La poursuite de l’aventure humaine

S i le lien spirituel, intellectuel et culturel qui s’élabore entre les générations est rompu et si l’espérance d’un avenir meilleur s’évanouit, que reste-t-il au présent qui puisse en justifier l’effort et l’attention ? Loin d’être le luxe de quelques héritiers, l’enseignement nous rappelle que la valeur de notre patrimoine dépend de sa transmission. L’école n’est pas simplement une mission de service public dont le succès dépendrait des moyens mis en œuvre. L’enseignement nous requiert tous car il met en jeu au fond la poursuite de l’aventure humaine.
Ambroise Tournyol du Clos, Transmettre ou disparaître

Lisez, Lisez beaucoup…

Raison, sensibilité, imagination, la lecture développe toutes ces facultés et en même temps elle les aiguise ; elle leur donne à la fois plus d’ampleur et de finesse. Nous lui devons des trésors incalculables. Lisez, Lisez beaucoup, vous ne lirez jamais assez. Il faut lire quand on est jeune, il faut lire quand on vieillit.
Mario Roustan, Conseils généraux (préparation à l’art d’écrire), 1906

Acte de contrition

Bien vivre n’est rien d’autre qu’aimer Dieu de tout son cœur, de toute son âme, de tout son esprit, » et comment aimer Dieu si nous ne le connaissons pas ? Aimer Dieu ! Vaste programme ! Et l’aimerons-nous jamais assez ?

La maman pourra lire ou simplement s’inspirer de ces pensées pour entretenir un dialogue avec ses enfants ; elle l’adaptera à l’âge de chacun mais y trouvera l’inspiration nécessaire pour rendre la présence de Dieu réelle dans le quotidien matériel et froid qui nous entoure. Elle apprendra ainsi à ses enfants, petit à petit, à méditer ; point n’est besoin pour cela de développer tous les points de ce texte si un seul nourrit l’âme de l’enfant lors de ce moment privilégié. Ainsi, quand les difficultés surgiront, que les épreuves inévitables surviendront, chacun aura acquis l’habitude de retrouver au fond de son cœur Celui qui ne déçoit jamais !

Mon Dieu, j’ai un très grand regret de vous avoir offensé parce que vous êtes infiniment bon, infiniment aimable, et que le péché vous déplaît. Je prends la ferme résolution, avec le secours de votre sainte grâce, de ne plus vous offenser et de faire pénitence.

Composition de lieu

Je vois mon âme pécheresse, écrasée sous le poids de ses fautes. Je lève vers vous les yeux, ô mon Dieu, et comme la pauvre Marie-Madeleine, je viens mouiller de mes larmes vos pieds divins avec un grand repentir de vous avoir offensé. « Alors (Jésus) dit à cette femme : vos péchés vous sont remis. » (Luc ; VII, 48) Il n’y a pas de pardon sans repentir.

Corps de la méditation

C’est à moi que s’adresse Jésus à travers elle. « C’est pourquoi je te le dis : beaucoup de péchés lui sont remis, parce qu’elle a beaucoup aimé. » (Luc ; VII, 47) A la suite de sainte Marie-Madeleine, je viens par cet acte de contrition exprimer le grand regret de mon âme pour tout le mal que j’ai fait. Et je le fais parce que Celui que j’ai offensé est l’infiniment Bon et que le péché m’en éloigne. Et mon repentir doit être d’autant plus grand que celui auquel il s’adresse est aimable. Et plus j’aimerai le Bon Dieu, plus j’aurai de la peine de l’avoir offensé et plus ma contrition sera grande.

J’ai tapé ma petite sœur qui m’agace en chantant à tue-tête dans la maison : je vais lui demander pardon car je sais que j’ai mal agi et que je ne veux pas recommencer à lui faire du mal, mais il m’est difficile de regretter ce que j’ai fait. C’est vraiment ma tête qui décide de demander pardon, car ma main, elle, a encore envie de frapper hélas.

Ma résolution est ferme, et c’est ce que le Bon Dieu veut de moi. Il me sait faible, inconstant et si vite découragé par moi-même. Alors il me demande seulement de vouloir me reprendre, et sa grâce viendra suppléer à ma pauvre nature blessée. Il ne s’agit pas forcément de pleurer à chaudes larmes mes fautes, mon repentir n’est pas toujours accompagné d’un sentiment de regret, le Bon Dieu, père miséricordieux, me demande de vouloir, et de vouloir toujours, et non de ressentir le chagrin de la faute. Ce chagrin vient en plus, il aide à la contrition et au ferme propos mais ne leur est pas indispensable.

