SOUTIEN SCOLAIRE

 

Pour faire suite à notre article (FA 40) : Au secours ! Mon enfant ne comprend rien en cours de calcul !

La page Soutien Scolaire s’enrichit tout au long de nos parutions par les conseils de notre ami, ancien instituteur qui nous offre le fruit de son expérience.

Après de nombreux conseils pour aider nos enfants en calcul, nous avons commencé dans notre FA 49 l’apprentissage de la conjugaison qui impressionne tant les enfants. Nous poursuivons ici avec l’explica- tion concernant les pièges des verbes du 2ème groupe.

https://drive.google.com/file/d/1P3b7bTms_rzk-p-c3G1Uu-Zo–gkTMsd/view https://foyers-ardents.org/category/soutien-scolaire/

Prendre le temps de « perdre son temps » !

Elevés dans le calme et la retraite et le repos, Nous sommes tout à coup jetés dans le monde ; Battus de cent mille vagues,

Tout nous sollicite, bien des choses nous plaisent, Bien d’autres nous affligent, et d’heure en heure, Notre âme inquiète chancelle ;

Nous éprouvons des sensations et ce que nous avons senti, Le tourbillon varié du monde le balaie loin de nous.

GOETHE

 

Il serait intéressant d’étudier l’évolution de notre rapport au temps depuis le début du XXème siècle. En ef- fet, cet intervalle de temps permet d’avoir un spectre suffisamment large permettant d’apprécier l’impact des bouleversements techniques sur notre rapport au temps.

De la célèbre Deux-Chevaux au dernier modèle de Tesla sorti en 2025, il y a plus de mille chevaux de dif- férence dans la puissance du moteur ! Du courrier au courriel, il n’y a qu’une lettre de différence entre les deux mots mais deux ou trois jours dans le délai de délivrance du contenu.

Ces changements ont eu pour avantage d’agir plus vite, avec plus de confort et ainsi de gagner du temps. Mais paradoxalement, nous sommes toujours plus bousculés par le temps. Une recherche internet en en- traîne une autre, un achat facile en ligne pousse à consommer sans vraie nécessité, et ainsi de suite. C’est la spirale de l’agitation et du changement continuel qui nous prend. Terrible paradoxe de notre temps ! Mal- heureusement, notre cerveau n’est pas capable « d’éponger » toute cette agitation nerveuse. Ces stimula- tions constantes entraînent presque inexorablement une inquiétude inavouée et des sentiments changeants. A tout poison, il convient de prendre l’antidote adéquat ! A l’heure où l’on nous vante des techniques de relaxation et de bien-être en tous sens, réparons le mal à sa racine !

Il faut prendre son temps ? Alors recherchons des activités structurantes qui nous laissent prendre le temps et qui arrêtent de nous le voler. Nous pouvons penser au sport qui détend le corps et l’esprit, à la musique qui éduque au beau et apporte calme et sérénité, à la lecture qui focalise notre attention et notre réflexion sur la pensée d’un auteur à l’inverse du surf sur internet qui nous étourdit et nous disperse, au retour à la nature par ces longues balades en forêt, à la montagne pour les plus chanceux, ou à travers champs, nous laissant le temps de contempler l’œuvre du Créateur.

Ces activités ont un point commun : elles sont inutiles aux yeux de l’homme mo- derne car non rentables mais elles ont un prix, celui de maintenir la paix intérieure en retrouvant la douceur de vivre !

Laurent

Les colombes eucharistiques médiévales

Parmi les linges et les vases d’autel, il en est qui, de par leur fonction, sont plus sacrés que les autres : la patène, le calice, le ciboire ou l’ostensoir. Au fil des siècles, certains ont disparu et sont tombés dans l’oubli bien qu’ils aient été particulièrement précieux. C’est le cas notamment des colombes eucharistiques, vases liturgiques en forme de colombe destinés à conserver le corps du Christ, dont l’existence aujourd’hui est presqu’oubliée.

Les premiers vases liturgiques eucharistiques 

Dans les premiers temps de l’Église, l’Eucharistie était mise à l’abri des persécutions dans les demeures privées des premiers chrétiens où elle était précieusement préservée. Avec la paix de Constantin, des lieux de culte sont enfin érigés. Les Saintes Espèces sont alors conservées dans les basiliques nouvellement construites.

