Actualités culturelles

  • Paris (France)

En 1642, âgé de seulement dix-neuf ans, Blaise Pascal met au point la toute première machine à calculer de l’histoire scientifique. Conçue pour effectuer aussi bien des additions que des soustractions, la « Pascaline » était même utilisée par le père de l’inventeur pour le calcul des recettes fiscales (il était président à la cour des aides de Normandie). Décidé à produire et vendre cet engin en masse, Blaise Pascal ne verra malheureusement pas son rêve se réaliser : on compte aujourd’hui huit exemplaires de la Pascaline dans le monde, dont cinq dans des collections publiques françaises et deux en Allemagne. Ceci explique pourquoi l’annonce de la société Christie’s, informant la vente prochaine d’une Pascaline aux enchères, a créé un tel remous. Conservée depuis 1942 dans une collection particulière française, cette machine est estimée entre 2 et 3 millions d’euros et devait être vendue par la maison Christie’s le 19 novembre dernier. Mais c’était sans compter sur la réaction des personnalités scientifiques et d’associations qui publièrent une tribune réclamant une révision de l’autorisation de sortie du territoire ainsi que la reconnaissance de l’œuvre comme trésor national. Le 18 novembre 2025, le Tribunal administratif de Paris décida donc de suspendre l’autorisation de sortie du territoire de l’engin, ce qui conduisit la société Christie’s à annuler la vente de l’objet quelques heures avant le lancement des enchères. Ceci constitue seulement une première étape avant l’éventuelle reconnaissance comme patrimoine national de « l’instrument scientifique le plus important jamais proposé aux enchères » (Christie’s).

 

  • Paris (France)

Jusqu’au 26 avril 2026, ne manquez pas de profiter de l’exceptionnelle exposition « 1925-2025 : cent ans d’Art déco » au Musée des Arts décoratifs de Paris. Au-delà des quelque mille pièces d’art déco que l’on peut y admirer (mobilier sculptural, bijoux, objets d’art, dessins, affiches, pièces de mode), la rétrospective propose la visite de trois wagons du fameux Orient-Express. La célèbre ligne reliant l’Europe occidentale à l’Europe orientale (sans changer de train !) constituait une extraordinaire association entre l’esthétique et le fonctionnel : les plus grands artistes tels que René Lalique intervinrent dans le décor des wagons. En activité à partir de 1883, le légendaire train de luxe, aux décors splendides, roulera jusqu’en 1977. Aujourd’hui racheté par les groupes Accor et LVMH, la ligne devrait être remise en service fin 2027 : c’est dans ce but qu’ont actuellement lieu la restauration et la reconstitution de certains wagons, parmi lesquels une cabine de l’Etoile du Nord, une voiture-bar et une voiture-restaurant que l’on peut admirer au musée des Arts décoratifs. Une occasion unique de découvrir de près ce « palace sur rails » !

 

  • Québec (Canada)

Novembre 1918 : la Première Guerre mondiale touche à sa fin et l’avenir de l’Empire d’Autriche-Hongrie se fait de plus en plus incertain ; prudent, l’empereur Charles Ier de Habsbourg charge le comte Berchtold de récupérer à la Hofburg les bijoux appartenant personnellement au souverain et à la dynastie. Plus splendides les uns que les autres, les joyaux comptent des pièces uniques (parures, broches, colliers, bracelets, diadème) parmi lesquelles le Florentin de Toscane, diamant couleur jaune citron de 137,27 carats. Contraint de s’exiler en Suisse avec sa famille en mars 1919, l’empereur emporte avec lui ce trésor qu’il met en lieu sûr. C’est à partir de ce moment-là que disparaît la trace des joyaux ; une partie sera vendue pour subvenir aux besoins de la famille, une autre partie volée par un homme en qui Charles Ier avait mis sa confiance… Bref, la thèse la plus plausible était qu’il n’en restait rien et que les plus belles pierres avaient été retaillées.                    >>> >>> Quelle ne fut donc pas la surprise des historiens lorsque, le 6 novembre dernier, les descendants de Charles et Zita annoncèrent que le Florentin de Toscane et 14 autres joyaux étaient en lieu sûr dans une banque du Québec ! Quittant la Belgique et le nazisme en 1940, Zita s’était en effet réfugiée à Québec avec ses huit enfants, emportant avec elle les derniers bijoux sans que personne n’en sache rien. Ayant révélé bien plus tard ce secret à deux de ses fils, elle leur avait fait promettre de n’en parler que 100 ans après la mort de leur père (décédé en 1921 à Madère). Ce trésor inestimable devrait demeurer au Canada où il sera probablement exposé au public.

