Apostolat et humilité

Comment vivre en Chrétien dans un monde qui ne l’est plus ? Comment témoigner de notre Foi et comment rendre de nouveau chrétien ce monde apostat ? L’ampleur de la tâche a de quoi nous décourager et souvent la question de notre contribution à l’apostolat s’impose à notre esprit. Tantôt pleins de fougue et d’énergie, nous échafaudons de grands projets de mouvements politiques ou catholiques. Tantôt les bras ballants, nous ne savons par quel bout commencer !

Faire du porte à porte, faire des prêches sur les places des villages, ou prier dans notre chambre ? Où est notre devoir ?

L’exemple des saints nous est utile. Tous ont pratiqué l’apostolat. Chacun à leur manière ! Quoi de commun entre un saint François-Xavier parti évangéliser la Chine et sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus cloîtrée dans son carmel et pourtant patronne des missions ? Quoi de commun entre les pères du désert, et saint Philippe Néri ? Quoi de commun entre saint Tarcisius et saint Ignace de Loyola ?

Un point commun, dénominateur de tous les saints : c’est leur amour de Dieu. Le départ et l’aboutissement de tout apostolat. Tous ont accompli leur devoir d’état avec un maximum d’amour, et cela les a conduits à rayonner l’amour de Dieu et ainsi à évangéliser leur entourage.

Là est leur secret ! Le Bon Dieu ne nous demande pas d’imaginer la meilleure méthode pour convertir le monde. Il nous demande de L’aimer toujours plus que tout, et cela « suffit » pour évangéliser le monde.

En effet, nourri de cet amour de Dieu, c’est tout notre être qui se transforme et qui naturellement rayonne d’amour des autres. C’est notre essence même d’enfants de Dieu qui peut déjà interpeller un observateur attentif. Notre joie, notre sérénité malgré les vicissitudes de cette vie, pourrait interroger notre entourage païen. Ils nous observeront donc plus attentivement et passeront au crible nos actions, ce que nous faisons. Il y a notamment une vertu plus particulièrement chrétienne et peu naturelle qui, si nous la pratiquons, continuera à interloquer notre entourage, que ce soit dans le cadre des études ou de notre travail : c’est l’humilité ! En effet, qui mieux qu’un bon chrétien accepte de reconnaître ses torts et de ne pas avoir raison ? Accepte surtout de pardonner aux insultes et aux mépris ? Car au nom de qui ou de quoi pardonner si ce n’est au nom du Christ qui a pardonné à ses bourreaux, comme beaucoup de saints à sa suite ? Les questions suscitées par notre comportement qui paraîtra irrationnel à certains, viendront inévitablement, et ce sera alors le moment de dire la Foi qui nous anime. Et si cette âme n’est pas touchée instantanément, au moins, la petite graine est semée, et le Bon Dieu se chargera de la faire grandir à sa guise, avec ou sans nous !

Vivre l’amour de Dieu en cohérence entre ce que nous sommes, ce que nous faisons et ce que nous disons est naturellement le premier des apostolats que le Bon Dieu attend de nous, c’est celui de l’exemple !

Pour le reste, faisons confiance à la Providence, elle mettra sur notre route de multiples occasions de témoigner de notre foi. Si nous cherchons toujours à grandir dans l’amour de Dieu et à correspondre à cet amour, alors nous saurons les saisir avec audace et sans respect humain, et nous serons assurés d’évangéliser selon le plan de Dieu.

Antoine

 

Nettoyer les taches de sang

 

 Après avoir trouvé le pansement adéquat pour votre casse-cou arrivé avec un genou sanguinolent, vous constatez que le sang a coulé sur le bermuda blanc et éventuellement les socquettes impeccables de l’été… Que faire ensuite pour détacher efficacement les vêtements ?

 Imbiber la tache avec du sérum physiologique et frotter ;

  1. Eventuellement, insister avec de l’eau oxygénée.
  2. Rincer.

 Cette astuce fonctionne sur les tissus blancs et les tissus de couleur dont les teintes résistent au lavage en machine.


N’hésitez surtout pas à partager vos astuces en écrivant au journal !

 

Apôtre de la Vierge Marie

Quand, le 27 novembre 1830, rue du Bac, la Sainte Vierge est apparue à sainte Catherine Labouré, elle lui a demandé de faire graver une médaille, en lui promettant ce qui suit : « Faites graver une médaille sur ce modèle. Les personnes qui la porteront avec confiance recevront de grandes grâces.»

Depuis lors, des grâces innombrables et de tous ordres ont été obtenues par ceux qui l’avaient reçue : protection, guérison, conversion… En France, et dans le monde entier.

