Ma Bibliothèque

 

 

Vous trouverez ici des titres que nous conseillons sans aucune réserve (avec les remarques nécessaires si besoin) pour chaque âge de la fa- mille.

En effet, ne perdons pas de vue combien la lecture d’un bon livre est un aliment complet ! Elle augmente la puissance de notre cerveau, développe la créativité, participe à notre développement personnel, nous distrait, nous détend et enfin elle enrichit notre vocabulaire.

Dès l’enfance, habituons nos enfants à aimer les livres ! Mais, quel que soit l’âge, le choix est délicat tant l’on trouve des genres variés… N’oublions ja- mais qu’un mauvais livre peut faire autant de mal qu’un mauvais ami !

ATTENTION : Quand nous conseillons un titre, cela ne signifie pas que tous les ouvrages du même auteur sont recommandables.

L’ÉVANGILE DE NOTRE-DAME – Les plus beaux textes sur les mystères du Rosaire – Monsieur l’abbé B. Labouche – Chiré – 2025

Comme une réparation à l’offense faite à Notre-Dame, ce livre inspiré par une impressionnante bibliogra- phie aide chacun d’entre nous à prier. Un ouvrage à méditer page après page pour nourrir notre âme et nous unir intensément à notre Mère durant chaque mystère. Un véritable Evangile car qui mieux que Marie sait parler à ses enfants et leur faire aimer et approfondir la doctrine de son Fils ? Pour tous à partir de 15 ans.

 

CE QUI NE PEUT MOURIR – Un chemin d’homme – Takashi Paul Nagaï – Chora – 2024

« Le ciel et la terre passeront mais mes paroles ne passeront pas », ces paroles illustrent ce dont prend conscience Takashi Nagaï, illustre professeur, passionné par ses recherches et par le désir de former ses étudiants, le 9 août 1945 quand la bombe atomique dévaste Nagasaki. C’est en contemplant sa vie d’un regard extérieur qu’il nous dévoile les évènements. Nous assistons à son cheminement en contemplant toutes les étapes : de païen à fervent catholique, de chercheur passionné qui se dévoue sans compter à celui qui comme Job a tout perdu mais s’abandonne dans les bras de la Providence divine. Un très beau témoi- gnage empli de foi à offrir à partir de 16 ans.

 

FUGITIF – Joe chez les Sinn Feiners – Francis Finn – Clovis – 2025

Tous redécouvriront avec joie le talent de Francis Finn, auteur des très connus Tom Playfair et Percy Wynn. Ici Joe Ranly, jeune Américain tel qu’on se l’imagine, arrive à Dublin en pleine guerre d’indépen- dance. Son esprit batailleur le fait entrer au cœur du conflit sans même qu’il en ait mesuré les enjeux. Les nombreuses notes de bas de page aident le lecteur à comprendre cette guerre entre les patriotes irlandais et les combattants anglais. Comme à son habitude, le Père Finn cherche à illustrer les vertus de morale et de vie chrétienne ; belle occasion offerte par ce jeune turbulent et par le contexte historique. A partir de 12 ans pour ceux qui dépassant la première lecture veulent saisir les circonstances de cette guerre.

 

LE NOËL DE NOTRE-DAME – A. de Cacqueray – Via Romana – 2025

Sous la forme d’une pièce de théâtre se déroule en cette nuit très sainte une rencontre entre les pompiers de garde, Geneviève la brodeuse, le charpentier, le Père Pierre, l’archange et bien sûr Notre-Dame. Vous sai- sirez quelques étincelles du véritable combat qui eut lieu en ce soir d’avril 2019 quand le ciel et la terre s’embrasèrent et que les flammes dévorèrent la cathédrale, pendant que les prières du monde entier mon- taient vers elle comme une offrande. Vous découvrirez alors le rôle secret des anges, la force silencieuse de la communion des saints, et la puissance d’une foi qui se fait action. A l’heure de l’IA, vous prendrez cons- cience de la noblesse du travail bien fait et vous découvrirez que la bataille livrée par les pompiers n’était pas seulement celle du feu : c’était celle de la Foi, de l’Espérance et de la Charité. Ne faudrait-il pas médi- ter chaque scène comme on contemple un vitrail ?

Une pièce à jouer ou à méditer. Pour tous à partir de 12 ans.

Car ils posséderont la terre

 

 Deux maux polluent la société contemporaine : la dureté de cœur, responsable de tant de décisions injustes, de lois iniques et de conflits armés d’apparence insoluble ; et cette tendreté doucereuse et ridicule, aussi com- plaisante qu’exagérée devant des actes terroristes, qui fait dire à certains : « Vous n’aurez pas ma haine », ou autres slogans vainement spectaculaires.