Des vases sacrés sont conçus spécialement pour cette fonction. Ils ont la forme d’une tour ou d’une colombe. La colombe, en or, était placée à l’intérieur de la tour qui était d’argent. Quant aux Hosties consacrées, elles étaient soigneusement ensevelies dans un linge de lin et placées à l’intérieur de la colombe, tel le corps du Christ enseveli dans son tombeau. On sait notamment que Constantin fit don à la basilique Saint-Pierre d’une tour et d’une colombe d’or très pur, enrichie de deux cent cinquante perles blanches. De même, le pape Hilaire donna à la basilique du Latran une tour d’argent et une colombe d’or.

D’abord utilisées conjointement pour conserver le corps du Christ dans une pièce à part, le sacrarium ou le pastophorium, l’habitude est prise de les exposer sur l’autel majeur, puis de les utiliser séparément : soit la colombe, soit la tour. À l’époque médiévale, la tour devient une pyxide, petit vase cylindrique au toit conique, tandis que la colombe prospère telle quelle avant de disparaître à l’époque moderne.

Usage des colombes 

Entre les IXe et XIIIe siècles, les colombes sont généralisées, surtout en France. On constate une production plus intense au XIIIe siècle suite au IVe Concile de Latran qui, en 1215, proclame solennellement le dogme de la Transsubstantiation. Traditionnellement en or ou en argent, elles pouvaient également être réalisées en bois, en ivoire, en cuivre doré ou émaillé. Les orfèvres limousins, alors particulièrement réputés, les produisaient en série et les vendaient dans toute l’Europe.

 

Usuellement, la colombe était accrochée au centre du ciborium ou à la voûte,  au-dessus de l’autel majeur. Elle était suspendue par une simple accroche au niveau des ailes, ou, dans certains cas, grâce à un petit plateau placé sous ses pattes pour la hisser via quatre chaînes. Une poulie permettait de la faire descendre, matérialisant ainsi visuellement la descente du Saint-Esprit sur l’autel. La suspension assurait la sécurisation des Saintes Espèces, les plaçant à l’abri des profanations, mais surtout, à l’époque, des rongeurs.

 

Ces colombes étaient très répandues en France, moins en Italie, où l’Eucharistie était conservée de préférence dans une armoire aménagée dans le mur derrière l’autel ou dans une salle à part, le secretarium. Avec le concile de Trente, les colombes eucharistiques sont remplacées par le tabernacle que nous connaissons aujourd’hui. Mais elles ne disparaissent pas pour autant : l’Esprit-Saint inondant l’autel de ses rayons est très présent dans l’art baroque.

Conclusion 

Beaucoup de ces colombes ont été fondues lors des guerres de religion puis à la Révolution, ce qui explique leur rareté et l’oubli dans lequel elles sont tombées. Toutefois, certaines ont été réalisées récemment, notamment une pour la cathédrale d’Albi. Outre de ressusciter ce qui était le tabernacle médiéval, la colombe, accrochée à la voûte abrite sous ses ailes le Saint-Sacrement. L’Esprit-Saint protège ainsi en hauteur l’Eucharistie des atteintes et profanations qui surviennent malheureusement trop souvent aujourd’hui.

Une médiéviste

 

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Lully, Lulla, Lullay

Notre citation pour janvier et février :

« Ce que les musiciens appellent l’harmonie dans le chant, c’est la concorde de la cité. » 

 

Lully, Lulla, Lullay

Berceuse anglaise pour la fête des Saints Innocents

Chant traditionnel (the Coventry Carol – 1591), harmonisé par Philip Stopford.

 

Lully, Lulla (4)

By by, lully lullay

Lully, lulla, thou little tiny child

By by, lully lullay

 

Oh sisters, too

How may we do

For to preserve this day ?

This poor youngling

For whom we sing

By by, lully lullay

 

Refrain :

Lully, lulla, lully lulla,

By by, lully lullay

Lully, lulla thou little tiny child

By by, lully lullay.

 

Herod, the king in his raging

Charged he hath this day

His men of might

In his own sight

All young children to slay

(au refrain)

 

That woe is me

Poor child for thee !

And ever morn and day

For thy parting

Neither say nor sing

By by, lully lullay

(au refrain)

 

Dors (4)

Au revoir, dors, dors

Dors, dors, toi petit enfant

Au revoir, dors, dors.

