Chers grands-parents1,
« Dieu parle dans le silence ; Il ne parle pas toujours avec des mots, mais par son esprit invisible qui habite le coeur. » (Saint Augustin)
Quels grands-parents ne rêvent d’une maison joyeuse, habitée par de nombreux enfants et petits-enfants, résonnant de jeux, de rires et de cris d’enfants. Cette agitation n’est-elle pas un signe évident du bonheur ! Ne devons-nous pas souhaiter de vivre, au moins pendant la période des vacances, cette période de joies partagées ? Certainement ! La vie familiale, joyeuse, enthousiaste, animée est un lieu d’épanouissement bien utile à nos familles ! Elle permet l’épanouissement de tous dans une forme de liberté bien utile à chacun !
Alors ! Quid du silence ?
« Que saint Joseph, époux de la Mère de Dieu, père nourricier du Fils de Dieu, gardien de la Vierge et chef de la Sainte Famille, que saint Joseph, modèle des contemplatifs, nous obtienne la grâce du silence ; le silence où Dieu habite, où l’âme ne cesse d’être nourrie par Dieu et consolée par lui » nous dit le père Calmel.
Le Père a prononcé une seule Parole, c’est son Fils ; et il l’a prononcée dans un silence éternel, et c’est dans le silence que l’âme doit l’écouter » nous dit Saint Jean de la Croix.
De nombreux saints et penseurs chrétiens ont insisté sur la nécessité du silence. Pie XII par exemple s’alarmait de l’agitation dans laquelle les moyens modernes plongeaient le monde. « A cause de moyens techniques nouveaux de communication entre les hommes, (radio et surtout TV) à moins d’une grande vigilance et d’une ascèse nourrie par la prière, la dissolution de toute vie personnelle est devenue un danger à l’échelle de la planète », a-t-il déclaré.
De fait, le silence nous est nécessaire ! Il nous est nécessaire pour entendre Dieu, pour entendre notre ange gardien, pour réfléchir, prendre du recul, garder notre liberté… Il nous semble que le problème majeur de notre époque – et il n’est pas tout à fait nouveau – est l’addiction que nous pouvons avoir à un bruit et une agitation exogène ! Le bruit ne vient plus des jeux et du chant des enfants mais de la sonnerie du téléphone à laquelle il est « nécessaire » de répondre, de la radio ou de la TV internet qui nous sont « nécessaires » pour avoir les informations, de la série policière, « nécessaire » à notre divertissement avant de dormir… et ces moyens sont devenus omniprésents ! Pendant la promenade en forêt, l’ « indispensable » téléphone nous accompagne ! Dans la voiture, la radio ! Dans le train, la vidéo ! Le temps passé sur les écrans, auquel il faut ajouter le son, est devenu majoritaire chez nos contemporains ! Et… malheureusement… force est de constater que parfois ces moyens sont devenus indispensables !
Alors que faire ?
Premièrement, comprendre que cette omniprésence des moyens techniques est une pollution. Toutes les familles sont obligées d’avoir internet ! C’est dommage. Comment faire pour en réduire la nuisance au maximum ? La radio dans la voiture n’est en soi pas un mal mais comment ne pas en devenir dépendant ? Le portable est souvent nécessaire professionnellement. Comment maîtriser son emploi ? Le sujet est grave car tous ces moyens peuvent entraver notre vie intérieure, nuire à notre vie sociale et familiale et nous faire perdre tout recul sur les choses.
Deuxièmement, prendre des mesures adaptées. Là il s’agit de simple bon sens. Par où péchons-nous ? Dans quelle mesure sommes-nous « addicts » de ces moyens techniques ? Avons-nous peur du silence ? Si nous ne pouvons nous passer de notre portable, privons-nous en pendant nos courses, dans notre chambre, au salon… Si notre série du soir nous envahit, privons-nous en 2 ou 3 soirs par semaine. Pour la vie de notre famille, il nous paraît indispensable de viser à interdire tout usage de la video pendant les vacances et toute consultation du téléphone dans les moments de vie collective… ça n’est pas forcément facile mais constitue un bon objectif !
Troisièmement, créer des îlots de silence… Des moments où nous nous imposons de quitter le bruit et l’agitation. Cela peut être pendant un temps de méditation, pendant la paisible conversation du café ou pendant tout autre moment bien défini… C’est un « process » exigeant mais indispensable pour garder notre liberté. Ecouter Dieu, écouter les autres, c’est d’abord se taire !
Que sainte Anne nous aide, nous grands-parents « retraités » et forcément plus éloignés de l’agitation du monde, à vivre ce silence et à en donner l’exemple à nos petits !
Des grands-parents
1 Il nous a paru opportun de parler essentiellement dans cet article des moyens modernes de communication, ennemis presque irrésistibles du silence.