La douceur de Jésus- Christ

Si nous souhaitons mesu- rer le degré d’endurcisse- ment de notre propre cœur, observons combien de temps il nous faut, après la sainte Communion, pour oublier la douleur de l’Agneau divin lors du sacrifice qu’Il accomplit pour notre salut, et dont nous venons de recevoir le corps, pour nous disperser dans de vains propos ou d’oisives occupations. Combien Notre-Seigneur lui-même doit-il alors l’éprouver, cette dureté, comme il éprouva celle des cœurs des hommes de son temps ! De là le fait que la première personne auprès de laquelle il nous faut apprendre à exercer notre douceur est bien Jésus-Christ, dans son humanité même. Dans l’Heure Sainte écrite par la bienheureuse Elena Guerra, que récitait chaque jeudi sainte Gemma Galgani, on trouve cette réflexion :

« Ô Jésus adorable, peut-il jamais y avoir une créature si ingrate, et si dure de cœur, pour refuser de passer une heure en Ta compagnie, en repensant à ces mystères de suprême douleur et de su- prême amour accomplis dans la noirceur de la nuit de Ta Passion, dans le Jardin de Gethsémani ? Ô bon Jésus, me voici présent devant Toi. Daigne me révéler la grandeur de Tes douleurs et l’excès d’amour qui T’a fait devenir une victime pour mes péchés et pour les péchés de tous les hommes. »

La douceur de Jésus-Christ nous avertit ainsi sur la force du mal, qui, s’il prévaut dans nos esprits, prévaudra inévitablement sur cette Terre. Elle invite les hommes de bonne volonté à se corriger.

Doux avec soi-même

La dévotion pour le Sacré Cœur nous confronte ainsi à notre dureté de cœur. Est-ce une raison suffisante pour l’exercer à notre encontre, en nous morfondant dans des reproches indépassables ? Certes non ! Car nous n’accomplirions alors aucun progrès spirituel : nous ne serions d’aucune aide, à quiconque. Pire nous deviendrions alors pécheurs contre l’espérance ! Jésus veut en vérité que nous nous jugions à travers sa propre douceur : aussi, la deuxième personne avec laquelle il nous faut l’exercer, c’est sans aucun doute nous-même, comme le préconise saint François de Sales dans son Introduc- tion à la vie dévote :

« Relevez donc votre cœur quand il tombera, tout doucement, vous humiliant beaucoup devant Dieu pour la connaissance de votre misère, sans nullement vous étonner de votre chute, puisque ce n’est pas chose admirable que l’infirmité soit infirme, la faiblesse faible, et la misère chétive. Détestez néanmoins de toutes vos forces l’offense que Dieu a reçue de vous, et avec grand courage et confiance en sa miséricorde, remettez-vous au train de la vertu que vous aviez abandonnée. » 

Doux avec autrui

« Aime ton prochain comme toi-même » : le miracle de la charité peut alors s’opérer pleinement, car nous devenons capables d’appliquer aux autres cette béatitude si bénéfique qu’il est dit qu’elle accorderait « la terre en héritage ». Et de fait, le nom de Jésus et celui de Marie ne se sont jamais tant répandus parmi les hommes que grâce à la douceur manifestée par les saints apôtres et missionnaires de l’Église. C’est avec cette douceur salésienne que le Chrétien doit considérer le péché des autres, sans colère ni complaisance, mais en exerçant cette fermeté de cœur et de raison, qui est tout le contraire de la mièvrerie, car elle provient de l’Esprit-Saint. C’est par elle que s’enrichit la relation humaine dans la cité. Saint Paul prêche ainsi aux Colossiens (3, 12-15) :

« Revêtez-vous de tendresse et de compassion, de bonté, d’humilité, de douceur et de patience. Supportez-vous les uns les autres, et pardonnez-vous mutuellement si vous avez des reproches à vous faire. Le Seigneur vous a pardonné : faites de même.»

Ainsi l’expérience a prouvé, selon la promesse de Dieu, que ce n’est ni par la force ni par la guerre qu’on s’approprie vraiment la terre, mais au moyen de la douceur évangélique que révèle Jésus-Christ.

Doux comme Marie

Cette douceur envers autrui consiste donc en une docilité du cœur aux œuvres de la Providence.