 

Ô mes sœurs aussi

Comment allons-nous faire

Pour préserver ce jour

Ce pauvre enfant

Pour qui nous chantons ?

Au revoir, dors, dors.

 

Refrain :

Dors, dors, dors, dors

Au revoir, dors, dors

Dors, dors, toi petit enfant

Au revoir, dors, dors.

 

Hérode, le roi, dans sa colère

A chargé en ce jour

Ses hommes forts

Sous ses yeux

De tuer tous les jeunes enfants.

(au refrain)

 

Quel malheur pour moi

Pauvre enfant pour toi !

Et toujours matin et soir

Pour ta séparation

Je ne pourrai plus ni parler ni chanter

Au revoir, dors, dors.

(au refrain)

 

Malheur aux faibles

En ces temps de bouleversement et de grandes violences, il est assez frappant d’entendre de la part d’autorités religieuses, gardiennes de la morale et du Bien, des appels répétés à la douceur, à la paix et à l’amitié entre les peuples. Il semble que l’Eglise d’aujourd’hui ait fait sa devise de ces Béatitudes : heureux les doux, les pacifiques, les miséricordieux. Ce sont bien sûr des choses louables et désirables en soi, mais on peut se demander si elles ont été bien interprétées… Peut-on témoigner de la vérité sans combattre l’erreur, ou vaincre le péché sans se faire violence ? La douceur est-elle la réponse à tout ? A mal la comprendre, telle qu’enseignée par Notre-Seigneur, ne risque-t-on pas de tomber dans la faiblesse ?

 

La faiblesse est-elle une vertu ?

Il serait vain de gloser sur la faiblesse humaine puisqu’elle fait partie de notre nature depuis le péché originel. L’idée est plutôt de mettre en lumière quelques évènements qui ont contribué à corrompre le précepte évangélique, pour le transformer en faiblesse. Sans remonter trop loin, débutons avec le développement en Europe du courant romantique1. En France, le romantisme est d’abord porté par Chateaubriand, puis Mme de Staël et Victor Hugo. Il se définit comme le culte du sentiment, des passions. Il va imprégner tous les domaines culturels, et inspirer les différentes strates de la société. En mettant l’accent sur le Pathos, le romantisme donne la priorité aux sentiments sur la raison : ce qui fait la grandeur de l’homme n’est plus sa capacité à s’élever par la vertu ou le combat contre ses défauts, mais plutôt la grandeur de ses sentiments et le tragique de ses actes. La mélancolie y est célébrée, le sentiment amoureux adulé. Le plus important est d’exprimer un ressenti intérieur, avec en substance l’idée que si une chose, ou le sentiment que j’en ai, est belle, alors elle est bonne, indépendamment de la notion de vérité objective.

Le romantisme s’introduit dans l’Eglise et se traduit par exemple en détournant cette citation de saint Augustin : « Aime et fais ce que veux.» L’important est d’aimer, plus que de chercher la Vérité ou le Bien. Finis les combats de la Foi, les condamnations des erreurs, les missions en terres non chrétiennes. L’heure est à la conciliation, à la fraternité humaine, à l’entente. Il faut vivre un catholicisme apaisé, loin des polémiques et des oppositions. On pense convaincre par l’amour, et mettre fin aux conflits avec le monde athée ou les fausses religions par le dialogue et la fin des dogmes. Le chrétien moderne, imbu de sentimentalisme, ne comprend plus que la Vérité peut blesser, que l’amour infini du Christ implique une forme de violence contre soi et contre l’erreur. Concilier le Dieu de la Charité avec le Dieu des Armées est une sorte de non-sens, et accepter l’autre tel qu’il est, sans chercher à le corriger ou à l’aider à s’élever vers Dieu, semble le nouveau mot d’ordre. Cette attitude est particulièrement visible pour les chrétiens depuis le Concile Vatican II, avec la révolution qu’il a entraînée dans l’Eglise.

 

La fin de l’Eglise militante ?

