Chasse aux trésors du printemps.

Le soleil brille cet après-midi et le petit air frais qui accompagne le retour du printemps ne nous empêche pas de partir à la chasse aux trésors du printemps. Sitôt après le déjeuner, le matériel est rassemblé : ciseaux, sécateurs, canifs, petits morceaux de ficelle, ruban adhésif, appareil photo, et un seau ou un petit panier par personne, pour rapporter les trésors.

La règle du jeu est simple : ramasser le plus d’objets possible, que l’on ne trouve qu’au printemps. Feuilles tendres, bourgeons, premières fleurs de primevères, jonquilles, narcisses, jacinthes sauvages, crocus, perce-neiges, tulipes et autres fleurs des champs. Récolter un peu de sève, dénicher un nid d’oisillons, sans y toucher, pour le prendre en photo, ou simplement trouver des coquilles d’œuf cassées. Trouver une chrysalide. Prendre en photo les arbres fruitiers en fleurs et autres arbustes précoces, en cueillir une petite branche.

Chacun trouve de quoi remplir son panier ou son stock de photos au fur et à mesure des découvertes. Quand les explorateurs sont lassés, on peut terminer l’après-midi par une bonne promenade familiale, avant de rentrer à la maison et découvrir les trésors de chacun. Les plantes seront séchées et présentées dans un grand cahier : Le livre du Printemps, où l’on aura soin de noter le nom des espèces en français (ou même en latin pour les plus savants). Les photos viendront compléter le tout, et si l’on retourne sur les mêmes lieux un peu plus tard, on pourra en suivre l’évolution au fil des saisons.

L’accueil des pièces rapportées

Chers grands parents, (ou plutôt beaux-parents)

Quelles doivent être les principales qualités d’une belle-mère ?

Elle doit être sourde, muette et aveugle !

Cette facile plaisanterie sur les belles-mères illustre la difficulté qu’il peut y avoir à faire vivre sous le même toit des familles d’origines différentes. Elle montre aussi la complexité qu’il peut y avoir, dans une famille qui a trouvé son équilibre, à intégrer une nouvelle pièce, qui a nécessairement reçu un héritage au moins légèrement différent.

Pourtant, l’intégration des époux de nos enfants est capitale si l’on veut préserver l’unité familiale nécessaire à la bonne entente et à l’épanouissement de nos familles !

En la matière, il n’y a certainement pas de recette unique. Il nous paraît cependant utile de réfléchir aux conditions nécessaires pour créer les meilleures conditions d’intégration puis de parler de la manière de régler les difficultés.

Le premier souci des nouveaux beaux-parents sera de réserver le meilleur accueil au nouvel arrivant, quitte à « avaler quelques couleuvres ». Celui-ci devra être valorisé autant que faire se peut. Dans les débats familiaux, on prendra soin de le soutenir de façon qu’il ne se trouve pas seul face au reste de la famille. Un enfant ne reprochera jamais à ses parents d’avoir soutenu son époux même contre lui-même ! En revanche, voir son époux mis en difficulté face à ses beaux-frères et belles-sœurs est de nature à générer de l’aigreur voire des inimitiés[1]. Par cette action charitable, les parents favoriseront l’unité familiale au bénéfice de tous.

Il est bon, pour conforter cet accueil que les parents cultivent des relations amicales avec la famille du nouvel arrivant (cartes de vœux, téléphone pour partager les heureux événements…)

Il y a, bien sûr, les inévitables « réglages » de l’intégration. Dans ce domaine, la discrétion et la délicatesse seront de mise. Sur les aspects secondaires, on informera discrètement le nouvel arrivant des usages de la famille en étant aveugle sur les résultats immédiats. Dans bien des cas, le mieux sera de faire passer cette information par l’enfant de la famille. Si le défaut n’est pas corrigé, il conviendra, avant d’intervenir de vérifier que la gravité de la chose le justifie… il peut être nécessaire d’accepter des imperfections pour conserver la cohésion de la famille… L’unité familiale justifie certainement quelques approximations !

