La chanson d’ici

La chanson d’ici

 Ici quand on s’arrête

On fait son nid comme un oiseau

On laisse fuir le temps et l’eau

Et les nuages sur sa tête Ici, quand on s’arrête

 

Refrain :

C’est ici mon pays

Mon peu de terre, mon peu de ciel

Ici que pousse mon soleil

Et que ma vie passe trop vite

Avec ses fleurs et ses limites

C’est ici mon pays

 

Ici quand mon cœur aime

Il faut que tout aime avec lui

Que le jour chante avec la nuit

Que la joie vienne après la peine

Ici, quand mon cœur aime (Refrain)

 

Ici quand le temps passe

On voit fleurir d’autres vingt ans

Qui nous ramènent au bon temps

De ceux qui chantent à notre place

Ici, quand le temps passe (Refrain )

C’est ici mes vieux amis

Chansons d’ici – Album par L’Accroche-Choeur, ensemble vocal Fribourg | Spotify

“Media vita in morte sumus”

Le chœur de Foyers Ardents

« … Mais, entre ces accords, à mon gré le plus doux, C’est l’air vague et plaintif, la sourde cantilène

Que les matelots grecs, hôtes fréquents chez nous, Chantent sur leur navire, assis vers la poulaine.

 Sans varier d’un son, d’où viens-tu, chant si vieux, Héritage flottant qu’un siècle à l’autre envoie ? Est-il vrai, matelots, que, parmi vos aïeux,

On le chantait aux jours de la guerre de Troie ?… Joseph Autran « Chanson du soir » Les poèmes de la Mer, 1859

 

Le « Media voce sumus » est sans doute d’origine byzantine, très ancienne. Cette antienne apparaît dans les textes du XIe siècle. Il est rapporté dans la vie de saint Thomas d’Aquin que ce dernier pleura un soir, lors de l’office des complies de Carême en l’entendant.

Saint Thomas d’Aquin ne souhaitant d’autre récompense que le Seigneur, a trouvé cette demande magnifiquement concrétisée dans le texte de cette antienne.

 

“Media vita in morte sumus”

 

Media vita in morte sumus ; quem quærimus adjutorem, nisi te, Domine ?

qui pro peccatis nostris juste irasceris.

Sancte Deus, Sancte fortis, Sancte misericors Salvator, amare morti ne tradas nos.

In te speravimus, patres nostris Speraverunt et liberasti eos.

Sancte Deus, Sancte fortis, Sancte misericors Salvator, amare morti ne tradas nos.

En cette vie nous cheminons à moitié dans la mort

Que cherchons-nous comme aide

Si ce n’est Vous, Seigneur ?

Vous qui Vous irritez justement pour nos péchés.

 

Dieu Saint, saint et fort

Saint miséricordieux Sauveur

Ne nous livrez pas à l’amère mort.

 

Nos pères ont placé leur espoir en Vous

Ils ont espéré et Vous les avez libérés.

 

Dieu Saint, saint et fort

Saint miséricordieux Sauveur

Ne nous livrez pas à l’amère mort.

 

 

Media vita in morte sumus • Chœur de l’abbaye de Saint-Wandrille de Fontenelle

Donner de son temps !

À la suite des précédents articles publiés sur ce thème, nous étudions maintenant le 3e geste : Donner de son temps !

 

 

Dans la continuité des précédentes recommandations, s’il est une résolution essentielle à mettre en avant dans les relations humaines, c’est bien celle du temps que l’on décide — ou non — d’offrir à notre prochain, à celui qui sollicite de l’attention, aux personnes qui souffrent de cette solitude si caractéristique de nos jours. Notre-Seigneur mesure intimement la souffrance réelle de voir ses amis refuser de venir à lui parce qu’ils n’ont pas de temps à lui consacrer en prétextant toutes les bonnes raisons d’être avares de ce temps si précieux : la fatigue, les occupations multiples, les divertissements en tout genre.

Qui n’a pas eu un jour à se confronter au mur de cette formule lapidaire et définitive : « Je regrette, je n’ai pas le temps » ? Et nous-mêmes, sommes-nous souvent disponibles, attentifs, disposés à écouter, sans regarder la montre ? Que chacun s’examine sur ce paramètre essentiel de la relation humaine : donner de son temps, même si cela nous coûte.