Mais il me faut également réparer le mal que j’ai fait, et c’est pour cela que je veux faire pénitence : aller donner un baiser à la petite sœur chipie, par amour pour mon Père du Ciel que j’ai offensé en premier (dois-je me rappeler que la Sainte Trinité habite en chacune des âmes en état de grâce ?).

Nous n’aimons pas faire de la peine à ceux que nous aimons. Alors, mon Jésus, je veux vous aimer chaque jour plus fort afin de fuir toutes les occasions de péché qui m’éloigneraient de vous. Je sais d’une foi vive que vous m’aimez. Et j’espère avec une ferme confiance en votre miséricorde, qui veut me relever de mes chutes et m’en donne l’occasion chaque jour par la grâce.

Sainte Vierge Marie, vous qui avez été conçue sans le péché, vous en comprenez la laideur. Ne me laissez pas, moi qui suis votre enfant, tomber dans la boue du péché sans le désir confiant de m’en sortir aussitôt. Saint Ange, je m’accroche à votre main secourable, obtenez-moi un cœur humble et contrit.

Germaine Thionville

Le médiévalisme au XIXe siècle

Tandis qu’au fil des siècles l’Antiquité fut considérée en Occident comme la période de référence en matière culturelle et artistique, le Moyen Âge connaît un regain d’intérêt à partir des XVIIIe-XIXe siècles avec l’émergence du « médiévalisme ». La société du XIXe siècle, tout en conservant un certain attrait pour l’antique, via le néoclassicisme, s’illustre par son goût prononcé pour l’époque médiévale. C’est ainsi que le patrimoine médiéval, pourtant tombé dans l’oubli depuis le XVIe siècle, est redécouvert à la faveur d’une politique nationale de préservation du patrimoine. Ce médiévalisme est à la fois profane mais aussi religieux.

Le Moyen Âge vu par la Renaissance

À partir du XVIe siècle, les 1000 ans séparant l’Antiquité classique de la Renaissance sont arbitrairement qualifiés de « Moyen Âge » ou « media aetas ». L’expression, qui apparaît dès le XVe siècle sous la plume de certains artistes, sert à dénigrer une période considérée à tort comme décadente, en la réduisant à un intermédiaire obscur entre deux apogées civilisationnels, l’Empire romain et l’Ere moderne. Faire référence au Moyen Âge est alors perçu majoritairement comme un retour en arrière. Hormis quelques cas exceptionnels, la référence à la période médiévale se résume donc à des idées péjoratives, celle-ci étant perçue comme un déclin entre deux âges glorieux.

Pourtant les choses changent au XIXe siècle. Le romantisme du XIXe siècle inverse cette vision des choses. Sous la plume des auteurs romantiques, le Moyen Âge n’est plus un âge sombre mais l’époque des chevaliers, de l’amour courtois et des châteaux forts. En littérature, l’auteur le plus célèbre ayant incarné ce médiévalisme est Walter Scott, auteur d’Ivanhoé, suivi de près par Victor Hugo et Notre-Dame de Paris.

En parallèle du médiévalisme romantique, le Moyen Âge bénéficie d’un renouveau religieux, notamment en France. La période médiévale, tout en conservant son nom et les clichés forgés par l’homme moderne, devient elle aussi une période de référence artistique et culturelle.

Le Gothic Revival ou Renouveau Gothique

Le renouveau de l’architecture gothique est particulièrement important. Il s’amorce dès le XVIIIe siècle en Angleterre et aura un succès considérable aux États-Unis, où la plupart des édifices de culte érigés au XIXe siècle sont néogothiques. À l’origine, il s’agit pour l’église anglicane, séparée de l’Église catholique depuis le XVIe siècle, de se proclamer par ses choix architecturaux l’héritière de l’Église catholique d’Angleterre antérieure au schisme d’Henri VIII.

Toutefois ce style architectural n’est pas l’apanage de l’Eglise anglicane. Dans un contexte d’émancipation progressive du catholicisme après des années de clandestinité, les catholiques irlandais, qui retrouvent progressivement leurs droits civiques, érigent eux aussi des églises néo-gothiques en remplacement des cathédrales historiques restées aux mains des anglicans. C’est ainsi que sortent de terre la cathédrale Saint-Pierre de Belfast, construite dans les années 1860, et la cathédrale Saint-Patrick d’Armagh dont la construction fut interrompue à plusieurs reprises notamment en raison de la Grande Famine irlandaise.