Qui, mieux que Marie, la manifesta lors de son Fiat, par lequel le Rédempteur du genre humain put venir au monde ? « L’étendue des souffrances de Celle que tant de saints ont nommée la Corédemptrice du monde mesurera la magnifi- cence de l’Amour que lui porte son Fils1 », écrit à ce propos Antoine Blanc de Saint Bonnet dans son chef d’œuvre, La Douleur, que viennent de republier les éditions Meystre. Le c de la douceur se changea dès lors en l, et la Douleur put com- mencer à opérer son travail : Dieu ayant voulu montrer au monde l’accès au salut ne pouvait, Lui-même, qu’ostensiblement l’emprunter, et l’on comprit peu à peu que le chemin de la Douceur était aussi celui de la Douleur…

 

Chacune des béatitudes s’adosse ainsi sur les autres : on ne peut évoquer la deuxième sans ressentir tous les échos qu’elle entretient, par exemple, avec la troisième (heureux les affligés), la cinquième (heureux les miséricordieux), la sep- tième (heureux les pacifiques), ainsi que les promesses qui découlent de chacune ; et qui devraient parler particulièrement aux dirigeants en ces temps de discordes, inconsidérément traversés par les velléités guerrières des uns et des autres.

G. Guindon

 

 
   

1 Antoine Blanc de Saint Bonnet, La Douleur, éditions Meystre, 2025, p.107

SOUTIEN SCOLAIRE

 

Pour faire suite à notre article (FA 40) : Au secours ! Mon enfant ne comprend rien en cours de calcul !

La page Soutien Scolaire s’enrichit tout au long de nos parutions par les conseils de notre ami, ancien instituteur qui nous offre le fruit de son expérience.

Après de nombreux conseils pour aider nos enfants en calcul, nous avons commencé dans notre FA 49 l’apprentissage de la conjugaison qui impressionne tant les enfants. Nous poursuivons ici avec l’explica- tion concernant les pièges des verbes du 2ème groupe.

https://drive.google.com/file/d/1P3b7bTms_rzk-p-c3G1Uu-Zo–gkTMsd/view https://foyers-ardents.org/category/soutien-scolaire/

Prendre le temps de « perdre son temps » !

Elevés dans le calme et la retraite et le repos, Nous sommes tout à coup jetés dans le monde ; Battus de cent mille vagues,

Tout nous sollicite, bien des choses nous plaisent, Bien d’autres nous affligent, et d’heure en heure, Notre âme inquiète chancelle ;

Nous éprouvons des sensations et ce que nous avons senti, Le tourbillon varié du monde le balaie loin de nous.

GOETHE

 

Il serait intéressant d’étudier l’évolution de notre rapport au temps depuis le début du XXème siècle. En ef- fet, cet intervalle de temps permet d’avoir un spectre suffisamment large permettant d’apprécier l’impact des bouleversements techniques sur notre rapport au temps.

De la célèbre Deux-Chevaux au dernier modèle de Tesla sorti en 2025, il y a plus de mille chevaux de dif- férence dans la puissance du moteur ! Du courrier au courriel, il n’y a qu’une lettre de différence entre les deux mots mais deux ou trois jours dans le délai de délivrance du contenu.

Ces changements ont eu pour avantage d’agir plus vite, avec plus de confort et ainsi de gagner du temps. Mais paradoxalement, nous sommes toujours plus bousculés par le temps. Une recherche internet en en- traîne une autre, un achat facile en ligne pousse à consommer sans vraie nécessité, et ainsi de suite. C’est la spirale de l’agitation et du changement continuel qui nous prend. Terrible paradoxe de notre temps ! Mal- heureusement, notre cerveau n’est pas capable « d’éponger » toute cette agitation nerveuse. Ces stimula- tions constantes entraînent presque inexorablement une inquiétude inavouée et des sentiments changeants. A tout poison, il convient de prendre l’antidote adéquat ! A l’heure où l’on nous vante des techniques de relaxation et de bien-être en tous sens, réparons le mal à sa racine !

Il faut prendre son temps ? Alors recherchons des activités structurantes qui nous laissent prendre le temps et qui arrêtent de nous le voler. Nous pouvons penser au sport qui détend le corps et l’esprit, à la musique qui éduque au beau et apporte calme et sérénité, à la lecture qui focalise notre attention et notre réflexion sur la pensée d’un auteur à l’inverse du surf sur internet qui nous étourdit et nous disperse, au retour à la nature par ces longues balades en forêt, à la montagne pour les plus chanceux, ou à travers champs, nous laissant le temps de contempler l’œuvre du Créateur.

