C’est vraiment à l’Esprit Saint lui-même qu’elle doit s’en remettre pour s’acquitter pleinement et simplement de cette tâche redoutable. C’est seulement dans la prière qu’elle trouvera lumière, force, précision pour atteindre son but et répondre à ce que Dieu lui demande pour chacun des êtres qu’elle lui a donnés et qui lui ont été confiés dans une pensée d’ineffable condescendance et d’infinie bonté. Et puis quand une mère a tout épuisé humainement, quand sa science s’arrête impuissante et se brise à des difficultés inéluctables, qu’elle se souvienne à cette heure poignante et désespérée, qu’elle peut encore souffrir en silence et sauver son enfant par ses larmes comme jadis Monique sauva Augustin. Quand on a mis en Dieu sa confiance, on peut, on doit tout espérer de Lui, on doit faire l’assaut de son coeur par une confiance illimitée. La puissance des mères s’exerce en effet sur le coeur de Dieu par une prière humble, persévérante, suppliante. Que peut-il refuser à des âmes qui partagent avec Lui une tendresse qui leur donne le même titre et le même privilège ? Que les mères osent beaucoup demander à Dieu, qu’elles osent tout et elles seront comblées de bénédictions et de richesses patriarcales, car la bénédiction du Très-Haut s’étend par elles de génération en génération. Grâce à certaines mères, il y a des races à jamais bénies…
G. de Boisgiroult – La femme au foyer