 

  • Warwickshire (Angleterre)

C’est en 2019 que le propriétaire d’un café de Birmingham, armé de son détecteur de métaux, a fait une découverte fascinante dans un champ à proximité de chez lui : une chaîne en or de 75 maillons ainsi qu’un splendide pendentif en forme de cœur orné de motifs émaillés. Tandis que l’une des faces présente une rose (symbole des Tudor) entrelacée d’un buisson de grenades (symbole de Catherine d’Aragon), le second côté est orné d’un H et d’un K ; des deux côtés, on peut lire « TOUS – IORS », probable jeu de mots entre le français et l’anglais (« tout yours » = tout à toi, et « toujours »). Tous ces indices sont sans équivoque : il s’agit là d’un rare symbole de l’amour unissant Henri VIII d’Angleterre et la première de ses six épouses, Catherine d’Aragon. Si l’on en croit les historiens, cet objet unique aurait pu être offert par le roi d’Angleterre à son épouse lors du tournoi célébrant, en 1518, les fiançailles de leur fille Marie (2 ans) avec le dauphin de France François de Valois (8 mois). Aucune découverte de cette importance n’ayant été faite en Grande-Bretagne pour la période Renaissance depuis 25 ans, le British Museum a décidé de se positionner pour récupérer l’œuvre : c’est pourquoi le musée a lancé une campagne de financement jusqu’au 14 février 2026 pour racheter l’objet et éviter ainsi sa vente aux enchères ; l’objectif est de réunir 3,5 millions de livres sterling !

 

Mes plus belles pages… Pour les mamans : Berceuse de la Mère-Dieu

Mon Dieu, qui dormez, faible entre mes bras,
Mon enfant tout chaud sur mon cœur qui bat,
J’adore en mes mains et berce étonnée,
La merveille, ô Dieu, que m’avez donnée.

De fils, ô mon Dieu, je n’en avais pas.
Vierge que je suis, en cet humble état,
Quelle joie en fleur de moi serait née ?
Mais vous, Tout-Puissant, me l’avez donnée.

Que rendrais-je à vous, moi sur qui tomba
Votre grâce ? ô Dieu, je souris tout bas
Car j’avais aussi, petite et bornée,
J’avais une grâce et vous l’ai donnée.

De bouche, ô mon Dieu, vous n’en aviez pas
Pour parler aux gens perdus d’ici-bas…
Ta bouche de lait vers mon sein tournée,
O mon fils, c’est moi qui te l’ai donnée.

De main, ô mon Dieu, vous n’en aviez pas
Pour guérir du doigt leurs pauvres corps las…
Ta main, bouton clos, rose encore gênée,
O mon fils, c’est moi qui te l’ai donnée.

De chair, ô mon Dieu, vous n’en aviez pas
Pour rompre avec eux le pain du repas…
Ta chair au printemps de moi façonnée,
O mon fils, c’est moi qui te l’ai donnée.

De mort, ô mon Dieu, vous n’en aviez pas
Pour sauver le monde… O douleur ! là-bas,
Ta mort d’homme, un soir, noir, abandonnée,
Mon petit, c’est moi qui te l’ai donnée.

 

Marie-Noël (1883-1967)

 

Réaliser en famille la crèche de fenêtre 2025

En ce temps de Noël et de l’Epiphanie, Foyers Ardents vous offre une crèche à imprimer, découper et coller sur vos fenêtres.

 Ceux qui sont abonnés à notre newsletter1 l’ont déjà reçue mais il est encore temps d’accomplir ce beau témoignage de notre foi dans un monde qui voudrait que nos racines chrétiennes soient effacées.

 https://foyers-ardents.org/category/activités-manuelles/

Avec les explications :

https://foyers-ardents.org/wp-content/uploads/2025/12/Realisation-creche-de-fenetre-2025.pdf

 

Quelques tenues pour poupées

 

Chères couturières,

Dans ce numéro, vous trouverez de quoi réjouir vos petites filles, nièces, filleules qui auront reçu une belle poupée à Noël ! Cette petite panoplie de patrons vous permet de leur réaliser des robes, et des ensembles tunique + bloomer pour que les petites mains agiles habillent leurs poupées bien souvent dévêtues. Et pourquoi ne pas réaliser une belle robe spécialement pour le dimanche ?

https://foyers-ardents.org/wp-content/uploads/2026/01/55_Habits-poupee_fiche-site.pdf

Des petites chutes de tissu suffiront pour ces réalisations, d’un niveau tout à fait abordable même pour débuter ! Un bon exercice pour initier vos grandes filles de 7 /8 ans ?

Bonne couture !

Atelier couture

https://foyers-ardents.org/category/patrons-de-couture/

 

Bienheureux les doux, pas les mous !

Quentin, 3 ans, joue aux voitures dans le salon de son arrière-grand-père avec des bruitages si sonores et fatigants que l’aïeul demande aux parents de l’emmener jouer ailleurs.

« Je ne sais pas si Quentin va l’accepter… Quentin, voudrais-tu bien aller dans la chambre ? » Les bruitages continuent de plus belle. « Ah, je suis désolé, il ne m’écoute pas, il va se braquer et crier si j’insiste… » Cela continue jusqu’à ce qu’un oncle prenne Quentin par la main, lui explique que le salon n’est pas une salle de jeu, le motive et fasse diversion en allant jouer avec lui quelques instants dans la chambre. Qui a exercé la vraie vertu de douceur ?