Ces activités ont un point commun : elles sont inutiles aux yeux de l’homme mo- derne car non rentables mais elles ont un prix, celui de maintenir la paix intérieure en retrouvant la douceur de vivre !

Laurent

Les colombes eucharistiques médiévales

Parmi les linges et les vases d’autel, il en est qui, de par leur fonction, sont plus sacrés que les autres : la patène, le calice, le ciboire ou l’ostensoir. Au fil des siècles, certains ont disparu et sont tombés dans l’oubli bien qu’ils aient été particulièrement précieux. C’est le cas notamment des colombes eucharistiques, vases liturgiques en forme de colombe destinés à conserver le corps du Christ, dont l’existence aujourd’hui est presqu’oubliée.

Les premiers vases liturgiques eucharistiques 

Dans les premiers temps de l’Église, l’Eucharistie était mise à l’abri des persécutions dans les demeures privées des premiers chrétiens où elle était précieusement préservée. Avec la paix de Constantin, des lieux de culte sont enfin érigés. Les Saintes Espèces sont alors conservées dans les basiliques nouvellement construites.

Des vases sacrés sont conçus spécialement pour cette fonction. Ils ont la forme d’une tour ou d’une colombe. La colombe, en or, était placée à l’intérieur de la tour qui était d’argent. Quant aux Hosties consacrées, elles étaient soigneusement ensevelies dans un linge de lin et placées à l’intérieur de la colombe, tel le corps du Christ enseveli dans son tombeau. On sait notamment que Constantin fit don à la basilique Saint-Pierre d’une tour et d’une colombe d’or très pur, enrichie de deux cent cinquante perles blanches. De même, le pape Hilaire donna à la basilique du Latran une tour d’argent et une colombe d’or.

D’abord utilisées conjointement pour conserver le corps du Christ dans une pièce à part, le sacrarium ou le pastophorium, l’habitude est prise de les exposer sur l’autel majeur, puis de les utiliser séparément : soit la colombe, soit la tour. À l’époque médiévale, la tour devient une pyxide, petit vase cylindrique au toit conique, tandis que la colombe prospère telle quelle avant de disparaître à l’époque moderne.

Usage des colombes 

Entre les IXe et XIIIe siècles, les colombes sont généralisées, surtout en France. On constate une production plus intense au XIIIe siècle suite au IVe Concile de Latran qui, en 1215, proclame solennellement le dogme de la Transsubstantiation. Traditionnellement en or ou en argent, elles pouvaient également être réalisées en bois, en ivoire, en cuivre doré ou émaillé. Les orfèvres limousins, alors particulièrement réputés, les produisaient en série et les vendaient dans toute l’Europe.

 

Usuellement, la colombe était accrochée au centre du ciborium ou à la voûte,  au-dessus de l’autel majeur. Elle était suspendue par une simple accroche au niveau des ailes, ou, dans certains cas, grâce à un petit plateau placé sous ses pattes pour la hisser via quatre chaînes. Une poulie permettait de la faire descendre, matérialisant ainsi visuellement la descente du Saint-Esprit sur l’autel. La suspension assurait la sécurisation des Saintes Espèces, les plaçant à l’abri des profanations, mais surtout, à l’époque, des rongeurs.

 

Ces colombes étaient très répandues en France, moins en Italie, où l’Eucharistie était conservée de préférence dans une armoire aménagée dans le mur derrière l’autel ou dans une salle à part, le secretarium. Avec le concile de Trente, les colombes eucharistiques sont remplacées par le tabernacle que nous connaissons aujourd’hui. Mais elles ne disparaissent pas pour autant : l’Esprit-Saint inondant l’autel de ses rayons est très présent dans l’art baroque.

Conclusion 

Beaucoup de ces colombes ont été fondues lors des guerres de religion puis à la Révolution, ce qui explique leur rareté et l’oubli dans lequel elles sont tombées. Toutefois, certaines ont été réalisées récemment, notamment une pour la cathédrale d’Albi. Outre de ressusciter ce qui était le tabernacle médiéval, la colombe, accrochée à la voûte abrite sous ses ailes le Saint-Sacrement. L’Esprit-Saint protège ainsi en hauteur l’Eucharistie des atteintes et profanations qui surviennent malheureusement trop souvent aujourd’hui.

Une médiéviste

 

N.B.  Pour profiter des illustrations proposées par l’auteur, abonnez-vous à la Revue papier ( 25 € par an pour 6 numéros) https://foyers-ardents.org/abonnements/

ou regardez l’intégralité de la Revue sur : https://foyers-ardents.org/