L’exemple de Notre-Seigneur

Quand Jésus demeure depuis trois jours avec la foule qui le presse de questions, Il ne compte pas son temps et s’inquiète même de nourrir son peuple. Combien de fois, dans sa vie publique, se montrera-t-il totalement disponible ? Souvenons-nous de la visite de Nicodème en pleine nuit déjà évoquée plus haut. Aucune réserve de sa part, même pas un petit reproche sur l’heure tardive. Bien au contraire, il lui manifeste de la considération et s’efforce de lui répondre avec autant de bienveillance que possible.

Jésus n’en a jamais privé personne. Parfois, cela irrite les apôtres et Jésus les reprend : « Laissez venir à moi les petits enfants. » La disponibilité est une des plus belles qualités relationnelles qui soit. Malheureusement, Notre-Seigneur n’a pas été toujours payé de retour. Loin s’en faut. Au moment de son agonie, ses apôtres qui l’accompagnent, Pierre, Jacques et Jean, n’auront pas la même disponibilité pour notre Sauveur, malgré ses suppliques insistantes : « Veillez avec moi. » Pourtant, il ne s’agissait que d’une heure, une petite heure pour partager avec leur Maître sa sanglante agonie. Ses apôtres préférés sombrent dans le sommeil et le laissent seul, en butte à de terribles angoisses. Des nuits et des jours offerts aux foules, à tous et à chacun d’entre eux, et pas même une heure d’attention de ses plus proches « amis » pour l’accompagner, le soutenir, le consoler, et compatir.

Ce que cela signifie pour nous

Combien de fois ne sommes-nous pas avares de notre temps à l’endroit de nos proches : épouse, époux, enfants, frères, sœurs, amis ? Et, peut-être plus encore, quand nous sommes invités à veiller au moins une heure devant le Saint-Sacrement ! Souvenons-nous de l’adoration du Jeudi Saint où nous sommes invités nous aussi à « veiller et prier » ; serons-nous plus généreux cette année ?

Nous serions bien ingrats de reprocher quoi que ce soit aux apôtres, nous qui comptons, chrono à la main, le temps passé avec nos amis ou nos collègues, sans parler de l’inconnu qui mendie un regard. Nous sommes trop souvent inattentifs, indisponibles pour ces âmes isolées : les personnes âgées, les malades, les pauvres, mais aussi les personnes seules et les jeunes livrés à eux-mêmes, à leur énorme solitude et donc à leur portable ! Pour eux, pas ou peu de temps d’écoute, jamais un sourire affectueux, encore moins une présence patiente et attentive.

Si Dieu a fait l’homme à son image en lui confiant l’usage si précieux de la liberté, que l’homme prenne garde à ne pas se laisser envahir par trop d’activités réalisées dans l’urgence, au détriment de l’important. La technologie digitale entretient l’idée fausse que l’homme peut désormais tout faire sans contrainte de temps, ni d’espace : un clic, et des milliers de messages parviennent à l’autre bout de la terre en moins d’une seconde. C’est une illusion. Notre nature a véritablement besoin de réflexion pour bien agir et parvenir ainsi aux joies éternelles, en entraînant avec elle les âmes que Dieu a placées sur son chemin.

En pratique, que faire ?

Pour éviter cette mécanique du « temps-qui-manque-toujours » et après lequel on court, il n’est guère besoin d’outils sophistiqués de gestion du temps. Il vaut mieux hiérarchiser ses priorités avec discernement en prenant garde de ne pas se laisser envahir par l’accessoire ! Pour cela un vrai travail est nécessaire sur les trois puissances supérieures de l’homme énoncées par saint Ignace : la mémoire, l’intelligence et la volonté. Ainsi nous parviendrons à organiser au mieux notre emploi du temps avec sagesse, en hiérarchisant nos priorités, c’est-à-dire en anticipant, en éliminant et en sélectionnant.

Alors, comment concilier le progrès technologique et une saine utilisation de son temps, dans les relations humaines ? Pratiquons habituellement une règle de discernement préconisée par saint Ignace : « Pas plus que, autant que… ». Avec, pour critère principal, ce commandement phare de toutes relations humaines telles que pratiquées par Jésus : « Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés. »

Ne nous laissons plus éblouir par les tyrannies de l’instantané et de la vitesse, nos contemporains ont besoin qu’on leur offre de notre temps. Rien dans la relation vraiment humaine ne peut être traité dans la précipitation ! Abordons aussi cette fâcheuse dérive de la mauvaise gestion du temps dans les relations humaines : la procrastination, cette tendance à toujours repousser au lendemain nos résolutions en faveur d’autrui. Cessons de dire : « plus tard, plus tard » pour entrer en contact avec untel ou untel. « Plus tard », c’est souvent trop tard. Encore une fois, imagine-t-on Jésus tarder à aller à la rencontre de ses amis comme de ses adversaires ? « Dieu ne retarde jamais d’accomplir ce qu’il a promis ». Le salut des hommes n’attend pas.

