Pour nous, femmes et jeunes filles, « être chef » peut être la tentation actuelle de revendiquer les mêmes droits que nos compagnons, puisque Dieu nous a donné bien des points en commun et sa miséricorde… Nous pourrions donc nous parer de titres qui ne nous appartiennent pas, vouloir remplir une mission auto-proclamée, assumer certaines carrières, ou encore prendre la place de celui que Dieu a désigné, de toute éternité, pour être chef du foyer, celui qui nous guide et nous protège, époux ou père.
Mais ce serait faillir à notre vocation première et profonde d’être celle attentive qui seconde, soutient et agit sur les coeurs.
Être chef c’est donc pour nous, unifier notre être, posséder notre âme,
Être une.
Notre nature féminine est bien souvent changeante, soumise à notre sensibilité qui va et vient selon le temps, les circonstances, nos impressions, nos sympathies et nos inimitiés.
« La folle du logis » n’a que trop tendance à nous promener de-ci de-là, nous faisant perdre le sens de l’essentiel, ou le cap que nous nous étions donné.
Elle nous fait prendre facilement l’accessoire pour l’essentiel et nous arc-bouter sur des détails, quitte à en être dirigistes, insistantes ou capricieuses.
Aussi, il nous faut apprendre à mettre chaque chose à sa place, pour
Être une.
Régulièrement, prenons un moment pour nous rappeler la primauté de notre chemin vers le Ciel, les obligations de notre vie quotidienne, en accomplissant patiemment et humblement notre devoir d’état.
Veillons à ne pas être dominées par les moyens mis à notre service, qu’ils restent serviteurs et ne deviennent pas nos maîtres. Pour cela, régulièrement, même rapidement, levons nos yeux vers Celle qui nous guidera toujours, Notre-Dame, et demandons-lui ce qu’elle ferait à notre place. La réponse vient très vite, pour comme elle,
Être une.
Asseyons-nous un instant pour mettre chaque chose à sa place, et prions pour voir ce qui nous détourne trop facilement du cap fixé.
Emploi du temps, effort pour éviter de se disperser, ne pas reporter nos tâches, lecture qui fait grandir, bonnes amitiés, saines distractions selon nos goûts pour ne pas être tendue et retomber dans nos travers.
Eviter de ressasser ce qui est passé, laisser le temps faire son oeuvre sans regarder en arrière, tout cela nous incline peu à peu à
Être une.
Si nous sommes sous le coup d’une émotion, laisser une journée ou plus (selon notre tempérament) pour ne pas réagir au quart de tour et se donner une activité précise qui requiert notre attention, nous aident beaucoup.
Laissons de côté les moyens de communication actuels si rapides et sans recul, pour retrouver le calme. Si nous avons besoin de nous confier, faisons-le auprès d’une âme stable et habituellement de bon conseil.
Nous sentons alors notre coeur et notre esprit faire silence, notre intelligence et notre liberté profonde reprendre le dessus.
Nous ne sommes pas seules, bien d’autres avant nous ont connu des difficultés, et ont appris, à
Être une.
Le monde ayant soit rejeté soit perdu la boussole divine est si désemparé, qu’il a besoin de nous trouver sur sa route comme cohérentes et unifiées, apaisantes. Ce n’est pas tirer orgueil pour se trouver mieux que les autres, mais simplement être un bon instrument.
Nous ne mesurons pas l’impact de ce que nous sommes sur ceux qui nous côtoient, parfois nous ne le savons que bien après, parfois nous ne le savons même pas.
Laisser le monde un peu moins mauvais derrière nous, apporter la bonne odeur de Jésus-Christ, entraîner les âmes presque malgré nous (et nous avec) vers le Père, voilà pourquoi il nous faut prier pour la grâce de davantage
Être une.
Jeanne de Thuringe