Il y a malheureusement des situations plus graves qui peuvent exiger des décisions plus radicales. Si la morale de la famille est mise en danger, il pourra être nécessaire de prendre ses distances vis-à-vis du ménage concerné ! Là aussi ces mesures devront être prises à regret, en créant le moins de fractures possibles et en faisant savoir que le retour au bercail est intensément désiré. On prendra soin, tout en étant ferme sur les principes, de limiter les paroles de condamnation au strict nécessaire !

Prions sainte Anne de nous conseiller dans ce délicat travail de beaux-parents et de nous aider à piloter nos familles avec l’autorité et la délicatesse nécessaires.

Des grands-parents

[1] Dans un même ordre d’idée, jamais on ne dira du mal des pièces rapportées dans leur dos !

L’éducation du respect

Dans le contexte social actuel, le mot et la pratique du « respect » n’ont pas vraiment bonne presse. Les gestes, les attitudes, le vocabulaire, la tenue…toutes ces  manifestations extérieures de respect n’ont que trop tendance à disparaître pour faire place à l’insolence, la désinvolture, l’arrogance… oui, il est bien certain que l’environnement ne nous facilite pas la tâche et nous pousse même à aller à contre-courant car, dans un souci de véritable éducation catholique, nous avons à lutter contre les mauvais exemples que nos enfants voient à l’extérieur.

Le respect dû à Dieu est la base fondamentale – de là découle ensuite le respect dû aux personnes et aux choses-. Sur lui repose la valeur morale de l’influence que les éducateurs exerceront sur le comportement de l’enfant. C’est dans la mesure où les parents comprendront que l’enfant est un être sacré depuis son baptême, qu’ils le traiteront avec la délicatesse et les précautions qui conviennent aux créatures de Dieu. Ils ne tromperont donc pas sa confiance, et formeront sa conscience en lui apprenant à distinguer le bien du mal sans l’abandonner à ses caprices ou instincts. C’est parce que l’enfant est destiné à  la perfection que nous devons d’abord le respecter.

Ce respect dû à l’enfant ne va pas sans réciprocité, et celui-ci apprendra le respect de lui-même : tenue vestimentaire, effort de bonne tenue et de langage châtié, propreté, rangement… Un enfant qui n’est pas habitué à se respecter lui-même, ni dans son corps, ni dans ses actes, ni dans ses paroles, est un enfant voué d’avance à toutes les déviations et perversions de la nature. C’est surtout en lui rappelant qu’il est une créature de Dieu et en l’habituant à vivre en Sa présence que l’on apprendra à l’enfant le respect de lui-même.

Au respect de soi, l’enfant ajoutera le respect des personnes : ses parents, grands-parents, professeurs, mais aussi frères et sœurs, camarades, s’effacer devant une porte pour laisser passer quelqu’un le premier, aider à porter un panier ou à traverser la rue, laisser sa place dans le métro ou le bus, se lever quand le professeur entre dans la classe … Il respectera en premier lieu les personnes qui sont chargées de son éducation. Les parents exigeront que leur enfant soit toujours respectueux à leur égard. Mais ils l’habitueront aussi à se montrer poli et bienveillant avec tout le monde, riches ou pauvres, savants ou ignorants, vertueux ou pécheurs…Dieu est leur Créateur et Il les aime tous. Par respect du prochain l’enfant ne triche pas aux jeux, respecte le travail de ses camarades, ne prononce pas de paroles blessantes ou injustes.

Parce qu’ils sont créatures de Dieu aussi, l’enfant aura le respect des animaux, mis au service de l’homme. S’il a le droit de les soumettre, voire de les tuer pour sa nourriture ou pour sa défense, il n’a pas celui de le faire par plaisir ou par cruauté. Il en est de même du respect des choses, créations de Dieu ou oeuvres du travail des hommes. L’enfant apprendra à s’en servir sans les détruire ou les abîmer, il ne jettera pas de papiers par terre et respectera la nature, prendra soin de ses vêtements…

Mais tout n’est pas respectable dans la vie, et l’on apprendra à mépriser le mal sous toutes ses formes, en veillant à ne pas confondre le mépris du mal avec le mépris des personnes. C’est là une éducation délicate d’apprendre à respecter les personnes, tout en méprisant le mal qu’elles font !