Avec lui, le temps n’est pas seulement une unité de mesure, il est aussi et surtout un contenu : on ne compte pas son temps pour s’adresser aux âmes. On converse avec elles. Efforçons-nous à faire un examen de prévoyance chaque début de journée : qui vais-je voir ? À qui vais-je offrir un moment de conversation ? Et cela, avant de consulter son ordinateur, son portable, sa tablette… « dévoreurs » de temps ! De manière générale, fixons-nous à l’avance une limite raisonnable de consultation d’internet, interdisons-nous de consulter les écrans sans but précis. L’expérience montre que le temps s’écoule alors de façon vertigineuse. Il s’opère une sorte de perte de conscience, une anémie cognitive contre laquelle on ne peut lutter que par anticipation.

Ajoutons que si internet est une grande ouverture sur beaucoup de champs, y compris ceux de la culture, le philosophe Gustave Thibon nous avertit déjà en 1976 que : « La pléthore de l’avoir a pour rançon l’anémie de l’être. » Ce qui compte n’est pas l’accumulation des biens ni des connaissances, mais bien une véritable vie intérieure qui rejaillit sur les aptitudes à la fidélité, à la disponibilité, à l’écoute et à la convivialité…

Pour aller plus loin et progresser

Pour donner notre temps, il faut cultiver un authentique oubli de soi, qui jaillit spontanément de notre cœur ; et c’est par le cœur que l’homme est grand ! « La vertu en cette vie, dit saint Augustin, consiste à aimer ce que l’on doit aimer. » Prenons à la lettre les préconisations de Notre-Seigneur : « Marthe, Marthe, ta sœur a choisi la meilleure part. » Cette part c’est le temps consacré à la vie spirituelle au quotidien. Un catholique ne devrait pas se contenter de prier matin et soir mais aussi avant de démarrer une tâche, de faire un voyage, de commencer et finir un repas, au profit d’un prochain malheureux, pour une attention particulière, etc. Tout est occasion de vivre avec Notre-Seigneur !

Vie spirituelle, devoirs d’état, vie affective sont alors traités dans le bon ordre. L’usage immodéré des écrans est de fait ramené à sa juste place. Non sans efforts renouvelés une discipline s’installe, qui donne la priorité absolue à la vie spirituelle. Soyons ponctuels et disponibles comme Jésus. Si nous faisons de notre temps personnel un allié de notre vie spirituelle, nous n’avons pas à avoir peur des moyens modernes de communication. Nous savons distinguer l’important de l’urgent.

Donner de son temps à Dieu et à son prochain est la plus grande des marques de sagesse car comment mieux imiter Jésus qui nous donna 33 années de sa vie : 30 ans de silence et trois années de vie publique… « Donner de son temps » est une des plus belles formes de générosité qui soit. Elle se fait rare de nos jours tant nous nous laissons déborder ou distraire par de fausses urgences au détriment de l’important : vivre avec Notre-Seigneur. L’égocentrisme règne sous nos climats et empêche le don de soi. Osons le dire, offrir son temps est devenu aujourd’hui, en particulier, une vertu qui enchâsse un joyau de la relation humaine : la charité. Jésus n’a-t-il pas offert à l’humanité les trente-trois années de sa vie terrestre ?

Frère Charles de Foucauld, cordigère


RÉSOLUTIONS PRATIQUES :

  • Veiller à ne plus me laisser envahir par mes envies pour donner la priorité à mes objectifs importants de chrétien : mon salut et l’attention que je dois porter à mon prochain.

  • Privilégier toujours la communication naturelle à la communication virtuelle.

ENGAGEMENT SPIRITUEL :

  • Une dizaine d’AVE – 3ème mystère joyeux : La naissance de Jésus.

  • Notre-Seigneur passe trente-trois années de sa vie dans le silence d’abord, et en prêchant ensuite, jusqu’à la croix où sa dernière parole sera « tout est consommé ». Et moi saurai-je donner 5 jours de ma vie cette année pour faire une retraite ?

