est accompli.
Marcel De Corte – De la force

Vous n’êtes jamais seul!

Grâce à vous il y aura des hommes dont la vie aura été plus belle et plus féconde.
Grâce à vous il y aura un peu plus de bonheur sur la terre et en tout cas un peu plus d’idéal. Dans l’accomplissement de votre mission si exigeante tour à tour crucifiante et exaltante, pensez que vous n’êtes jamais seul. Pensez à Celui au nom de qui finalement vous avez reçu autorité, c’est-à-dire le pouvoir de commander. Aux heures sombres, demandez-Lui avec confiance sa lumière et sa force. Aux heures lumineuses, faites monter vers Lui avec allégresse la joie de votre âme. Comme Foch au soir du 11 novembre 1918 : Non nobis, Domine, non nobis sed nomini tuo da gloriam (Ce n’est pas à nous mais à votre Nom Seigneur que revient la gloire).
Père Gaston Courtois