Savoir se faire respecter fait partie de notre devoir de parents. C’est imposer aux enfants des limites à ne pas dépasser. Ne laissons jamais passer une insolence, un geste agressif, un haussement d’épaules ou des yeux levés au ciel avec un énorme soupir ! Vis-à-vis de qui que ce soit, il faut tout de suite réagir : rectifier et demander des excuses. Deux pièges sont alors à éviter :

  • Soit trop de faiblesse: si on laisse passer une insolence, elle sera vite suivie de beaucoup d’autres, et nous serons vite submergés, dépassés…Il faut tout de suite demander des excuses (tout de suite, pas demain car l’enfant vit dans le présent). La faiblesse des parents dans ce domaine n’est que démission de l’autorité ; cette faiblesse est coupable.
  • Soit trop de dureté : on croit montrer son autorité en criant plus fort que l’enfant…il se taira peut-être, mais la tension est montée : s’il n’a pas demandé pardon et fait la paix avec sincérité, son cœur restera fermé, mal disposé à notre égard…le mal reste et se manifestera de nouveau à la première occasion. Il est capital que l’autorité se fasse respecter. Une autorité qui n’est pas respectée est pratiquement sans influence. Le respect est une sorte de crainte admirative qui prépare et facilite la docilité de l’enfant. Pour faire naître le sentiment du respect, l’autorité ne doit pas encourager des familiarités qui suppriment les distances ; elle doit s’adapter aux besoins de l’enfant sans, pour autant, rien perdre de son « prestige », ce qui n’empêche pas, bien sûr, le rire et la complicité !

Comment voulez-vous que l’enfant respecte la supériorité morale de ses parents si ceux-ci ne pratiquent pas eux-mêmes ce qu’ils exigent de leurs enfants : un père mal rasé avachi dans le canapé, une mère qui arbore une tenue vestimentaire irrespectueuse d’elle-même ou de son entourage, ou qui néglige son devoir d’entretien et d’ordre dans son foyer…Les parents ont bien souvent des attitudes de grands adolescents très « cool », c’est une des maladies actuelles où les générations ne se différencient plus, on se sent soi-disant « plus proches », or cela désoriente profondément les enfants ! Il y a deux générations distinctes qui ont chacune leur place propre dans la famille.

Souvenons-nous que l’on ne respecte que ce que l’on admire, et l’éducateur doit être, une fois encore, irréprochable ! Nos enfants sont nos miroirs, ils se permettront tout ce que nous nous permettons…mais s’interdiront aussi tout ce qu’ils nous voient nous interdire ! Nous restons leurs meilleurs exemples ! Et cet exemple passe inévitablement par nos discours, tout autant que par nos actions, notre aspect extérieur et notre langage.

Demandons bien les grâces dont nous avons besoin pour être respectables nous-mêmes, pour respecter  nos enfants et leur inculquer les valeurs de ce respect. Ainsi aurons-nous la certitude de faire d’eux les adultes que nous voulons qu’ils soient demain…

Sophie de Lédinghen

Un nettoyage intérieur express de la voiture, qui sait faire ?

Je garde toujours dans la voiture une brosse à habit, en nylon, au poil assez raide. Agacée par des miettes de pain sur le siège avant, j’ai ouvert la portière de la voiture et empoigné ladite brosse. Résultat probant, rien d’étonnant !

Alors j’ai avisé la moquette au pied du siège. La portière ouverte, j’ai frotté en envoyant dehors la poussière et les miettes. Le résultat était étonnement bon, et très rapide surtout.

Vous pouvez procéder ainsi pour le reste de la moquette. Bien sûr le résultat ne sera pas aussi parfait qu’avec un aspirateur surpuissant … mais suffisamment correct pour y faire monter sa grande-tante (toujours tirée à quatre épingles …) ou l’associé de votre mari qu’il faut conduire à l’aéroport exceptionnellement.

Et  si vous avez encore un peu de temps, utilisez une lingette pour dépoussiérer le tableau de bord et quelques éléments plastiques intérieurs.

La délicatesse, racine du bonheur matrimonial

Le cœur humain a besoin de la manifestation de l’affection ; il désire ardemment se sentir aimé. Il est nécessaire de savoir manifester cet amour par toutes sortes de détails, sans grande importance au demeurant, mais si utiles pour maintenir l’unité indispensable dans la vie des personnes qui s’aiment.La vie des époux repose ordinairement sur un panel de manifestations aimables et affectives qui convertissent le foyer en un havre de paix durable.