Nous lisons dans le catéchisme que l’Eglise est divisée en trois corps. L’Eglise militante rassemble les chrétiens vivant encore sur terre. L’Eglise souffrante compte les âmes des défunts qui, au Purgatoire, expient leurs fautes avant d’entrer au Ciel. Enfin, l’Eglise triomphante comprend avec les Anges, les âmes des saints. Comme son nom l’indique, l’Eglise militante est appelée à combattre jusqu’à ce que la mort mette fin à sa lutte ; lutte d’abord contre soi (la conversion), puis contre l’erreur et le péché dans la société (l’apostolat). Or, on remarque que depuis Vatican II, cette lutte qui est intrinsèque à la nature du chrétien est éclipsée, mise en veille.

 

La fin de l’apostolat est énoncée par trois textes principaux du concile : Les décrets Unitatis Redintegratio (1962) et Nostra Aetate (1965), et la constitution Lumen Gentium. Afin de donner l’impression d’une communion avec les protestants et les orthodoxes, Lumen Gentium remplace la notion de l’Eglise comme corps mystique de Dieu, par celle de « Peuple de Dieu », plus inclusive. Unitatis Redintegratio attribue aux communautés hérétiques et schismatiques une certaine communion avec l’Eglise et un certain bien-fondé, n’étant « nullement dépourvues de signification et de valeur dans le mystère du salut ». Enfin, Nostra Aetate affirme que « l’Eglise catholique […] considère avec un respect sincère ces manières d’agir et de vivre (des autres religions), ces règles et ces doctrines, quoiqu’elles diffèrent en beaucoup de points de ce rayon de la vérité qui illumine tous les hommes ». Dans les faits, ces déclarations se traduisent par des scandales comme les réunions d’Assise2, ou la canonisation de Mère Térésa, qui refusait notamment de baptiser les bébés hindous mourants (les privant ainsi du Paradis).

 

Concernant la conversion de chaque chrétien, l’Eglise a reçu de Notre-Seigneur la mission de la favoriser et soutenir par toutes les grâces qu’Il lui a accordées, en particulier par les sacrements de l’Eucharistie et de la Pénitence. Depuis le concile, ces deux moyens de salut, si nécessaires pour nous aider dans notre lutte intérieure, ont été vidés de leur sens. Pour plaire aux protestants, la liturgie de la messe a été bouleversée pour n’être plus que le « rassemblement du peuple de Dieu, sous la présidence du prêtre, pour célébrer le mémorial du Seigneur3 », au lieu du « renouvellement non sanglant du sacrifice sanglant du Calvaire ». Pour ce qui est de la Pénitence, le clergé n’en reconnaît même plus la nécessité. Dieu étant bon, Il pardonne toutes nos fautes sans souci. Pas de contrition, pas de corrections imposées. Après tout, « On ira tous au Paradis », n’est-ce pas ? Et comme l’Enfer est vide, pourquoi s’en soucier ?

 

Ce n’est pas être doux qu’être faible, ce n’est pas être pacifique qu’être lâche. La douceur ne vaut que lorsqu’on a les moyens d’être fort, violent même, sinon où serait la vertu ? Laisser libre court à ses bons sentiments sans les soumettre à la raison n’est qu’une faiblesse déguisée. Notre-Seigneur était doux et pacifique, cela ne l’a pas empêché de fouetter les marchands qui profanaient le Temple, ni d’avoir des mots durs envers les Pharisiens. Un enfant qui verrait sans réagir ses parents se faire insulter serait un fils indigne, parce que manquant d’amour pour eux. Un homme qui laisserait un aveugle tomber dans un trou, par peur de se blesser ou de se mettre dans la gêne, ferait également preuve d’un manque de bonté. On ne peut aimer sans vouloir défendre ce que l’on aime, et cela implique inéluctablement un combat, un effort, et de l’inconfort. Il est certes fatigant, dans ce monde ennemi de Dieu et du Bien, d’être constamment en opposition, mais cela vaut mieux que de suivre le courant comme un poisson mort. La Vérité et la Charité sont les plus beaux cadeaux que l’on puisse faire à notre prochain, quitte à le contredire. En les taisant, nous ne faisons que laisser plus de place au démon et à ses séductions : « Rien n’enhardit autant l’audace des méchants que la faiblesse des bons4

RJ

1 Né en Angleterre au XVIIIe, ce courant culturel se répand en Europe au cours du XIXe.

2 La première et la plus scandaleuse se tenant le 27 octobre 1986.

3 Institutio Generalis

4 Léon XIII, Encyclique Sapientiae Christianae,10 janvier 1890