La mère de famille, chrétienne et au foyer…
Quand elle regarde autour d’elle, elle ne voit que des gens à consoler, à encourager ou à soigner. Les siens d’abord, mais aussi les étrangers à sa famille. Son cœur est trop vaste pour ne contenir que son mari et ses enfants. Non, elle peut y faire entrer tout un monde de voisins, d’amis, de commerçants, tout ceux qu’elle a rencontrés et pour qui son cœur s’est serré une fois.
Son regard embrasse le monde de la douceur de son cœur. Elle ne pense pas à elle, cela fait bien longtemps qu’elle a renoncé à ce pourquoi toutes les autres se battent aujourd’hui : l’indépendance financière, la carrière, les vacances au soleil, la jeunesse du visage et de la silhouette. Non, tout cela, elle l’a laissé joyeusement derrière elle le jour où elle a dit « oui » pour se jeter dans l’aventure du mariage, le cœur léger, pressentant déjà les sacrifices innombrables qui l’attendaient et qui, peu à peu, la videraient d’elle-même pour la remplir de quelque chose de plus grand. Qui est-elle ? La mère de famille chrétienne, véritablement, chrétienne.
Dans l’entreprise, aujourd’hui, on cherche des femmes pour diriger. On leur déroule le tapis rouge vers les plus hautes sphères de l’entreprise. Dans ce cas, la discrimination est bonne, et tant pis pour les hommes méritants qu’on laisse sur le côté. Il n’y a pas de doute que les femmes peuvent être aussi talentueuses que les hommes pour déterminer des objectifs commerciaux, définir une stratégie de développement technique, établir des plans, diriger des équipes ou impulser une vision long terme à l’entreprise. Bien stupides ou déconnectés du monde actuel ceux qui pensent le contraire. Mais ces femmes, aussi talentueuses soient-elles, en faisant de leur carrière leur priorité, passent à côté de ce qui fait la grandeur d’un cœur de femme : donner, donner gratuitement, donner sans compter, donner tout, car tant qu’on n’a pas tout donné, on n’a rien donné. « Donner »… Il faut du temps pour véritablement comprendre le sens de ce mot, plus encore pour qu’il façonne tous les aspects d’une vie. Parfois, il faut trente, quarante, soixante ans. Peu importe, il est l’idéal de la mère de famille chrétienne.
Elle pense aux autres, dans les détails comme dans les grandes choses. Elle donne la vie, parfois à sept, huit, neuf, douze, quinze enfants. Son cœur en devient plus vaste. Pendant que les femmes en 2025 font carrière, prennent des vacances, divorcent ou mettent leurs trop rares enfants en crèche, la mère de famille chrétienne, dans son foyer, prend soin des siens. Elle les nourrit, elle donne une âme à sa maison, elle soigne les bobos, elle console les peines et aide à affronter les obstacles, à grandir en corps et en âme. Combien de femmes font cela aujourd’hui ? Si peu… Elles sont devenues si rares, les mères chrétiennes au foyer…
Certaines sont forcées de travailler à cause de la situation économique, d’autres n’ont pas encore tout donné, par ignorance, ou simplement parce qu’elles ont laissé une partie de leur cœur au monde. Le monde n’aime pas la mère au foyer… C’est le monde de Mammon. Il déteste la mère au foyer, car il n’aime pas la gratuité et la générosité. Il ne veut que des individus, des consommateurs égoïstes, détachés des liens de la famille pour mieux les enchaîner dans son gigantesque marché.
Alors, à vous, maris, de prendre soin de votre femme ! Elle est la prunelle de vos yeux, la couronne de votre cœur, la gloire de votre vie. Choyez-la, remerciez-la chaque jour que Dieu donne pour ce qu’elle fait à la maison, couvrez-la de mille attentions. Soyez tendre avec elle ! Soyez délicat, dans l’intimité du couple comme en public. Battez-vous au travail pour que jamais, elle ne soit obligée de travailler. Si c’est le cas, demandez chaque jour à Dieu de vous aider à changer cette situation. Ne vous cherchez pas d’excuses pour ne pas vous couper en quatre pour elle. Car c’est elle, l’héroïne de notre époque ! C’est elle qui a tout sacrifié, sa carrière, son indépendance financière, la jeunesse de son visage et de sa silhouette, elle a tout immolé. C’est parmi les mères de famille qui donnent tout, le cœur joyeux, en imitation de la Croix, que Dieu trouve ses derniers adorateurs, en cœur et en esprit. Aimez-la, jusqu’au bout des doigts, à chaque instant. Dites-le-lui ! De temps en temps, avec la complicité des enfants, réservez-lui de petits moments pour elle, chez le coiffeur ou au musée, elle en a si peu ! Et elle ne le demandera pas, tout affairée qu’elle est à prendre soin de vous. C’est votre devoir de reconnaissance, c’est votre devoir pour la nouvelle génération qui se lève. Car si vous n’êtes pas le pilier sur lequel elle peut s’appuyer, si vous n’êtes pas la voix douce pour l’encourager, si vous n’êtes pas le conseiller délicat pour l’aider à avancer, à persévérer dans sa méditation, si vous n’êtes pas le roc qui brise les vagues furieuses du monde qui la déteste, si vous n’êtes pas le protecteur attentionné en qui elle peut toujours avoir confiance, qui le sera ? Elle est la pierre précieuse de votre foyer qui brille dans notre époque triste et terne. Par son sacrifice, elle pourra faire éclore dans l’âme de vos enfants, des gemmes plus belles encore, des vocations religieuses, comme une couronne de gloire pour Jésus crucifié.
Enfin, maris, ne laissez pas le monde moderne corrompre votre regard sur votre femme. Il faut le dire haut et fort : votre épouse n’est pas une partenaire, indépendante, pour avancer dans la vie ou un objet dont vous pouvez user pour votre plaisir. Cela, c’est le monde moderne. Non, votre épouse est Enfant de Dieu, libre car soumise, comme vous, par la Charité. Elle est le trésor de votre vie tout entière. Vous ne faites qu’une seule chair avec elle. Vous devez quitter père et mère pour vous attacher à elle. Elle doit être la fin de votre vie professionnelle : en tant que mari, vous devez travailler d’abord pour gagner l’assise matérielle dont elle a besoin pour élever vos enfants, le reste est secondaire. Vous devez la protéger et l’honorer, vous devez l’aider et l’aimer. Enfin, vous devez faire preuve de la plus grande délicatesse avec votre épouse, dans tous les aspects de la vie.
Heureux les doux, car ils possèderont la terre ! Heureux les maris délicats, car ils possèderont dans leur foyer le plus grand trésor de la terre.
Louis d’Henriques