La délicatesse est un respect profond, presque de la vénération manifestée à chaque instant ; c’est de l’application, du soin, de la courtoisie sans servilité ; c’est une harmonie d’esprit ; c’est encore la sensibilité, la confiance, la simplicité ; l’esprit de service sincère ; c’est une pudeur et une modestie sans hypocrisie…

Nous savons que l’amour conjugal est à la fois physique, affectif et spirituel. Pour qu’il puisse durer, il est indispensable qu’il soit avant tout un amour d’amitié et non pas un amour de concupiscence. Pour avoir un mariage heureux, la question à se poser n’est pas : « Qu’est-ce que l’autre va pouvoir m’apporter ? » mais plutôt : « Qu’est-ce que je vais pouvoir apporter à l’autre ? ». L’amour surnaturel s’allume au foyer de la charité divine, car l’amour est le don total d’un cœur qui appartient d’abord à Dieu. Ce don est le point suprême de l’amour et le secret de sa réussite. La personne mue par cette vertu se donne entièrement, sans compter, sans rien se réserver sinon elle tomberait dans l’égoïsme. Or l’égoïsme tue l’amour, et la vie conjugale consiste à tout mettre en commun.

Si l’on n’y prend garde, il arrive malheureusement que l’affection mutuelle des époux perde de sa force, alors qu’elle devrait grandir au cours des années. Peu à peu augmentent la mauvaise humeur, la susceptibilité, les réflexions blessantes…qui peuvent aller jusqu’à la grossièreté ! Et c’est comme cela que certains foyers qui devraient être un reflet du Ciel, deviennent un enfer…

Pour éviter cette dérive, nous aurons recours à toutes ces petites charités, ces délicatesses de cœur qui serviront de remparts protecteurs. Dans un foyer où l’on s’aime vraiment règnent le respect et l’attention mutuelle.

Ainsi donc, pourquoi ne pas suggérer au lieu de commander ? Inviter au lieu d’obliger ? Et si l’on se donnait un peu de temps pour discuter et écouter l’autre avec attention et intérêt, sans laisser notre téléphone interrompre les moments passés ensemble? Ou encore, au lieu de focaliser sur quelque défaut récurrent, relativisons-le pour apprécier plutôt les qualités que l’on oublie si souvent de remarquer…et, si ce défaut nous dérange trop, dénonçons-le alors avec beaucoup de gentillesse ou un trait d’humour ! Apprenons aussi à nous taire quand il convient, à savoir ne rien rétorquer lorsque l’autre insiste ou s’enferre pour une peccadille ;  à rompre le silence lorsqu’il devient lourd et appelle notre abnégation dans un effort de compréhension; à servir notre plus beau sourire…même en faisant la corvée la plus désagréable ! Cela ne suffit pas toujours de remarquer ce que notre conjoint a fait de bien…mais complimentons-en le, et sachons le remercier d’un bienfait ou service rendu. Oui, cela demande un oubli de soi, une belle humilité…mais n’est-ce pas en devenant vertueux l’un pour l’autre que nous avancerons ensemble vers le Ciel ?!

Les époux attentifs sauront trouver encore une foule de ces petites délicatesses qui, adoucissant le quotidien et entretenant les bons sentiments, ne manqueront de les faire grandir !

Lorsque l’on a des enfants, ceux-ci sont témoins de ce qui  tient, par-dessus tout, l’édifice familial : l’amour de leurs parents ! Si ceux-ci ne s’aiment pas assez, s’ils se parlent sans tendresse, leurs enfants le sentent toujours et en sont malheureux.

Surgissent alors des inquiétudes traduites dans les comportements (tristesse, énurésie, instabilité…), les caprices, les disputes, les difficultés scolaires…cela pourrait même empêcher de s’épanouir une vocation sacerdotale ou religieuse…

Ne nous lassons donc pas, chers époux, d’entretenir cette petite fleur de charité qu’est la délicatesse entre nous. Elle nous demande certes beaucoup de patience et d’attention, mais nous fait tellement  travailler l’oubli de nous-même au profit d’un meilleur don à celui ou celle à qui nous avons dit « oui » pour chaque jour de notre vie ensemble !

Sophie de Lédinghen