Douceur et fermeté

Saint Jean-Baptiste de la Salle (1651-1719), grand éducateur, donne à la douceur la plus grande place parmi les 12 vertus qu’il exige d’un bon maître1.

Pour autant, la douceur n’est ni la mollesse ni la tolérance. La douceur doit être ferme, en vue du bien qu’on cherche à obtenir : la pratique des vertus, la sanctification, le bien particulier d’une personne ou le bien commun. Dans l’éducation, elle devra être associée à la force de s’opposer au désordre, au courage d’établir et de conserver des règles de vie équilibrées, à la persévérance face aux obstacles et aux échecs.

Les défauts opposés à la fermeté sont facilement détectés par nos interlocuteurs :

  • Une tolérance excessive, la faiblesse de ne pas sanctionner.
  • Une inconstance dans l’action : commander ou menacer sans agir.
  • Une familiarité excessive ou un excès de paroles, qui génèrent mépris et indocilité.
  • Une timidité excessive, un air troublé ou emprunté.

Quelle est la vraie douceur ?

Saint Jean-Baptiste de la Salle cite quatre sortes de douceurs. Celle de l’esprit qui juge sans aigreur, sans passion ni préoccupation de soi. Celle du cœur qui veut obtenir les choses sans entêtement et de manière juste. Celle des mœurs : il s’agit de se conduire par de bons principes, sans vouloir réformer les personnes sur qui on n’a aucun droit, ou  les choses qui ne nous concernent pas. Enfin, la douceur de la conduite : c’est agir avec simplicité, droiture, sans contredire les autres, et avec une modération raisonnable.

Voilà un vaste programme ! Pour nous aider sur cette voie d’imitation de Jésus-Christ, le saint nous met en garde contre les défauts suivants :

  • La susceptibilité : comment réagissons-nous aux paroles maladroites qui nous concernent ?
  • La vivacité et les réactions impétueuses. Attention les sanguins !
  • L’humeur noire, bizarre, bourrue et un air sombre. Attention les mélancoliques !
  • Les manières dures ou méprisantes, le visage trop fier.
  • Les paroles aigres, insultantes ou simplement chagrines.
  • L’agitation violente, les sanctions précipitées ou redoublées.            

Ces défauts opposés à la douceur menacent évidemment l’équilibre de notre vie de ménage, l’éducation des enfants et même notre réussite professionnelle.

A contrario, la vraie douceur va montrer des manières engageantes ou persuasives, une bienveillance, une sensibilité et une attention parfois affectueuse aux autres. Elle va ôter au commandement sa part de dureté et d’austérité. L’insinuation, la persuasion et la douceur obtiendront des résultats plus durables que la contrainte sèche ou la violence car elles toucheront plus profondément le destinataire dans son intelligence, sa volonté et son cœur.

 Comment pratiquer la douceur ?

Saint Jean-Baptiste de la Salle recommande quelques actions pour l’éducation des enfants :

  • Se corriger soi-même de ses manières rudes ou grossières, opposées à la douceur.
  • Définir des règles et des ordres équilibrés, tenant compte des capacités, des circonstances, des caractères et tempéraments, du moment adéquat, sans perdre de vue le but recherché.
  • Être simple, exact et patient : la règle doit être comprise et suivie avec assiduité quoique sans excès de zèle. Éviter un excès de paroles et les sermons prolongés.
  • Garder une attention douce et vigilante, avec une égale bonté entre tous.
  • Lorsqu’on doit reprendre un enfant, ne pas le faire sous le coup de la colère ! N’être ni amer ni insultant et ne pas l’humilier. L’objectif doit être que l’enfant, une fois calmé, comprenne sa faute et accepte la sanction.
  • Donner la liberté à l’enfant d’exprimer ses difficultés, par exemple pour le travail, en l’écoutant vraiment, car cela peut donner des clés pour l’action.
  • Savoir féliciter et récompenser, ce qui encourage à bien faire.
  • Chaque jour, avoir un mot édifiant, parler d’une vertu… Le temps fera son effet.
  • Apprendre la politesse ! Elle est nécessaire pour bien vivre en société.

Nous voyons bien que la douceur n’est pas innée. Elle s’apprend par une triple formation. Formation du cœur pour incliner aux vertus, prendre de bonnes habitudes, éloigner les passions et les vices. Formation de l’esprit : aimer notre religion et ses dogmes, parler juste et avec bon sens, agir en sachant discerner le but louable à atteindre et en sachant expliquer ses choix. Formation du jugement : juger du rapport des choses entre elles, distinguer le bien et le mal dans notre conduite.

Finalement, la douceur, c’est la vertu des forts, de ceux qui s’engagent sur la voie du Royaume de Dieu et qui savent que sur le métier, il faut remettre cent fois son ouvrage !

 

Hervé Lepère

 

1 Les douze vertus d’un bon maître – Saint J.-B. de la Salle et frère Agathon. Manuel pratique de 90 pages.