Bienheureux ceux qui ont le cœur doux, car ils possèderont la terre.
Douceur à laquelle chaque âme est appelée, indissociable de l’amour du prochain car elle est oubli de soi, attention à l’autre, patience bienveillante et affectueuse, comme il nous l’est demandé.
Douceur n’est point mièvrerie et naïveté, mais fille de la vertu de force, nous obligeant à sortir de nous-mêmes pour rejoindre l’autre, parfois au prix d’une lutte intérieure pour ne pas céder à la colère alors que la situation nous y porte.
Douceur qui s’apprend par les difficultés, les erreurs regrettées, les irritations, les paroles dures ou les jugements qui ont tout balayé.
Douceur innée ou travaillée pour voir l’autre avec bienveillance, en passant par-dessus les incompréhensions, les différences, les antipathies. Douceur s’exerçant parfois avec force, quand elle est requise et non spontanée, et qui peu à peu s’insinue, transforme le cœur et le regard.
Douceur d’un cœur qui s’oublie pour l’autre et auprès duquel les chagrins sont compris, apaisés par ce seul contact, douceur d’une âme qui explique, éclaire avec patience et bienveillance, sachant qu’il faut souvent du temps pour comprendre et mettre en œuvre.
Douceur des gestes et des paroles, qui montre celle toute intérieure d’une âme qui cherche à compatir, à rassurer, à comprendre.
Douceur qui ne cherche pas à se faire justice mais pardonne, ne revient pas sur ce qui a blessé et va de l’avant, reprenant son bâton de bienveillance, rendant le bien pour le mal.
Douceur qui ne veut pas voir immédiatement le mal mais garder l’âme miséricordieuse et magnanime, douceur qui, envers et contre tout, au prix de réels efforts, continue à aimer, à vouloir aimer.
Douceur qui sait attendre, pour agir ou parler, le bon moment, celui que Dieu jugera favorable en nous disposant les bonnes circonstances. Et qui sait aussi laisser à Dieu le soin d’intervenir, en se retirant et en priant.
Douceur qui ne se met pas en avant, ne se glorifie pas, ne s’étonne pas d’être oubliée ou contredite, mais sourit calmement, sœur de l’humilité,
Douceur qui apprend tout en contemplant le Fils et la Mère.
Douceur qui possèdera la terre car elle attire les âmes pour les conduire au Père ou les conforter en Lui.
Douceur qui trouvera sa plénitude en Dieu, Bonté et Douceur infinies.
Jeanne de Thuringe