Dans ce monde de brutes

 

Comment ne pas regretter le temps où la délicatesse de l’éducation rendait les conversations exquises et les mœurs si policées que chaque moment en société revêtait une douceur dont nous ne pouvons avoir qu’un vague aperçu au détour de certaines rencontres.

Nous avons tous côtoyé un jour une vieille dame charmante, dont le seul luxe réside dans le raffinement de ses expressions et dans l’extrême courtoisie avec laquelle elle sait avoir une pensée ou un geste délicat pour chacun.

Et que dire encore de ce vieux monsieur qui, de façon tout à fait naturelle, présentait ses hommages à la caissière du supermarché, peu habituée à ce genre d’amabilité ; ou composait une ode courtoise pour une petite nièce ébahie par cette douce marque d’affection d’un autre temps.

« Qui n’a pas connu l’Ancien Régime n’a pas connu la douceur de vivre » disait Talleyrand.

Et pourtant, si nous nous efforcions déjà d’éliminer tout mot ou expression rugueuse, basse ou brutale de nos conversations quand ce n’est pas absolument nécessaire, comme la vie en serait plus agréable et les mœurs plus adoucies ! Certainement, une part de bonheur familial en découlerait. Mais attention, douceur ne veut pas dire mièvrerie ou flatterie. Chacun saura en comprendre la nuance.

Alors, pourquoi ne pas essayer ?