En France, l’arrivée du néogothique est plus tardive. Elle coïncide avec la mise en place d’une politique patrimoniale au niveau national, sous la Monarchie de Juillet. En parallèle des restaurations rendues nécessaires par les destructions révolutionnaires, certaines églises, détruites, sont reconstruites à la mode médiévale avec une prédilection pour le néo-gothique. Ce renouveau gothique aura un tel succès que certains disent que davantage d’édifices gothiques furent construits au XIXe siècle qu’à l’époque médiévale.

Le retour à un état originel

Dans certains cas, les restaurations entreprises par les Monuments Historiques naissants sont complétées par des initiatives émanant du clergé. Les curés de paroisse eux-mêmes s’intéressent à l’histoire de leur église nouvellement réaffectée au culte pour lui rendre son état originel qui, dans certains cas, est antérieur aux aménagements liturgiques du Concile de Trente. L’état médiéval est préféré à l’état moderne qui était pourtant celui de leur église lors de la nationalisation des biens du clergé.

Ainsi, à Saint-Savin-sur-Gartempe (Vienne), en parallèle des travaux de restauration supervisés par Prosper Mérimée, le curé de l’époque, l’abbé Lebrun, supervise le réaménagement du chevet. Il réhabilite l’accès à la crypte principale, condamnée au XVIIe siècle par les bénédictins de la Congrégation de Saint-Maur suite aux sévices des guerres de religion. Il remet également en place les tables d’autel romanes délaissées par les mauristes. La crypte secondaire, dédiée à saint Marin depuis le XIe siècle, est également réhabilitée. Les reliques restantes sont replacées dans un sarcophage et le futur cardinal Pie, alors évêque de Poitiers, inaugure lui-même la réouverture de la crypte en 1869. Le chevet de l’ancienne abbatiale maintenant devenue église paroissiale, renoue au moins en partie avec son état d’origine, en l’occurrence son état médiéval antérieur à la fois aux sévices révolutionnaires et aux destructions des guerres de religion, particulièrement violentes en Poitou.

Conclusion

Contrairement à la Renaissance qui le dénigrait, le XIXe siècle renoue avec son passé médiéval, passé plus ou moins idéalisé. Ce médiévalisme se traduit de différentes façons qui traduisent chacune le nouvel idéal projeté sur la période médiévale, perçue non seulement comme une référence en matière architecturale, mais aussi comme le point de départ originel d’édifices en péril réaffectés au culte.

Une médiéviste

Tandis qu’au fil des siècles l’Antiquité fut considérée en Occident comme la période de référence en matière culturelle et artistique, le Moyen Âge connaît un regain d’intérêt à partir des XVIIIe-XIXe siècles avec l’émergence du « médiévalisme ». La société du XIXe siècle, tout en conservant un certain attrait pour l’antique, via le néoclassicisme, s’illustre par son goût prononcé pour l’époque médiévale. C’est ainsi que le patrimoine médiéval, pourtant tombé dans l’oubli depuis le XVIe siècle, est redécouvert à la faveur d’une politique nationale de préservation du patrimoine. Ce médiévalisme est à la fois profane mais aussi religieux.

Le Moyen Âge vu par la Renaissance

À partir du XVIe siècle, les 1000 ans séparant l’Antiquité classique de la Renaissance sont arbitrairement qualifiés de « Moyen Âge » ou « media aetas ». L’expression, qui apparaît dès le XVe siècle sous la plume de certains artistes, sert à dénigrer une période considérée à tort comme décadente, en la réduisant à un intermédiaire obscur entre deux apogées civilisationnels, l’Empire romain et l’Ere moderne. Faire référence au Moyen Âge est alors perçu majoritairement comme un retour en arrière. Hormis quelques cas exceptionnels, la référence à la période médiévale se résume donc à des idées péjoratives, celle-ci étant perçue comme un déclin entre deux âges glorieux.

Pourtant les choses changent au XIXe siècle. Le romantisme du XIXe siècle inverse cette vision des choses. Sous la plume des auteurs romantiques, le Moyen Âge n’est plus un âge sombre mais l’époque des chevaliers, de l’amour courtois et des châteaux forts. En littérature, l’auteur le plus célèbre ayant incarné ce médiévalisme est Walter Scott, auteur d’Ivanhoé, suivi de près par Victor Hugo et Notre-Dame de Paris.