« L’humilité et la douceur sont à apprendre à l’école du cœur de Jésus. » — Charles de Foucauld

1 FA 54 : introduction et 1er geste, « Faire le 1er pas »

FA 55 : 2e geste, « Demander service »

2 Lc 14 , 16-24

3 Mt 15, 32-38

4 Jn 3

5 Mc 10, 14

6 Mt 14, 32

7 Jn 15, 12

8 Luc 10,42

Prendre conseil

Cher Charles,

« Soyez prudents ! », « On n’est jamais assez prudent ! », « Prudence sur la route ! » Tu me faisais part de ton étonnement sur ces expressions coutumières où la prudence apparaît de façon négative, spontanément associée à la retenue, à la peur du danger, voire à l’immobilisme. Essayons ensemble de voir ce qu’il en est.

Comprendre la prudence de cette manière revient à la réduire à une simple stratégie d’évitement du risque. Or, une telle conception est non seulement restrictive, mais aussi largement trompeuse. La pensée aristotélicienne définit la prudence de manière tout autre. Elle est un acte de l’intelligence pratique, qui nous oriente vers le Bien en nous indiquant, de manière concrète, les moyens justes pour y parvenir. Saint Thomas la caractérise comme « l’art de bien vivre ». L’acte prudent se décompose en trois étapes successives : le conseil, le jugement et enfin l’exécution. Définie ainsi, la prudence ne se réduit pas à une attitude de précaution. Au contraire, elle permet de discerner avec justesse quand un risque doit être évité… et quand il mérite d’être assumé au service d’un bien plus grand. C’est une vertu importante car elle est la vertu des chefs et elle guide les autres vertus.

Arrêtons-nous un instant sur la première de ces étapes : le conseil. Elle mérite une attention particulière, car elle est le point de départ de toute décision vraiment prudente – et elle demande du temps. Il s’agit d’examiner les options possibles, de recueillir des avis, de peser les conséquences, bref, de prendre au sérieux la complexité du réel.

Cette étape est d’autant plus décisive pour nous qui sommes jeunes. Nous manquons parfois de recul et nous n’avons pas l’expérience du passé pour comparer et évaluer nos choix avec justesse, alors même que nous traversons une période charnière de notre existence : choix des études ou d’un métier, discernement d’une vocation ou alors choix d’un conjoint en vue du mariage. En plus de ce manque de recul inhérent à la jeunesse, notre époque est propice à la légèreté d’esprit et à l’esprit d’indépendance que nous pouvons facilement entretenir par la dispersion sur les réseaux sociaux où nous réagissons sous le coup de l’émotion. Petit à petit, cette fascination pour les écrans et la précipitation qui en découle risquent de perturber le conseil sans que nous nous en rendions compte.

Je te propose donc quelques pistes pour apprendre à travailler cette étape fondamentale du conseil :

  • Tout d’abord, il est important de ne pas se précipiter et de laisser le temps au temps pour mûrir des choix, pour gravir les marches une à une sans brûler les étapes de la réflexion. La précipitation est souvent le premier obstacle au conseil !
  • Selon la nature de la situation, certaines personnes sont mieux placées pour offrir un avis pertinent : les parents, un confesseur, un professeur, une personne en particulier ayant un jugement sûr dans un domaine précis. Attention à ne pas se laisser influencer par des personnes imprudentes par nature et facilement portées à la critique. Leurs propos sont souvent séduisants mais trompeurs avec des conséquences parfois fâcheuses. La curiosité sur internet notamment par le visionnage fréquent de vidéos Youtube est un danger réel.
  • Ensuite, il est nécessaire d’être docile aux conseils reçus, sans laisser les sentiments prendre le dessus sur la raison. La susceptibilité et l’amour-propre peuvent ici jouer de bien mauvais tours et conduire rapidement à l’imprudence.
  • Enfin, développer la mémoire du passé, en particulier par l’étude de l’Histoire et donc les lectures, permet de tirer des leçons précieuses. L’Histoire est, comme on le dit souvent, « maîtresse de vie ». Nous approfondirons ce point la prochaine fois.

Amicalement,

Laurent

 

Un petit manque de laine?

Chères couturières,

Voici une petite astuce pour vos tricots lorsque vous êtes à court de laine ou bien que votre ouvrage se retrouve légèrement trop étroit : corrigez, prolongez avec un peu de tissu ! Ni vu, ni connu… le plus dur étant de trouver la teinte la plus proche de votre ouvrage ! Mais vous pouvez également jouer sur les contrastes ! Voilà de quoi se réconcilier un petit peu avec les tricots qui ne tombent jamais comme sur le modèle ?

 

https://foyers-ardents.org/wp-content/uploads/2026/03/56_astuce-tricot_fiche-site.pdf