« O Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous » : par cette invocation, nous demandons à la Sainte Vierge les grâces qu’elle a reçues de son Fils et qu’elle veut nous donner. Nous en connaissons d’éclatantes, dans tous les domaines, citons seulement la fin de l’épidémie de choléra qui ravageait Paris en 1832, grâce à la distribution de nombreuses médailles, ou la conversion fulgurante d’Alphonse Ratisbonne, israélite très éloigné de la foi catholique. Ayant accepté de  mettre à son cou la médaille, et alors qu’il visitait une église à Rome, la Sainte Vierge lui est apparue comme elle est représentée sur la médaille, avec des rayons de lumière qui sortaient de ses mains.

Quelle meilleure méthode pour faire connaître et aimer Notre-Seigneur que de passer par sa Sainte Mère ?

C’est la conviction qui a guidé les fondateurs d’œuvres apostoliques comme la Milice de l’Immaculée ou la Légion de Marie. Ils ont ainsi fusionné leur désir d’apostolat concret et leur dévotion mariale.

Fondée en 1917 par le Père Maximilien Kolbe, la Milice de l’Immaculée est « une armée spirituelle au service de l’Immaculée dans la lutte pour le salut des âmes ». Les chevaliers de l’Immaculée ont pour but « la conversion des pécheurs », c’est-à-dire de tous ! Ils font don d’eux-mêmes à la Vierge Marie et portent la médaille miraculeuse.

Quelques années plus tard, en 1921, Franck Duff créait, en Irlande, la Légion de Marie ; en peu de temps, armée de la médaille miraculeuse, elle suscitait de très nombreuses conversions et d’innombrables baptêmes. Très rapidement, elle s’est développée dans le monde entier, portée par des apôtres comme Edel Quinn1 en Afrique, et par toutes sortes de catholiques comme vous et moi.

Un apostolat à la portée de tous ?

En effet, de bonne volonté, mais timides, maladroits, ou freinés par le respect humain, nous ne nous sentons pas toujours portés naturellement vers l’apostolat… Mais c’est oublier que, quand on travaille pour la Sainte Vierge, c’est elle qui agit. Il suffit de vouloir la contenter. Baptisés et confirmés, nous sommes ses enfants, et elle veut passer par les instruments imparfaits que nous sommes pour toucher les âmes et les cœurs. Dès lors, il suffit que nous cherchions, de notre mieux, à agir suivant ses intentions ; confiants en sa puissance, il faut nous unir à elle par la prière et essayer de regarder ceux que nous rencontrons, comme elle les regarde, avec un peu de l’amour qu’elle a pour leurs âmes.

Quand nous prions pour les âmes que nous rencontrons, c’est en réalité aux intentions de la Sainte Vierge que nous le faisons : nos prières appellent les grâces qu’elle veut leur donner2.

Et comment conduire les âmes à Jésus par Marie à travers les sacrements, vers les prêtres ?

La médaille de la rue du Bac, la Médaille Miraculeuse, est vraiment une arme privilégiée. Quand quelqu’un accepte de la recevoir, il l’introduit dans sa maison, et Notre-Dame y entre avec toutes ses grâces.

Régulièrement, par groupes de deux, nous sonnons aux portes : « Bonjour Monsieur, nous sommes catholiques, et nous vous offrons la Médaille Miraculeuse, la médaille de la Vierge Marie.»

Nous sommes surpris des réactions qu’elle suscite. Bien sûr, certains referment la porte sans vouloir discuter. Mais d’autres la gardent ouverte, écoutent ce que nous leur disons de l’apparition et de la médaille de la rue du Bac, et échangent avec nous.

Nous sommes chaque fois frappés et touchés par la misère des âmes : anciens catholiques qui se sont éloignés de la religion (combien y en a-t-il !), personnes âgées qui se disent catholiques, mais ne vont pas à l’église et ont oublié comment prier, jeunes indifférents et ignorants… Et puis tous les musulmans, les protestants, ceux qui sont tentés par l’hindouisme ou le bouddhisme, les œcuménistes de tout genre, ceux qui n’aiment pas l’Église, et ceux, nombreux, qui se sont fait leur religion personnelle. Sans oublier les « scientifiques » qui ne croient qu’en la science, les « philosophes » qui doutent et remettent tout en question…

Mais nous sommes souvent étonnés de voir que, de manière inattendue, beaucoup acceptent de recevoir la médaille, même des musulmans, ou des protestants !

N’avons-nous pas rencontré récemment une musulmane qui nous a demandé une médaille pour en faire cadeau à une amie catholique, et, la fois suivante, nous en a redemandé une autre…? Mais cette fois-ci, pour elle.