En parallèle du médiévalisme romantique, le Moyen Âge bénéficie d’un renouveau religieux, notamment en France. La période médiévale, tout en conservant son nom et les clichés forgés par l’homme moderne, devient elle aussi une période de référence artistique et culturelle.

Le Gothic Revival ou Renouveau Gothique

Le renouveau de l’architecture gothique est particulièrement important. Il s’amorce dès le XVIIIe siècle en Angleterre et aura un succès considérable aux États-Unis, où la plupart des édifices de culte érigés au XIXe siècle sont néogothiques. À l’origine, il s’agit pour l’église anglicane, séparée de l’Église catholique depuis le XVIe siècle, de se proclamer par ses choix architecturaux l’héritière de l’Église catholique d’Angleterre antérieure au schisme d’Henri VIII.

Toutefois ce style architectural n’est pas l’apanage de l’Eglise anglicane. Dans un contexte d’émancipation progressive du catholicisme après des années de clandestinité, les catholiques irlandais, qui retrouvent progressivement leurs droits civiques, érigent eux aussi des églises néo-gothiques en remplacement des cathédrales historiques restées aux mains des anglicans. C’est ainsi que sortent de terre la cathédrale Saint-Pierre de Belfast, construite dans les années 1860, et la cathédrale Saint-Patrick d’Armagh dont la construction fut interrompue à plusieurs reprises notamment en raison de la Grande Famine irlandaise.

En France, l’arrivée du néogothique est plus tardive. Elle coïncide avec la mise en place d’une politique patrimoniale au niveau national, sous la Monarchie de Juillet. En parallèle des restaurations rendues nécessaires par les destructions révolutionnaires, certaines églises, détruites, sont reconstruites à la mode médiévale avec une prédilection pour le néo-gothique. Ce renouveau gothique aura un tel succès que certains disent que davantage d’édifices gothiques furent construits au XIXe siècle qu’à l’époque médiévale.

Le retour à un état originel

Dans certains cas, les restaurations entreprises par les Monuments Historiques naissants sont complétées par des initiatives émanant du clergé. Les curés de paroisse eux-mêmes s’intéressent à l’histoire de leur église nouvellement réaffectée au culte pour lui rendre son état originel qui, dans certains cas, est antérieur aux aménagements liturgiques du Concile de Trente. L’état médiéval est préféré à l’état moderne qui était pourtant celui de leur église lors de la nationalisation des biens du clergé.

Ainsi, à Saint-Savin-sur-Gartempe (Vienne), en parallèle des travaux de restauration supervisés par Prosper Mérimée, le curé de l’époque, l’abbé Lebrun, supervise le réaménagement du chevet. Il réhabilite l’accès à la crypte principale, condamnée au XVIIe siècle par les bénédictins de la Congrégation de Saint-Maur suite aux sévices des guerres de religion. Il remet également en place les tables d’autel romanes délaissées par les mauristes. La crypte secondaire, dédiée à saint Marin depuis le XIe siècle, est également réhabilitée. Les reliques restantes sont replacées dans un sarcophage et le futur cardinal Pie, alors évêque de Poitiers, inaugure lui-même la réouverture de la crypte en 1869. Le chevet de l’ancienne abbatiale maintenant devenue église paroissiale, renoue au moins en partie avec son état d’origine, en l’occurrence son état médiéval antérieur à la fois aux sévices révolutionnaires et aux destructions des guerres de religion, particulièrement violentes en Poitou.

Conclusion

Contrairement à la Renaissance qui le dénigrait, le XIXe siècle renoue avec son passé médiéval, passé plus ou moins idéalisé. Ce médiévalisme se traduit de différentes façons qui traduisent chacune le nouvel idéal projeté sur la période médiévale, perçue non seulement comme une référence en matière architecturale, mais aussi comme le point de départ originel d’édifices en péril réaffectés au culte.

Une médiéviste

La géométrie


Pour faire suite à notre article (FA 40) : Au secours ! Mon enfant ne comprend rien en cours de calcul !
La page Soutien Scolaire s’enrichit tout au long de nos parutions par les conseils de notre ami, ancien instituteur qui nous offre le fruit de son expérience.
Après de nombreux conseils pour aider nos enfants en calcul et pour l’apprentissage de la conjugaison, nous présentons ici une explication de la géométrie : tout part du point qui assemblé devient ligne. Celle-ci engendre des droites… Ainsi commence l’histoire de la géométrie que nous allons découvrir ensemble !

https://foyers-ardents.org/wp-content/uploads/2026/06/La-geometrie-1.pdf