Chanter en famille et Bel Canto

Le Chœur des Foyers Ardents

 « Chanter c’est ma façon de me battre et de croire,

et si de tous les chants le mien est le plus fier,

C’est que je chante clair, afin qu’il fasse clair. »

                                                                                  Chantecler, Edmond Rostand

Vive les voyages en chansons,

Vive les « vaisselles » lyriques en famille…

Les souliers

Mélodie composée par Guy Béart – 1965

Facile à fredonner, facile à trouver sur internet, il est possible de la chanter en chœur en accélérant le rythme, un peu à la manière des mélodies russes. (Par exemple interprété par Les compagnons de la chanson : https://www.youtube.com/watch?v=S-6NcDZITlk)

 

Dans la neige y’avait deux souliers, deux souliers,
Dans la neige, qu’étaient oubliés.

Passe un homme qui marche à grands pas, à grands pas,
Passe un homme qui ne les voit pas.
Le deuxième dans la nuit glacée,
Le deuxième glisse, il est pressé.
Le troisième met le pied dessus,
Le troisième n’a rien aperçu.

Dans la neige y’avait deux souliers, deux souliers
Dans la neige, qu’étaient oubliés.

Une femme qui regarde mieux, -garde mieux,
Une femme n’en croit pas ses yeux.
Le prochain dit: « Ils sont trop petits ».
Le prochain trop vite est reparti.
Combien d’hommes qui passent sans voir ?
Combien d’hommes qui n’ont pas d’espoir ?

Quelle chance, je suis arrivé !
Quelle chance, je les ai trouvés !

J’ai couru nu-pieds tant de chemins, de chemins,
J’ai couru, je les prends dans ma main.
Je les chauffe, ils sont encore froids,
Je les chauffe en les gardant sur moi.
O miracle, les petits souliers,
O miracle, sont juste à mon pied !

Dans la neige, ils m’étaient promis,
Dans la neige, je cherche une amie.
BEL CANTO

Voici un extrait remarquable par sa puissance évocatrice, véritablement saisissante, le contexte légendaire se prêtant à camper l’invraisemblable !

 « AIR DU GENIE DU FROID « 

Le Roi Arthur – Henry Purcell (1659-1695)

Semi-opéra ou « mask », acte III – Scène II – Interprété par Manuel Bras Da Costa

http://des-instantanes.blogspot.fr/2010/04/roi-arthur.html

 Le Roi Arthur raconte sa recherche pour retrouver sa fiancée Emmeline, enlevée par le roi Oswald.  Le magicien Osmond (à la solde du roi Oswald) montre à Emmeline les contrées les plus froides du globe et fait réveiller le Génie du Froid par Cupidon. Le Génie du froid pousse alors son chant glacial et supplie Cupidon : (« Let me freeze, let me freeze » … Laisse-moi être transi …)

Selon Gustave KOBBE (« Tout l’Opéra »), le Roi Arthur n’est pas un opéra à proprement parler, mais une musique pour accompagner le théâtre selon la coutume anglaise de l’époque. Et en effet, on ne peut comprendre cette composition si on en écoute uniquement la musique et le chant, les dialogues sont indispensables.

En 1660, la restauration royaliste anglaise permet la renaissance de la composition musicale.

La révolution de Cromwell avait dispersé le personnel de l’institution musicale pendant plusieurs décennies, la musique anglaise était presque morte mais le goût pour le « mask » ou théâtre subsistait.

Cécile