Chaque fois que nous le pouvons, nous poursuivons la discussion en nous mettant autant que possible à la portée de nos interlocuteurs : il faut les prendre tels qu’ils sont. Cela peut déboucher par exemple sur la remise du livret des « Prières du Chrétien », d’un petit catéchisme, ou d’un chapelet… En effet, s’ils commencent à prier, la Sainte Vierge a déjà presque gagné !

Quand nous sentons une ouverture, nous leur proposons de revenir les voir pour poursuivre notre échange.

C’est ainsi que certains acceptent de venir avec nous à la Messe (« C’est une nourriture du Bon Dieu », nous dit une dame qui n’avait pas communié depuis des années) : des personnes souffrantes ou âgées reçoivent la visite d’un prêtre qui les confesse et peut leur donner l’Extrême-Onction.

De jeunes parents qui, sans pratiquer, songent vaguement au baptême pour leurs enfants découvrent que c’est facile d’y parvenir grâce à nos prêtres ; et par la suite, ils découvriront qu’il existe non loin de chez eux une école vraiment catholique.

Ce sont parfois des histoires au long cours. Un homme reçoit chaque mois, depuis 5 ans, la visite de deux catholiques. Lors de notre première rencontre, il ne savait pas s’il était chrétien. Mais, touché par notre bienveillance, il a voulu nous revoir. Les visites suivantes ont permis de mieux le connaître sur le plan naturel, puis d’avoir avec lui des discussions plus spirituelles. Au bout d’un an, nous lui avons parlé des sacrements, il s’est confessé, puis a communié, et depuis lors nos discussions sont vraiment devenues profondes et nous reprenons ensemble le catéchisme. C’est une réelle progression que cet homme a vécue, même s’il reste fragile. Il est maintenant suivi par un prêtre.

Nous avons connu des déceptions, et de grandes joies aussi. Quand la situation devenait difficile, elle a toujours été débloquée grâce à Notre-Dame. Nous sommes émerveillés devant son action. Nous comprenons que c’est elle qui agit et que nous ne sommes que ses instruments.

Belle école pour nous ! Ainsi, la Sainte Vierge nous fait, nous aussi, progresser dans la confiance et l’abandon ; elle nous apprend à nous faire petits. Et, quand nous cherchons à convertir les âmes, à les rapprocher de la Sainte Vierge pour qu’elle les ramène à son Fils, c’est aussi nous qui sommes convertis par elle !

Notre-Dame nous apprend, de façon concrète, à travers les échecs ou le découragement – que nous pouvons ressentir après un contact qui semble sans fruits -, et à travers les nombreuses joies que nous rencontrons, à lever le regard vers elle, à la regarder dans sa foi, son humilité, sa charité, à nous appuyer sur elle et à nous rapprocher d’elle et de son Fils.

 

Catherine

1 Cf « Edel Quinn, une héroïne de l’apostolat » du Cardinal Suenens, Téqui

2 Selon l’esprit de la « vraie dévotion mariale » de saint Louis-Marie de Montfort

 

 

Les signes de catholicité

L’apostolat passe souvent par un sourire ou un mot aimable, un petit geste de compassion envers les peines des autres, un coup de téléphone amical, une marque d’amitié. L’exemple d’une vie chrétienne assumée, découlant naturellement de l’âme, est souvent la meilleure façon d’attirer ceux que le Bon Dieu met sur notre chemin.

C’est plutôt une disponibilité à témoigner, quand l’occasion s’en présente, des habitudes ou des signes qui font de nous des catholiques. La pieuse coutume qui veut que l’on se signe devant un calvaire ou un cimetière, sans respect humain, sans se cacher, fait partie de ces petits gestes qui peuvent chavirer les cœurs et faire réfléchir les âmes.

Et si, en plus, ce geste est accompagné d’une prière intérieure pour la conversion des pécheurs : « Mon Dieu, convertissez les pauvres pécheurs » ou « Christus vincit, Christus regnat, Christus imperat ! », nul doute que le Bon Dieu sera sensible à cet appel, et qu’un passant médusé ou moqueur, sera un jour atteint par la grâce.

De même, le Benedicite récité, même discrètement, dans une salle de restaurant, peut avoir des effets insoupçonnés sur les voisins de table. Finir une conversation par : « Que Dieu vous garde ! » ou « Je prierai bien pour vous ! », dire son chapelet, le chapelet à la main, dans la rue ou dans les transports en commun, pousse également à faire réfléchir et à faire sortir notre foi de l’enfouissement où nous la laissons bien souvent.

Alors ne négligeons pas tous ces signes de catholicité qui sont à notre portée et dont nous ne soupçonnons même pas l’efficacité. En plus de réjouir le cœur de Dieu, ces témoignages discrets mais efficaces sont les garants du maintien de la Foi dans notre pays, et nous affermissent dans nos convictions.

 

A la découverte de métiers d’art : L’ébéniste

L’ébéniste, comme nous l’avons vu dans l’article précédent relatant la dynastie des Jacob, a vu son nom apparaître au XVIIIème siècle, en 1732, plus précisément, s’étant séparé, par spécialité de celui de menuisier.

En effet, travaillant le bois d’ébène (importé par la Compagnie des Indes), essence précieuse, il utilise aussi d’autres bois rares et des matières animales : ivoire, corne, écaille de tortue.

Ainsi, tout meuble recouvert ou incrusté de ces matières rares, plaqué (souvent en acajou) ou marqueté avec des essences de bois créant un décor soigné, est un meuble d’ébéniste.

La valeur peut en être très importante quand l’ébéniste y  a apposé son estampille, témoignant d’un savoir-faire reconnu à l’issue de l’obtention d’une maîtrise d’art.

Celle de Riesener reçu maître en 1768 se trouve ainsi sur de somptueux bureaux, notamment celui à cylindre de Louis XV à Versailles.

Ici nous pouvons voir tout le travail de marqueterie en bois clair représentant des personnages, et des entrelacs de fleurs.

De tels meubles ne sont bien sûr plus commandés, le coût en serait bien trop élevé, et l’ébéniste se tourne actuellement vers la restauration de meubles anciens, que ce soit démontage et recollage, réparation de pièces cassées, ou leur totale reconstruction quand les manques sont trop grands, reprise de teinte de cire ou de vernis au tampon.

Il peut aussi avoir des commandes d’objets pour réassortir du mobilier, ou créer à la demande d’un client une pièce copie d’ancien, sur dessin, quand c’est nécessaire.

Mais actuellement la plupart des fabrications sont industrielles.

La restauration du mobilier ancien (ou plus récent) participe à l’idée de sauvegarde du patrimoine, en respectant la conception du meuble.

Ainsi l’ébéniste restaurateur doit veiller à conserver le plus possible d’éléments anciens et ne changer les pièces que lorsqu’elles sont réellement irréparables.

Il veille également à n’utiliser que des colles « réversibles », c’est à dire que les bois pourront être décollés sans que les fibres en soient arrachées.

Ainsi on utilise de la colle de poisson, qui peut se décoller au sèche-cheveux sans abîmer le bois, et pour autant colle très fortement.  

Diverses techniques existent pour tuer les insectes xylophages qui attaquent le bois afin de les neutraliser avant restauration (xylophène, meubles mis en poche sous vide d’air…)

Pour travailler le placage souvent décollé sous l’effet de l’humidité, ou au contraire de la trop grande sécheresse des appartements modernes, l’ébéniste doit disposer de réserves de bois de récupération pour ajuster les essences et les teintes.

Au XVIIIème siècle, le placage était scié à la main, et donc plus épais que celui actuellement débité en usine très finement, qui perd hélas en couleur et en solidité.

L’ébéniste possède aussi la maîtrise des finitions sur le bois, qu’il soit ciré ou verni au tampon, le vernis ayant pour but de mettre en valeur les bois précieux.

Moins le bois est poreux, moins il aura à être rebouché avant vernis. Celui-ci devant s’appliquer sur une surface parfaitement pleine nécessite donc que tous les pores du bois soient bouchés auparavant, c’est l’étape de remplissage.

Ainsi le chêne sera plutôt ciré car possédant de gros pores, le noyer sera ciré ou verni, alors que le merisier ou l’acajou seront vernis. Le vernis se passe au moyen d’un tampon de laine (ou mèche coton) imbibé de vernis (dilué avec de l’alcool), enserré dans un lin fin non pelucheux, par passes circulaires et légères, à plusieurs reprises pour uniformiser la finition.

La restauration d’un meuble verni peut nécessiter une reprise complète en enlevant totalement l’ancien vernis, ou faire simplement l’objet de légères reprises en égrenant l’ancien vernis, comblant les petites griffures avec de la cire dure, ou une pâte de blanc de Meudon, avant d’être reteinté et verni.

Chaque ébéniste a son savoir-faire et ses habitudes, fruits de l’expérience, et doit à chaque fois s’adapter au meuble. Comme tous les métiers d’art, c’est une progression permanente et passionnante.

Nous vous invitons, lors des journées des métiers d’art, (dates variables selon les régions) à aller visiter des ateliers proches de chez vous. Ils sont alors ouverts (liste disponible dans la presse ou sur internet) et l’ébéniste qui vous recevra sera très heureux de vous faire partager son métier.

Jeanne de Thuringe